dimanche 2 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Une femme enceinte est vulnérable. Elle est exposée à plusieurs risques liés à son état. Un suivi sanitaire de la mère et du fœtus est indispensable. Selon les spécialistes une consultation prénatale est recommandée. Reportage.

Souvenir Pauline est Sage-femme et RCS du Centre de santé de 3 zones : Ardep-djoumal, Kabalaye et Sabangali (AKS). La cinquantaine, taille moyenne, elle est presque la doyenne des sages-femmes. Selon elle, le sujet est indispensable parce que la vie humaine en dépend. Elle signifie que, la consultation prénatale (CPN) est un processus de préparation d’une femme enceinte pour un accouchement probablement saint. La CPN dit-elle, s’étale sur quatre temps. « Le premier temps commence à partir de 4 mois quand on voit l’enfant bouger. La femme peut déjà prendre la fansidar, on lui fait un bilan de santé. Et elle se soumet à l’échographie pour voir l’évolution de l’enfant. Le deuxième temps, la femme est soumise au Vaccin anti Tétanique 2 (VAT2) puis revient 1 mois après. À 6 et 8 mois, elle revient voir son médecin. Enfin, au dernier trimestre si elle ressent des malaises elle doit revenir, même en dehors des rendez-vous », explique-t-elle.

Pour la sage-femme, la CPN est importante. Elle permet de débusquer certaines maladies chez les femmes enceintes. « Le premier, rendez-vous, c’est la CPN1, on lui fait le bilan surplace au centre de la santé », dit Mme Souvenir Pauline. D’après elle, toute femme qui veut que son bébé soit en bonne santé le fait. Lors du bilan de santé, plusieurs tests de dépistage sont effectués. Entre autres : VIH/Sida, hépatite, paludisme, tension artérielle et la glycémie pour le diabète. Pour le VIH/Sida, si le test se révèle positif, la femme enceinte est systématiquement soumise au traitement aux anti rétroviraux (ARV), déclare la Responsable du Centre de Santé.  « Cela permet de diminuer le taux de charge du virus et préserver ainsi la vie de l’enfant. A l’accouchent, les nouveau-nés sont testés négatifs. On appelle cela la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) ».

Pour l’hépatite B, déclare-t-elle, si le résultat se révèle positif, les nouveau-nés sont vaccinés à la naissance. Cette méthode évite la contamination de l’enfant par l’allaitement. Mme souvenir note également que le groupage sanguin est aussi effectué. Pour Mme Souvenir Pauline, si le groupe sanguin de la femme est très tôt connu, elle peut échapper aux fâcheuses conséquences psychologiques de l’enfant mort-né, les enfants qui meurent à la naissance. Pour le cas de forte tension, la femme risque une crise d’éclampsie pendant l’accouchement. Pour la glycémie, dit-elle, la femme diabétique accouche d’un gros nourrisson.

 Examens pas tous gratuits

Au centre de la santé, deux femmes sont assises. Elles attendent d’être consultées. Le centre est très calme contrairement à d’habitude. « Nous respectons les rendez-vous que les sages-femmes nous donnent » déclarent-ellesUne troisième femme assise derrière un pilier en béton du bâtiment. Elle affirme être venue sans rendez-vous pour consulter les sages-femmes pour des conduites à tenir. Elle a un malaise et fait du vertige.

Le Centre tourne à pleine capacité, mais les difficultés ne manquent pas. Certaines femmes dit-elle, respectent la CPN mais d’autres non. « Certaines femmes sont démunies. Et les examens ne sont pas gratuits à part le dépistage de VIH/Sida. Par exemple, elles ne font pas le bilan santé. Elles ne reviennent pas parce qu’elles ne peuvent pas payer les frais. D’autres ne le font pas par négligence. Des examens gratuits à la CPN, cela pourrait aider les femmes »

 « Entre temps, Expertise France nous appuyait en nous livrant des vaccins contre les hépatites. Donc le dépistage et le vaccin sont gratuits pour les femmes. Maintenant, on n’a plus un partenaire qui nous appuie », plaide Souvenir Pauline. Elle demande à l’État et ses partenaires de rendre les examens de la CPN gratuits ou de les subventionner afin d’aider les femmes. « L’accouchement est gratuit, mais si cela nécessite des produits, la femme doit acheter les médicaments. On ne se comprend pas avec les femmes. Lorsqu’elles accouchent, elle croit que tout est gratuit. Or c’est l’acte d’accouchement qui est gratuit, les produits ne sont pas gratuits ».

Ce sont les produits les produits antipaludiques et les ARV qui sont gratuits.  Il n'y a pas longtemps, l’État remettait des moustiquaires aux femmes, maintenant il n’y a rien. « En fait, une femme enceinte lorsqu’elle attrape le paludisme elle risque de tomber dans l’anémie qui provoquera l’avortement, ou un accouchement prématuré », dit-elle.

En attendant que l’État agisse, Mme Pauline demande aux hommes de prendre en charge les frais d’examens médicaux de leur épouse.  « Je souhaite aussi que les époux accompagnent leurs épouses pour voir les réalités ».

Moyalbaye Nadjasna

Créée en 2019 par Gamaigué Watouing Léonard, l’école pour les enfants des éleveurs nomades a deux niveaux. Ialtchad Presse vous amène à la découverte cette école spéciale, dirigée par un homme à part dans la petite forêt de Walia. Reportage. 

Elle n’a rien à envier à école moderne avec des salles de classe en béton, des tables-bancs, un terrain de sport, etc. C’est à l’ombrage d’un nimiers, un tableau adossé contre le tronc, une forêt d’arbres au milieu d’un campement d’éleveurs nomades à la sortie sud de N’Djamena, la capitale.  Il est 8h. Sur le tableau il est écrit mercredi 3 février, M. Gamaigué Watouing Léonard, l’instituteur et fondateur est présent malgré le froid. Étudiant en Master 2 en Sciences de l’éducation, il est bien là fourré dans son manteau. Il est sur place depuis 8 heures. Les cours commencent à 8h30mn pour finir à 11h00mn du lundi au vendredi. Une table et une chaise lui font office de bureau. Un tableau est installé juste à sa droite. En face de lui, une soixantaine d’élèves du Cours préparatoire niveau 1 (CP1). Deux tapis, offerts par une ONG nationale, servent de tables-bancs. Assis pêle-mêle dans un brouhaha interminable, ardoises et cahiers de 32 pages en mains, les élèves du CP1 ont répondu présents à la séance du jour. Tant bien que mal, le maître Gamaigué Watouing Léonard tente de rendre moins bruyante la classe. Mésié, mésié, mésié, (mauvaise prononciation de monsieur) fusent de partout. Mais l’instituteur reste imperturbable.

La leçon du jour porte sur les chiffres de 0 à 10. Léonard les reproduit au tableau. Après plusieurs exercices de répétition vient le tour des écoliers de passer au tableau. « Qui va passer au tableau ? », demande Léonard. « Moi, moi, moi », répondent à la fois les élèves. Si certains attendent que le maître les désigne, d’autres se donnent volontiers. Puis arrive le moment de recopier sur les ardoises ou les cahiers. Un exercice délicat. Et enfin, le maître note.  

Répondre à un besoin

Le fondateur de cette école spéciale pour les enfants d’éleveurs nomades explique que la création de cette école de fortune est partie d’une constatation. « Un matin je partais à Toukra. J’ai vu les enfants des nomades en train de jouer sous les arbres. Ils étaient nombreux », dit-il. Et rajoute « C’était vers 8h du matin. Cela m’a touché. Je me suis demandé pourquoi tous ces enfants traînent à la maison. Leur place est à l’école. Et l’idée de créer cette école à germer dans ma tête », lâche-t-il. Gamaigué Watouing Léonard a rencontré les parents des enfants, « je leur ai expliqué mon idée. Ils ont accepté sans condition. J’ai démarré ».

Le jeune instituteur s’est engagé, « j’avais un peu d’argent entre temps. J’avais acheté un morceau de plafond et de « lambour ». J’ai fabriqué un tableau. Et l’aventure a commencé et dure encore depuis 2 ans ». Les élèves issues de la première promotion sont maintenant au CP2. « Après évaluation, ceux qui ont un niveau de compréhension acceptable sont admis au niveau suivant », explique le fondateur. Malheureusement, cette école n’est pas encore reconnue par l’administration tchadienne. Donc aucun document n’est délivré aux apprenants. « L’essentiel est que ces enfants puissent apprendre à lire, écrire et compter en Français. Le droit à l’éducation est fondamental », dit l’instituteur avec fougue.

Les difficultés sont énormes de cette école à commencer par le cadre et les autres conditions d’études. M. Gamaigué Watouing Léonard ne compte pas abandonner « si nous avons tenu près de 2 ans, ce n’est pas demain qu’on va abandonner ». Bien que chômeur, Léonard dit accomplir cette tâche par passion et non par ce qu’il est en chômage. Il dit être fier de son œuvre bien que n’ayant ni un salaire ni un quelconque avantage « ma récompense est la reconnaissance des parents d’élèves et des élèves. Cela suffit à mon bonheur ».

Christian Allahadjim

Suite à un communiqué de presse signé par la Cellule SET de Walia, le 17 février, les activités pédagogiques au lycée et collège de Walia sont suspendues. Objectif, libération immédiate et sans condition des élevés, enseignants et responsables de cet établissement public arrêtés par la police, le 15 février passé. Selon janvier Adamou secrétaire général cette suspension, compte du jeudi, 18 au samedi 20 février. Ialtchad Presse est allé s’imprégner de la réalité du terrain. Reportage.

Lycée et collège de Walia, il est 11 heures passées. Un silence cimetière règne dans la cour. Tout est suspendu, cours et activités pédagogiques du jeudi 18 au samedi 20 février. Et les autorités administratives et la cellule des Syndicats des enseignants tchadiens de Walia ont tour à tour arrêté leurs activités. Selon le communiqué de presse de la cellule, c’est suite à la bavure policière du 15 février lors d’une manifestation qui ne concernait en rien les élèves. Pour le signataire, janvier Adamou, secrétaire général, les forces de l’ordre ont tiré de lacrymogène dans la cour du lycée, saccagé les salles et bureaux, bastonnés, arrêté et humilié les enseignants et le personnel administratif de l’établissement. « La cellule du SET demande aux autorités compétentes de protéger les enseignants de cet établissement dans l’exercice de leur fonction. Elle se réserve le droit d’engager les actions de grande envergure », conclut le communiqué.

Pour Beakba Gabgaroua, proviseur du lycée de Walia, tous les élèves étaient dans leurs salles en train de faire cour ce lundi 15 février. Du coup dit-il, aux environ de huit heures, un groupe d’individus marche le long de la grande voie en face de leur établissement. « Ils commencent à brûler les pneus et la police intervient pour les disperser à coup des gaz lacrymogènes. Une partie des gaz tombe dans la cour du lycée. Stupéfaits, les élèves sortent de leurs classes en débandade », explique-t-il. Selon lui, paniqués certains élèves ont escaladé les murs, ceux qui ont de malaise respiratoire ils se sont réfugiés dans le bâtiment de l’administration et d’autres encore dans les toilettes. Un moment après, témoigne-t-il, la police investit la cour et leur demande de leur livrer les élèves qui gémissent. « Nous nous sommes opposés en leur expliquant que nos élèves ne sont pas des manifestants. Ils ont seulement pris peur et ils sont sortis de leurs classes. Du coup, on nous brutalise devant nos élèves et nous embarque », confie le proviseur.

Pertes des heures, plus grande inquiétude !

Beakba Gabgaroua, de poursuivre que les forces de l’ordre leur demandent pourquoi pousse-ils les élèves à manifester ? Réponse : « Nous sommes des agents de l’État et par conséquent, nous ne formons pas des délinquants », dit-il. D’après le proviseur, ils ont arrêté les élèves filles et garçons puis, sur-le-champ, les filles ont été libérées. Mais les garçons jusqu’aujourd’hui, personne ne sait s’ils sont libérés ou pas, note-t-il. « Pour des raisons d’accalmie, les autorités administratives ont suspendu les cours mardi et mercredi et normalement nous devons reprendre jeudi passé. Mécontent, de la bavure policière, le syndicat suspend lui aussi les activités pédagogiques jusqu’au samedi », précise le proviseur.

Selon le 1er administrateur du lycée de Walia, il y a eu déjà une longue grève et le lendemain, un tel événement c’est bien dommage ! « Ce n’est pas un bon signe pour une éducation de qualité. C’est une perte des heures », déplore-t-il d’un air frustré. Il plaide pour que les cours reprennent le plutôt que possible, ce lundi comme prévu, afin de rattraper le temps perdu.

Moyalbaye Nadjasna

Le musée national est par définition un grenier rempli d’objets d’arts. Une maison connue où le présent fait parler les repères du passé. Un nombre important des objets culturels qui peuvent enrichir les pavillons du musée se trouvent en France. Des efforts sont-ils entrepris pour leur restitution ? Ialtchad Presse est allé chercher les réponses. Reportage.

Pour Gariam Philippe, le Tchad est un des pays concernés par la restitution des objets d’arts pillés par la France. Il est le premier pays avec 9296 objets d’arts conservés dans les musées français. « La restitution de ces biens culturels spoliés par la France est un long processus », dit-il. Selon le directeur Gariam Philippe, plusieurs conditions sont à réunir pour assurer le succès de la restitution. Il s’agit entre autres : de faire un inventaire technique de ces objets, de mobiliser des ressources humaines et financières, de réviser les accords de coopération culturelle entre la France et le Tchad. « Depuis 2019 le Tchad a donné sa position officielle à la France par voie diplomatique. Un travail technique est en cours afin de mettre en place un Haut Comité National chargé de la restitution des biens culturels spoliés par la France », dit le directeur.

« Le Musée National du Tchad contient de nombreux objets qui retracent la culture du Tchad et de l’humanité tout entière », déclare-t-il. Pour lui, le crâne de Toumaï, ancêtre de l’humanité datant de sept millions d’années, constitue l’exposition phare du Musée National. Le Musée National explique-t-il, réserve un espace convivial pour l’exposition permanente des biens culturels. Il est reparti en huit (8) pavillons. « Le Patrimoine religieux, le Pavillon Préhistoire, le Pavillon Archéologie de l’art Sao, le Pavillon Histoire, Pavillon Arts et Traditions populaires, Pavillon Paléontologie et le Pavillon du Patrimoine mondial », a cité

Adoum Gariam Philippe. Selon lui, le Musée National est couramment visité par le public tchadien et les touristes.  Mais plus de 90% de visiteurs sont des élèves et étudiants. « Nous exhortons le public à s’intéresser au Musée National qui est un grenier de la culture tchadienne et de l’humanité », lance-t-il.

Qu’est-ce qu’une exposition permanente et une exposition temporaire ? Le technicien répond : une exposition, c’est un moyen de communication d'un musée, par extension, l'ensemble d’espace mural dédié.  Elle réunit un ensemble d'objets, faisant ou non partie des collections du musée, autour d'un thème, d'une idée, d'un fil conducteur, précise-t-il. « L’exposition permanente c’est une exposition fixe qui peut durer tandis que l’exposition temporaire, comme son nom l’indique, est une exposition sur une thématique donnée et pour une durée déterminée ». Jusqu’aujourd’hui, les expositions temporaires réalisées sont celles sur Joseph Brahim Séid (2017), la marche du Tchad vers l’indépendance (2018), Kelou Bital Diguel (2019).  Dans les différents pavillons, nous pouvons découvrir le moulage de Tchadanthropus uxoris, des collections d’arts et traditions populaires, de l’archéologie, de l’histoire, de la paléontologie et du patrimoine islamique.

La plupart des vitrines sont consacrées à la culture Sao. Toute une salle est réservée à la paléoanthropologie. On peut voir des moulages des fossiles de Tchadanthropus uxoris, d’Abel (Australopithecus bahrelghasali) et de Toumaï (Sahelanthropus tchadensis). On peut aussi voir les lacs Ounianga qui sont entrés déjà dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Le dossier du Lac Tchad qui avance. Ce sont-là, des potentiels touristiques favorables au développement du Tchad, conclut le directeur.

Moyalbaye Nadjasna

Le Tchad dispose d’un musée national. Il y a de nombreux objets qui retracent l’histoire et la culture du pays. Pour mieux connaître cette prestigieuse institution culturelle, Ialtchad Presse vous amène à sa découverte. Reportage.

N’Djamena, capitale tchadienne. Quartier Am-riguébé, au 5e arrondissement. En face du Palais du 15-janvier se dresse depuis le 28 novembre 2010, le siège du Musée National tchadien. Création : le 06 octobre 1962, « c’est le creuset de l’histoire et de la culture tchadienne, mais aussi de l’humanité », dit M. Adoum Gariam Philippe, directeur national du musée. Il dispose des annexes à Sarh et à Abéché. Avant cette bâtisse, le musée était logé dans un bâtiment colonial, construit en 1911. C’était l’ancien bureau du Gouverneur de l’Afrique Equatoriale Française (AEF). Le musée est géré selon la loi du 24 mars 2011 qui l’érige en établissement public à caractère administratif doté de personnalité morale et disposant d’une autonomie financière.

Selon le Directeur, la gouvernance du musée est le résultat des institutions fusionnées. Il s’agit de l’ordonnance, du 15 septembre 2016, créant la Maison des Patrimoines culturels du Tchad (MPCT). Cette maison affirme-t-il, est composée de la Direction de la Bibliothèque Nationale, de la Direction du Bureau tchadien du Droit d’Auteur, de la Direction du Centre National de Lecture publique et d’Animation Culturelle et la Direction de la Diffusion et de la Communication. Le musée a 3 services, « le Service administratif, le Service de l’Animation des Expositions et des Actions éducatives puis le Service de la Conservation et de la Recherche ».

Adoum Gariam Philippe explique qu’un musée comme celui du Tchad est une institution publique à but non lucratif au service public de la société. Pour lui, le musée est utile pour la recherche, les études, l’éducation et le tourisme. « La politique d’un musée consiste à protéger les œuvres patrimoniales, mais aussi, à les enrichir et à les diffuser dans le cadre d'une politique culturelle adaptée aux besoins », dit-il. C’est ainsi, précise-t-il, que le Musée National a toujours comme priorité l’accessibilité du public le plus large pour un égal accès de tous à l’éducation et à la culture. Enfin le musée a des difficultés comme « pas suffisamment des bureaux pour le personnel, pas de guides anglophones, pas assez de matériels, les finances sont à sec à cause de la conjoncture économique, etc. »

Moyalbaye Nadjasna

La marche du 13 février dénommée la marche pour la Justice, l’inclusion et l’alternance a eu lieu malgré l’interdiction. Ialtchad Presse était présent et vous décrit le fil des événements. Reportage.

Samedi 13 février. 6h 30 min. Le jour J de l’acte 2 de la marche du peuple pour l’inclusion, la justice et l’alternance initiée par une partie de l’opposition. Dix minutes ont suffi pour rallier le QG des initiateurs, le parti Les transformateurs, de cette marche politique.

Tout au long du trajet, aucun élément ne laisse présager une quelconque manifestation. Au rond-point du pont à double voie, quelques éléments de la commission mixte de sécurité sont visibles. Sur l’espace appelé « terrain Koulamallah » qui jouxte le siège du parti, rien en vue. Pas de mouvement. Pas un élément de la Police. À l’angle de la rue du terrain, un groupe de jeunes tenant des affiches avec des inscriptions se concerte. Au siège, quelques militants sont présents. Le président des Transformateurs s’y trouve aussi. Un point focal de la marche nous notifie qu’il n’y pas un point de départ. « Les gens s’organisent par secteur et là ils sont déjà en action. Il faut les chercher », nous dit-il.  Par où commencer ? Nous nous sommes résolus à sillonner le quartier Habbena et Chagoua, dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena.

6h 55mn. Départ du QG des Transformateurs à la recherche des manifestants. 4 véhicules des unités du Groupement mobile d’intervention de la Police (GMIP) se déploient tout autour du lieu.

7h 03 min. Avenue Mathias N’garteri. Un pneu brûle au loin, mais aucun manifestant en vue. Les éléments de la Police antiémeute s’activent pour éteindre le feu afin de libérer le passage. Tout au long du trajet, des habitants de la zone, tous curieux, observent les mouvements qui se font dans leur quartier. La Police patrouille dans le secteur. Sur l’avenue principale, la circulation est libre, les habitants vaquent à leurs occupations. Le marché Taradona commence à s’animer peu à peu.

7h 08 min. La Police se retire. Les premiers manifestants apparaissent. Ils ne sont que 3 âmes. Jouent-ils au chat et à la souris avec les forces de l’ordre ? Tous les trois sont des diplômés sans emploi. Ils traversent la voie bitumée et s’engagent sur la rue du marché Taradona. Ils avancent en chantant en arabe local. « Deby ne veut pas de nous. Donc, allons-y. Les armes c’est pour vous, mais la liberté c’est pour nous. Allons-y », entonnent-ils sous le regard étonné du public. « Nous revendiquons la liberté comme le président Deby nous l’a promis en 1990. Nous réclamons aussi de l’emploi », dit le leader de ce petit groupe. Il a un master 2 en Transit et Transport. « J’ai 32 ans je vis toujours chez mon tuteur. C’est inacceptable. J’en ai assez de ce régime », s’emporte-t-il. Le deuxième du groupe explique que c’est la peur qui empêche les Tchadiens de manifester, « les Tchadiens ont la rage, mais ils ont peur de la manifester à cause de la répression. Ce que le pouvoir fait du n’importe quoi ».

Pendant ce temps, les policiers du GMIP étaient en approche. Le leader du groupe hausse le ton, « personne ne fuit ». Les membres du groupe s’agenouillent, les mains sur la tête. Ils se sont laissés arrêter, sans résister, en entonnant l’hymne national.

Nous reprenons notre chemin vers Dembé. Direction : ambassade des États-Unis où le leader des Transformateurs M. Masra a trouvé refuge lors de la première marche. La zone est quadrillée par le GMIP. Sur presque chaque rue est posté un véhicule de l’Unité spéciale d’intervention de la Police (USIP) et du GMIP. La sécurité est renforcée à l’entrée. Aucun mouvement n’est à signaler.

7h : 42 min. Retour au QG des Transformateurs. En route un groupe de jeunes, plus de 100 sont sur une rue du quartier Habbena. Ils brandissent des inscriptions contre le pouvoir du président. Ils scandent le nom du leader des Transformateurs, Succès Masra. L’un d’eux s’adresse au public, « venez-vous joindre à nous. Il faut que nous exprimions ce que nous ressentons ». Personne n’a rejoint les marcheurs. Le groupe réussit à atteindre l’axe CA7. Il progresse sur le marché Taradona. La Police intervient : tire des gaz lacrymogènes. Les manifestants se dispersent. Les Transformateurs ont marché 5 min.

8h : 05mn. Retour au QG. Le gardien nous informe que le président des Transformateurs est parti avec les membres de son Bureau Exécutif pour marcher aussi. Où ? Personne n’a été à mesure de nous indiquer. Nous avons décidé de faire le tour de la zone en espérant croiser M. Succès Masra, en vain. Le cortège de Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme et/ou de l’artiste Raïs Kim, est introuvable aussi.

8h : 22 min. Quartier Moursal. Les rues sont vides. Des boutiques fermées pour raison de salubrité. Elles ouvrent à partir de 10h 00. Nous avons fait un tour chez l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR). Le chef de ce parti M. Saleh Kebzabo, opposant historique soutient cette marche en affirmant qu’il allait lui aussi marcher. Au moment de notre détour, il était à sa résidence.

L’acte 2 de la marche du 13 février s’est déroulé de manière sporadique et en petits groupes comme le premier. Les manifestants promettent de ne pas lâcher.


Christian Allahadjim
Djilel-tong Djimrangu

Situé derrière la Direction Générale de l’agence Tigo Tchad sur l’avenue Charles de Gaulle, le marché communément appelé « marché Dubaï » est démoli par la mairie centrale. Reportage.  

Les habitués du marché « Dubaï » ou « Wall Street » situé en face de la direction des ressources humaines du ministère de l’Éducation ne peuvent plus aller faire des affaires. Ce petit marché de vente des téléphones de seconde main ou neufs est démoli.

Vendredi 15h 00 sonnante. L’ambiance au marché « Wall Street ou encore Dubaï » n’est pas habituelle. Les clients déambulant et discutant les prix sont remplacés par des tractopelles, des bennes, des agents de la police municipale et des militaires. Ils sont partout. Et c’est depuis la matinée. Au coup des tractopelles, des hangars, kiosques et boutiques sont balayés, mâchés, écrasés comme du papier. Les commerçants sauvent ce qu’ils peuvent. Les vendeurs à la sauvette continuent de faire leurs affaires comme si de rien n’était.

Selon Mahamat Saleh Hissein Lamine, directeur de l'Urbanisme, de l'Aménagement et du Transport urbain de la mairie de N’Djamena, cet espace est une suite logique de la voie publique. Et c’est depuis 2016 que l’État demande à ces commerçants de quitter les lieux occupés anarchiquement, d’après ses explications. « Ils sont venus s’installer anarchiquement sur la voie publique et en faire un marché, » dit-il. D’après lui, dans n’importe lequel des pays du monde, il y a différentes zones appropriées octroyées par les pouvoirs publics. « Ici, c’est une zone administrative de services publics. C’est inacceptable d’occuper cet espace pour le commerce. Il y a différents services publics : la direction des ressources humaines, le ministère des Postes et des télécommunications, et les consulats », explique Mahamat Saleh Hissein Lamine.

Plusieurs ultimatums non respectés

Pour le directeur de l’Urbanisme de la mairie de N’Djamena, ce déguerpissement n’est pas une surprise. « Une équipe était passée il y a deux mois avertir les commerçants. La mairie a octroyé un nouveau site au quartier Klémat pour les relocaliser. Ils ont donné leur accord de principe pour quitter ». 

Ramadane, un jeune homme nous prend pour des clients. « J’ai des téléphones de bonne qualité à bon prix », nous dit-il avant de répondre à nos questions. Selon lui, certes la mairie était passée il y a presque deux mois pour demander de quitter les lieux, mais le nouveau site ne convient pas aux commerçants. « On ne sait où aller maintenant. Ils nous ont donné un terrain au quartier Klémat, mais c’est le terrain d’un particulier », dit-il.

De l’autre côté de la rue, Abdoulaye, un boutiquier s’est installé à même le sol étalant ses téléphones. Lui également reconnaît que la mairie leur a donné un préavis. « Oui au mois de mars lors du premier confinement, ils étaient venus nous donner un délai de 48h pour quitter les lieux, mais nous n'avons pas respecté le délai, » explique-t-il. Comme Ramadane, il se plaint du nouveau site. « Ils nous ont montré un lieu à Klémat pour s’y installer, mais malheureusement, ce lieu n'est pas pour l'État c’est pour un particulier et il a refusé qu’on l’occupe. Où irons-nous ? » S’interroge-t-il.

Quelques heures plus tard, la tension entre les déguerpis et les forces de l’ordre est montée d’un cran. Il a fallu faire usage des gaz lacrymogènes pour disperser les mécontents.

Djilel-tong Djimrangué
Orthom L’Or

La famille de l’ancien Président tchadien en prison au Sénégal a introduit il y a quelques jours, une demande de grâce auprès du Président sénégalais Macky Sall. Informée, l’association des victimes des crimes et répressions de Hissène Habré (AVCRHH) réagit. Reportage.

Alors que les victimes attendent leur indemnisation, une autre nouvelle leur glace le sang. La famille de l’ancien président tchadien introduit une demande de grâce auprès du Sénégal. Une nouvelle qui a fait bondir les membres de l’association des victimes de Habré. Au siège de l’association, les victimes sont en colère. On peut lire ces messages « Cabris morts n’a pas peur de couteau. Plus jamais cela. Nous réclamons justice, etc ». Pour Abaïfouta Ndokhot Clément, président de l’AVRCHH, rien n’est nouveau et surprenant. Dans la vie, il faut toujours attendre des surprises, dit-il. « C’est de la vernie. Et au point de vue juridique, le dossier est géré par l’Union Africaine (UA). C’est un dossier continental. Par conséquent, le Sénégal n’a pas, seul, autorité de gracier un criminel, un dictateur », dit-il.

Abaïfouta, affirme que la seule chose qui devrait attirer l’attention, c’est l’interminable attente des victimes (5 ans) pour être indemnisées. D’après lui, tous les biens de Habré n’ont pas été saisis pour constituer le fonds d’indemnisation. La réflexion pour trouver une solution doit porter sur cette matière. « Habré est condamné. Il doit purger sa peine. C’est quelqu’un qui a un cœur de pierre. Il est insensible à la douleur du peuple tchadien. Le moment n’est pas arrivé pour demander la grâce », a martelé Abaïfouta Clément. Selon lui, il faut indemniser plutôt les victimes que de se laisser distraire à la longueur de temps par la famille de Habré. En outre, l’AVCRHH se dit être sereine. Ce que déplore le président des victimes, c’est la lenteur de l’UA dans le processus d’indemnisation des victimes. « Ce fonds leur permettra de refaire une vie, se soigner et s’occuper de leurs familles », dit-il.

Deux poids deux mesure

Selon le président de l’AVCRHH, il y a deux ans, le directeur de Cabinet du Président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat est venu au Tchad. L’équipe en mission, informe-t-il, a rencontré les autorités. « Les autorités tchadiennes leur ont concédé un bureau d’où ils devraient travailler de concert avec le conseil d’Administration et le secrétariat du fonds. Mais jusque-là rien de concret », explique-t-il.  D’après lui, si ce fonds s’installait, il pourrait inciter d’autres organisations à contribuer pour l’indemnisation des victimes. Il soutient qu’il pas deux poids deux mesures. « Non je ne pense pas qu’une telle demande soit jugée recevable. Comme je l’avais susvisé, le Président Macky Sall n’est pas habilité. C’est une décision africaine et seule l’UA peut se prononcer sur grâce ou pas grâce », insiste-t-il.

Pour Abaïfouta Clément, si le Sénégal déclare recevable la demande de grâce, ce serait vraiment dommage. Depuis que Hissène Habré a été condamné, le Sénégal est devenu la fierté de l’Afrique. Et les Africains sans la Cour Pénale Internationale (CPI), ont réussi à juger et à condamner un dictateur sur le sol africain. « Si le contraire se réalise, je pense que cela va être apocalyptique. Toutefois, les victimes auront toujours des arguments solides pour contre attaquer ».

Moyalbaye Nadjasna

Le cancer est la cause de beaucoup des décès au monde. Au Tchad, des organisations comme l’Association DONAMA, sont dans la lutte contre cette maladie depuis 5 ans. Ialtchad Presse est allé à la découverte de cette association. Reportage.

N’Djamena 10h. Quartier Bololo. Sur une grande porte d’une maison banale, sur une petite plaque est placardée sur le mur. Il y est écrit Association DONAMA avec cette expression « Donnons-nous la main ». C’est le siège de DONAMA. Il n’y pas eu d’activités commémoratives lors de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Mais cela n’entame en rien la raison d’être et la vision de DONAMA dans son engagement de lutter contre le cancer, dit Samira Alkhalil Mahamat, présidente de l’association. Selon elle, le 04 février dernier le monde s’est arrêté pour marquer la lutte contre le cancer. « DONAMA est créée en 2014. Nous travaillons avec des moyens limités. Mais on doit commencer à sensibiliser le public sur cette maladie », explique la présidente.

Pour elle, le cancer est une maladie comme tant d’autres. En respectant certaines règles, 41% des cancers sont évitables. Notre objectif, poursuit-elle, est de donner de bonnes informations par des personnes référencées. Elle affirme son association est accompagnée par des médecins dans cette lutte. « Cette année avec la Covid-19 depuis 2020, toutes nos activités sont presque gelées. Nous faisons de la sensibilisation de masse, mais avec les restrictions dues aux coronavirus, nos actions sont limitées. Nous avons changé de stratégie. Nous utilisons les médias audiovisuels », dit Mme Samira Alkhalil Mahamat. Aussi, elle souligne qu’aujourd’hui avec les réseaux sociaux et l’Internet c’est plus facile, même si beaucoup de Tchadiens n’en ont pas accès. « Stratégiquement nous faisons des émissions interactives, de bouche à oreille en échangeant avec les femmes dans les tontines ». Pourquoi les femmes ? « Parce qu’au Tchad ce sont les femmes qui sont les plus touchées. Et la plupart ne sont pas instruites. Donc les rencontres dans les quartiers sont très efficaces. Elles sont à l’aise. Elles posent leurs questions. Et on leur donne des orientations ». Pour les dépistages, la présidente de DONAMA note qu’après conseils, les malades sont orientés vers les médecins gynécologues. Par exemple dit-elle, le cancer du col de l’utérus est dépistable, celui du sein aussi. « Nous faisons les dépistages de masse à l’hôpital Mère et Enfant ».

« Le hic du cancer au Tchad, c’est le traitement »

Samira Alkhalil Mahamat affirme qu’au Tchad, il n’y a pas encore des plateaux de prise en charge. Grâce à la sensibilisation de son association, toujours selon elle, le ministère de la Santé publique réfléchi sur l’ensemble de la question de cette maladie, « très récemment il y a eu une signature de convention pour la construction d’un centre de prise en charge du cancer. Il y a au Tchad, une seule unité de traitement du cancer à l’hôpital de la Renaissance. Cette unité manque de matériels et de personnel, mais c’est un début encourageant ». Déjà dit-elle, il faut reconnaître que, la Première Dame Hinda Deby Itno a beaucoup contribué à cette lutte et la signature de la convention en est la preuve.

En plus, en 2018, il a été créé une Ligue des associations de lutte contre le cancer au Tchad. « C’est un nouvel organe. Il tâtonne encore. Ça sera plus facile pour tous de faire de plaidoyers auprès des autorités ou partenaires avec une telle organisation ».

DONAMA, affirme sa présidente, reçoit la visite d’une vingtaine de personnes par jour. « Nous travaillons parfois jusqu’à 2h du matin. Maintenant ce n’est pas pareil, on ne reçoit que 2 à 3 personnes par semaine. La faute à la Covid-19 peut-être. Le vrai problème c’est le manque d’appuis financiers. Cela handicape nos actions de sensibilisations et d’informations ». Dieu merci, poursuit-elle, nous avons signé une convention avec le ministère de tutelle depuis 3 mois et il nous accompagne dans nos activités.

Samira Alkhalil Mahamat témoigne avoir été victime du cancer. « Je sais ce que c’est. Ma lutte c’est d’avoir un centre de traitement palliatif. Au stade final, le cancer est très douloureux. C’est au-delà de ce que peut supporter un être humain », a témoigné la présidente.  Un centre palliatif, parce que « j’ai vu les gens en fin de vie et je me dis tout être humain a le droit de mourir dans la dignité », précise-t-elle d’un air passionnel.

Pour le responsable de DONAMA, le cancer n’est pas une malédiction, tout le monde peut avoir le cancer, mais on peut en guérir comme on peut en mourir. « La prévention est une arme plus redoutable contre toute maladie ». Elle conseille les Tchadiens d’éviter la sédentarité, de faire du sport, de manger équilibrer, de soigner les infections, d’être à l’écoute de leur santé et de leur corps. Selon elle, une infection mal traitée peut se développer en cancer après 5, 6 ans, 10 ou 20 ans. « Prévenir c’est la chose la plus facile et accessible à tout le monde ». DONAMA dispose aussi de la documentation qui accompagne ses actions et ses conseils prodigués aux malades et à toute la population.

Rappelons que la Journée mondiale contre le cancer est une initiative de l’Union internationale contre le cancer, organisation internationale qui rassemble plus de 1 200 organisations à travers 172 pays et dont la Fondation ARC est membre.

Moyalbaye Nadjasna

Le candidat de l’opposition démocratique réunie au sein de l’Alliance victoire est connu. Me Bebnoné Bongoro Théophile est préféré à Saleh Kebzabo. Reportage.

Ils sont 16 partis politiques de l’opposition à se donner rendez-vous ce mardi 9 février dans un hôtel de la capitale tchadienne. 15/16 ont répondu présent à cette invitation. Tous sont membres de l’alliance de l’opposition dénommée « Alliance victoire », créée le 3 février. À l’ordre du jour : l’élection du candidat unique de l’Alliance pour l’élection présidentielle d’avril 2021.

Après présentation des critères, deux candidats se sont déclarés sur les 15 chefs des partis présents. Il s’agit de Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) et Me Bebnoné Bongoro Théophile, président du Parti pour le rassemblement et l’équité au Tchad (PRET). À huis clos et à bulletin secret, les chefs des partis ont procédé au vote.

La défaite du vieux renard

10h30mn, le modérateur de la séance invite les journalistes à entrer dans la salle. Le coordonnateur de l’Alliance invite M. Deubalbé Damagoh, huissier de son état, a présenté les résultats. D’après les décomptes des voix, sur les 15 votants, M. Saleh Kebzabo a recueilli 5 voix et Me Bongoro Théophile 9 voix. Il y a un bulletin nul. « Tirant donc les conséquences de ce résultat Me Bongoro Théophile est déclaré candidat élu de l’Alliance victoire pour les élections présidentielles d’avril 2021 », a annonce Me Deubalbé Damagoh. L’heureux élu se lève, salut l’assistance les deux mains levées et se présenter. Il est ovationné avant d’être invité par le modérateur à livrer ses impressions.

Dans sa première déclaration à la presse, le candidat élu de l’Alliance dit mesurer l’immensité de cette responsabilité. « C’est une lourde responsabilité, car je dois porter le flambeau haut pour remporter l’élection à venir », a-t-il déclaré. Pour lui, la solidarité déjà exprimée par les autres chefs des partis membres de l’Alliance doit tenir jusqu’au bout. « Tant qu’on ne reste pas souder, ce cadre qui nous a réunis ne servira à rien », a-t-il prévenu. Il assure gagner cette élection au nom de l’alliance et non de sa corporation politique.

Interrogé lors de la conférence de presse qui a suivi les premières impressions du candidat de l’Alliance, le perdant Saleh Kebzabo a fait preuve de fair-play. « On ne peut pas parler de défaite. Que ce soit lui ou moi, c’est toujours l’opposition », a-t-il dit avant de se refuser à tout commentaire.

Selon Mahamat Ahmat Alhabo, Secrétaire Général du parti pour les libertés et le développement (PLD) l’initiateur de cette alliance, c’est un grand pas dans l’histoire de l’opposition démocratique tchadienne. « Pour la première fois, les partis politiques de l’opposition se mettent ensemble pour désigner un candidat. C’est inédit », s’exclame-t-il. Mais toujours selon lui, l’idéal n’est pas là. « L’alliance n’est pas le but en soi. Le but c’est d’aller aux élections, les gagner pour permettre l’alternance. C’est ça l’objectif final », a-t-il précisé.

L’Alliance Victoire semble avoir duré le temps de la prononciation des résultats et de la conférence de presse. En soirée un communiqué de l’UNDR se désolidarise des résultats. Et soutiens que le choix de l’Alliance Victoire ne reflète aucune crédibilité, le candidat « désigné » ne remplit pas les critères préétablis. Le même communiqué affirme que les militants et militantes rejettent le résultat. Ils ne considèrent pas Me Bongoro comme membre de l’opposition, mais « …un sous-marin introduit par le MPS ».

Selon le chronogramme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l’élection présidentielle est prévue pour le 11 avril 2021. Le 13 février va s’ouvrir le bal du dépôt des candidatures. Déjà 4 candidats sont investis. Il s’agit des candidats Idriss Déby Itno du MPS, Dr Nasra Djimadoum de Un Nouveau Jour, d’Alladoum Djarma Baltazar d’ASTRE et de Romadoumngar Nialbé Félix de l’URD. Me Bongoro Théophile est le cinquième candidat désigné. Dans les prochains, il sera investi comme candidat de l’Alliance Victoire. Il faut rappeler que toute l’opposition ne fait pas partie de cette caolition.

Christian Allahadjim
Djilel-tong Djimrangué 

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