lundi 8 août 2022

Des milliards détournés, deux syndicats dénoncent

Jui 29, 2022

Plusieurs milliards ont été détournés par des individus au détriment du Trésor public et depuis quelques jours, la nouvelle circule dans les réseaux sociaux. Entre rumeurs et vérité, deux grandes centrales syndicales ont été rencontrées par Ialtchad Presse ce mercredi 29 juin pour donner leurs points de vue. Il s’agit de l'Union des Syndicats du Tchad (UST) et de la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT). Ils condamnent ces détournements. Elles exigent au gouvernement d'engager contre les détourneurs une poursuite judiciaire afin de rapatrier ces fonds au trésor public. Reportage.

Selon Younous Mahadjir vice-président de l'Union des syndicats du Tchad (UST), le bureau exécutif s'insurge contre les détournements des deniers publics. Pour la centrale syndicale, les travailleurs tirent le diable par la queue alors qu'une bande des personnes mafieuses organisent des pillages à ciel ouvert des biens de l'État. L'UST s'indigne que les retraités et les travailleurs soient laissés pour compte et dans le désarroi total. Younous Mahadjir va plus loin au nom de l'UST, il exige au gouvernement d'engager une poursuite judiciaire contre les auteurs de ces détournements et malversations financières. L'UST demande aussi le reversement intégral des milliards extirpés au trésor public. Elle demande de surcroît, le remboursement des fonds retenus des travailleurs pendant la période des 16 mesures en 2016, la suspension pure et simple de la retenue de 30% d'impôts des travailleurs du secteur privé et de les aligner au même pourcentage que ceux du secteur public. La centrale syndicale demande au gouvernement d'augmenter le salaire à 50% à tous les agents du secteur public et privé pour faire face à la cherté de vie. L'UST appelle ses camarades à se mobiliser pour leur intérêt commun afin d'engager des actions d'envergures dans les jours à venir, a dit Younous Mahadjir.

Le pacte social est triennal est signé en octobre 2021 selon Brahim Ben Said, Secrétaire Général de la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT). A son avis, les choses avancent quand même. « Prenons quelques exemples : les avancements, les reclassements des fonctionnaires sont en train d'être traités même si c'est timide. Les titres de transport ont été aussi payés en janvier et avril dernier au service de santé, l'éducation nationale, le service social, l'enseignement supérieur », soutient-il. Le SG de la CLTT s’est prononcé aussi sur la question de la revalorisation de la pension des retraités. Il affirme que le gouvernement a augmenté le point 15% ce qui est mieux que rien. Sur les montants et les arriérés évalués à 26 milliards, le gouvernement a fait une avance de 13 milliards, assure Brahim Ben Said. Il soutient que le gouvernement pour mettre à jour les fichiers des retraités a procédé au recensement biométrique. « Ce recensement va permettre de maîtriser les irrégularités et mieux servir les retraités désormais enrôlés sur des fichiers numérisés. Je pense que c'est enlever une épine du pied. Ce sont quand même des points du pacte social », se défend-il.

Toutefois, le SG de la CLTT reconnaît la réalité de la cherté de vie et précise qu'aujourd'hui, le Tchad est le pays où le coût de la vie est le plus élevé d’Afrique centrale. Ce sont des choses qu'il faut négocier avec le gouvernement, dit-il. M. Brahim Ben Said estime qu'il faut d'abord faire un bilan à mi-parcours avec le gouvernement. Ce bilan, déclare-t-il, va permettre de voir ce qui est fait et ce qui reste à faire. C'est trop tôt de faire maintenant un bilan, il faudrait attendre un an et demi, assure-t-il. « On a prévu une campagne de sensibilisation par rapport au pacte social. Il faut que tout le monde s'approprie le pacte, syndicats et travailleurs. Le pacte social ce ne sont pas seulement les retombées, mais le contenu est important », dit le SG de la CLTT.

La CLTT condamne aussi le détournement des fonds publics

Brahim Ben Said s'insurge contre les détournements des deniers publics. Il suppose qu’il y a une complicité au niveau des banques. Car, dit-il, on ne peut pas faire un chèque d'un milliard dans les banques de la place. « Ce sont des transactions qui ont été faites à l'étranger. Est-ce que cela veut dire qu'à partir de votre compte créditeur, vous créditez un autre compte à l'étranger à des milliards, mais non au Tchad. Il faut qu'on nous ramène cet argent », lâche-t-il. A son avis la création du Collège de contrôle du revenu pétrolier dissous, c'était pour répondre à de tels soucis. Pour avoir l'argent du pétrole en son temps, le collège a en son sein le gouvernement, les syndicats, l'Assemblée nationale, la société civile, ils décident et après avis du chef de l'État. Malheureusement le collège a disparu sans qu'une loi abroge la loi qui l'a créée. « Nous ne sommes pas d'accord que des individus prennent pour eux seuls des milliards au moment où le pays a plus le besoin. Ce qui est sûr, l'argent est quelque part, il faut le ramener. Des mesures doivent être prises contre les « détourneurs » des fonds publics ».

Moyalbaye Nadjasna

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