|
1/
- L'ORGANISATION DU SECTEUR
Aujourd'hui, le parc est d'environ 60 000 abonnés, soit 13 400 pour
le fixe et 46 500 pour le mobile (quasiment tous localisés à N'Djaména).
Ce secteur s'est beaucoup amélioré au cours des dernières années.
Le pays dispose aujourd'hui de moyens de télécommunications modernes,
mais concentrés géographiquement.
Les communications intérieures restent cependant de qualité inégale
compte tenu de la diversité des équipements.
En 1998, deux lois ont été promulguées, restructurant en profondeur
le secteur des postes et télécommunications : la loi N°008/PR/98
portant sur la Poste et la loi N°009/PR/98 portant sur les Télécommunications.
Les textes ont permis la création et la mise en place des structures
suivantes :
- l'Office Tchadien de Régulation des Télécommunications (OTRT),
autorité chargée de la régulation, de l'application et de la
mise en œuvre de la loi et des textes réglementaires relatifs au
secteur des télécommunications ;
- la Société des Postes et de l'Epargne
(STPE), détenue
à 100 % par l'Etat, a repris les activités postales de l'ex-ONPT
; elle est chargée de l'exploitation postale ;
- la Société des Télécommunications du Tchad, Sotel
Tchad, société publique à 100 %, issue des activités de la
l'ex-TIT et des activités des télécommunications de l'ex-ONPT ;
elle est principalement chargée du réseau de base et regroupe
l'ensemble des services de télécommunications (intérieur,
international, Internet et cellulaire en coentreprise).
L'objectif de ce regroupement est sa privatisation prochaine dans
le cadre de la déréglementation des services de télécommunications.
La loi sur les télécommunications de 1998 exclut de son champ les
activités relatives à la radiodiffusion et à la Télévision
(informations, images, etc.), ainsi que les moyens de communications
utilisés par l'Etat.
L'OTRT a octroyé en 1999 et 2000, deux licences d'exploitation de téléphonie
cellulaire à deux opérateurs privés, Celtel Tchad et Tchad Mobile.
A noter:
Le programme 2003-2007 prévoit de porter le nombre d'abonnés
au poste fixe de 13 400 à 92 000, afin de faire
passer la densité téléphonique de 0,17 à 1 ligne
principale pour 100 habitants.
2/
- LA POSTE
1 bureau de poste pour 206 000 habitants
Le réseau postal est faiblement maillé.
Seuls 36 bureaux sont opérationnels pour un volume d'environ 5 000
lettres par semaine (y compris l'international).
L'effectif est de 420 agents.
La qualité du service, notamment pour l'acheminement, est relativement
médiocre :
- un faible taux de pénétration postale : 1 bureau pour
206 000 habitants, soit une densité largement inférieure à la
moyenne de l'Afrique Sub-Saharienne (1/20 000 hab.) ; celle des
boites postales est de 1 pour 1 133 habitants (1/200 au Cameroun
et 1/111 au Congo).
- un service de courrier accéléré à l'état embryonnaire (EMS)
et largement concurrencé par le seul opérateur privé implanté
(DHL).
- un réseau financier postal précaire (mandats et CCP)
regroupant environ 11 000 comptes. La Caisse Nationale d'Epargne,
établissement public créé en 1965, n'est toujours pas réhabilitée
depuis les événements de 1979. Une nouvelle entité, la Caisse
d'Epargne Postale, a été créée (loi n°008/17 août 1998) mais
n'est toujours pas entrée en vigueur.
Les difficultés liées au réseau postal résulte en fait
principalement du faible niveau des infrastructures (routes, lignes aériennes,
…) et du manque de transport du courrier.
Ceci conduit à des recours alternatifs (armée, ONG, missionnaires,
etc.). De facto, le temps d'acheminement du courrier est relativement
long, tant au niveau national qu'international.
Des pertes de plis et de colis sont occasionnelles.
De lourdes tensions sociales (grèves) sont à relever en 2002.
Une réforme du secteur postal est néanmoins en cours, et prévoit
l'assainissement financier, un dégraissage des effectifs, des
investissements en moyens de transports, la réhabilitation des bureaux
de poste, un renforcement institutionnel, l'ouverture de la CEP.
3/
- LES
TELECOMMUNICATIONS FIXES
SOTEL Tchad :
Opérationnelle depuis mai 2000, la société a été créée
par la loi 09/PR/98 portant sur les télécommunications.
Elle reprend les activités de télécommunication de
l'Office Nationale des Postes et Télécommunications
(ONPT) et de la société des télécommunications
internationales du Tchad (TIT). La SOTEL emploie environ
630 agents
La Sotel Tchad sert 13 400 abonnés (+ 22 % en deux ans).
Le taux de pénétration n'est que de 0,17 lignes pour 100 habitants,
soit un niveau 5 fois inférieure à la moyenne des pays d'Afrique
Sub-Saharienne (0,75 lignes/100 hab.).
Le réseau de commutation publique :
Entièrement numérique, il est constitué d'un cœur de chaîne
central, installé à N'Djaména (Goudji), assurant les fonctions de
commutation urbaine d'abonnés, centre de transit national et
international, d'une unité de raccordement locale (URAL) et 5 unités
de raccordement d'abonnés distantes (URAD) situées à N'Djaména ; de
13 Centraux dans les principales villes du pays (Moundou, Sarh et Abéché)
et les villes secondaires provinciales.
Le réseau de transmission
Liaisons nationales :
De configuration étoilée, le réseau national de transmission est
assuré par satellite (SAOSAT).
Il comprend une station maîtresse (HUB) de 11 mètres de diamètre,
installée à N'Djaména (Goudji) et autour de laquelle gravitent 13
stations périphériques.
Elle est orientée sur le satellite 801.
Les circuits interurbains sont au nombre de 206.
Liaison par fibres optiques :
A N'Djaména, la liaison de jonction entre le central, cœur de chaîne
de Goudji et ses satellites (URAD) situés à Ridina, Hôtel de Poste,
Farcha, Diguel et Dembé est assurée par une boucle à fibres optiques
d'une capacité de 63 MIC.
Liaisons par faisceaux hertziens :
Très peu développées, elles totalisent une longueur de 28 Km dont
reliant la ville de Sarh à Banda, en service depuis 1991, et 3 Km
reliant Ridina à la Station terrienne de Goudji, mise en service en
cette liaison n'est plus fonctionnelle.
Liaisons par ondes décamétriques :
Le système radioélectrique à ondes décamétriques reste largement
utilisé au Tchad. On dénombre 23 localités desservies par ce système.
Le nombre total des stations est de 28 dont 18 équipés de systèmes
permettant la téléphonie et la télégraphie (type TELETRA), mis en
service en 1992.
Le transport et la distribution :
Les réseaux de transport sont en grande partie réalisés par des câbles
de capacité comprise entre 200 et 600 paires.
Les réseaux de distribution sont généralement constitués des câbles
de capacité de 10 à 200 paires.
Le réseau de branchement est constitué en très grande partie des câbles
auto-portés.
Les réseaux locaux d'abonnés :
Les réseaux d'abonnés, à l'instar du nombre des centraux téléphoniques,
sont constitués de 18 réseaux locaux dont 11 à caractère rigide, à
l'exception de N'Djaména et Moundou.
La capacité totale de ces réseaux est de 12 000 paires de sorties.
L'international :
La Sotel Tchad dispose pour son réseau de transmission international de
trois stations terriennes situées à N'Djaména (Goudji) :
-
- une antenne de 11 mètres de diamètre, orientée vers le
satellite Intelsat 903. Elle assure des liaisons, en mode de
transmission IDR, en direction de la France (3 porteuses de
2Mbits), des Etats Unis (1 porteuse de 1Mbits/s) et du Cameroun (1
porteuse de 1Mbits/s) ;
-
une antenne de 3,8 m orientée vers le satellite Intelsat 704.
Elle assure des liaisons directes à 16 circuits avec le Soudan à
travers le réseau SUDOSAT,
-
une antenne de 7,30 m orientée vers le satellite Intelsat 603
qui assure des liaisons directes sur 22 circuits, et en mode SCPC
DAMA, en direction des 9 pays suivants : Burkina Faso, Cote
d'Ivoire, Gabon, Mali, Togo, Maroc, Tunisie, RCA et Sénégal.
La qualité du service :
La qualité du service s'est nettement améliorée depuis 2001, même si
de nombreux efforts restent encore à faire ; notamment en ce qui
concerne les liaisons vers la province (Moundou, Sarh, etc.), le dérangement
fréquent des lignes de la capitale.
Les liaisons avec la France sont de bonne qualité mais à un tarif
exorbitant. Il est enfin plus facile aujourd'hui d'obtenir une ligne téléphonique,
mais le temps d'attente reste long.
Le coût des communications :
Les communications téléphoniques locales, interurbaines et
internationales sont facturées à partir d'une taxe de base de 25 Fcfa,
en fonction de la durée et selon un barème qui tient compte du jour,
de la destination et de l'heure de l'appel, sans différenciation des
zones sur toute l'étendue du territoire national.
Trois tarifs sont appliqués (100, 75 et 50 %) en fonction de l'heure
d'appel; ainsi, en heure pleine, 1 minute de communication vers la
France coûte 1593 FCFA, 1 mn vers la province 531 FCFA, les
communications locales coûtent 29,5 FCFA.
4/
- LA
TELEPHONIE CELLULAIRE
Tchad mobile et Celtel se sont engagées à couvrir l'ensemble du
territoire en 3 ans.
Depuis l'an 2000, il existe deux opérateurs de téléphonie mobile,
Celtel et Tchad Mobile.
Filiale d'Orascom Telecom (à 100 % depuis décembre 2002), Tchad
Mobile, dont la marque commerciale est Libertis, est le premier opérateur
tchadien et compte 25 000 abonnés au 1er trimestre 2003.
Il couvre, outre la capitale, Djermaya, (sur l'axe N'Djaména -
Massaguet) et Douguia.
L'ouverture du réseau à Moundou et Komé est en instance ; la société
table d'ici la fin de l'année sur plus du doublement de ses
utilisateurs.
Celtel, second opérateur, est une filiale du consortium MSI-CI
Hollande.
Avec 21 500 abonnés à la fin avril 2003, l'objectif pour la société
est d'atteindre 40 000 d'ici la fin de l'année.
Couvrant Massaguet, Douguia et Djermaya, des prospections sont en cours
dans le Nord pour l'extension de la couverture (Bol, Am Timan, Abéché,
Biltine), et d'autres sont prévues au 2nd semestre dans le Sud
(Moundou, Bébédja, Komé).
Les deux opérateurs ont plus que triplé leur nombre d'abonnés en deux
ans : ils gèrent aujourd'hui 46 500 abonnés (contre 12 000 en 2001),
quasiment tous localisés à N'Djaména.
Néanmoins, l'objectif fixé par le cahier des charges liant les deux opérateurs
au Ministère des Postes et Télécommunications, stipule un engagement
de leur part à couvrir l'ensemble du territoire national en trois ans.
Cet objectif est très loin d'être réalisé.
Au premier trimestre 2003, plusieurs villes sont toutefois desservies,
mais la couverture effective dépasse difficilement 50 km sur certains
axes au delà de N'Djaména.
L'extension est en cours.
5/
- LE RESEAU INTERNET
Ouvert depuis le 19 Novembre 1997, le réseau Internet du Tchad appelé Tchadnet
est constitué d'un routeur situé à N'Djaména (Goudji) relié par
satellite, au site de France Télécoms à Bagnolet (Paris).
A l'introduction de l'Internet au Tchad, la Sotel Tchad ne disposait que
d'une passerelle de 64 K bits/s de bande passante et de 43 abonnés (en
décembre 1997).
Au premier trimestre 2003, le réseau compte 2 150 abonnés et propose
l'hébergement de sites à une cinquantaine de clients (5 sont
effectivement recensés).
La bande passante est passée de 128 à 512 K bits/s full duplex, suite
à une convention signée entre le gouvernement et le PNUD.
L'objectif à court terme est d'élargir cette dernière à 4 Mégabits,
permettant ainsi au serveur tchadien d'accueillir d'autres fournisseurs
d'accès.
Tchadnet est encore le seul fournisseur d'accès au Tchad, bien qu'il
n'y ait pas de monopole de la Sotel sur la gestion du nœud d'accès à
Internet.
D'autres sociétés et organismes (Esso,…) ont accès à des lignes spécialisées.
Le coût d'utilisation de l'Internet comprend l'inscription initiale
fixe de 15 000 FCFA, l'abonnement mensuel de 10 000 FCFA, la minute de
connexion étant facturée 47,2 FCFA.
6/
- LES SERVICES
TELEPHONIQUES
Le Télex : Numérisé depuis 1996, le réseau Télex du Tchad est à configuration
étoilée et comprend :
-
- - un central numérique situé à N'Djamena de type Eltex V Alpha,
de capacité initiale 192 terminaisons, extensible à 256. La
capacité finale est de 512 terminaisons;
-
- - quatre baies télégraphiques situées à
N'Djaména dont trois
desservant Sarh Moundou Abéché et Faya, et une en direction de
la France ;
-
- - quatre baies télégraphiques situées respectivement à Sarh,
Moundou, Abéché et Faya..
Les communications interurbaines et internationales Télex sont établies
à travers les liaisons de transmission par satellite.
Depuis plus de six mois, ce central n'est plus fonctionnel.
Le réseau de transmission de données par paquets
(Tchadpac) :
La Sotel Tchad dispose d'un réseau de transmission des données par
paquets dénommé Tchadpac.
Relié à 64 Kbits/s au nœud de transit international NTI de Paris.
Le réseau a une capacité de 250 raccordements possibles.
Constitués en grande partie des grandes sociétés de la place, 30
abonnés y sont raccordés à ce jour.
Le même réseau permet le service de Vidéotexte (Minitel) fonctionnant
à 1 200 Bits/s.
7/
- LES PERSPECTIVES
Conscient de la nécessité de réduire la fracture numérique dans le
pays où plus de 70% de la population vit en zone rurale, le
gouvernement a chargé la Sotel de faire de l'accès universel au téléphone,
une priorité.
Divers projets ont été mis en place (Vsat). A titre d'exemple, le
projet Rascom Bot prévoit en 2004 la couverture de 500 localités.
Un vaste projet intercontinental envisage enfin de couvrir l'Afrique
d'une toile d'araignée en fibres optiques.
A partir de points d'atterrissement dans les pays côtiers, chaque pays
devrait s'organiser de manière à construire son réseau de fibres et
de connexion.
La connexion internationale se ferait à partir de SAT3.
Le projet pétrolier de Doba a déjà permis à la société ESSO de
poser 3 fibres le long de l'oléoduc.
Ces dernières devraient être rétribuées à la Sotel, sous conditions
d'accord avec le Cameroun et d'investissements adéquats afin de
construire les terminaux et autres infrastructures nécessaires.
Source:
France, Direction des Relations Économiques Extérieures(DREE),
Mission Économique de Yaoundé. 2003
|