jeudi 22 octobre 2026

Justice : Élection et tiraillements au congrès des magistrats

Déc 28, 2025

Le 7ème congrès du syndicat des magistrats du Tchad (SMT) s’est tenu ce samedi 27 décembre sous des échanges accusateurs. Le magistrat Mahamat Alkhali Algadam a finalement été élu président du SMT.

Le ministre de la Justice Garde des sceaux, le président de la Cour Suprême, président du conseil supérieur de la magistrature Samir Adoum étaient présents pour lancer la cérémonie mais vite les échanges ont été durs entre les intervenants.

Et thème, la sécurisation juridique et judiciaire des investissements au Tchad, défis et rôle du magistrat est passant au second plan. Un thème parlant disent les magistrats, « nous voulons guérir la justice de sa maladie d'indépendance vis à vis du pouvoir exécutif », disent les magistrats.
Selon eux, le Tchad doit avoir des textes juridiques qui attirent la convoitise des investisseurs. Le président du comité d'organisation du congrès Massingaral Gagah a dans son discours insisté sur les textes juridiques solides pour séduire les investisseurs. Et pour accélérer le développement du pays. « Au lieu de ça, la justice qui doit être la base de cela n'existe plus car le pouvoir exécutif cherche par tous les moyens à déstabiliser le judiciaire pour avoir la suprématie sur lui », dit-il sur un ton accusateur. Il a aussi dénoncé le recrutement dans le milieu judiciaire, « sous forme de recrutement interne, les magistrats dont la plupart des auditeurs sont recrutés parmi les commerçants, les agriculteurs et les éleveurs n'ont jamais fait des études en droit. Ils ne parviennent pas à rendre une justice de qualité », dit-il en colère. Le magistrat rappelle que la formation d’origine ne répond guère au critère du métier.

Le président de la cour suprême Samir Adoum Amir a répliqué immédiatement, « ce discours est un vrai réquisitoire contre l'exécutif, la Cour Suprême et le Conseil supérieur de la magistrature. Nous ne sommes pas ici pour faire le procès de qui que ce soit ».

Il n'est pas question pour lui de laisser quelqu'un dire que les nominations sont faits des considérations ethniques où autre. « Ces propos sont extrêmement graves », a-t-il ajouté.

M. Samir affirme que la sécurité judiciaire repose sur une justice indépendante, impartiale, compétente et efficace . Il a énuméré quelques défis auxquels la justice est confrontée : besoin de formation spécialisée, charge de travail élevé et attente sociale de plus en plus forte, « ces défis ne doivent jamais être un prétexte à la résignation. Mais plutôt un appel à la responsabilité collective et à l'engagement constant de tous les acteurs ».

Le ministre de la justice garde des sceaux Dr Youssouf Tom a calmé cette passe d’armes en demandant aux magistrats d’assumer leurs responsabilités « sinon il n'y y aura pas un pays développé », dit-il. Selon lui, si on veut un Tchad changé, on veut un Tchad développé, ça va commencer par la justice. Car la justice n'est pas une faiblesse, elle est une force. Il revient sur le thème du congrès qui selon lui, s'inscrit dans le cœur des enjeux actuels de gouvernance judiciaire.
« Au-delà des textes, la sécurité juridique et judiciaire repose fondamentalement sur l'action du magistrat », insiste-il.

Mireille Kouladoum Modestine

  • AIMEZ / PARTAGEZ AUSSI LA PAGE IALTCHAD PRESSE
    1. Arts & Culture
    2. Musique
    3. Mode-Beauté

    -Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

    1. Divertissement
    2. Sports
    3. Mon Pays

    Votre Publicité sur Ialtchad Presse