jeudi 19 mai 2022
Journal

Journal (264)

Le Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT), en collaboration avec les autres associations des jeunes au Tchad, organise le symposium sur la question de la paix au Tchad du 27 au 28 avril.

Selon le porte-parole du CNJT Asdjim Bendoum, c’est un symposium national qui va réunir plus de 300 jeunes venus de 22 régions du Tchad et des 10 arrondissements de la ville de N’Djamena. Pour lui, cette rencontre sera un lieu d’échange et de partage pour la jeunesse tchadienne. « C’est pour la première fois, que le symposium se tient au Tchad, » déclare le porte-parole.

« La question de la paix est fondamentale et d’actualité pour le Tchad, car nous sommes dans un climat de tension. Les jeunes sont appelés à s’asseoir autour d’une table pour en débattre, » dit Asdjim Bendoum. Le porte-parole pense qu’il est temps que la jeunesse tchadienne puisse trouver un cadre de dialogue.  

Cette rencontre est placée sous le patronage du Premier ministre de la Transition Pahimi Padacké Albert. Pour y participer, il suffit de remplir un formulaire laissé sur la page du Ministère de la Jeunesse. Selon les organisateurs, ce symposium va réunir plus de 300 jeunes venus des provinces et de la ville de N’Djamena à la recherche de la paix pour le Tchad, explique le porte-parole, vu les mouvements d’humeur des jeunes ces derniers temps, le CNJT ne peut rester indifférent. « Nous pensons que la solution à cela est le dialogue, car exprimer sa colère est bien, mais il faut savoir comment le faire, » dit-il. Des recommandations et les résolutions sont attendues au sortir de ces assises. Chaque participant a pour mission de faire la restitution dans sa province ou sa circonscription, renchérit M. Asdjim.

Le porte-parole appelle par ailleurs les jeunes à se lever comme un seul homme pour pouvoir s’asseoir et définir ensemble une vision commune. 

Djilel-tong Djimrangué
Allahadjim Christian

Des rumeurs sur les réseaux sociaux font état d’un présumé viol collectif sur une fille mineure âgée de 15 ans. Les auteurs de cet acte sont présentés comme des fils de hauts cadres du pays. Acte qui a suscité indignation et colère sur la toile. Quelques citoyens rencontrés donnent leurs impressions. Vox pop.

Selon Constante Yetchabo, étudiante en 1re année de science économique et gestion au Centre des études et de formation au développement (Cefod), les cas de viol des filles mineurs sont monnaie courante dans la capitale tchadienne, N’Djamena. Cela est dû aux défaillances des plus hautes autorités censées corriger les auteurs de ce délit. « Si seulement cela s’avère vrai, on défère ces présumés accusés, on les juge, s’ils sont coupables on les condamne. Cela servira de leçons et l’on ne parlera plus de viol dans notre pays. Mais comme l’État ne prend pas au sérieux ce problème, c’est cela qui fait qu’il y a tant de viol des mineurs dans la capitale », dit la jeune dame. D’après elle, cet acte, si vrai, est horrible. Et mérite que les autorités s’attaquent à ce problème.

Kaltouma Massissou, étudiante en 2e année de gestion, logistique et transport au Cefod, quant à elle condamne cet acte inhumain et dégradant. « Si c’est vrai, ces individus qui ont violé cette fille de 15 ans doivent être déférés à la maison d’arrêt. Puisque c’est un acte immoral et déviant », avance-t-elle.  Elle  conseille aux filles tchadiennes de prendre soin d’elles et de faire très attention. « Il y a des endroits que les filles ne doivent pas fréquenter. Au gouvernement, je lui demande d’assurer la sécurité des jeunes filles et de condamner ceux qui commettent ces genres de crime. Nul n’est au-dessus de la loi. Elle est dure, mais elle reste la loi », demande Kaltouma.

Madjihadoum Ngarhornim étudiant en deuxième année de science économique à l’université de N’Djaména, se dit être surpris que ce sont ceux qui sont censés protéger la population qui laissent leurs enfants commettre de tels actes. « Cela est dû à un problème d’éducation parce que quand on est un haut cadre et on voit notre progéniture commettre de tel délit, on doit le recadrer. Malheureusement, ce n’est pas le cas avec nos hauts cadres du pays », regrette ce dernier. Selon lui, il n’y a pas la justice au Tchad. « Si vraiment il y avait la justice, on devrait juger et condamner ces délinquants afin que des actes pareils ne se reproduisent plus jamais », dit-il.

Pour Ndigueyanouba Ndilyanram étudiant en première année de droit au Cefod, c’est une situation récurrente parce qu’au Tchad les droits de l’homme et des libertés fondamentales sont souvent foulés au pied.  Ce qui encourage ces personnes à commettre de tels actes. « Si c’est exact, je condamne cet acte puisque ça tombe directement sous le coup des différentes dispositions du Code pénal tchadien. Il faut que l’État assure la sécurité de la population en particulier des mineurs », conclut-il.


Allarassem Djimrangar
Mitan Maxime

Le Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT), en collaboration avec les autres associations des jeunes au Tchad, organise le symposium sur la question de la paix au Tchad du 27 au 28 avril.

Selon le porte-parole du CNJT Asdjim Bendoum, c’est un symposium national qui va réunir plus de 300 jeunes venus de 22 régions du Tchad et des 10 arrondissements de la ville de N’Djamena. Pour lui, cette rencontre sera un lieu d’échange et de partage pour la jeunesse tchadienne. « C’est pour la première fois, que le symposium se tient au Tchad, » déclare le porte-parole.

« La question de la paix est fondamentale et d’actualité pour le Tchad, car nous sommes dans un climat de tension. Les jeunes sont appelés à s’asseoir autour d’une table pour en débattre, » dit Asdjim Bendoum. Le porte-parole pense qu’il est temps que la jeunesse tchadienne puisse trouver un cadre de dialogue.  

Cette rencontre est placée sous le patronage du Premier ministre de la Transition Pahimi Padacké Albert. Pour y participer, il suffit de remplir un formulaire laissé sur la page du Ministère de la Jeunesse. Selon les organisateurs, ce symposium va réunir plus de 300 jeunes venus des provinces et de la ville de N’Djamena à la recherche de la paix pour le Tchad, explique le porte-parole, vu les mouvements d’humeur des jeunes ces derniers temps, le CNJT ne peut rester indifférent. « Nous pensons que la solution à cela est le dialogue, car exprimer sa colère est bien, mais il faut savoir comment le faire, » dit-il. Des recommandations et les résolutions sont attendues au sortir de ces assises. Chaque participant a pour mission de faire la restitution dans sa province ou sa circonscription, renchérit M. Asdjim.

Le porte-parole appelle par ailleurs les jeunes à se lever comme un seul homme pour pouvoir s’asseoir et définir ensemble une vision commune. 

Djilel-tong Djimrangué
Allahadjim Christian

Mahamat Nour Ibedou Secrétaire Général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH), est réhabilité dans ses fonctions, par une décision de la Cour d’Appel de N’Djamena, ce 21 mai. Qu’est-ce qui a motivé cette suspension?

Mahamat Nour Ibedou dans un échange téléphonique a relevé  à la rédaction qu’il n’a pas été suspendu pour cause de malversation financière. « L’organisation n’a même pas d’argent. Il y a de cela une année, M le défunt président Idriss Deby a demandé à son ministre de la justice de m’arrêter. Pour qu’il arrive à organiser ses élections, il faut que je sois destituée de la CTDH. Le ministre ne sachant que faire a demandé au juge de me suspendre sans raison », explique-t-il.  Selon le SG de la CTDDH, l’ancien Garde de Sceaux M Djimet Arabi s’est décarcassé pour monter un membre de la CTDDH, « détourneur » du fonds la CTDDH contre lui. « Ce monsieur a porté plainte contre moi à la justice, un prétexte. En principe quelqu’un qui a été chassé d’une organisation ne peut pas porter plainte. Et les juges du Tribunal de la grande Instance ont pris une ordonnance, nous avons fait opposition d’appel avec notre avocat, mais l’ordonnance a été encore confirmé et nos avocats ont interjeté l’appel de la Cour d’Appel », dit M. Ibedou. Il rajoute, comme le système judiciaire est dans la poche de feu Deby Itno, le président de la Cour d’Appel M. Timothée a préféré retarder le dossier pour ne pas se prononcer jusqu’à ce que la décision de réhabilitation soit prise ce 21 mai 2021. 

« Pour ma réhabilitation, disons que le premier argument, c’est d’abord le fait que les gens qui donnent de l’ordre n’existent plus. Donc le juge avec l’arrivée de M. Ahmat Mahamat Alabo, qui a dit que les juges sont libres de dire le droit, le juge de la Cour d’appel a dit le droit sans crainte et sans un ordre quelconque », affirme le SG de la CTDDH. Selon lui, sa réhabilitation n’est pas un évènement, car il travaillait toujours comme SG de la CTDDH malgré sa suspension. « Je n’avais pas accordé de la considération à quoi que ce soit. Pour moi, ils ont réparé la bêtise de ceux qui ont fait ça », confie Ibedou.

Autre sujet, autre position. D’après lui, dans leur nouvelle organisation Wakim Tama, ils ne reconnaissent pas le Conseil militaire de transition CMT. Pour lui, le système Deby est toujours-la. « Je suis sûr qu’il va y avoir une reprise en main de la Justice. Il faut vraiment du temps pour que les choses se remettent au niveau de la justice. A mon avis, les membres de gouvernement n’ont pas assez de pouvoir avec ce CMT-là. M. Alhabbo avait dit qu’il faille libéré les manifestants arrêtés, mais jusque-là ils ne les ont pas été libérés, ce qui prouve que le CMT est tout puissant », martèle-t-il. Espère que les juges vont respirer, poursuit-il.

De la politique à la société civile

Mahamat Nour Ibedou est né en décembre 1956 à Mongo dans la province du Guera au centre du pays. Du mouvement politico-militaire à la défense des droits humains. Préoccupé par la dictature d’Hissène Habré, Ibedou intègre alors le Mouvement politico-militaire Mosanat, le Mouvement pour le salut national du Tchad qui s’est opposé au régime de Habré.

Huit mois plus tard, Mosanat signe un accord avec un groupe rebelle dirigé par le colonel Idriss Deby Itno pour former le Mouvement patriotique du salut (MPS). Ensemble ils chassent Hissène Habré du pouvoir un jour du 1er décembre 1990. Mahamat Nour Ibedou sera le tout premier chef de mission du président Deby. Mais deux ans plus tard, en 1992, Bledou n’aperçoit aucun changement. Il claque la porte du MPS.

En 2011, il décide d’abandonner la politique pour militer dans la société civile en créant avec quelques autres personnes la CTDDH, une organisation de défense des droits humains. Il milite et préside à sa destinée depuis plus de 10 ans.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim et le procureur de la République Youssouf Tom ont rendu visite ce vendredi aux prisonniers de guerre détenus à la maison d’arrêt de Klessoum.

C’est une visite d’imprégnation que le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim a effectué ce vendredi 21 mai à la maison d’arrêt correctionnel de Klessoum. Accompagné du procureur de la République près du tribunal de grande instance de N’Djamena, Youssouf Tom, le ministre de la Défense est allé constater les conditions de détention des prisonniers de guerre du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact).

9h16mn début de la visite. Dans le carré des détenus mineurs, des éléments du Fact faits prisonniers sont regroupés en deux groupes. Habillés certains en civil, d’autres en tenue militaire, ces prisonniers apparaissent les visages fatigués. Bien que le lieu dans lequel ils sont détenus soit propre, il se dégage tout de même des odeurs nauséabondes.  Sous un hangar, le personnel soignant s’active à panser les plaies des blessés.

Prenant la parole, le ministre de la Défense indique que cette visite est la résultante de la promesse qu’il avait faite aux hommes des médias de les inviter à venir constater de visu les conditions de détention de ces prisonniers de guerre. « Aujourd’hui c’est chose faite », déclare-t-il, face à la presse. Selon lui, cette visite permettra de balayer les accusations portées contre l’armée tchadienne pour des cas de bavure ou d’élimination systématique des rebelles faits prisonniers. « Notre armée a été dénigrée sur les réseaux sociaux. Mais c’est le lieu de confirmer ici qu’elle est respectueuse du statut de prisonnier de guerre. L’armée tchadienne est respectueuse du droit international humanitaire », affirme le Général des corps d’armée Daoud Yaya Brahim.

En tout, 494 prisonniers de guerre sont détenus à la maison d’arrêt correctionnel de Klessoum, selon le décompte. Parmi ceux-ci, 95 mineurs sont dénombrés. « Respectueux des accords signés entre le Tchad et l’Unicef, ces mineurs seront immédiatement à leurs familles pour leur réintégration sociale », a fait le Général des corps d’armée Daoud Yaya Brahim (applaudissements des prisonniers). Pour le reste, ils seront remis à la disposition de la Justice, confie le ministre.

D’après des sources sanitaires de la maison d’arrêt de Klessoum, près de cent blessés reçoivent des soins réguliers sur le site. « Des cas jugés préoccupants sont référés à l’hôpital militaire à N’Djamena », dit un personnel de l’infirmerie. Selon le procureur Youssouf Tom, deux cas graves sont actuellement hospitalisés à la garnison. Il faut, malheureusement, déplorer trois morts, dont deux naturels et un de suite des blessures, a indiqué le procureur. D’après lui, la procédure enclenchée et le droit sera dit. 

Rappelons que, ces prisonniers de guerre ont été capturés lors des opérations dans le nord-Kanem entre le 18 et le 26 avril.

9h40, fin de visite.

Christian Allahdjim

La ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’innovation, Lydie Béassoumda, a effectué jeudi 20 mai, une visite inopinée au campus universitaire de Toukra. Lors de cette visite, elle a failli être lynchée par les étudiants. Chronique d’une visite qui a mal tourné.

Ce vendredi 21 mai, à 9h d’horloge, une brume de poussière sur la capitale tchadienne, N’Djamena. Nous sommes à Toukra. À l’entrée principale, les forces de l’ordre sont visibles, « l’accès au campus est interdit », nous dit un policier en dirigeant son arme sur nous. Après une discussion, l’homme en treillis, nous permet d’entrer. Un silence de mort règne sur le campus. Rien ne bouge, à l’entrée de décanat, l’on voit des vigiles, des policiers, des carcasses de véhicules cabossés et calcinés, des morceaux de pierres, et de bâtons. La violence avait fait rage. Les stigmates sont encore visibles. Une scène inouie de désolation.

11h, c’est l’alerte. Les étudiants se mobilisent du côté d’Ardebdjoubaml et Farcha, ils revendiquent la libération de leurs amis arrêtés par la police hier lors des  de la manifestation. La police descend sur le terrain et les disperse à coups de gaz lacrymogène.

L’Union Nationale des Étudiants du Tchad (UNET), section de N’Djamena, par son secrétaire Exécutif Adjoint Azibert Malloua anime un point de presse pour dénoncer cet acte qu’elle qualifie de barbarie. Selon le Secrétaire Exécutif de l’UNET, l’Université doit être un exemple de savoir et un foyer des promotions de la non-violence. Ce comportement peu orthodoxe dit-il, « l’UNET exprime son regret et promet œuvrer pour la restauration de la quiétude en milieu universitaire,» rassure le secrétaire Exécutif Adjoint.  M. Azibert Malloua met en garde ceux qui se cachent derrière les étudiants pour atteindre leurs objectifs. Pour permettre la restauration de la quiétude en milieu universitaire et la relance des cours, il demande la libération des étudiants arrêtés.

Chronique de la veille…

Tout est parti d’une visite de madame la ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation dans les locaux du campus universitaire de Toukra. Il est 12 heures passées, lorsque le cortège du ministre a fait son entrée. Reçu par les doyens, la ministre et sa suite sont montées au décanat. Informés, les étudiants très vite se concertent et lance d’assaut. « Obligeons la ministre de nous signer l’ordre de rétablissement de notre bourse, » clament les étudiants. Très vite, les choses prennent de l’ampleur. Ils, les étudiants, commencent par dégonfler les pneus de la voiture du secrétaire d’État du ministère de l’Enseignement, s’en suit de celle du ministre. Alertées, les forces de l’ordre ont fait une descente musclée sur les lieux pour essayer de calmer la situation. Le  président des Universités de N’Djamena  arrivé sur le théâtre de la scène est violemment accueilli par les manifestants, sa voiture est partie en fumée, raconte l’un des délégués de la chambre des étudiants de Toukra présent au moment des faits.

Cet acte a fait réagir les autorités à suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre sur le campus universitaire de Toukra. Le porte-parole du gouvernement de transition M. Abdramane Koulamallah, dans un  communiqué paru hier dans la soirée, condamne  ces actes inadmissibles dans un État de droit, dit-il. Selon le gouvernement, les auteurs de cet acte de forfaiture seront identifiés et poursuivis.  « D’ores et déjà, les forces de l’ordre ont appréhendé certains individus impliqués dans ces actes scandaleux et elles continuent leurs investigations pour retrouver leurs complices, » dit le porte-parole. Selon lui, une plainte sera déposée auprès du procureur de la République. « Le gouvernement tient ce fait comme extrêmement grave et ne saurait tolérer ces dérives. Il resterait ferme vis-à-vis des casseurs, » conclut le porte-parole.

Le Syndicat national des Enseignants Chercheurs du Supérieur (SYNECS), condamne ces actes tout en s’indignant de la violation de ses locaux par les forces de l’ordre.

Il faut le rappeler que cette situation n’est pas pour la première fois au campus de Toukra. L’on se souvient du cas de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Mackaye Hassan Taisso qui a failli il y a quelques années être lynché par les étudiants qui lui imputent la paternité de la suppression de la bourse.               

Djilel-tong Djimrangué
Allarassem Djimrangar

Les pensionnaires de la Caisse Nationale des Retraites du Tchad (CNRT) ont campé ce 21 mai devant le Ministère de Finances et du Budget, pour exiger le paiement leurs primes de transport, leurs primes départ et les arriérées des pensions. Ils ont été reçus par le ministre Tahir Hamid Nguilin qui a promis  de régulariser leurs pensions et ses avantages dans les jours à venir.

Ce sont des personnes du 3e âge qui tiennent à peine sur leurs deux jambes qui ont bloqué les entrées du ministère de Finances ce matin. Certains assis à même le sol d’autres, plus courageux s’appuient sur leurs cannes. Déterminés, ces anciens fonctionnaires sans activités et qui ne vivent que de leurs pensions  demandent à rencontrer le ministre de Finances  pour discuter de leur sort. Il s’agit de retard de paiement des primes de transport et les arriérés de pensions qui sont à l’origine de leur mécontentement. Pour certains, le ministre de finances doit être clair sur les conditions et la durée de paiement de leurs primes et pensions. Pour d’autres c’est le retard répétitif observé  dans le paiement. « Nous sommes fatigués de la lenteur dans le traitement des dossiers des pensions des retraites. Cette manière de faire nous accable. Cela fait déjà des années où certains retraités n’ont pas perçu leurs primes de départ. Pourtant leurs dossiers sont réguliers. Le ministre doit nous dire clairement aujourd’hui les raisons qui motivent ce retard » dit un retraité.

Selon le témoignage des pensionnés, une discussion houleuse avec les forces de l’ordre à l’entrée a forcé le ministre à les recevoir en audience. Pour le porte-parole des retraités, Alladoumngar Tédengarti, le ministre de Finances  leur a signifié que les frais de transport ne regardent pas la Caisse nationale des retraités du Tchad. C’est plutôt, au ministère de Finance et du Budget de s’en occuper,  et cela, dans les meilleurs délais.  « Vous savez, il a fallu faire le une occupation des lieux ce matin pour rencontrer le ministre.  Nous lui avons parlé  de nos frais de transport et des indemnités de départ . La situation sociale des retraités n’a pas été aussi perdue de vue dans nos échanges.  Le ministre nous a rassuré que ça serait payé. Et il va instruire la direction de la solde d’essayer toutes nos situations », explique-t-il.

D’après le porte-parole des retraités, ils ont demandé au ministre que leurs pensions soient payées chaque mois. M. Alladoumngar Tédengarti rajoute que le ministre leur a rassuré que leurs doléances seront aussi prises en compte.

Les retraités disent rester vigilants, car disent-ils, entre la parole et l’acte il y a un grand écart. Leur lutte mentionnent-ils, va être menée jusqu’à  la satisfaction totale.

Ils  demandent en conséquence aux autorités de tenir a leurs paroles afin d’améliorer les conditions des retraités qui sont à un pas de la mort. « Écoutez, dès qu’il y aura une fausse note, nous ne manquerons pas de rafraîchir la mémoire des autorités responsables de nos dossiers en l’occurrence le ministre de Finances et du Budget », conclut le porte-parole des retraités.

Une Assemblée générale est prévue demain dit-il pour rendre compte de leur audience avec le ministre de Finances et du Budget a la base.

Mitan Maxime
Younous Sidick Abakar

La Police nationale a présenté ce jeudi 20 mai, le fruit de trois mois d’opérations menées dans la ville de N’Djamena. Résultats, 80 interpellations, une centaine d’armes et de munitions récupérées.

C’est au commissariat central de la ville de N’Djamena que la cérémonie de présentation a eu lieu ce jeudi 20 mai. C’était en présence du directeur général de la Police nationale. Le porte-parole de la Police, M. Paul Manga, a présenté un résultat qu’il estime satisfaisant.

Ainsi, au bout de trois mois d’opérations dans le cadre de la sécurisation des biens et des personnes, les services de la Police nationale ont pu :

  • Interpeller 80 individus présumés malfrats ;
  • Récupérer 112 armes de guerre et de poing ;
  • Saisir une quantité importante de munitions ;
  • Saisir une quantité importante des produits psychotropes ;
  • Récupérer un véhicule de marque Corolla volé ;
  • Et saisir 15 motocyclettes pour violation de l’arrêté interdisant la circulation de celles-ci sur les viaducs.

Selon M. Paul Manga, ces armes et munitions seront remises à la Direction générale de la Réserve stratégique. Pour ce qui est des produits prohibés, il sera procédé à leur incinération par des services compétents. Et pour des individus interpellés pour diverses infractions, la Justice s’occupera de leur cas.

Tout en félicitant les fonctionnaires de la Police nationale, Paul Manga a exhorté la population à collaborer avec la Police pour débusquer des hors-la-loi.

Il faut le souligner que ces opérations ont été réalisées sur la période allant de mars à mai 2021. Elles ont concerné la ville de N’Djamena.

Christian Allahadjim

L’appel à la marche pacifique de la Coordination des Actions Citoyennes dénommée  Wakit Tama de ce 19 mai, sur toute l’étendue du territoire national, n’a pas eu d’impact. Un important dispositif militaire a quadrillé la ville étouffant dans l’œuf la manifestation. 

Dans les quartiers tels qu’Ambatta, Gassi, Atrone, Habbena, Chagoua, pour ne citer que ceux-là, le constat est des militaires partout. L’ambiance est timide. Pas de concert de sifflet, de tintamarre, de vuvuzela, comme lors de la marche du 27 avril. Ces quartiers ne grouillent pas de manifestant. Les rues sont presque vides. Les carrefours, les avenues, sont bondés d’hommes en treillis.

À Atrone, dans le 7e arrondissement, il y a une forte présence des forces de l’ordre. Quatre (4) véhicules de gendarmes postés au sous-poste de police, deux autres en face de l’ex-marché. À la station APG du même quartier, on dénombre 11 véhicules des éléments du Groupement mobile d’intervention de la police (GMIP), notamment 8 véhicules bourrés d’hommes en treillis et 3 véhicules-citernes d’eau chaude.

À Gassi, quelques manifestations sporadiques ont été signalées. Mais très vite dispersées par des policiers qui ont fait usage des gaz lacrymogènes. 

À Abena, le siège du parti Les Transformateurs est surveillé par deux véhicules  des éléments du GMIP. Tout autour, un groupe de jeunes tente de se rassembler, mais il a été dissuadé par la présence des policiers qui patrouillent sans cesse le secteur.

À Chagoua, précisément sur l’axe CA7, réputé être un bastion de contestation et de brûlure des pneus, il n’y a rien à signaler. La circulation sur cet axe n’est pas perturbée comme lors des précédentes marches. Aucune présence policière sauf à proximité de la base du GMIP où un véhicule est stationné.

Au rond-point de l’avenue 10 octobre, c’est tout un bataillon composé des gendarmes, gardes nomades et policiers qui sont stationnés. Près d’une centaine de véhicules sont garés là, prêts à arpenter les rues des quartiers Atrone, Kamnda, Abena.

Aux quartiers Moursal, Paris-Congo, Ardep-djoumbal, Kabalaye, Sabangali, le calme règne. Même scène à Walia, où la manifestation du 27 avril a été la plus violente. Interrogé, un jeune affirme que le jour choisi pour la marche ne convient pas. « Le mardi, les gens sont occupés par leurs activités. Sinon le samedi, c’est le week-end et il n’y pas vraiment d’activités. Donc je propose aux organisateurs de revoir leur stratégie », conseille-t-il.

Ceux qui sont sortis marcher se sont divisés en petits groupes chacun dans son quartier exigeant la démission de la junte, brûlant pneus et drapeaux français tout en dénonçant l’UA en signe de mécontentement du soutien de cette institution à la junte militaire.

Bilan

Plusieurs arrestations ont eu lieu à N’Djamena. M. Yasine Abdramane Sakine, président du parti réformiste a été arrêté et plusieurs autres dans les villes du sud du pays où les citoyens ont répondu à l’ordre de manifester du mouvement Wakit Tama.

Il faut le rappeler, le 7 mai, le gouvernement de transition en place au Tchad a autorisé les manifestations pacifiques assorties des conditions. Depuis cette date, deux marches ont été autorisées, respectivement le 12 et le 15 mai. Ces marches qui s’apparentent à un soutien à la junte militaire au pouvoir ont été encadrées par la Police. Deux autres marches sont autorisées ce 20 mai.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Dans une décision rendue publique ce 16 mai, signé par le président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), M. Saleh Kebzabo, le Bureau Exécutif (BE) du parti exclu le professeur Avocksouma Djona Atchenemou secrétaire national administratif adjoint du BE du parti. Raison de l’exclusion : « Activités fractionnistes ».

Contacté M. Avocksuma dit avoir appris son exclusion du BE sans autre forme de procès, ni avertissement ni blâme. Une décision à son insu et des certains membres du parti en charge des questions disciplinaires. « Je continue ma lutte pour le retour à l’ordre constitutionnel », dit le concerné.

Joint au téléphone le chef de l’UNDR M. Saleh Kebzabo (SK) a tenu à préciser que M. Avocksouma n’est pas exclu du parti, mais du BE. Il a qualifié son secrétaire national de « menteur » incapable de s’assumer et d’assumer ses actes. Pour M. Kebzabo les agitations de M. Avocksouma cachent d’autres choses.

Aussi, SK a expliqué à la rédaction que lors de la rencontre du BE pour décider de l’entrée du parti dans le gouvernement de transition, M. Avocksouma était présent. Il était même le plus en phase avec cette décision. Et à la surprise de tous, il organise un point de presse le lendemain pour dire le contraire. A-t-il besoin de faire tout cela? « Pour être conséquent avec lui-même, il devait simplement démissionné du parti. » Le BE s’est réuni pour le recadrer en lui brandissant les règles internes du parti ce dont il était d’accord.

Rappelons que le secrétaire national administratif exclu du BE avait vivement réagi en critiquant l’entrée de l’UNDR dans le gouvernement de transition. Joint au téléphone M. Avocksouma avait expliqué à la rédaction avoir tort sur la forme.

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