Hier 1er décembre a été marqué par la journée de la liberté et de la démocratie au Tchad, particulièrement dans la capitale, N’Djamena. Une cérémonie de prise d’armes s’est déroulée le matin à la Place de la Nation. C’est depuis 4 ans que cette journée n’a pas été célébrée avec autant d’ardeur. Reportage.
Le président de la République, le Premier ministre, les ministres, les présidents des grandes institutions et le corps militaire étaient présents à cette cérémonie ce lundi férié, chômé et payé.
Le moment fort de ce 35e anniversaire, célébré en grande pompe, à été le défilé militaire. Après le dépôt des gerbes de fleur par le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno au monument des martyrs, commence le défilé des différents détachements des Forces de Défense et de Sécurité (FDS).
Gendarmerie nationale, Force d’intervention rapide, armée de l’air, Garde nationale et nomade du Tchad, Groupement mobile d’intervention de la police de la forestière, les enfants de troupe se sont succédé aux pas cadencés sous la musique militaire.
Présent à la cérémonie, le député Ngarmbatna Lamane a fait un survol historique de la journée du 1er décembre. Pour lui, la liberté et la démocratie sont acquises par les Tchadiens au prix du sang des plus courageux qui ont pris les armes contre le régime dictatorial d’Hisseine Habré à l’époque. « En 1993, il y a eu libéralisation de l’espace politique avec la création des multiples partis politiques. Plus tard en 1996, le Tchad a organisé le 1er référendum qui a consacré la 3e République et le scrutin présidentiel » dit-il.
Les leaders religieux ont également pris part à l’évènement. L’archevêque métropolitain de N’Djamena monseigneur Edmond Djitangar Ngotbé, affirme que le 1er décembre est un évènement qui marque la vie des Tchadiens. La liberté et la démocratie ne sont pas seulement des événements à célébrer, mais plutôt un projet de construction parce que la liberté et la démocratie se construisent tous les jours. Il a interpellé les autorités du plus haut niveau à fournir encore plus d’efforts pour consolider la liberté et la démocratie. « Nous pensons qu’après 35 ans, il y a eu des avancées, mais il y a encore du chemin à parcourir. C’est pourquoi nous joignons notre présence et prière à ceux qui font des efforts pour les consolider », dit monseigneur.
Pour rappel, c’est le 1er décembre 1990 que le j colonel Idriss Deby Itno au nom du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) a renversé le régime d’Hisseine Habré accusé d’avoir éliminé 40 000 Tchadiens. Depuis lors, le 1er décembre est célébré comme la journée de la liberté et de la démocratie. Depuis la mort de ce dernier en avril 2021, c’est seulement ce 1er décembre 2025 que cette journée est célébrée avec autant de faste à travers le pays.
Mireille Modestine Kouladoum