jeudi 22 octobre 2026

Politique : Décryptage du message à la nation du président

Jan 04, 2026

Comme à l'accoutumée, le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno à adresser un message à la nation à la veille de l'année 2026. Il a fait le bilan des réalisations du gouvernement. Il a annoncé des nouveaux chantiers et des mesures pour le développement du pays. Le politologue Dr Yamingué Betingaye fait le décryptage du message.

Le Dr Yamingué Betingaye affirme que le message de cette année contrairement aux années précédentes est resté un chapelet des choses déjà connues. Sinon les points clés auxquels les Tchadiens attendent le président n'ont pas finalement été abordés. Il s’agit de question de justice. Plus précisément celle de la grâce présidentielle aux prisonniers. Les premiers d’entre eux sont Succès Masra et Idriss Youssouf Boy. Il y a aussi la question de la plainte de l'ONG soudanaise déposée à la Cour pénale internationale (CPI) contre les autorités tchadiennes, dont le président lui-même, la question de lutte contre la corruption, etc.

Selon M. Bétingaye, le chef de l'État n'a pas finalement tranché entre l'Agence indépendante de lutte contre la corruption (AILC) et ceux qui la critiquent. « Ces points constituent des aspects clés auxquels l'opinion publique attendait de réponses ou des prises de position claire. Le politologue. Le président aurait dû apporter son soutien fort à l'AILC pour permettre à l’institution de bien faire son travail. Au lieu de ça, il s'est beaucoup plus appesanti sur le bilan et est resté positif », dit le politologue.

Au sujet de la grâce présidentielle, le président a gardé le silence cette année. «  Il se trouve dans une position délicate. Pouvait-il libérer un seul prisonnier? Lequel? Peut-être qu'il devrait libérer le prisonnier le plus souhaité par l'opinion publique. Il y avait des noms comme Succès Masra et Idriss Youssouf Boy. Ça devait être difficile pour le président d'accorder une grâce à certains prisonniers. Et laisser les autres pour lesquels l'opinion publique a semblé être presque unanime » dit-il.

Enfin, le dossier, le président a affirmé que l'école tchadienne a besoin d’un traitement de choc. Pour M. Betingaye, ce traitement de choc consiste à adopté un programme scolaire solide, faire le suivi évaluation du personnel éducatif,  la formation des enseignants et le recrutement du personnel. « Le problème n'est pas là. Ce qu'il faut faire immédiatement, c'est améliorer les conditions de travail des enseignants et renforcer les effectifs. Car les enseignants menacent déjà de repartir en grève le lundi 5 janvier 2026 pour réclamer le décret d'application qui n'a pas été pris en compte dans la loi des finances 2026 », conclut le politologue.

Kouladoum Mireille Modestine

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