vendredi 27 janvier 2023

Reportage

Reportage (1218)

Le coordonnateur de l’association Humanitaire Al-moussa’ada a animé un point de presse ce dimanche 30 octobre 2022 au siège de la dite association sise au quartier Diguel dans la commune du 8ème arrondissement de N'Djamena. Ce point de presse est relatif aux événements tragiques du 20 octobre. Reportage.

A l’entame de ses propres Moussa Abdoulaye Youssouf se  dit écorché par la douleur de ces événements inoubliables dont tout le monde a été  témoins et dit que la violence ne produit rien de bon « la violence, la violence mes chères  compatriotes, que peut-elle produire de mieux? Que peut-elle donner de meilleur? Que peut-elle fournir de bon? »  Toutes  ces questions sont des synonymes dit -il. « c'est la peine, qui me fait répéter pour plus d'emphase et d’insistance.  Les larmes ont empli mon cœur depuis et après le 20  Octobre. Une date mélancolique et de deuil, car plusieurs Tchadiens sont tombés en ce jour, pour des raisons de justice et d'égalité », souligne-t-il.

Il poursuit en disant que « ce qui est obtenu par la violence a une courte durée». Il ajoute que bien qu’il y ait de l’injustice et de l’inégalité, ce qui ne manque jamais dans toute société, il y a des voies appelées voies pacifiques et de dialogue, pour se faire entendre. Car, la violence n’engendre que la violence, alors que la paix n’engendre que la paix se lamente-t-il. « Chaque citoyen a droit à la revendication de ses droits et libertés fondamentaux, ce qui est un droit constitutionnel, mais ce droit ne lui donne aucun droit de proclamer la violence tout haut, en se justifiant avec  pour motif : la revendication de ses droits et libertés fondamentaux », a-t-il martelé.

« Je ne saurai manquer de fustiger les comportements violents que ce soit de la part des manifestants ou de la part des agents de l’ordre », dit-il.

C’est pourquoi, « je voudrais saisir la queue de cet instant pour vous dire : mes chers frères et sœurs Tchadiens, ne vous laissez envahir par la haine et la violence pour réclamer vos droits. Ne vous laissez entraîner par aucun politicien dans une insurrection ou dans une lutte sauvage, susceptible de causer des morts et de créer une guerre civile. Car, ce ne sont pas les politiciens et leurs familles qui perdent la vie et qui sont  blessés et couchés sur des lits d’hôpitaux, mais c’est vous seuls et vos familles qui en souffrez »  lance t-il.

En effet, «il y a une autre manière de résoudre nos conflits et de lutter pour nos droits, cette manière qui constitue l’un des principes des Nations unies, l’une des raisons pour lesquelles cette organisation existe : Cette manière de lutter, c’est par la voie pacifique».  La guerre, n’est jamais résolutoire ni bénéfique. Au contraire, elle a toujours été cause des sanglots, des pleurs et des gémissements voire des douleurs et des deuils a-t-il  signifié.

M. Moussa de dire que le vent de la violence dévaste mais celui de la paix construit. « Seule la paix peut construire un État et non la violence» martèle -t-il.

Pour lui les Tchadiens ont la chance d’appartenir à cette nation,  est une nation de diversité, de solidarité et où il y a le vivre ensemble. « Nos problèmes, nous allons les résoudre en famille, autour d’une table de dialogue et non en ayant des armes. Les linges sales se lavent en famille, dit-on ! Nous sommes tous tchadiens, il n’y a ni musulman ni chrétien, ni sudiste, ni nordiste, il n’y a que des Tchadiens » conclut-il.

Haoua Adoum Ibeth

Le ministre de la santé en partenariat avec L’UNICEF, le PAM (Programme alimentaire mondial) et OMS ( Organisation mondiale de la santé) organisent depuis vendredi 28 octobre 2022 une formation aux agents enquêteurs pour la collecte des données sur la nutrition à l’école nationale des agents sanitaires et sociaux. Reportage.

Ils sont au total 280 enquêteurs répartis dans 5 salles avec des formateurs qualifiés. Cette formation qui va durer 6 jours est répartie comme suit : 3 jours de théorie, 2 jours de pratique et une journée pour le texte pilote ou les enquêteurs iront texter les outils de collecte des données sur le terrain.

Mahamat Garba Issa, chef de service à direction de la nutrition et de technologie du ministère de la santé dit que cette formation s’inscrit dans le cadre de l’évaluation de la situation nutritionnelle par la technologie SMART, elle permet d’apprécier la situation nutritionnelle des enfants de 0 à 59 mois et des femmes en âge de procréer de 15 à 49 ans. Elle permet aussi d’estimer le taux de morbidité dans la population en général el les enfants de moins de 5 ans . Cette formation fait aussi partie de la « méthodologie smart » qui est une méthodologie simplifiée standardisée, qui permet d’évaluer  la situation nutritionnelle des enfants de 0 à 5ans.

Il ajoute que cette formation est organisée pour évaluer la prévalence de la malnutrition aigüe chez les enfants de 6 à 59 mois, de la malnutrition chronique chez les enfants de 0 à 59 mois et de l’insuffisance pondérale et d’autres  indicateurs en lien avec l’état  nutritionnel d’un enfant par exemple les pratiques d’alimentation  et d’hygiène. « Les maladies morbides, la diarrhée, la fièvre et il y a aussi les infections respiratoires », explique-t-il. Des indicateurs à collecter par l’équipe  sur le terrain.

Pour lui la nutrition se définit comme un déséquilibre alimentaire entre l’apport  et le besoin de l’organisme d’un enfant ou d’une personne âge. « Lorsque le corps a besoin d’une  quantité d’un nutriment  et n’arrive  pas à avoir ces besoins, il y aura un déficit d’un ou de plusieurs nutriments dans le corps », explique-t-il. Il ajoute qu’à  ce déficit d’autres maladies vont se déclencher et l’enfant va commencer à perdre du poids. Et va tomber dans la malnutrition. Il aura alors des pieds gonflés, des joues gonflées et des côtes visibles, souligne-t-il.

M. Mahamat Garba ajoute que les résultats issus de cette enquête vont permettre au gouvernement et à ses partenaires de prendre des décisions en matière de la nutrition. De planifier des interventions à travers la mise en place des programmes stratégique afin d’améliorer la situation nutritionnelle de la population en générale des enfants et des femmes en particulier. « Avec la crise alimentaire et la situation de l’inondation décrétée par le gouvernement, il est important d’évaluer la situation pour intervenir », conclut-il-il.

Notons qu’après cette formation, les 280 enquêteurs  seront évalués et les meilleurs d’entre  eux seront retenus pour mener les enquêtes dans les 23 régions du Tchad.

Haoua Adoum Ibeth

Abattue par 2 balles réelles selon l’autopsie devant chez lui à Chagoua le 20 octobre dernier lors de la manifestation qualifiée par le gouvernement de transition d'insurrection armée. La dépouille du journaliste Narcisse Orédjé a été enfin levée ce vendredi 28 octobre. Et acheminée au quartier Walia dans la maison familiale pour les funérailles. Ses proches, amis, collègues et connaissances lui ont rendu leurs derniers hommages. Reportage.

Il est 9h lorsque la dépouille du journaliste Orédjé Narcisse est acheminée à la maison familiale vers 10h. Sur place, amis, connaissances, voisins, famille biologique, famille journalistique et associative à la place mortuaire. Dans la foulée, des femmes, des hommes et des enfants vêtues tous en habit noir à l'effigie du défunt et écrit blanc sur noir sur leurs t-shirts, « Justice pour Narcisse». Tout le monde était triste, les visages tirés, les yeux mouillés de larmes. Sa famille, ses amis, ses voisins et certains de ses collègues de travail étaient inconsolables. Plusieurs témoignages parmi lesquels ceux de sa famille et de ses collègues de travail décrivaient un homme paisible, un journaliste sérieux, rigoureux et altruiste. Pour Adnely Carine, la cadette du défunt témoigne que son frère a été abattu devant chez lui à Chagoua par une balle réelle. Selon elle, il a laissé un grand vide que personne ne peut combler dans la famille. « il a pris la charge de la famille et aussi de ses frères et sœurs» a-t-elle dit. Elle ajoute, « après l'obtention de mon bac, il m'a orienté pour le choix de ma filière et financé l'entièreté de mes études», a-t-elle précisé.

Pour Nekoura Josué, vice-président de l'association Libre Afrique Tchad dont fait partie feu Narcisse a intégré l’association en 2017 à la suite d'une formation ténue en août à N’Djamena. Il justifie qu'il a été désigné Secrétaire Général de cette association à la suite d'une Assemblée extraordinaire jusqu'à sa mort. Selon lui, Narcisse était un homme loyal, intègre très professionnel, compétent qui a le sens de responsabilité, Journaliste polyvalent à l’aise dans la presse écrite, à la radio, à la presse en ligne. Il affirme que, « Libre Afrique perd un collaborateur hors pair, toujours disponible », a-t-il dit. Il finit, « Narcisse Oredjé, sache que ton combat pour l'égalité et la justice, les œuvres que tu as commencé, nous allons les poursuivre quoi qu'il arrive. Tu peux en être rassuré ». Il ajoute, «Tout ce monde qui est là en plein midi, est là pour une seule chose la liberté que tu as toujours défendue et qui t'a valu le prix même de libre Afrique internationale», martèle-t-il.

Sa famille maternelle, paternelle, ses collègues de travail et des religieux ont témoigné en parlant d’un homme courageux, brillant et travailleur qui a laissé derrière lui une veuve et un enfant d'un an et cinq mois. Narcisse a été inhumé dans l'après-midi à Kournari. Une localité située à plus de 30 km de N'Djamena.

Noël Adoum
Abderamane Moussa Amadaye

Le consortium des organisations de la société civile en partenariat avec ONG, ASHA, l'association panafricaine et le ministère de l'Environnement ont organisé une conférence-débat ce vendredi 28 octobre au musée national. Cette conférence est placée sous le thème : « les organisations de la société civile face aux défis du changement climatique au Tchad ». Reportage.

L’objectif de la conférence débat est d'expliquer qu’est-ce que : le changement climatique. Mais aussi, sensibiliser et éduquer à la justice climatique.

Mahamat Alifa Abouna président du consortium affirme que cette conférence est l'occasion de se pencher sur la manière dont les organisations de la société civile font face aux changements climatiques au Tchad. Elle vise à faire respecter les obligations face à ces changements, les droits de chacun à vivre dans un environnement sûr, propre, sain et durable pour la jouissance effective de droit de l'homme. Elle sensibilise sur l'interdépendance entre les droits de l'homme, droit à un environnement sain et le droit à la nature, etc. Elle sensibilise sur l'éducation à la justice climatique, les outils de la lutte contre le changement climatique et comment faire respecter les droits fondamentaux et leurs conséquences matérielles explique-t-il.

Le panelliste Hassan Bichara lors de sa présentation dit que le changement climatique provoque des  variations à long terme des températures et des conditions métrologiques. On peut aussi les définir à travers leurs effets, les différents comportements que les gens ont adoptés vis-à-vis de ses phénomènes. Le changement climatique est causé par l'homme. Il contribue à la dégradation du climat par les gaz à effet de serre et la destruction de la forêt, dit-il.  « Dans le monde, sécheresse, crise alimentaire, risque sanitaire, perte de la biodiversité, extinction des espaces animales ». Il a souligné que le réchauffement climatique, la fonte des glaciers, l’augmentation du niveau des mers, l’intensification des pluies dans certaines zones contre la raréfaction des pluies dans d’autres, la crise agro-alimentaire, les conflits qu’il engendre, les inondations qui impactent nos vies, etc. Les défis du changement climatique sont aussi la connaissance des textes nationaux et internationaux sur le climat, la mobilisation et l’engagement des acteurs, l’implication dans la mise en œuvre des politiques environnementales, faire des plaidoyers, prendre des initiatives communes et avoir accès aux financements.

Cette conférence a vu la présence des leaders de la société civile, le représentant du ministère de l'Environnement et bien d'autres invités de marque.

Ousmane Bello Daoudou
Haoua Adoum Ibeth

Le président du parti Union des démocrates pour le Développement et le Progrès (UDP) Max Kemkoye a organisé une conférence de presse relative aux événements du 20 octobre dernier appelés « jeudi noir », hier jeudi 27 octobre au quartier Moursal dans le 6e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. Reportage.

Suite aux manifestations réprimée du 20 octobre dernier qui a causé un nombre important de perte en vies humaine, les enlèvements, les arrestations et les dégât matériels, le président de l'UDP n'est pas resté à la marge. Il affirme que depuis le 20 octobre, le pays est entré dans une crise politique et s'achemine vers un totalitarisme absolu où tous les pouvoirs ainsi que les activités de la société civile, de toute opposition organisée, sont soumises et contrôlés par un système. « Exprimer ses droits et libertés est synonyme d'insurrection et peut être réprimée dans le sang ». M. Kemkoye condamne, selon lui, ce carnage inimaginable qui défie toutes les statistiques macabres de répression des manifestations pacifiques. « Nous affirmons que ce crime politique planifié est bel et bien un crime parfait, dans la mesure où en raison des finalités et les moyens utilisés, les autorités de N’Djamena invoquent la légitime défense pour protéger les forces de défense et de sécurité armées face à des citoyens à mains nues ».

Max Kemkoye déplore la position de la CEAC sur leur communiqué final désignant le président Félix Antoine Tshisekedi comme facilitateur. Facilitateur entre qui et qui ? « Nous attendons de précision sur la nature, l'agenda, les procédés et les objectifs de cette facilitation », dit-il. Il affirme qu’au-delà des déclarations officielles il faut questionner la motivation intrinsèque ayant commandé cette boucherie d’une rare violence. « Les institutions habilitées doivent ouvrir une enquête indépendante à l'effet de clarifier et de situer l'opinion nationale dans cette architecture confondue de responsabilité ». Dans cette conférence de presse, il souligne que le Mouvement patriotique du Salut (MPS) ex-parti au pouvoir n'a aucune leçon politique à donner aux Tchadiens sauf celles des crimes politiques, crimes économiques et crimes de sang. Selon ses propos, ce funeste parti doit se taire que de verser dans des déclarations pompeusement irréprochables et hystériques. « Nous apprenons de leur bouche que c’est tantôt une insurrection, tantôt un coup d'État. Est-ce un début d'ivresse de pouvoir du nouvel arrivant ou c'est le déni de réalité ou un nihilisme politique ? Il ajoute que le coup d'État suppose l'existence d'un plan opérationnel et tactique coordonné et d'importants moyens logistiques et militaires de troupes, des finances, c'est pourquoi les acteurs politiques doivent sortir de leur mesquinerie habituelle et s'affirmer durement pour sauver la démocratie et les libertés. Cela exige l'implication sincère et active de la communauté internationale. Il est encore possible pour faciliter l'ouverture en urgence d'un dialogue politique à minima devant conduire à l'apaisement.

Ousmane Bello Daoudou

Les eaux de Chari débordent dans les 3e, 4e et 5e arrondissements de la ville de N’Djamena. Reportage.

Il est 11h passé au bord du fleuve où les uns se lavaient et d'autres construisent, des enfants jouent et des femmes lavent leurs ustensiles à un mètre des eaux et de leurs domiciles. Pour les habitants, ces derniers ont été un véritable calvaire. « Toutes nos maisons sont par terre. Nous dormons dans la cour à la merci de la fraîcheur et des moustiques avec des maladies. Mes enfants et moi tous sont malades »,  dit Denebel Carmelle. Un autre résident Banago Abel affirme qu’ils se sont organisés pour boucher tout le long de leurs devantures. « Nous nous sommes cotisés pour acheter les sacs vides pour les remplir de sable et les placer pour empêcher ce débordement ». Un troisième résident dit, « la montée des eaux est trop puissante. Les couches vulnérables de la population souffrent, certaines maisons sont tombées, des résidents ont préféré quitter les lieux. Certains résistent pour lutter et survivre puisqu'ils n'ont pas un autre endroit pour aller se réfugier ».

Selon les résidents, la majorité des victimes viennent des provinces pour une meilleure vie à N'Djamena. Ils font face à cette situation sans aucune aide. « Nous demandons aux autorités de penser à nous. Nous avons peur d’attraper des maladies telles que le choléra. Le risque de catastrophe existe, il peut arriver à tout moment. Je d'amande au gouvernement via ses partenaires de venir au secours de cette population ». Un habitant sous couvert de l’anonymat dit que certains délégués vendent cet espace qui est situé au bord du fleuve qui n'est pas sensé être habitable, ils le remplissent l’espace avec toutes les poubelles de la ville et ensuite construire. Comment l'eau ne peut pas s’infiltrer pour envahir les maisons.

Au marché à Mil, les commerçants sont dépassés. « Nous n’avons que nos yeux pour voir. Nous sommes impuissants. Nous passons toute la journée sans rien vendre. Pas de clients. L'eau suit le passage de caniveau depuis le fleuve, certains sont bouchés, au début de la saison pluies la mairie est venue touchée par endroit, mais aujourd'hui voilà les conséquences », Mahamat Matar.

Pour Mahamat Adam Moussa, ils sont devenus comme des sentinelles. Aucun client ne traverse cette eau pour venir acheter. « Nous demandons à la mairie de nous venir en aide en évacuant cette eau qui bloque tout et tue nos commerces à petit feu ».

Ousmane Bello Daoudou

Cinq (5) jours après la manifestation contre la prolongation de la transition. Certains établissements publics sont déserts dans le 6ème, 7ème et 9ème arrondissement dans la ville de N'Djamena. La population vit dans une psychose et la peur au ventre. Quelques heures après la déclaration du président de la transition Mahamat Idriss Déby sur le deuil national, l'on constate dans toutes les écoles privées et publiques des drapeaux en berne. L'équipe d'ialtchad presse s'est rendue dans quelques établissements de la ville pour faire le constat. Reportage.

Le lycée la concorde, le lycée Félix Eboué, lycée d'enseignement technique commercial en passant par le lycée d'Abena tous sont presque déserts. L'on constate une absence totale des élèves. Au lycée de la concorde, l'administration est ouverte avec quelques enseignants sous les arbres. L'on observe une absence brillante des élèves et quelques-uns sont présents avec des visages remplis de peur. L'enseignant et inscripteur de cet établissement réagit, « l'école publique est une machine lourde qui commence difficilement, mais par rapport aux événements qui se sont déroulés, nous n'avions pas suspendus les cours mais avec la manifestation qui a commencé à l'aube, puisque le 20 c'était la journée chaude et les enfants étaient restés chez eux à la maison pour des raisons de sécurité. Jusqu'aujourd'hui ces élèves ont peur de venir au cours ». Après la concorde, c'est autour du Lycée de l'enseignement technique commercial, la cour était déserte mais l'on constate la présence des quelques enseignants et élèves. Ils ont repris lentement avec les cours notamment ceux de la classe de la terminale qui était dans la salle. Selon un responsable de cet établissement, « Depuis le début de ces événements, les cours n'ont pas été suspendus », a-t-il affirmé. Il ajoute que, « par peur, certains parents d'élèves empêchent leurs progénitures de venir à l'école pour des raisons de sécurité » a-t-il dit. Selon lui, les cours ont repris d'une manière effective depuis le lundi 24 octobre, dès 7h précise et finissent à 14h à l'exception de la classe de 3e qui finit à 13h. Quant au lycée Félix Eboué, les élèves se comptent au bout de doigts, la cour est presque vide, les tables bancs poussiéreux. Quelques salles de classe et bureaux administratifs cadenassés sauf la présence de quelques élèves, commerçants et enseignants dans la cour. Pour, Noumaïssei Sylvie, directrice administrative du collège Félix Eboué 1, les cours n'ont jamais été suspendu seulement que depuis les troubles du 20 octobre, les élèves ne se présentent pas souvent par peur où de l'inondation qui a engloutie certains quartiers dans la commune de 9e arrondissement. Elle appelle les parents d'élèves à inciter leurs enfants à reprendre le chemin de l'école dont leur avenir et celui du Tchad en dépend, a-t-elle affirmé. Au lycée d'Abena, la cour est également vide. On y voit que des salles vides comme au premier jour de la manifestation, aucun élève n'y est présent.

La manifestation du 20 octobre dernier a eu un impact négatif sur le pays d'une manière générale et particulièrement sur l'éducation nationale. La perturbation des cours pourrait impacter d'une manière négative le calendrier établi par le ministère de l'éducation nationale et de la promotion civique.

Abderamane Moussa Amadaye
Noël Adoum

La manifestation du 20 Octobre, lancée par une partie de l’opposition et les organisations de la société civile contre la prolongation de la transition est mal interprétée par les manifestants à Moundou dans la province du Logone occidental. Les hommes de médias au terrain, leader de droits humains et les victimes que nous avons interrogé expliquent comment les choses se sont déroulées à Moundou. Reportage.

Pour Mbaiwanodji  Adrien journaliste reporter à la radio Nada FM et correspond de la radio FM liberté c’est  pour la 1ère fois que Moundou connaît de tél problème. « Les jeunes sont sortis, il y a eu 25 morts d’après  les sources hospitalières sans compter ceux qui sont tombés aux quartiers suite aux balles perdues, 127 blessés sont abandonnés après les premiers soins d’urgence sans prise en charge. Et c’est  avec l’appui  de la plateforme de la société civile et les pompes-funèbres que  les gens ont pu enterrer leurs morts », dit-t-il.

Selon notre confrère, la manifestation a été très mal interprétée à Moundou, « on était aux premières heures quand les manifestants de doumbeur étaient sortis. Certains se sont violemment pris aux biens privés. Ils ont saccagé une boutique au quartier doumbeur, une boulangerie a été incendiée au quartier Gueldjeme et bien d’autres dégâts », explique-t-il.

Il poursuit que les manifestants ont pris en otage une boulangerie, « la première vague est allée prendre du pains et quelques bouteilles de jus et est parti. Un autre groupe est arrivée, c’est à ce moment que le propriétaire a cherché à défendre ses marchandises. Il a d’abord tiré trois balles en l’air et ça dégénéré ». Il ajoute qu’une autre équipe de manifestants est allée à Doyon pour saccager le marché, il y a eu de la résistance qui a causé 3 morts. « Mais le fait de dire que cette manifestation a pris une tournure communautaire, c’est  les dire des gens. Certes, il y a des messages de haines sur les réseaux sociaux qui appellent les uns à se soulever contre les autres » dit-il. Il assure que la mauvaise interprétation de la marche est à l’origine des débordements mais vite le calme est revenu. « A l’heure  où je vous parle les musulmans et chrétiens sont tous au marché » conclut-il.

Djikoloum Ngardinguina coordinateur de la LTDH du Logone et Tandjilé affirme « les gens ont profité de la situation pour agresser les autres parce qu’il y avait des gens qui se sont habillés en civile pour tirer sur les manifestants, cela a causé une confusion totale. Sinon il n’y a pas une guerre dirigée contre une communauté » martèle -t-il. Il ajoute que la manière dont les gens se comporte qui laisse les autres croire que les gens préparent quelques choses les uns contre les autres. « Les hommes politiques donnent de enflures aux choses, ils veulent tout simplement détourner  et diviser les gens », dit-il. Cette manifestation concerne tout le monde. Elle n’est  pas dirigée vers une communauté. Pour le moment, les boutiques sont ouvertes, les marchés aussi ouverts, il n’y a pas de tension. Le calme est revenu, conclut-il.

Nasradine Ahmat responsable de la boulangerie Nanou. Il explique comment les choses se sont déroulés « pour nous, cette manifestation est comme les  manifestations. Nous n’avons  pas pensé que les manifestants ont une autre idée derrière la tête. Nous avons ouvert nos portes comme d’habitude et à notre grande surprise un groupe des manifestants a pris d’assaut  notre boulangerie. Ils ont tout saccagé, tout brûlé » , explique-t-il. Selon M. Nasradine, la boulangerie est partie en fumée avec les matériels de travail : groupe électrogène, une voiture et quelques motos. « Une boutique à côté de nous est aussi partie en fumée. Si  forces de l’ordre  n’avaient pas vite intervenue, nous allons aussi enregistrer des pertes des vies humaines » explique-t-il.  Les manifestants ont demandé, semble-t-il, à leur frère chrétiens qui travaillent dans boulangerie de sortir pour éviter d’être  brûlés et ils ont refusé de sortir. « Je me demande si cette manifestation est antimusulmane ? Ils attaquent les musulmans et leurs biens pourtant tout le monde est concerné, ils ont tout saccagé mais ce n’est pas grave, Dieu est grand. Nous allons nous en sortir » se lamente-t-il-t-il.

Haoua Adoum Ibeth

Au lendemain de la manifestation du lieu jeudi 20 octobre dernier appelé encore «jeudi noir» par les militants de la société civile et des partis politiques.  Plusieurs personnes ont été arrêtées et déportées, d’autres sont portés-disparues. Les arrestations se multiplient chaque jour dans la capitale tchadienne et dans d'autres villes de province. Selon les Associations des Droits de l'Homme, certains sont placés dans des commissariats de la ville de N'Djamena, pendant d’autres sont déférés à la maison d'arrêt de Moussoro. Ces arrestations se déroulent souvent dans la soirée et dans la nuit semant la peur chez les habitants de certains quartiers précisent les mêmes associations. Reportage.

Après la manifestation de jeudi 20 octobre dernier, les forces de l'ordre ont procédé à des arrestations des manifestants en faisant du porte-à-porte, dans les quartiers sud, pour arrêter des individus. Les condamnations viennent des certaines Associations des Droits de l'Homme. 72 heures après,  c’est la chasse à l'homme ou  « la chasse à la sorcière sans pitié », clament les associations. Cheikh Saïd Secrétaire Général National de l'Alliance Tchadienne Universelle pour la Défense des Droits de l'Homme (ATUDDH) se dit horrifié par les violences extrêmes survenues lors des manifestations du 20 octobre. Il s'indigne devant le nombre élevé de pertes en vies humaines et des blessés qui ne se justifient nullement même si ces manifestations ne sont pas autorisées. L'ATUDDH dénonce les brutalités et l'usage inacceptable des armes de tout genre lors des manifestations supposées être pacifiques. L'ATUDDH affirme qu'elle suit de près l'évolution de la situation et l'instauration de l'état d'urgence et les résultats de l'enquête annoncée par le gouvernement.

La Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH), elle aussi se dit préoccupée par la mort de plus de 50 Personnes, plusieurs blessées aussi bien à N'Djamena que dans d'autres villes du Tchad. Elle déplore que certains manifestants aient succombé à des blessures causées par des tirs à balles réelles provenant des forces de l'ordre et principalement de civils à bord de véhicules aux vitres fumées et sans plaques d'immatriculation. La CNDH exige du gouvernement la mise en place d'une commission d'enquête indépendante et crédible en vue de situer les responsabilités, de démasquer, d'arrêter, de juger et de condamner les auteurs de ces crimes odieux et inacceptables qui ont endeuillé des familles tchadiennes. Le président de la CNDH Mahamat Nour Ahmed Ibedou demande aux hautes autorités en charge de la sécurité de veuillez à interdire formellement aux agents des forces de l'ordre de porter des armes létales dans leur mission de maintien de l'ordre. Il exige également l'arrêt immédiat des arrestations des jeunes traqués dans leurs maisons et qui sont pour la plupart des innocents. Compte tenu de la situation, la CNDH entend diligenter  elle-même une enquête en vue de situer les responsabilités, a-t-il conclu.

Noël Adoum

La manifestation du 20 octobre qualifiée par le gouvernement de transition d'insurrection populaire armée n'a pas seulement causé des dégâts matériels, humains, mais aussi et surtout a remis en cause la liberté de Presse. Depuis ce jour plusieurs journalistes ont été arrêtés, d'autres torturés et un cas de décès signalé. L'équipe d'Ialtchad Presse a baladé son micro chez quelques professionnels du métier ce 24 octobre. Reportage.

Le 20 octobre dernier, une manifestation a été sévèrement réprimée par les forces de l'ordre. Certains partis politiques, des ADH et autres déplorent plus d'une centaine de morts, dont un journaliste, Orédjé Narcisse. Depuis lors, plusieurs journalistes ont été victimes de violence dans l’exercice de leur métier.

Yo-Hounkillam Jules Daniel, Directeur de Publication du journal Le Libérateur affirme qu'il a été victime de torture le samedi 22 octobre à 17h sous le viaduc de Chagoua, à quelques mètres de l'Ambassade des États-Unis. Il souligne qu'il partait voir son neveu fauché par balle réelle à l'hôpital. Toujours selon lui, à sa grande surprise, des policiers lui obstruent la route. ‹‹ Je me suis arrêté, avant que je me présente, des policiers appartenant au GMIP ont commencé à me tabasser ››, a-t-il déclaré. Il ajoute, ‹‹ c'est grâce à l'intervention d’un autre élément du GMIP qui était descendu du véhicule que j'ai eu la vie sauve », dit-il. M. Jules laisse soutient qu'après être sauvé, il a voulu s'arrêter, mais son sauveur lui a demandé de quitter les lieux sinon, ces policiers pourraient lui tirer déçu, a-t-il confié avec une voix fatiguée et un visage rempli de frustration. Le cas de Jules n'est pas le seul. Le Réseau des Journalistes Reporters tchadiens (RJRT) dénombre un nombre plusieurs cas des journalistes arrêtés, torturés, menacés ou encore tués.

Pour Leubnoudji Tah Nathan est Secrétaire Exécutif du RJRT, il dénonce le fait que les journalistes sont devenus la cible privilégiée des forces de l'ordre à chaque manifestation. Tout d'abord, le Secrétaire Exécutif du RJRT déplore l'assassinat du journaliste Orédjé Narcisse de FM CEFOD. Selon lui, Orédjé a été tué par balle qu'il suppose être délibérément tiré. ‹‹ Nous ne pouvons pas comprendre que ce soit une balle perdue dans la mesure où il en a reçu deux ››, a-t-il lâché. Il poursuit, ‹‹ dans ce cas, tout porte à croire que ce n'est pas une balle perdue, mais délibérément tirée par des gens qui l'ont visé et atteint ›› .  Le Secrétaire Exécutif du RJRT dénonce également l'arrestation d'un journaliste du journal Le Pays. Il affirme, ‹‹ Ayi Nathan a été arrêté alors qu'il observait la manifestation dans son secteur ››, a-t-il confié. Toujours selon lui, Ayi avait présenté ses pièces, mais les forces de l'ordre l'ont torturé. ‹‹ Il a été obligé de ramper sur des cailloux ›› précise-t-il. M. Nathan dénonce aussi l'arrestation de Ousmane Azarag, journaliste de Le Progrès. Il a été arrêté, torturé avant d'être relâché, dit M. Nathan. En province, M. Leubnoudji dénonce l'arrestation et la torture de deux confrères. L'une de la radio Lotico et l'autre de l'ONAMA. Selon le Secrétaire Exécutif du RJRT, plus de 10 journalistes ont été torturés. Il lance un appel aux autorités, qui doivent selon lui, prêcher l'apaisement, la retenue et le respect de la liberté de Presse et des hommes et des femmes de presse.

Signalons que malgré la dérogation spéciale accordée aux journalistes, ils sont toujours exposés à des maltraitances ou à des violations de leur droit depuis les évènements tragiques du jeudi 20 octobre.

Abderamane Moussa Amadaye

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