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Je suis allé au dîner offert par le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno lundi soir dans le plus grand hôtel de la ville d’Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis.
Lundi 10 novembre,18h.
À l’entrée des lieux, deux portiques de sécurité sont plantés, « encore la sécurité? », me suis-je interrogé moi-même en monologuant. Un pour les femmes, un autre pour les hommes. Des agents de sécurité debout vous surveillent, eux-mêmes sont comme surveillés par des jeunes hommes en « djellabia » blancs, foulards noués à la tête. Avec deux autres collègues journalistes, nous nous plions aux règles et passons les portiques.
10 mètres plus loin, s’ouvre devant nous une vaste esplanade où tables, chaises, nappes et napperons sont magnifiquement dressés. Comme on dit, les organisateurs ont mis les «petits plats, dans les grands plats ». La musique tonne, les invités arrivent en grappe. Ils sont « sapés comme jamais ».
Nous choisissons notre table. Nous étions entre bonnes bouffes, danses traditionnelles. On dit souvent que bouffe, musique et business font bon ménage. Je n’ai jamais cru à cela, mais depuis ce dîner je suis en train de changer d’avis. Cette ambiance festive a permis de récolter ces sommes :
100 millions de dollars de la Banque mondiale pour le secteur privé
450 millions d’euros pour une unité textile,
13 millions d’euros pour la transformation de l’arachide
28 millions de dollars pour une cimenterie
395 millions de dollars pour la production de canne à sucre
Alors que le maître de cérémonie anime, ministres et investisseurs signaient des accords et promettaient d’injecter de l’argent dans l’économie tchadienne, j’ai reconnu un vieux journalistes français X Girard du journal Le Figaro qui échangeait avec de jeunes Français de la table à côté. Il se joint à nous et nous raconte avec force et détails, comme seul savent le faire les vieux journalistes d’antan, sa tumultueuse aventure aux confins sud du pays en 1985 durant la rébellion « codo », son arrestation, son séjour en prison. Et surtout sa libération rocambolesque contre 50 voitures, 504 GL bloqués par la France. « Je sais ce que je vaux moi. 50 voitures 504 GL, je dis bien 504 GL », dit-il sur un ton comique.
Notre confrère X Girard nous a rendu la soirée agréable par le récit de sa mésaventure au pays. Il a capté notre attention à tel point que la soirée est presque finie sans qu’on s’en aperçoive pleinement. Il fallait partir. Il fallait se dire au revoir et s’attraper vite un taxi pour aller reposer nos os.
Le lendemain mardi 11 novembre, 9h 00.
Je sors difficilement de mon lit. Nous arrivons à presque 9h 45 min à Rixos Marina. Les portes sont bloquées. On était plusieurs Tchadiens. Les esprits s’échauffent. On est renvoyé à une autre porte d’entrée. Ici c’est une entrée VIP nous annonce-t-on. « Médias, journalistes », dit un confrère. Je répète la phrase. Pas question, dit la sécurité. Les autres compatriotes aussi se fâchent. On maudit les Émiratis et leur système de sécurité un peu brutal. « Hier ils ont bloqué un invité VIP pendant des heures », dit un confrère.
11h 10 min. Nous sommes un petit groupe à réussir à rejoindre la grande salle. Le ministre Tahir Hamid Nguilin est en train de clore le PND, « …je déclare clos les travaux de PND, connexion 2030 », dit-il.
Un peu avant, une grosse nouvelle tombe. Les autorités tchadiennes annoncent avoir mobilisé des financements à hauteur de 20,5 milliards de dollars. « L’objectif de 30 milliards de dollars est réalisable », dit une note lis sur la page officielle Facebook du président Mahamat Idriss Deby Itno. Dans la même note, il exprime sa gratitude à son frère l’Altesse Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, aux pays frères, félicite le comité d’organisation, les partenaires, etc. Il finit ainsi sa note, « Que Dieu bénisse les Tchadiens et tous ceux qui les aiment ».
Bello Bakary Mana







