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Ce lundi 10 novembre, comme prévu la capitale des Émirats arabes unis, Abu Dhabi s’est réveillée avec l’ouverture du forum sur le Plan national de développement (PND du Tchad.
8h du matin. Les participants se dirigent en petits groupes vers les portes d’entrée de la grande salle. Le service de sécurité a décidé de bloquer tout le monde jusqu’à 9h 00. « Faites une seule ligne », lancent les agents de sécurité. Rien n’y fait. Les participants font la sourde oreille. La sécurité lâche prise et fait passer les invités en groupe de 2 personnes. Je réussis à passer.
Je suis dans la salle. Je me dirige instinctivement vers le coin presse au fond. Je vois des visages familiers, ce sont des collègues journalistes. En fond de scène, un grand écran géant de 10 mètres sur 5 domine. Il est écrit Forum Tchad- UAE sur le Commerce et l’investissement floqué des drapeaux et des armoiries de deux pays. À gauche sur la strate un pupitre blanc. Au centre 6 fauteuils blancs garnis des micros sont bien rangés pour accueillir les panélistes. Au bas de la strate, c’est la zone VIP. Après c’est la zone des « M. et Mmes tout le monde », les participants.
10H 15 min. La maîtresse de cérémonie annonce les intervenants et explique les grandes lignes du PND.
Le président du comité d’organisation et ministre de Finances, du Budget, du Plan et de la Coopération Tahir Hamid Nguilin prend la parole. Il s’est dit fier de l’évènement, « merci pour l’affluence avec plus de 70 pays présents, merci pour l’intérêt et l’attention à ce sommet, au Tchad ». Pour lui, ce PND est différent parce que le concept et l’idée ciblent le secteur privé.
10h 30. C’est l’heure des panels. Ça commence avec les mines et les hydrocarbures, suivi par le secteur Agricole, l’industrialisation, l’eau et l’énergie électrique. Les panélistes vante les potentiels du pays en matière agricole, pastorale et surtout l’immensité et la disponibilité des terres arables.
12h 30 min. Le président Mahamat Idriss Deby fait son entrée sans que la salle ne soit avertie par la fameuse phrase, « Mesdames, et monsieurs, M. le président de la République… ». Les participants se lèvent. Aussitôt après, projection d’une vidéo sur les Émirats arabes unis pour rappeler aux participants que les Émiratis viennent de loin et sont aujourd’hui loin. Mais c’est aussi, je pense, pour dire aux Tchadiens, « vous-êtes, vous aussi, capables avec un peu de sérieux ».
Le président commence son discours comme d’habitude en remerciant Allah le Tout puissant d’avoir permis cette rencontre. Les Émiratis, les participants sont remerciés. Le président affirme qu’il n’est pas venu pour vendre le pays mais pour partager une conviction, celle de faire du Tchad un modèle de développement. « …ce qui est possible pour les Émirats est possible pour le Tchad… Le Tchad ne vous offre pas une aventure mais un partenariat stratégique et mutuellement bénéfique », dit-il. Il a promis aux investisseurs de leur faciliter les choses comme par exemple : leur assurer une sécurité juridique, la mise en place de e-visa, etc. Il a vanté les atouts du pays. Fin du discours. Les participants sont débout, ils applaudissent.
Au tour du président du Togo Faure Gnassingbé d’intervenir. Il affirme que ce que le Tchad a initié est inspirant et dépasse ses frontières. C’est au Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine de discourir, il vante l’approche de ce PND, donne quelques conseils et appelle les investisseurs à investir au pays. Les intervenants « gros calibre » sont tous passés. Les présidents quittent la salle...
Le vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre M. Ousmane Diagana est invité à prendre la parole. Il promet de soutenir le pays à hauteur de 2,5 million de dollars.
Les panels se succèdent. Il est presque 17h. C’est fini pour ce lundi. Le gros du PND est derrière. La salle se vide, les participants trainent, échangent, discute. Un dîner est offert le soir.
Le mardi matin, dit-on, c’est « be to be ». C’est quoi ce concept? Personne ne semble capable de me l’expliquer. En réalité, c’est l’acronyme anglais de B2B, qui signifie « business to business ». Je vais au dîner avec ce concept dans ma tête. Bouffes, danses traditionnelles du pays, accords et conventions sont signés. Je rentre à mon hôtel vidé.
Bello Bakary Mana







