jeudi 19 mai 2022

L’Office national de la sécurité routière (ONASER) en collaboration avec des organisations citoyennes entame la dernière manche de la campagne de sensibilisation des usagers de la route ce 19 mai 2022 à N’Djamena, Tchad. Une opération relative à la semaine mondiale des Nations unies pour la sécurité routière lancée le 17 mai dernier par la ministre tchadienne de transport. Reportage.

La caravane de sensibilisation de l’office national de la sécurité routière (ONASER) s’est immobilisé ce matin en face de l’échangeur de Diguel, derrière, le palais du 15-janvier. Jeunes filles et jeunes hommes tenaient en main des pancartes avec des messages spécifiques. Selon Moustapha Younouss, responsable d’une ONG citoyenne sans frontière, ils font cette sensibilisation dans le cadre de la semaine mondiale des Nations Unies sur la sécurité routière. « Nous sommes trois organisations de la société civile constituées, à notre tête ONASER. C’est une campagne de mobilisation et de sensibilisation contre les mauvaises pratiques causes de l’insécurité routière. Nous avons commencé depuis le 17 mai aujourd’hui, cela fait déjà 3 jours et c’est déjà la fin de la campagne », dit-il. D’après lui, les messages forts de cette sensibilisation visent : le téléphone au volant, l’excès de vitesse, l’alcool et la conduite, le non-respect du Code de la route, la non-maîtrise du volant, etc. À son avis, les gens ignorent que les accidents font beaucoup de morts au Tchad. Aujourd’hui, dit-il, les regards sont tournés vers le VIH-Sida, le coronavirus, mais les accidents endeuillent plus les familles au Tchad. M. Moustapha demande aux usagers de la route de prendre conscience et d’être responsables dans la conduite. Il souligne également que les parents ne laissent pas leurs enfants mineurs conduire. C’est un risque pour eux et les autres usagers de la route.

Pour M. Moustapha Younouss, un autre phénomène est a relevé. Il évoque l’attroupement autour d’un accidenté. « C’est une mauvaise manière de faire. Certains vont faire même de selfie avec les accidentés. C’est bien dommage, l’important à mon avis c’est de lui apporter les premiers secours. Il faut récupérer l’accidenté de la voie et bien le placer. Vérifier s’il n’a pas de choc grave ou de traumatisme. Si possible dépêcher l’accidenté et l’amener dans un centre de santé le plus proche », recommande M. Moustapha aux usagers de la route. L’insécurité routière au Tchad est réelle et quotidienne, affirme-t-il. L’agent sensibilisateur déplore que la population soit chaque jour en danger.

Lors de sa déclaration le 17 mai dernier, Fatimé Goukouni W. ministre tchadienne de Transports, dévoilé le thème national qui est « Comportement responsable sur la route ». Selon elle, « la route tue et elle le fait sans pitié ». Pour sous-tendre l’affirmation de la ministre, un célèbre artiste africain a rapporté, « La route ne tue pas, mais c’est nous qui tuons. Soyez prudents tous les jours. » Selon la ministre, le bilan montre que les accidents de circulation au Tchad font plus de 3000 morts en moyenne par an soit, 79% de personnes de moins de 30 ans. Chacun doit jouer le rôle qui est le sien pour préserver la vie de nos concitoyens, a dit Mme Fatimé Goukouni.

Moyalbaye Nadjasna

Suite à l’arrestation de leur camarade Gounoung Vaima Gan-Faré secrétaire général de l’UST (Union des Syndicats du Tchad) menace de se retirer de l’accord triennal signé entre le gouvernement de transition et les différentes centrales syndicales le 04 octobre 2021. Ce 19 mai, le ministre de la Fonction publique a reçu en audience le président de l’UST Barka Michel et son vice-président Younouss Mahadir. Les deux parties ont discuté de la possibilité de prolonger le préavis de grève lancée par l’UST. Reportage.

L’UST indique dans un communiqué de presse que les conseillers nationaux demandent à la centrale syndicale de se retirer du pacte social triennal signé le 04 octobre 2021. Ce communiqué a fait réagir le ministre de la Fonction publique Brah Mahamat qui a tenu à rencontrer urgemment les leaders des centrales syndicales. Les leaders Barka Michel et Younouss Mahadir ont représenté l’UST à cette rencontre.

Au menu des échanges, négocier avec les leaders des syndicats pour le prolongement du préavis de grève de 6 jours lancé par l’UST. Selon les leaders des syndicats, le ministre de la Fonction publique et du dialogue social Brah Mahamat a tenté de négocier le prolongement du préavis. Pour sa part, le président de l’Union des Syndicats du Tchad affirme que rien ne peut se décider avant l’Assemblée générale (AG) de la centrale prévue pour le samedi 21 mai. « Nous avons dit clairement au ministre que chez nous, c’est la base qui décide et non les leaders. Alors qu’il nous laisse le temps de tenir notre Assemblée générale pour écouter ce que la base va décider et nous allons revenir vers lui. Sinon, on se prépare déjà à notre niveau à un service minimum dans les hôpitaux quand la grève sera lancé», a-t-il précisé. Il souligne également que le pacte social dit qu’il ne faut pas poser un acte qui mettra en cause la paix sociale. Mais l’arrestation de leur camarade Gounoung Vaima Gan-Faré viole les clauses et remet en cause la paix sociale dont parle le gouvernement de transition. Cependant, Barka Michel réitère la position de l’UST quant à son retrait des accords du pacte qui sont d’ailleurs violés à maintes reprises par le gouvernement.

L’UST exige la libération immédiate et sans condition des leaders détenus  arbitrairement et s’inquiète de la situation sanitaire et sécuritaire de ces derniers. L’union des syndicats du Tchad ajoute qu’il est inadmissible de faire porter la responsabilité des actes de vandalisme isolés perpétrés par des individus après la marche qui est encadrée par les services de sécurité. Il demande aux fédérations et syndicats de mobiliser leurs bases respectives pour d’éventuelles actions de grande envergure et appelle tous les militants à sortir massivement le samedi 21 mai pour prendre part à l’AG qui aura lieu à la bourse du travail.

Kouladoum Mireille Modestine

Six organisations, plateformes et coalitions ont signé jeudi à N’Djamena une déclaration en vue de la réussite du dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Ces organisations affirment leur volonté de participer au prochain DNIS, mais exigent une forte représentativité des forces vives de la nation. Les signataires de la déclaration pensent que le Conseil Militaire de  Transition (CMT), éloigne les forces vives du DNIS. Reportage.

Le GRA appel du 1er juin, Wakit Tama, le parti « Les démocrates », une Nation Pour Tous (UNPT), la COP, L’UTPC ont signé ce jeudi une déclaration commune en vue de la réussite du DNIS. Ces organisations politiques et de la société civile s’inquiètent de l’allure de la transition. Ils estiment que le CMT éloigne les forces vives d’un sincère dialogue devant sauver le pays.

Pour le porte-parole des signataires, Bédoumra Kordjé, le processus de dialogue engagé depuis plus de 12 mois par le CMT piétine. Selon lui, le refus persistant du PCMT de modifier la charte la transition, malgré les demandes pressantes et incessantes des forces vives de la nation et de la communauté internationale. Les signataires de la déclaration exigent la mise en place d’un organe paritaire comme un élément déterminant pour la réussite du dialogue. Bédoumra Kordjé demande qu’on mette en place un organe paritaire comprenant dans des proportions équilibrées, représentatives et acceptables des parties soutenants le CMT et les partis politiques et organisations de la société civile. Il souligne que la définition claire d’un agenda du DNIS est incontournable pour le succès de celui-ci. L’ancien ministre des Finances et du Budget rappelle que le dialogue national a pour objectif de permettre aux représentants de toutes les composantes de la nation tchadienne de croiser leurs idées sur les sujets essentiellement politiques qui les opposent afin de trouver un consensus. « Il est donc crucial de s’entendre avant le dialogue sur les sujets qui vont constituer l’agenda du dialogue », dit-il.

Il ressort de l’analyse et des échanges que cet agenda devra porter sur les deux grandes thématiques qui sont la refondation et la forme de l’État, les institutions et les textes y afférents. Le porte-parole des signataires de la déclaration pense que le DNIS doit se tenir dans les meilleurs délais et il est urgent de créer les conditions de sa réussite.

Les signataires appellent le PCMT à libérer les dirigeants syndicaux et de la société civile et tous les militants arrêtés lors de la marche pacifique de Wakit Tama le 14 mai dernier, afin d’apaiser l’atmosphère et de créer de conditions favorables au DNIS. Ils exhortent aussi le PCMT à entreprendre les actions requises pour satisfaire les exigences préalables indispensables à la réussite du DNIS. Ils demandent enfin à toutes les parties tchadiennes soucieuses du devenir de notre pays à adhérer aux propositions et à signer la déclaration afin de créer un large front permettant de tenir un DNIS qui sauve le Tchad.

Jules Doukoundjé

Au  lendemain de l’annonce de la grève des avocats, la rédaction de IalTchad Presse est allé ce 18 mai au Palais de Justice et à l’ordre des avocats pour constater que la grève est effective. Reportage.

Pour Me Laguerre Diomro Djerandi qui a annoncé que la grève qui a commencé ce mercredi 18 mai ira jusqu’à la libération de ces confrères membres du mouvement Wakit Tama. Pour lui ces arrestations, l’audition et la mise en mandat de dépôt ne sont pas conformes à la procédure pénale décrite dans des articles 435, 436, 437, 438, 439 du Code pénal. Selon lui tout ce dispositif est mis à l’écart. Pourtant l’opportunité de poursuite, la considération des avocats et la programmation des audiences ne sont pas respectées.  

Me Laguerre Diomro Djerandi exige la libération de toutes les personnes arrêtées. Il rappelle le caractère personnel de la faute en matière pénale, de la présomption d’innocence qui conduit à la détermination des éléments constitutifs et objectivement de la commission en infraction.

Un autre avocat, Me Idriss Mahamat, affirme que la grève qu’ils observent présentement ce que, l’avocat c’est d’abord un acteur judiciaire dont les activités sont protégées par la loi 33. « Malheureusement dans le cas d’espèce nous avons constaté  que nos confrères sont enlevés avant d’être déférés et déposés à la maison d’arrêt, ce qui  est contraire à la loi ».

Le troisième Me Alladoum dit que la grève est effective. Et cette grève vise à contester la procédure qui a conduit leurs confrères  ainsi que d’autres personnes à la prison de Kléssoum. « Nous pensons que c’est manifeste sur quelle base que nos confrères vont être poursuivis ». La manifestation est autorisée, il est de la responsabilité du gouvernement de garantir l’exercice de droit à tous les citoyens. Pour Me Alladoum, la police devait prendre des mesures pour empêcher les casses, la personne qui doit être poursuivie pour ces casses c’est l’État. « On ne peut pas poursuivre les leaders des manifestants, ce n'est pas possible. Nous avons décidé de cesser les activités jusqu’à ce toutes les personnes arrêtées soient libre », peste l’avocat. 

Ousmane Bello Daoudou

Selon l’article 182 et suivant du Code de procédure pénale tchadienne, seuls les officiers de la police judiciaire doivent garder à vue une personne pour des besoins d’enquêtes. M. Taoka Bruno, Procureur général 1er substitut de la Cour d’Appel de N’Djamena a accordé un entretien à Ialtchad.  Il déplore que la garde à vue devienne une pratique dans toutes les unités de sécurité. Elle aboutit même à des jugements à l’insu du Procureur de la République. Entrevue éclairage sur la garde à vue.

Selon les dispositions de l’article 282 et suivant du code de la procédure pénale, un officier de la police judiciaire (PJ) agissant en enquête préliminaire en cas de flagrance ou sur commission rogatoire ne peut retenir une personne à sa disposition pour nécessité d’enquête au-delà de 48 heures. Passé ce délai, la personne est relâchée ou conduite devant le procureur ou devant le magistrat compétent. Le magistrat compétent est immédiatement informé par un officier de la PJ de tout placement en garde à vue. Le magistrat compétent peut autoriser pour un nouveau délai, de 48heures de prolongation de la garde à vue des personnes contre lesquelles, existaient des indices sérieux de culpabilité. L’autorisation donc est donnée par écrit après que le magistrat s’est assuré au besoin que personnellement, que la personne retenue n’a fait l’objet d’aucuns sévices. Cependant en matière d’enquête de flagrance, la prolongation de la garde à vue peut être accordée sans présentation. Sur instruction écrite ou téléphonique, les allégations téléphoniques ou écrites doivent être confirmées dans les 12heures.

La loi dit : il n’y a que les officiers de la police judiciaire. Autrement dit, ce n’est pas tout le monde. Ce n’est pas qu’on est une unité de force de l’ordre qu’on doit retenir des citoyens pour 48heures. Ou bien les détenir pour une à deux semaines. Malheureusement le constat est amer.

Aujourd’hui on a des citoyens qui sont gardés dans de petites unités, dans les locaux de police, chargée peut-être de maintien de l’ordre. Il n’y a que la police judiciaire qui garde les personnes pour les besoins d’enquête. Le procureur seul donne des instructions et l’officier de la police judiciaire prend sa disposition pour déposer la personne devant.

Exception au délai de la garde à vue

Une personne gardée à vue a le droit de rencontrer ses avocats, à l’alimentation, aux soins. C’est quelqu’un qui est seulement présumé coupable. Il n’a pas été condamné donc il jouit de tous ses droits. On ne doit pas lui administrer les coups et blessures.

En matière de terrorisme, le délai de garde à vue va au-delà, pratiquement 1 mois. En cas de corruption aussi le délai varie selon article 283 « pour les enquêtes, portant sur les infractions en matière de corruption, le délai assimilé prévoit au titre IV du livre II, le magistrat compétent peut accorder un troisième délai de 48heures pour la prolongation de la garde à vue. » Donc le délai de 48h qui est d’abord le principe, l’exception viendra lorsque le législateur l’édicte expressément ou autrement. En toute honnêteté, il y a tellement de bavures dans nos brigades, dans nos commissariats à assurer la sécurité publique. Bizarre lorsqu’on se rend là-bas, on s’indigne. On peut dire que tel est à la disposition de tel. Aujourd’hui vous allez constater qu’au commissariat central il y a des personnes qui sont aussi gardées. Or on ne peut que garder quelqu’un. On ne garde que quelqu’un pour des besoins d’enquête des faits qui sont susceptibles d’être portés devant le procureur qui qualifiera et l’orientera vers la chambre de tribunal où va l’orienter vers le cabinet d’instruction pour que cette affaire suive sa procédure normale.

On ne garde pas des citoyens au commissariat pour un jugement. Malheureusement la plupart de ceux qui sont gardés on leur impose le procès au commissariat. Ça peut être le commissaire lui-même ou des gens destinés pour juger. Et le plus souvent avec de fortes amendes. Et cela se passe à l’insu du Procureur de la République (PR). Normalement le PR a aussi un rôle important qui est le contrôle des violeurs de la loi. En principe on doit effectuer de contrôle inopinés pour desceller ces genres de choses qui frustrent pratiquement les droits de l’homme. Aujourd’hui, il y a des gens qui sont gardés 4 à 5 mois, mais il vous le dit après être libéré. Les cellules ou les violons sont transformés en maison d’arrêt.

C’est le procureur seul qui va qualifier et orienter l’affaire vers la chambre de tribunal où vers le cabinet d’instruction pour une procédure normale. Il regrette que beaucoup de choses se passent à l’insu du Procureur de la République dans les unités de sécurité. Pour lui, le PR a aussi un rôle important du contrôle des violeurs de la loi. « En principe on doit effectuer de contrôle inopinés pour desceller ces genres de choses qui frustrent les droits de l’homme. Les cellules ou les violons sont transformés en maison d’arrêt », conclut le 1er substitut.

Moyalbaye Nadjasna

Plusieurs personnes ont été interpellées par la police judiciaire suite à la manifestation du samedi, 14 mai 2022. Entre les 16 et 17 mai 2022, quelques leaders de la société civile qui ont marché ont été aussi arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Klessoum à N’Djamena, la capitale tchadienne. Des réactions ne se sont pas fait attendre. Reportage.

Ce 17 mai 2022, à l'issue d'une assemblée générale extraordinaire organisée au Palais de justice de N'Djaména les avocats ont décidé de cesser toutes les activités. Ils arrêtent le travail jusqu'au 6 juin 2022, date fixée pour juger leurs deux collègues Me Max Loalngar et Me Koudé Mbainaïssem et les autres leaders, arrêtés hier et aujourd'hui. 

Selon Moussa Wade Djibrine, procureur de la République près le tribunal de grande instance de N'Djamena, les détenus ont été inculpés d'attroupement ayant causé des troubles à l'ordre public, atteinte à l'intégrité corporelle de personnes, incendie et destruction de biens. Me Adoum Mahamat Boukar, président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) soutient que la LTDH condamne l’arrestation des leaders de la société civile. La LTDH, dit-il, exige leur libération immédiate et sans condition, car c’est une marche autorisée. « Les actes de vandalisme constatés çà et là sont la défaillance de la police. Les initiateurs de la marche se sont bien comportés sur l’itinéraire et il n’y a aucun dégât. Et cela ne peut pas être imputé aux leaders de la société civile. Le maintien de l’ordre relève de la mission régalienne de l’État. On ne peut pas demander aux initiateurs de marche d’assurer la sécurité. Mais c’est aux forces de l’ordre d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens », confie le président de la LTDH.

Selon Ngartoïdé Blaise, secrétaire général du syndicat des enseignants du Tchad (SET), ces arrestations sont arbitraires. « Elles sont sans fondements lorsqu'une marche est autorisée et cadrée par la police. Ce que nos gouvernants doivent comprendre c'est que nous avons vécu il y a 30 ans ne peut plus se répéter. Les Tchadiens sont de matures », assure-t-il. A son avis, ces actes de vandalisme dont ils font allusion ne proviennent pas des marcheurs de Wakit TAMMA. « Ces actes sont produits de façon inattendue et par ceux qu'ils connaissent bien. De gré ou de force, ils libéreront ceux qu'ils ont arrêtés innocemment pour éviter qu'on arrive au pire de cas », martèle le SG du SET national. 

Dans un communiqué de presse, le Front pour l’alternance et le changement au Tchad (FACT) dit condamné l'arrestation, illégale, des manifestants et exige leur libération immédiate et sans condition. Les autres leaders arrêtés sont, Gounoung Vaima Gan-Faré, secrétaire général de l'Union des Syndicats du Tchad, Youssouf Korom Ahmat, secrétaire général du Syndicat des commerçants fournisseurs tchadiens, Massar Hissène Massar, président du Rassemblement des Cadres de la société civile, et Allamine Adoudou Khatir, ancien ambassadeur.

Moyalbaye Nadjasna

Le réseau des journalistes reporters tchadiens (RJRT), en partenariat avec National Endowment for Democraty (NED) a organisé un atelier de formation des responsables des rédactions des médias publics et privés sur la couverture médiatique de la transition. Cette rencontre de 2 jours a pour objectif de renforcer la capacité des médias à booster la participation citoyenne à la transition politique au Tchad. Reportage.

Pour booster la participation des citoyens à la transition en cours, le réseau des journalistes reporters tchadiens(RJRT), en partenariat avec National Endowment for Democraty (NED) organise un atelier de renforcement de capacité des responsables des médias publics et privés. Pendant deux les responsables de ces médias vont échanger sur les voies et moyens pour encourager les citoyens tchadiens à participer pleinement au processus de la transition en cours.

Pour le président de l’Union des journalistes du Tchad (UJT) Abbas Mahamoud Tahir l’organisation de cette formation répond à un objectif impératif : celui de renforcer les compétences des responsables des médias chargés de décider du contenu et de la publication d’une information. Selon lui, l’un des résultats attendus, est d’assurer une organisation et un management optimal des rédactions respectives, en serrant au plus près la question de l’éthique et de la déontologie du journaliste, dans le traitement et la publication des informations en période de transition. Le président de l’UJT souligne que le Tchad, à l’instar des pays de la sous-région très instables en termes institutionnel, sécuritaire, social et politiques, cherche la voie qui est la sienne. Il rappelle que la transition militaire, intervenue à la mort de l’ancien président Idriss Deby en Avril 2020, est l’une des étapes majeures devant emmener les tchadiens de tous les bords politiques à asseoir le fondement de la République et de promouvoir les valeurs républicaines pour restaurer la stabilité et, partant enclencher la marche résolue vers le développement. « Vous conviendrez certainement avec moi, que cette phase que les tchadiens souhaitent de décisive, porte en elle assez des questions susceptibles de mettre en branle l’élan, si l’on n’y porte pas attention, de la voie de sortie de la crise par les autorités publiques » dit le président de l’UJT. Pour cela, dit-il, les journalistes tchadiens, du public ou du privé, ont l’impérieux devoir d’apporter des informations vérifiées pour réduire, voire contenir significativement ces tensions sociales et politiques.

Dans son allocution, le secrétaire exécutif du réseau des journalistes reporters tchadiens (RJRT), Leubnoudji Tah Nathan, affirme que cette activité fait suite à celle que le RJRT a organisé l’année dernière qui consistait à la promotion de la liberté de presse et d’opinion, mais aussi de l’engagement civique au Tchad. Pour l’objectif de cette rencontre avec les responsables des médias publics et privés est de booster une participation citoyenne. Selon lui, la transition en cours met en prise plusieurs acteurs politiques, tels que les partis politiques, les acteurs et activistes de la société civile et les politico-militaires. Le secrétaire exécutif du TJRT soutient que dans cette bataille sans merci, il arrive que les médias oublient le détenteur du pouvoir qui est le citoyen. C’est cet optique, ajoute Leubnoudji, il faudrait amener le dépositaire du pouvoir qui est le citoyen à savoir quel rôle il doit jouer objectivement et positivement pour qu’au bout de cette transition qui doit amener à un retour à l’ordre constitutionnel. Pour cela ni les acteurs politiques, c’est-à-dire ceux qui cherchent à conquérir et à conserver le pouvoir, ni les politico-militaires qui cherchent de par voies diverses à arriver au pouvoir. Il souhaite que la population s’engage et soit au centre des décisions et au centre de ce qui doit être fait. « Et pour cela, les professionnels des médias puissent jouer pleinement leur rôle eux-aussi acteurs politiques » explique-t-il.

Jules Doukoundjé  

Le monde célèbre du 17 au 23 mai 2022  la semaine mondiale pour la sécurité routière placée sous « la gestion de la vitesse, en particulier les zones de 30km/h dans les villes et autres zones où les piétons et cyclistes se mêlent à la circulation ». Reportage.

Comme le reste des pays, le Tchad célèbre également la semaine mondiale pour la sécurité routière. Elle est placée sous le thème « comportement responsable sur la route ». Depuis le début de cette année, plusieurs accidents ont été enregistrés,  endeuillés des familles, des blessés graves ainsi que d’importantes pertes matérielles.

Pour Aidigne Mako, Chef de service transport urbain et circulation routière de la Commune de N’Djamena, les accidents routiers sont la plupart causés par la maladresse, l’imprudence des conducteurs, l’état d’ivresse au volant et l’excès de vitesse. Il ajoute, pour assurer la sécurité routière, des efforts considérables ont été et continus d’être faites par la Commune de N’Djamena afin que la population circule en toute quiétude, « des campagnes de sensibilisation sur le Code de la route ont été faites et des panneaux de signalisation sont en train d’être installés afin de réduire le risque d’accident » dit-il.

Pour la ministre des Transports et de la Sécurité routière, Fatimé Goukouni Weddeye les accidents sur la voie routière sont dus le plus souvent à l’excès de vitesse, à l’alcool, aux stupéfiants, à la somnolence, à la dégradation des routes et à l’usage de téléphone. La majorité des accidents est liée à des erreurs humaines et au non-respect du Code de la route qui a fait au total 3000 morts en moyenne par an dont 79% ont moins de 30 ans. Elle affirme que les accidents de la route entraînent d’énormes pertes économiques pour les victimes, leurs familles et le pays dans son ensemble. « Au Tchad, les pertes annuelles s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de FCFA », affirme-t-elle.

Mme Fatimé Goukouni Weddeye confirme que la situation des accidents de la route demeure un défi pour le gouvernement à travers le Ministère des Transports et de la Sécurité routière ainsi qu’aux usagers de la route. Elle rappelle également que l’État et ses partenaires investissent de moyens colossaux dans la construction des infrastructures de transport. Elle appelle les usagers au respect strict du Code de la route en limitant l’excès de vitesse et à ne pas conduire en état d’ivresse, car « la sécurité routière, c’est l’affaire de tous. Soyons responsable » dit-elle.

Il faut le rappeler, plusieurs thèmes seront abordés durant la semaine mondiale pour la sécurité routière au Tchad. À savoir : l’usage de téléphone au volant, l’excès de vitesse, la conduite sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants, l’état des véhicules et enfin les bonnes pratiques.

Ousmane Bello Daoudou
Abderamane Moussa Amadaye

La marche pacifique organisée par la plateforme des organisations de la société civile Wakit Tama le samedi dernier contre la présence et les intérêts de la France au Tchad a dégénéré. Des manifestants ont vandalisé certaines stations-service du groupe français Totale à N’Djamena, capitale tchadienne. Ces actes de vandalisme ont contraint les responsables de la multinationale à fermer boutique. Une fermeture interprétée de différentes manières. Reportage.

La manifestation contre la présence militaire française et les intérêts français au Tchad le samedi 14 mai dernier a laissé des traces. Plusieurs N’Djamenois étaient sortis massivement dénoncer l’ingérence française dans les affaires tchadiennes et surtout le départ de l’armée française au Tchad. En furie, certains manifestants ont vandalisé certaines stations pompages de la multinationale française Totale de la capitale. Ces actes de vandalisme ont poussé les responsables de Totale Tchad à fermer toutes les stations de la Ville de N’Djamena. Pour protéger ces stations, les autorités ont mobilisé les forces de l’ordre qui ont quadrillé ces stations-service.

Au sujet de la fermeture des stations, beaucoup de Tchadiens n’ont pas les mêmes points de vue.  Les uns encouragent une marche pacifique contre la présence française au Tchad, d’autres, par contre soutiennent certains marcheurs qui ont vandalisé les stations.

Pour Fatimé Nour, étudiante en 3e année à la faculté de science de la santé humaine de N’Djamena, il est normal que les Tchadiens manifestent contre la présence de l’armée française au Tchad. La jeune étudiante soutient qu’il est logique que les gens demandent le départ de l’ancienne puissance colonisatrice, mais vandaliser les intérêts français tels que les casses des stations dans certains quartiers de la capitale est inadmissible. Selon elle, même si Totale appartient à la France, elle est au Tchad et elle sert les Tchadiens. Fatimé Nour ajoute que cette fermeture va certainement causer du chômage de centaines d’employés tchadiens. Abondant dans le même sens Georges Nguéma, informaticien souligne que manifester contre l’ingérence de la France dans les affaires est à soutenir, mais faire de la casse dans les stations est à son avis une déviance qu’il faut condamner. L’informaticien qui a fait une partie de ses études en France dit avoir compris la colère des marcheurs, mais souhaite qu’ils épargnent les intérêts français, car les premiers bénéficiaires sont des Tchadiens.

Même si Totale Tchad emploie de jeunes Tchadiens, elle est avant tout une entreprise française, rétorque Mahamat Ahmat Adoum, un conducteur de moto taxi, appelée communément « clandoman ». Pour ce conducteur de moto taxi, le Tchad n’est pas indépendant et c’est depuis plus de 60 ans que le pays est sous le contrôle français. Il attribue l’échec du système éducatif et sanitaire tchadien à la France, car, dit-il, c’est elle qui soutient depuis des années nos gouvernants qui ne font rien de bon. Dans la même veine Hassana Béchir, chauffeur de taxi exprime son ras-le-bol en disant que le départ de la France au Tchad ne doit pas faire l’objet d’une négociation, ils doivent quitter. Selon lui, il n’y a pas que les stations Totale à N’Djamena. Il y a aussi des hommes d’affaires tchadiens qui ont implanté plusieurs stations-service dans la capitale.

Pour avoir le point de vue sur les raisons de la fermeture des stations Totale, la rédaction ialtchad a contacté ce matin la direction générale de l’entreprise mais l’administration de l’entreprise n’a pas voulu répondre.

Plus tard en soirée, elle a organisé un point de presse pour faire le bilan de saccage et de pillage de 7 stations de services Total. « Les dégâts et le manque à gagner s’élèvent à plusieurs centaines de millions de francs CFA. Nous porterons plainte contre X afin d’identifier les auteurs et les complices de ces actes », a dit Almoktar Allahoury, directeur général de Total Énergies Marketting Tchad.

Il annonce que Total travaille avec les autorités tchadiennes pour rouvrir dès que les conditions sécuritaires seront remplies.

Jules Doukoundjé
Abderamane Moussa Amadaye

La manifestation contre l’installation des bases françaises commencée depuis le samedi 14 mai, continue jusqu’à ce jour. Dans les provinces précisément à Oum-Hadjer et Ati, les populations se sont levés pour manifester leur ras-le-bol contre la présence militaire française au Tchad. La manifestation a fini par des arrestations. Reportage.

À Oum-Hadjer chef-lieu du département du Batha-Est, les habitants ont suivi le mot d’ordre de la marche donné par la coalition des actions citoyennes Wakit Tama contre l’installation des bases militaires françaises au Tchad. Selon les organisateurs toutes les couches sociales sont sorties manifester. 9 manifestants ont été arrêtés et gardés au commissariat central d’Oum-Hadjer.

Rama Ibrahim Rama coordonnateur des associations des sociétés civiles du Batha affirme que les démarches sont entreprises auprès des autorités judiciaires pour leur libération. Bien avant cela, une vérification est faite dans les commissariats pour se rassurer de la détention des manifestants, a-t-il souligné.  Rama Ibrahim évoque les raisons qui ont poussé les autorités à arrêter ces manifestants. « Les autorités leur reprochent d’avoir cassé le véhicule de la garde nomade du Tchad et d’avoir manifesté sans demander une autorisation au préalable. Ce sont des citoyens de la localité qui ont manifestés et c’était un désordre total, raison pour laquelle les forces de l’ordre ont ciblé quelques-uns pour les mettre aux arrêts », explique-t-il.

Mêmes scènes de manifestation à Ati, chef-lieu de la province du Batha-Ouest. Ici, les jeunes s’organisent en petit groupe pour faire une manifestation sporadique. Les manifestants auraient pris en otage le commissariat central d’Ati. Quelques blessés sont à signaler du côté des manifestants. Le maire de la ville d’Ati Abdelkerim Abdallah indique que les autorités ont fait appel aux forces de l’ordre constituées de forces mixtes pour maintenir l’ordre dans la ville. Le calme est revenu cet après-midi, mais les manifestants ont promis reprendre avec la manifestation demain 17 mai.

Autre coin du pays, autre crise. À Danamadji dans le département de la grande Sido, province du Moyen-Chari, un conflit intercommunautaire a dégénéré dimanche 15 mai 2022. Selon des sources indépendantes, un commerçant aurait poignardé et tué un jeune homme. Le présumé assassin s’est réfugié à la brigade de Danamadji. Furieux, les parents de la victime se sont rendus à la brigade pour l’extirper de la prison et le tuer. Ne cautionnant pas cet acte, le commissaire à tirer quelques coups de somation avant d’être attaqué et blessé. Les forces de l’ordre ont réagi tuant 8 assaillants. Selon plusieurs sources, on dénombre beaucoup des blessés graves admis à l’hôpital de Sarh. Depuis la semaine passée, le pays vit au rythme des marches, des manifestations et des conflits intercommunautaires.

Kouladoum Mireille Modestine
Ousmane Bello Daoudou  

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