dimanche 2 octobre 2022

Reportage

Reportage (1070)

Trois pasteurs de l’Alliance des églises pentecôtistes au Tchad ont été suspendus de toutes activités religieuses sur l’ensemble du territoire national tchadien, par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. La décision de suspension du 5 mai, leur reproche d’avoir pris part  aux manifestations du 27 avril, contraire à leur vocation apolitique. Ialtchad Presse est allé à la rencontre de ces hommes de Dieu. Reportage.

15 heures passées, nous sommes au quartier moursal, 6e arrondissement de N’Djamena. Sous l’ombre d’un Nimier, sont assis en convivialité les trois hommes de Dieu suspendus. Pasteurs, Keleypetté Dono et Bekoutou Marabey Pierre sont de l’Église du Christ Universel, puis Pasteur Targoto Josias, de l’EMENVI. Pasteur Bekoutou  Marabeye, est le plus âgé des trois. Il parle aux noms des deux autres, « cette suspension ne nous fait ni chaud ni froid… ».

Selon pasteur Bekoutou, le ministère de l’Intérieur les a interpellés hier 06 mai pour leur notifier la décision les suspendant à ne pas exercer leurs activités religieuses sur toute l’étendue du territoire national.  « Ils sont dans leur droit, c’est tout à fait normal. Ils font leur travail et ils sont payés pour ça. Mais pour nous, cela n’a aucun impact. Nous ne sommes pas nommés par décret ni arrêté de leur ministère. Nous sommes des serviteurs de Dieu. Nous avons choisi notre voie celle d’écouter et de recevoir de Dieu. Et non à recevoir des ordres des humains mortels comme nous », a-t-il indiqué. Pour lui, c’est une décision qui peut arrêter leur corps charnel et non l’esprit que Dieu a mis en eux. D’après lui, nous sommes des créatures de Dieu et nous convergeons vers lui. Il rajoute qu’eux les serviteurs de Dieu ont une mission, celle de rendre compte à Dieu.

Pasteur Bekoutou  Marabeye confirme qu’ils ont pris part à la manifestation. «Nous sommes les bergers et les bergers doivent se mettre à l’avant-garde des brebis et non à la queue afin de ne pas les laisser divaguer seules dans la nature. La plupart des manifestants qui sont blessés ou morts sont des fidèles des églises. Nous avons fait cette marche d’une manière symbolique et prophétique pour que le monde sache que rien ne va plus dans cette nation», déclare-t-il.  Selon le religieux, ils n’ont pas marché au nom de l’Église, mais plutôt au nom de leur groupement dénommé, «plateforme des serviteurs de Dieu pour la justice et le droit au Tchad». Il affirme qu’ils ont marché en conscience en tant qu’hommes de Dieu pour désapprouver le coup d’État perpétré par le Conseil militaire de la transition (CMT) après le décès du président Idriss Deby. Il dit que leur plateforme trouve anormal ce qui s’est passé et il faut le dénoncer. « Cette décision de suspension de nos activités ne nous fait ni chauds ni froids», dit-il.  Pour le pasteur, les premiers missionnaires qui sont venus en Afrique et au Tchad ont su que les noirs sont des gens avancés quand bien même qu’ils seraient acculturés.  Il renchérit en signifiant que ceux-ci ont empêché que de faire extérioriser les pensées des noirs. «C’est ainsi qu’ils ont étouffé les premiers chrétiens pour dire que si vous faites la politique vous n’irez pas au ciel», indique le pasteur.

«Lorsqu’un chrétien ne fait pas la politique, c’est un corrompu»

Le pasteur poursuit que dans la Bible, il est noté que les militaires, les douaniers, les administrateurs étaient venus voir le prophète Jean-Baptiste, pour recueillir de lui des conseils et il a mis chacun à sa place. « Ce n’est pas aujourd’hui qu’on ne doit pas faire la politique. Lorsqu’un chrétien ne fait pas la politique, c’est un corrompu. Il s’aligne avec ceux qui détruisent le pays. Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui ont détruit le pays par leur mensonge, leur vol», affirme le pasteur de l’Église du Christ Universel. Bekoutou Marabey Pierre signifie qu’il y a des chrétiens constitutionnalistes dans ce pays qui ne peuvent même pas lever un petit doigt pour dénoncer ces choses. «L’heure est venue pour démanteler ces choses. Les chrétiens doivent dire la vérité à la lumière de la Parole de Dieu. Il faut remettre la pendule à l’heure», martèle le serviteur de Dieu. Il rappelle que le président défunt a dit que le fondement de la nation tchadienne est à terre. Pour cela, Pasteur Bekoutou Marabey Pierre déclare qu’il faudra dès à présent chercher à relever ce fondement afin que le pays se tienne debout. «Nous voulons un pays de justice et d’équité ou n’importe quel tchadien puisse trouver son compte. Nous ne cherchons pas notre intérêt, nous ne cherchons pas non plus à nous positionner quelque part, mais nous voulons faire jaillir la vérité qui est la colonne vertébrale de la justice», conclut-il.

Le révérend pasteur Batein Kaligué Batein est le Secrétaire général de l’Entente des Églises évangéliques et missionnaires au Tchad (EEMET). Selon lui, les pasteurs suspendus ne relèvent pas de sa responsabilité. «Toutefois, c’est une situation qui est arrivée et cela nous prend à la gorge en tant que serviteur de Dieu. L’Administration a joué son rôle», signifie-t-il.

Nous avons joint au téléphone le ministre de la Justice Garde des Sceaux, M. Mahamat Ahamat Alabo. Mais d’après lui, «si quelqu’un est lésé, il porte plainte à la justice.»

Moyalbaye Nadjasna

A quelques jours de la fête du ramadan, les ateliers de couture ne se désemplissent pas. Malgré les difficultés, les couturiers communément appelés « tailleurs » travaillent fort pour satisfaire leurs clients. Reportage.

N’Djamena, capitale tchadienne. Il est 10h ce vendredi 7 mai. La température est de 36° Celsius. La fête de Ramadan est dans quelques jours. Et dans la ville, les préparatifs vont bon train.

Sur l’avenue El Niméry et Charles de Gaulle, dans les 2e et le 3e arrondissement de la ville, des commerces de circonstance sont ouverts tout le long des trottoirs menant au grand marché. On y trouve des vendeurs de chaussures, des jouets, des jus, des prêts-à-porter, etc. Et la fête ne se prépare pas seulement sur les marchés, mais également chez les couturiers.   

Dans des ateliers de couture sur les avenues El Niméry et Charles de Gaulle, il y a du monde. Tailleurs et clients se mêlent. Certains tailleurs, assis sur des nattes, s’activent à fixer des boutons. D’autres, par contre, les yeux rivés sur leurs machines travaillent à tue à-tête. Les clients, quant à eux, se disputent de la place.  La fête du Ramadan approche et la pression monte, de tout côté. Le constat est le même dans les différents ateliers de couture visités. Les modèles les plus sollicités sont les djellabas simples et les grands boubous. Le prix de couture n’est pas fixe. Le prix varie d’un modèle et d’une qualité par rapport à autre. Toutefois, le prix pour les djellabas oscille entre 5 000 à 30.000 francs CFA.

Haroun, un client rencontré dans un atelier de couture non loin de la grande mosquée Roi Fayçal. Il ne cache pas sa satisfaction. « Comme vous pouvez le constater, je suis venu retirer mon habit que j’ai confié  le samedi dernier au couturier. Ce qui me plaît chez lui, est qu’il respecte toujours ses rendez-vous. Il n’est pas comme les autres qui vont te rouler dans la farine », se réjouit-il. Par contre, Idriss, un autre client, rencontré dans un autre atelier, est très en colère. « Mon tailleur n’est pas sérieux. Je lui ai remis le tissu avec l’argent depuis la fin du mois d’avril. Mais jusqu’à présent, il n’a rien fait. Trop c’est trop ! Je vais bouger d’ici avec mon habit. Sinon, il me restitue mon argent ainsi que mon tissu », menace-t-il.

Les couturiers rencontrés déplorent le délestage intempestif d’électricité  depuis le début du mois du ramadan. Selon eux, ce délestage leur crée un manque à gagner. Ils  sont obligés de refuser de prendre en grande quantité les tissus des clients de peur de ne pas tous les coudre à temps. Et cela joue sur les affaires. « Depuis le 13 avril dernier, on a jamais passé une journée avec le courant. Les coupures intempestives d’électricité sont monnaie courante. Cela fait que nous n’avons pas de clients comme dans les années précédentes. Parce qu’on se réserve de prendre les tissus de gens en grande quantité », se plaint Abakar, couturier au grand marché. Alhadji Ousman, renchéris en affirmant que le problème de l’électricité est un véritable problème. Mais depuis quelques jours, dit-il, tout semble s’améliorer. « Quand il y a délestage, nous utilisons les groupes électrogènes, cependant cela ne nous arrange pas tellement. Mais Dieu merci, depuis trois jours, il n’y a pas de coupure d’électricité dans mon secteur ».

Allarassem Djimrangar

Le ministre de l’Économie du Plan, et de la Coopération Dr Issa Doubragne et le Représentant résident de la BAD au Tchad, M. Ali Lamine Zène ont apporté un éclaircissement conjoint sur la question de la coopération Tchad-BAD sur la situation actuelle au Tchad. C’était ce, 06 mai 2021 en présence des journalistes au Cabinet du ministre de tutelle. Reportage.

Ali Lamine Zène, Représentant résident de la BAD au Tchad a précisé que la Banque Africaine de Développement (BAD) a entrepris d’évaluer la situation des projets qu’elle finance. Selon lui, aucun impact négatif n’a été relevé au niveau des ressources humaines, de l’Administration, des ressources financières et sur les biens de la banque. « En pareille circonstance, toutes les institutions multilatérales internationales marquent un arrêt évaluatif. C’est de ça qu’il s’agit. Et la BAD est dans son rôle. Elle a convenu avec le gouvernement du Tchad d’un traité, d’un accord de siège qui prévoit une disposition pour qu’en pareille circonstance d’évaluer la situation», dit le banquier. Pour lui le gouverneur de la BAD est informé qu’une deuxième étape d’évaluation est en route. Il rajoute qu’ils n’ont pas arrêté le travail, ils le font afin de permettre à ceux qui ont le monopole de la décision au niveau du Conseil d’Administration s’imprègnent de l’évolution de la situation. Le Représentant résident affirme que l’objectif est de donner le cursus nécessaire pour poursuivre la coopération et l’intensifier. «Cela se fera au niveau de notre diagnostic que nous partagerons avec le gouvernement. Ce qui importe pour la BAD, c’est de faire une lecture réelle de l’évolution de la situation sur le terrain. Nous avons vu ce qui s’est passé. Le CMT est mis en place, une charte et un gouvernement sont opérationnels, un calendrier est effectif pour une période de transition. Qui devrait en principe aboutir à des élections libres et démocratiques». D’après lui, la banque intégrera tous ses éléments pour se décider dans les jours ou semaines à venir. M. Ali Lamine Zène affirme que le gouverneur a donné les assurances qu’il faut pour qu’il traduise au président de l’institution Dr Adessinan, qui suit à distance cette situation. «Nous nous réjouissons de l’évolution positive de cette situation. Nous sommes une banque africaine appartenant à tous les pays qui la composent dont le Tchad. Toutes les opérations que nous finançons vont au bénéfice du peuple tchadien», conclut-il.

«Le Tchad ne fait pas l’exception de la procédure conservatoire…»

Intervenant à la suite du Représentant résident de la BAD au Tchad, Dr Issa Doubragne, ministre de l’Économie du Plan, et de la Coopération, gouverneur auprès des banques a fait le point sur leur réunion partenariale. Il note que leur réunion a été accès sur l’évaluation de la situation qui a prévalu au Tchad et qui a emporté tragiquement le président Idriss Deby Itno. Pour lui, dans une telle circonstance, les membres des institutions multilatérales de financement et du développement enclenchent des procédures conservatoires. Le Tchad ne fait pas exception, indique-t-il. « Le dernier cas avant nous c’était le Mali. Dans de telles situations, ce sont les éléments d’appréciation faite qui déterminent la normalisation de cette circonstance. La banque a juste déclenché la procédure conservatoire. D’autres banques institutions multilatérales l’ont aussi faite à l’exemple de la Banque Mondiale», explique Dr Issa Doubragne. Selon lui, ils sont depuis une semaine en pourparlers avec ces institutions pour évaluer les possibilités d’une reprise ou d’un retour à la normale. Il insiste en ne précisant qu’en ce moment, aucun programme, n’a été suspendu. «Tout est en marche, ce sont des principes normaux qui ne remettent pas en cause les engagements des uns et des autres. Nous avons bon espoir que le cas spécifique du Tchad n’est pas similaire à d’autres, puisse être rapidement évalué», signifie-t-il.  Il informe que suite à la mission d’évaluation de l’Union Africaine (UA), la Francophonie envisage une mission, la CEEAC et le G5 Sahel. Pour lui, les partenaires du Tchad sont dans la dynamique d’observation objective de la situation sur le terrain.

«La situation est sous contrôle. Il y a tous les moyens de contrôle et de suivi pour que le Tchad puisse retrouver les équilibres. Ce qui va permettre à la transition  d’être gérée dans l’apaisement et que nous aboutissions aux élections libres, transparentes et démocratiques souhaitées par tous », dit le ministre.

Les journalistes ont relevé l’Email de la BAD notifiant la suspension des décaissements,  mais ils ont aussi cherché à comprendre la teneur de la directive mentionnant les conditionnalités à remplir pour que les décaissements reprennent.

Selon Dr Issa Doubrangne, cette suspension peut être de deux façons. Elle peut être de principe ou rentrer dans la phase opérationnelle à un niveau ou tout est gelé. Pour lui, présentement tous les projets financés par la BM et la BAD sont fonctionnels. La suspension de décaissement veut dire qu’aujourd’hui en cours d’évaluation, un nouveau décaissement ne peut se faire. Un nouveau projet ne peut pas être validé comme en temps normal, jusqu’à ce qu’un constat soit établi. Pour lui, il y a plus de peur que de mal. C’est la même chose dans toutes les banques institutions multilatérales. Elles respectent leurs principes internes parce qu’elles sont auditées. Ce que la banque a fait est un dispositif de sa réglementation et ne peut aller au-delà, car elle est apolitique.

Le ministre de l’Économie du Plan, et de la Coopération invite la presse la semaine prochaine à une réunion élargie à d’autres partenaires. Il s’agit de l’Union européenne, de la Banque africaine pour le développement, de la Banque mondiale et tous ceux qui de près ou de loin appuient le Tchad en matière de mobilisation de ressources. Car selon lui, sans les ressources, la transition en cours ne pourrait aboutir aux résultats escomptés. «Telle est l’option que nous allons renforcer dans les semaines et mois à venir».

Moyalbaye Nadjasna

Chaque année pendant le ramadan, le besoin en glace pour la rupture du jeûne augmente de façon exponentielle . Cependant, la fabrication de la glace est sujette à beaucoup de spéculations. Ialtchad Presse s’est rendu en cette période de canicule dans une usine de fabrique glace de la place pour s'imprégner de ces réalités. Reportage!

Il est à peine 11h, notre équipe de reportage s’arrête devant une usine de fabrique de glace à Ardep-djoumal, dans le 3e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. L’ambiance dans la salle de fabrique captive l’attention. Pas d’électricité, un géant groupe électrogène alimente l’usine. Un bruit infernal emplit l’usine. Les ouvriers sont constitués par équipe, chacun joue son rôle en exécutant une tâche précise. La procédure de fabrication va de la liquéfaction à la solidification. La glace est un solide formé à base d'eau qui peut se fondre sous l’effet de la chaleur.

La demande est supérieure à l’offre en ce mois de ramadan. Après des heures accablantes dues à la canicule, les fidèles musulmans s’en procurent pour soit conserver les aliments soit les diluer dans l’eau pour en consommer. Les alimentations, les boutiques, les vendeurs de viande, les vendeurs-détaillants, et les vendeurs ambulants de jus d'oseilles sont tous des clients. Selon le directeur général de l’usine de fabrique de glace d’Ardep-djoumal, M. Hamza Mahamat Maïna, son entreprise n’utilise que de l’eau naturelle pour fabriquer de la glace. «On mélange de l'eau avec du sel afin d'empêcher le dessous des moules de glace de se former», dit-il.

M. Hamza affirme qu’en ce mois de ramadan ils ont beaucoup de clients par rapport aux autres mois. «Les demandes sont nombreuses que nous ne parvenons même pas à les satisfaire. Dieu merci, nous vendons les grosses barres à 2000 FCFA et les petites à 1000 FCFA. Or, hors mois de ramadan les grosses barres sont à 1000 FCFA et les petites à 400 FCFA». L’entrepreneur se frotte les mains en cette période caniculaire de ramadan. Depuis l’amorce de la période de chaleur, la température oscille à N’Djamena, entre 40 à 45°C. Ce qui pousse à la demande accrue de la glace. Elle est fabriquée non seulement par des usines, mais aussi les particuliers en fabriquent de plus petites formes à partir de leurs réfrigérateurs. On peut voir de petites filles qui les mettent dans de petites plastiques à 50 FCFA et 100FCFA.

«Nous n’utilisons pas de produits chimiques toxiques comme pensent les gens. C’est simplement de l’eau et du sel. Notre glace est consommable soit directement dans l’eau pour rendre fraîche soit pour conserver les aliments. Que la population soit rassurée», conclut Hamza Mahamat Maïna.

Adam Oumar Adam

La Aïd-El Moubarak est pour très bientôt. Les petits vendeurs ambulants se disputent les trottoirs des avenues, artères autour des marchés de N’Djamena, capitale tchadienne pour exposer des marchandises. C’est le cas sur l’avenue El Nimery rendue difficile à la circulation. Reportage.

Très tôt le matin sur l’avenue El Nimery (Maldom Bada Abbass) des jeunes revendeurs installent leurs étals des divers articles. Des étals un peu partout. Ils se frottent les mains à quelques jours de la fête de fin de ramadan. Malgré une température qui oscille entre 40 à 45°c, un soleil ardent et accablant, rien n’arrête les petits vendeurs. Ils sont visibles aux abords de grandes voies publiques que nous avons côtoyées. À l’avenue El Nimery, 2e arrondissement par exemple, la chaussée est envahie d’étals. Les divers articles exposés sont composés de chaussures, des sacs, des ceintures, des parfums entre autres. Certains vendeurs ont étalé leurs marchandises à même le sol. D’autres par contre, utilisent des sacs. Véritable challenge lorsqu’un client apparaît. Ce qui n’est pas sans conséquences, perturbation de la circulation, embouteillage, difficile de stationner. Les techniques d’approche des clients sont divergentes. D’aucuns parlent en arabe local, d’autres en Ngambaye, d’autres encore en français.

Interrogé, certains vendeurs disent, « le fait qu’on s’installe sur l’avenue El Niméry n’est pas fortuit ». Selon eux, c’est l’avenue la plus empruntée et la plupart des usagers sont des musulmans. Ils peuvent s’arrêter et se procurer quelques articles, comme la fête de l’Aïd-El Moubarak  s’approche, rajoutent-ils. «Depuis deux ans à l’approche de la fête du ramadan, je m’installe sur cet endroit pour vendre les chaussures. L’avenue El Niméry est le centre de la ville. La plupart de ceux qui habitent ici sont des musulmans. Raison pour laquelle je me pointe toujours ici», dit Béral, vendeur de chaussures. Quant à Serges, l’avenue El Niméry est un endroit idéal, il fait beaucoup de recettes par rapport aux autres endroits. « L’année dernière sur cet axe, j’ai fait beaucoup de bénéfices. Mais pour cette année, je ne sais pas comme il reste encore quelques jours. Ces différentes marchandises que vous voyez là, je les ai achetés à mes propres frais. Certains de mes collègues prennent aussi à crédit chez les Chinois juste à côté », explique Serges.

D’autres par contre, déplorent le comportement peu orthodoxe de certains agents municipaux qui les brutalisent. «Avant-hier, certains agents municipaux en contrôle ont failli nous fouetter, parce qu’on obstrue la voie publique, disent-ils. Ils ont renversé nos marchandises avant de nous vider du lieu»,  rapporte Simone, une vendeuse de jus. Un tenancier d’une quincaillerie nous recommande l’anonymat. Selon lui, il trouve encombrant les étals des marchands ambulants. Mais par la suite, indique-t-il, ces débrouillards sont installés que pour un laps temps comme la fête approche. Pour lui, il faut leur donner cette chance pour assurer leur quotidien.

Aboubakar Adraman, lui estime que ce marché de fortune crée énormément de problèmes à la circulation. Il conseille à ceux-ci de se tenir un peu loin de la chaussée pour des raisons de sécurité.

Allarassem Djimrangar

Le gouvernement de la transition au Tchad est connu depuis le 02 mai. Pahimi Padacké Albert (PPA) est Premier ministre de la transition il y a une semaine. Il a composé un gouvernement de 40 ministres. La société civile n’est pas représentée dans ce gouvernement. Certains membres ne sont pas contents. Ils le font savoir. Reportage.

12 heures. Quartier Sabangali, 3e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne. Sur l’avenue rue de Corniche sur une plaque, il est écrit  Coordination des Associations, sociétés civiles et des Droits de l’Homme (CASCIDHO). Mahamat Digadjimbaye, Coordonnateur de la CASCIDHO nous accueille. Nous échangeons la composition du gouvernement de la transition. D’entrée de jeu, M. Mahamat Digadjimbaye affirme que la CASCIDHO  a pris acte de la mise en place du Conseil Militaire de la Transition (CMT). Selon lui, c’est une réalité qui est là et il faut faire avec. La CASCIDHO regrette que la société civile ne figure pas dans ce gouvernement de transition. Au départ, dit-il, il a été question d’une mise en place d’un gouvernement de large ouverture, impliquant la société civile, les acteurs politiques comme souhaité par toutes les forces vivent et également par la communauté internationale. «Malheureusement, ce gouvernement n’est composé que des acteurs politiques», dit-il. D’après lui, ce gouvernement n’est pas inclusif. Malheureusement, poursuit-il, la société civile est exclue. Le Coordonnateur de la CASCIDHO attire l’attention du CMT sur cette omission. Monsieur Mahamat Digadjimbaye soutient que c’est un mauvais départ et s’indigne, « les mêmes causes produisent les mêmes effets ».

Selon le coordonnateur, il est important de trouver une solution à ce problème dans une transition pacifique, apaisée et inclusive. Car, insiste-t-il, la société civile aujourd’hui ne se reconnaît pas dans ce gouvernement. « La société civile n’a même pas été consultée pour des échanges francs et sérieux. C’est en toute sincérité un faux départ, il faudrait que les autorités de la transition essaient de recadrer cela », rajoute-t-il. Pour lui, la politique d’exclusion a été toujours à la base de tous les maux au Tchad. D’après lui, si tout le monde accepte d’accompagner la transition, il faut impliquer tout le monde dans les organes de transition.

Nous demandons Mahamat Digadjimbaye : est-ce que la délégation de l’Union Africaine a déjà rencontré la société civile ? Il nous répond que c’est prévu pour le 4. Selon lui, ce gouvernement aurait dû attendre la fin de la mission de la délégation de l’UA. L’UA, dit-il, veut une transition apaisée, participative et inclusive. «Aujourd’hui, la société civile joue un rôle déterminant de même que les acteurs politiques. Elle ne quémande pas une place dans la transition, mais dans la transition on a notre place et notre mot à dire », martèle Mahamat Digadjimbaye.

Ben Saïd est secrétaire général de la Confédération des travailleurs du Tchad(CLTT). Pour lui, le gouvernement d’hier est composé que des partis politiques, la société civile ne fait pas partie. En principe, indique-t-il, dans ce gouvernement, il est prévu une large ouverture donc tout le monde doit s’y retrouver. « À mon avis, c’est peut-être très tôt de réagir et dire qu’il y a un échec, mais la formation du gouvernement de la transition interroge sans la participation de la société civile ». Selon lui, la Charte de transition prévoit une large ouverture de concertation et la société civile est une frange importe de la population qui ne devrait pas être exclue. Les erreurs commencent déjà à se faire remarquer dans la transition, affirme-t-il. D’après le syndicaliste, il faut corriger ces erreurs dans les prochaines formations des autres organes de transition afin qu’il n’y ait pas des mécontents et aller en avant. «Il faut qu’on construise un vrai Tchad réconcilié avec tous ses filles et fils».

Moyalbaye Nadjasna

L’équipe du gouvernement de la transition du Premier ministre, Pahimi Padacké Albert est désormais connue. Une liste de 40 membres est publiée, hier 02 mai.  Ialtchad Presse a recueilli quelques commentaires des citoyens. Vox pop.

Issaka Digadjimbaye Alias Mandargué, artiste comédien : « J’adresse mes vives félicitations et je souhaite bon vent, et bon travail à ce nouveau gouvernement. Ils ont besoin de notre soutien pour mieux faire. Ne jugeons pas d’emblée dans le sens de négatif, le moment n’est pas encore indiqué. Ce qu’il faut faire, c’est de collaborer pour une bonne transition. L’essentiel souhaité par le peuple tchadien c’est la paix, pour le décollage de notre pays. Je ne suis pas contre cette équipe, mon souhait est que les membres collaborent pour le mieux afin de rassembler les Tchadiens de tous les horizons. Beaucoup de courage à eux. La population tchadienne doit chercher la voie de la paix, de l’apaisement. Maintenant l’air n’est plus aux troubles publics ni à la brutalité. Seul le dialogue peut sauver notre pays.»

Fallé, Etudiant en 2e année en Droit : « Au sujet de l’équipe du gouvernement de la transition dont la liste a été publiée hier, rien n’a changé. C’est toujours le même système qui revient. Je suis contre et je demande au Conseil Militaire de la Transition de changer ou de reformer ce gouvernement.»

Madjerim Nelim Étudiante, à l’INJS : « Selon moi c’est normal, parce qu’après le décès du président Deby, il nous faut un gouvernement de continuité. Ce, afin de garantir l’autorité de l’État et une gestion efficiente des biens publics dans l’intérêt commun.»

Youssouf, Clandomen : « Écoutez, tout mon souhait, c’est la paix au Tchad. Tout ce qu’on demande à cette équipe de transition, c’est un travail bien fait pour étancher la soif du peuple tchadien. Réunir les Tchadiens pour qu’ensemble, nous construisions notre pays. Les Tchadiens doivent s’unir et se tenir main dans la main afin d’aller en avant. Préservons tous la paix retrouvée.»

Réalisation Younous Sidick Abakar Choukou

La fête de fin de ramadan arrive à grands pas. Le couvre-feu suite à la mort du président Idriss Deby qui a impacté négativement beaucoup d'activités économiques vient d’être levé. Ialtchad Presse a fait le tour chez les commerçants du marché. Et chez quelques gérants des bars et restaurants. Reportage.

11h. Quartier Paris-Congo dans le 6e arrondissement de la ville de N’Djamena, capitale du Tchad. À l'entrée d’un bar, une poignée de clients discutent dans une ambiance bon enfant. Quelques bouteilles de bière traînent sur la table. À l'intérieur de la pièce, un jeune homme a l'air de s’ennuyer. Il est assis, un cahier est devant lui sur la table, c’est NGUYAMBAYE Désiré. Il est gérant. Il dresse la situation du marché de ces derniers jours, « avant, à la fin du mois, nous vendons minimum 10 casiers par jour. Maintenant, même écouler la moitié est presque impossible. Dieu merci, le couvre-feu est levé, on espère que ça va redémarrer ». Certains bars sont vides. Pas de clients, les servants sont rivés sur les écrans pour chasser l'ennui.

À l’autre bout de la ville, au quartier Repos 2. Il y a « DERNIÈRE HEURE », nom d’un restaurant du 5e arrondissement de la ville. À l’entrée, un jeune garçon fait le ménage. On l’interroge. Il nous renvoie vers IZADINE Cherif,  le responsable du restaurant. Selon ce dernier, c'est la nuit que les clients viennent se restaurer, « mais ces temps le ramadan couplé à la mort du président et le couvre-feu, la fréquentation a drastiquement baissé. Inchallah avec la levée du couvre-feu, tout va redevenir normal », dit-il.

Plus loin, plusieurs cafétérias sont fermées. Quelques rares sont ouverts. C'est le cas de celles qui bordent le mur derrière le Lycée Félix Éboué. Un des tenanciers nous confie nonchalamment qu'il a ouvert pour certains étudiants qui ne font pas le ramadan, « je devais rester fermé. Pas assez de clients. Ça ne tient pas. »

Du marché central au marché de Dembé en passant par celui de Diguel, et le marché a AL-AFIA communément appelé Souk-Choleras, les premières effervescences se font sentir. Hommes, femmes, et jeunes se bousculent dans les allées faisant des emplettes se préparant à la fête de fin de ramadan. À l'entrée du marché central, Mahamat Mama est vendeur des habits prêts-à-porter, « les chiffres d’affaires de cette année seront en baisse. Cela est dû au corona virus, au ramadan et au couvre-feu. L'année dernière pendant le ramadan j’avais une recette de minimum 100 000 francs CFA par jours. Cette année je n’ai même pas 50 000 » , se lamente le vendeur.

Sur la place de marchés, plusieurs clients se plaignent du prix élevé des produits. Mariam Annour, ménagère discute le prix d'un habille et affirme, « il n'y a pas d'argent cette année. Les prix des produits sont hors de nos bourses ».

Quelques mètres plus loin chez les couturiers appelés « tailleurs ». Ils soutiennent que les clients n'affluent pas comme par les années passées. « L'année passée, a l'approche de la fête, nous passons nos nuits à l'atelier tellement qu’il y avait du boulot pour tous », regrette-t-il.

Adam Oumar Adam
Togyanouba Santanan

« L’information comme bien public », c’est le thème de la journée mondiale de la presse ce 3 mai. C’est l’occasion pour l’Union des journalistes tchadiens (UJT) et le patronat de la presse tchadienne (PPT) de faire un état des lieux sur les conditions d’exercice du métier de journaliste au Tchad.   

Pour le président de l’Union des journalistes tchadiens (UJT), Abbas Mahamaoud Tahir, le choix du thème de la commémoration de cette année est  lié à l’événement. Cette 28e édition de la journée mondiale de la liberté de presse coïncide avec le 30e anniversaire de la déclaration de Windhoek, appel qui a permis l’institutionnalisation, en 1993, de cette journée mondiale de la liberté de la presse (JMLP). Le but : célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, évaluer la liberté de la presse à travers le monde, défendre l'indépendance des médias et rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l'exercice de leur profession. D’après lui, dans le contexte tchadien, cette 28e  année de la JMLP correspond également aux 30 ans de démocratisation en cours de consolidation et qui sert de creuser au pluralisme et à la libre expression. Pour cette année, selon le président de l’UJT, les festivités marquant cette journée ne peuvent se tenir compte tenu du deuil national de 14 jours en hommage au feu Maréchal Idriss Deby Itno, président de la République. Mais elles seront organisées en différé, rassure Juda Allahondoum, président du PPT.

Au sujet de l’état actuel de la presse tchadienne, le président du Patronat de la presse tchadienne, Juda Allahondoum, souligne que les signaux ne sont pas encourageants.  « Nous n’occupons pas une bonne place dans le classement de Reporter Sans Frontière. 123 sur 180. Nous faisons partie des pays où la liberté de presse est en danger. Il y a trop de pressions sur la presse privée », dit-il. Toutefois, le président du PPT reconnaît que des efforts sont faits. « Néanmoins, il faut noter qu’à l’heure actuelle, aucun journaliste n’est en prison, aucun organe n’est sanctionné pour de manquements professionnels. C’est déjà quelque chose de positif ».

Pour les difficultés que rencontrent les organes de presse et les journalistes, le président du PPT souligne que les défis majeurs restent l’accès aux sources d’information officielles. « De nombreuses personnalités fuient la presse privée pour la simple raison qu’elles craignent de perdre leur  poste. Difficile pour les journalistes tchadiens de faire de l’investigation », affirme Juda Allahondoum.

Le président du PPT reconnaît qu’il y a un véritable problème de viabilité des organes de presse. « Aujourd’hui, le marché de la publicité est trop restreint, ce qui ne permet pas aux entreprises de presse de faire de recettes pour assurer leur  fonctionnement. Ce qui conduit à des actes contraires à l’éthique et à la déontologie quand ces organes veulent coûte que coûte vivre », fait-il remarquer.  L’UJT et le PPT notent que les journalistes ont des difficultés sur le terrain du fait des forces de l’ordre. « Les journalistes qui, quelquefois, subissent de bastonnades comme lors des manifestations et du couvre-feu imposées par les forces de l’ordre et de sécurité. Cette attitude sape le moral des jeunes reporters », rapporte Juda Allahondoum.

Pour pallier à ces difficultés et favoriser un climat à l’exercice du métier de journaliste, le PPT propose que « la subvention aux médias soit inscrite dans le budget de l’État et définir clairement les conditions d’accès, favoriser l’accès aux sources d’informations aux journalistes et adopter une loi sur la publicité pour contraindre les multinationales à faire régulièrement les annonces et les publicités dans les journaux. »

Depuis le 20 avril, le Tchad est dans un régime militaire avec la création du Conseil militaire de transition (CMT) après le décès du président Deby. Bien que des régimes militaires soient à craindre, le PPT estime qu’il est encore très tôt de tirer des conclusions. « Jusqu’à preuve de contraire il n’y a pas encore des abus à signaler en dehors de nos confrères arrêtés lors de la marche du 27 avril, mais qui sont remis en liberté après nos interventions auprès des responsables de la police », affirme Juda Allahondoum. Il exhorte le CMT et les autorités de la transition d’impliquer  la presse dans toutes leurs initiatives.

Rappelons que le 3 mai de chaque année, la Communauté internationale, sous l’égide de la Commission des Nations-Unies pour la Science, l’Éducation et la Culture (UNESCO), célèbre la liberté de presse à travers le monde. Cette journée est instituée en 1993. Donc la 28e édition.

Allarassem Djimrangar

La campagne de vaccination contre la rougeole est lancée depuis le 22 mars. Des équipes de vaccination sont sur le terrain. Ialtchad Presse est allé constater l’effectivité de l’opération. Reportage

Les équipes des agents vaccinateurs contre la rougeole sillonne la capitale tchadienne, N’Djamena. Une équipe s’est installée au quartier Ridina, dans le 5e arrondissement de la ville de N’Djamena. Selon Hassan Abbo Abakar, chef d’équipe des vaccinateurs, au début de la campagne les parents étaient réticents. Ils croyaient, dit-il, que c’était la vaccination contre la covid-19, comme c’est d’actualité. « Mais il nous a fallu développer de stratégies communes avec nos relais communautaires nous avons pu sensibiliser la masse. Pour le moment ça fonctionne bien. Nous avons développé une stratégie qui a bien fonctionné », dit-il. Selon lui, l’équipe vaccine 300 enfants par jour. Il précise aussi que cette vaccination concerne les enfants de 0 à 5 ans. « C’est une vaccination qui ne concerne que la rougeole parce que c’est une maladie cible ».

Selon les spécialistes, la rougeole est une maladie visible et très contagieuse. Un enfant atteint de la rougeole peut affecter tous les autres enfants non vaccinés, dit Hassan Abbo Abakar. « Cette maladie peut provoquer la cécité chez l’enfant. Elle se signale par éruption cutanée. Des petits boutons en forme de tâches de tigre ». Il rajoute en précisant que, la vaccination va continuer jusqu’au 28 mars dans quelques carrés.

« Je dirai aux parents de ne pas hésiter, mais envoyer les enfants pour se faire vacciner. La rougeole est une maladie très dangereuse. Les enfants ont le droit d’être protégés. Lorsqu’on fait un enfant, on doit s’occuper de sa santé », affirme, le chef d’équipe. Il reprécise que la vaccination contre la rougeole est couplé d’Abendazol, un produit antiparasite et de la vitamine A qui aide à la croissance de l’enfant.

Moyalbaye Nadjasna

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