Émotions aux obsèques du sultan Kachallah Kasser

Déc 15, 2021

Le sultan du centre urbain et rural de N’Djamena, Kachallah Kasser, décédé le 13 décembre dernier dans un centre hospitalier de suite d’une courte maladie. Il est inhumé ce mercredi dans une intimité familiale dans sa cour royale. Plusieurs autorités politiques, religieuses et des sultans de plusieurs provinces du pays lui ont rendu un dernier hommage. Ialtchad Presse était sur place. Reportage.

Des milliers de N’Djamenois sont sortis pour rendre un dernier hommage à leur sultan mort le 13 décembre dernier suite d’une courte maladie. Après la levée du corps à la morgue du centre hospitalier universitaire de référence générale, la dépouille mortuaire du sultan Kachallah Kasser a été transportée à la grande mosquée vers 8h 45min pour la prière. Après la prière, le corps sans vie du sultan a été conduit au domicile royal pour une inhumation dans l’intimité familiale. C’est sous un arbuste situé dans la seconde partie de la cour royale que le sultan de la ville de N’Djamena est inhumé. Plusieurs autorités politiques, religieuses et de nombreux sultans se sont déplacés pour la circonstance. Né en 1945 à Mabrio, à une vingtaine de km de N’Djamena, intronisé en 1986, le sultan Kachallah Kasser a laissé une vingtaine d'enfants, 153 petits-enfants et arrières petits-enfants. Il a aussi laissé derrière lui, 2 veuves.

Pour El Hadji Idriss Michaud Chachati, c’est une grande majesté qui vient de s’éteindre. Selon lui, la ville de N’Djamena est en deuil. Elle a perdu un de ses dignes chefs traditionnels. Le sultan Kachallah Kasser, toujours selon M. Michaud, est un homme accueillant et attentif aux problèmes de ses administrés. Il estime que la ville de N’Djamena a perdu un grand sultan et exhorte les N’Djamenois à prier pour le repos de son âme. « C’est le destin. Allah a voulu ainsi et personne ne peut s’opposer à cela », dit M. Michaud ému.

Resté blotti contre le mur et en sanglot, Ahamat Kachallah Kasser, l’un des enfants du défunt sultan, dit les larmes aux yeux que le sultan n’est pas seulement un père, mais il était aussi un ami, un complice et un infatigable conseiller pour ses enfants et pour tout le sultanat. Ahamat Kachallah Kasser qui se tenait à un jet de pierre du lieu d’inhumation de son père souligne aussi que le sultan fut un grand conseiller pour le vivre ensemble et la cohabitation pacifique de tous les Tchadiens. Selon lui, son défunt père ne s’intéressait pas aux problèmes ethniques et religieux. Il a toujours œuvré pour la paix pour tous les Tchadiens, depuis son intronisation en 1986. « Notre père ne connaît pas la discrimination ni la distinction. Il ne sait pas faire la différence, il était un homme accueillant et ouvert à tous », explique-t-il.  Le prince indique que le sultan a passé toute sa vie à défendre l’intérêt de sa population. « Son engagement auprès de sa population peut être confirmé. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement ses enfants qui sont en deuil, mais c’est le peuple tchadien qui est en deuil », ajoute Ahamat. À son avis, le défunt sultan qui était préoccupé par les intérêts de sa population. Il a écrit un message affiché dans son salon pour magnifier l’importance de servir sa nation « Être chef n’est pas un but, mais un moyen d’aider les autres », dit le prince.

Le jeune prince estime que son père fut un gardien qui a su préserver la tradition au moment où tout bascule dans le modernisme. « Les us et coutumes sont des valeurs qu’il ne négligeait pas. Il nous avait toujours conseillé d’être au service des autres », raconte-t-il.

Pour Djimé Moussa, ami d’enfance et représentant du sultan Kachallah Kasser au quartier Gardollé, la maladie de sultan l’avait beaucoup affecté. Le vieil homme dit que le défunt et lui avaient grandi ensemble et leurs pères étaient de meilleurs amis. Il souhaite qu’on l’inhume à côté de son ami dans la cour royale, le jour où il s’éteindra lui aussi.

Dans un tweet, le président du conseil militaire de transition (CMT), le général d’armée, Mahamat Idriss Deby a présenté ses condoléances à la famille.

Aussitôt après les obsèques, le fils aîné Mahamat Idjilé Kachallah Kasser est intronisé sultan de N’Djamena urbain et rural. Il succède à son défunt père, Kachallah Kasser. 

Jules Doukoundjé                                     

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