Ce 11 janvier s’est tenu dans un hôtel de la capitale tchadienne, N’Djamena, un colloque international placé sous le thème : « la refondation de l’État unitaire décentralisé au Tchad. » Reportage.
N’Djamena, ce matin du 11 janvier, le temps était doux. Quelques associations nationales et internationales ont entrepris un colloque sur la refondation de l’État unitaire décentralisé au Tchad. Il s’agit de l’union des cadres musulmans du Tchad, l’union des associations féminines arabophones, la fondation ALHOUDA réseau des femmes élues locales d’Afrique-Tchad, du centre d’Études africaines de l’université roi Fayçal et la coordination des sociétés civiles et de la défense des droits de l’homme (CASCIDHO). Le président du comité scientifique M. Senoussi Mahamat Ali situe les travaux de ce colloque sur trois axes. Le premier porte sur, « l’étude comparative de différents modèles d’organisation de l’État. » Le second axe c’est, « l’analyse critique de la décentralisation au Tchad » et le troisième, « les conditions de réussite de la décentralisation au Tchad. »
Depuis le 20 avril 2021, le Tchad est dans une période de transition conduite par des militaires à la suite du décès du maréchal, Idriss Deby Itno. Cette junte a été contestée par des membres de la société civile et des partis politiques de l’opposition. Ce colloque vise à expliquer et débattre sur le modèle de refondation d’un État unitaire décentralisé dit le président du comité scientifique, M. Senoussi Mahamat Ali. Selon lui, c’est une rencontre scientifique ne s’oppose pas à ceux qui contestent la forme unitaire de l’État au Tchad. Bien au contraire, dit-il, le colloque va susciter un débat de fond sur un sujet récurrent : la forme de l’État. Il affirme que le postulat de cette rencontre fait suite à la forme unitaire de l’État retenu par le pré-dialogue. Seulement il soutient que ce modèle dans sa forme actuelle ne répond pas aux attentes des Tchadiens. « C’est pourquoi l’idée de refonder cette forme d’organisation est arrivée », dit-il. À son avis, une analyse profonde des critiques formulées à l’endroit de l’organisation de l’État montre une mauvaise expérimentation de l’État unitaire.
Aussi ajoute M. Senoussi, les maux relèvent du déficit des politiques publiques peu cohérentes avec les besoins basiques des Tchadiens. « Notre système ainsi décrit est loin de toutes les options doctrinales. Il n’est ni entièrement centralisé ni parfaitement déconcentré encore moins, idéalement décentralisé », martèle le président du comité scientifique. Il estime que, la décentralisation est née des difficultés de l’État central qui n’arrive pas à satisfaire les besoins locaux. Cet État ne satisfait pas, non plus, efficacement ces besoins par des politiques publiques, affirme M. Senoussi.
Le président du comité d’organisation fait un vœu de paix et d’entente entre les filles et fils du Tchad. Il souhaite que les Tchadiens s’entendent lors du dialogue prévu pour le 15 février prochain, sur un modèle de société où il fera bon vivre. « Les Tchadiens aspirent toujours à vivre ensemble afin de préserver l’unité nationale ».
Moyalbaye Nadjasna
L’eau selon les experts en nutrition est un aliment à consommer régulièrement. Elle fait partie des besoins énergétiques. Certains citoyens rencontrés, la plupart éprouvent plus ce besoin en période de chaleur. Le besoin de l’eau dans l’organisme ne fait pas doute. Reportage.
C’est l’hier à N’Djamena, la capitale tchadienne. Il fait froid et la chaleur des rayons du soleil est faible. La plupart des citoyens rencontrés affirment consommer moins d’eau en cette période. Mme Alice Marie dit que l’eau joue un rôle très important dans la vie. « L’eau, c’est la vie. Je bois trois à quatre litres d’eau par jour. En période de chaleur, j’en bois plus voire jusqu’à six litres et surtout la nuit », dit-elle.
Plus loin, dans un autre quartier rencontre avec Mme Serata. Selon elle, il faut boire suffisamment de l’eau pour se sentir bien. « C’est mon aliment préféré et j’en consomme beaucoup, mais moins en cette période où il fait froid », dit-elle. Plus loin, Mme Neloumta Justine est assise. Elle affirme qu’actuellement elle ne boit pas assez d’eau comme le besoin n’est pas pressant. Par contre en période chaude, « je mets de la glace pour bien rafraîchir avant d’en consommer. Vous savez, je ne suis pas médecin, mais il semble que quand on boit assez d’eau, on dégage certaines maladies. L’eau c’est la force de l’Homme ».
Lui c’est M. Allahtoïde, il habite au quartier Ridina, dans le 5e arrondissement de la capitale. Il soutient que le corps humain a besoin suffisamment de l’eau. « L’eau est très importante pour la vie de l’homme. C’est grâce à l’eau que l’homme vit. Je bois beaucoup d’eau surtout au moment de forte chaleur. Même les médecins en cette période conseillent à la population d’en boire plus pour être à l’abri de certaines maladies liées à de fortes chaleurs ».
M. Olbom Jean, Dr en sciences de nutritions et sciences des aliments, assistant à l’université de N’Djamena à la faculté des Sciences Exactes et Appliquées. Selon le nutritionniste, l’eau naturellement est considérée comme un aliment. Il précise que l’eau est à la base des pyramides alimentaires comme tout autre aliment. « C’est important d’en consommer régulièrement 1 litre et demi à 3 litres d’eau par jour. Au Tchad en période de chaleur, il faut aller au-delà de 3 litres d’eau », conseille le spécialiste. Dr Jean demande à ceux qui boivent moins d’eau de pallier la déficience en consommant des aliments riches en eau. Il cite en exemples, la pastèque, la papaye, la tomate, etc. Selon lui, l’excès de consommation d’eau ne provoque pas forcément un problème. « Les gens pensent étancher leur soif en consommant plus de l’eau fraîche. Cependant, l’abus de tout aliment nuit à la santé. La consommation d’alcool ne peut se substituer à l’eau », dit le nutritionniste.
Il précise que l’alcool est dans la classe des alimentations réglementées. Le plus souvent dit-il, on peut prendre un verre ou un verre et demi toute la journée. « L’eau fait partie des besoins énergétiques. Elle permet la régulation hydrique de l’organisme humain. L’eau permet la digestion l’absorption et l’introduction de certains aliments ». Le nutritionniste affirme que l’eau est riche en calcium, en magnésium, en phosphate et en plusieurs nutriments. Il y a des micros nutriments dans l’eau qui permettent l’absorption des macronutriments dans le sang, élément de base de la santé. « Les macronutriments sont les protéines, les lipides, les glucides, par contre les micros nutriments sont les magnésiums, les phosphores, les calciums, etc. », dit-il.
Dr Jean affirme que l’eau contient aussi de l’oxygène. « Sa composition c’est H2O. Naturellement il y a hydrogène et deux oxygènes. Ce sont ces oxygènes repartis dans le corps à travers l’eau ». L’enseignant chercheur expose que pour des raisons de thermorégulation il ne faut pas consommer de l’eau non glacée pendant la chaleur. Pour lui lorsqu’on consomme de l’eau glacée sous la chaleur, le cœur peut s’arrêter. À N’Djamena par exemple dans les chantiers en période de forte chaleur, il faut consommer de l’eau moyennement tiède et non congelée, recommande le nutritionniste.
Moyalbaye Nadjasna
La douane de N’guéli a augmenté le prix de dédouanement sur tous les produits importés qui entrent au Tchad via Kousseri au Cameroun. Cette augmentation concerne tous les articles et produits alimentaires des premières nécessités. 600 FCFA sont ajoutés sur chaque produit dans un camion que doivent payer les commerçants. Ces derniers n’acceptent pas cette augmentation. Reportage.
Depuis plus de deux semaines aucun camion, gros porteur, n’est entré dans la capitale. Les camions qui transportent les produits importés alimentaires et non alimentaires qui entrent au Tchad par Kousseri sont garés dans l’enceinte de la douane de N’guéli. D’autres sont stationnés sur la voie qui mène au même pont. Ils attendent d’être situés avant de prendre la route qui mène dans les différents marchés de la capitale. La douane a décidé d’augmenter le prix sur chaque marchandise qui entre dans la capitale. Cette augmentation a mécontenté les commerçants. Les prix des produits des premières nécessités comme la farine de blé, le sucre et le riz ont augmenté à 600 FCFA le sac par camion. Les commerçants refusent cette hausse des prix de dédouanement.
Pour Abakar Bourma, vendeur de farine de blé au marché de Dembé, cela fait plus de deux semaines que les commerçants, à travers leur syndicat, sont en pourparlers, mais aucune solution n’est trouvée. Pour lui, le prix du dédouanement est passé récemment de 5 millions à 7 millions. Cette fois-ci, nous refusons de payer, martèle-t-il « Ce sont les stocks que j’ai fait depuis décembre que je vends maintenant. Sinon, aucun sac de farine n’est entré à N’Djamena, c’est inquiétant. Les produits comme la farine de blé expirent en 6 mois seulement. Alors, si une solution n’est pas vite trouvée, ce sera difficile pour les consommateurs », explique-t-il. Souleymane Djibrine un autre vendeur, il n’est pas question, selon lui, que les commerçants dédouanement leurs produits à ce prix. « Nous commerçants sommes aussi des consommateurs. Le coût de vie est devenu très cher à N’Djamena. Il faut que la douane revienne à des meilleurs sentiments », ajoute-t-il. Si rien n’est fait, dans quelques jours, la farine, le sucre et le riz manqueront.
Une dame du bureau des transitaires de N’guéli affirme sous le sceau de l’anonymat que c’est une coutume de la douane d’augmenter le prix du dédouanement à chaque début d’année. Elle justifie cette hausse par le fait que la douane voulait faire des recettes à l’État. Cette année, elle a augmenté jusqu’à 600 FCFA sur chaque produit importé, dit-elle.
Kouladoum Mireille Modestine
Les personnes handicapées ont manifesté ce lundi 10 janvier devant l’ambassade des États-Unis à N’Djamena pour réclamer la réouverture du pont de N’guéli, frontière avec la ville camerounaise de Kousseri. La traversée du pont sur le fleuve Logone est la principale activité de subsistance pour ces personnes. Ils menacent de ne pas quitter la rue s’ils n’obtiennent pas gain de cause. Reportage.
La fermeture du pont de N’guéli, sur le fleuve Logone, frontière entre la ville de N’Djamena et la commune de Kousseri, au Cameroun, perturbe les activités créatrices de revenus des personnes handicapées. Depuis plus de 6 mois déjà, le gouvernement de transition et l’association des personnes handicapées sont à couteau tiré. Les personnes à mobilité réduite estiment que les autorités de la transition ne respectent pas leur promesse. Ils décident de ramper jusqu’à l’ouverture du pont.
Pour le porte-parole des personnes handicapées Ali Ossignbédé Justin, les personnes à mobilité réduite, ne demandent ni le départ du président du Conseil Militaire de Transition (PCMT) Mahamat Idriss Deby ni le départ du Premier ministre de la transition (PMT) Pahimi Padacké Albert. Ils demandent simplement la réouverture du pont pour reprendre leurs activités. A son avis, c’est depuis 6 mois que son association se bat pour obtenir gain de cause, mais cette revendication est restée sans une suite favorable. Le porte-parole des personnes handicapées promet de ramper tous les lundis, jusqu’à satisfaction. Pour lui, depuis le refus du gouvernement de lever la traversée du pont aux personnes handicapées, plusieurs ne parviennent pas à prendre en charge normalement leurs familles.
Fatiguées par la promesse faite par les autorités de la transition, les personnes à mobilité réduite expriment leur ras-le-bol. Elles disent être déterminées pour aller jusqu’au bout.
Les manifestants ont pendant plus de 3 heures exprimé leur mécontentement et exhortent les autorités à soulager leur souffrance en les laissant traverser le pont de N’guéli. « Le tricycle n’est pas un char combat. Aujourd’hui, il faut que le ministre de l’action sociale, le ministre de la Sécurité publique, le Premier ministre et le PCMT nous trouvent une solution, sinon nous ne quitterons la rue », insiste le porte-parole Ali Ossignbédé Justin.
Ce lundi, tôt vers 6 heures du matin, les personnes handicapées ont bloqué l’avenue Jacques Nadjingar qui passe devant l’ambassade des USA, située dans le 7e arrondissement. Cette manifestation sans violence est encadrée par les agents de la sécurité publique. Pour libérer la voie, les responsables de la police ont négocié pendant plus d’une demi-heure pour faire partir les mécontents. Elles ont scandé le nom du président du CMT Mahamat Idriss Deby, en lui demandant d’agir en leur faveur.
Jules Doukoundjé
Succès Masra (SM) est allé chercher par la peau de ses dents, ce meeting du 8 janvier au stade Idriss Mahamat Ouya (IMO). Il l’a demandé maintes fois. Plusieurs fois sa demande est rejetée. Têtu, il ne lâche rien. À sa dernière demande et les motifs du refus, mise aux normes du stade, l’ulcère. Il décide de maintenir son rendez-vous. Même jour. Même lieu. Même heure. À 24h, les autorités reculent. Le ministre de la Jeunesse et des Sports lui accorde l’autorisation en espérant une démobilisation de ses militants à quelques heures du rendez-vous. Une condition verbale, à voix basse, lui aurait été signifiée : « les transformateurs seront responsables de toute éventuelle casse. » Et les partisans, sympathisants, amis et alliés du Conseil Militaire de transition (CMT) et de l’ex-parti au pouvoir le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) envahissent les réseaux sociaux et les salons feutrés de la capitale N’Djamena avec ces phrases à la bouche, « il ne réussira pas à remplir le stade IMO », « si les Transformateurs réussissent à le faire, nous ferons plus ». Ce 8 janvier SM et ses militants ont relevé le défi : 20 000 participants au meeting. Un homme politique et son parti Les Transformateurs naissent ce jour. Alors pourquoi, sans jeu de mots ni jeu de noms, Succès a eu du succès au stade IMO ?
La première raison, c’est la fatigue de la majorité des Tchadiens. À cela, il faut ajouter le besoin viscéral de la nouveauté. De nouveaux visages. Une envie dévorante de renouvellement de la classe politique, mais pas avec des « dos de pic » ni des héritiers du système que les Tchadiens appellent « koul loum sawa » (tous pareils). Les Tchadiens veulent donc des hommes ou des femmes méritants qui leur parlent en leur disant qu’ils comptent, qu’ils sont importants. Depuis des décennies, ils assistent désespérés à une lutte entre une vieille opposition compromise et un pouvoir sclérosé, usé par 30 ans d’un exercice de pouvoir à l’avantage d’une catégorie de Tchadiens. SM et son parti ferraillent dure pour se faire reconnaître. Ils sont presque seuls contre un système fait des petits arrangements entre des vieux partis établis, des petits partis personnels et le défunt président Deby Itno. Ensuite par ses héritiers politico-militaires, la junte et le MPS. SM a su lire cette demande. Il s'est mis à affiner son discours comme une ode à l’espérance. Il s’est mû en véritable gourou, non pas du changement, mais de la Transformation du Tchad. Le secret est dans le choix du mot. Il arrose ses expressions d'une pincée des référants mi-religieux mi-historiques. Il emploie des phrases simples pour désigner des choses complexes, « quand le chemin est dur, c’est aux durs de tracer le chemin ». Il se place en victime d’un système. Il dit ne pas demander de la pitié pour faire sa place. Il la réclame tout en clamant être une victime d'un système injuste comme le sont les autres Tchadiens.
La deuxième raison, c’est le zèle de vouloir à tout prix exclure son parti, les Transformateurs. Les qualifiant tantôt de parti virtuel, tantôt de parti méridional composé essentiellement des Tchadiens du sud. Ce qui est pour l’instant vrai. Le président de la transition semble avoir compris le non-sens de cet acharnement contre les Transformateurs. Il a dès le lendemain de son arrivée au pouvoir, reconnu ce parti. Et il semble avoir joué un grand rôle dans l’autorisation du meeting du 8 janvier. Il a aussi compris que cette obstruction est contre-productive. Tout est donc à l’honneur du PCMT, Mahamat Idriss Deby Itno d’avoir compris et, peut-être, qu'il est sans s’en rendre compte entrain de démystifier Masra pour affaiblir Succès. Toutefois, la tâche sera difficile tant l’épisode du stade IMO a marqué les esprits. Bref, l’argument victimaire ou le zèle vient d’être ôté au chef des Transformateurs.
La troisième raison, c’est la cohérence et la persévérance de M. Masra. Il est le seul leader à avoir un discours cohérent face à la junte. Il a demandé, au premier jour, une transition civile, une charte modifiée et un dialogue souverain. Il a placé son parti comme un contre-pouvoir à la junte. Il a su prendre la place du leader de l’opposition à la place de certains qui ont choisi la collaboration avec la junte désertant ainsi leur rôle d’opposant. Ils croyaient changer le système de l’intérieur oubliant au passage qu’ils avaient déjà servi cette recette aux Tchadiens du temps du défunt Maréchal. Ils ont réussi une chose : ne rien changer. Ils n’ont pas tiré de leçons de leur échec. Ils n’ont surtout pas compris que le contexte est historique et unique. Ils se sont discrédités pour si peu. Alors qu’ils pouvaient tout gagner.
Aussi, SM et sa troupe ont été persévérants. Patients. Ils ont su choisir leurs armes. Avec ces armes, ils ont creusé leur sillon. Et conquit peu à peu, jour après jour leur place. À chaque étape ils ont un objectif à atteindre. Hier ils ont conquis la rue, en perturbant le pouvoir. Aujourd’hui, ils ont capturé le stade IMO en le remplissant. Demain, ils ambitionnent de monter à l’assaut de la Place de la nation, à un jet de pierre du Palais présidentiel.
Enfin, Succès a du succès parce qu’il a su allier sa méthode de pasteur presbytérien à sa rhétorique de gourou. Il aime les symboles. Il cite les grands Africains et les grands hommes noirs qui ont marqué l’histoire. Les murs de son bureau sont tapissés de leurs images : Mandela, Martin Luther King, etc. Ne dit-on pas qu’il faut imiter ou se rapprocher des grands esprits, à défaut d’être eux? SM en rêve, mais à leur différence, il veut servir son pays. Il crée même pour cela son propre concept « le leadership serviteur et transformateur ». Hier au stade IMO, il dit que le Tchad n'a eu que des chefs d’État, jamais des hommes d’État. Qui pourra lui reprocher cette conviction ? Il croit à son destin en associant les Tchadiens à son ambition. Il affirme ne pas être seul. Il veut peser sur le dialogue qui s’approche. Fort de sa démonstration de force le 8 janvier dernier, il monte les enchères et met de la pression sur la junte. Il vient de signer sa présence réelle. Désormais, il existe. Lui à qui on a nié l'existence politique. Il lui reste le test des urnes qui lui donnera l’onction de la légitimé populaire. Et la vraie mesure de son poids politique mais ça, c’est une autre histoire.
Bello Bakary Mana
Plus de 14 partis politiques d’opposition se sont réunis pour créer une plateforme dénommée convergences des organisations politiques (COP). Le lancement officiel a eu lieu le 8 janvier dernier. Placée sous la coupe d’une coordination, la COP, disent ses membres, regroupe les différentes énergies en vue d’agir ensemble pour un État de droit au Tchad. Reportage.
Une nouvelle plateforme regroupant plusieurs partis d’opposition vient de voir le jour. Plus 14 partis politiques issus de l’opposition démocratique se sont unis pour créer une nouvelle plateforme dénommée Convergences des Organisions politiques (COP). Le lancement officiel a eu lieu le 8 janvier dernier.
Pour le député Rakhis Ahmat Saleh, coordonnateur et porte-parole adjoint de la plateforme, la COP est une organisation opérationnelle composée de forces structurées et des personnes ressources engagées et désireuses d’améliorer de manière consensuelle et inclusive la situation sociopolitique actuelle du pays. « Vu le danger imminent qui guette notre pays, l’heure de la convergence s’impose à nous et nous devrions nous engager plus pour éviter à notre pays et notre peuple, une souffrance que celle dont nous souffrons depuis plus de 60 ans », soutient l’homme politique. Égrenant un long chapelet des problèmes du Tchad, le député Rakhis Ahmat Saleh justifie que face au contexte sociopolitique dangereux pour la stabilité et la sécurité nationale, une réponse politique nationale à la hauteur s’impose. Selon lui, seule l’unité des forces vives de la nation peut garantir un changement démocratique, l’état de droit et le vivre ensemble. L’opposant exprime aussi sa préoccupation par rapport à la transition militaire actuelle et par sa mauvaise organisation pour sortir de la crise.
L’opposant Salibou Garba, coordonnateur et porte-parole de la nouvelle plateforme, souligne que les organes mis en place par le Conseil militaire de la transition (CMT), n’offrent aucune garantie d’impartialité, gage de la paix dans la conduite du dialogue et de la transition. Pour lui, la communauté internationale, parraine de ce processus devrait s’impliquer davantage afin qu’un cadre plus consensuel et inclusif chargé de préparer ce dialogue soit créé. « Nous réitérons notre disponibilité à travailler avec les autres plateformes afin de parvenir à une transition réellement inclusive, consensuelle et apaisée. C’est notre leitmotiv », précise Salibou Garba. Selon lui, les membres du COP sont déterminés à agir pour contribuer à conjurer ces périls qui paraissent inéluctables.
Les membres de la plateforme suggèrent que les autorités de la transition œuvrent sincèrement et dans la transparence à la réussite du pré-dialogue avec les politico-militaires, en traitant avec sérieux les questions préliminaires pour décrisper les tensions. Ils exigent aussi des modalités susceptibles de permettre des débats sereins, contradictoires et féconds.
Les partis d’opposition réunis dans cette nouvelle plateforme demandent aux autorités de transition et aux partenaires de la communauté internationale de ne pas rester sourds aux pleurs des Tchadiens et aux nombreuses alertes et propositions émanant de tous les horizons.
Jules Doukoundjé
Une marée humaine a pris d’assaut hier 8 janvier 2022 le stade Idriss Mahamat Ouya (IMO) de N’Djamena, capitale tchadienne. C’était à l’occasion du grand meeting tenu par le leader du parti les Transformateurs Dr Succès Masra. Les personnalités telles que, Bedoumra Kordjé, prof Avockssouma Djona, le vice-président de l’UST ont témoigné l’évènement. Reportage.
« Je ne suis pas un homme seul, vous êtes la preuve et votre massive présence le prouve suffisamment. Il y a un temps pour toute chose. Un temps pour ramper, un temps pour se mettre debout et marcher tête haute pour exiger de s’asseoir à la table de justice et de l’égalité », a dit Dr succès Masra, président du parti Les Transformateurs à l’entame de son discours. Il affirme que la justice élève une nation et est au-dessus de tout. Il rajoute sa phrase fétiche, quand le chemin est dur, seuls les durs tracent le chemin. Il poursuit en signifiant que ces efforts, les transformateurs les ont fournis dans la soif, dans la faim, dans les larmes. « Vous connaissez votre destination et là où se trouve votre cœur se trouve votre trésor. Nous avons parcouru déjà ensemble, la moitié du chemin. Rien ne nous arrêtera pour arriver à la terre promise. Une terre de légalité, de la dignité, de la protection et des opportunités pour chaque Tchadien et chaque Tchadienne ».
Succès Masra dans s’adresse à son public en soutenant que personne ne peut enlever l’amour qu’ils éprouvent pour leur pays. Il se dit fier d’un peuple exceptionnel qui sait ce qu’il veut, « le moment est venu pour le Tchad de réussir son dialogue intergénérationnel ». Dr Masra fait la promesse de ne pas trahir la mémoire des martyrs, selon lui, tombés lors des marches. D’un ton ferme, il dit que les Transformateurs n’abandonneront jamais cette lutte contre l’apartheid et de l’injustice au Tchad. « Vous êtes un tapis dont la beauté dépend de la diversité de ses couleurs. Voilà le Tchad que nous voulons bâtir aujourd’hui. Plus rien ne doit se faire sans nous dans notre pays. Nous ne voulons pas un Tchad des privilégiés d’un côté et des oubliés de la République de l’autre. Mais un Tchad sur ses deux jambes », dit-il. Il soutient que les Tchadiens veulent un Tchad sans la domination des militaires sur les civils et pas plus celle des civils sur les militaires. Il faut plutôt un pays qui sait combiner la force des militaires et l’intelligence du peuple, rajoute-t-il.
Dans un stade IMO plein à craquer, l’opposant politique estime que la mobilisation de ses camarades écrit l’une de plus belles pages de l’histoire du Tchad. C’est le plus grand rassemblement dans ce pays, dit-il. L’homme politique évoque que le peuple est pour la justice et pour la légalité. « Chers compatriotes, nous sommes sur un plus grand chantier. Je vois les finissions des travaux vers la fin de la transition. Le chantier sur lequel est la nation tchadienne est la construction d’un stade de 1284 000 km carrés pour les fils de bergers et d’agriculteurs que nous sommes », clame Dr succès.
Destin individuel, destin collectif
Dr succès Masra affirme que les Transformateurs ne craignent rien dans leur marche de la vallée, « le Dieu de la justice sortira son épée pour rendre justice et le rangera que lorsqu’il finit de faire ce travail. Il n’y a pas des vœux entre nous, ce qui compte pour nous c’est l’engagement. Votre patriotisme se transforme en une énergie renouvelable pour illuminer le chemin dur. » Le président des transformateurs affirme que le soleil qui se couche sur N’Djamena annonce un jour nouveau.
« Le Tchad a eu beaucoup de chefs d’État, mais non des hommes d’État ». Beaucoup ont eu le pouvoir, mais sans sens de service, constate-t-il. Selon lui, rien ne peut se faire sans une grande générosité ni un don de soi. Il exhorte ses camarades de ne pas plus être complexés face à qui que ce soit. Il demande aux partenaires historiques du Tchad à considérer le peuple tchadien.
Le président des transformateurs a réitéré sa reconnaissance pour le retour au bon sens des autorités. Cela a permis l’accès au stade IMO pour ce meeting, précise-t-il, avant d'ajouter que les transformateurs sont des gens bienveillants.
Moyalbaye Nadjasna
Pari réussi pour le leader du parti Les Transformateurs et ses militants. Plusieurs milliers de jeunes sont venus de tous les arrondissements de la capitale N’Djamena et des provinces du pays pour assister à ce grand meeting. Le jeune opposant Succès Masra a donc réussi le pari de remplir le stade Idriss Mahamat Ouya (IMO). Il relève ainsi le défi lancé par ses adversaires politiques. Reportage.
La date du 8 janvier sera peut-être mémorable dans l’histoire politique du Tchad. Depuis l’avènement de la démocratie en 1990, très peu de meetings de l’opposition démocratique n’ont été acceptés sous régime de l’ancien Président Idriss Deby Itno. Ce 8 janvier 2022, plusieurs milliers de jeunes sont sortis massivement pour se rendre au stade IMO pour assister au meeting du président du parti « Les Transformateurs ».
Il est 10 heures, le stade commence à se remplir petit à petit pour atteindre son pic à 14 heures. À 15 heures, le stade est envahi par les jeunes militants du parti. Malgré le soleil, les jeunes ont d’une manière ordonnée chanté et dansé en attendant l’arrivée du Président du parti, Dr Succès Masra. 15 heures 15 min, le jeune leader fait son entrée au stade sous les applaudissements et les youyous de ses militants. Sous escorte, il a fait le tour du stade pour saluer le public. Avant de prononcer son discours, l’opposant s’est entretenu pendant une dizaine de minutes avec quelques représentants des partis politiques et des membres de la société civile. À 15 heures 38 min, il monte au podium sous des cris de joie.
Pendant plus de 35 min, Succès Masra a exhorté les jeunes à rester debout et à lutter pour obtenir leur liberté pour la refondation d’un Tchad nouveau. Il a appelé aussi les jeunes à lutter pour obtenir leur dignité. Selon lui, le peuple tchadien périt par ignorance et le défi est à relever. Il a exhorté les autorités de la transition à écouter la voix du peuple. À son avis, compte tenu de la mobilisation des jeunes au stade IMO, il sera impossible d’organiser le dialogue sans son parti, ni certains membres de la société civile comme la plateforme Wakit Tama.
La particularité de ce meeting est aussi la présence de plusieurs personnes handicapées qui sont mobilisées malgré leur handicap, pour assister à cette rencontre.
Pour la réussite du meeting, les autorités de la transition ont mis en place un important dispositif de sécurité. L’immense mobilisation des Transformateurs pour leur premier meeting autorisé au stade IMO est considéré par beaucoup d’observateurs comme un premier vers une réelle démocratie au Tchad.
À la fin du meeting, le président des « Transformateurs » a annoncé un autre meeting le 29 janvier prochain à la place de la nation. Il souligne aussi que dès lundi prochain, il enverrait une correspondance aux autorités communales pour demander l’autorisation.
Jules Doukoundjé







