Anonyme……pas tant que ça !

Written by  Jui 10, 2020

Son nom d’artiste est Anonyme ! Pourtant il a choisi une vie aux antipodes de l’anonymat. Contradiction ou provocation ? Tout ce qu’on peut dire c’est : quelle originalité. De son vrai nom Magloire Moïalbaye Tampelé, la nouvelle star du rap est Tchadien et a baigné depuis l’enfance dans la musique avec un Papa grand mélomane devant l’Éternel, passionné de la rumba congolaise et de la musique française. Anonyme est né à N’Djamena et a grandi entre deux quartiers de la capitale, Ridina et Chagoua. Malgré l’adversité il a réussi à s’imposer sur la scène musicale. Entrevue.

Tirons les choses au clair. Qui est Anonyme et pourquoi ?

Excellente question. Bon, mon vrai nom c’est Magloire TAMPELE. Mon nom d’artiste c’est ANONYME, je me fais aussi appeler NDJAMBOYE. Je fais de la musique urbaine. Je chante. Je suis rappeur, auteur et compositeur. Anonyme parce pour mieux me démarquer. MOYALBAYE c’est mon nom à l’État Civil. Après, j’ai pris ce nom, je l’ai tordu, contorsionné et ça donné ANONYME. Simple, frappant et facile à retenir. Dans ce domaine on utilise des noms compliqués, je voulais un nom qui montre ma personnalité. Et voilà la trouvaille.

Quel est votre genre musical ?

Le rap. J’ai grandi dans un quartier populaire, notre univers musical a été influencé par des rappeurs. Il y avait de la musique partout autour de moi. Ma grand-mère était une cantatrice en pays Sara. Bref, je suis la somme de toutes ces influences. J’écoutais aussi beaucoup les émissions musicales à la radio comme le reggae, le zouk. Je faisais également partie d’un mouvement à l’église où nous avons la possibilité d’exprimer nos talents. J’ai fait du théâtre, et j’ai basculé plus tard dans le rap avec un groupe de quartier « Istifak » en 2004. Et, c’est de là qu’anonyme est née. J’ai 4 albums solos, le premier c’était « Chroniques des terres arides », il y a eu ensuite « Mukchahat », « Farafina » puis « Comme un seul homme ». Entre-temps, j’ai lancé un autre album avec des jeunes de mon label Marge d’action, intitule projectile.

Des prestations à l’étranger ?

J’ai commencé en Guinée ou j’ai fait plusieurs spectacles avec un label. Je suis aussi médecin je travaille dans l’humanitaire, cela fait que je n’ai pas vraiment le temps de faire des tournées internationales. En dehors de la musique, je suis aussi responsable du label Marge d’action. J’entends aussi être bientôt producteur. Le label Marge d’action est une écurie. Elle sert de lien entre plusieurs jeunes qui font de la musique. On fait beaucoup dans le coaching des artistes. C’est un label modeste avec un petit studio d’enregistrement, un petit carnet d’adresses. L’album Projectile, lancée en mars 2019 et qui a eu beaucoup succès, nous a fait gagner en notoriété.

Quelles sont les difficultés de métier ?

Les difficultés sont connues de tous. C’est le manque de soutien à tous les niveaux aux artistes. Pourtant ce pays regorge de talents et des volontaires. Les problèmes cruciaux ce sont le manque de structures de production, les questions de propriétés intellectuelles, etc. Les choses bougent un peu, mais ce n’est pas la cocagne.

Votre avis sur la musique tchadienne ?

Peu de pays peuvent se vanter d’avoir un cosmopolitisme culturel comme le Tchad. Nous avons la culture saharienne, Sahélienne et Bantous qui se croisent et s’entrelacent. C’est magnifique. C’est un trésor. C’est une richesse inexploitée. C’est comme j’ai mentionné la musique tchadienne survie, vivote. Prenons la question des droits d’auteur (rire). J’ai été victime d’un scandale. En 2019, j’étais parmi les artistes le plus diffusé au pays et même à l’étranger. Je devais tirer un bénéfice pécuniaire. C’était l’inverse. Je me suis retrouvé avec le plafond le plus bas. Cela démontre les lacunes au niveau du bureau des droits d’auteur. Un minutieux travail doit être fait. Je profite pour interpeller les responsables. S’il n’y a pas un mécanisme de redistribution bien défini et fiable on aura toujours de problèmes.

Vos projets à court terme ?

La sortie de quelques vidéos, et singles pour permettre aux jeunes de notre label d’avoir une identité. On a réalisé un clip vidéo intitulé « ça se passe comment ». Il est sorti tout récemment.

Votre mot de la fin ?

Simplement un clin d’œil à Ialtchad, c’était la référence. C’est la référence. Merci pour le retour. Beaucoup de souvenirs me remontent à la tête. Le Tchad sans Ialtchad, il y avait un manque. Bon vent !

Propos recueillis par Habiba Abdelhakim

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