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  Poésie(suite)
         L'ESPACE IALTCHAD DE LA POÉSIE  

Vous avez de l'amour pour votre pays le Tchad et vous voulez l'exprimer, vous aimer la femme tchadienne et désirez faire une dédicace, votre beau village natal vous manque et vous voulez le dire, vous vous souvenez de votre quartier d'enfance et vous voulez les partager avec les autres ialtchad, alors à vos plumes, écrivez votre poème envoyez-le et nous le publierons dans cette rubrique. Nous vous remercions d'avance pour l'intérêt que vous montrez et votre participation.


TOI, FEMME DU TCHAD : C'EST À TOI QUE JE PARLE

Toi, Femme, Tu es Ma Mère, Tu es ma Seule et Unique VÉRITÉ.
Toi, Ma vérité en ce monde.
Toi Ma certitude. Tu es unique,
Toi, Vérité et Certitude desquelles découlent toutes mes certitudes.
Toi, fondement de ma vie. Toi, genèse de mon existence.
Je suis sorti de tes entrailles que j'ai squattées neuf mois durant.
Et plus parfois et, même à plusieurs parfois.
Toi que j'ai fait souffrir, quant à l'appel du soleil je n'ai pu résister.
Pour un bol d'air, pour un rayon de soleil ou de lune
Pour une goutte de pluie, pour le souffle de l'harmattan,
Je t'ai torturée : blessures, déchirures, mutilations, voire ta mort.
Dans mon désir de voir le jour, je ne t'ai épargnée d'aucune souffrance.
Pour arriver à maturité je me suis connecté sur ton réseau sanguin
Vrai parasite utérin, c'est de ton sang que je me suis nourri.
Puis, je vivre Je me suis
Ô Toi qu'aucun sacrifice n'a rebutée pour que je puisse vivre.
Qu'ai je fais pour toi ? Que t'ai-je offert en récompense ?
J'ai pris les armes pour tuer ceux qui, comme moi,
Par d'autres mères ont été engendrés sur cette terre du Tchad.

Désespérée, en silence tu souffres. Tes nuits ne sont que cauchemars.
Tu souffres. Tu pleures. Tu désespères. Tu périclites.
Ce sont là mes gratifications à ta gratitude.

Toi, Femme, Tu es Ma Sœur, vraie petite mère,
Grande ou petite sœur tu t'es dévouée à ma cause.
Tu te levais tôt mais c'est tard que tu dormais :
Tu étais et es toujours de corvée.
Balayer la cour, puiser de l'eau, aller au marché ou au champ,
Faire la cuisine, nettoyer les linges ou la vaisselle, rapiécer mes habits ;
Abrutie par tes corvées tu n'as pu poursuivre ta scolarité.
Mais tu restes fière et digne car ton frère lui a réussi.
Ma gratitude pour ton sacrifice est de dire :
« Une fille à l'école cela ne mène à Rien ».
« Toi, Ma sœur n'en es-tu pas la preuve vivante » ?
« On t'a mise à l'école comme moi mais toi »,
« Fille, tu n'es pas du tout douée pour de longues études » ;
« Il fallait te caser avant que tu te dévergondes ».
« Un mari on t'a trouvé. Heureusement ».

Toi, Femme, Tu es ma voisine de quartier ou d'étude
Objet de mes désirs, Tu as subi mes cours acharnés.
Je te déclinais des « Je t'aime, je t'adore, Toi et Moi c'est pour la vie ».
Vrai stratège je savais utiliser tous les supports de communication :
Musique : toutes mes compositions musicales ne sont que des « je te t'aime ».
Verbe : la première lettre que j'ai écrite dans ma vie c'est pour te dire « je t'aime».
Touchée dans cour sensible tu m'as cru. À Moi Tu t'es donnée. Pour ton malheur :
Perte de ta pureté, Grossesse non désirée, Maladies sexuellement transmissibles
Sont, à coup sûr, ce que tu as toujours récolté pour m'avoir écouté.
T'ai-je réellement aimé ?
Non. Sous l'emprise des bouillonnements de mes hormones.
J'étais prêt à tout pour te consommer.
Pour moi tu n'étais qu'un produit à consommer et à tout prix.
Je ne t'aimais pas : je te désirais. J'avais envie de Toi.
Quand tu m'as annoncé, les larmes aux yeux : « Je suis enceinte » ;
Que t'ai-je répondu ? « TU ES SÛR QUE C'EST MOI ? »
Blessée, humiliée tu as tenté de me convaincre :
« Tu es le seul garçon à qui je me suis donnée ».
Méprisant, je crie au scandale. J'affirme ne pas être seul dans cette affaire.
Pour ton malheur la communauté se ligue contre Toi pour te dire :
« Cette fille n'a que ce qu'elle mérite. Elle a toujours aimé la compagnie des garçons ».
En désespoir de cause tes parents t'ont débarquée chez les miens.
Rares sont ceux de mes parents qui t'ont accueillie :
Tu n'es que la fille d'un Miskine-Allah.
Mes maternelles, vraies matrones, t'ont fait subir, sans arrêt, des tortures psychologiques :
« Tes parents t'ont mise à l'école mais toi au lieu d'ouvrir tes yeux pour apprendre »,
« Ce sont tes jambes que tu sais écarter. Tu n'es qu'une vespasienne » ;
« Et tu crois te sortir de cette situation en accusant Notre Fils ? Lui seulement » ?
Pour ta paix ; tu as déguerpi les lieux en catimini,
Et chez une amie, déjà éprouvée elle aussi, que tu as atterri.
Formant ainsi le club des SANS PÈRE.
Pour toi, fille mère, plus d'étude ; plus d'avenir doré rêvé :
Tu dois te battre pour élever et seule cet enfant non désiré.

Mais pour moi et au pire, la sanction n'est que financière.
Car un objet se paye. J'ai payé. Je suis quitte. La chasse peut continuer.

Toi, femme, Tu es ma compagne. Toi mon épouse. Toi la persévérante.
Tu as su résister à mes dithyrambes. Tes parents t'ont donné les armes adéquates.
Tu as cru que ta résistance à conquis mon cour. ERREUR.
Je suis un prédateur blessé dans son orgueil ;
Peu importe les moyens : Tu dois figurer sur mon tableau de chasse.
Le mariage est ta victoire. Mais ta joie et tes projets de vie vont être éphémères.
C'est avec horreur que vas découvrir mon vrai visage : un tyran domestique.
Tous les prétextes me sont bons pour t'avilir et te faire souffrir.
Un deuxième bureau je prends Puis des maîtresses j'ai dans tous les quartiers.
Tu n'es pas d'accord ? « Mais c'est avec mon argent que je m'offre tout ça.
Tu persistes dans ton refus ? « Hé bien je prends une deuxième épouse ».
Plus jeune que Toi, la pauvre idiote se croit t'être supérieure : Elle est ma préférée.
Mais elle n'est qu'un instrument dont je me sers. Momentanément.
Ton sort elle ne tardera pas à subir.
Et moi je m'ingénie à vous diviser pour mieux régner.

Toi, Femme, Tu es mon amante, mon thérapeute :
Dans tes bras je viens trouver du réconfort pour mes supposés malheurs.
Complice d'un instant c'est à toi que je dis ce que mes femmes « me font subir ».
Je te dis qu'avec toi je me sens bien. Tu es différente de celles que j'ai à domicile.
Je te dis qu'il est anormal qu'une femme comme toi n'ait pas d'époux.
Mais, dés que le jour se lève mes beaux discours s'envolent. S'évaporent.
Tu n'es plus pour moi que la prostituée qui ne fait ça que pour de l'argent.
Et j'ai grassement payé tes services : « Au revoir et surtout oublie-moi ».

Toi, Femme du Tchad. Toi Ma Mère, Toi Ma Sœur.
Toi Ma Voisine. Toi Mon Épouse. Toi ma compagne d'une nuit.
Je T'en conjure, en cette journée du Huit Mars, Écoute-Moi.
Moi Ton Fils ; Moi Ton Frère. Moi Ton amoureux.
Moi Ton Époux. Moi ton amant d'une nuit.
Te dis que Tu mérites chaque journée de ma vie : JE TE DOIS D'EXISTER.
Mais comprends-moi : je ne suis que le produit d'un mensonge universellement admis.
Je suis conçu par cela, dans ce but et pour cet objectif.
Perpétuer ce mensonge séculaire :
« La Femme n'est qu'un sous-produit de l'homme : elle n'est que sa côte » ;
« La Femme a été l'origine des malheurs de l'humanité : en désobéissant à Dieu »,
« La femme a entraîné l'homme dans la déchéance » ;
« L'acte de procréer n'est que la punition que Dieu a infligé à la femme » ;
« La femme doit rester soumise à l'homme, telle est le canon divin »
Moi, YALNASS, Moi Ton Fils ; Moi Ton Frère.
Moi Ton amoureux. Moi Ton Époux. Moi ton amant d'une nuit.
J'ai, avec le temps, pris conscience de ta VRAIE VALEUR.
J'ai mis du temps pour évoluer et saisir ta VRAIE DIMENSION.
J'ai appris, au fil du temps, à comprendre pourquoi l'homme s'évertue à te rabaisser.
Et dans sa quête, l'idiot se contredît à force de vouloir prouver ton infériorité.
- L'homme admet et confesse que nous sommes créés à l'image de Dieu
- L'homme dit que notre intelligence est une infime parcelle de la lueur divine.
- L'homme rend grâce à Dieu d'inspirer ses actions et réalisations.
Mais l'homme dit que Dieu l'a créé le premier pour qu'il soit le dominateur ;
Que c'est de lui, homme, que tu es sortie : tu es sa côte.
Je suis perplexe devant tant de contre vérités.
Quand j'observe les réalisations de l'homme :
POUR TOUTE RÉALISATION, SI PETITE SOIT-ELLE,
L'homme part d'une esquisse, d'un brouillon, pour arriver au chef-d'œuvre.
Mais l'homme affirme que Dieu, son Créateur, Lui de qui il tient l'intelligence ;
Dieu donc a eu une démarche tout à fait contraire :
DIEU SERAIT PARTI DE L'ÊTRE PARFAIT : l'homme ;
POUR CRÉER UN ÊTRE IMPARFAIT : la femme.
Alors pourquoi le Créateur a dévolu à la femme l'acte de porter la vie ?
De donner naissance ? C'est pour la punir me répond-on.
Mais punis-t-on en donnant au condamné un pouvoir si grand et unique ?
Je n'ose croire une telle démarche illogique de la part de Dieu :
LA QUINTESSENCE DE LA LOGIQUE.
Moi, YALNASS, en cette journée de la femme, j'affirme le contraire :
L'ESQUISSE, LE BROUILLON DE LA CRÉATION c'est l'homme ;
LE CHEF-D'ŒUVRE, LA PERFECTION c'est la femme.

Ô Toi, Femme du Tchad au jour d'aujourd'hui je suis à tes pieds
Pour te supplier de prendre en main le destin du Tchad.
Redonne vie à cette espace que je m'évertue à détruire.
Ne vois-tu pas ma flagrante incapacité à gérer les ressources du Tchad ?
Ne constates-tu pas mon incompétence notoire à faire la paix avec mes frères ?
Car dans la paix je dois bâtir et je suis incapable de le faire : je suis un prédateur.
Défaut de fabrication indissociable à mon statut de BROUILLON.

Toi, Femme du Tchad. Toi Ma Mère, Toi Ma Sœur.
Toi Ma Voisine. Toi Mon Épouse. Toi ma compagne d'une nuit.
Lève-toi. Fédère ton énergie. Puise ta force dans ta puissance créatrice.
Boute, Moi Ton Fils, Moi Ton Frère. Moi Ton amoureux.
Moi Ton Époux. Moi ton amant d'une nuit.
Hors du champ du pouvoir que je n'ai pas su gérer depuis plus de quarante ans.
N'écoute plus mes justifications : l'incompétent sait toujours se justifier :
« Ce n'est jamais de sa faute, ce sont ses prédécesseurs qui ont. »
On ne lui a pas laissé le temps pour faire mes preuves ».
Mais ne crois-tu pas que quarante années c'est bien suffisant ?

TOI, FEMME DU TCHAD. J'OSE DONC T'AVOUER MON INCOMPÉTENCE.
FEMME DU TCHAD, EN CE JOUR SOLENNEL DÉCIDE-TOI.
PRENDS LE POUVOIR POUR LE BIEN ÊTRE DE CEUX QUE TU AS MIS AU MONDE.
JE T'EN CONJURE FAIS-LE. N'ATTENDS PAS. N'HÉSITE PLUS.

Toi Ma Mère, Toi Ma Sœur. Toi Ma Voisine.
Toi Mon Épouse. Toi ma compagne d'une nuit

VOLE À MON SECOURS.
ENTRE TES MAINS JE REMETS MON DESTIN.
NE ME DÉÇOIS PAS.

À tes pieds je me prosterne en ce jour.
Moi, YALNASS : ton fils, ton frère, ton amoureux, ton époux, ton amant d'une nuit.

                              Yalnass / yalnass@voila.fr                           


JOURNÉE MONDIALE DE LA FEMME

A toi ma mère,
Femme noire, Femme africaine,
Femme tchadienne, Fille de Fort Lamy,
Toi qui m'a donne vie, toi qui m'a nourri,
Je te dédie ce poème,

En ces temps durs d'incertitudes et de peurs.
A la veille de la journée mondiale de la femme.
Ma bien aimée, je revois encore ton visage plein de pleures.
Les pleures versées pour la disparition de ton homme,

Maman, j'ai eu mal au sœur pour toi,
J'ai toujours mal au cœur pour toi,
Ton courage face à cette épreuve,
Ta sagesse et ton amour pour nous t'ont soutenus.

Tes actions m'ont beaucoup appris,
Je suis la femme que je suis aujourd'hui à cause de toi,
J'aspire à mieux, je me bats tous les jours à cause de toi,
Je suis fière d'être ta fille.

Merci d'avoir été forte, merci d'être la femme que tu es.
Merci pour les leçons de tous les jours.
Merci d'avoir tant sacrifié pour nous,
Nous tes enfants ne savons comment te remercier.

Sois fière de toi ma belle
Tu as élevé quatre superbes enfants,
Dans la Paix, l'Amour, la Joie et la Foi en Dieu.
Nous t'avons aimé, t'aimons et t'aimerons toujours.

Courage mon Amour, je t'aime très fort.

                                          Halmira                                         


8 MARS

La bonne à tout faire
haillons souillés de graisse
pour vêtements
somnole devant une montagne
de vaisselle et linges sales
pendant que l’arrogante maîtresse
pieds sur la table, se régale de viande grillée
À qui alors dois-je adresser mes félicitations
ce beau jour que le monde entier commémore?

Femme tchadienne
Chaque jour la tempête de ton front fiévreux
déverse partout une forte averse de sueur
sur la sécheresse de mon champ de mensonges
Cette suffocante jachère colonisée par les ronces
des lois et fois qui m’enseignent le contraire
de ta présence et contribution.
Que cette humidité née de ta souffrance
fasse germer les graines de tes qualités ignorées.

Femme de mon pays
dans le noir de ma perdition autoritaire
où je m’alimente du plagiat de tes exploits,
la richesse de ta raison, comme un flambeau
vient me guider vers le chevet de notre pays
où déjà tu m’attends, comme toujours
avec la grâce de ton sourire.

Au-delà de ce jour 8 Mars,
J’érige pour toi dans l’univers de ma vie
un obélisque de victoire
badigeonné des témoignages communs:
cueillettes, pêches, laboures, luttes, combats
marches, rebellions, révolutions, prisons, exils.

Quand le blocage exprès de la voie
du respect du savoir et de la culture
à toute âme sera unanimement rejeté
nous ferons de ce désert
que les vents du Sahara peignent sans merci
une oasis où il fait beau vivre.
Femme, sois remerciée aussi longtemps
que la terre tourne autour du soleil.

                                    Nanga Kaye Mady                                   


HOMMAGE A LA FEMME TCHADIENNE!

Tu es beauté et humilité
Tu resteras notre fierté

Gloire à toi ma sœur, ma mère
Ces mots lyriques te reviennent de droit
Tu les mérites ou que tu sois

Longtemps, tes enfants t'ont humilié
Pendant des années, tu as été endeuillée

Ton pays t'a abandonné
Ton mari t'a frappé mais aussi souvent dorlotée

Tu demeures femme tchadienne
En tenant compte des réalités siennes

Ne te laisse pas emporter par le lointain
Surtout supporte les attitudes provenant de loin

Préserve ta culture, tes valeurs
Tu dois rester femme tchadienne même ailleurs

En France tu renvoies ton mari pour des allocations
En Amérique, tu lui demandes de te faire des cuissons

Tu n'es ni française, ni américaine
Tu es intelligente femme tchadienne

Avec ton Kanga (tresses du Sud) tu es belle
En faisant le Dobou (tresses du Nord) tu fais naturelle
Les tatouages (traditions du Centre) aux lèvres te rendent plus sensuelle

L'on croit que tu es muselée
Ignorant que le soir tu as le dernier mot et le fais ramper

Refuse la journée de la femme
Demande d'être honorée tous les jours

Tes conférences se tiennent en Occident
Pendant que tu souffres et trimes dans un autre continent

Le monde à toujours été injuste
A travers tes combats tu le rendras juste

Le souffle, tu l'es, Femme Tchadienne,
Sans doute les hommes réclament ton oxygène

"Derrière un grand homme, il y a toujours sage femme"
Tu vois que même innocente, tu es une force soudaine.

Hommage à toi ma sœur, ma mère

   Ceci pour rendre hommage à mes sœurs, mères qui ont subi et continuent à subir pendant des siècles des injustices souvent sans raison valable. Mais aussi, je voudrais interpeller mes sœurs qui pensent que vivre en Occident, c'est laisser tomber les riches valeurs de notre pays d'origine, la beauté de notre éducation, notre culture. Je prône la soumission, la compréhension, mais surtout le dialogue avec son mari, son fiancé, son copain, son frère... Enfin, je demande aux hommes tchadiens qui me liront d'être plus compréhensifs, indulgents, humains en nous associant aux décisions concernant le foyer, les associations, le pays. Laissez tomber l'orgueil mal placé, véritable blocage à l'épanouissement du couple. Nous sommes incontournables dans un siècle où les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles.  Merci   

                              Fatime Yacoub / Canada                             


J’EN AI MARRE         

- J'en ai marre de vivre dans ce coin

- Où la vie n’est guère rose

- Partout c’est la misère et l’oisiveté

 

- J’en ai marre de voir   dans ce coin

- Les jeunes juchés au long des rues

- Où la saleté est roi jouer aux  cartes

 

- J’en ai marre de voir dans ce coin

- Les jeunes noyer leur cervelle dans l’alcoolisme

- Sans se soucier de leur avenir  incertain

 

- J’en ai marre de voir  dans ce coin

- Des roitelets vivre dans l’opulence

- Et s’en ficher de ceux qui végètent

 

- J’en marre de vivre dans ce coin

- Où je respire l’odeur nauséabonde 

- D’une existence hostile

- Et avale toute la merde du sous développement

 

- J’en ai marre de me réveiller dans ce coin  

Poèmes, tirés du recueil inédit Dans les eaux du Chari, de Maguergue Eynem,
Maison Don Bosco.
Institut de Philosophie & Sciences humaines. Lomé Togo. 
Publiés sur ialtchad avec l'autorisation de son l'auteur.  

                              Maguergue Eynem, Lomé Togo                             


AU BORD DU CHARI

Je me baladais un soir

Contemplant la nature

Me voilà derrière le pont

Au bord du chari

Les pêcheurs jettent leurs filets

D’un geste nonchalant qui donne la vie

Sur le pont défile une immense foule

                                        ( à l’allure de clair

Au ciel les oiseaux chantent le cantique vespéral

Le soleil flamboyant à l’horizon s’incline

Projetant ses dernières lueurs sur l’eau

Et la nuit de son manteau noir recouvre la nature

Ma solitude apaisée je retournais l’âme en paix.

Poèmes, tirés du recueil inédit Dans les eaux du Chari, de Maguergue Eynem,
Maison Don Bosco.
Institut de Philosophie & Sciences humaines. Lomé Togo. 
Publiés sur ialtchad avec l'autorisation de son l'auteur.  

                              Maguergue Eynem, Lomé Togo                             


N’DJAMENA  

N’djamena la vilaine coquette

Au visage sale et laid

Tu n’as rien de plus beau que la merde

Les rues puent le bordel et la chiotte

Les maisons n’ont rien d’une capitale

La population sombre dans la misère fatale

Et tu souffleras bientôt tes cent ans

Cent ans d’une ville qui souffre tant

Une ville plongée dans une éternelle obscurité

Où il n’y a ni électricité ni eau

Où le système est paralysé jusqu’aux os

Qu’apportera l’après centenaire ?

Je rêve d’une N’djamena belle et coquette

Au visage clair et beau

Aux maisons blanches et splendides

Aux rues propres et saines parsemées des arbres

Où je promènerai mon triste être jour et nuit sans crainte.

                                                      N’djamena : capitale du Tchad.

Poèmes, tirés du recueil inédit Dans les eaux du Chari, de Maguergue Eynem,
Maison Don Bosco.
Institut de Philosophie & Sciences humaines. Lomé Togo. 
Publiés sur ialtchad avec l'autorisation de son l'auteur.  

                              Maguergue Eynem, Lomé Togo                             


DES HOMMES QU'IL FAUX!!

Pigiste cher ami
Je verse mes larmes pour toi
L'ingratitude politique
A drapé la vue des hommes
Parfois cupides
Parfois aussi maladroits

Le pouvoir a cette particularité
D'être à la fois palpable
Et insaisissable
A la fois instrument constructif, persuasif
Coercitif et destructif
Quand tu lèves ta plume
Lui, lève son arme
La lève toujours
La lève encore plus haut
Toujours et toujours
C'est un jeu à somme nulle

Mais ne te tais pas
On ne tait pas un homme
En lui fermant juste la bouche
Informer c'est apporter de la lumière
Dans l'univers ténébreux des pouvoirs
Habitués à fonctionner dans le noir
Ils ont la lumière en horreur

Tu es notre éclaireur
Tu t'obstines à marcher droit
Dans cette foule qui zigzague
Et elle veut donner de toi
L'impression que c'est toi
Qui zigzague
C'est faux
Avec ces hommes qu'il FAUX!!!

Le journaliste Tchadien est mis en prison
Comme on enfermait de la fumée dans une case
Mais il continue son travail
Car on ne peut pas enfermer de la fumée
Disait un proverbe de chez nous

Tu n'es pas seul, pigiste
Dans ce monde dit libre aujourd'hui
Tes confrères ne peuvent plus faire
Leur boulot tranquillement
Ils sont pourtant 'libres'
De ne faire que ce que veulent les pouvoirs
Liberté de mon oeil!

Vas-y ne lâche pas
Tiens fort
Tu as mon soutien
Et celui de ceux qui luttent
Pour que la liberté
Ne soit pas absente
Du patrimoine que nous allons
Léguer à nos gosses
Journalistes en danger!
Rappeur en soutien!

                  Kaar Kaas Sonn,     kaarkaassonn@yahoo.fr            


TIBESTI        

Les armes Sifflent au Tibesti

Où mes frères versent des larmes

Pourquoi tant de guerres pères ?

Si la guerre construisait,

Pourquoi ces années vaines ?

Je ne veux plus de guerre pères

Car ma mémoire est pleine de sang pères

Pleine de malheurs et d’horreurs

Je  veux aspirer au bonheur

Au petit matin, je veux être réveillé par mon réveil

Que le sifflotement sanglant des balles

Je te pleure mon Tchad arrête de t’enrouler dans ces guerres

                                    ( sans issues qui te ruinent

Pour toi, Tchad je pleure encore et verse des larmes

Je n’ai pas de super armes Pour mettre fin à ce carnage

Que ces vers pour apaiser ta rage

Pour toi, Tchad je pleure il y a longtemps

Pour toi Tchad je  verse autant de larmes que l’océan

Au seuil de ce millénaire soit un peuple nouveau.

Tibesti : région dans le massif montagneux du Nord du Tchad, fief des rébellions.  

Poèmes, tirés du recueil inédit Dans les eaux du Chari, de Maguergue Eynem,
Maison Don Bosco.
Institut de Philosophie & Sciences humaines. Lomé Togo. 
Publiés sur ialtchad avec l'autorisation de son l'auteur.  

                              Maguergue Eynem, Lomé Togo                             


SOUVIENS-TOI DE L’AFRIQUE VILLAGE MEURTRI

- Frère te voilà partit pour ce pays lointain

- Sans qu’on ne se revoit

- En fouillant mes affaires, je revois

- Ta photo et ces écrits que tu m’as laissés

- Lors de cette fête commémorant notre réussite

- Au bac «  La clef d’or ouvrant toutes les portes,

- A la  conquête du savoir…. »

- Ces écrits me font tout droit au cœur

- Tu dois avoir frère ce même esprit de dextérité

- Et de combat pour l’Afrique, notre mère

- Où que tu sois pour la rendre magnifique

- Je suis avec toi frère pour ce combat

- Ne te laisses point convaincre par l’Europe

- L’Eldorado dont rêve la jeunesse africaine

- N’oublie pas la voix de ta conscience

- Frère l’Afrique a besoin de toi, de nous

- Soyons Unis pour hisser notre Afrique.    

- Mon être est attristé par l’horrible récit

- De ce village victime du pouvoir des armes

- J’ai frémi pour lui et versé des larmes

 

- Ses pauvres paysans massacrés

- Ses pauvres femmes et filles violées

- Ses récoltes brûlées, ses chèvres pillées

 

- Quel calvaire de vivre dans ce pays !

- Où la barbarie prime sur le droit

- Peuple à la culture de gâchette

- Quand cesseras-tu cet enfer ?


 

Poèmes, tirés du recueil inédit Dans les eaux du Chari, de Maguergue Eynem,
Maison Don Bosco.
Institut de Philosophie & Sciences humaines. Lomé Togo. 
Publiés sur ialtchad avec l'autorisation de son l'auteur.  

                              Maguergue Eynem, Lomé Togo                             


AU TCHAD SOUS LES BALLES

- Sous les plaintes et cris que t’arrachent les serres.
- Acérées de tes malheurs, reposent les seigneurs de guerre.
- Repus du sang âcre de tes enfants qui se perd.
- Dans les entailles qui déchirent ta terre.

- Quand viennent à passer tes soldats, porte-armes.
- Innocents meurtriers, grisés par l’odeur d’un carnage calme.
- Les balles sifflent, les mines sautent de joie sous les larmes.
- Et tes seigneurs de guerre dorment dans les bras d’un pouvoir qui les charme.

- Peuple du Tchad, avec la guerre tu dois en finir.

- Tout autour de ton sol rouge, troué par les obus.
- Rouge comme le sang qu’il a trop vu.
- Ruissèlent les larmes de tes enfants que tu as bues.
- Et ces larmes, depuis 40 ans, coulent sans être vues.

- Aveuglé par les flammes des mitrailleuses meurtrières.
- Tu n’a pas vu, la couleur blanche de la bannière.
- Bannière d’une paix que tu n’as pas vue, même hier.
- Abruti par les coups de canons dans le soir, malgré nos prières.

- Peuple du Tchad, avec la guerre tu dois en finir.

- Le rythme de ton hymne orgueilleux a laissé la place.
- Au chant macabre des roquettes qui vont à la chasse.
- Pour faucher tes innocents enfants qui passent.
- Et pendant ce temps, dans l’harmonie, le monde avance.

- Du haut de ma jeunesse, je regarde l’avenir.
- Et je vois l’étoile d’un peuple venir.
- Etoile de la renaissance des enfants martyrs.
- Et qui porte les couleurs d’une paix à venir.

- Peuple du Tchad, avec la guerre tu dois en finir.

   Hamit Ogoleh Mahamat © 2003 / hamit_ogoleh_mahamat@yahoo.fr  


TCHAD, MON PAYS!

     - Nous sommes venus te dire nos marhaba
     - T'attester que nous serons ensemble bientôt autour du feu d'amour.
     - Pour rebâtir la vie, la paix et réconcilier tous les enfants!
     - Chanter notre joie à la lueur de ton ciel désormais éclairé
     - Te dire nos angoisses et d'entendre de ta bouche aimée
     - Une  parole d'amour.

     - Chanter ensemble avec toi sous  nos dattiers, manguiers, et nos collines du Grand Tibesti

     - Notre honte devant nos mesquineries
     - Notre faillite face à la splendeur éternelle de malheurs
 
     - Que nous asservissons avec des armes, technologie de l'homme blanc
     - Pour le simple plaisir de corrompre nos destins
     - Par notre volonté de comprimer la vie.

     - Chanter la merde! Dire nos hypocrisies
     - Parler de notre ignorance des lois de l'existence
     - De nos émois d'enfants désespérés
 
     - Chanter notre solidarité à la lutte pour la Justice
     - Cherchant la dignité!
                - Nos refus du clanisme
                - Nos dédains pour la corruption
                - Nos mépris pour la gabegie
     - Louer Dieu pour notre union!
     - L'union que nous allons gagner et garder pour toujours.
     - Te demander enfin pourquoi il y a tant de pleurs !
     - Te demander pourquoi tes enfants ne s'unissent ils pas ?
     - Après toutes ces questions, nous te Dirons Ndjamena!

                                           R. Félix                                    


TCHADOU MAMAN, TCHADOU BEAUTÉ

- Mon Amour est entré doucement et tendrement dans tes pensées,
- Je veux être partout en toi,
- Remplir ton cœur si pur.
- Tu n'as plus rien, tu as tout perdu, depuis mon départ pour l'exil.
- Ton autonomie est fortune d'autrui....

- Je veux te remplir de moi à mon ultime retour.
- Tu me pardonneras, et nos cœurs s'uniront, s'aimeront et battront si fort à nouveau.

- A peine 42 ans et ton visage me rappelle celui d'un revenant.
- Dans cette chambre ou tu es, nos larmes ont inondé le planché.

- Tes enfants t'écrivent des lointains courriers
- Que ta vie aura été courte...
- Je veux t'aimer d'un Amour pur jusqu'a ta fin.
- Je veux tenir ta main et m'enfoncer dans tes yeux
- pour que tu partes apaisé.
- J'espère être là pour ton dernier souffle...

- Oh! Tu ne sais pas ce que j'éprouve...
- Pour toi...Mais moi...J'y crois...
- Un jour peut-être...Je te dirai, Je t'aime Maman.

               Félix, Le Tchadien / Ngofelix@yahoo.com             


LA DÉMOCRATIE
- Épaules rabougries
- Par la corvée des années de sujétion
- Pieds fendillés par la longue marche
- Pour qui, haleine céleste
- Et promesse de l’oméga pas
- Sont seuls saluts

- Venez voir les murailles
- Vestiges des cités en ruines
- Les échafauds maculés de merdes
- Le faîte glissant des chemins d’exil
- Vous verrez que je bourgeonne
- Des murmures d’impatience

- Je ne viens
- Ni de Rome ni d’Athènes
- Mais comme un magma
- En instance d’éruption
- Je bouillonne dans le tréfonds
- De toute âme opprimée et dominée

- Un peuple, un chemin, une marche
- Les halètements, la sueur, le sang
- Tous fermentés dans le vase de dépassement
- C’est ici que je conditionne la naissance
- D’une nation trop savante 
-
Pour se phagocyter dans la haine

- Le verve réel de l’histoire
- Confié aux pages à la merci du moisi
- Pages lisibles pour un monde aveugle
- Puisse que la nuit ne gommera pas
- Tout ce qu’il y a d’Homme
- Appelez-moi si vous voulez, Démocratie!

Le Tchad n’a pas besoin d’un cyclone libérateur, mais plutôt des hommes et femmes qui acceptent mettre la main avec tout le monde dans la glaise pourrie, pour la pétrir et en mouler un avenir digne d’un peuple parvenu à la notion d’une nation.

                                  Nanga Kaye Mady                                  


NE DOIGTER PAS MON PAYS!

- La dignité de Mon Pays!
- Elle est dans le regard simple de ma mère!
- Regard droit des infirmes et des mendiants.
- Dans les regards des écoliers.
- Dans la gaieté des enfants tapant dans un ballon dans les rues boueuses.

- La richesse du Tchad
- N'est pas celle qu'empilent les nantis dans le secret des villas
- Ne découle ni de quelque juteux capitaux dans des banques.
- Elle s'écoule en flot continu dans les jeux et les rires des enfants.
- Dans leur énergie débridée et leur insatiable curiosité,
- Par le trou de leurs rêves brisés, leurs petites intelligences fabriquant leurs jouets eux-mêmes.

- La force des Tchadiens
- Ne se manifeste pas en fierté militaire et défilés de grandeur.
- Elle n'a besoin ni de politiques belliqueuses, d'idéaux malfaisants.
- Elle gît dans les mains et les têtes des petits travailleurs, éleveurs et artisans.
- Dans leur savoir-faire ancestral, à la source de leur inépuisable talent,

- La beauté du Tchad
- Ne s'exprime pas seulement dans l'art des griots, des danseurs, et de la beauté de ses filles.
- Elle est partout présente, dans le sourire d'une Tchadienne, la joie d'un repas partagé en famille.

- La gloire du Tchad
- Sachez le tutoyer tout en le respectant, car il est le berceau de l'humanité
- Ne l'enfermez pas dans un carcan de sentiments, de vertus, de jugements.
- Attention! Ne le doigter pas!
- Ngarta se retournera;
- Malloum arborera une médaille;
- Habré t'apprendra la vigilance ;
- Et, Deby arrêtera la