« Sans armes, de la statistique à la lutte citoyenne chronique d'un engagement » est un livre écrit par Biaka Djoret Tedang, l'ingénieur statisticien de formation et de métier. Il a été présenté et dédicacé ce 23 décembre au Centre d’Études et de Formation pour Développement (CEFOD). Il retrace la vie d'une génération africaine qui a choisi sans haine, sans violence, mais avec la puissance des mots de la preuve et du courage tranquille.
C'est un livre de 225 pages paru en novembre 2025 aux éditions Toumaï à N'Djamena et préfacé par Aisha Dabo. La cérémonie de présentation et de dédicace à commencer avec le slam d'un jeune Tchadien suivi de la présentation par Jean-Bosco Manga et de la critique littéraire fais par Don Rodrigue Ndorelembaye. « C'est un livre profondément ancré dans les réalités politiques et sociales du Tchad contemporain », dit Jean-Bosco Manga. La première parle de la crise du système de santé, l'aggravation des inégalités sociales, la révision dite technique de la constitution et la répression politique.
Le critique littéraire Don Rodrigue Ndorelembaye jette un regard sur le fond et la forme de l'œuvre. De la page de couverture aux couleurs en passant par les images utilisées dans cet ouvrage. Il affirme, « l'auteur a abordé des sujets sensibles non seulement par le ton, le style , le doigt accusateur pointé, mais parce que parler politique aujourd'hui ne fait pas l'unanimité ». Il conclut qu'il n'y a rien à reprocher par rapport au fond et la forme. Toutefois, il souligne que la dédicace ne peut en aucun cas être transformée en un champ de remerciement.
L'auteur Biaka Djoret Tedang justifie sa motivation et le choix du titre comme quoi quelqu'un lui a lancé dans un restaurant à Abidjan, « vous les Tchadiens, vous aimez trop la guerre ». Ce jour, dit-il, ma dignité de jeune tchadien à l'étranger s’est fissurée avant de se cicatriser. « Ce livre est né d'une conviction qu'un pays ne se redresse pas à travers des discours. Mais avec une méthode, une conscience, une organisation. Et surtout sa capacité à rester humain. Les chiffres ne doivent pas être fournis et exploités dans les bureaux, ils doivent aussi être expédiés et défendus ». M. Tedang appelle les Tchadiens à s'approprier le livre pour le découvrir en profondeur.
Kouladoum Mireille Modestine