dimanche 2 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Les habitants du carré 9 de la commune du 7e arrondissement et ceux du carré 41 du 8e arrondissement ne s’entendent plus. La raison : ceux du carré 41 décident de bloquer le dalot pour empêcher d’être envahi par les eaux qui débordent du bassin de rétention situé au carré 9. Reportage.

En cette période de saison des pluies, les habitants de certains quartiers de la ville de N’Djamena ne se font pas de cadeau. C’est le cas des habitants du carré 9 du quartier Amtoukoui 1 dans le 7e arrondissement et le carré 41 du quartier Amtoukoui Koudou dans le 8e arrondissement. Raison de leur divergence : Chaque saison des pluies, le bassin de rétention situé dans le carré 9 se déverse dans les habitations du carré 41. Pour éviter de vivre les mêmes calvaires des années précédentes, les habitants du carré 41 ont cotisé pour acheter des Benz de remblais pour bloquer le passage d’eau. Ce geste est insupportable pour les voisins du carré 9, qui décident d’aller démolir éventuellement cette digue. Pour Prudence Nékouanodji riveraine du bassin de rétention au carré 9, les habitants qui vivent au tour du bassin ont trop souffert des inondations. « L’année dernière, on a beaucoup souffert, il y avait l’inondation totale, l’eau entrait même dans les chambres, ça n’a pas été facile », explique cette jeune dame. Mme Nékouanodji souhaite que l’État se penche sur leur sort en arrangeant les bordures du bassin de rétention.  Sur la question du blocage de la canalisation, cette dernière fait appel aux autorités de la commune du 7e arrondissement pour régler ce problème, avant d’ajouter que sans cela, la situation va s’aggraver cette année.

Abondant dans le même sens, Nadjitoydé Djasrangar Marius, souligne pour sa part que ce problème doit être rapidement réglé par les maires des deux communes. « Cette histoire a créé beaucoup de désordre l’année passée. Cette année nos voisins ont décidé de se mobiliser pour fermer le canal, le gouvernement doit prendre une décision ferme », explique M. Djasrangar Marius, avant de rappeler que l’année dernière, il y a eu des bagarres qui ont fait plusieurs blessés et demande aux deux maires de trouver une solution idoine. Vu la gravité de cette situation, les autorités des deux communes se sont rencontrées pour arranger ce différend.

Pour M. Pascal Kemkoï Gueou, maire premier adjoint, il faut être diplomate pour gérer ce genre de problème, et souligne qu’il ne faut pas appliquer la violence. « Par rapport à l’aménagement du bassin de rétention, les bordures qui viennent d’être aménagées pour empêcher l’eau de déborder, ce travail va soulager les populations riveraines », précise le maire premier adjoint. En ce qui concerne le dalot qui a été bouché par les gens du 8e arrondissement, M. Kemkoï Gueou, explique que c’est logique. « D’abord, ce n’est pas la mairie du 7e arrondissement qui a construit ce dalot. C’est construit pendant la période où on construisait l’avenue Taïwan, c’est prévu dans le plan, ce n’est pas nous qui avions construit ce dalot », précise-t-il.  Ce dernier était parti rencontrer Mme la maire du 8e arrondissement pour trouver une solution. « Nous avons fait des investigations autour du bassin avec le directeur de la voirie pour trouver une solution. Il nous a assuré qu’il va faire venir son service technique pour faire ce travail », ajoute, le maire premier adjoint. M. Pascal Kemkoï Gueou se dit surpris de l’agitation des populations des deux carrés qui ont toujours vécu en parfaite harmonie. Selon lui, il faudrait que le service de la voirie de la mairie centrale qui a pris l’initiative de faire ces travaux se prononce pour que les choses aillent dans le bon sens pour éviter les dégâts entre les deux carrés. La commune du 7e arrondissement a signé un accord avec la société Satom qui a commencé à aménager tous les bassins de rétention de cette commune.

Jules Doukoundjé

Le Premier ministre de transition, Pahimi Padacké Albert, a fait ce 13 juillet, une communication relative au dialogue national inclusif en vue. 15 jours ont été donnés à la société civile, aux partis politiques, etc. d’envoyer la liste de leurs représentants.  Retour sur cette communication avec Ialtchad Presse.

L’objectif de cette communication est d’inviter toutes les composantes des forces vives, les partis politiques, les associations de la société civile et les syndicats, les femmes et les jeunes, les chefs traditionnels et religieux, les personnes vivantes avec un handicap, la diaspora, etc. à s’organiser en toute liberté et transparence pour choisir leurs représentants au sein du comité d’organisation du dialogue national inclusif et ce, conformément aux dispositions du décret du 2 juillet 2021.

Selon Pahimi Padacké Albert, aujourd’hui, les divergences des Tchadiens portent, non pas sur le principe même de la transition et du dialogue qui fait l’unanimité, mais plutôt sur les démarches, les modalités et les conceptions que les uns et les autres ont de ce dialogue. Pour le Premier ministre de la Transition, c’est une tautologie que de dire que ces divergences autour des différentes visions du dialogue national inclusif ne peuvent être résorbées que par le dialogue lui-même et l’inclusivité.

D’après lui, c’est donc dans la recherche de la meilleure voie possible et de cette inclusivité, si chère à tous, que le président du Conseil militaire de Transition (CMT), Mahamat Idriss Deby, a signé le 2 juillet, un décret portant création d’un comité d’organisation du dialogue national inclusif. Ce décret fixe le cadre dans lequel les différentes composantes pourront choisir librement leurs membres au sein de ce comité d’organisation, dit-il. « Il est que le comité d’organisation ne peut compter en son sein 15 ou 16 millions de Tchadiens, mais la volonté du gouvernement est que chaque Tchadien s’y sente représenté et donc pleinement concerné par le dialogue inclusif, à commencer par sa préparation », a exprimé le Premier ministre.

Il souligne que le ministre d’État chargé de la réconciliation nationale et du dialogue se tient dès à présent à la disposition pour recevoir les listes de leurs représentants au sein du comité d’organisation du dialogue et, ce pendant les 15 jours qui suivront sa communication. « C’est dans cet esprit, que je voudrais avec toute l’humilité requise, vous demander, de placer votre curseur sur l’idée de la République et sur elle seule, au moment de faire le choix de vos représentants au sein du comité d’organisation du dialogue national inclusif », conclut Pahimi Padacké Albert.

La répartition, selon le décret du 2 juillet se fait comme suit : cinq membres du gouvernement, trois membres du cabinet du PM, cinq membres du CNT, 15 représentants des partis politiques, 10 représentants de la société civile et des syndicats, trois représentants des forces de défense et de sécurité, cinq représentantes des organisations féminines, cinq représentants des jeunes, trois représentants des religieux, trois représentants des chefferies traditionnelles, deux représentants des personnes vivant avec un handicap, trois représentants de la diaspora et cinq personnes ressources.

Allarassem Djimrangar

Brah Mahamat ministre a déclaré, 09 juillet que la fonction publique est saturée. Il appelle le patronat et les entreprises privées à mettre la main dans la patte. Ces propos a mise mal à l’aise les diplômés sans emplois et quelques citoyens que nous avons rencontrés ce 13 juillet 2021.  Vox pop

Fida Hoîssou Evelyne, est étudiante à l’université de N’Djamena : « J’étais choquée quand j’ai écouté les propos du ministre. Les jeunes espèrent un jour devenir des hautes personnalités et croient au changement de la situation du Tchad. Malheureusement les propos du ministre sont décourageants. Il parle des entreprises, or le climat d’insécurité, les impôts exorbitants et les taxes font peur et ne favorisent pas les investissements au Tchad. En réalité, il n’y a pas assez d’entreprises au Tchad pour recruter les jeunes diplômés comme le prétend le ministre. »

Ngamada Bertrand Ngabé, étudiant : « Je vois sa déclaration sous l’angle politique, parce qu’on sait que le Tchad a toujours besoin des ressources humaines mais c’est un problème de gestion de personnel qui se pose à mon avis. Je me demande si le gouvernement a une politique d’accompagnement du patronat lorsqu’il leur demande d’accompagner les jeunes. Une telle déclaration est un non évènement. »

Rongone Léopold : « D’après moi, ce ministre ne sait pas ce qu’il dit. Je ne lui donne pas tort. Un ministre de la fonction Publique digne de son nom ne pourrait pas dans le contexte actuel, dire que la fonction Publique est saturée. Quand on dit que la fonction publique est saturée cela signifie que les services de l’Etat fonctionnent d’une très bonne manière, c’est-à-dire aucune partie ne se plaint du service de l’Etat. Mais regardons ce que nous vivons au Tchad, l’OMS a décidé quelques conditions pour parler d’un état normal de la santé. Il y’a un nombre de la population par médecin, un nombre des élèves par classe mais y’a rien qui répond aux normes internationales. Il demande aux entreprises privées de recruter, il n’y a pas assez des entreprises sérieuses qui investissent au Tchad ».

Ngueneloum Blagué Sou, enseignant contractuel au lycée Sacré-Cœur de N’Djamena : « C’est de la poudre aux yeux la déclaration du ministre. Sur quelle base tient-il un tel propos ? Le nombre des élèves, des étudiants augmente chaque année et surtout ceux des écoles professionnelles qui sont formées spécifiquement pour un service donné. S’il y’a pas une alternative, qu’il se taise au lieu d’injurier la jeunesse. Le secteur de l’éducation à lui seul devrait observer 10000 enseignants par ans du moins tous les quatre ans. Le feu maréchal a promis 20000 emplois mais il n’ya que 6000 qui sont intégrés donc où sont passés les 14000 ? C’est pour leurs enfants ? C’est un refus et une pire méchanceté. A propos des entreprises, les impôts sont exorbitants et ne favorisent pas le climat d’affaire. Certaines entreprises qui sont déjà surplace ferment leurs portes et de nombreuses autres veulent déposer leurs valises au Tchad mais les conditions sont défavorables. Que vont faire les enfants des pauvres ? Mais on n’accepte pas ça et on va sortir dans la rue pour exprimer notre ras-le-bol ».

Allaressem Lucienne : « Quand l’Etat forme les jeunes, c’est d’abord pour la fonction Publique, c’est ce qu’on nous a fait croire. Et c’est pour cette raison, qu’on a étudié, déposé nos diplômes pour l’intégration. La grande surprise, on nous dit que la fonction Publique est saturée et que c’est les entreprises et les ONG qui devraient nous prendre en charge. Personnellement, je pense que ce n’est pas ce que le ministre devrait dire. Je suis touchée par sa déclaration, parce que j’attends l’intégration du ministère. Aujourd’hui, lorsqu’une personne est intégrée, ce n’est pas pour elle seule mais c’est l’espoir pour toute la famille. Avoir l’accès aux ONG est de plus en plus difficile à cause des exigences notamment des années d’expériences, des besoins en main d’œuvre etc. Je pense que ce ministre se moque des lauréats, et franchement, on ne sait pas s’il faut étudier ou pas ».                       

Réalisation Koumassen Juste & Orthom L’or    

Le dossier sur la hausse des prix des denrées de première nécessité sur les marchés de N’Djamena se poursuit. Votre quotidien s’est entretenu avec monsieur Daouda Alhadji, Secrétaire général(SG) de l’association des Droits des Consommateurs (ADC).

Selon le SG de l’ADC Daouda Alhadji, depuis plus de 10 ans qu’ils ne cessent de parler de cherté de la vie dans notre pays. Il indique que nous sommes dans un pays à économie de pénurie. « Il n’y a pas assez d’offres sur le marché sur toute l’année. Il y a certes des périodes de pic, mais la plupart du temps, lorsqu’on arrive à la période de soudure, l’offre n’est pas suffisante. La production nationale et les importations ne suffisent pas à la demande. Cela fait que nous sommes dans une situation d’insécurité alimentaire avec un marché mal organisé et sans concurrence », dit-il. Toujours selon le SG dans une telle situation, les opérateurs font ce qu’ils veulent. « Malheureusement, l’État en tant que régulateur ne fait rien. L’État doit veiller à l’approvisionnement des marchés de manière régulière sur les 365 jours de l’année ».

M. Daouda Alhadji, relève les causes de la flambée des prix des denrées alimentaires, en citant entre autres, la pénurie d’économie de la production, la dépendance aux importations extérieures, l’exportation d’arachides, la production agricole très fragile. Pour lui, le Tchad ne peut pas atteindre l’autosuffisance alimentaire à ce rythme. « Le ministère en charge du commerce doit organiser le commerce et avoir une base de données claire des importateurs et producteurs pour suivre leurs stocks. S’il y a aujourd’hui une pénurie, il n’y a pas assez de denrées sur le marché et cela amène les opérateurs économiques à spéculer », dit-il. D’après lui, le ministère de tutelle et celui d’agriculture ne sont pas prévoyants. Il souligne par exemple si le ministère d’agriculture annonce une mauvaise production agricole, automatiquement on doit s’attendre à une pénurie. « Il faut systématiquement donner les moyens à l’Office National de la Sécurité alimentaire(ONASA) afin de prévenir une telle situation. Donner également des autorisations aux importateurs pour combler le vide ». Pour le SG de l’ADC, le ministère en charge doit identifier des périodes de pic et anticiper, malheureusement il ne le fait pas.

« Il n’y a pas une politique de management de la consommation. Les commerçants vendent à leur guise, sans un prix affiché et avec de Koro non conforme. Chose écœurante, tout cela se passe sous l’œil de la mairie, du ministère de commerce et des autorités sécuritaires. Chacun s’enrichit comme il veut, on ne prévoit pas on n’anticipe pas, on prend des mesures lorsqu’il ne fallait pas, etc. », lance-t-il. M. le SG estime que des mesures pour exonérer les taxes des denrées de première nécessité auraient dû être prises trois mois avant pour que les marchandises qui sont au niveau de la Douane puissent arriver sur le marché pour combler ce besoin.

« Les consommateurs ne sont pas des consommateurs avertis… »

Les consommateurs devraient faire un choix, agir comme des consommateurs avertis, dit-il. Le défenseur des consommateurs conseille la population à chercher des produits de substitution. D’après lui, les ménagères doivent faire preuve de maturité dans les achats, malheureusement leurs multiples appels à l’ordre ne sont pas respectés.

« Nous avons proposé autant de solutions, mais elles n’ont pas été prises en compte de manière exhaustive comme nous les avions souhaitées. Il faut que le ministère de tutelle joue pleinement son rôle, le ministère de commerce je vous dis c’est une coquille. Il doit surveiller ce qui se passe sur le marché », affirme-t-il. Sous d’autres cieux, poursuit-il, on sait d’avance la quantité de produits qui est entrain de venir. « On tire la sonnette d’alarme et on prend des mesures anticipatives pour le corriger », relate-t-il. C’est une honte de continuer à importer du riz alors qu’on dispose de potentialités, souligne monsieur Daouda. « Notre souveraineté alimentaire dépend de la valorisation de nos potentialités agricoles. On importe quand on est dans l’impossibilité de le faire », note-t-il.

Le retard de délivrance des marchandises à la douane et la covid-19, créent de situations de spéculation, explique le SG. Il propose que le gouvernement sorte le stock au niveau de l’ONASA et les vendre afin d’aider les vulnérables. Selon lui en agissant ainsi, le spéculateur serait découragé. « Renforcer la capacité de cette institution de sécurité alimentaire à agir. Booster la production agricole, révolutionner le secteur de l’industrie. C’est toutes ces questions économiques qui peuvent résoudre à long terme ce problème », suggère-t-il a l’État. Monsieur Daouda Alhadji demande aux consommateurs de s’ajuster par rapport à leur bourse.

Moyalbaye Nadjasna

Le prix des denrées flambe chaque jour sur les différents marchés de N’Djamena, capitale tchadienne. Les ménages crient leur désarroi. Ialtchad Presse a fait un tour dans les trois grands marchés de la capitale pour s’enquérir de la situation. Reportage.

Quartier Ambassatna, 3e arrondissement, se trouve le « Souk kebir » en arabe tchadien signifie grand marché. Ici les denrées alimentaires sont vendues en gros, pas des petits clients. Sauf les semi-grossistes qui raflent quelques sacs du riz importé. Ils refusent d’être photographiés ni se prononcer. Nous continuons à « Souk Khaala », marché à mil. Nous abordons les ménagères qui s’expriment sous l’anonymat. « Les prix des denrées alimentaires sur le marché grimpent. Les prix sont passés du simple au double voire triple. Difficile d’expliquer le pourquoi », confient-ils.

10 heures marché de Dembé dans le 7e arrondissement de la capitale. D’habitude, ce marché grouille le monde. A l’aile droite du marché se trouve une unité de contrôle de la mairie. Nous sommes au cœur des étals. Nous rencontrons Laouroutou Isabelle, vendeuse d’arachides, la cinquantaine révolue. Selon elle, cette année, l’arachide se pèse par kilogramme. Elle rajoute que l’année dernière, le prix était nettement mieux. « Nous achetons de chez les semi-grossistes à 1250 FCFA le Koro.  Nous revendons à 1500 après avoir passé au feu. Ce que nous vendons, c’est pour faciliter la tâche aux femmes qui veulent faire la pâte », dit-elle. D’après elle, les semi-grossistes disent que les grossistes exportent une bonne partie d’arachide décortiquer vers le Cameroun et le Nigeria. C’est la raison pour laquelle les prix grimpent, renchérit-elle. « En toute sincérité, même le fait qu’on revende à 1500 FCFA, nous perdons, car pour griller l’arachide, il faut acheter du bois de chauffe, du charbon ou utiliser le gaz », justifie la vendeuse.

Rassem Beatrice, ménagère de son état se pointe devant l’étale du riz. Pour elle, la presse c’est une occasion à saisir pour dénoncer ce qui se fait sur les marchés actuellement. « Vraiment le prix des denrées alimentaires nous asphyxie, On est obligé de s’accrocher, mais c’est difficile. Ce n’était pas comme ça avant. Le riz local dans le passé le Koro est à 1000FCFA, maintenant c’est à 1300, une autre variété qui est importée qui se vendait à 1200, actuellement c’est 1500. Pour l’huile n’en parlons même pas. Le bidon de 5 litres à 5000FCFA se vend à 7000FCFA. Le Koro de mais qui était vendu à 750 F se vend maintenant à 1000 F. Je me demande si on arrive en pleine saison de pluie on sera dans le calvaire total », dit-elle désemparée. Elle rajoute que c’est difficile pour les familles nombreuses.

Une autre ménagère requérant l’anonymat affirme, « on dirait les autorités sont indifférentes de cette la flambée du prix des denrées de première nécessité. Vous voyez, je suis dépassée, même pour acheter ce ¼ du Koro du riz local, on me parle de 375 FCFA. Pourquoi, toute cette souffrance au Tchad, il faut que Dieu ait pitié de nous les pauvres », lance-t-elle.

Et arrêté du 22 juin 2019 du Commerce ?

Rappelons qu’un arrêté du 22 juin 2019 du ministère du Développement industriel, commercial et de la Promotion du secteur privé a rendu publique une liste comportant les prix de vente maxima des produits alimentaires locaux et importés de première nécessité dans la ville de N'Djamena. 14 types (confère. Arrêté) de produits alimentaires locaux et sept types. Pour accompagner le gouvernement, la Chambre de commerce, d’industries, d’agriculture, des mines et d’artisanat (CCIAMA) avait lancé en 2019, l’opération « juste prix ». Elle avait pour but de permettre à la population d’acheter et de consommer des produits de première nécessité en fonction de sa bourse. Mais aussi et surtout, réduire la cherté de la vie. Où en est ce projet ?

En plus, un numéro de téléphone le 1212 a été mis à la disposition des consommateurs en cas de nécessité, pour dénoncer les commerçants véreux. Les consommateurs le savent-ils ? Pas sûr.

Moyalbaye Nadjasna

Suite de notre série sur la ville de Sarh. Le lycée d’Enseignement de technique industrielle de Sarh (L.E.T.I. S) a pratiquement fini son programme scolaire.  Les enseignants sont dans les révisions des matières avec leurs élèves. Enseignants, chef d’établissement et élèves se disent tous prêts pour affronter les examens de fin d’année. Reportage.

Face au terrain Roi, non loin du centre culturel Don Bosco, se dresse le bâtiment du réputé lycée d’Enseignement de technique industrielle de Sarh (L.E.T.IN. S). Il fait dos à l’autre grand lycée Ahmed Mangué, l’autre grand lycée. Créé vers 1944, en tant que Collège d’Enseignement technique (CET), plusieurs reformes l’ont fait aboutir en actuel L.E.T.IN. S.

Il était 11heures, heure locale lorsque nous franchissons la cour de cet établissement de formation technique et professionnelle. Élèves et enseignants tiennent le même langage et tous disent être prêts pour le baccalauréat. Allarabeye Ngon-Assingar est élève en terminale BT électrotechnique. Selon lui, les examens se préparent dès la classe de seconde. « C’est depuis deux ans déjà que je commençais à préparer le baccalauréat. Maintenant, je suis en terminale et je ne suis pas paniqué. Malgré les difficultés dues à la covid-19, nos enseignants sont mobilisés pour nous encadrer. Nous avons fini avec le programme ici au LTI de Sarh. Nous sommes dans les révisions », déclare-t-il.

Une autre élève, une fille, elle requiert l’anonymat. « Je suis prête pour affronter le baccalauréat. Les enseignants ont fait de leur possible, maintenant la balle est dans notre camp. Comme vous nous voyez, nous sommes en petits groupes sous l’ombre des caïcédrat pour discuter sur certains points de nos leçons », confie-t-elle.

Selon le proviseur, M. Djingambaye Nadjingar, dans le Moyen Chari en général, les cours ont démarré en octobre et la seule perturbation c’était la grève de la plateforme durant 2 semaines. D’après lui, le premier calandrer des examens fixés par les autorités au mois d’août allait rallonger les choses. Avec ce calendrier des examens réaménagé, dit-il,  les étudiants vont aborder les épreuves dans de bonnes conditions. Il rajoute qu’ils  vont continuer à préparer les enfants jusqu’à une semaine des examens. « Il n’y a pas de souci majeur. On est à 90 % du programme réalisé. Tout prendra fin d’ici la fin du mois de juin. Je conseille à tous les élèves de se concentrer et se mettre résolument au travail. Qu’ils révisent leurs leçons avec beaucoup de discernement et de sagesse. Un tel état d’esprit leur permettra d’être prêt le jour ‘J’ », note le proviseur. Il précise en outre que c’est un moment aussi d’auto-évaluation.

La spécificité du Lycée industriel

Pour M. Djingambaye Nadjingar, la particularité du LTI s’explique par le fait qu’il s’agit d’un enseignement technique et professionnel. Les cours sont orientés vers les techniques, explique-t-il. Autre spécificité a relevé indique-t-il, la composition du baccalauréat des techniciens est plus longue et ça prend un peu du temps par rapport aux autres. « Ce qu’on déplore très souvent c’est que quand on aborde la filière BT, les matières d’œuvres ne viennent pas à temps pour qu’on puisse finir au délai indiquer. Et cela nous perturbe chaque année. Alors nous plaidons auprès des organisateurs pour revoir cette question et nous faire parvenir les matières d’œuvres à temps tout en lançant la première phase », plaide-t-il. D’après le proviseur, la composition des techniciens se fait en trois phases. « La phase matières professionnelles qui prendra au moins 3 jours, la phase des travaux pratiques qui prendra 5 à 1 semaine. Ensuite, c’est la proclamation des résultats d’admissibilité. Et enfin, vient la composition des matières générales qui clôturent les examens du BT. C’est cela qui fait que le BT prend du temps et est spécifique à l’enseignement technique», détaille-t-il.

Le Lycée d’Enseignement technique industriel de Sarh, compte la section Technique Industriel TI (série E) et la section Brevet de Technicien BT avec deux filières notamment la mécanique auto et l’électrotechnique. L’option construction métallique qu’on a été créée cette année, la première cuvée est encore en classe de seconde.

Moyalbaye Nadjasna

La direction générale de la Gendarmerie nationale a présenté le résultat des opérations qu’elle a menées durant le 1er semestre de l’année 2021. Un résultat satisfaisant, selon son directeur Djontan Marcel Hoinati. Reportage.

Klessoum, QG de la Direction générale de la Gendarmerie nationale du Tchad. La pluie fine de ce vendredi 9 juillet n’a pas empêché les éléments en tenue de se rendre à leur service. Dans la vaste cour, des hommes en treillis traînent çà et là. La cérémonie de présentation des présumés malfaiteurs appréhendés se prépare. Des engins récupérés sont rangés d’un côté, sur une bâche, des armes à feu et des armes blanches sont exposées. De l’autre côté, c’est la place de la cérémonie.

À l’étage, dans la salle de réunion, le directeur général de la Gendarmerie le Général Djontan Marcel Hoinati, fait face à la presse. Il présente le bilan des opérations menées sur l’ensemble du territoire au cours du 1er semestre de l’année. D’après le directeur, le bilan se présente comme suit : 230 présumés malfrats ont été appréhendés, 245 armes à feu et 231 armes blanches ont été saisies. Une grande quantité des produits psychotropes récupérés, 48 motos sans pièces justificatives saisies, 18 motos volées récupérées, trois véhicules volés, dont deux, appartenant à au ministère de la Justice sont retrouvés. Pour le directeur général de la Gendarmerie, c’est un résultat satisfaisant. Ce, grâce aux moyens que l’Etat a déployés. « Je remercie les plus hautes autorités pour les moyens mis à la disposition des éléments de la Gendarmerie pour l’accomplissement de notre mission », dit le Général Djontan Marcel Hoinati. Le patron de la Gendarmerie appelle la population à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre afin de démasquer les malfrats qui écument les quartiers et ôtent le sommeil aux paisibles citoyens.

À la fin de la cérémonie, 18 présumés malfrats parmi lesquels figure un militaire ont été présentés à la presse. Des motos, des armes à feu et armes blanches, un minibus et des produits psychotropes saisis ont également été exposés. Ces présumés fauteurs de troubles seront remis à la Justice pour répondre de leurs actes.

À la question de savoir si la Gendarmerie a souvent affaire à des récidivistes, le maître de cérémonie répond que c’est exact. « La Justice a ses règles. Quelquefois pour raisons de preuve ou de qualification, certains présumés malfaiteurs se retrouvent en liberté. D’autres sont condamnés, mais à la fin de leur peine, ils reprennent avec leurs activités de banditisme ».

Christian Allahadjim

La Justice ne fonctionne pas sans ses auxiliaires notamment les avocats, les huissiers et les notaires. La grève illimitée lancée des magistrats lundi ne laisse aucun acteur judiciaire indifférent. Les auxiliaires pensent que les plus hautes autorités doivent s’assumer entièrement pour établir un climat serein de travail pour tous. Reportage.

11 heures, nous franchissons la cour du ministère de la Justice tchadienne sis à Diguel, dans le 8e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne. Derrière le bâtiment se trouve un joyau isolé. C’est le bureau du Bâtonnier Me Dionro Djerandi Laguerre. Très courtois, le Bâtonnier nous reçoit. Quelques minutes de familiarité, nous échangeons ensuite sur la colère des acteurs judiciaires après l’assassinat du procureur de la République du Tribunal de Grande Instance (TGI) d’Oum-Hadjar. « C’est une perte et c’est bien déplorable. En principe la vie humaine est sacrée. Elle ne devrait pas être ôtée. Vous voyez qu’il est assassiné dans l’exercice de sa fonction. C’est bien dommage. Cela rejoint les multiples cas d’insécurité constatés dans le milieu judiciaire que nous avons toujours dénoncé dans le passé », lance Me Dionro Djerandi Laguerre. Selon lui, ils ont toujours appelé les autorités à assumer leur responsabilité en assurant la sécurité des acteurs judiciaires dans leur ensemble.

Pour le Bâtonnier, le problème d’insécurité au Tchad est d’abord général. D’après l’avocat, déjà l’entrée au palais de justice de N’Djamena laisse à désirer. « Elle n’est pas normalement contrôlée. Les gendarmes se retrouvent-là sans minutions. Ils ne sont pas remplacés régulièrement. Ils sont les mêmes. Ils finissent par s’habituer au public ou aux justiciables qui viennent. Mais tous ceux qui y entrent ne sont pas forcément de justiciables qui ont un dossier au palais », dit-il. Me Laguerre démontre le phénomène en citant l’exemple des démarcheurs et des vendeurs ambulants et beaucoup de gens qui viennent pour d’autres intérêts. Il déplore la persistance de ces habitudes parfois cautionnées par eux-mêmes les acteurs judiciaires. « Il faut que je le dise pour le déplorer. Et s’il y a des démarcheurs, ils font du démarchage auprès de qui ? Est-ce auprès des avocats, des magistrats ou des greffiers etc. ? mais si c’est cela, et bien c’est déplorable. Il faut que cela change », dit-il.

Le Bâtonnier estime qu’il faut un climat serein de travail pour les acteurs judiciaires afin que les magistrats rendent des décisions dans de conditions de sécurité. « Imaginez qu’on abat lâchement comme ça un président de tribunal. Demain ça sera le tour d’un avocat, greffier, huissier ou notaire. Nous avons vu dans le passé les avocats et les huissiers être menacés. Nous appelons les autorités à plus de responsabilités et a créé des conditions de sécurité au palais de justice », confie Me Laguerre. Selon lui, l’État doit être construit un palais de Justice digne de ce nom avec de conditions normales de sécurité afin qu’il y ait un tri à l’entrée. « Aujourd’hui, les gens entrent avec des armes à feu et de couteaux sans être inquiétés, ce qui leur permet de faire ce qu’ils veulent et repartir en toute impunité. Quelquefois, ils sont arrêtés poursuivis et jugés et mis à la maison d’arrêt. Au bout de quelques jours, ils sont dehors pour narguer encore leurs victimes », affirme le Bâtonnier.

« Investiguer et dénicher les complices d’assassin du PR d’Oum-Hajar …»

L’avocat propose une investigation pour découvrir ce qui se cache derrière l’assassinat du PR d’Oum-Hajar. Pour lui, le phénomène de la corruption est réel dans le milieu judiciaire, il faut être inconséquent pour ne pas le reconnaître. « Cela touche tous les acteurs judiciaires. Nous travaillons à combattre cette pratique. C’est dans cette optique que j’inscris mon mandat en tant que Bâtonnier. Mais cela ne justifie en rien qu’un acteur judiciaire soit lâchement abattu. Il y a d’autres voies judiciaires pour la poursuite les corrupteurs et les corrompus qu’ils soient magistrats ou avocats ». D’après Me Laguerre, les acteurs judiciaires en leur sein doivent s’amender. Ils doivent revoir leur méthode de travail, de gestion des affaires judiciaires, pour plus de sécurité juridique et judiciaire. « Nos concitoyens doivent comprendre qu’il n’y a aucune raison pour qu’on puisse porter atteinte à la vie d’un être humain de façon générale d’un magistrat ou pour le cas particulier d’un autre acteur judiciaire », a-t-il ainsi terminé.

Me Djomia Germain est le Président de la Chambre Nationale des Notaires du Tchad.  « C’est avec une grande consternation et beaucoup d’indignation que nous avons appris l’odieux assassinat du Procureur d'Oum-Hadjer. C’ est le symbole de la force de l’État qui est nié. Et qu’il soit assassiné en service, au sein du palais de la Justice, on a l’impression que le contrat social est rompu », dit-il.

Selon lui, les notaires, officiers publics, auxiliaires de la Justice, sont également victimes d’agression. Il rajoute qu’un sérieux problème existe. « Je suis sidéré d’écouter certains compatriotes dire que les magistrats sont victimes de leurs propres turpitudes. Ce n'est pas sérieux. Il y a des magistrats très intègres qui font leur travail avec probité. Hamba qui vient d'être assassiné, son honnêteté et sa compétence sont de notoriété publique », s’insurge-t-il. Me Djomia Germain souligne que, même parmi les tomates pourries, on trie celles qui sont en bon état. Pour lui, il serait très aventureux de généraliser la corruption à tous les magistrats. « Et même là, quand un justiciable se sent lésé par une décision de justice, la loi lui offre des voies de recours : appel et pourvoi. Quant à se rendre Justice soit même en éliminant un magistrat, cela relève d’une sauvagerie inouïe ».

Moyalbaye Nadjasna

La cohabitation semble difficile entre les chefs de carrés 14 et 35 du quartier Ngone Baah village, situé derrière le cimetière chrétien de Toukra, dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena. Raison de leur litige : un terrain appartenant à une tierce personne sous-loué à un commerçant entrepreneur, vendeur du sable et de remblais. Reportage.

Les chefs des carrés 14 et 35 du village Ngone Baah, dans la commune du 9e arrondissement de la ville de N’Djamena, sont à couteau tiré. La pomme de la discordance :  un terrain appartenant à une dame, utilisé par un entrepreneur pour stocker du sable et de remblais. Pendant des années, ce terrain privé était utilisé par les jeunes du quartier pour jouer au football. Mais cette année, avec l’approche de la saison des pluies, un commerçant entrepreneur s’est approché du chef de carré 14 pour lui demander l’autorisation de stocker sa marchandise. Ce dernier obtient l’aval du chef carré, mais l’autorisation est aussitôt contestée par le chef de carré 35. Pour le chef de carré 14, le commerçant qui cherchait un terrain vide s’est approché de lui pour avoir l’autorisation d’utiliser le terrain pendant cette saison de pluie en contrepartie d’une somme d’argent ou de remblais. « Le terrain appartient à une femme, c’est son mari qui le lui a acheté. Le commerçant était venu me demander l’autorisation pour stocker son sable, j’ai appelé la dame pour l’informer et elle a accepté », explique le chef de carré 14, monsieur Bételem Jérémie Béssingar.

Monsieur Béssingar se dit surpris du comportement de son collègue, du carré 35. « C’est la propriétaire du terrain qui a donné l’ordre au commerçant pour utiliser le terrain, ce n’est pas moi », précise ce dernier, avant d’ajouter que ce n’est pas un terrain de l’État. Le chef de carré 14 balaie du revers de la main les allégations de son collègue du carré 35. Au sujet de l’insécurité que ce tas de sable pourrait éventuellement constituer, monsieur Bételem Jérémie Béssingar, affirme que le stockage du sable ne constitue pas un danger pour les habitants du quartier. « Pour tirer au clair la situation, j’ai demandé au délégué du quartier de venir faire le constat, et c’est fait. Le délégué lui a intimé l’ordre de cesser de perturber les gens », explique-t-il. Les habitants de Ngone Baah, surtout ceux du carré 14 et 35 ont toujours vécu en harmonie pendant des années, mais avec le stockage du sable et de remblais, la mal-compréhension semble opposer leurs deux chefs.

 « Je cherche une collaboration pacifique avec les autres chefs de carrés du village Ngone Baah, c’est moi-même qui ai proposé au délégué le jeune frère pour être le chef de carré 35. Jusqu’à présent, il n’a pas encore obtenu le document, mais il agit dans l’illégalité », s’offusque-t-il. Monsieur Béssingar indique que le chef de carré 35 a une mauvaise réputation dans le village Ngone Baah, et que le délégué du quartier se plaint tout le temps de son écart de comportement. Selon lui, sur les 12 chefs de carrés que compte le quartier Ngone Baah, le chef de carré 35 est le seul type qui a un écart de comportement et cela lui a valu le sobriquet de « mal garé ».

Pour le gardien et beau-frère de la propriétaire du terrain qui est à l’origine du différend entre les deux chefs de carrés, c’est un problème de manque de communication. Il estime que le chef de carré 35 n’a pas cherché à se renseigner avant de mobiliser les gens. « Ce terrain est acheté depuis 1988, c’était la brousse, c’est moi qui utilisais pour labourer avant que les services cadastraux ne viennent tracer les routes » dit le gardien monsieur Mbaihamné Christoph. Ce dernier relate que le commerçant et la propriétaire se sont entendu avant que les camions Benz ne viennent déposer le sable. « Le commerçant et ma belle-sœur se sont entendu et qu’en contrepartie, le commerçant doit déposer trois Benz de terre d’une valeur de 105.000F CFA. » précise-t-il. Monsieur Mbaïhamné souligne que c’est lui-même qui a montré les limites du terrain au chauffeur, tout en lui disant de les respecter.

Le contre-pied du chef de carré 35

Le chef de carré 35 M. Mbaïro Kiramian prend le contre-pied en indiquant que le stockage dans un quartier qui n’a pas de canalisation ne doit pas être géré par les chefs de carrés. « C’est la mairie du 9e arrondissement qui doit donner l’autorisation et non un chef de carré, moins encore un individu », rétorque-t-il. Selon lui, c’est un stockage anarchique qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour les populations dans les jours à venir. Monsieur Mbaïro a par ailleurs précisé que, la démarche entreprise va certainement léser les riverains si l’on ne se dépêche pas de creuser une canalisation pour permettre à l’eau de pluie de circuler normalement. Toutefois, il faut préciser que les reporters du journal ialtchad ont constaté que le stockage n’a pas obstrué la voie publique.

Le village Ngone Baah, un quartier de la commune du 9e arrondissement de la ville de N’Djamena, serait créé en 1930 par les pêcheurs Ngambaye venant des villages de Béladja et de Mbaouroï dans le Logone Occidental. Ngone Baah qui signifie petit fleuve en Ngambaye. C’était le bras du Chari qui s’est asséché et devenu une carrière derrière le quartier Ngone Baah village.

Jules Doukoundjé

Les victimes du régime de l’ancien Président Hissène Habré menacent d’aller camper dans les jours à venir devant la Présidence de la République si le gouvernement ne répond pas à leurs doléances. Ils réclament le paiement de leurs indemnisations estimées à plus 75 milliards de francs CFA. Reportage.

Les femmes victimes du régime de l’ancien président Hissène Habré ne supportent plus qu’on les traîne. Elles menacent de camper à la Place de la Nation si les autorités de transition ne les satisfont pas. La Secrétaire générale (SG) des victimes du régime de Hissein Habré, madame Ginette Ngarbaye, estime que le silence des autorités tchadiennes et de l’Union africaine (UA) est une violation des droits humains. Selon la SG, les indemnisations réclamées ne sont pas une mendicité, c’est un droit. « Nous avons gagné les deux procès de N’Djamena et de Dakar depuis 6 ans et les autorités tardent à nous rétablir dans nos droits. Cela ressemble à de la mauvaise foi », affirme-t-elle. Toujours selon Mme Ngarbaye, il n’y a pas de raisons pour retarder l’indemnisation des victimes qui sont toutes des personnes du troisième âge.

Pour cette dernière, l’état serait en train d’organiser une mort lente et à petit feu des femmes veuves et victimes du régime de l’ancien président Hissène Habré. Cet avis est partagé par la plupart des femmes rencontrées au siège de leur association située au quartier chagoua dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena. Sarah NDotta, veuve et victime se dit déçue du comportement des autorités tchadiennes. Mme Ndotta s’exprimait avec colère, elle souligne que le comportement des dirigeants actuels lui rappelle les moments douloureux du temps de l’ancien régime Habré.

 Sarah Ndota qui faisait partie des jeunes lycéennes enlevées par les éléments de la DDS explique que «il a fallu plus de 25 ans de lutte pour arriver au bout du tunnel, mais les autorités tchadiennes et l’UA cherchent à confisquer leur victoire ». Ce retard serait la cause de la mort de beaucoup de leurs compagnons de lutte. Toutefois, elle précise que si rien n’est fait, aucune victime ne pourrait recevoir son indemnisation. Pour Mme Fatimé Mahamat Seide Bani, il faut passer à la vitesse supérieure en organisant tous les jours les manifestations. « Nous avons trop patienté, mais les autorités refusent de nous comprendre. La Seule manière de nous faire entendre est de camper tous les jours à la Place de la Nation », déclare la cinquantenaire bien voilée. Fatimé Mahamat Seide Bani, victime  indirecte du régime de l’ancien Président Hissène Habré avait perdu ses parents pendant le règne de plomb du Président Hissène Habré. Elle se dit soulagée par les deux procès, avant de préciser que le manque de volonté du gouvernement est une injure à leur égard. L’indemnisation des victimes du régime de l’ancien Président Hissène Habré est estimée à une somme de 75 milliards de FCFA. 

Hissène Habré, 74 ans, a été condamné le 30 mai 2016 pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « tortures » et « viols » par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre l’UA et le Sénégal, où il s’était réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par le défunt président tchadien Idriss Deby Itno.

Jules Doukoundjé

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