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Opinion |
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Opinion
: «
L’homme
: MISKINE Idriss »
Par
Doungous
DAGA NANGTERLE.
Article
paru le 28 janvier 2004 - Ialtchad Presse |
|
«
L’homme
: MISKINE Idriss
»
Il y’a 20 ans, disparaissait
feu Idriss MISKINE ( Que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde).
Nous avions voulu matérialiser cette commémoration par la parution
d’un ouvrage intitulé
« Vie et mort d’Idriss MISKINE. ».
Nous n’avions pas été à la hauteur pour publier le dit ouvrage de
manière concomitante avec la commémoration du vingtième anniversaire
de la disparition du défunt.. Nous faisons notre, la conviction de
l’homme d’Etat qui avait dit : « Nul n’est besoin d’espérer
pour entreprendre ou de réussir pour persévérer »
Mon propos aujourd’hui et ce, à titre personnel répondre à une
lettre émanant de Monsieur Néné Hémir TORNA, pas pour l’intérêt
que je porte au contenu dont l’auteur a réussi l’exploit de faire
émerger de ma mémoire une vielle Assertion de Bossuet : « Il faut être
économe de ses mépris, il y’a tant des nécessiteux. », mais
essentiellement raconter modestement l’homme : :Idriss MISKINE .
Mais puis- je m’empêcher de révéler et répondre aux élucubrations
truffées dans la missive de Torna? D’où un écrit en abyme comme il
vous sera donné de constater.
Monsieur TORNA officier de police et à Sciences-po.(pas moins), avait
traité des sujets pourtant sérieux avec légèreté , et une confusion
déconcertante.
Soit, Mr TORNA avait suffisamment connu l’homme au point de savoir des
choses et qu’il n’a pas tout dit, et que nous autres ignorons et par
conséquent, nous échappent. Ou il ne sait rien du tout de feu Idriss,
et par des contorsions olympiennes , il avait slalomé de
tergiversations en contrevérités. Périlleux exercices.
MISKINE, nom prédestiné n’était pas homme à aimer les honneurs
encore moins à être idolâtré . C’était simplement un homme imbu
d’idéaux, un soixante-huitard dans sa forme adolescente et à la
sauce tchadienne. L’homme un peu rebelle qui luttait à contre courant
comme dirait Kafka. Il n’était pas de ceux qui cherchaient le pouvoir
pour le pouvoir.
Après l’avènement de 1975, l’arrivée des militaires au pouvoir.
Le CSM (Conseil Supérieur Militaire.) avait par souci de représentativité,
proposé par deux fois au défunt un poste ministériel. Du haut de ses
26 ans, la tête sur les épaules, il déclina les offres. Attitude
interprétée à contrario comme sympathie pour le FROLINAT . Désintéressé
était l’homme.
En 1978, quand Habré dans la faveur de la réconciliation nationale,
consulta Idriss pour une entrée imminente dans le gouvernement qui
devrait être constitué ; Il n’avait pas fallu moins de trois réunions
regroupant ses différents amis et proches pour l’en dissuader Ces
consultants de circonstance partaient de supputations et d’objectifs
différents. S’il y’avait de ceux qui donnaient leurs avis inspirés
par le souci national, en évoquant la réconciliation des fils du Tchad
comme tremplin pour un Tchad stable qui s’attellera à son développement,
en place et lieu des guerres fratricides. ; Aux nordistes pleins
d’amertumes, revanchards qui considéraient qu’il est impensable
qu’Idriss n’aille épauler Habré dans cette tâche ardue qu’est
l’établissement de la règle de 14 préfectures.
Un autre groupe se distinguait sous le sceau de la discrétion, En
misant sur le défunt, en espérant que la présence de Miskine à coté
de Habré contrarierait le dernier dans ses desseins ambitieux et démesurés.
C’étaient les sympathisants idéalistes du grand FROLINAT.
Ne manquaient pas à la concertation ceux pour lesquels, être ministre
n’est pas seulement un honneur personnel mais la gloire de la région
voire celle du village.
Tous étaient en désaccords selon l’approche mais d’accord pour
qu’il aille. Equilibriste.
Vinrent les événements de 1980, notre pays sombra dans la grande
tourmente de son histoire.
A l’instar de nos gentillets politiques(actuels), des tendances
variaient en nombre croissant qui n’a d’égal que le taux
d’inflation des républiques bananières.
Les FAN étaient une des composantes. Idriss MISKINE comme d’autres
hommes pétris de nationalisme et de sincérité tels Ousmane GAME,
Abdramane HAMDANE(qu’ils reposent dans la sérénité) avaient déterminé
leurs positions, fait leur choix et pris leur camp. Animés par leurs idéaux,
ils croyaient fermes faire prévaloir la prééminence des valeurs
telles : la lutte contre l’injustice, l’abolition du népotisme dans
un TCHAD un, indivisible, digne et souverain dans ses frontières.
Perspicaces étaient ceux qui doutaient que Habré n’incarnait pas ses
valeurs. Habré avait relativement (par rapport aux autres chefs de
tendances) l’adhésion des tchadiens et suscitaient même
l’admiration de bons nombres d’africains. Il serait
intellectuellement malhonnête de ne pas le reconnaître.
En cette triste période : La menace Iibyenne était patente. L’idée
expansionniste de Kadaffi passait dans sa phase hégémonique. A juste
titre, l’ombre de Kaddafi avait galvaudé les louables intentions des
brillantissimes tchadiens autant intègres que sincères qui se
trouvaient au sein du GUNT, Messieurs Goukouni, Acheikh, Négué djoko
entres autres. Amenés à composer avec d’individus ternes avides «
du macaroni libyen » l’expression est d’Habré.
Le C.C.F.AN , arrivé au pouvoir se trouvera gangrené par son propre «
Boss ». Le nationaliste se métamorphosera en super claniste non sans
avoir cultivé le régionalisme. Machiavélique dit-on ! L’U.N.I.R est
devenu le D.E.R.G . Habré le clone de MENGISTU , en plus criminel. Le
despotisme institutionnalisé, le liquidationnisme le lot des tchadiens.
Alors les hommes intègres qui juraient de changer le Tchad s’étaient
trouvés aspirés, broyés, réduits à néant par un système alimenté
par d’autres Tchadiens pernicieux, cyniques et vénaux ceux-là.
TORNA : « l’ignominie qu’a connue la communauté hadjaraye de 1987
à 1990 a une relation directe avec l’engagement quasi aveugle du défunt.
» Affirme notre fin limier d’officier de police.-N’eûrent-été la
légèreté et la précipitation dont vous faites montre dans vos
convictions, nous serons tentés de vous demander de diligenter l’enquête
sur la disparition du défunt-. Enfin ça sert à quoi un officier de
police ?
Soyons sérieux. .Y’a-t-il lieu de rappeler à notre officier, qu’Idriss
MISKINE que nous portons certes encore dans notre cœur est décédé le
07/01/84 et qu’il avait été enterré le même jour. Etablir une corrélation
entre ‘l’ignominie qu’a connue la communauté hadjaraï et Miskine,
ne peut relever que de l’imagination fertile d’un adepte de navets
policiers.
En effet après la disparition d’Idriss, un climat de suspicion s’était
installé entre les ressortissants du Guera (et pas seulement) et Habré.
On parlait du mal-être Hadjaraye généré par la disparition subite
d’Idriss dans des circonstances douteuses. Dans tous les milieux,
chacun allait de sa version,.à tel point que lors d’une réunion de
solidarité des ressortissants du Guéra, le représentant d’un
notable arabe déclara en substances : « Alors que les autres se
concertent la nuit tombée, vous mes frères hadjaraïs, vous vous réunissez
en plein jour.» Remarque avisée qui interpellait à la vigilance.
Justement les autres : Habré entouré de quelques proches occultes
concevaient un plan à inscrire dans un programme silla ment élaboré
pour contenir toutes tentatives ou prétendues telles., en éliminant
boys, bouchers, officiers ou combattants de base, intellectuels ou
analphabètes. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple : Le
générique Hadjaraye suffisait. Seuls Messieurs Mahamat NOURI et Taher
GUINASSOU furent parmi les rares à signifier à Habré leurs désapprobations
et se sont désolidarisés de l’entreprise.
L’ordre donné les agents de la D.D.S (police politique) et la garde
présidentielle. Passèrent à l’action. Nombreuses étaient les
victimes qui avaient été cueillies dans leur sommeil, lesquelles
subiront les supplices les plus abominables dont seuls les bourreaux de
la D.D.S, ingénieusement en excellent. Le Tchad de Habré peut s’en
glorifier. Les rescapés -comprenez ceux qu’on n’a pas réussi à
mettre la main dessus ont rejoint d’une façon ou d’une autre les
montagnes se réorganisèrent : Le MOSONAT était né..
Notre officier parlait d’ignominie. Ignominie…dites-vous ? C’est
un euphémisme de grande taille. Ce fut un carnage. Emporté dans votre
élan vindicatif, vous considérez qu’Idriss MISKINE en est le
responsable. .Pendant que vous y êtes pourquoi ne pas lui attribuer :
« Pendez-moi, brûlez mes villages, quant aux miens faites en des bûchers
».N’est-ce pas du Molière ça ! Changeons les décors.
L’idée de L’AJEG (Association des Jeunes du Guéra.) n’était pas
mue par une quelconque considération tribale, et d’ailleurs le nom de
Miskine ne peut être approprié à des telles approches. Encore moins
que les zaghawas aient fait des émules chez les hadjarais.(comme
s’ils ne sont faits que pour singer). L’étroitesse d’esprit peut
mener à tout. Quand on honore des hommes tels Djamous, GODY Haroune et
autres braves anonymes(qu’ils reposent en paix.).c’est au delà
d’une préconception tribale. Ils bénéficient d’une autre
dimension, celle là est nationale. Ils avaient contribué à la
destitution de Habré et c’est le peuple Tchadien entier qui en est
leur reconnaissant. Car ils ont sacrifié tout ce qu’ils avaient de
plus cher, leur vie. Pour une cause juste de surcroît s’ingénier à
confiner ces vaillantes personnes à leurs régions c’est blasphémer
leurs mémoires. La victoire du 1er décembre fut celle d’un peuple,
quoiqu’ usurpée par la suite par des opportunistes de tous bords. Et
plus consternant l’usage honni du pouvoir qu’en font leurs anciens
compagnons vivants ceux là.
Le recours au prisme n’a pas d’espace dans la logique d’un Tchad
uni et Solidaire que nous clamons de toutes nos forces.
-« Dieu se rit des créatures qui se plaignent des effets dont elles chérissent
les causes. »
Je vais tenter de répondre à la fameuse « question qui vous taraude
depuis quelques moments », vous dites bien depuis
quelques moments. Vous n’êtes pas trop enclin à faire travailler
votre mémoire. La question d’autres se la posent depuis des décennies
Je vous cite :« Pourquoi les hadjaraïs sont utilisés comme
accessoires pour la conquête du pouvoir ? Et une fois au pouvoir…» Formulée par mes soins en
m’inspirant de la conception que vous avez de la chose, votre question
peut-être comprise comme telle: Les hadjaraïs ont toujours été avec
d’autres bien sûr, de tous les combats et répondent absents quand il
est question du partage du gâteau n’est-ce pas ?
Votre question me parait tout à fait légitime quand on se met dans la
logique conceptuelle de leurs différents compagnons d’armes. La
question, et la réponse (votre désir en somme) que vous attendez sont
malsaines dans leur essence, s’il faut inscrire une telle approche
dans un cadre large, national. Faut-il continuer à cultiver un tel état
d’esprit sans perpétuer les maux dont est sujet notre cher pays ?
N’est il pas urgentissime de songer aux voies et moyens qui pourraient
nous permettre d’éradiquer ces pandémies afin que le Tchad soit
viable ? Autrement, nous nous retrouverons face à de tels phénomènes
de façons itératives et récurrentes qui conduiront notre pays de son
agonie actuelle à une disparition inéluctable. Surpassons nous mais ne
soyons pas masochistes.
En effet notre officier de police et à sciences Pô à Marseille
justement, trouve que les hadjaraïs sont utilisés comme accessoires
dans les différents combats. Accessoires, je récuse le mot à moins
qu’en dehors du bel accent chantant, les marseillais prennent leurs
aises en définissant autrement les mêmes vocabulaires de la langue
française. Ou faut-il accorder cette bévue, à l’actif de faute
d’attention, histoire d’avancer. Mais je vais m’hasarder dans la
voie anthropologique pour lever toute équivoque :
Le hadjaraï ( pas de la ville comme ils aiment à le répéter) est le
produit d’un environnement physique et social cristallisé par la
rudesse spatiale, un relief abrupt où il faut composer adroitement avec
des éléments hostiles, des normes éthnosociales rigides, une éthique
ferme.
Ces éléments ont fait cet homme sociable, affable, discipliné mais
insoumis (durant la colonisation, se voyant dominés et impuissants face
aux forces coloniales, une centaine de jeunes filles et garçons
gravirent la montagne une fois arrivés au sommet, ils se sont tenu les
mains et se sont laissé tomber dans le vide.)–témoignage révélé
dans un ouvrage dont l’historien KODI Mahamat a dans sa bibliothèque
et dont j’ai égaré les références.- Le hadjaraï par essence est
sincère, fidèle et confiant (qualités qui frisent la naïveté ou perçues
comme telles) ; Il ne redoute pas le sacrifice. Il est en général
courageux et endurant.
Ses qualités intrinsèques n’ont pas échappé aux colons : Au Tchad,
Le Guéra constituait le principal réservoir supplétif de l’armée
française en difficultés. L’embryon de l’armée nationale
tchadienne et de la gendarmerie est constitué en bonne partie des
ressortissants du Guéra. Paradoxalement, nombreux étaient décorés de
la croix de la valeur militaire par la (mère patrie) et remerciés pour
services rendus à la France, mais n’auront pas l’aptitude militaire
de franchir le grade fatidique d’adjudant-chef dans les corps
nationaux. Une consolation : En janvier 1973 la promotion de la
gendarmerie avait été baptisée à titre posthume : promotion DAGA.
En 1979, des bataillons entiers (anciens de l’armée nationale)
avaient rejoint les F.A.N. de Habré faisant le gros de troupes. Tandis
qu’autour de l’intrépide ’Abdelaziz Izzo Miskine, bon nombre de
ressortissants du Guéra combattaient dans les F.A.P. de Goukouni ;
alors que le chef d’état-major de C.D.R. de feu Acyl Ahmat( que la
terre lui soit légère), n’était autre que le Vaillant Gamané (que
la paix soit sur lui). La région du Guera de par ses fils était à
elle seule une tendance. Erreurs d’appréciation des uns et des autres
? Engagements sans à priori justifiés par des raisons (idéologiques)
qui excluaient l’exclusivité d’une considération régionale et/ou
tribale ?
Notre souhait aurait été que ce potentiel conjugué aux efforts
d’autres hommes de bonne volonté auraient pu contribuer à un Tchad
autre que celui que nous connaissons.
La philosophie du hadjaraï parait incompatible et s’accorde mal avec
la forme de la gestion de la cité à laquelle nous commençons à nous
faire. Paradoxalement, par sarcasme on nous prête le « nom » de caillou. Etymologiquement
caillou vient du latin calculus d’où l’origine du mot calcul en
français. On ne prête qu’aux riches dit-on, alors que le hadjaraï
n’intègre pas le calcul dans ses calculs tout simplement parce
qu’il n’en est pas question quand il s’agit des rapports humains.
La parole donnée est un gage, un pacte scellé est sacré. Il lui
arrive de ne pouvoir se détacher de son moule. Il a toujours tendance
à penser que l’autre a la même échelle d’appréciations d’éthiques
que lui. Ce qui n’est pas le cas dans ce Tchad de prédateurs.
C’est à vous donner la nausée n’est-ce pas Monsieur l’officier
de la police ? Un peu d’antiémétique ne vous fera pas du mal. Au
point de vous renier car tout simplement vous accusez la nature et ou le
destin, et Je vous cite : « Que le sort a fait que nous soyons de la même
région…». Courage, fuyons les
montagnes.
Pour faire simple, je vais être amené à recourir à feu Senghor qui
dans une réflexion de bon sens et qui doit interpeller tout bon nègre
disait : « Il n’y a pas des français noirs, il y’a des noirs français.» Subtile approche. Incombe à
vous alors de faire de votre propre mot compliqué et complexé « L’hadjaraïtude
» ce que bon vous semble.
Officier rompez le rang.
Faites une cure d’antihistaminique qui vous guérira de l’allergie
des ponctuations dont vous souffrez. Vous aurez le mérite d’épargner
à vos lecteurs d’interpréter confusément vos propos. dont l’un
des paragraphes :souligne : « Particularité démontrée avec la découverte
des charniers à150 mètres de son domicile de quartier de sabanghali le
16/12/1980 feu Miskine ne pouvait ignorer l’existence ». Rien que ça ! Un peu
d’exercices et on retrouverait les victimes de cette barbarie ( Que
Dieu ait leurs âmes) dans la cour de la maison du défunt.
Vous trouvez « Que le génocide survenu quelques années après n’était
que bêta ». Quelle que soit la position de votre variable, il existe
des valeurs qui lui sont soit supérieures, inférieures ou égales. On
ne va pas se livrer à une algèbre macabre et litanique mais retenez
seulement que le génocide défini comme l’extermination en masse
d’un groupe pour une raison ou une autre ne peut être gradué( et sur
quelle échelle ?) Un génocide est un génocide.
-‘’Chacun préfère plutôt croire que juger’’ Sénèque.
Et subitement. vous pensez aux points là où on ne vous attend pas.
Salut l’artiste. « Il n’est pas dans mon intention d’absoudre
quiconque loin de moi toute idée de distribuer de bons et de mauvais
points». Commencez déjà à être généreux avec vos points à vos
propres phrases. Et si vous voulez qu’on s’emploie à donner des
points. Au vu et à la lecture de votre papier duquel je retiens le
contenu, stylistiquement incohérent , constitué des phrase biaisées
(manque de courage dans l’intention), un argumentaire insuffisant, un
fond vindicatif révélé par des phrases où les vocabulaires les plus
courants sont écorchés, une syntaxe démembrée.. Pour tous ces
attendus, Monsieur l’officier vous méritez un zéro pointé.
Il n’est pas original que d’affirmer à être loin et longtemps de
son terroir , nous perdons non seulement notre état d’âme mais aussi
nos réalités. Savez vous qu’en bons montagnards chez les hadjraïs,
la représentativité de la communauté (même traditionnelle) ne repose
pas sur un hypothétique croisement des chromosomes. En clair ce n’est
pas une question d’hérédité ou un fait systémique. Le chef est désigné
en fonction de sa probité, de sa personnalité, de sa prestance…Au
chef désigné de ne pas trahir la confiance qui lui est faite et qui
lui confère la légitimité. D’être à la hauteur. Autrement il est
destitué comme il a été désigné. Ceci étant souligné, les représentants
actuels qui souffrent d’insuffisances à votre goût, et rassurez vous
Je ne vous déments pas, mais je m’interroge quelles marges de manœuvres
ont-ils ?
Pour réaliser votre vœu (au cas ou vous regagnez le rang) : pour les
faire partir il ne suffit pas de se contenter du gentillet espace que
nous offre le site ialtchad. Il faut plus.
A bas alors les tenues de parades, d’officiers soient-elles
Rien n’est plus aisé que de se retrouver au sud de la France et
vilipender des jeunes « quelques » selon vous- pourquoi pas 2 ou 3
pendant qu’on y est-qui s’évertuent à se retrouver au sein des
associations (que vous trouvez modestement caricaturales), afin de
confronter leurs idées, approfondir des réflexions avec le seul souci
de dégager des projets susceptibles d’améliorer le lendemain ?
Contrairement à ce que vous avancez les jeunes de l’AJEG ne sont
nullement en quête d’un symbole mais s’identifient à un homme dont
les qualités humaines, entre autres : le partage méritaient le
respect. Tout ce qu’il entreprenait, il le faisait avec abnégation.
Humain, tolérant (en dépit de ses fulgurants emportements connus de
tous), son courage et sa témérité forçaient l’admiration et le
respect des combattants indisciplinés. Idriss Miskine incarnait le
tchadien fier et sans complexe dans un Tchad à l’image du Guéra où
musulmans (avec des imams de renom), des chrétiens( les 2 premiers jésuites
tchadiens) et des animistes(des chefs de culte margaï respectés)
cohabitent en intelligence et en harmonie. Oui à cet homme tout
simplement en l’homme que les jeunes de l’AJEG (pas qu’eux) se
reconnaissent... Attitude qui nous réconforte d’autant plus que cette
jeunesse fait montre d’une prise de conscience en parfaite adéquation
avec les soucis de tout digne tchadien : Un Tchad de paix, de tolérance
et de solidarité excluant les considérations religieuses, régionales.
Haï ou adulé Idriss Miskine ne laissait personne indifférent. A cet
égard, même ses adversaires pas ses ennemis comme il aimait à le répéter,
trouvaient en lui l’homme fédérateur, l’homme du consensus.
L’option du 3è homme susurrée dans certaines chancelleries ne
gambergeaient pas dans l’esprit des politologues ès affaires
tchadiennes par hasard. Elle traduisait le souci de matérialiser
l’aspiration d’un peuple tchadien dépassé par les affres des
soubresauts politico-militaires de leur pays.
Approché par les milieux français, Idriss Miskine de retour de Paris
s’est confié à Habré -pas moins-. Fidélité, naïveté, Je penche
pour les deux. Habré n’a pas attendu longtemps pour traiter de
‘’pauvre imbécile le conseiller de François Mitterrand ‘’ lors
d’une conférence de presses qui a eu d’échos en France. Le journal
le monde en avait fait la une.
Soupçonneux, était Habré qui adepte des pratiques occultes, avait
demandé le concours d’un marabout du nord du Cameroun féru en
voyances afin de lui déterminer le devenir de son règne. La prédication
n’avait pas tardé et révélait: Votre futur remplaçant se prénomme
Idriss. Ca peu heurter les incrédules et ébranler la rationalité.
Rien n’eut été su si le vénérable marabout par acquis de
conscience ou par remords avait dépêché un de ses disciples auprès
de la famille du défunt pour leur exprimer sa compassion et ce, après
la destitution d’Habré bien sûr et la prise du pouvoir par Idriss…Déby
celui-là.
En 1980, j’avais eu le privilège de recevoir une lettre (très révélatrice)
émanant d’Idriss alors qu’il partait à Nairobi via Kinshasa
accompagné de Monsieur Ali Salim. Laquelle lettre (dont je suis encore
en possession) mentionnait dans un des paragraphes : « …Quant à moi
ne te fais pas de soucis. Au moment où notre pays traverse la plus
dure, la plus rude histoire de son existence ma vie n’a de sens
qu’en témoignant d’une manière positive pour son devenir, son
avenir en tant qu’Etat , en tant que Nation. Je peux disparaître
d’une minute à l’autre par une balle ou par une fatalité
quelconque. Ainsi je serai arraché aux miens.. ;».
Au-déla du caractère prémonitoire de la lettre, ces passages
impriment la volonté inébranlable et l’ambition de l’homme pour
son pays, tout en ayant conscience du sacrifice à consentir.
En devisant avec quelques politiques tchadiens (adversaires d’hier,
amis ou anciens compagnons jusqu’à la ‘’fatalité’’) avec
lesquels il m’avait été donné de partager l’intimité du contenu
de la lettre , une fois la tristesse nostalgique contenue, des gorges
encore nouées et vibrantes s’accordent : Parfaisons l’œuvre.
Oui oeuvrons pour « l’avenir, le devenir de notre pays en tant qu’Etat,
en tant que Nation.».
A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons
MISKINE repose en paix.
Doungous DAGA NANGTERLE.
doungousd@yahoo.fr
06 74 04 27 06 . Paris
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