mercredi 29 novembre 2023

Reportage

Reportage (1366)

4 Tchadiens sur 5 ne mangent pas de fruits au quotidien comme recommandé par les spécialistes de santé. La rédaction a échangé avec la nutritionniste Haloua Jean-Baptiste sur le sujet. Reportage.

M. Saleh Ibrahim est étudiant à la faculté de Droit de l'Université de N'Djamena, il avoue avoir consommé la dernière fois un fruit, il y a une semaine. « Les fruits sont chers, une banane coûte 150 à 200 F, alors qu'avec cette somme je pourrais m'offrir un bon plat de ris à la sauce tomate au campus », dit-il. Un autre à côté affirme, « je préfère la quantité pour me rassasier, les fruits sont destinés aux personnes aisées ». Si certains clament la quantité, d'autres connaissent l'importance du fruit pour le corps humain. « Je préfère la qualité pour ma santé et faciliter la digestion », rétorque Papou Soumaïne, assis non loin d'eux.

Haloua Jean-Baptiste, nutritionniste de formation, dit que le corps humain a besoin de fruits, « ils sont riches en vitamines, en fibres, en micronutriments et en antioxydants ». Ils permettent à l'organisme humain de bien fonctionner en facilitant dans la digestion des aliments ingérés, à fabriquer des anticorps et à désintoxiquer l'organisme, dit-elle, « les fruits  représentent d’excellentes sources de vitamines et de minéraux essentiels à un système immunitaire solide », rajoute la nutritionniste.

En réponse à ceux qui estiment que les fruits sont chers, Mlle Haloua propose une alternative, « le corps humain a besoin des micronutriments et vitamines surtout hydrosolubles qu'on trouve spécifiquement dans les fruits et aussi dans les légumes. Alors, ces personnes qui ne mangent pas de fruits chaque jour peuvent consommer des légumes de saison du terroir disponibles à moindre prix ».

Au sujet des conséquences de l’abandon ou de défaut de consommation de fruits, la nutritionniste dit, « les conséquences se manifestent par des carences en vitamines et micronutriments essentiels pour celui qui ne mangent ni fruits, ni de légumes. Pour les personnes qui mangent de légumes, les carences sont moins nombreuses. En revanche, si la personne ne mange pas des oranges qui sont riches en vitamines C, mais mange en retour de la laitue, celui-ci va satisfaire ses besoins de vitamine C contenus dans la laitue. Donc les fruits et légumes sont complémentaires, le danger c’est lorsqu'on ne mange aucun des deux légumes ».

Abderamane Moussa Amadaye

Depuis quelques mois, les restaurants de grillade se sont multipliés sur plusieurs avenues de la capitale tchadienne, N’Djamena. Les propriétaires affirment que c’est un business rentable. Ialtchad Presse s'est rendu sur le terrain pour faire le constat. Reportage.

Viandes grillées sur de grandes grilles en plein air, des odeurs alléchantes embaument les bords des avenues bitumées de la capitale tchadienne, N’Djamena. Du quartier Dembé, Chagoua, Habena, Ndjari en passant par Rond-point SNER puis Diguel, plusieurs restaurants de grillades sont alignés les uns après les autres sous un soleil ardent. Les Tchadiens et la consommation de viande grillée c’est une longue histoire d’amour. Pas étonnant que la prolifération de ces restaurants prend de l'ampleur : viande de bœuf, de chèvre, de mouton ou encore dromadaire sont dévorés à longueur de la journée et de la nuit jusqu’à minuit à certains endroits de la ville.

Axe rond-point Hamama. Hissène Blama est un jeune boucher et restaurateur âgé de 33 ans, affirme qu'il ouvre ses portes à 8h du matin, « je pars à l'abattoir à 5h du matin pour ramener les carcasses de 4 moutons. Je les nettoie puis la grillade commence dans l’attente de premiers les clients». Concernant l’achalandage, M. Blama poursuit, « Alhamdoulilah les clients arrivent tous les jours manger la viande grillée. Parfois si je débute le matin comme ça, j’arrête vers l’après-midi et la quantité de viande fraîche emmenée est dans la plupart des cas épuisée, au cas échéant je continue jusqu'à 23h avant de fermer».  

Un peu plus loin, à l’agence de voyages d’Abéché. M. Goudja Abdramane la cinquantaine est lui aussi boucher et restaurateur depuis 20 ans. Il soutient que sa viande est toujours bien aimée à cause de la qualité des moutons qu'il sélectionne, « je me bats pour finir au moins 13 carcasses de moutons par jour ». Il ajoute, « les clients viennent demander la viande grillée pour leur petit déjeuner à partir de 7 heures du matin. Je suis sur cet endroit depuis 20 ans, je paie les taxes et le loyer qui me coûte 100 milles FCFA par mois » dit-il.

Axe Dembé-marché à mil. Brahim Seïdou Abdou travaille avec ses collaborateurs, il affirme que la viande grillée est le goût préféré des Tchadiens, « je vends le tas à 1000 FCFA et des oignons servent d’accompagnement ainsi que le piment rouge mélangé aux épices dont les bouchers restaurateurs ont le secret pour attirer la clientèle. Grâce à ce métier, je nourris ma famille et je subviens aux besoins de ses 4 épouses ».

Au bord des avenues des 3e, 5e et 6e arrondissements, les bouchers restaurateurs vendent des brochettes, des poulets braisés, etc., « les clients ne manquent pas », disent-ils heureux de faire leurs métiers et de gagner de l’argent.

Noël Adoum

Au cours d'un point de presse animé ce 20 novembre 2023 à la bourse du travail, la coordination des actions citoyennes Wakit Tamma, section politique dénonce la présence des forces militaires étrangères sur le sol africain, annonce le boycott du référendum et à des marches pacifiques le 16 et 17 décembre 2023. Reportage.

Le porte-parole, chargé des affaires juridiques de Wakit Tama section politique Moustapha Abdallah souligne qu'après avoir été chassé du Niger, les forces françaises d'occupation ont pris la direction du Tchad et visiblement elles se sont installées ici à Ndjamena. Contrairement à l'annonce des autorités qui indiquaient que le Tchad constitue juste un point de passage, « nous constatons une présence massive des forces françaises dans la capitale et ailleurs aussi », a-t-il dit.

Selon lui, les informations émanant de sources fiables, font état de création des nouvelles bases françaises pour abriter les mêmes troupes chassées du Niger. Ce qui constitue une ligne rouge pour la coordination qui a déjà accordé un délai de 3 mois pour celles qui occupent illégalement les terres tchadiennes depuis la période coloniale et ils achemineront vers la fin de ce délai, précisément le 25 décembre 2023, a-t-il précisé. « Après cette date, wakit tama et ses alliés useront de tous les moyens légaux pour chasser ces forces du mal. Ces pilleurs de nos ressources naturelles feront face à la colère légitime de notre peuple! », a laissé entendre le porte-parole.

Pour Wakit Tama section politique, au moment où toute l'Afrique se tient debout pour dire non à la présence de forces militaires étrangères sur le sol africain, elle apprend que la junte a conclu un accord militaire avec la Hongrie, « c’est ainsi que le parlement hongrois a donné son accord au déploiement d'un contingent militaire de force de défense hongroises entre 200 à 400 personnes ». Wakit Tama s'oppose catégoriquement à ce déploiement de forces étrangères. Car, « le Tchad n'est pas un dépotoir des armées étrangères, la junte doit arrêter de marchander notre souveraineté dans le seul but d'asseoir une dynastie », a-t-il déclaré.

Concernant le référendum constitutionnel annoncé pour le 17 décembre 2023, Wakit Tama section politique s'inscrit dans le boycott actif. Wakit Tama estime que cette constitution soumise au référendum ne prend pas en compte les aspirations profondes du peuple, « tout est ficelé et le résultat est connu d'avance. Par conséquent, la coordination de Wakit Tama section politique annonce une marche pacifique les 16 et 17 décembre 2023 et appelle la population à sortir massivement ».

Noël Adoum

Ce dimanche 19 novembre marque le premier meeting politique du parti Les Transformateurs. Un meeting non loin de leur siège. Reportage

Réunis au quartier Habena, plusieurs militants du parti les Transformateurs venant de Moundou, d'Abéché, de Bongor ainsi que ceux de 10 arrondissements de la capitale tchadienne, N’Djamena ont été nombreux à prendre d’assaut l’espace à 2 mètres de leur siège rebaptisé « place de l’espoir ». Arrivée à 16h, Succès Masra a été accueillie par ses militants avec des chants et des danses. Tout a commencé par 1 minute de silence et de méditation en l'honneur de leurs camarades morts le 20 octobre 2022.

Pour Succès Masra,  l'avenir du Tchad doit se faire avec tous les Tchadiens. Cet avenir ne doit pas être un destin rabougri, mais un destin, dit-il, grand extraordinaire à l'image des Sao, les premiers habitants du pays selon la légende populaire. Il affirme que lui et ses militants n'ont jamais été les ennemis pour le président de la transition, Mahamat Idriss Deby, et ils ne le seront jamais. Et de la même manière, ils n'ont jamais été un ennemi pour le président Idriss Deby, et ils ne le seront jamais. « Le Président Deby paix à son âme a rêvé d'un Tchad vitrine de l'Afrique. Nous allons ensemble faire de ce rêve une réalité. Ceux qui ont prédit la suppression ou la mort des transformateurs, nous leur disons que nous allons bâtir avec eux un Tchad d’opportunité, de sécurité et de justice pour eux-mêmes et pour leurs enfants »,

Succès Masra affirme que lui et ses militants sont enfin à la place de l’espoir sans gaz  lacrymogènes, l’argent pour acheter ces gaz lacrymogènes servir à acheter des armes à combattre les terroristes et créer des emplois pour nos jeunes. Le parti a évoqué une grande veillée de recueillement qui aura lieu ce lundi à la cité de Gassi baptisé, « cité des Martyrs de justice et d'égalité». Il invite les religieux notamment les imams, les prêtres et les pasteurs à venir prier avec leurs fidèles à leurs manières.

Le chef des Transformateurs estime que leur ennemi n'est ni une famille, ni une religion, mais l'injustice. Il faut être deux pour se réconcilier, dit-il . Cet accord n'aurait pas pu être possible si le président de transition n'a pas fait un pas vers les transformateurs et ces derniers des concessions, a-t-il expliqué. Cet accord de réconciliation ouvre la porte de Dialogue et les engage à travailler ensemble avec leurs frères qui gèrent la transition. Il permettra aussi de blanchir les casiers judiciaires de ses militants condamnés pour qu'ils postulent dans un futur proche aux prochaines élections dans différentes fonctions. « Cette transition qui a commencé en avril 2021 a connu des turbulences dont les événements douloureux du 20 octobre et qui prendra son vol à l'aéroport de la démocratie. Le général Mahamat et son équipe peuvent compter sur nous comme un allié du peuple qui veut la justice et l'égalité. C’est le peuple qui sera copilote de la transition pour permettre un atterrissage à l'aéroport de la démocratie». Le meeting a clôturé par l'hymne national. Les militants se sont dispersés heureux d’avoir entendu les explications de leur chef.

Noël Adoum

L’Assemblée générale extraordinaire (AGE) tenue ce 9 novembre par les membres du Bureau exécutif (BE) national du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) et celui de la province de N’Djaména dans les locaux de l’école du centre de N’Djamena ont décidé d’observer une grève sèche et illimitée jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications respectives sur l'ensemble du territoire national. Reportage.

Après avoir lancé une grève d'avertissement de 7 jours, le 3 novembre dernier dont les revendications sont  la réclamation des effets financiers coupés en 2016, l’ AGE assemblée de jeudi dernier a commencé sous tension entre les enseignants, le comité de crise nouvellement installé et l'ancien bureau dissous. Pendant la rencontre, le  BE du syndicat des enseignants du Tchad a été dissous par l’assemblée et un comité de crise est mis en place par la même assemblée.

Le comité de crise a annoncé purement et simplement la dissolution du BE national du SET ainsi que celui de la province N’Djamena. Motif : manque de moyen pour la non-organisation du congrès.

Très remonté, le président du comité de crise du SET M. Djimoudouel Faustin qualifie les deux bureaux dissous d'être à la solde du gouvernement « ils ne défendent pas la cause des enseignants. Le comité de crise est désormais l’interlocuteur légitime pour engager les négociations. Comme les membres de deux bureaux sont destitués par l'assemblée, nous allons occuper le bureau qui nous revient d’office de droit », a-t-il dit. Le Secrétaire National du SET Blaise, a voulu prendre la parole, ses collègues enseignants, l’ont empêché.

Après l’annonce de la grève sèche et illimitée, un mouvement d'humeur des élèves des établissements scolaires publics s'est rendu dans quelques établissements privés notamment dans les communes municipales des 7e et 9e arrondissements de la capitale tchadienne, N’Djamena, pour perturber les cours et chasser les élèves des écoles privées.

Noël Adoum

Suite à la journée du fédéralisme au Tchad, le Bloc Fédéral (BF) a organisé une conférence-débat ce samedi 4 novembre sur le thème, « deuxième anniversaire de la conférence internationale sur la forme de l'État au Tchad: Rétrospective et perspectives pour le fédéralisme à l'aube du référendum constitutionnel. La rencontre a eu lieu dans la salle multimédia du Centre d'Étude de la Formation pour le Développement ( CEFOD). Reportage.

Le panel de cette conférence-débat est composé de Banyara Yoyana, Bédaou Caman et Dr. Évariste Ngarlem Toldé,  le modérateur de ce débat passionné dans un contexte préréférendaire. Le porte-parole du Bloc Fédéral Banyara Yoyana, après avoir souligné l'historique, affirme que le bloc Fédéral est composé d’une quinzaine de partis politiques, des organisations de la société civile et des personnes ressources. « Tout le Sahel tant vers le fédéralisme », a-t-il dit. Pour apporter le changement au Tchad, il faut le fédéralisme, disent les tenants de l’option fédérale.

Dr.Koulsy Lamko a fait la présentation du livre, en soutenant que l'État tchadien est un État failli, la violence systémique et la carence structurelle gagnent du terrain.

M. Bedaou Caman souligne que le Tchad souffre de plusieurs problèmes parmi lesquels la justice, l'armée, les finances publiques, l'énergie, l'éducation, la santé etc. Mais ces problèmes se regroupent en deux plus grands problèmes notamment un problème structurel et un problème de gouvernance.

Sur le premier problème, il affirme que le Tchad est divisé en 23 provinces, 115 départements, 422 sous-préfectures dont le seul lubrifiant capable de remettre la machine du pays en marche est la fédération, a-t-il dit. Il ajoute, « le gouvernement actuel est incapable de gérer la capitale. Nous avons plusieurs crises parmi lesquelles la crise énergétique, l'incivisme, les violences tous azimuts et l'injustice ».

Au sujet de la gouvernance, M. Caman dit que le régime au pouvoir et son parti depuis plus de 30 ans ne laisseront qu’un héritage d'abus fondé sur l'injustice, le népotisme, la corruption, la médiocrité, l'incompétence et le mépris. « Le pays n’a aujourd'hui que des responsables analphabètes, des corrompus vieillissant à leurs postes. Le fonctionnaire tchadien travaille 2h par jour avec un niveau de la classe de 5e. Le pays aujourd'hui est devenu une plaque tournante des trafics d'armes et de véhicules cambriolés. Exposé à la misère, le tchadien lambda est étranger dans son propre pays », a-t-il conclu.

Noël Adoum

Le président du parti les Transformateurs Succès Masra est rentré ce vendredi 3 novembre 2023 à Ndjaména, suite à l’accord signé entre son parti Les Transformateurs et le gouvernement tchadien grâce à la médiation du facilitateur de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) Félix Antoine Tshisekedi. Succès Masra a donné ses impressions sur son arrivée. Reportage.

Après avoir quitté le pays depuis les évènements douloureux de 20 octobre 2022, le président du parti les Transformateurs Succès Masra viens de fouler le sol tchadien cet après-midi. Il est accueilli à l'aéroport international Hassan Djamous par le ministre de la réconciliation nationale Abderrahmane Koulamallah.

Succès Masra affirme avoir rentré avec une ferme volonté de contribuer à réconcilier les cœurs, à panser les plaies, à unir le Tchad pour que, «la justice, l'égalité et la fraternité triomphe sur ce grand et beau pays que Dieu nous a donné à transformer ensemble ». Il poursuit, « c’est également l'occasion avec ma délégation de pouvoir faire leur deuil dans les jours à venir dont 40 jours de recueillement, d'écoute et de solidarité avec les uns et les autres pour qu’ensemble nous pouvons panser les plaies afin d’avancer ».

Succès Masra relève qu'il faut être deux pour faire la réconciliation sinon cela n'aura pas été possible si les transformateurs n'avaient fait le premier pas et le chef de la transition n'avait pas fait le pas. Ça n'aurait pas été possible s'il y a pas des chevilles ouvrières en occurrence l'envoyer spécial du facilitateur le président de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi mais aussi la délégation gouvernementale. Il renchérit que cet accord à une dimension globale notamment le retour de tous ceux qui ont quitté le Tchad depuis le 20 octobre. Le président du parti les transformateurs termine avec un proverbe, « quand il pleut et on vous donne le parapluie, vous n'allez pas le refuser », a-t-il laissé entendre.

De l'autre côté du siège des transformateurs, le balcon de l'espoir, l'ambiance des militants est grandiose, arrivés sur place l'on remarque la photo du président des transformateurs accrochés sur le siège accompagnée des tricolores tchadiens, c’était l’euphorie totale des militants de ce parti avec plusieurs banderoles, pancartes et des affiches mentionnés « les militants des transformateurs vous souhaitent la bienvenue président ». Le militant du parti les transformateurs, Mbaïnassem Fabrice déclare, « le Tchad appartient à tous les tchadiens et le retour de Succès Masra est un ouf de soulagement pour nous ses militants. Cet accord de principe permettra également au parti de mener toujours la lutte pour la justice et l’égalité ».

Noël Adoum

Ce jeudi 2 novembre 2023 l'Union des Journalistes Tchadiens (UJT) a commémoré la Journée Internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Cette Journée a pour thème, « la violence exercée contre les journalistes, l’intégrité des processus électoraux et le rôle du leadership public ». Reportage

Le président de l'Union des Journalistes Tchadiens (UJT) Abbas Mahmoud Tahir souligne que, selon l'observatoire des journalistes tués de l'UNESCO, entre 2006 et 2023, plus de 1 600 journalistes ont été tués dans le monde, et près de neuf cas sur dix de ces assassinats restent non résolus judiciairement. L'impunité mène à un plus grand nombre d'assassinats et représente souvent un symptôme d'aggravation des conflits et d'effondrement des systèmes de droit et de justice, a-t-il déclaré.

Il relève que dans la marche vers le retour à l’ordre constitutionnel, le Tchad connaitra toutes les élections référendaires, présidentielles, législatives etc. pendant les mois à venir. Il ajoute, pour une plus grande intégrité de ces élections, le rôle des professionnels des médias est crucial. Seulement, si les journalistes parviennent à exercer librement leur rôle, sans entraves, sans violence exercée contre leur personne et leurs matériels de travail, dans un contexte économique idoine et avec des lois qui les protègent ainsi que les pouvoirs qui les sécurisent.

L’Union des Journalistes Tchadiens s’est recueillie à la mémoire des journalistes assassinés, disparus et victimes de diverses formes de la barbarie humaine. Parmi les journalistes assassinés figurent Narcisse Oredje, Evariste Djaï-Loramadji, Service Ngardjelaï ainsi que Noubadoum Sotina porté disparu depuis 2013 sans que lumière ne soit faite sur son cas dix ans après et plusieurs autres qui ont été la cible des forces de défense et de sécurité et ont été brutalisés, torturés et soumis à des traitements dégradants et inhumains aussi bien à N’Djaména que dans les provinces du pays. Chaque jour qui passe apporte son lot de crimes divers commis contre un professionnel des médias quelque part, dans un coin du Tchad, a déploré le président de l'UJT.

L'UJT avec les organes de presse compte unir leurs efforts pour exiger que les nouvelles lois de la République en cours d’élaboration puissent intégrer la dimension sécurité et de protection des professionnels des médias.

Noël Adoum

La communauté chrétienne catholique du Tchad célèbre chaque 1er novembre la fête de Toussaint appelée communément « la fête des saints ». Cette fête est célébrée le premier dimanche après la Pentecôte dans l'Église orthodoxe.  L'équipe d'ialtchad a échangé avec le curé Abbé Madou de la paroisse Saint-Isidore de Bakandja de Walia Goré dans le 9e arrondissement de N'djamena. Reportage.

La Toussaint est une fête catholique, en l'honneur de tous les saints du panthéon catholique. Au IVe siècle, l'église grecque décide de fêter les martyrs chrétiens. À l'origine, les premiers saints, après les apôtres, étaient des martyrs, morts pour leur foi. Le curé de l'église catholique de Walia Goré Abbé Madou, souligne que l'historique de Toussaint se trouve dans la Bible notamment sur l'apocalypse chapitre 7 et Mathieu chapitre 5 qui parle de la vie après la mort.

Après avoir fait la différence entre la Toussaint qui est la fête de tous ceux qui morts reconnus saints par l'humanité et déclarés saints par l'église catholique, les fidèles sont en communion avec eux parce qu'ils ont eu la grâce d'être avec Dieu et vivent auprès de Dieu. A l'exemple des saints, le curé a cité Saint Jean-Paul II qui a été le seul au monde à avoir réconcilié le monde et la Sainte Mère Theresa de Calcutta qui s'est occupée des malades abandonnés car l'homme doit mourir en dignité. Par contre, la commémoration de tous les fidèles défunts est célébrée le 2 novembre chaque année, ceux qui sont chrétiens catholiques et seul Dieu connait leur foi a-t-il expliqué.

Cette année, le contexte au Tchad est différent car une année après le massacre de 20 octobre, beaucoup ont été tués, les fidèles doivent leur demander pardon. Le deuxième contexte est que, « les morts ne sont pas morts car ils sont morts dans leur pays et ils doivent intercéder pour que le Tchad qu'ils ont laissé dans la douleur retrouve la paix », a-t-il souligné. Il ajoute, l'église catholique est en pèlerinage sur la terre avec les vivants, l'église de tous ceux qui sont morts qui attendent la résurrection de la chaire et l'église céleste, tous les saints avec les anges qui sont autour de Dieu Raison pour laquelle, « l'église est en communion avec les morts, avec les saints et avec les vivants ce qui résume la célébration des deux fêtes ».

Après la prière du matin, tous les chrétiens catholiques se rendront le 2 novembre aux cimetières de Farcha et de Toukra pour la commémoration des fidèles défunts.

Noël Adoum

Dans un point de presse animé ce 30 octobre 2023 dans la salle de conférence de la radio Fm Liberté, le collectif des organisations des jeunes du Chari-Baguirmi (COJCB) dit ne pas se reconnaitre dans la réconciliation des filles et fils du Chari-Baguirmi organisé à Bousso le 21 octobre dernier par le sultan Mbang Hadji Woli. Reportage.

Pour le coordonnateur du collectif des organisations des jeunes du Chari-Baguirmi Abdelkadre Djibia, « il est regrettable de constater que les 5% des revenus pétroliers du Chari-Baguirmi, destiné à notre province, n'a jamais touché notre population. Malgré plus d'une décennie de ressources pétrolières coulant sous nos pieds, nos citoyens souffrent encore du manque d'eau, d'écoles, des centres de santé adéquats et autres nécessités de base ». Le COJBC, qui lutte pour la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des revenus pétroliers du Chari-Baguirmi ne se reconnait pas dans ce simulacre de réconciliation et regrette que le Comité déchu du 5%, au lieu de se soucier du bien-être de la province, ait gaspillé sans vergogne des millions pour organiser cette mascarade de cérémonie qu'ils appellent réconciliation, a-t-il ajouté.

Contrairement à ce qui a été rapporté dans la presse nationale que le chari-Baguirmi à enterré la hache de guerre, le Coordonnateur relève que, ce qui s'est passé à Bousso en date du 21 octobre 2023 est un tissu de mensonge pure et simple et que toute personne responsable doit prendre ce cirque et scénario avec beaucoup de légèreté et réserve. Car « tout ça, n'est qu'une illusion », dit-il. Le collectif estime de continuer avec la lutte jusqu'à ce que le président du Comité déchu, Mbang Hadji et son équipe cèdent leur place à une autre équipe des hommes de probité et d'engagement afin d'envisager un avenir où la population du Chari-Baguirmi sentira réellement les retombées des revenus pétroliers qui leur revient de droit.

Le COJBC appelle tous les cadres du Chari-Baguirmi en général et ceux du Loug-Chari à prendre conscience de cette situation qui urge et met en garde ceux qui visent des intérêts personnels en soutenant aveuglement Mbang Hadji et son Comité. « Nous sommes déterminés, sans pitié, à poursuivre notre lutte pour le bien du Chari-Baguirmi et de notre nation. Il est temps que les intérêts personnels cèdent la place à l'intérêt général », a indiqué M. Abdelkader Djibia.

Par ailleurs, le collectif exhorte le gouvernement de transition à entendre son appel, de joindre l'acte à la parole pour assouplir la souffrance de la population. Car, « il est temps de mettre fin à cette injustice financière qui pèse sur les épaules de la population du Chari-Baguirmi depuis bien trop longtemps», a-t-il conclu.

Noël Adoum

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