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Lors de
sa tournée africaine à la veille de la campagne électorale de
2007, Nicolas Sarkozy a rassuré plus d’un africain à Cotonou
comme à Bamako, sur le changement de cap de la politique
africaine de la France une fois qu’il sera élu. Il a fait un
zapping général du passé en dénonçant les réseaux mafieux et les
officines de bas étage, tout en prônant une politique
débarrassée de toute connivence et dépourvue de toute
convivialité. Il a en |
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substance fait le plaidoyer d’une relation adulte et
pragmatique. Et les Africains de comprendre, adieu les
effusions à la Chirac, les « cher Omar » et les « cher
Blaise ». Mais depuis son élection à la tête de la
république française, la françafrique est-elle pour autant
morte ? |
Répondre à première vue à cette question parait difficile dans
la mesure où Sarkozy n’en est qu’à ces débuts. Mais à y
réfléchir sereinement, la réponde devient évidente tant le cas
tchadien est patent.
En effet, le 30 janvier 2008, la coalition rebelle regroupant en
son sein le RFC, le UFDD et le UFDD fondamentale quitte ses
bases à l’intérieur du Soudan avec pour objectif de déloger le
locataire du palais rose de N’djamena, Idriss DEBY. Après avoir
contourné le principal verrou de l’Est qu’est Adré, la coalition
a maté dans son chemin la soldatesque de DEBY jusqu’aux portes
de la Capitale. Pris en étau, le soldat DEBY se replie sur
N’djamena, le fusil à la main, pour organiser sa défense avec le
reste de sa garde rapprochée. Le samedi 2 février, les
n’djamenois se réveillent avec le crépitement de tirs à l’arme
légère et l’intonation des armes lourdes. Après deux jours
d’âpres combats, les rebelles quittent la ville en promettant
d’y revenir.
Depuis ces événements douloureux pour le peuple tchadien, la
presse française nous informe chaque jour du rôle qu’à joué
l’armée française, sur ordre de l’Élysée, dans cette guerre
tchado-tchadienne. L’on sait depuis que c’est l’armée française
qui a coordonné la bataille de Massaguet (bourgade à 80
kilomètres à vol d’oiseaux de N’djamena) qui fût un échec
cuisant pour l’armée régulière tchadienne. Le chef d’Etat major
général des armées, le général Daoud Soumaïne (officier tchadien
bien formé qui n’a rien à faire avec ce régime en temps normal),
a rendu l’âme tandis qu’Idriss a failli être capturé, n’eût été
sa ruse, sa peur et l’intervention énergique des membres de sa
garde rapprochée causant plein de morts dans le cercle leur
cercle le plus restreint. L’armé française a même participé
activement dans les combats de N’djamena autour du plais
présidentiel et de l’aéroport, apprend-t-on.
Sur le plan politique, de « la France est neutre »,
« la France n’est pas tout à fait neutre », à la « la
France soutient sans faille le pouvoir légal et légitime de
Tchad », l’on a assisté à un réveil brutal de la
françafrique, ce système occulte et obscène mis en place en
1960, au moment où De Gaules, à cause de la pression de
l'histoire, a du accorder l'indépendance aux pays d'Afrique tout
en chargeant son bras droit, Jacques Foccart, de faire
exactement l'inverse. Il s’agit en fait d’un système
néocolonialiste. La françafrique est revenu au grand galop
soutenir un des siens en détresse.
Donc, au moment où les conseillés militaires français
supervisent le opérations sur place, le volet diplomatique s’est
mis en marche. Le conseil de sécurité est saisie sur demande de
la France, et un texte demandant aux Etats membres d’apporter
leur soutien au régime sanguinaire de N’djamena a été adopté,
non sans réticence de la part de quelques membres. Bref, la
France, que dis-je la France de nos malheurs, a trouvé une
couverture juridique à ses opérations près et post conflit, au
grand dam du peuple français désabusé et mal informé sur le
dessein machiavélique de ses dirigeants. D’après les officiels
français, en l’occurrence Bernard Kouchner et Hervé Morin, il
s’agit avant tout de soutenir un régime légal, un président
démocratiquement élu, oubliant au passage que Idriss a utilisé
la voie militaire, depuis ce Soudan qu’on incrimine aujourd’hui,
pour s’accaparer du pouvoir, s’y est maintenu par la force en
réprimant dans le sang tous les groupes d’individus qui ont osé
lever le petit doigt pour manifester leur inquiétudes et leur
mécontentements vis-à-vis de sa piètre aventure à la tête de l’Etat,
a trompé le peuple en organisant une fausse transition politique
et a modifié ad nutum la constitution pour se faire
réélire ad vitam aeternam. Cela n’est-il pas suffisamment
éloquent pour que vous vous s’aperceviez de la nature du pouvoir
d’Idriss. De grâce messieurs ! Un peu de sens de responsabilité
s’il vous plaît !
Et comme si cela ne suffisait pas, alors que les familles
tchadiennes pleurent encore leurs morts, Sarkozy envisage rendre
une visite officielle à ce dictateur invétéré, cet ennemi des
droits de l’Homme et des libertés élémentaires. Au nom de
quelle intérêt géopolitique et géostratégique obéit cette visite
inopportune que le peuple tchadien considère comme une insolence
et un mépris de plus à son égard et rejette avec la dernière
énergie ? Non, rien
ne saurait la justifier ! Le peuple tchadien dit NON, un NON
SANS APPEL à la visite de Nicolas Sarkozy.
De mémoire, Sarkozy a refusé de serrer la main au président
Mugabe lors du dernier sommet Europe-Afrique, prétextant que
celui-ci détient dans ses geôles des prisonniers politiques,
acte contraire aux valeurs de la République française, cette
France orgueilleuse et donneuse de leçons. Alors que depuis
toujours, son ami Idriss bâillonne l’opposition démocratique,
refuse un dialogue inclusif censé jeter les bases d’une
réconciliation nationale, d’une bonne gestion de la chose
publique, conditions sine qua none à l’émergence d’un
Etat moderne et démocratique. Pi, depuis les événements du 1, 2
et 3 février derniers, Idriss a fait arrêter, que dis-je
kidnapper les principales figures de l’opposition démocratique,
sans mandat d’arrêt et d’amener, le Dr Ibni-Oumar Mahamat-Saleh
Secrétaire Général du PLD et Porte parole de la coalition CPDC,
le Député fédéraliste Ngarlejy Yorondar Coordonnateur Exécutif
du FAR et le Député et ancien chef de l’Etat Lol Mahamat Choua,
ils seraient tous entrain de subir les pires sévices dans les
geôles du sous sol de la Présidence et cela par des jeunes du
clan qui ont été certainement au lycée avec moi que sais-je ? ou
bien par d’autres voyous débarqué tout droit du village pour
gonfler les rangs de la garde présidentielle et qui ne respecte
personne. Leur seul crime a été de s’inscrire dans la légalité
constitutionnelle, condamnant toute prise de pouvoir par les
armes mais rejetant avec la même énergie sa confiscation par les
armes. Depuis quelques jours, l’on nous dit que l’ancien
président Lol Mahamat Choua a été retrouvé parmi un lot de
détenus et qu’il est considéré maintenant comme un prisonnier de
guerre, alors qu’on est sans nouvelles des deux autres. Le
gouvernement tchadien affirme qu’il ne les détient pas.
Peut-être qu’ils seraient partis avec les rebelles ou se
cacheraient dans la ville, affirme t-il ? Voyons, un peu du
sérieux !
Jeudi dernier, quelques mimistrons
nous déclarent devant toute la presse internationale avoir
retrouvé M Yorongar, ce qui s’est révélé être totalement faux.
L’on se demande, si Idriss ne veut pas en profité pour faire
disparaitre ceux qui n’ont jamais baissé la tête devant lui
comme ses autres sou fifres aux alentours, ce qu’il oubli c’est
que s’il franchi cette ligne rouge il n y aura plus de paix au
Tchad et il aura précipité son déclin, avec qui veut-il
gouverné ? SEUL ! Tel semble le dessein inavoué de notre général
de président. Alors, M. Sarko, n’est-ce pas entre Idriss
et Mugabe c’est bonnet blanc et blanc bonnet ? C’est
quoi cette politique à géométrie variable ? Désolation,
Amertume (humm ! adjab !).
En tout cas, la France sait bien plus que ce qu’elle veuille le
dire par rapport au lieu de détention et aux conditions
d’incarcération des deux membres de l’opposition politique, si
elle n’est pas l’instigatrice de ce camouflet. Les mensonge de
l’ambassadeur de France et les propos de certaines associations
de droit de l’homme en France depuis ces derniers jours semblent
étayer cette thèse.
Aujourd’hui, le pouvoir ne tient que grâce à l’aide de la
France, c’est une évidence. Alors pourquoi celle-ci n’arrête pas
sa comédie de mauvais goût et imposera à son protégé la
libération de ces détenus politiques et l’organisation d’un
forum de réconciliation nationale n’excluant aucune composante
de la vie politique tchadienne ? Ou bien est-elle partie
prenante au conflit avec les conséquences que cela pourrait
avoir ?
Face à cette préoccupation, la communauté internationale,
particulièrement les Nations Unies et l’Union Européenne qui a
parrainé les accords du 13 aout derniers et qui en est la
garante, sont interpellées à peser de tout leur poids pour
obtenir la libération inconditionnelle de tous les membres de
l’opposition démocratique injustement arrêtés au lendemain de
l’insurrection armée contre le régime de N’djamena. Le conseil
de sécurité se doit, comme il l’avait fait lors de l’attaque
rebelle, de prendre une résolution contraignante dans ce sens.
Quand à nous jeunes démocrates, on
est plus que jamais lancé sur le combat contre le dictateur
Idriss par la voie des idées bien sure le choix qu’a toujours
prôné le Dr Ibni-Oumar MAHAMAT SALEH ce père que j’admire tant.
Une fois de plus,
nous disons non à la visite de Nicolas Sarkozy au Tchad
Mohamed-saleh IBNI-OUMAR
Etudiant en 3 eme Cycle de
Mathématiques
Vice-président de la F.E.A.F (Fédération des Etudiants Africains
de France)
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