jeudi 19 mai 2022
Journal

Journal (264)

La coordination des actions citoyennes Wakit Tama se dit inquiète des prises de décisions unilatérales du Comité Militaire de Transition (CMT) dirigé par le fils du Président défunt Mahamat Idriss Déby. Elle appelle l’UA, l’ONU et la France à mettre fin à cette dérive. Aussi, elle demande aux Tchadiens de s’opposer par tous les moyens à cette grave atteinte à leur liberté et aspiration légitime.

La coordination des actions citoyennes Wakit Tama dénonce le décret signé par le Président du CMT le 2 juillet dernier, mettant en place une commission chargée de l’organisation du dialogue inclusif attendu par tous les Tchadiens. Dans un communiqué reçu à la rédaction du journal Ialtchad Presse, la coordination des actions citoyennes fait remarquer que le CMT procède par une démarche exclusive et unilatérale. Elle précise que le dialogue inclusif doit être régi par une démarche consensuelle. Selon le document, le CMT a obtenu l’aval de la communauté internationale, à la condition qu’un mécanisme de dialogue et de suivi de l’Union Africaine (UA) s’installe à N’Djamena, la capitale tchadienne. Cela suppose que le processus inclut dans son déroulé la non-objection de ce mécanisme. Pour le coordonnateur de Wakit Tama, Me Max Loalngar, le CMT n’a pas respecté cet engagement et opère en opposition avec l’UA. Me Loalngar estime que le lancement du processus de manière exclusive est une défiance à l’ensemble de l’opposition armée et un discrédit au processus de dialogue inclusif. Il souligne par ailleurs que le CMT est dans un processus de réarmement et de militarisation basé sur des considérations ethniques. Ce dernier ajoute que le CMT privilégie la voie des armes tout en maintenant l’option d’un dialogue politique. « La mauvaise foi du CMT est établie. Ceci ne présage nullement d’un dialogue inclusif, encore moins d’un dialogue sincère », affirme-t-il.

Selon le communiqué, la France qui a fortement soutenu « le coup d’État » garde un silence complice. Wakit Tama affirme que la junte accumule les conditions d’une crise encore plus grave qui justifierait la prolongation de la transition. Elle appelle l’UA à prendre ses responsabilités, la commission paix et sécurité de l’UA en particulier et les États membres en général afin qu’on mette fin à cette dérive sans délai dit le communiqué. La coalition appelle aussi la France à se rendre à l’évidence que son soutien inconditionnel au CMT ne peut pas conduire la transition aux résultats attendus par les Tchadiens. Elle regrette l’indifférence de l’ONU et souhaite qu’elle s’autosaisisse du cas tchadien.  

Depuis la disparition du Président Idriss Deby Itno, des réunions ont eu lieu plusieurs fois au Togo avec les groupes rebelles tchadiens pour préparer un dialogue national avec le CMT. Pour l’instant, la position de ces groupes rebelles semble inconciliable avec celle des autorités. Ils réclament une amnistie générale, la libération des prisonniers de guerre des prisonniers politiques, mais ils refusent en bloc de reconnaître le CMT. La junte au pouvoir refuse de considérer les groupes rebelles comme le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact) mouvement rebelle qui ont mené des attaques en avril passé. C’est lors de ces affrontements que le président Idriss Deby Itno est mort.

Jules Doukoundjé

Le film « Lingui » du cinéaste tchadien, Mahamat Saleh Haroun a été retenu pour la 74e édition du Festival de Cannes du 6 au 17 juillet 2021. Le long-métrage sorti en 2020 a été retenu parmi les 24 films en lice pour la Palme d’Or et la sélection officielle. Retour sur ce film avec Ialtchad Presse.

« Lingui, les liens sacrés », est un film qui raconte l’histoire d’Amina, mère d’une adolescente, nommée Maria. Celle-ci, âgée d’une dizaine d’années est tombée enceinte précocement. Dans les faubourgs de N’Djamena au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de 15 ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte. Cette grossesse, l'adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l'avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance.

Dans ce film, on retrouve l’acteur fétiche du cinéaste, Youssouf Djaouro avec qui il a remporté la Palme d’Or ainsi que, Achouackh Abakar, Rihane Khalil Alio. Le film sera dans les salles en  janvier 2022.

Qui est Mahamat Saleh Haroun ?

Mahamat Saleh Haroun est un réalisateur tchadien, le tout premier, vivant à Paris en France depuis 1982. Il est né en 1961 à Abéché, dans la province du Ouaddaï. Mahamat Saleh Haroun a fait des études de cinéma à Paris au Conservatoire libre du cinéma français. Il a aussi une formation en journalisme à l’Institut universitaire de Technologie (IUT) de Bordeaux. Ce qui lui a permis de travailler pour plusieurs quotidiens régionaux de France. En 1991, il réalise son premier court-métrage « Tan Koul », mais c’est son second film « Maral Tanié » réalisé en 1994 qui le révèle au monde. Ce film raconte l’histoire du mariage forcé de la jeune Halimé avec un homme d’une cinquantaine d’années. Contrainte par ses parents au mariage, la jeune femme se refuse à son mari. Mahamat Saleh Haroun réalise son premier long-métrage « Bye Bye Africa » en 1999.

En 2001, il réalise « Letter from New York City », un court-métrage avec lequel il obtient la même année le prix de la meilleure vidéo au 11e Festival du cinéma africain de Milan. Le second long-métrage « Abouna », en 2002 a remporté le prix de la meilleure image au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).

Le cinéaste tourne ensuite un documentaire « Kalala ». Ce film est le portrait intime d’Hissein Djibrine, un proche du réalisateur décédé en 2003 du Sida. Hissein Djibrine avait produit les deux premiers longs-métrages du cinéaste, et Mahamat Saleh Haroun est profondément touché par cette disparition.

En 2007, il réalise « Daratt » l’histoire du jeune Akim, âgé de 16 ans qui quitte son village pour N’Djamena, dans le but de venger son père. Ce film remporte, l’étalon de bronze de Yennenga, ainsi que le prix de la meilleure image au Fespaco. En 2008, il reçoit le titre de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Son quatrième long-métrage réalisé en 2010 s’intitule « Un homme qui crie ». Le film est sélectionné en compétition officielle lors du Festival de cannes et remporte le prix du jury. Ce long-métrage raconte l’histoire tragique d’un homme et de son fils que la guerre civile au Tchad va séparer. Pour ce film, Mahamat Saleh Haroun reçoit le prix Robert-Bresson à la Mostra de Venise. Ce prix récompense les cinéastes ayant une œuvre significative par sa sincérité et son intensité en faveur de la recherche du sens spirituel de notre vie. En 2016, il est à nouveau à Cannes pour présenter son film de témoignages « Hissein Habré, une tragédie tchadienne » qui donne la parole aux victimes du régime d’Hissein Habré, président de la République du Tchad de 1982 à 1990.

Mahamat Saleh Haroun a été ministre du Développement touristique de la culture et de l’Artisanat du Tchad du 5 février 2017 au 8 février 2018. Le mois du livre et de la lecture est à mettre à son actif. Tout le mois du novembre est dédié à la lecture. Il a écrit son premier roman « Djibril ou les ombres portées » publié en 2017 chez Gallimard.

Allarassem Djimrangar

Une délégation de l’Union africaine (UA) conduite par le président de la commission Justice, Paix et Sécurité séjourne dans la capitale tchadienne, N’Djamena. La mission a été reçue par le ministre des Affaires étrangères ce jeudi.

À défaut de l’arrivée du Haut représentant de l’UA, Ibrahima Fall, c’est une délégation de la commission Justice, Paix et Sécurité de l’UA qui est arrivée ce. Elle est conduite par l’ambassadeur Bankolé Adoeye, et a été reçue par le ministre des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zene ce vendredi 8 juillet. Au menu des discussions, le processus d’accompagnement de l’UA à la transition en cours au pays.

Le président de la commission Justice, Paix et Sécurité, Bankolé Adoeye a réaffirmé la volonté de l’UA à épauler le Tchad en cette période difficile. La rencontre était à huis clos, personne ne sait pas si la question du Pr Ibrahima Fall a été évoquée lors de cette rencontre. Celui qui a pour mission d’assister la transition en cours au Tchad attend toujours le feu vert de N’Djamena pour venir prendre contact avec les autorités de la transition.

Le 25 juin, ce haut représentant de l’UA devait séjourner au Tchad. Mais N’Djamena a présenté une fin de non-recevoir à sa demande arguant qu’il n’a pas été consulté sur ce choix. Les rapports se sont refroidis ces derniers jours entre la commission de l’UA et les autorités de N’Djamena. Pour le ministre tchadien des Affaires étrangères, il n’y a aucun problème entre l’institution panafricaine et le pays de Toumai ni même avec la personne d’Ibrahima Fall. « Il est question de préalable », a-t-il indiqué au micro de la Deutch Wellen. Apparemment la venue de cette délégation est de nature à apaiser la tension.

 

Sur invitation du président français, Emmanuel Macron, le président du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby, a effectué du 4 au 5 juillet, une première visite d’amitié et de travail à Paris en France. Plusieurs sujets ont été abordés au cours de cette rencontre. Retour sur cette visite avec Ialtchad Presse.

Coopération bilatérale, transition en cours au Tchad et lutte contre le terrorisme dans le Sahel constituent le mobile de la visite d’amitié et de travail du président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Deby Itno à Paris en France.

Dans leur communiqué conjoint, la France a rappelé son attachement à l’intégrité territoriale du Tchad et sa présence aux côtés du peuple tchadien dans cette période sensible.

Le président du CMT, Mahamat Idriss Deby a salué la promesse des efforts financiers que la France va consentir au bénéfice du Tchad. Le président Macron a réitéré son soutien à la transition et annoncé la mise en œuvre, à échéance rapprochée, d’une nouvelle aide budgétaire. Les deux présidents ont appelé à un traitement rapide de la dette tchadienne, au sein du cadre commun de la dette.

M. Macron a précisé les objectifs de la transformation du dispositif militaire français au Sahel. Il a salué le maintien par le Tchad de ses engagements internationaux, en particulier dans le cadre du G5 Sahel. Le président du CMT a salué l’engagement réaffirmé de la France de rester aux côtés des armées sahéliennes pour poursuivre la lutte contre les groupes terroristes, en les accompagnant tant sur le plan bilatéral que dans le cadre d’engagements multilatéraux via les missions PSDC de l’Union européenne et la Task Force Takuba.

Le président du conseil militaire de transition et le président de la République française ont souligné la nécessité de doter la force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) d’un financement pérenne et prévisible. Ils ont aussi réaffirmé leur soutien à la demande des pays du G5 Sahel de passage de cette force sous le chapitre VII (7) de la charte des Nations Unies.

Face à l’expansion de la menace terroriste dans le bassin du Lac Tchad, le président du CMT a souligné l’urgence d’intégrer la problématique sécurité du Lac Tchad dans une approche globale sahélienne. Le président du CMT et le président français ont réaffirmé leur condamnation de l’attaque perpétrée contre le poste-frontière de Sourou en territoire tchadien, non loin de la frontière centrafricaine. Notant l’impact de la crise libyenne sur l’ensemble du Sahel, ils ont appelé à un encadrement du départ de Libye des bandes armées incontrôlées et des mercenaires pour éviter toute déstabilisation des pays voisins.

Il faut noter qu’en marge de cette visite en terre parisienne, le président du CMT, Mahamat Idriss Deby s’est entretenu avec  le ministre français  de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et une délégation du groupe français SOGEA-SATOM, conduites par son président, Jean-Michel Guelaud. La coopération bilatérale et les différents chantiers exécutés au Tchad par cette entreprise française étaient au menu de cet échange.

Le président du CMT, Mahamat Idriss Deby s’est aussi rendu au siège de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour discuter avec la secrétaire générale de l’OIF, Mme Louise Mushikiwabo sur le processus de la transition au Tchad et a sollicité l’appui de cette institution.

Allarassem Djimrangar
Orthom L’Or

L’Union des syndicats du Tchad (UST) a célébré ce 4 juillet en différé la fête internationale du travail. Occasion pour les travailleurs et travailleuses de faire de doléances au gouvernement, au patronat et aux entreprises privées.

Les travailleurs et travailleuses de l’Union des syndicats du Tchad (UST) recommandent au gouvernement ce qui suit :

  • de respecter strictement les conventions fondamentales de l’organisation internationale du travail ratifiées par le Tchad, et accélérer le processus de ratification des conventions ;
  • de respecter les textes et lois de la République pour une justice saine et équitable entre tous les Tchadiens ;
  • d’octroyer la subvention selon le taux de représentativité des centrales syndicales partant la subvention et autres représentations dans les institutions à gestion tripartite comme l’exige l’article 310 de la loi 38 portant code du travail ;
  • de publier les résultats des élections de délégués du personnel chaque année avec désignation des centrales représentatives conformément au code de travail ;
  • d’accélérer le processus de révision du code de travail ;
  • d’accélérer le processus d’adoption du code de la sécurité sociale des travailleurs ;
  • de rembourser sans condition les indemnités des fonctionnaires imputées injustement par le décret nº687/PR/PM/MFB/2016 du 31 octobre 2016 créant ainsi des crises sociales dans les foyers des travailleurs ;
  • de garantir la protection des leaders syndicaux conformément aux conventions nº87 et 98 de l’OIT ;
  • d’éviter l’affectation des responsables syndicaux sous mandat électif ;
  • de délivrer le passeport diplomatique aux présidents et secrétaires généraux des centrales syndicales et un passeport de service aux autres membres des bureaux exécutifs ;
  • d’attribuer des terrains aux centrales et leurs syndicats affiliés pour la construction de leurs sièges ;
  • de revoir à la hausse l’assistance ou subvention accordée aux centrales en tenant compte de la représentativité ;
  • de régulariser la situation administrative des fonctionnaires de la poste, conformément à l’atelier tenu en mai 2010, relisant le décret 901 dont les résultats sont détenus en souffrance au ministère de la Fonction publique ;
  • de mettre fin aux violations répétitives des locaux de la bourse de travail par les forces de l’ordre ;
  • de cesser immédiatement avec les arrestations systématiques et arbitraires des leaders syndicaux en particulier et de la société civile en général ;
  • de revaloriser les pensions des retraités, les bancariser et les payer mensuellement tout en apurant les arriérés, revaloriser les pensions inférieures au SMIG et aligner les retraités à 115 de point d’indice ;
  • de mettre un terme aux nominations des stagiaires, des agents non expérimentés et ceux étrangers au département et au détriment des fonctionnaires expérimentés et titularisés.

Aux patronats et aux entreprises privées, l’Union des syndicats du Tchad (UST) recommande :

  • d’appliquer dans toutes ses dispositions le décret nº1111 de 2012 dans toutes les entreprises exerçant en République du Tchad ;
  • de déclarer sans complaisance les agents contractuels et décisionnaires à la CNPS ;
  • de cesser avec les licenciements abusifs sous prétexte des raisons économiques ;
  • de s’impliquer effectivement pour la résolution des problèmes de cherté de vie ;
  • d’encourager la création des mutuelles des travailleuses et travailleurs dans toutes les entreprises privées et paraétatiques ;
  • de respecter la législation de travail en vigueur en République du Tchad.

Entre autres parmi leurs revendications de 77 points au gouvernement, figurent la levée de la censure des activités syndicales dans les médias publics, le respect de l’indépendance de la justice, condamner la prise de pouvoir par les armes et la conservation du pouvoir par les armes, la levée de la suspension d’octroi de l’autorisation de formation des agents de l’État, etc.

Allarassem Djimrangar

Les travailleurs et travailleuses de l’Union des syndicats du Tchad ont commémoré ce 4 juillet, à la place de la Nation au quartier Bololo, dans le 2e arrondissement, la fête internationale du travail, placée sous le thème « La Covid-19, les situations socio-économiques et politiques sont les défis des travailleuses et travailleurs du Tchad ». Ialtchad Presse est allé rencontrer le Secrétaire Général de l’UST. Reportage !

Selon le secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad (UST), Gounoug Vaima Gan-faré, la fête internationale du travail le 1er mai 2021, fêtée en différé ce 4 juillet, à la place de la Nation, a été pour les travailleurs et travailleuses une grande réussite malgré quelques déboires observés au début de la cérémonie. Pour lui, ce qui s’est déroulé de la bourse du travail à la place de la nation n’est pas une manifestation. C’est un défilé, dit-il.

D’après lui, chaque année, l’Union des syndicats du Tchad demande la place de la nation pour célébrer la fête internationale du travail, mais le gouvernement trouve toujours des alibis pour les refuser l’endroit. « La place de la nation est un lieu de cérémonie pour tout le monde. Raison pour laquelle nous avons décidé de célébrer cette journée à la place de la nation. Il n’avait pas d’autres calculs sur cet endroit », indique le SG de l’UST.

Gounoung Vaima Gan-faré affirme qu’ils ont décalé la fête du 1er mai 2021 à cause du deuil national du Maréchal Idriss Deby Itno. « Le 20 avril 2021, nous avons déclenché un deuil national de 14 jours. Ce deuil national a pris fin le 4 mai 2021. Donc, nous avons préféré le décaler pour le 4 juillet », précise-t-il.

Toujours selon lui, la fête internationale du travail est l’occasion pour les travailleurs de s’exprimer, de discuter ensemble parce que durant toute l’année, ils sont confinés au bureau et ils ne se côtoient pas. « Nous n’avons pas pu fêter le 1er mai de 2020 à cause de la Covid-19. Mais cette année, nous avons voulu donner l’occasion aux travailleurs et travailleuses de l’UST de s’exprimer, de se défouler à travers cette célébration en différé ».

M. Vaima Gan-faré souligne que chaque année, l’État subventionne cette fête, mais pour cette année, l’UST l’a organisé sur ses propres fonds. « Le message que nous voudrions envoyer à travers cette célébration est de faire comprendre à l’opinion nationale et internationale les conditions de travail et de dénoncer les maux qui minent le milieu syndical. C’est aussi une manière pour l’UST de dire au gouvernement de bien se comporter », dit-il.

Rappelons que lors du défilé des travailleurs, les lauréats des écoles professionnelles appelés diplômés sans emploi se sont joints à la marche. Les forces de l’ordre ne sont pas fait prier pour asperger la foule des marcheurs de gaz lacrymogène. Il y a eu selon les organisateurs 4 blessés et un cas d’évanouissement.

Allarassem Djimrangar

Les dates de composition du brevet d’étude fondamental (BEF) sont encore modifiées. C’est pour la deuxième fois que le calendrier subit des modifications.

Raison évoquée par le directeur général du ministère de l’Éducation, Mahamat Seid Farah, la coïncidence de la date du début du déroulement du BEF avec celle de la fête Aïd Fitr (Tabaski).

D’après le communiqué publié le 1er juillet, les dates du déroulement sont ainsi modifiées : les épreuves de l’Éducation physique et sportive (EPS) et les  épreuves orales dérouleront du 12 au 16 juillet 2021. Et les épreuves écrites dans les deux langues nationales (français et arabe)  du 21 au 24 juillet 2021.

D’après le directeur général du ministère de l’Éducation, Mahamat Seid Farah, les délégués provinciaux et les inspecteurs départementaux de l’Éducation nationale, les directeurs des établissements scolaires et les parents des candidats sont tenus de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la réussite de l’organisation de l’examen du BEF, session de juillet 2021.

Rappel, c’est pour la deuxième fois que le calendrier du BEF est modifié. Le premier calendrier a prévu le déroulement de cet examen du 9 au 19 août 2021 pour ramener du 19 au 28 juillet. Le deuxième a encore modifié les dates pour ramener la composition du 12 au 24  juillet en raison de la fête de Tabaski.

Orthom L’Or

Amina Ehemir Torna, ministre des Affaires foncières du développement de l’Habitat et de l’Urbanisme, a tenu un point de presse ce 1 juillet dans son cabinet, à Ndjari, dans le 8e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne. Elle explique les raisons du bras de fer engagé par son département contre les magistrats. Il s’agit, selon elle, d’une procédure judiciaire enclenchée dans son ministère qu’elle a trouvé non respectueuse de la procédure.

« Je voudrais juste rappeler que nous sommes dans un État de droit qui affirme une séparation de pouvoir entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire. Ceci impose le respect des procédures lorsqu’il s’agit de communication et de partages de données entre les deux pouvoirs », dit Mme Amina Ehemir Torna, ministre des Affaires foncières du développement de l’Habitat et de l’Urbanisme. D’après elle, les informations relatives au règlement des conflits fonciers ne sont extraites et fournies qu’à titre personnel par des agents en respectant les procédures. « Alerter à plusieurs reprises, j’ai constaté au cours d’une visite inopinée le 22 juin dernier, la présence des membres de la première chambre du Tribunal de N’Djamena dans un bureau de la direction des cadastres. L’agent dans ce bureau n’a pas été instruit et ne disposait donc d’aucune prérogative pour fournir un quelconque renseignement », rappelle la ministre. Elle rajoute qu’elle a voulu s’assurer que cette descente respecte les procédures en la matière. « Après avoir entendu l’identité des visiteurs, je demandais l’acte qui leur permettait de consulter les informations qu’ils sollicitaient », explique-t-elle.

Amina Ehemir Torna, dit être juriste à la base, et à sa connaissance, pour chaque descente, un écrit est adressé au ministère. Ou alors se sont les magistrats qui se présentent directement avec un mandat. « Aucun document n’a été présenté malheureusement. En l’absence de document formel, j’ai jugé utile que cela soit réglé entre institutions. Cela n’était en aucun cas une intention d’outrage ni d’enfreindre une procédure judiciaire » précise-t-elle.  Pour la ministre, compte tenu de la sensibilité et du caractère confidentiel, les informations de la base de données de cadastres doivent être fournies si besoin y ait de manière fiable, officielle et certifiée par les services compétents. Elle note que la position du gouvernement à travers sa personne c’est d’entretenir une collaboration permanente et étroite dans le travail avec le corps judiciaire parce qu’il en va du bien-être des concitoyens tchadiens.

Pour Amina Ehemir Torna, son département est un ministère transversal. Le MAFDHU s’occupe de l’organisation, des occupations des sols et de leur répartition équitable afin d’assurer une gestion efficace des questions liées à la propriété foncière. « Nul n’ignore que les affaires foncières constituent 80% de conflits à la justice. Depuis ma prise de service à la tête du MAFDHU, parmi mes préoccupations premières, fut celle d’identifier les types de conflits, les procédures employées, le fondement juridique et bien entendu, les services compétents en charge de donner ou éclairer toute partie intéressée à la résolution objective de ces conflits », affirme la ministre. Elle rajoute que, par cette démarche scientifique, elle veut impliquer tous les acteurs dans la recherche des solutions à un problème qui est commun à tous les Tchadiens.

Le système judiciaire dans son ensemble incluant les magistrats est un partenaire indispensable dans le règlement des conflits fonciers, souligne la ministre. « Une absence de collaboration entre le MAFDHU et le corps judiciaire serait une porte ouverte à tous les conflits fonciers dont les conséquences seront énormes. Il m’importe donc qu’une collaboration permanente et réglementée puisse exister entre les tribunaux et les services techniques ».

Moyalbaye Nadjasna

Faits divers - Un étudiant de l’université privée HEC-Tchad a été blessé par balle par son condisciple. L’incident s’est produit ce lundi 28 juin. 

Version 1 : Les faits se sont déroulés vers 9 heures à l’université privée HEC-Tchad. Un étudiant en 1re année de Droit a été blessé par balle par son condisciple. « On était en plein cours », rapporte un témoin, présent dans la salle au moment des faits. Et d’après lui, les choses se sont déroulées très vite qu’il ne sait pas quel est le mobile de cet acte. « Soudain celui qui expose dégaine une arme à feu et tire sur son condisciple qui était assis », raconte-t-il. Panique générale. Le tireur en profite pour disparaître dans la nature. La victime, blessée à la jambe, a été conduite à l’hôpital pour des soins. Les cours sont suspendus et les étudiants libérés. Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux on voit un jeune probablement la victime sautiller sur une jambe. L’autre pied semble saigner abondamment.

Version 2 : Il semblerait que le tireur a fait un exposé hier. Il a été filmé à son insu par son collègue qui par la suite a publié la vidéo dans un groupe et sur les réseaux sociaux (RS). Le tireur s’est fait moquer copieusement par ses amis et les RS. Il n’a pas pu supporter l’humiliation subie. Il a décidé de se faire justice. Il s’est présenté ce matin à l’établissement, en recherchant la victime, avec la ferme intention de se venger. Dès qu’il a croisé son condisciple, il a dégainé lui tirant à bout portant sur les pieds.

D’après les témoins, il n’y a pas de fouille à l’entrée de leur institution. Sinon ce incident allait être évité en plein cours, dit-il. C’est le premier cas, depuis le début de l’année académique 2020-2021, ajoute-t-il.

Pour avoir tenté de photographier la façade principale de l’université, notre reporter a été pris à partie par les étudiants. La Police, présente sur les lieux, l’a très vite secouru pour le mettre à l’abri.

Après leur tentative avortée de quitter le Tchad, les diplômés des écoles professionnelles en instance d’intégration sont déterminés. Ils ont passé une première nuit à la bourse de travail, en attendant les conclusions des négociations avec les autorités.

Ils ont voulu quitter le Tchad le 24 juin pour l’exil. Pour cause, le chômage qui les ronge depuis une dizaine d’années. Mais ils en ont été empêchés. D’abord par l’intervention des forces de l’ordre qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Ensuite par les autorités en charge de l’emploi et de l’éducation qui ont préféré engager un dialogue dans l’immédiat.

Bourse de travail, 9heures. En petit nombre des diplômés étaient en concertation. Ils ont passé la nuit sur place. « Nous sommes déterminés », lance un mécontent qui rangeait son couchage.  « La nuit a été dure, mais ça fait longtemps qu’on souffre déjà. Donc je me suis sacrifié », dit-il.

Neuzilka Emmanuel est le porte-parole du collectif. Il a passé la nuit avec ses camarades à la bourse de travail. Il explique que la rencontre avec le ministre de la Fonction publique et l’équipe du Conseil national consultatif de la jeunesse n’a pas encore donné des résultats probants. « Le ministre a reconnu que notre lutte est légale et légitime », rapporte-t-il. D’après le porte-parole du collectif, le ministre a indiqué que la situation qu’ils vivent est due à celle délétère du pays. « Mais il nous a rassuré qu’il va transmettre nos réclamations aux plus hautes autorités aujourd’hui», a affirmé Neuzilka Emmanuel. Le collectif leur intégration dans les plus brefs délais à la Fonction publique.

Comme consignes, le Bureau Exécutif du collectif a demandé aux membres de rentrer en attendant les conclusions de la rencontre du ministre de la Fonction publique avec les autorités de la transition. Toutefois, le mot d’ordre est maintenu : « en cas de non-satisfaction, nous allons partir », insiste Neuzilka Emmanuel. Le compte-rendu de la rencontre entre les membres du gouvernement est attendu instamment.

Il faut le rappeler, ces diplômés en instance d’intégration sont sortis des écoles professionnelles de l’État qui sont l’ENIB, ENS et DIPES. Ils comptent entre 10 et 15 ans de chômage après leur formation. Leur démarche pour l’intégration n’ayant pas donné des résultats escomptés, ils ont tenté de quitter le Tchad ce 24 juin pour l’exil.

Christian Allahadjim

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