samedi 22 janvier 2022

Reportage

Reportage (520)

Il y a 72 heures, le Conseil militaire de la transition(CMT) dirigé par Mahamat Idriss Deby, a amnistié une vingtaine de rebelles et opposants tchadiens incarcérés à la maison d’arrêt de Klessoum, à N’Djamena la capitale tchadienne. Raison évoquée, permettre la participation des groupes armés au dialogue national, prévu le 15 février prochain. Le président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l’homme(LTDH) dénonce un traitement sélectif et discriminatoire. Selon le Coordonnateur et porte-parole de la plateforme, Convergences des organisations politiques(COP), c’est un « faire semblant de prendre le chemin de la paix. » Reportage.

Me Boukar Adoum, président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l’homme(LTDH) considère la libération des prisonniers de guerre et prisonniers politiques détenus, depuis 2018 par le Conseil militaire de la transition(CMT) de pas positif. Seulement déplore-t-il que la loi d’amnistie ne concerne que quelque 200 personnes. Il soutient qu’une frange importante des prisonniers de guerre n’est pas concernée par cette loi. « Si on veut aller au dialogue, c’est pour éponger tous les problèmes du pays. Donc on doit libérer tous les prisonniers de guerre qui se trouvent dans la même situation. Cette amnistie est sélective. Nous exigeons à ce que tous les prisonniers de guerre, de délits d’opinions soient aussi mis en liberté avant qu’on aille au dialogue ».

Selon lui, lorsqu’on gracie une partie et on laisse une autre en détention, cela veut dire que le problème n’est pas totalement réglé. « Je ne suis pas d’accord parce que tous les rebelles sont arrêtés pour être responsables de la mort de quelqu’un. Le chef de l’État c’est un soldat qui est mort aussi au combat de la même manière que les autres soldats tchadiens tombés aux fronts », dit le président par intérim de la LTDH. Il estime que si on veut régler le problème du Tchad, on doit le faire définitivement. Il propose que tous les prisonniers de guerre sans exception et sans discrimination soient libérés. Me Boukar assure que cette libération partielle risque de créer des frustrés et des mécontents. « L’amnistie c’est un pardon légal, un traitement sélectif et discriminatoire ne peut pas favoriser la bonne tenue du dialogue ».

Pour M. Salibou Garba, Coordonnateur et porte-parole de la plateforme, Convergences des organisations politiques(COP), « on ne doit pas faire semblant de prendre le chemin de la paix. »

Le garde des Sceaux Mahamat Ahmat Alhabo a dit le lundi dernier à Kléssoum que l’amnistie est un acte de pardon. C’est un gage de rétablissement de confiance entre les fils du Tchad et la paix sociale tant réclamée, a-t-il ajouté. « Sur les 44 détenus concernés par la loi 7, 22 ont été identifiés comme étant présents à la maison d'arrêt et de correction de Kléssoum. Par conséquent, ils bénéficieront des effets de cette loi. 44 divisé par 2 faits 22. Cela signifie que 22 ne sont pas présents aujourd'hui. Ils se sont certainement échappés de cette prison », a précisé Ahmat Alhabo. Il faut rappeler que l’amnistie est l'une des exigences des principaux groupes rebelles pour venir à la table des négociations à l'invitation du président Mahamat Idriss Déby Itno. Sont concernés « 39 personnes condamnées pour des faits d'atteinte à l'intégrité de l'État et de délits d'opinion » et « 257 membres » des groupes armés, détenus et jugés notamment pour « terrorisme » après une offensive de l'Union des forces de la résistance (UFR) en 2019, qui visait à renverser le président Deby.

Selon le ministre de la Justice, cette loi ne concerne pas les prisonniers de guerre de 2020 et les membres de la rébellion du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact).

Moyalbaye Nadjasna

Les autorités de la mairie centrale et celles de la commune du 9e, sortie sud de la capitale N’Djamena ont démoli la gare automobile située dans la forêt de Walia « barrière ».  Les responsables de cette gare dénonce et accusent les autorités communales de trop en faire et qualifient l’opération d’acte contre développement. Reportage.

Selon les témoins rencontrés sur place, les agents de sécurité publique composée de la police nationale, de la gendarmerie et les gardes nomades ont encerclé tôt, vers 6 heures du matin la forêt de Walia, situé à la sortie sud de la capitale tchadienne. Et à 8 heures, les tractopelles sont entrées en action en démolissant la gare routière et les installations environnantes. Cette démolition s’inscrit dans le cadre du ratissage des occupations anarchiques et illégales des espaces publics.

Pour le délégué de la commune du 9e arrondissement, Kélo Agnim, l’autorisation d’exploitation de cet espace est d’une année renouvelable et la Mairie a été claire, s’il y a quelque chose l’endroit sera évacué sans aucune difficulté. Selon le délégué, vu la nature de cette autorisation, les exploitants du lieu devraient faire attention à ne pas faire de gros investissements. À propos d’un éventuel dédommagement, M. Kilo Agnim souligne que ce n’est pas lui qui décide, mais les instructions viennent d’en haut.

Le colonel Djimet Bagaou, président du parti démocratique du Peuple tchadien (PDPT) et l’un de promoteur de cette agence de voyages balaie ces allégations du revers de la main. Il affirme que lui et ses associés ont mené des démarches auprès des autorités communales pour obtenir une autorisation d’occupation provisoire de cet espace public. L’homme politique affirme qu’ils ont même payé des taxes foncières à l’État. À son avis, l’acte posé par les autorités communales est une violation des droits de l’homme. Djimet Bagaou estime que la démolition de la gare routière crée de soucis aux propriétaires des agences de voyages. Selon le conseiller national, il y a une catégorie des Tchadiens qui continuent de maintenir une franche de la population dans la pauvreté. « C’est légalement que nous sommes allés nous installer avec les documents juridiques d’une entreprise et associés », dit-il. Pour lui, dans le 9e, il n’y a pas une agence de voyages et c’est dans le souci de réduire la peine des habitants qui traversent le fleuve pour aller dans une agence de voyages. Au sujet du délai d’un an dont faisait allusion le délégué du 9e, il précise qu’ils ont reçu l’autorisation d’exploiter l’espace qu’en septembre dernier. Pour l’officier, ce sont les propriétaires des agences de voyages qui sont en ville qui on fait des manigances et les autorités ont accepté de jouer leur jeu. Il qualifie cet acte de concurrence déloyale qui ne saurait être toléré.

En démolissant cette gare, dit-il, ce sont plus de 150 millions de FCFA d’investissement qui viennent d’être détruits par les autorités communales. « Quand nous avions entamé les travaux, on aurait pu nous arrêter, mais les autorités ne l’ont pas fait jusqu’à ce que nous ayons engagé des dépenses énormes avant de venir détruire », regrette-t-il.

Sur la question d’insécurité avancée par les autorités communales, Djimet Bagaou dit que grâce à l’installation de la gare automobile, le nombre d’agressions a drastiquement diminué à cause des installations des panneaux solaires.

Jules Doukoundjé

 

Les étudiants de l’université de Toukra et les élèves du lycée officiel de Walia se sont affrontés lors des revendications, lundi 18 janvier. Les étudiants, eux revendiquaient l’insuffisance de bus de transport. Les élèves réclamaient des professeurs scientifiques en grève pour rattraper leurs heures perdues. Ces revendications ont dégénéré en affrontement entre les étudiants de l’Université de Toukra et les élèves du Lycée de Walia. Bilan : bus d’étudiants endommagés et l’administration du lycée de Walia saccagée. Le campus de Toukra est fermé du 21 au 25 janvier. Reportage. 

Le SG de l’Unet (Union nationale des étudiants tchadiens) section de N’Djamena, Yaya Barkhai Issa, affirme que le problème a commencé le 18 janvier. Selon lui, l’axe de N’guéli n’a pas un bus fixe, ce qui a conduit les étudiants habitant sur ce trajet à barricader la route. Ils revendiquaient un bus spécial pour leur axe. M. Yaya Barkhai soutient que pour la ville de N’Djamena ,le centre national des œuvres universitaires (CNOU) leur a mis seulement 9 bus à leur disposition. Or dit-il, l’Unet section de N’Djamena en a demandé 20 bus proportionnellement au nombre des étudiants, signifie le SG de l’Unet. « Aujourd’hui nous sommes 32000 étudiants, avec de nouveaux recrûs on estime être à 40 000 étudiants. Ils nous ont dit que 6 bus sont garés qu’ils vont mettre à la disposition de l’Université de Ndjamena. Jusque-là ils traînent alors que le besoin est pressant ».

L’Unet dit suivre cette affaire de près. Et est étonné par quelle alchimie hier, 19 janvier, les élèves du lycée de Walia se sont retrouvés devant la grande voie cailloux et bâtons en main. « Ils ont cassé quatre bus d’étudiants, deux hier et deux autres aujourd’hui. Alors que c’est un problème qui ne les concerne pas. Il semble qu’ils revendiquent les enseignants scientifiques en grève. Ils auraient dû se concentrer sur leurs revendications », lance-t-il. Yaya Barkhai affirme que le staff de l’Unet s’est rendu à Toukra tenir une réunion avec les étudiants. Il assure qu’ils ont dit aux étudiants qu’ils ne doivent pas riposter, car ces élèves sont leurs cadets et ils vont les suivre demain. Le SG de l’Unet de N’Djamena confirme qu’il y a eu des dégâts causés par les étudiants au lycée de Walia. Mais selon lui, c’était une salle de classe en Seko qui a été brûlée hier. « Les élèves doivent aussi comprendre que les bus qu’ils cassent aujourd’hui, ils vont les utiliser demain ».

Yaya Barkhai constate que les gens ont tendance à extrapoler les choses lorsque ce sont des étudiants qui revendiquent ce qui leur revient de droit. Il appelle ses camarades étudiants à la retenue. Pour lui, ils doivent prouver à leurs cadets qu’ils sont mâtures. « Ce sont nos cadets, il faut les conscientiser afin que les choses ne dérapent pas. Nous appelons les étudiants et les élèves au calme », insiste le SG de l’Unet.

Cours suspendus au lycée de Walia

M. Beyakba Debgaroua, proviseur du lycée scientifique de Walia affirme que les cours sont suspendus après les heurts. Pour rappeler les faits, le proviseur soutient que leurs élèves faisaient cours lorsque les policiers en voulant dissuader les étudiants, ont jeté de lacrymogènes. « Plusieurs gaz lacrymogènes sont tombés devant les classes. C’est ce qui a poussé les élèves à sortir de leurs salles. Déjà ce jour, les cours ont fini en queues de poisson. C’est ce qui a poussé les élèves à réagir », soutient le proviseur.

Selon M. Beyakba hier 19 janvier, les élèves revendiquaient les heures perdues par les enseignants scientifiques contractuels en grève. Ils se souciaient du fait qu’ils sont en classe de terminale et doivent suivre normalement les cours pour bien préparer le baccalauréat, dit-il. « Malheureusement, d’un mouvement d’ensemble, ils se sont retrouvés avec les étudiants sur l’avenue. Les bus des étudiants passaient et comme ils ont perdu leurs cours avant-hier, ils ont répondu. Et patatras, cela a dégénéré. Et les étudiants ont réagi en descendant du bus. Ils ont cassé l’entrée principale du lycée ».

Toujours selon le proviseur, vers 9h00 les étudiants sont revenus au lycée. Ils ont défoncé les portes de l’administration et ont tout saccagé, « les dossiers des élèves, les dossiers administratifs vandalisés, les salles de classe brûlée. Vous voyez c’est un dégât énorme que nous enregistrons », dit le proviseur.

M. Beyakba estime que les étudiants sont censés être des futurs cadres du pays, et par conséquent, être exemplaires. « Ils ne devraient pas répondre au mal par le mal. Quelles que soient les conditions, les élèves sont leurs petits frères. Il y a d’autres méthodes pour faire des reproches à leurs cadets, mais ne pas agir ainsi», regrette-t-il. Le SG de l’Unet de N’Djamena compte s’entretenir avec nous, mais il faudrait que cela soit des discussions constructives, insiste l’administrateur du lycée de Walia. « Je crois qu’au niveau du gouvernement les responsables cherchent une solution. À notre niveau, nous projetons de changer le portail pour le placer vers le sud afin d’éviter d’éventuelles surprises».

Moyalbaye Nadjasna

Le comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI), a échangé ce jeudi avec les institutions internationales et diplomatiques accréditées au Tchad. Cette rencontre d’échange s’inscrit dans le cadre d’informer les diplomates et les représentants résidents des institutions internationales. Reportage

Des diplomates des pays occidentaux, africains, les représentants des institutions internationales au Tchad ont échangé avec le CODNI dans le cadre de l’organisation du dialogue national inclusif (DNI). Ces diplomates ont calmement suivi les exposés sur les 5 sous-comités thématiques. Le ministre d’État, ministre de la Réconciliation nationale et du Dialogue et président du CODNI, Acheikh Ibn Oumar exprime sa gratitude pour la mobilisation et l’appui des institutions diplomatiques pour aider le Tchad à bien organiser le DNI prévu pour le 15 février prochain. Le ministre s’est excusé pour la rencontre avec les diplomates qui devrait normalement se tenir le mardi dernier. Il ajoute que cet exercice d’information avec les diplomates était prévu pour la fin du mois de décembre dernier, mais à cause du retard dans les préparatifs du pré-dialogue, ils ont dû reporter. Au sujet de la préparation du dialogue, le ministre souligne que le CODNI est déterminé à avancer. Selon lui, le comité d’organisation a reçu des instructions des autorités de la transition que toutes les entités doivent se sentir concernées et aucun sujet n’est tabou. Acheikh Ibn Oumar remercie les pays amis et les organisations partenaires pour leur soutien et leur compréhension depuis la mort du président Idriss Deby Itno.

Pour le représentant de l’Union africaine UA) au Tchad, Basile Ikouébé qui s’exprime au nom de tous et de toutes les institutions diplomatiques, c’est une bonne initiative. Pour lui, les préparatifs sont un élément clé du processus de transition au Tchad. Le diplomate encourage les autorités de la transition à poursuivre dans cette voie. « Aujourd’hui nous avons la preuve que la méthodologie utilisée est bonne, parce qu’elle est passée par le pré-dialogue à l’intérieur et à l’extérieur », dit le représentant de l’UA au Tchad. Pour lui, l’UA a dès le départ considéré que le règlement de la crise tchadienne passe par le dialogue. M. Basile Ikouébé estime que le pays a dans le passé connu plusieurs dialogues, mais celui-ci devrait être le dialogue de la refondation pour un nouveau départ. A son avis institutions diplomatiques et l’UA ont insisté sur le caractère inclusif consensuel et pacifique. Il précise que ce ne serait pas les 15 millions des Tchadiens et les 200 partis politiques qui vont tous participé. Mais, ajoute-t-il, ce serait la notion de représentativité, c’est-à-dire chacun devrait pouvoir se reconnaître. « À ce sujet, le comité d’organisation a encore du travail à faire pour convaincre vos compatriotes qu’il faut privilégier la notion de représentativité », suggère le représentant de l’UA. Selon lui la communauté internationale représentée au Tchad enregistre chaque jour les plaintes des partis politiques et les organisations de la société civile. Il invite le CODNI à convaincre ces organisations, s’il y a la notion de représentativité dans l’inclusivité. Le diplomate qui s’exprimait aussi au nom des autres diplomates se réjouit de l’évolution en cours. M. Basile Ikouébé promet un échange franc sur le calendrier du dialogue et les moyens à mobiliser avec les autorités du CODNI.  Le diplomate promet aussi de fournir les efforts nécessaires pour soutenir le processus. Il a aussi évoqué la place de la communauté internationale dans l’organisation du DNI.

Jules Doukoundjé

Le Collectif Tchadien contre la Vie chère (CTCVC) va en guerre contre les compagnies de téléphonie mobile. Le président de ce collectif dénonce la hausse des tarifs de communication et d’accès à internet de ces multinationales. Il entend organiser une marche le 22 janvier prochain pour protester contre ce qu’il appelle une « arnaque ». Prélude à cette marche, le président de ce collectif a fait une déclaration ce 19 janvier au sein de la radio oxygène au quartier Kamnda. Reportage

Les consommateurs, à travers le CTCVC, dénoncent les tarifs exorbitants des appels, messages et internet des multinationales opérant au Tchad. Le collectif proteste pour une amélioration de la qualité de service et la revue en baisse des tarifs de communication et d’internet aux abonnés. Pour le président du Collectif Tchadien contre la Vie chère Dingamnayal Nely Versinis, l’heure est venue pour que les consommateurs mènent des actions afin d’exiger l’amélioration des services des compagnies de téléphonie mobile. « Les consommateurs revendiquent l’achat d’1 GO d’internet à 500f valable un mois, la vente de 3000 min à 3000FCFA et 500FCFA pour messages illimités valable un mois », a-t-il précisé. De même, le collectif dénonce le vol des unités d’appels et MB et la facturation des appels en attentes. M.Versinis fait remarquer qu’en plus de ces points précités, ces  compagnies envoient des sonneries aux abonnés sans leur consentement et leur soutirent 100 FCFA. Pour lui, il est temps d’arrêter d’envoyer des messages non-désirés de manière instantanée aux abonnés.

Par cette déclaration, M. Dingamnayal Nely Versinis dit lancer un appel à tous les consommateurs à sortir massivement le samedi 22 janvier pour la marche que son collectif organise. Il rappelle le caractère pacifique de cette marche. « Dès 7h, tout consommateur conscient de ce que ces deux multinationales nous font subir durant des années doit se retrouver au rond-point à doubles voies pour marcher jusqu’à l’espace FESTAFRICA », a-t-il précisé. Il annonce qu’un mémorandum sera lu à la fin de la marche. Et sera ensuite envoyer au Conseil militaire de transition (CMT) et aux multinationales. Il demande aux consommateurs des provinces d’organiser aussi la marche à leur manière. Il émet le vœu de voir le Président du Conseil Militaire de Transition, le Premier ministre de transition et le président du Conseil National de Transition prendre la tête de la marche.

Kouladoum Mireille Modestine

Le Mouvement panafricain de rejet du Franc de la Communauté Francophone d’Afrique (F CFA), coordination du Tchad, organise ce 20 janvier une manifestation pacifique contre le FCFA à N’Djamena, la capitale. L’annonce a été faite par son coordonnateur, M. Ali Alladj Allahou, au cours d’un point de presse le 19 janvier à la Bourse de travail. Reportage.

M. Ali Alladj Allahou, coordonnateur du mouvement panafricain de rejet du FCFA au Tchad, annonce une manifestation citoyenne contre le FCFA ce 19 janvier 2022. Selon lui, tous les panafricanistes tchadiens à N’Djamena vont effectuer un set in devant l’Institut français du Tchad (IFT), la base Adjikossei et l’Ambassade de France au Tchad. Il insiste sur la nature citoyenne de leur expression conformément aux textes régissant les manifestations sur la place publique au Tchad. « C’est l’occasion de se faire entendre. Faites-le, n’attendez pas que votre prochain le fasse à votre place », lance M. Ali Alladj.

Le coordonnateur rappelle qu’aucune réponse n’a été donnée à leur demande. « A l’heure où nous parlons, deux départements ministériels (la sécurité publique et l’administration du territoire) sont informés depuis deux semaines, mais ils n’ont toujours pas donné une suite favorable », explique M. Ali Alladj Allahou. Il estime que l’heure n’est plus aux discours, mais aux actions. Dire, « stop à l’ingérence, stop à la mauvaise coopération sans la réciprocité », dit-il. Le coordonnateur soutient que, le partenariat avec la France n’est bénéfique en rien pour le continent africain. À son avis, la France ne veut qu’asservir et piller les ressources des Africains et les monter les uns contre les autres. Il affirme que la démocratie, la liberté et la bonne gouvernance prônées par la France ne sont que de la poudre aux yeux. « Ces expressions sont utilisées pour mettre leurs valets et n’ont de sens, pour eux, que lorsque la France contrôle l’exécutif », déclare M. Ali.

Pour le Mouvement panafricain de rejet du FCFA coordination du Tchad, c’est ahurissant ce que la France fait subir à ses colonies africaines. Chaque pays est indépendant et souverain, la France doit les respecter dit M. Ali. Il insiste sur le fait que les peuples africains doivent dire non au néocolonialisme et à la coopération France-Afrique. « Pourtant ce sont les Africains qui alimentent les chiffres d’affaires des multinationales de servitudes. Elles se comportent comme dans un territoire conquis », martèle le coordonnateur.

M. Ali Alladj Allahou affirme que les panafricanistes vont apporter son soutien à la population malienne le 22 janvier prochain.

Dans le même sillage, l’Union des syndicats du Tchad (UST) dans un communiqué de presse signé de son président M. Barka Michel, hier 18 janvier, condamne les sanctions de la CDEAO et de l’UEMOA contre le Mali. L’UST affirme son soutien à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNMT). « Nous nous joignons à tous les panafricanistes pour organiser des manifestations contre la décision des valets du colonialisme occidental. Pourquoi s’acharner contre les patriotes auteurs de coup d’État du Mali et pas celui du Tchad ? Il y a deux poids deux mesures », rapporte le communiqué.

Moyalbaye Nadjasna

Le comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) a rencontré ce mercredi les responsables des médias et les hommes de culture. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’informer toutes les franges de la société de l’état d’avancement des travaux préparatifs du dialogue national inclusif (DNI). Reportage.

« La culture doit être au début et à la fin du système de développement », avait dit le premier président sénégalais Léopold Sedar Senghor. Mais, au Tchad, elle est au bas de l’échelle. C’est ce qu’estime la quasi-totalité des artistes-musiciens, comédiens, peintres et autres présents dans la salle. Ces artistes ont suivi plus de 2 heures d’exposés présentés par les responsables des 5 sous commissions thématiques du CODNI. C’est depuis presque 10 jours déjà que le CODNI fait cet exercice avec les différentes entités.

Le directeur de la réglementation, du suivi et de l’encadrement du secteur du secteur artisanal au ministère du Développement touristique et de l’artisanat, Koula exprime sa reconnaissance aux responsables du CODNI pour le travail qui touche toutes les sensibilités. En revanche, il déplore le fait que le secteur artisanal soit impliqué à la dernière heure. Il interpelle les autorités du CODNI d’inscrire l’artisanat au programme des débats lors du dialogue prochain. Il estime que l’artisanat peut constituer une réponse non négligeable du problème de l’emploi des jeunes. Selon lui, l’artisanat occupe 70% de la population active au Tchad.

Dans le même registre, Ngakoutou Hommel, ancienne comédienne, souligne que le slogan du CODNI « ensemble pour un dialogue inclusif et réussi », ne colle pas à la réalité. Elle estime que le CODNI ne semble pas impliquer tout le monde. Certaines entités de la société comme les artistes ne sont que des figurants dans la feuille de route de l’organisation. La comédienne souhaite qu’ils soient plus impliqués.

Un autre artiste et architecte militaire, Roger Boriata exprime son désaccord par rapport à la terminologie du mot réconciliation. Pour lui, il faut d’abord concilier les tchadiens avant de parler réconciliation. Il indique que depuis les indépendances, le pays cherche toujours la conciliation. Au sujet du dialogue, l’artiste note que l’on ne doit pas se presser pour un organiser un dialogue bâclé ni prendre un chronogramme téléchargé de quelque part. selon lui, c’est depuis 62 ans que les Tchadiens n’ont pas réussi à se réconcilier, même si la transition doit durer 62 ans, il le faut pour donner une fondation solide au pays.

Même son de cloche pour le coordinateur de l’union des organisations culturelles et artistiques du Tchad (UNOCAT), Dounia Tog-Yangar, précise souligne que si le pays ne donne pas la place qu’il faut à la culture, il serait difficile de développer ce pays. Car dit-il, même les pays les plus puissants comme les USA se sont basés sur la culture pour développer leur pays. Parlant de la refondation du Tchad, Dounia Tog-Yangar, s’interroge si les autorités n’accordent pas qu’il faut à la culture, comment peut-on parler de la refondation d’une nation ? Selon lui, le Tchad est tombé dans une crise généralisée parce qu’on n’a pas impliqué les hommes de culture dans les réflexions pouvant aider le pays à se relever.

Dans ce débat passionnant et parfois houleux, les responsables des médias présents dans la salle sont passés inaperçus. Aucun responsable de médias n’a pu poser des questions de compréhension ni fait des suggestions pour améliorer les conditions de travail de journalistes tchadiens. Selon le système des Nations Unies, le Tchad est l’un des pays au monde, où exercer le métier de journalisme est le plus dangereux.

Jules Doukoundjé

Le comité d’organisation du dialogue du dialogue national inclusif (CODNI) a rencontré ce mardi 18 janvier, les chefs traditionnels et les forces de défense et de sécurité publique pour les informer de l’état d’avancement des travaux préparatifs du DNI prévu le 15 février prochain. Reportage.

Des centaines de chefs de Canton et des sultans, mais aussi les forces de défense et de sécurité publique ont répondu présents à l’invitation du CODNI. L’objectif : rendre compte de l’avancement des travaux préparatifs du DNI prévu le 15 février. Les chefs de canton, les sultans ont suivi les présentations des 5 sous commissions thématiques. Après plus d’une heure d’exposé, le ministre d’État, ministre de la Réconciliation nationale et du Dialogue, Acheik Ibn Oumar a expliqué aux invités venus de toutes les 23 provinces du pays, l’importance de l’exercice. Après une brève explication du ministre, il s’en est suivi un débat.

Le représentant du chef de canton de Békamba, Tommy Maïna affirme que le fait d’impliquer toutes les couches sociales et surtout les chefs traditionnels est une louable. Il pense que les interventions des responsables des sous-commissions thématiques sont appréciables. Toutefois, il estime que les chefs traditionnels sont les dépositaires de nos us et coutumes. Selon lui, leurs apports seraient louables, mais il fallait les sensibiliser sur les tenants et les aboutissants du DNI. À son avis, les chefs traditionnels sont pris au dépourvu. « Dans ce pays, on aime le sensationnel, ce n’est pas une bonne manière. Ils ne peuvent pas vraiment appréhender la portée du DNI », regrette le représentant du chef de canton de Békamba. 

Le représentant du chef de canton N'Gouri, dans la province du Lac, Abakar Hadjé exprime sa satisfaction pour la qualité du travail réalisé par le CODNI. Mais, à propos des interpellations à l’endroit des chefferies traditionnelles, il exprime son désaccord. Dans le rapport présenté par les sous-commissions thématiques, il a été reproché aux chefs traditionnels d’avoir failli à leur mission. Selon le rapport, les chefs de canton ne jouent pas leurs rôles dévolus par les textes fondamentaux. Pour le représentant du chef de canton de N’Gouri, le problème n’est pas les décrets et les circulaires, mais c’est l’application de ces décrets et lois qui posent problème. Selon lui, il ne faut pas critiquer les chefs traditionnels, ils sont un pan des organes du pays. À son avis, les ministères et les directions générales ne travaillent pas. « Le peu de compétence qu’on alloue aux chefs traditionnels est discuté entre les commandants de brigades, les commissaires, les agents de sécurité nationale et les gardes nomades », indique-t-il.

Pour le chef de canton de Tikem Fianga, Likbélé Igratouin, pour permettre aux chefs traditionnels de bien accomplir leur mission, l’État, ne devrait plus affecter les administrateurs illettrés et incompétents dans leurs circonscriptions. Il suggère au gouvernement d’envoyer des administrateurs formés à l’École nationale d’Administration (ENA). Selon M. Likbélé Igratouin, les faiseurs de troubles sont les sous-préfets et les commandants de brigades qui ne savent ni lire et ni écrire, « ils sont souvent à l’origine des problèmes que rencontrent les chefs traditionnels ».

Jules Doukoundjé

L’insécurité dans les établissements scolaires persiste. Le vendredi, 14 janvier, autour de 9h un individu armé s’est introduit au lycée officiel de la sous-préfecture de Koundoul, département de Loug Chari, province du Chari Baguirmi. Une banlieue à environ 25 km au sud de la capitale tchadienne, N’Djamena. La rédaction a rencontré, ce 17 janvier le proviseur de ce lycée. Il témoigne.

C’était le vendredi passé vers 9h qu’une personne étrangère s’est introduite au lycée. L’individu s’était habillé en civile, dit M. Saï-Allah Adda proviseur du lycée de Koundoul. Selon lui, l’individu avait sur lui un pistolet avec les accessoires. « Il était d’abord intercepté à la porte par le surveillant. Il a refusé d’obtempérer à l’injonction du surveillant et il a continué tout droit vers une salle de classe. Je ne sais pas ce qu’il cherchait mais surement une victime », rapporte le proviseur. Les surveillants, dit-il, l’ont alerté. M. Saï-Allah et ses surveillants l’ont stoppé mais il a refusé. Il a continué droit vers le grand bâtiment, dit le proviseur. « Nous l’avons suivi. Il est monté à l’étage, nous aussi. Je lui ai demandé ce qu’il cherchait. Il me répond qu’en qualité de qui je lui pose cette question. Je lui ai dit que je suis le proviseur du lycée ». J’insiste, lui demandant le mobile de sa visite. Mais l’homme lui dit qu’il n’a pas d’explications à lui donner. Le proviseur ajoute que l’individu lui a demandé qu’est-ce qu’il veut ? « Alors je lui ai dit dans ce cas tu es venu pour un problème, on ne te connait et sais pas tes intentions. On ne peut pas t’accepter ici, on a des règlements. Toute personne étrangère passe par l’administration. Seule l’administration peut lui chercher un élève. Mais quand vous menacez de cette sorte, vous allez descendre », lui dit M. Saï-Allah. Le monsieur réplique d’un ton agressif qu’il ne descend pas. Le responsable du lycée affirme que lorsqu’il voulait le prendre au colle, il a dégainé son pistolet. « J’étais vigilant et j’ai réussi à prendre sa main de force et je l’ai roulé. Il est tombé, le pistolet aussi, puis on l’a maitriser. On lui a pris l’arme et les accessoires », dit le proviseur.

Vu ce qui s’était passé, rapporte M. Saï-Allah, les élèves venaient pierres en mains vers eux pour le luncher. Mais comme il est déjà maitrisé, ils l’ont protégé et mis à l’abri le temps d’attendre l’arrivée de la police, explique le proviseur. « Il y a eu deux interventions d’unité de la police et de la gendarmerie. Ils étaient en nombre insuffisant. Ils n’ont pas pu contenir les élèves. C’est les forces de l’ordre de 3ème degré, les bérets rouges qui ont réussi à l’extraire sous une pluie de pierres ». Le proviseur dit ne pas savoir vers quelle destination a été conduit l’intrus. Il affirme avoir déposé le pistolet et les accessoires du suspect au commandement territorial de la brigade de Koundoul avec à l’appui une plainte.

« Dieu merci, il n’y a pas de dégâts humains ni matériels. Pour la plainte, on veut connaitre le mobile de son arrivée afin que cela ne se répète plus. Jusque-là ils ne m’ont pas appelé », dit le proviseur.

Pour lui, cela fait 4 ans qu’il est proviseur dans ce lycée mais il n’a jamais vu un tel évènement même pas lors d’une manifestation, insiste-t-il. Selon lui, ils s’organisent chaque matin avec ses surveillants. « Je prends toujours sur moi mon bâton. Ce sont des prédispositions qu’on prend pour fouiller nos élèves avant qu’ils n’accèdent à la cour. Il n’y a pas des agents de sécurité pour assurer la protection. Comme vous le voyez, chaque jour nous sommes exposés et courons des risques ». Il ajoute, que lorsqu’un problème se présente, c’est l’administration qui se met à l’avant-garde. Le phénomène de l’insécurité persiste dans les établissements scolaires. Le proviseur demande à son ministère de tutelle (l’Éducation) afin de voir avec son collègue de la Sécurité publique pour résoudre ce problème. « Surtout l’année passée, il y a eu beaucoup de cas d’insécurité dans les établissements scolaires ont été constatés par tous. Nous sommes menacés de partout, il faudrait que le gouvernement sécurise nos écoles », dit M. Saï-Allah.

Le lycée officiel de Koundoul compte, 1247 élèves dont 428 filles et 819 garçons.

Moyalbaye Nadjasna

Les artistes du Tchad toutes corporations confondues se sont formés en collectif dénommé collectif des artistes en colère (CAC). Ils s’opposent au Bureau Tchadien du Droit d’Auteur (BUTDRA) qui gère, selon eux, très mal les redevances sur l’usage de leurs œuvres. Un point de presse s’est organisé le 14 janvier 2022 à  l’espace Talino Manu pour annoncer l’existence du collectif et ses actions au profit des artistes. Reportage.

Ce sont des acteurs, musiciens, humoristes, comédiens, danseurs, etc. Ils sont en colère et vont en guerre contre  le BUTDRA. Ils accusent l’administration du BUTDRA de mauvaise gestion de leurs redevances et l’octroi des droits d’auteur médiocres aux artistes sociétaires. C’est pourquoi le CAC est né afin de mener des actions pouvant aboutir à la répartition des redevances aux acteurs et leurs ayants droit.

Le représentant des artistes Neldé Calvin alias Digri par terre, affirme que cette sortie médiatique est l’expression d’une colère qui couve depuis des années dues à la spoliation des droits des artistes. « Le ministère de tutelle ne finance pas nos activités depuis plus de 10 ans. Les multinationales installées au Tchad accordent d’importance et financent les artistes étrangers au détriment des artistes tchadiens. Les conditions de vie des artistes ne changent pas et se détériorent chaque jour. Tout cela nous met en colère », dit l’orateur. Les artistes déplorent le fait que leurs œuvres soient consommées chaque jour, mais que leur niveau de vie est lamentable. Pour eux, l’artiste tchadien passe aux yeux du monde comme un mendiant, un éternel assisté, un incapable de produire, de se nourrir ou de soigner sa famille. Souvent, certains d’entre eux meurent même en laissant une famille dans un désespoir insultant, dit-il.

Pour le CAC tous ces constats, les poussent à formuler leurs doléances, en 6 points, au président du Conseil Militaire de Transition, Mahamat Idriss Deby Itno.

Les artistes demandent un budget conséquent pour la promotion de l’artiste tchadien et la mise en place d’une politique culturelle qui priorise la prise en charge des artistes locaux par les multinationaux. 

Ils réclament le détachement du BUTDRA de la Maison des Patrimoines Culturels du Tchad et la révision des textes qui le régissent.

Ils plaident pour que le gouvernement intervienne afin d’accélérer le processus d’adoption du statut de l’artiste tchadien.

Ensuite, ils exigent la mise en place du fonds d’appui à la création artistique en instance au ministère de la Culture et de la Promotion de la diversité.

Aussi, ils réclament la mise sur pied d’un mécanisme permettant d’accéder aux ressources disponibles par le biais de la représentation nationale de l’UNESCO ;

Enfin, ils sollicitent l’implication des artistes dans les instances de prise de décision et dans le dialogue national inclusif.

Ce point de presse est selon les artistes l’expression d’un ras-le-bol. Le CAC annonce que d’autres actions seront menées pour se faire entendre.

Kouladoum Mireille Modestine

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

Vos Annonces sur votre site Ialtchad Presse