jeudi 22 octobre 2026

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Au quartier Abena dans le 7e arrondissement de la ville de Ndjamena, capitale tchadienne, le marché de poisson fumé appelé communément « Tarodona » « les déguerpis » en arabe tchadien, les prix flambent. Qu’est-ce qui justifie cette flambée des prix ? Ialtchad Presse s’est rendu sur les lieux pour comprendre pourquoi ? Reportage.

L’ambiance de ce mercredi 21 octobre au marché « Taradona » n’est pas celle d’antan. Les allées sont quasiment désertes. Les marchands attendent les clients en tuant le temps dans des longues causeries. Sur leurs visages, il se lit un mélange de tristesse et de lamentation. Selon les vendeurs, les affaires sont aux arrêts. Pour Moussa Abdoulaye, vendeur semi-grossiste, les prix du poisson flambent à cause du problème d’insécurité dans certaines zones de pêche au Lac Tchad. Il rajoute que le sac de poissons vendu à 20 000 FCFA auparavant est actuellement à 45 000 FCFA. « Nos clients n’arrivent pas à nous croire. Ils demandent le pourquoi cette montée des prix. Ils pensent que nous spéculons, mais c’est le prix d’achat du produit qui revient cher. Il nous faut bien faire un bénéfice, c’est ce qui fait tourner nos affaires. Nous ne pouvons pas vendre à perte tout de même. »  Un second vendeur et pêcheur soutient « en période de crue, les poissons descendent en profondeur se cacher sous les herbes. Donc en tant que pêcheurs nous comprenons ces étapes, mais c’est toujours difficile du côté des clients. »

Les ménages désemparés

Une dame assise face aux étals d’Oumar Alhaji dit être dans une confusion totale et ne sait quoi faire. Sous le sceau de l’anonymat, elle déclare, « je vous assure, je n’ai que 5 000 F en main et je croyais comme d’habitude prendre le poisson pour 3 000 F, mais le tas que vous voyez devant moi coûte 5 000 f. » Impossible pour cette dame d’acheter. Si elle achète, elle n’aura pas assez d’argent pour se procurer de la farine pour la boule de mes enfants. « Ce que je crains si j’achète les petits poissions mon mari risque de ne pas me croire et me créer de problème. C’est cela ma crainte. Voilà les difficultés pour nous les ménagères Tchadiennes. »  

Kostoingué Florent, la cinquantaine révolue, rencontré sur place, est en compagnie de sa femme. Selon lui, il faut se déplacer des fois pour découvrir certaines réalités. « J’accompagne ma femme pour baisser les coûts de transport surtout que nous habitons Toukra. Je me rends compte de ce dont endurent nos épouses sur les marchés. Les hommes être compréhensibles envers leurs femmes. Si nous voulons manger à notre souhait qu’on augmente l’argent de popote », dit M. Kostoingué.

Plus loin dans le marché, une vendeuse pour confirmer la flambée des prix, affirme, « je ne gagne rien, j’achète cher ». Et les clients poursuit-elle, « veulent toujours payer moins chers. ». Une autre vendeuse qui refuse de décliner son identité, déplore l’ambiance déprimante du marché.

Les vendeuses de poissons fumés demandent que l’Etat et toutes les sociétés paient le salaire les quinzaines du mois et la fin du mois pour relancer l’engouement des clients du marché de poissons « Taradona ».

Moyalbaye Nadjasna

A peine la saison de pluie est finie que le fleuve Chari déborde sort de son lit. Les habitants des quartiers Walia et Toukra dans le 9e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne sont victimes du débordement fulgurant des eaux du Chari. Reportage.

Le fleuve Chari a débordé. Il a vomi ses eaux sur certains riverains. Tous les autres sont inquiets. Ce n’est pas tous les carrés des quartiers Walia et Toukra qui sont touchés. Il suffit d’être sur les deux ponts pour voir une étendue d’eau à perte de vue.  Ici au quartier Ngomna où nous nous sommes rendus, certaines concessions sont sous les eaux, des maisons se sont écroulées sous la pression du fleuve.

Dans une maison non loin de chez le chef de carré 5, cinq chambres construites en banco se sont écroulées. Les victimes ont récupéré les morceaux de tôles pour se bâtir un abri de fortune. « Les hippopotames et les serpents nous menacent chaque nuit », dit Hervé Baloua. Il ne sait pas où aller. « Je suis chômeur, il y a plusieurs personnes comme moi. Nous ne pouvons pas louer. Nous demandons aux ONGS et les personnes de bonnes volontés de ne pas nous oublier. Dans ce carré, il y a beaucoup de veuves et des orphelins voire des retraités. C’est difficile. », dit-il.

Selon Ngarlem Mougata, chef de carré 5 de Ngomnan malade et couché, sa zone était épargnée même pendant la période de fortes pluies et des inondations de cette année. « C’est un cauchemar. C’est depuis 4 semaines que le fleuve Chari nous inquiète. En saison pluvieuse, nous n’avons pas eu de difficultés. L’eau a coulé directement dans le grand Bouta. Mais avec la montée du Logone et du Chari, l’eau s’est déversée sur nous.  Depuis 3 semaines, nos jeunes gens ne dorment pas la nuit », dit le chef sur un ton de dépit.

Ngarlem Mougata affirme que lorsque l’eau se fraie un chemin, les jeunes accourent avec des sacs remplis de terres pour construire des barrages de fortunes. Les résidents demandent assistance aux autorités communales qui les ont aidés avec seulement 80 sacs de sable. « Heureusement une ONG de la place nous a donné 150 sacs, 2 brouettes et 3 pelles. Cela a permis aux jeunes de faire un travail impeccable, mais nous sommes toujours inquiets. Nous redemandons à la mairie centrale sinon aux plus hautes autorités de nous venir en aide, nous sommes dépassés. »

Un site aux sinistrés

Madame la maire 1er Adjoint de la commune du 9e arrondissement affirme que depuis que l’eau a commencé à reprendre son lit, la mairie suit l’évolution de l’eau. « Comme vous le voyez, c’est un phénomène naturel. Le maire est à nos côtés matin et soir. Il est entrain de lutter pour mobiliser le gouverneur et des organismes qui sont ici au Tchad. Les gens sont descendus sur le terrain pour faire le constat, mais le constat est amer. » Pour elle, la commune a mis à la disposition de la population des sacs, des terres, des personnes ressources, etc. « C’est horrible à tel point que nous ne pourrons rien en cette période. Toute dépend de la volonté de Dieu et Il pourvoira. La commune seule ne pourra rien. Nos cris d’alarme ont fait échos partout et nous osons croire que dans les jours à venir, le gouvernement prendra des mesures », poursuit-elle. Pour elle, ils sont auprès de leur population. Au quartier Ngoumnan, explique-t-elle, même le curé à retrousser les manches pour aider la population, il est exemplaire, conclut-elle.

Quelques sinistrés regroupés déjà sur un site non aménagé en face de la commune sont en train d’être enregistrés par les agents communaux. Une opération qui va permettre d’avoir dans les jours à venir le nombre exact des sinistrés.

Moyalbaye Nadjasna

À la veille de la célébration de la Toussaint, une marée humaine envahit les cimetières pour nettoyer les tombes de leurs regrettés parents. Reportage.

Le ciel très bleu au cimetière de Ngonba ce matin du 31 octobre. Situé au sud de la capitale, N’Djamena, dans le 9e arrondissement, le cimetière de Ngonba n’accueille plus des corps. Ces personnes ne sont pas venues à l’enterrement, mais elles nettoient les tombes de leurs regrettés en cette veille de Toussaint. Pelles, râteau, balaie, l’eau, pioche, des cris des youyous, des chants de joie, l’ambiance contraste avec ce lieu où les parents viennent dans le silence se recueillir. Avec vivacité, hommes et femmes travaillent, balaient, astiquent les tombes pour les débarrasser des herbes et autres encombrements.  Debeney Germaine, pelle à la main, remet la terre sur la tombe de son père, « ce n’était pas facile pour moi ce matin lorsque j’ai revu la tombe de mon père. Mais la parole de Dieu nous rassure qu’un jour nous verrons nos bien-aimés. Donc avec les conseils de mes grandes sœurs qui sont à mes côtés j’ai vite retrouvé ma sérénité », dit-elle.

Plus loin, Solkam Nodjigoto et sa famille nettoient les tombes de leur père et de leur oncle maternel.  Ils ont construit les deux tombes depuis six ans. « Une fois le nettoyage terminé, nous allons prier et rentrer. À la maison, nous allons partager le peu qu’on a et nous allons chanter et encore prier pour leurs âmes afin qu’elles trouvent la miséricorde de Dieu », dit Mme Solkam.

Djikoloum Fulbert, la quarantaine révolue, a accompagné ses voisins. Pour lui lorsqu’on perd un être cher on ne l’oublie pas. « Dieu nous recommande de pleurer avec ceux qui pleurent et de nous réjouir avec ceux qui se réjouissent », alors je suis ici pour compatir.

Juste à côté de M. Fulbert, Quatorze Laporte Boyo semble très occupé. Il est le grand-père de feu Koumassem Ndolengar, administrateur scolaire, décédé depuis 2010. Il travaille avec une énergie débordante à coup de pioche pour retourner la terre argileuse du cimetière de Ngonba. Il arrange la tombe de son petit-fils en compagnie d’un autre de ses petits-fils. Selon lui, cela fait 10 ans qu’il vient remettre la terre sur la tombe de feu Koumassem. « J’ai toujours envisagé construire cette tombe, mais les moyens me font défaut. Franchement, je regrette que ce petit meure à fleur d’âge, mais Dieu est souverain. Notre prière est que Dieu lui accorde sa miséricorde », dit-il.

À propos de la célébration de la Toussaint, ABBE Allangomadji Hony Maximes, responsable de la Paroisse Saint-Paul de Kabalaye affirme qu’il y a une mauvaise compréhension de la Toussaint. Selon lui, lorsqu’on parle de Toussaint, les gens ou certains fidèles pensent directement aux défunts et se rendent dans les cimetières. « La Toussaint ce n’est pas la fête des morts », insiste-t-il. 

Selon Jacques de Voragine, archevêque de Gênes, dans son écrit « la Légende dorée » vers 1260, la fête de la Toussaint a été instituée pour quatre objectifs entre autres : commémorer la consécration d'un temple, suppléer à des omissions, expier les négligences, faciliter l'accomplissement des vœux des fidèles. À l'origine, elle est célébrée en mai. On l'a ensuite déplacée au 1er novembre.

Pour des raisons pratiques, selon Jacques de Voragine, cette fête a lieu le 2 novembre. Cependant, parce que la Toussaint est un jour férié, il est donc plus facile de se rendre au cimetière ce jour-là.

Moyalbaye Nadjasna

La fête de Toussaint est célébrée tous les 1ers novembre de chaque année à travers le monde par les fidèles de l’Église Catholique. Quelle est l’origine et le sens de cette fête ? ABBE Allangomadji Hony Maximes, responsable de la Paroisse Saint-Paul de Kabalaye répond. Entrevue.

Que signifie la Toussaint ?

Abbé Allangomadji Hony Maximes,

Nous célébrons dans quelques heures de la Toussaint comme vous venez de le dire. C’est une fête que nous fêtons comme Noël ou la pâque. C’est une grande fête chrétienne qui célèbre la sainteté des hommes et des femmes qui ont témoigné de leur foi en Jésus-Christ. Dans le calendrier liturgique catholique, nous avons des Saints. Nous portons leurs noms. Nous les fêtons tout au long de l’année liturgique. Il y a aussi des saints de l’église que les humains ne connaissent pas. Ils sont vivants en présence de Dieu parce qu’ils ont vécu ici sur terre. En fêtant Toussaint, nous demandons aussi de la communion avec les saints à toutes ces personnes qui vivent dans la félicité de Dieu. Ils prient Dieu pour nous parce qu’ils contemplent déjà la face de Dieu. Telle est la célébration de la Toussaint en un mot. Dans la Sainte Bible au livre d’Apocalypse, qui nous sert de la lecture demain, dans sa vision, Saint-Jean a vu, ceux qui sont marqués par le sceau de Dieu et qui sont au nombre de 144 000 en raison de 12 000 par tribus sur les 12 tribus d’enfants d’Israël. Cela concerne ceux qui sont connus. Cependant dans la suite de sa vision il a vu encore une multitude innombrable des gens que lui-même affirme de ne pas connaître. Il a fallu qu’un vieillard lui explique que « cette foule est composée de ceux qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau. C’est-à-dire ceux qui ont témoigné de leur foi ici sur terre. Témoigner c’est la traduction littéraire du mot martyr. Le grand martyr ne consiste pas seulement à mourir, mais c’est de manifester l’amour quotidien dans notre vie.

Fêter la Toussaint dans un contexte différent cette année avec la Covid-19. Comment la fêtez-vous ?

Abbé Allangomadji Hony Maximes,

Dans le contexte de la pandémie, nous essayons de voir, depuis la reprise des activités dans les églises, toutes les dispositions ont été prises pour que les célébrations eucharistiques soient limitées à un nombre acceptable. Les fidèles respectent la distanciation sociale. Nous célébrons cette fête en respectant toutes les consignes données par nos autorités religieuses. Même dans la salle, les bancs sont marqués laissant la distance entre les personnes et c’est ce qu’on va continuer à faire.

Vous parlez d’une mauvaise compréhension de la Toussaint, que voulez-vous dire exactement ?

Abbé Allangomadji Hony Maximes,

Une équivoque est à lever. Nous avons une mauvaise compréhension de la Toussaint. Lorsqu’on parle de la Toussaint, nous pensons directement aux défunts. Les fidèles viennent à la célébration en pensant à ceux qui sont morts. Mais ce n’est pas la fête des Morts. Rappelons-nous de la parole que Jésus Christ a dite à Marie de Magdala le dimanche de Pâques le matin, le 1er jour de la semaine après sa mort, « pourquoi chercher parmi les morts le vivant ? » Nous avons l’obligation les saints dans la communion de prier pour les morts parce qu’ils sont en train de traverser une période de purification. L’Église appelle ce lieu le purgatoire. Mais la célébration de la fête n’est pas pour aller aux cimetières. C’est une joie parce que Dieu a permis à l’humanité de vaincre le mal. Et de vivre en sa présence dans son paradis. C’est ce que nous célébrons. Nous célébrons aussi notre espérance, nous les vivants qu’en témoignant Le Christ ici sur terre. Nous allons avoir accès à cette vie de félicité avec Dieu. C’est le 02 novembre que nous allons commémorer avec les fidèles, toutes ces personnes qui sont mortes pour que par nos prières Dieu puisse leur accorder la grâce du péché qu’ils n’ont pas pu obtenir ici sur terre pour entrer dans son royaume.

Entrevue réalisée par
Moyalbaye Nadjasna

A l’ouverture du deuxième forum national inclusif, Ialtchad Presse a tendu le micro à la population au sujet de ce forum. Vox pop

« Je n’attends pas grand-chose de ce forum. C’est un forum organisé autour d’un cercle. Il n’y a pas eu une sensibilisation au préalable à l’endroit des Tchadiens. De plus, les débats ne sont pas à la hauteur de l’attente des Tchadiens compte tenu de la situation socio-économique que traverse le Tchad. Écoutez les rumeurs nous parle de la modification du drapeau, de notre hymne national, alors je n’attends rien de ce forum ».

« C’est un ami qui m’a informé au sujet de ce forum. Mais de tout ce qu’il m’a dit, rien ne répond aux attentes des Tchadiens. Les problèmes sont là. Pourquoi organiser un forum pour la modification de du drapeau et de l’hymne national ? Je suis totalement contre ce forum. Je n’attends rien du Gouvernement. Et rien des participants ».    

« C’est très important. Ce forum s’ouvre dans un contexte très particulier. La jeunesse tchadienne est délaissée. Il est temps que les hommes politiques laissent de côté leur politique politicienne. Et qu’ils prennent en mains l’avenir de la jeunesse. Le temps n’est plus aux promesses politiques. Moi, en tant qu’étudiant, je demande aux hommes politiques, au sortir de ce forum, qu’une solution puisse être trouvée. Nous les étudiants, nous sommes les cadres de demain mais les conditions dans lesquelles nous étudions n’émeuvent pas les autorités. C’est déplorable ».

« Pour moi, ce forum n’est que poudre aux yeux des Tchadiens. Je dis cela parce que tout est déjà fait d’avance par le pouvoir. Ils veulent juste nous ennuyer. Il y a beaucoup des problèmes qui attendent des solutions. Au lieu de chercher les solutions, ils organisent un soi-disant forum inclusif. De toute façon j’attends de ce forum : la bonne gouvernance, la bonne gestion de l’économie tchadienne la paix entre les Tchadiens ».   

 

 Propos recueillis par
Djilel-Tong Djimrangué         

Les travaux du deuxième forum national inclusif ont été lancés ce jeudi par le président Idriss Déby Itno au Palais du 15 janvier à N’Djamena. Reportage.

Le deuxième forum national inclusif a été ouvert ce jeudi 29 octobre par le président de la République Idriss Déby Itno. La cérémonie s’est déroulée dans la grande salle du Palais du 15 janvier à N’Djamena. Différentes corporations politiques, religieuses, associatives ont répondu présentes à l’invitation du comité d’organisation.

Le président de la République Idriss Déby Itno, vêtu d’une djellaba simple le tout coiffé d’un « taguya » (bonnet), a fait son entrée dans la salle du Palais à 10 heures, accompagné de la Première Dame Hinda Deby Itno. Beaucoup d’invités ont pensé voir le président dans sa tenue de Maréchal. À 10 heures 17min, l’hymne national, la Tchadienne, a retenti marquant ainsi le début de la cérémonie. Il y a eu seulement deux interventions.

La première personne à intervenir est la présidente du comité d’organisation, Lucie Beassemda. Dans son mot de circonstance, très bref, elle a expliqué que la tenue de ce forum marque la concrétisation de la promesse du président Déby Itno à la clôture du premier forum. La rencontre n’a pour but d’évaluer les 74 résolutions du premier forum qui a donné naissance à la IVe République, a fait savoir Mme Beassemda. Organisé dans un contexte marqué la pandémie du Covid-19, la présidente du comité a indiqué que des pré-forums ont été organisés dans 10 zones. Et pour la diaspora, une boîte email a été créée.

Le second intervenant, c’est le président de la République Idriss Deby Itno lui-même. Il a axé son discours d’ouverture sur le bilan de la IVe République. Selon lui, les reformes issues du premier forum sont menées à terme. « Aujourd’hui, la citadelle institutionnelle née du premier forum national inclusif affiche complet », a-t-il dit. Toutefois, reconnaît le président, les premiers pas de la nouvelle République n’ont pas été du tout aisé compte tenu d’un certain nombre de contraintes externes et internes. Il a notamment cité la pandémie du Covid-19 et la lutte contre le terrorisme. C’est pourquoi selon lui, il est nécessaire d’évaluer les réalisations. « Il vous revient, cependant, d’analyser l’efficacité opérationnelle de nos institutions et de tirer les leçons qui s’imposent, pour que soit opéré un recadrage ou soit rectifié le tir », a dit le président.

En ouvrant les travaux, le président Déby Itno a rejeté en bloc les accusations de certains détracteurs de ce forum qu’ils qualifient d’exclusif et non inclusif.  « Ce forum revêt une dimension inclusive et participative. Je dis haut et fort que personne n’est exclu de ces assises qui visent au premier chef à consolider l’unité nationale et à renforcer la démocratie à la base », clame Idriss Déby Itno.

Après l’ouverture des travaux, un présidium a été mis en place. Il est présidé par Mariam Mahamat Nour. La composition de ce présidium a été contestée vivement par les participants qui soutiennent que les quotas n’ont pas été pris en compte. Encore présent dans la salle, le président Déby Itno a intervenu pour calmer les contestataires.

Autre fait insolite, c’est l’exclusion d’une partie de la presse. Des journalistes se sont vu refuser l’accès à la salle de cérémonie à l’exception de ceux des médias publics. Les exclus ont été confinés dans une salle avec un écran téléviseur pour suivre le déroulement de la cérémonie. Mécontents, ils ont voulu boycotter la couverture médiatique de l’événement avant que le comité n’autorise une partie à accéder à la salle.

Le deuxième forum s’étale sur 3 jours. 600 personnes y prennent part selon les organisateurs. Au menu des discussions, l’évaluation des différentes résolutions du premier forum fondant la IVe République.

Christian Allahdjim

Les musulmans du Tchad célèbrent, ce 29 octobre l’Aïd Al Maouloud. Cette fête commémore la naissance du prophète Mohammed. L’atmosphère ce matin à N’Djamena n’est pas festive. Reportage !

10 heures. L’ambiance dans certains quartiers de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne est de plus ordinaire ce jeudi. Rien ne montre que les fidèles musulmans fêtent la naissance du messager d’Allah, fondateur de l’Islam, le prophète Mohammed. Les boutiques, les marchés et autres activités de la ville tenus par les fidèles musulmans sont ouverts normalement. A comparé avec la fête de mouton ou Aïd Al Fitir, la fête du Ramadan ou Aïd Al Moubarak, la Eid al Maouloud n’est pas célébrée en grande pompe cette année. Selon M’aichai Habib, marabout, imam d’une petite mosquée au quartier Naga I, 4e Arrondissement le contexte a changé. « Avec la pandémie de la covid-19 et les mesures sanitaires, que nous sommes tenus de respecter, cela change toute la dynamique. Sinon dans le passé, nous égorgeons des moutons et nous préparons assez de nourritures pour partager avec les personnes démunies », dit l’imam

 Abdoulaye Ahmat, est commerçant au marché Dombolo au quartier Ardep-djoumal a prié avec sa famille et a partagé le peu qu’il a avec ses enfants et ses voisins. « Vous savez il n’y a pas d’argent ce dernier temps. Même au marché les clients se font rares. Financièrement, rien ne va. Hier il n’y avait pas de souci, mais aujourd’hui la vie est devenue très compliquée surtout avec le coronavirus. Qu’Allah nous préserve de cette maladie et surtout qu’Il nous accorde la paix dans notre pays. » dit-il.

Pour le Marabout M’aichai Habib, avant, à la veille de Maouloud, ils prennent le temps d’enseigner le Saint Coran aux fidèles. De leur raconter comment le prophète Mohammed et né. D’expliquer sa vision de l’islam. Toujours selon M. Habib, les jeunes d’aujourd’hui s’intéressent de moins en moins aux fondamentaux religieux. Les parents et les leaders religieux doivent prendre leurs responsabilités pour conscientiser leurs enfants à la pratique religieuse. Et à leur rappeler que la vie sur terre est belle, mais elle a une fin. « Je pense que la prière est l’un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi en un Dieu unique et en Mohamed son messager. Et c’est ce qu’on a fait hier dans notre mosquée afin d’invoquer la miséricorde d’Allah de bénir son prophète, les fidèles et le reste du monde. », conseille-t-il.

Allah bénisse le Tchad !

Selon Abdoulaye Ahmat, cette année, Maouloud est célébrée au Tchad au même moment que l’ouverture du 2e forum national inclusif. Il souhaite qu’Allah le Tout Puissant inspire les différentes sensibilités et les autorités à aborder les questions essentielles de bien-être de la population tchadienne.

Dans un passé récent, les fêtes musulmanes se déroulent dans une ambiance de joie : les fidèles rendent des visites familiales à des proches, les enfants se retrouvent dans les centres des jeux, etc.  « Coronavirus a tout bouleversé », dit M. Abdoulaye

Moyalbaye Nadjasna

Le 2e forum national inclusif démarre ses travaux ce 29 octobre. L’Union des syndicats du Tchad (UST) refuse pas participer à ce forum. Il le qualifie de vide. Tandis que la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT) y participe pour dit son leader « apporter des critiques positives ». Reportage

Deux ans après le premier forum national inclusif tenu en 2018, le second forum démarre ce jeudi 29 pour clore le 31 octobre. Les partis politiques et les acteurs de la société civile sont attendus pour une seconde fois à ce rendez-vous pour disent les organisateurs évaluer les résultats du forum passé. L’union des syndicats du Tchad (UST) refuse de participer à ce 2e forum.  C’était au cours d’un point de presse tenu, le mardi 27 octobre, par son Secrétaire Général GOUNOUNG VAIMA GAN-FARE à la Bourse de travail. Dans sa déclaration, le Secrétaire Général de l’UST, relève que le Gouvernement doit plutôt se concentrer à régler les problèmes vitaux des Tchadiens, « la mauvaise gouvernance s’est accentuée. Elle est marquée par la déliquescence de l’administration entre les mains des proches du Président de la République. »

Selon l’UST, la corruption, le pillage des fonds publics, l’instrumentalisation de la justice n’ont fait que s’amplifier aux dépens des citoyens ordinaires. Les problèmes économiques se sont aggravés par l’accaparement des entreprises privées et parapubliques par des « intouchables ». Ils ne sont soumis à aucune contrainte fiscale. Ils sont responsables de la faiblesse des recettes de l’État. Et le forum n’apportera aucune solution à ces problèmes cruciaux.

Pour GOUNOUNG VAIMA GAN-FARE ce 2e forum est une opération politique de diversion, « il vise à faire occulter la faillite du régime qui navigue à vue depuis trente (30) ans ». Il ne propose rien face à la crise sociale et politique dans laquelle le pays s’enfonce de plus en plus. Toujours selon le SG, l’UST et d’autres ont proposé des pistes qui sont entre autres, la pétition de 2012, le mémorandum de 2015, le manifeste « ça suffit » de 2016, la déclaration solennelle de Genève de 2018, mais le pouvoir n’a pas tenu compte. Toutes ces raisons font que l’UST ne participera pas à ce forum. « Participer c’est légitimer ce qui n’apportera aucun résultat profitable aux couches populaires », dit M. GAN-FARE.

Corriger les erreurs du passé

C’est un autre son de cloche du côté de la confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT). Elle accepte de participer au 2e forum national, « nous allons participer pour proposer des solutions », a dit son secrétaire général, Brahim Ben SAID NOH. Pour lui, certaines résolutions du 1er forum n’étaient pas salutaires pour les syndicats parce que beaucoup de travailleurs ont perdu leurs emplois. C’était dû à la suppression des institutions telles que la primature qui employait plus de 500 salariés, la cour de compte, la médiateur nationale, la cour constitutionnelle dit le secrétaire de la CLTT. « En politique on fait des erreurs, comme partout d’ailleurs. Mais si on constate ces erreurs, il faut les corriger. Et c’est cela qui fait grandir », estimé Brahim Ben SAID. Il faut s’asseoir et voir qu’est-ce qu’on peut faire ? Qu’est-ce qu’on peut corriger ?  « Je pense qu’il faut venir au forum. Il faut faire ses propositions mêmes si elles ne sont pas prises en compte, on les aurait au moins exprimés pour l’histoire », insiste M. Ben Saïd.  La CLTT estime que les Tchadiens doivent profiter de l’accalmie pour dialoguer et parler de leurs défauts les uns les autres.

Brahim Ben SAID estime pour sa part que pour un État comme le Tchad si on n’a pas un premier ministre, les choses sont difficiles et toutes les charges vont peser sur la Présidence de la République. Donc il est temps de s’arrêter pour voir si les changements apportés par l’ancien forum sont positifs ou négatifs. Par exemple, explique-t-il, la réhabilitation de la Cour de Compte est une exigence de la CEMAC et le problème de serment confessionnel mal vu. Il y a de choses à revoir avec les autres et un forum est l’endroit idéal. « Ce n’est pas mauvais un forum. Je pense qu’il faut parler avec les autres. Il faut vider son sac et voir qu’est-ce qu’on va nous proposer au lieu de subir ce qui se fait de l’autre côté », affirme le secrétaire de la CLTT. »

Pour leurs attentes, Brahim Ben SAID dit que le syndicat souhaite que des institutions soient créées afin de récupérer les 1000 personnes qui ont perdu leurs emplois. « Notre intérêt est celui des travailleurs, car la plupart de ceux qui ont perdu leur travail sont des jeunes. Une jeunesse sans emploi est une bombe à retardement. Il faut dire que notre richesse c’est que le jeune tchadien est conscient et calme. Le Tchad appartient à tout le monde, c’est une richesse commune et nous devons être présents en dialoguant sans tabou », a-t-il conclut.

Djilel-Tong Djimrangué Aimé
Moyalbaye Nadjasna

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