jeudi 19 mai 2022

Abéché, l’intronisation d’un chef de canton contesté fait plusieurs blessés

Jan 24, 2022

Plusieurs habitants de la ville d’Abéché ont manifesté pour réclamer l’annulation de la cérémonie d’intronisation d’un nouveau chef de canton de Bani-Halba d’Abéché M. Bachar Younous Ahmat prévue pour le 29 janvier prochain. La manifestation a tourné à la catastrophe faisant plusieurs blessés à balle réelle par les forces de l’ordre. Reportage.

Bachar Younous Ahmat nommé chef de canton de Bani-Halba d’abéché depuis 2019, mais à cause de la COVID-19, son intronisation était reportée. Les bani-halba sont des tribus arabes nomades qui vivent dans les féériques autour d’Abéché, mais plus sédentarisées à Abougoudam. Depuis sa nomination, il régnait toujours dans sa tribu. Pour lui donner un pouvoir officiel, il est prévu d’organiser la cérémonie de son intronisation le 29 janvier prochain. Depuis plus de 3 jours, sa communauté s’active pour son intronisation à la place de l’indépendance d’Abéché, mais la population s’oppose à cette cérémonie. Pour empêcher la cérémonie d’intronisation de ce chef de canton, les abéchois ont organisé des manifestations dans toute la ville. Ces manifestations ont été violemment dispersées par les forces de l’ordre. Plusieurs blessés à balles réelles ont été dénombrés.

L’ancien député de la province du Ouaddaï et actuel conseiller national, Mahamat Saleh Ahmat Khayar exprime sa tristesse sur ce qui se passe à Abéché. Il explique qu’il s’agit d’un chef de canton arabe bani-halba qui est nommé depuis 2019. Pour le conseiller, le chef de canton est en activité. Il affirme qu’il y a des gens qui contestent cette intronisation, croyant qu’il sera intronisé comme sultan d’Abéché, parce que la cérémonie va se dérouler à la place de l’indépendance.

Selon le conseiller Mahamat Saleh Ahmat Khayar, il y a des gens qui sont en train de s’organiser pour préparer l’intronisation de ce nouveau chef de canton et il y’a d’autres qui étaient là depuis 3 jours dans un lycée pour s’organiser à contester. Il estime que chacun de ces 2 groupes est dans son droit. Mais, le hic, selon lui, ce que l’administration est absente depuis ces 3 jours. Il souligne que les autorités traditionnelles, administratives et politiques de la province ne font rien pour calmer la tension.

A son avis, ces autorités pouvaient se rapprocher des manifestants pour mieux les informer et leur apporter des réponses convaincantes à temps. Il s’interroge sur le silence des autorités qui laissent les manifestants depuis 3 jours descendre dans les rues de la ville. « Je pense qu’il y a une part de responsabilité des autorités de la place », dit-il. Pour le conseiller, ces manifestants ne savent pas que c’est un acte qui est pris depuis 2019, et ne savent pas que ce n’est pas un sultan. « C’est une confusion que les autorités ont laissée prospérer. Pour quelles fins? Je ne sais pas. En tant que conseiller national, je ramène la responsabilité entière au gouvernement et je tiens le gouvernement responsable de tout ce qui adviendra », insiste Mahamat Saleh Ahmat Khayar. Le natif du Ouaddaï précise que les ouaddaïens ne sont pas contre les Arabes ni les Arabes ne sont contre les Ouaddaïens. Il dénonce les forces de l’ordre qui utilisent les balles réelles contre les manifestants. M. Mahamat Saleh Ahmat Khayar lance un appel urgent au gouvernement pour qu’il prenne ses responsabilités, sinon il endossera toutes les conséquences.

Jules Doukoundjé

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