mercredi 7 décembre 2022

Reportage

Reportage (1150)

Au lendemain de la manifestation qualifiée par le gouvernement d'insurrection populaire armée, un calme précaire est revenu dans la capitale tchadienne. De Chagoua à Walia, d’Abena à Kambda en passant par Amtoukouin, les routes sont barricadées par les briquaillons, du cendre des pneus et quelques autres objets. Ialtchad Presse a fait un tour dans les différents quartiers de N'Djamena. Reportage.

Ce matin, vendredi 21 octobre, les forces de l'ordre confondues composées de militaires, des gendarmes, des nomades, de la police GMIP et de la mairie ont occupé tous les grands carrefours, les ronds-points ainsi que les coins et les recoins des quartiers sud de N'Djamena, capitale tchadienne. Ces forces lourdement armées sont en position de tires. La peur se lit sur les visages de la population. Les écoles, certains boutiques, marchés et restaurants sont fermés. Du siège de Parti Socialiste sans Frontière (PSF) en passant par l'ancien pont, la voie était dégagée et nettoyée par la mairie. L'on constate les navettes des véhicules de la police et des militaires toutes les 5 minutes. Une autre unité de l'armée est stationnée sur le terrain Festa Africa.  

De quartier Abena en passant par Walia, des barricades avec des dalles sont érigées, des cabines des parieurs, des pneus brûlés, des bricaillons au bord de la voie bitumée barrant les voies et obstruant la circulation des engins sur les voies publiques.  Plusieurs édifices et biens privés ont été saccagés, brûlés et réduits en cendre en l'occurrence le pont à péage et un bar à Walia. Au siège de RNDT le Réveil, les manifestants ont saccagé le lieu, cassé le mur et les portes, des documents sont consumés par le feu. Dans le siège de l'UNDR (l'Union Nationale Démocratique et de Renouveau) au quartier Abena, les manifestants ont brûlé le local, plus d'une dizaine de chaises et des nattes, certains bureaux ont changé de couleur après avoir été consumés par la fumée.

A l'hôpital le bon Samaritain de Walia plus précisément à la chirurgie, le constat est lourd, les victimes des tirs à balles ont occupé pratiquement toute la salle. Selon l'infirmier chargé aux urgences Klarangué Christophe, «parmi ces manifestants, notre hôpital a accueilli 46 manifestants blessés, dont 8 cas de décès», déplore-t-il. Il ajoute que «l'hôpital a pris tous les dispositifs nécessaires pour accompagner les blessés». Au quartier Abena, la cité est silencieuse comme morte où les populations sont en deuil. Le siège des Transformateurs est quadrillé par des militaires, cette zone est devenue quasiment inaccessible pour les civils.

La manifestation d'hier 20 octobre a laissé les traces sur les routes, dans les hôpitaux, personne n'est épargné. 24h après, un calme précaire règne sur la capitale, N’Djamena.

Noël Adoum

Après 24h de la manifestation du jeudi violemment réprimé par les forces de l'ordre, l'équipe de IalTchad Presse s’est rendu dans le quartier Moursal et Dembé pour constater l'ambiance d’après manifestation Reportage.

Il est 11h passé, ici le siège du Parti socialiste sans Frontière (PSF), les portes sont ouvertes un silence de mort y règne. Tout est calme. A l’intérieur tous les bureaux sont grands ouverts, les matériels sont saccagés, tout est à terre : matériels informatiques, documents déchirés, objets cassés traînent sur le sol. Aucune présence humaine sur les lieux sauf des cris des oiseaux animent les lieux. Après le bureau du PSF nous continuions, quelques personnes vont et viennent. Les camions Toyota remplis des militaires bien armés circulent, certains passants observent. Le service d'assainissement de la mairie de commune du 7e arrondissement est à pied d'œuvre pour le nettoyage des restants de pneus brûlés.

Dans le quartier un sentiment de frustration, de douleur sévit « nous avons perdu des amis, ils continuent toujours à nous massacrer, mais nous cherchons seulement la justice et l'égalité. Nous avons encore le temps de pleurer nos morts, soigner les blessés », disent les résidents. Pour eux, la suspension des partis et des organisations de la société civile n'attendent pas moins. Selon les habitants du quartier, le nouveau Premier ministre Saleh Kebzabo n’est qu’une marionnette, peu importe sa décision. « Nous avons pris conscience, il y a une lieur d'espoir qui vient de voir jour. Si les anciens ont failli, il faut se remettre en ordre de bataille. « Nous sommes dans la tristesse, les gens sont endeuillés, la manifestation est légale et autorisée par la charte de transition, nous ne voulons pas des assassins à la tête du pays », disent-ils. Ils poursuivent en soutenant que la déclaration du Premier ministre est une déclaration de guerre. « Nous manifestons pour une cause juste. Ce n'est pas pour le plaisir de manifester. Ce que nous avons fait est une introduction. Les gens sont morts ne sont pas morts gratuits ».

Du côté des commerçants et des vendeurs, « nous ne sommes pas de manifestants, mais hier il y avait un bouleversement sur nos activités à cause de manifestations », disent-ils. Selon eux, les autorités devaient sécuriser la manifestation, mais ce n'est pas le cas. Les forces de l'ordre ont maltraité et tué des simples manifestants à main nue, « nous ne sommes pas d'accord avec cette manière de faire » affirment-ils. Les commerçants dénoncent le couvre-feu. « Par ici nous sommes inondés, par là ils nous tuent ». Alors nous allons faire comment ? Pour cette vendeuse hier était douloureux, c'était très difficile. Nous avons enregistré des pertes, une grande partie est pourrie puisque nous sommes de débrouillard. Pour aujourd'hui il n'y a pas d'engouement comme avant, les gens ont peur de venir au marché. Si les clients ne viennent pas pour acheter, c'est compliqué pour nous, racontent-ils.

Ousmane Bello Daoudou

Après les  manifestations dans la capitale tchadienne et dans certaines provinces au sud du pays violemment réprimées par les forces de l'ordre, le Premier ministre du GUN, Saleh Kebzabo accompagné de quelques autres ministres ont animé cet après-midi une conférence de presse au cours de laquelle, le Chef du gouvernement qualifie la manifestation d'insurrection populaire armée et annonce quelques mesures. Reportage.

Démarré avec un léger retard, le point de presse du Premier ministre, Saleh a été transformé en une conférence de presse. Pour lui, cette situation exceptionnelle leur a été imposée à la suite des événements graves qui ont eu lieu ce 20 octobre. Le nouveau chef du GUN rejette en bloc les contestations des organisateurs de cette marche et le qualifie de coup d'État.

Saleh Kebzabo a qualifié les leaders de ce qu’il appelle « insurrection armée » des assoiffés du pouvoir. « Pour eux, seuls eux sont qualifiés pour assumer le pouvoir, même aux prix d'une rivière de sang de leurs compatriotes », a-t-il dit.  Toujours selon le Premier ministre, les organisateurs de cette manifestation ne sont jamais mis d'accord sur une marche pacifique et ont passé par un parti politique quasiment inconnu pour demander une autorisation, mais la réponse fut non, déclare-t-il. Il souligne que les manifestants dispersés en sous-groupes ont des gourdins, des machettes, des lance-pierres et autres. Il ajoute que certains disposaient même d'armes à feu, « utilisées pour en porter la responsabilité aux forces de l'ordre », a-t-il lâché froidement. Il souligne que ces insurgés ont fait plus d'une cinquantaine de morts et de près de 309 blessés surtout à N'Djamena, mais aussi à Moundou, Doba et Koumra.

Selon lui, il y a des morts de trop pour assouvir la soif de pouvoir des MM. Succès Masra et Yaya Dillo, a-t-il affirmé. Entouré du nouveau ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Aziz Mahamat Saleh, celui de la Justice, Alhabo, etc.

Le Premier ministre a déclaré très clairement que le gouvernement ne laissera plus des individus de ce genre mettre à mal la sécurité des citoyens ou porter atteinte aux institutions. Il a annoncé deux mesures : l'instauration d'un couvre-feu de 18h à 6h du matin jusqu'au rétablissement de l'ordre à N'Djamena, Moundou, Doba et enfin Koumra. M. Kebzabo a d'une manière inattendue annoncé la suspension de toute activité politique du parti Les Transformateurs, le Parti socialiste sans Frontière (PSF), parti Al Takadum et la coalition citoyenne Wakit Tamma. Il a également parler d'éventuelles poursuites qui seront engagées suite aux cas de décès, vols d'armes de guerre et enfin la destruction des biens publics et privés, a-t-il confié. Il conclut que son gouvernement mettra de l'ordre sur l'ensemble du territoire et qu'il ne toléra plus aucune dérive d'où qu'elle vienne.

Abderamane Moussa Amadaye

Prévu pour ce jeudi 20 octobre et interdite par le ministère de la Sécurité et d'immatriculation des centaines des Tchadiens ont manifesté dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, N’Djamena. Reportage.

C'est dans une ambiance animée par le chant de l'hymne national et des coups de sifflet que les manifestants ont envahi les rues des quartiers Chagoua Taradona en passant par Chagoua FDAR que des jeunes munis des morceaux de pierres, des pneus, des lances, des bâtons et autres ont déferlé dans la zone. Ils ont continué à tenir tête aux forces de l’ordre jusqu'aux environs de 12h.

Les manifestations disent réclamer justice et égalité. « Notre objectif n'est pas de faire du mal ni encore contre une communauté, nous ne cherchons pas le pouvoir. Nous démontrons notre colère aujourd'hui, nous ne voulons plus que ce régime reste au pouvoir. Cela fait 30 ans que nous souffrons, nous sacrifions nos vies aujourd'hui ». Les jeunes manifestants soutiennent être fatigués de la maltraitance de la France et du Conseil Militaire de Transition. « Nous sommes des diplômés sans emploi », disent-ils. Ils affirment être contre ce système installé au Tchad. « Notre but est de changer le système de gouvernance. Nous voulons la paix totale, c'est difficile, mais nous sommes déterminés à aller jusqu'au changement. Nous résistons », soutiennent-ils. Le calme est revenu en début d’après-midi.

Des affrontements ont eu lieu par la suite. La police et l’armée tirent à balles réelles sur les manifestants. Pas de bilan complet pour l’instant. En recoupant les différentes sources on se retrouve à plus de 60 morts et plus de 500 blessés. Beaucoup des arrestations sont rapportées. On commence à parler de massacre, il y aurait plus de 100 morts selon certaines sources qui parlent de documentation en cour. Des vidéos et des images des civils armés tirant sur des manifestants circulent également sur les réseaux sociaux. Un 20 octobre très rouge et sans précèdent.

Ousmane Bello Daouda

Ce mercredi 19 octobre a lieu la passation de service au ministère des Affaires étrangères et à l'intégration africaine entre la secrétaire d'État sortante et le ministre d'État entrant dans la salle de réunion du ministère. Awatif Al Tidjani Koiboro passe le relais à Mahamat Saleh Annadif. Reportage.

Après le ministère de l'Éducation nationale, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, c'est le tour du ministère des Affaires étrangères et de l'intégration africaine l'un de plus important ministère. C'est dans une salle bondée de monde, parents, amis et connaissances que la cérémonie a commencé par trois interventions. Pour Awatif Al Tidjani Koiboro après avoir fait quelques mois à la tête de ce département, nous avons quelques réalisations et signatures des conventions dans l'intérêt de la République. Selon elle, nous ne pouvons pas faire un bilan, mais nous trouvons de positif la charge qui nous a été confiée, nous laissons les autres jugés. Mme Housna Kassiré le défi est énorme et les attentes dans cette période de transition phase 2 qui a été soldé par le dialogue national inclusif et souverain qui a un cahier de charge et des résolutions fortes à réaliser enfin elle demande le concours des uns et des autres pour l'accomplissement de sa mission.

Ensuite, c’est le ministre d'État, Mahamat Saleh Annadif d'après avoir remercié la secrétaire d'État sortante il indique qu'il y a 20 ans nous étions à la tête de ce département depuis lors le monde a changé, les relations internationales ont beaucoup évolué et surtout le multilatéralisme est bousculé de tout côté.

Selon lui de nouvelles perspectives se dessinent à l'horizon avec autant des défis en termes de diplomatie, il demande l'implication de tous pour réussir cette exaltante mission au service du Tchad notre pays. Il dit prenons en compte nos acquis, nos nombreux points forts pour nous pencher sereinement et urgemment afin de décrypter nos erreurs, nos faiblesses, les corriger et les adapter dans une diplomatie des enjeux de l'ère. Il poursuit en affirmant que notre pays entre dans un virage dont il est indispensable que notre diplomatie soit à la hauteur des défis qui jalonnent sa route. Pour ce faire il faut une diplomatie d'engagement au service de la paix, de la stabilité du Tchad, une diplomatie soucieuse de l'intérêt du Tchad, une telle diplomatie exige de nous de la pertinence, de la cohérence dans nos priorités, dans nos initiatives et nos actions.

Ousmane Bello Daoudou

Réunis en assemblée générale évaluative ce mercredi 19 octobre  à l’ ANADER les agents décident accordée un délai de 2 jours de plus à l’administration suit à l’engagement pris ce matin par le représentant de l’administration. Reportage.

Les revendications des arriérés des salaires de 2016, 2017 et 2018 des agents des ex institutions fusionnées (ONDR, SODELAC et PNSA) venus de différentes provinces du Tchad se sont réunis dans la grande salle à l’ANADER pour observer la trêve d’entreprise avec l’administration de l’ANADER relative au paiement de frais de transport ainsi que les retenus au niveau de la CNPS. Après plusieurs échanges et les grandes démarches auprès de l’administration les agents ont décidé d’accorder 2 jours à l’administration avant de passer à une vitesse supérieure de leurs revendications.

« Nous nous sommes réunis ce matin pour évaluer et analyser la situation. Nous avons décidé d’accorder 2 jours de plus par rapport à l’engagement de l’administration qui a pris devant nous ce matin de payer les frais de transport d’ici 2 jours », dit Djionro Bembon.  Et pour le paiement des arrières de salaire de 2016, 2017 dont la situation se trouve actuellement au niveau du trésorier général au trésor « Nous leur accordons jusqu’à lundi le 24 de ce mois pour s’exécuter. Au cas contraire une assemblée générale sera convoquée le même jour pour donner la décision définitive, afin que chacun puisse repartir dans son poste avec une situation claire bien dégagée et précise », martèle-t-il. Il ajoute qu’ils ont beaucoup enduré et ne peuvent plus continuer à attendre ni relâcher la situation. « Nous allons tenir nos engagements et que l’administration aussi va tenir ses engagements au cas contraire nous n’allons pas faire cadeau à l’administration », conclut-il.

Haoua Adoum Ibeth

Après Walia Ngoumna, Ngonba, Djanga, la crue des fleuves Logone et Chari envahit le quartier Gassi dans la commune du septième arrondissement et  Walia Digingali dans la commune de 9e. Les eaux sont à perdre de vue dans certains coins et recoins des quartiers. L'équipe d'Ialtchad Presse était sur place.  Reportage.

Il est 11h 25 min sous un soleil ardent lorsque l'équipe de ialtchad Presse s'est rendue dans la commune de septième arrondissement, plus précisément au quartier Gassi sur la rive droite du chari en face de l'Office national des examens et concours du supérieur. C’est la désolation dans cette zone. Il ne reste que quelques mètres pour que les eaux du chari puissent toucher les abords de la voie bitumée. Il y a d'énormes dégâts matériels, plusieurs maisons sont englouties par les eaux, d'autres se sont effondrées, les bagages de certains habitants ont été emportés par le fleuve, une partie du quartier est inaccessible. Les personnes rencontrées travaillent physiquement sans relâche pour la construction des digues afin de barrer la route aux eaux du fleuve. Certains habitants du quartier ont quitté leurs locaux respectifs pour se réfugier chez des parents et des amis dans des quartiers de la capitale, N'Djamena.

À Walia Digangali, c’est aussi la désolation. Au quartier N’guéli du côté gauche, les eaux sont à perte de vue. Les piroguiers ont pris d'assaut les abords de la voie bitumée, certains se bousculent pour faire monter les clients dans leurs pirogues afin de traverser la zone. D’autres par contre naviguent sur les eaux pour aider les sinistrés à emporter leurs bagages.

Hassan Atime sinistré à Gassi et père de 15 enfants, habitant dans le quartier depuis 1984 affirme,« ma maison a été emportée par les eaux du fleuve. C'est pour la première fois que les inondations font rage de cette manière. Je n'ai jamais vu cela avant ». Il poursuit, « c'est grâce aux voisins que mes enfants et moi avions un refuge », explique-t-il. Il implore le Bon Dieu, les autorités et les personnes de bonnes volontés à venir à son secours.

Souad Mouaz, elle aussi habitante de Gassi confie que, « la montée des eaux en puissance de cette année est une catastrophe naturelle». Elle souligne que les habitants du quartier ont cotisé 25 000 FCFA par personne pour acheter la terre argileuse afin de barrer la route à la montée des eaux, mais cela n'a pas été suffisant. Elle relève qu'une vingtaine de camions transportant d'argile a été octroyée par une organisation américaine dans l'optique d'arrêter les eaux du fleuve qui coulent avec une vitesse maximale. Mais en vain! Mme Souad interpelle le gouvernement, les groupes d'associations, les ONG et les personnes de bonnes volontés à s'unir comme un seul homme pour aider les habitants vulnérables et stopper cette catastrophe naturelle.

Allafi Donald sinistré à Walia Digangali déplore l'absence des autorités depuis l'envahissement des eaux du fleuve logone. Il affirme, « je suis ici depuis 2012, entre temps, il y avait moins des eaux du fleuve, mais cette année en 2022, les eaux sont montées dans une grande surprise depuis le vendredi passé. Je suis sur place pour surveiller mes effets parce qu'il y a des voleurs qui détachent les tôles de la maison. Que le gouvernement nous vienne en aide dans ces moments difficiles »!

Marlène Élodie, habitante au quartier Walia Digangali, se dit surprise par la montée des eaux du fleuve logone car elle est nouvelle » Et c'est sa première fois de voir un tel phénomène incroyable. C'est ainsi qu'elle a dit : «Les eaux nous ont envahi le vendredi soir mes enfants et moi, on avait quitté le lieu, mais par contre mon mari est resté sur place à la maison pour ramasser nos bagages. Le lendemain, l'eau a augmenté plus de 1 mètre. Nous étions vénus ramasser nos bagages restants et quittés le lieu pour aller déménager à Chagoua » dit-elle.

Noël Adoum

Les leaders des partis politiques et des organisations de la société civile viennent de lancer officiellement le Mouvement Citoyen Top 20 octobre sous le slogan, « stop à la dynastie au Tchad » ce mardi 18 octobre au siège de la radio oxygène dans la commune du 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Reportage.

Réunis le 25 août 2022 les leaders des partis politiques, les leaders des associations et organisations de la société civile, pasteurs et bien d’autres personnes ressources ont créé un mouvement dénommé le Mouvement Top 20 octobre. Ce mouvement a pour objectif de dire non à la prolongation de la transition et rappeler le président de la transition à l’ordre. Le MCT 20 octobre appelle tous les Tchadiens du Nord au sud, de l’Est à l’Ouest et du centre sans distinction, musulmans, chrétiens, ou animistes de sortir massivement ce jeudi, 20 octobre 2022 pour exiger le départ du PT et celui de la France du Tchad. « Peuple tchadien, ne compte pas sur la communauté internationale pour te sortir de la misère, ta liberté naitra de ton courage. Dit non à la dévolution monarchique non à l’esclavagisme entretenu par le PT », disent les organisateurs.

Honoré Mainsala  chargé de relations du mouvement top 20 octobre souligne que « depuis la prise du pouvoir par le président de la transition, le Tchad est devenu un abattoir où les citoyens sont massacrés comme des mouches.  Des détournements à ciel ouvert des deniers publics sont permis, la justice est aux ordres». Il ajoute « comme l’effusion de sang ne lui suffisait pas, le Président de Transition (PT) a amassé ses courtisans et acolytes au palais du 15 pour organiser un simulacre de dialogue ou ils l’ont  parachuté comme un parasite à la tête de la transition pour rester encore 24 mois » a-t-il-martelé. Il poursuit que le mouvement citoyen Top 20 octobre, Stop à la dynastie au Tchad qu’aucune minute ne sera accordée au PT le 20 octobre»  ajoute-t-il.

Dès son indépendance, le pays a connu une évolution institutionnelle et politique mouvementée plusieurs années de dictature, de parti unique ont freiné son développement et l’émergence de toute culture de la démocratie.

Honoré Mainsala ajoute  que « les différents régimes ont créé et entretenu le régionalisme, le tribalisme, le népotisme, les inégalités sociales, les violences des droits de l’homme  et de la liberté fondamentale. Ces régimes ont permis, la violence et violation, les haines l’intolérance ».

La conférence Nationale et Souveraine (CNS) de 1993 dont les participants ont espéré la démocratie ont vite déchanté déçus. Cette conférence est suivie de plusieurs organisations de forum National Inclusif organisé par l’ex-parti au pouvoir le Mouvement patriotique du Salut (MPS) qui ont coulé le pays, affirme-t-il.  « Après la mort du président IDI le peuple espérait un  nouveau Tchad, malheureusement le PT a égaré le pays. Le 20 octobre 2021 devient pour le peuple une date sombre de notre », dit-il. 

Haoua Adoum Ibeth

Le collectif des jeunes ressortissants du Mayo Kebbi Est pour le développement (CJRMKD) a organisé un point de presse ce mardi 18 octobre à la salle de la réunion de la radio FM Liberté dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Reportage.

À la sortie du dialogue national inclusif et souverain (DNIS), censé réconcilier les Tchadiens, le collectif des jeunes ressortissants du Mayo Kebbi Est dit constater avec amertume que la messe organisée n'a pas tenu ses promesses. Les hautes autorités se permettent d'ignorer royalement le rôle combien unificateur que les départements du Mayo Boneye, de la Kabbia, du Mayo Lemié et du Mon-Illi ont joué dans l'unité du territoire et la consolidation du sentiment d'appartenance à la nation tchadienne.

Les jeunes ressortissants du Mayo Kebbi Est se disent déçus et ne se reconnaissent pas dans ce que fallacieusement on veut qualifier de refondation de la république. Le collectif revendique entre autres :la redevance des 5% des revenues pétrolières de koudaloua cette manne qui est bien celle du Mayo Kebbi Est et serait détournée au profit du Chari-Baguirmi, la construction de la digue de katoua, la construction de l'hôpital de Fianga, la construction de l'Université de Bongor dont le projet est bloqué dans l’administration publique, la finalisation des travaux de bitumage, etc. Aussi, ils réclament le rééquilibrage des représentativités des provinces dans les instances dirigeantes.

Sur les inondations actuelles, Doumarsou André Sébastien déplore l'absence de l’aide de l'État aux sinistres du département de Mayo Boneye. Pour lui, on ne doit pas attendre un danger pour intervenir pendant que la population est sans abri, exposée aux intempéries « la population est sans sommeil depuis plusieurs nuits, vivant avec les vipères, les serpents. Nous allons continuer à fuir de temps en temps, continuer à être sans abri, continuer à pleurer avec nos enfants. ce n'est pas digne de nous en ce siècle présent », dit-il. Pourtant nous sommes des producteurs, nous représentons une frange importante de la population du Tchad, dit-il. Pendant nous sommes des agriculteurs, des éleveurs et nous sommes des intellectuels, le pays est constitué de nous.

Pour le collectif, nulle part au monde ce mode de vie est indigne d'un humain est acceptable. Alors il faut que le gouvernement intervienne pour trouver une solution pérenne en construisant des digues résistantes. Ils interpellent le gouvernement en se demandant si les autorités sont conscientes. « C’est injuste de laisser des êtres humains dans cette indigence », soutiennent les jeunes membres du collectif.

Ousmane Bello Daoudou

Les agents de l'Agence Nationale d'appui au développement rural (ANADER) ont organisé une assemblée générale ce lundi 17 octobre  pour clarifier la situation des paiements de leurs arriérés de salaires et les droits sociaux. Reportage.

Dans le cadre de la réforme des institutions de l'État, l'Agence Nationale d'appui au développement rural a été créée en lieu et place de l'Office National de développement rural (ONDR), de la société de développement du lac (SODELAC) et du programme national de sécurité alimentaire (PNSA). En raison de la conjoncture économique et financière difficile, les institutions fusionnées n'ont pas régulièrement bénéficié des crédits qui leur sont alloués durant les exercices budgétaires 2014, 2015, 2016. Cette situation est à l'origine des difficultés qu'avaient connues les institutions pour payer leur personnel. C’est ce qui a provoqué le lancement de la grève depuis quelques semaines. Les agents ont organisé une assemblée générale pour clarifier la situation.

Bagao Ndikrwe Bapinga, « nous avons suivi le dossier de bout en bout, de négociation en négociation de la haute autorité jusqu'à en ce moment ». Il ajoute que le dossier est présentement au niveau du Trésor puisque le Président de Transition (PT) a instruit le ministère de finances d’exécuter en priorité la situation de ANADER, dit-il.

Pour leur part les certains agents se disent satisfaits et d'autres non. « Nous ne sommes pas satisfaits de l'assemblée générale quand la note était sortie tout le monde est content croyant que le paiement est pour bientôt, mais jusqu'à là rien ne dessine », disent les employés. Pour cette dame le problème remonte à la commission qui avait proposé de soutirer 1% de la somme totale, 2 millions quelques, c'est pour cela cette commission a été dissoute par les autorités. Elle rajoute que des négociations se poursuivent que leurs délégués sont sur le point de débloquer la situation.

Ousmane Bello Daoudou

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