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Opinion
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Opinion:
«
Que
peut-on retenir de la leçon Ukrainienne ?»
Par
Ndilmbaye
Ndilédé Olivier
ex-observateur
national, des élections de Mai 2001.
Article
paru
le 27 janvier 2005 -
Ialtchad
Presse - |
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« Que
peut-on retenir de la leçon Ukrainienne ?»
L'éclaboussante
victoire de la démocratie rendu possible par le peuple Ukrainien et
dont la lecture a été faite par tous les médias du monde entier
serait-elle un acte dont l'essence proviendrait d'un simple courage ou
d'un engagement qui a prit sa source au socle du désespoir sur lequel
reposent des millions de cœurs longtemps affamés et résolument tournés
vers un changement salutaire ?
Aujourd'hui, il est de bon ton de proclamer haut et fort que cette leçon
Ukrainienne qui ( s'offre ) se donne à nous, à tout peuple tyrannisé
et opprimé, est bien porteur de grandes idées révolutionnaires que
les adeptes de la politique politicienne ne sauraient en aucun cas
servir un grand dessein.
Cependant, de toutes mes forces, je réitère, ici, qu'à chaque fois
que je constate qu'il existe encore des Hommes aux cœurs d'acier
capable d'opérer un changement et faire entendre raison soit par des
moyens forts, soit par des voies jugées licites, franchement, je me
revigore. je dirai même que je me sens revivre ! Et soudain, mon cœur
reprend et réapprend à se conformer autrement aux pulsations qui régulent
son métabolisme. La ferme conviction, la confiance et la force vidée
de mes muscles se rétablissent petit à petit dans les cellules les
plus minuscules de mon corps agonisé comme pour ainsi dire...courage !
Toi aussi, tu peux croire au meilleur devenir de ton pays, le Tchad.
Dès lors, cette glorieuse démonstration de force passive n'est pas dénuée
de fondement. Elle s'inscrit sur la courte mais riche liste des
enseignements livrés par des Héros d'antan et de notre époque à
savoir : Mahatma Gandi, Martin Luther king, Nelson Mandela etc.
Au Tchad, il reste que les structures démocratiques plantées par l'Elysée
au régime de Déby demeurent toujours et nous pouvons y croire qu'il
est encore possible pour notre démocratie de se rendre crédible.
L'exercice du pouvoir par le Président Idriss déby dès 1990 est pour
le moins qu'on puisse dire catastrophique : flagrantes violations des
droits de l'Homme, fragmentation et musellement de l'opposition,
confiscation du pouvoir ( élections de Mai 2001 ), détournement de l'économie
au profit du régime, abandon du peuple, pour ne citer que ceux là. Le
déboussolement est remarquable et quasi total.
Les axes de repères ont disparus. Le peuple est accroché désormais
à la vie pour sa survie par des slogans tels " chaque chose à son
temps ", " même Hissein Habré est parti " , " Dieu
est grand " etc.
Il est évident que l'espoir nous maintient à la vie, mais je me pose
toujours la question et à vous aussi, de savoir si c'est le seul et
dernier recours qui nous reste ? Aurions-nous totalement épuiser nos
ressources révolutionnaires ? Si non, comment expliquerai-je notre
stagnation à ces lueurs d'espoir au moment où les ailes déchaînées
du pouvoirs Débyste ventilent fortement notre société en détruisant
fièrement et impitoyablement nos quelques miettes de courage restantes.
Comment oserions-nous réparer et remplir les digues qui quotidiennement
cèdent de toute conformité et dont les fiers bénéficiaires ne sont
que les mêmes têtes ? Par quelle connaissance et par quelle science
arriverons-nous à décrypter cette force qui prend en otage et
terrorise tout un peuple ? Pourquoi et comment devenons-nous comprendre
les stratégies de ce régime qui s'en prend à l'ensemble de nos
couches sociales sans hésiter de faire appel à sa force coercisive par
l'utilisation erronée d'armes à feu même quand celles-ci se réduisent
aux règles dictées par les exigences démocratiques ?
De cette fataliste méthode de gouverner, de ces ardentes empreintes, de
ce global imbroglio qui perdurent des années et qui continuellement
fait tristement des victimes dans nos familles respectives,
pourrions-nous, un jour ajouter à notre vocabulaire commun les mots
joie et bonheur ? Mes chers frères et sœurs, quand je réalise que
vous vous trouvez encore dans ce canicule de climat d'insécurité et
d'angoisse permanente, je reste tout de même optimiste et ce, malgré
le parfum des fleurs fanées du pessimisme qui lentement m'enivre. Et,
à chaque secondes qui s'écoulent, mes pensées m'amène sans cesse
vers vous au centre de ces arrestations, de ces persécutions et de ces
injustices orchestrées par déby et ses alliés.
Croyez-moi, je partage votre douleur. La cloche de notre vrai salut
retentira et son son touchera, bientôt, même les âmes les plus
meurtris. Nous avons un grand et beau pays. Nous possédons sur place d'énormes
ressources et de potentialités que les pays dits avancé et développé
recherchent au prix de leur vie. Ce qui nous manque et qui manque à
notre pays, c'est cette femme ou cet homme qui saura distinguer le privé
du public. C'est cette femme ou cet homme qui trouvera les juste mots
pour nous faire goûter, ensemble, les délices et les saveurs de notre
pays le Tchad.
Pour atteindre ce but, vous et moi savons que nous nous devons courage
et ténacité, car pour réussir une action de grande envergure à
l'exemple de l'Ukraine, nous serons amenés à pouvoir réagir de manière
appropriée à toutes situations d'injustice sans a priori ethnique ni
tribal. Pour ce faire, la voie que nous choisirons nous orientera vers
un processus qui à son tour nous conduira - qu'on l'accepte ou non - à
réinventer notre façon de voir et d'appréhender les choses.
Dans ce contexte précis, nous devons nous serrer les coudes et faire de
l'union notre unique et puissant cheval de bataille. Devant un "
Non " national, la capitulation et la défaite est inévitable, sûre
et certaine.
Alors, pensons à optimaliser nos compétences individuelles pour résister
aussi longtemps que cela durera à toutes éventuelles manipulations
lors des prochaines échéances électorales de 2006 que les
bancales préparatifs débutent déjà par ( l'intention ) la reforme de
la Constitution.
Fort de cette conviction victorieuse, je voudrais progresser en
martelant qu'à partir de cette iniatique leçon Ukrainienne, nous
pouvons nous aussi - si nous le voulons vraiment - dôté le Tchad d'un
vrai Etat, d'une bonne et cohérente administration, d'une réelle armée
nationale, d'une sérieuse et exemplaire police nationale et même des
élections non suspectées de fraudes.
Nous sommes un peuple et l'histoire nous jugera si nous baissons les
bras devant une poignée d'individus en proie de titres et de richesses
personnelles.
Voilà. Que dire de plus... Eh bien, commençons dès à présent à
renoncer de vivre seulement comme nous le faisons. Cessons de penser et
de nous comporter uniquement comme le veut déby. Réagissons face
aux réalités de notre époque. Arrangeons-nous pour que de nouvelles
choses émergent.
Remuons-nous pour que de nouvelles modes de pensées se propagent.
Exigeons que de nouvelles idées véhiculent notre devenir voire notre
pays.
Levons-nous et ne perdons surtout pas de vue que le régime qui détient
les rênes de notre pays est entièrement antipathique à toutes
salutaires évolutions et s'en rage à réprimer toutes tentatives
d'innovations. Il s'arrange même à tout scléroser jusqu'au point où
tout iota de nouveauté est frappé de nullité. Le verrouillage ( imposé
par Déby ) des esprits est solidement acquis à tel enseigne qu'il les
empêche d'éclore. Le blocage est permanent et ceci doit nous exhorter
à plus de prudence et d'imaginations.
Distinguons le bien du mal. C'est indispensable au développement de
notre patrie et pour notre propre survie. Ces simples gestes et
comportements pourraient - j'en suis sûr - être le commencement d'un
souverain engagement qui fera admettre d'une part nos faiblesses et
d'autre part pour bien
amorcer le départ de lendemains meilleurs.
Pour nous quitter, je profite de l'occasion pour vous souhaiter mes vœux
les meilleurs pour l'année 2005. Sachez aussi que je me sens tout comme
vous assailli par toutes ces théories, ces interrogations sans réponses,
mais il est de notre ressort de provoquer le changement pour que les générations
actuelles et futures retrouvent et hissent le flambeau de la Liberté,
de la Justice, de la Paix et du vrai Progrès.
Ndilmbaye
Ndilédé Olivier
ex-observateur national
des élections de Mai 2001
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