vendredi 2 décembre 2022

Reportage

Reportage (1146)

Le paludisme continue à faire rage au Tchad. À Koundoul, sous-préfecture du Département de Loug Chari, à environ 25 km de N’Djamena, la capitale tchadienne, le taux du paludisme est inquiétant. Les plus touchés sont les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans. Nos reporters ont visité 2 centres de santé sur 3. Reportage.

La ville de Koundoul compte 3 centres de santé, il s’agit de centres de santé la Paix derrière la sous-préfecture, le centre de santé Alefa sur l’Axe lourd et le centre de santé Luthérien. Au centre de santé, la paix, le responsable a refusé de s’entretenir avec nous et nous a recommandés au chef de zone qui est à Mandala, à 50 km de N’Djamena. M. Hassan Djima Ali est chef de zone, il réside à Mandalia. 21 centres de santés y compris ceux de Koundoul sont sous sa responsabilité. Selon lui, en global, ce sont les enfants de 3 à 59 mois et les femmes enceintes qui sont les plus touchés par le paludisme. Le chef de zone estime qu’avec la campagne de Chimioprévention saisonnière (CPS), instruite par l’ONG Malaria Consortium, le taux du paludisme diminue considérablement chez les enfants. « Si un enfant prend normalement les comprimés, au bout de 4 mois, il ne va plus souffrir du paludisme », précise-t-il. Seulement, M. Hassan Djima Ali déplore le fait que les populations de sa zone ne fréquentent pas assez les centres de santé. Il pense qu’il faut une campagne de sensibilisation soit entreprise dans ces zones pour éveiller les consciences sur l’importance de se faire soigner dans les structures sanitaires. Le responsable de la zone du département de Loug-Chari affirme qu’il manque des intrants pour le test de dépistage rapide (TDR) du paludisme. « Le retard dans le ravitaillement en traîne des ruptures à tout moment. Il faut que le ministère de tutelle pense à approvisionner les centres de santé en ce moment de pic du paludisme », dit-il.

Axe lourd de Koundoul, derrière le marché à 200 m se trouve le centre de santé Alefa. Il est créé en 1994 et fonctionne avec 16 agents, dont 8 permanents et 8 agents d’appui, dit M. Abakar Souleymane, responsable du centre de santé (RCS). Il indique que leur cible générale se chiffre à 8182 personnes et la cible de 0 à 11 mois à 364. La plupart des personnes infectées par le paludisme sont des femmes enceintes et des enfants, note-t-il. Le responsable du centre assure que les TDR sont gratuits pour les femmes enceintes et les enfants. « Nous prenons en charge des cas simples du paludisme, en cas de complication, nous referons les malades soit à l’hôpital Notre-Dame des Apôtres(NDA) soit à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant. Nous enregistrons jusqu’à 20 cas de paludisme par jour, vous voyez que c’est grave », dit Abakar Souleymane.

Le Centre manque de frigos pour la conservation des vaccins. M. Abakar Souleymane signale aussi la question de déplacement, les moyens roulants et surtout l’ambulance pour les évacuations d’urgence. « Nous déposons nos vaccins à Mandelia alors que nous sommes plus près de N’Djamena. C’est trop de va-et-vient. Nous cherchons les produits mis au frais à Mandelia pour le vaccin et après l’opération, il faut les ramener au frais toujours là-bas. Il faut que le ministère de tutelle nous règle cette situation ».

Le responsable du centre de santé Alefa estime qu’on ne peut pas parler des facteurs qui aggravent les décès maternels sans évoquer l’incidence du paludisme. Pour lui, la grossesse rend les femmes enceintes plus vulnérables au paludisme.

Moyalbaye Nadjasna

Créée depuis en 2006 la Case zoologique de Koundoul est un patrimoine faunique et culturel. Il y a quelques années, cette case représentait un mini site touristique. L’affluence des visiteurs est en baisse par rapport aux années passées. Reportage.

Koundoul, Sous-préfecture de la province du Chari-Baguirmi, département de Loug-Chari, est située au sud de N’Djamena, capitale tchadienne à environ 25 km. Dans cette ville vit une population cosmopolite. À sa sortie se trouve une case zoologique dénommée « CAZOC », créée depuis 2006. Elle contenait beaucoup d’animaux sauvages de toute espèce, mais aujourd’hui on y trouve que 2 d’hyènes (espèce du Cameroun et du Tchad), des crocodiles, le serpent boa et les singes. Nodjissem Francklin est le guide à la CAZOC, fils du fondateur M. Djibangar Joseph. Selon lui, dans le passé, il y avait beaucoup d’animaux sauvages de toute espèce : des lions, des hippopotames, des gazelles, des antilopes, des autruches etc. « Tous les bâtiments sont pratiquement délabrés. Nous envisageons un aménagement d’ici la fin de la saison des pluies. Beaucoup de visiteurs nationaux et internationaux venaient comme les élèves, les étudiants », dit-il.

M. Franklin, nous montre quelques vestiges historiques et culturels tels que, l’art Sao, ancêtre mythique des Tchadiens. Ce sont des objets d’art comme, la poterie, la spoliation, l’art rupestre, les sculptures. Il y a également les photos des anciens Présidents du pays Nagra Tombalbaye, Félix Malloum, Gourounsi Weddey, Lol Mahamat Choua, Hissène Habré et Idriss Deby Itno. Il soutient que ces images sont importantes pour les visiteurs étrangers qui veulent connaître l’histoire du Tchad. Les élèves surtout ceux qui sont nés après les évènements de 1979, de s’approprier l’histoire de leur pays, explique le guide. Une case est dédiée à Nelson Mandela, une grande figure africaine. On peut y voir sa photo de mariage, ses luttes, sa mort, ses obsèques et sa tombe. « À cause de covid-19, on ne reçoit pas de visiteurs comme avant. Tout tourne au ralenti, mais on garde espoir que d’ici là, les choses vont repartir lorsqu’on va tout aménager après la pluie », rassure-t-il.

Un voisin de la Cazoc témoigne, « je vis ici depuis 3 ans. C’est tout un patrimoine à sauvegarder. Il faut que le gouvernement attache du prix à de telles initiatives. Ce site peut être bien construit si les bonnes volontés appuient le fondateur. Grâce à la Cazoc, mes enfants ont pu voir les hyènes, les caïmans, les crocodiles et le serpent boa».

Depuis 2006 la Cazoc ne sert pas seulement de case zoologique, mais aussi de cadre de distraction et de récréation pour les enfants et leurs parents.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministre de l’Éducation nationale a lancé ce 14 septembre 2021, la rentrée administrative pour les établissements publics. La rentrée effective est prévue pour le 1er octobre prochain. Certaines écoles privées de la capitale tchadienne, N’Djamena, ont déjà commencé les cours depuis le 13 septembre dernier. Reportage.    

La rentrée administrative est belle et bien effective dans les écoles publiques. Au Lycée technique commercial (LTC), l’administration s’active à la conception des emplois du temps. Pour préparer la rentrée scolaire 2021-2022, le proviseur Abdelsalam Idriss Mahamat a réuni les chefs de départements, les surveillants et les enseignants afin de définir le cahier de charge. Les cours sont prévus pour le 1er octobre prochain. Pour le proviseur, tout est fin prêt pour entamer l’année tout en respectant le calendrier scolaire. « Nous sommes en train de confectionner l’emploi du temps. Ensuite, nous allons envoyer le document dénommé « conseil d’orientation des classes » à l’Inspection départementale et à la Délégation régionale. Enfin, nous allons finaliser le budget de fonctionnement et le planning des activités pédagogiques avant de commencer avec les inscriptions et les réinscriptions», explique-t-il.

Si dans les établissements publics, l’administration est encore à la traine, les écoles privées ont déjà ouvert leurs portes aux élèves. Au Lycée et Collège du Sacré-Cœur, la reprise des cours est effective de la sixième en terminale depuis le 13 septembre dernier. La cour est bondée d’élèves heureux de retrouver leurs camarades de classe.

Au complexe éducatif Ibnou Cina, dans le 5e arrondissement de la ville les classes de terminale ont commencé le 13 septembre. Au bureau du censeur, les parents se bousculent pour inscrire leurs enfants. « Dans notre établissement, les classes de terminales commencent toujours les cours deux semaines avant les autres classes. Les classes intermédiaires commencent le 1er octobre conformément au calendrier du ministère de l’Éducation nationale », souligne le censeur, Brahim Goudja.

Au Tchad, le ministère de l’Éducation nationale peine chaque année à harmoniser la rentrée scolaire. Les établissements privés prennent toujours une longueur d’avance sur les établissements publics.

Kouladoum Mireille Modestine

Les centres de transfert des déchets ménagers sont construits en 2011 à N’Djamena, capitale tchadienne. 4 sur 10 arrondissements sont bénéficiaires. Ce sont au total 6 centres qui sont repartis dans les quartiers, Abena, N’Djari, Gozator, Ridina, Chagoua et Diguel. Un incivisme notoire des habitants est observé autour de ces centres. Deux centres sur six ont été visités par nos reporters. Reportage.

Le centre de transfert des déchets ménagers d’Abena dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena est situé juste à côté du marché de ce quartier. Les ordures ménagères déposées çà et là jonchent le sol et rendent difficile l’accès au dépotoir. Cet état des lieux insalubres ne permet pas à la population de déposer les ordures dans les bacs à ordures. Et pour cause : les usagers opposent un refus de marcher sur les débris jusqu’au dépotoir. Sur le sentier, visiblement, les bacs à ordures ne sont pas encore remplis.

Noudjibatem Gilbert est gestionnaire du centre de transfert de déchets du quartier d’Abena, 7e arrondissement. Il est employé par la Mairie et y travaille depuis plus de 10 ans. Il réfute l’allégation des usagers du centre. Selon lui, il se pose un problème de mentalité voire d’incivisme de la population.  « Voilà la raison principale qui les pousse à jeter les ordures à l’entrée du centre », dit-il. Pour lui, à chaque fois que les bacs se remplissent, il appelle la mairie qui tarde toujours à les vider. « Il ne se passe pas un jour sans que je ne me dispute avec ceux qui déposent les ordures, en dehors des bacs à ordures. Ces ordures abandonnées s’entassent devant ce centre et causent des torts à tous. Ma famille tombe tout le temps malade à cause des saletés qui nous entourent. Mais les gens ne veulent pas m’écouter quand je leur demande de monter sur les dalles pour déposer les ordures », affirme le gardien dépité et impuissant.

Si au centre de transfert des ordures ménagères d’Abena, les usagers déposent les ordures où bon leur semble. Au centre de N’Djari, c’est le contraire. L’entrée principale jouxtant le domicile du gestionnaire est bien propre. Le gestionnaire Doumoule Abatcha s’est imposé en mettant ses enfants à contribution. Ils s’érigent eux aussi en gardes pour empêcher toute personne qui viendra déposer les ordures à l’entrée principale. En plus, ils interdisent aux ménages de déposer les ordures quand les bacs sont remplis. « Si la mairie tarde à venir dégager les ordures, on interdit strictement le dépôt des ordures ménagères », dit Doumoule Abatcha.

La gestion des ordures ménagères devrait constituer une préoccupation majeure pour les autorités communales. L’implication des citoyens s’avère aussi nécessaire pour vivre dans un environnement propre.

Kouladoum Mireille Modestine

Suite à la décision de la Convention tchadienne de Défense des droits de l’homme (CTDDH), membre de la coordination citoyenne Wakit Tama de participer au Dialogue National Inclusif (DNI) et de s’impliquer dans tout le processus de transition. Le coordonnateur de Wakit Tama Me Max Loalngar réagit en disant que la structure qu’il coordonne est démocratique et prend bonne note du départ de leur camarade, et que la lutte continue. Reportage.

Tout passe et la vie continue. C’est par cette phrase que Me Max Loalngar, coordonnateur de l’action citoyenne Wakit Tama, a réagi au sujet de la décision de Mahamat Nour Ibédou de participer au processus de transition. Il répondait à la rédaction en estimant que la plateforme qu’il coordonne est une institution démocratique et prend bonne note de la décision de M. Ibédou. Elle respecte et souhaite bon vent à leur camarade Mahamat Nour Ibedou. Parlant de nombre de place dont faisait allusion Ibedou, il précise qu’ils ne discutent pas de place, mais c’est une question de principe qui puisse améliorer le niveau de démocratie au Tchad. « Nous avions fait parvenir au CMT un mémorandum dans lequel nous disions qu’il y a de préalables et nous avions par la suite exigé la révision de la charte du Conseil Militaire de Transition (CMT). Cette demande, ce n’est pas seulement Wakit Tama qui la soutient, mais l’UA avait aussi exigé cela », explique-t-il. À son avis, les exigences de sa coordination n’ont pas été prises en compte. Selon lui, ce n’est pas la structure qu’il coordonne qui est radicale, mais plutôt les membres du CMT qui sont les radicaux. 

Au sujet de la décision de Mahamat Nour Ibedou qui pourrait affaiblir la coordination, il dit que Wakit Tama est bâtie sur du roc et qu’ils ont dès le départ expliqué que la coordination est le résultat de multiples structures de lutte qui ont lieu dans ce pays et qui ont parfois échoué. « Nous avons eu le temps d’examiner les failles et les faiblesses des structures passées comme « Trop c’est trop, ça suffit » et nous sommes arrivés à mettre en place une structuration bâtie sur du roc », affirme le coordonnateur. Pour lui, il y a certains qui sont partis, mais la structure reste toujours solide.

Concernant la marche pacifique qui a eu lieu le 11 septembre dernier le responsable de la coordination des actions citoyenne avoue que c’est un succès et qu’en dépit de toutes les entraves pour la libre expression des libertés fondamentales, les Tchadiens, désormais conscients de leurs responsabilités citoyennes, prennent progressivement leur destin en main. Outre le succès qu’il clame, Me Max Loalngar signale les incidents qui ont entaché la marche. Il révèle que des individus en voitures aux vitres fumées ont tenté d’infiltrer la marche, mais que grâce au service d’ordre de son organisation, ils ont été appréhendés et expulsés. Il annonce que la prochaine marche pacifique aura lieu le samedi 25 septembre prochain. Le départ sera du rond-point doubles voies au stade Idriss Mahamat Ouya.

Jules Doukoundjé

La Convention tchadienne de Défense des droits de l’Homme (CTDDH), membre de la coordination citoyenne Wakit Tama a décidé, à la surprise générale, de participer au Dialogue National Inclusif (DNI) et de s’impliquer dans tout le processus de transition. Le secrétaire général de la CTDDT, Mahamat Nour Ibedou a annoncé la position de la structure qu’il dirige à ses camarades de Wakit Tama. Ialtchad Presse l’a rencontré. Il explique son choix. Reportage.

La Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH) n’est pas d’accord avec la manière avec laquelle la transition est en train d’être menée et n’approuve pas les injustices de toutes formes, et surtout les manœuvres néfastes ayant conduit à la cherté de la vie actuelle. Mais elle décide quand même de participer au DNI et de s’impliquer dans le processus de son organisation. Les cadres de cette structure pour la défense des droits humains ont mûrement réfléchi et décidé de changer la stratégie de lutte, voilà en résumé la position officielle de la CTDDH.

Pour le secrétaire général Mahamat Nour Ibedou, que la rédaction a rencontré, après une analyse approfondie du contexte actuel dans lequel se trouve le pays et les atermoiements des acteurs sociopolitiques, une réunion du comité exécutif élargie au Conseil national de direction de la CTDDH a décidé qu’il faut revoir la stratégie de la lutte combat. Et pour cela, il faut intégrer le DNI en s’impliquant dans le tout le processus de son organisation. « La CTDDH décide de plus subir, mais d’être actrice à part entière, car ce pays est notre patrimoine commun et tous les Tchadiens doivent participer à sa gestion », précise-t-il. Selon lui, la structure qu’il dirige s’est attelée pendant plus d’une décennie à dénoncer sans complaisance les violations des droits fondamentaux des citoyens.

Pour défendre le point de vue de la CTDDH, il explique qu’il n’y a pas de problème avec ses camarades de la coordination citoyenne Wakit Tama, c’est juste une divergence d’opinions. Selon le SG, c’est d’abord un souci stratégique, sinon ils n’ont pas changé de fusil d’épaule. « Le CMT a accordé 10 places à la coordination Wakit Tama pour le comité d’organisation du DNI, mais la plateforme en veut la moitié. Nous avons pensé que 10 places, c’est raisonnable. Nous avons pendant longtemps discuté avec les camarades, mais leur position n’a pas changé. Et la CTDDH a pris sa décision de participer au processus pour l’organisation du DNI », explique Mahamat Nour Ibedou.  Il soutient que la position de la coordination Wakit Tama a considérablement évolué, et qu’elle a accepté de participer au DNI, mais pas dans le comité, si ses exigences ne sont pas prises en compte. Il faut rappeler que Wakit Tama souhaite que le CMT lui accorde la moitié de places dans le comité d’organisation.  A son avis, Wakit Tama a mis beaucoup de temps à contester systématiquement tous les actes posés par le président Idriss Deby Itno et puis maintenant, du CMT. « La CTDDH a constaté que ces genres de positions ne payent pas assez. Être dehors et contester, c’est synonyme d’impuissance, il faut mener le combat de l’intérieur, car ils prennent de décisions qui nous impliquent tous », dit le SG.

La CTDDH demande à ses militants et sympathisants de prendre la mesure de la situation actuelle, car le combat est multiforme et nécessite une réorientation de la lutte pour la justice et contre les violations des droits de l’homme en les adaptant au contexte actuel.

La participation de la CTDDH, l’un de poids lourd de la coordination Wakit Tama au DNI pourrait peut-être faire douter certains membres de la plateforme et impacterai négativement les éventuelles manifestations pacifiques.

Jules Doukoundjé

Depuis lundi 6 septembre, l’Office National de Sécurité Alimentaire ONASA vend du riz made in china commandé par l’État tchadien. Le sac de 50 kg se vend à 6500 F CFA. Ce riz, semble-t-il, serait destiné aux couches vulnérables de la capitale, mais finalement il est vendu. Pour s’en procurer, il faut remuer ciel et terre. Reportage

Quartier Chagoua, 7e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne ce lundi 13 septembre. Le temps est clément et l’ambiance est gaie dans la cour de l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA). Elle grouille de monde et ressemble à un camp des  réfugiés. Cette marée humaine est venue acheter du riz vendu par ONASA. Assis ou debout dans un rang, pas respecté, chacun garde sa place. Les hommes sont séparés des femmes. Ces personnes de différents âges attendent impatiemment à rentrer avec au maximum deux sacs de riz. Il suffit de débourser 6500F CFA pour avoir un sac de riz de 50 kg vendu dans les marchés à 20.000F.

Selon un agent de sécurité en faction, c’est au total 25 containers de riz qui ont été commandés pour distribuer aux couches vulnérables. L’ONASA a préféré les vendre et à moindre coût afin d’aider aussi certains ménages qui sont en difficultés. Les conditions d’achat sont simples, il suffit de se procurer d’un ticket et suivre le rang. L’ONASA limite l’achat à deux sacs pas plus. Tout le monde se plaint de la lenteur du processus de la vente. Certaines personnes font la queue depuis 4 jours et elles n’arrivent pas à s’en procurer. D’autres prennent le risque de quitter la maison à 2h du matin dans une ville comme N’Djamena en proie à l’insécurité, mais attendent dans le rang malgré tout effort. Haoua Moussa, son bébé sur le dos a passé la nuit dans la cour de l’ONASA. Elle n’a toujours pas pu acheter un seul sac. « Nous sommes là depuis quelques jours exposés aux intempéries. Pourtant certaines personnes viennent de la maison et sont directement servies. Nous ne sommes pas contents de cette manière de faire », lance Mahamout Darius

Chose curieuse, certains commerçants viennent acheter pour aller le revendre dans leurs boutiques ou sur la place du marché. Les esprits des autres personnes qui attendent depuis des heures commencent à se chauffer en voyant les commerçants servis en grande quantité. Ce conducteur de mototaxi par exemple affirme avoir passé une semaine. Il n’a toujours pas espoir de rentrer avec un sac pour sa maisonnée. Le président de la commission de suivi de partage à qui nous avons demandé des explications sur ces faits refuse de répondre à la rédaction.  

Kouladoum Mireille Modestine

Des milliers de gens ont répondu ce samedi 11 septembre à l’appel à la marche pacifique organisée par la coordination des actions citoyennes Wakit Tama. Les organisateurs de cette manifestation demandent la modification de la charte de la transition et l’organisation du dialogue national inclusif (DNI) avant la mise en place du CNT. Reportage.

Malgré qu’une partie de la classe politique et de la société civile se mettent en ordre de bataille pour intégrer le Conseil national de la transition (CNT) et organiser le DNI, la coordination des actions citoyennes Wakit Tama ne fléchit pas et reste droit dans ses bottes. Elle a mobilisé des milliers de manifestants qui ont marché pour dire non aux manigances des autorités du Conseil Militaire de Transition (CMT). Beaucoup de marcheurs appartenant à plusieurs organisations de la société civile et une partie de l’opposition démocratique se sont donnés rendez-vous devant le rond-point Hamama et ont marché jusqu’au Palais du 15.

7 heures, les organisateurs se concertent en attendant l’arrivée des partisans et sympathisants. 8 heures, les marcheurs reçoivent les consignes, puis entonnent l’hymne national, la Tchadienne. La marche pacifique qui a commencé à 8 heures 15 minutes a été encadrée par les agents de la sécurité publique, telles que, la police, la gendarmerie et la police municipale. Pour empêcher une infiltration, certains jeunes marcheurs se sont constitués e agents de service d’ordre pour éviter les débordements. Les manifestants composés de toutes les couches sociales chantent et dansent en brandissant les pancartes. Sur ces pancartes, on peut lire des inscriptions dénonçant la position de la France en demandant une vraie transition et l’organisation des élections démocratiques, libres et transparentes. Pour agrémenter la marche, les organisateurs ont loué une discothèque mobile qui a animé avec les chansons qui dénoncent le pouvoir clanique et le manque de démocratie en Afrique noire.

L’opposant Masra Succès entre en scène  

Cette 3e marche pacifique autorisée a des allures de retrouvailles entre le jeune opposant Masra Succès et les autres membres de la société civile. Main dans la main, les organisateurs et certains membres de l’opposition démocratique ont marché jusqu’à l’esplanade du palais du 15 janvier. L’arrivée du jeune opposant vers 8 heures 45 minutes sous ovation et de certains opposants a davantage mobilisé les jeunes en extase. Les marcheurs ont d’une manière unanime critiqué l’itinéraire qui n’a pas changé. Selon eux, ce n’est pas la seule avenue à N’Djamena et souhaitent organiser d’autres marches sur les autres avenues de la ville.

Arrivée vers 9h 30 mn au croisement du Ministère de la Justice, tous les marcheurs se sont agenouillés et ont entonné l’hymne national. Ils réclament la transparence dans les verdicts et appellent les autorités judiciaires à œuvrer pour l’instauration d’une justice au service de la nation. Cette troisième marche a mobilisé plus de monde que les deux premières. Elle a été supervisée par les représentants des Nations unies et de l’Union africaine (UA). Certains opposants et certains chefs religieux ont aussi participé en appelant les Tchadiens à se mobiliser pour barrer la route au CMT. À 10 heures, les marcheurs sont arrivés à l’esplanade du palais du 15 janvier sous le regard vigilant des agents de la sécurité publique. Les organisateurs se sont exprimés tour à tour et appellent unanimement les Tchadiens à rester debout et de refuser la forfaiture du CMT disent-ils. Une concertation est prévue avant l’organisation d’une éventuelle marche.

Jules Doukoundjé

La coordination des actions citoyennes Wakit Tama vient d’achever sa 3e marche autorisée ce 11 septembre à N’Djamena, capitale du Tchad. Elle qualifie l’acte 3 de « Marche de blâme » au Conseil Militaire de Transition (CMT). Toujours le même itinéraire, du rond-point Hamama au Palais du 15-janvier. Une mobilisation forte de Wakit Tama. Il y avait des jeunes, des chefs de partis politiques, des retraités, des victimes du régime Hissène Habré, des syndicats, et des pasteurs. Reportage.

Le temps était très doux ce matin du 11 septembre. La température avoisinait les 30 degrés Celsius et le soleil caché sous l’aisselle d’un ciel un peu nuageux. Le mouvement Wakit Tama entame l’acte 3 de sa marche pacifique autorisée. La coordination des actions citoyenne réclame la révision de la charte de transition, l’annulation des décrets mettant en place les comités d’organisation du Dialogue national inclusif (DNI), la mise sur pied d’un Conseil national de transition avant le DNI et dénonce aussi, quelques violations flagrantes des droits de l’homme. Les marcheurs affirment leur détermination d’aller jusqu’au bout de leurs revendications avec ou sans autorisation.

Le président du parti les Transformateurs, Dr Masra Succès déclare que, « le peuple tchadien est un peuple à qui on a demandé de ramper depuis 60 ans et qui a décidé de se mettre debout aujourd’hui. C’est un combat pour la justice et la dignité et pour cela on ne va jamais fléchir. Que le peuple ne vende plus sa dignité et ne plus jamais se mettre à genou. Avec un amour profond pour ce pays, il faut briser les barrières de l’injustice afin de créer un Tchad pour tous. » Dr Sitack Yobatinan, coordonnateur adjoint de Wakit Tama aborde 5 points dans son intervention, « la révision de la charte de transition ; la reprise de toutes les procédures du dialogue en cours ; l’arrêt immédiat de toutes les intimidations et manigances du gouvernement du CMT, l’arrêt des nominations claniques et la dépolitisation de la Justice. » L’artiste musicien Rappeur Ray’s Kim se félicite du nombre des marcheurs qui va croissant. Le rappeur tchadien souligne que le peuple tchadien nourrit l’envie de marcher et dénoncer l’injustice qui sévit dans ce pays. « Dans un pays démocratique, la seule manière pacifique de faire les choses c’est de marcher. Alors la marche est la seule façon pour nous de porter nos voix », confie-t-il. Le SG de l’UST indique qu’il n’y a pas un petit acte, ce qui se fait petit peut un jour devenir grand. Il encourage les marcheurs à persévérer.

Le coordonnateur de Wakit Tama Me Max Loalngar souligne pour sa part qu’une belle page de l’histoire tchadienne vient d’être écrite. Il annonce que désormais ils vont changer leurs terrains d’entraînement. « Même si un Wakit Tama tombe, un autre sera debout », conclut-il.

Kouladoum Mireille Modestine

L’opération pulvérisation à domicile des moustiques annoncée depuis un mois par la Mairie de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne, a commencé il y a 3 jours dans certains arrondissements. Mais quelques ménages expriment leur insatisfaction du travail. Reportage.

Quartier Ridina, 5e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne. L’équipe envoyée par la Mairie centrale, chargée de pulvériser les domiciles pour débarrasser les domiciles des moustiques y est passée il y a 3 jours. La rédaction a suivi leurs traces en rendant visite à quelques ménages. La plupart des résidents regrettent leur passage et affirment, « aucun moustique n’a été tué, ils sont venus les réveiller de leurs cachettes. » Justine Neloumta, une résidente a refusé que sa chambre soit pulvérisée. Elle explique pourquoi, « la mairie joue la farce, rien que de la distraction. Plusieurs fois, j’avais accepté que ma chambre soit traitée, mais cette fois je dis non systématiquement. Cela ne donne rien, aucun résultat. Il faudrait qu’on nous laisse nous débrouiller », dit-elle furieuse.

Une jeune dame, Mme Alice Nguekadmadji soutient que la Mairie doit envoyer sur le terrain des gens sérieux pour faire un travail aussi sérieux si elle se soucie réellement de la santé de la population. Elle rajoute que les agents mélangent leurs produits avec une grande quantité d’eau prise devant eux au robinet et ils viennent les asperger sans aucune efficacité. « Je vous assure, ils ont plutôt réveillé du sommeil les moustiques. La nuit quand mon mari est rentré du travail, il est étonné de voir des spirales de « Léopard, antimoustiques » disposés ici et là. Je me demande pourquoi déranger les gens pour une opération sans impact. Si la Mairie ou le ministère de la Santé veut aider les ménages, il faut leur donner des moustiquaires imprégnées d’insecticides », dit-elle.

Le 6 août dernier lorsque la mairie lançait la 1re phase de démoustication au canal « Chari Mongo » à Ndjari dans le 8e arrondissement, le Directeur de l’Assainissement, de l’Environnement et de la Santé de la Mairie, M. Gadengar Roasnan Rodrigue précisait que l’insecticide est mélangé au gasoil et à l’essence. « On ne peut pas utiliser de manière sèche, le gasoil sert de diluant », soutient-il.

M. Gadengar Roasnan Rodrigue avait rassuré la population que ces produits sont homologués par l’OMS et le ministère de la Santé. Selon lui, ces insecticides sont utilisés partout dans le monde est bien adapté au contexte tchadien. Le technicien a dit il y a un mois qu’une étude a été faite par le programme national de lutte contre le paludisme avant de recommander ces produits. Il affirmait aussi qu’il ne doutait pas de l’efficacité de ces produits qui tuent effectivement les moustiques.

Le Directeur de l’Assainissement notait le 6 août dernier que le mélange du produit se faisait avec du gasoil et d’essence, les ménages rapportent que les agents sur le terrain utilisent de l’eau pour faire le travail.  Interpellée par la rédaction sur l’inefficacité de l’opération selon les résidents, l’équipe de pulvérisation a refusé de répondre à nos questions.

Moyalbaye Nadjasna

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