jeudi 22 octobre 2026

Décryptage note circulaire : L’AILC contrôleur, pas juge

Jan 08, 2026

L’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption AILC a fait une circulaire pour informer les ministères, établissements publics, collectivités autonomes, entreprises publiques, organismes, etc. Désormais, les manquements dans la commande publique au sein des départements ministériels, des établissements publics et des collectivités autonomes ne sont plus tolérés. Pour L’économiste Biaka Djoret Tedang, l’AILC n’est pas un juge, elle doit transmettre les rapports à qui de droit.

Le contrôleur général M. Ousmane Abderamane Djougourou dit ne plus vouloir être tendre avec tous ceux qui gèrent la gestion de la commande publique. À partir de ce mois, les irrégularités seront sanctionnées par la réglementation. Selon l’économiste Biaka Djoret Tedang, l’AILC n’a pas compétence à juger, elle ne peut que transmettre des rapports à qui de droit. « Elle n’a pas en réalité le plein pouvoir, elle a pour mission de contrôler, de documenter, d’alerter, de recommander et de transmettre. Mais elle ne peut pas se substituer au juge, ni au trésor public moins encore aux autorités disciplinaires », affirme-t-il. Il ajoute que ce que l’AILC peut encore faire de plus puissant c’est de produire des dossiers béton, traçables, documentés qui rendent la justice difficile à éviter en ajoutant une chose très importante qui consiste à rendre publics ces rapports.   

M.Tedang rappelle que l’AILC n’a pas besoin de liberté pour rappeler la loi. La loi est déjà en vigueur. Elle est supposée être connue de tous et en particulier de ceux qui sont chargés des marchés publics. Tout compte fait, l’AILC aura deux problèmes dans sa mission de lutte contre la corruption comme l’accès aux documents réels des comptes, dit-il. Par exemple, les contrats, les paiements, les décomptes des procès-verbaux de réceptions des infrastructures et le soutien institutionnel pour que ces constats ne finissent pas dans un tiroir.

Toujours selon l’économiste, les autorités tchadiennes ont tendance à ouvrir le robinet du contrôle quand le contexte le permet et le ferme quand ça touche des zones sensibles. « C’est sélectif » pourtant chef de l’État a clairement dit le 31 décembre dernier qu’il ne faut pas être sélectif. M. Djoret affirme, « c’est peut-être la sortie récente du premier ministre sur le chantier de réfectionnement du stade omnisports Idriss Mahamat Ouya qui a permis de donner un contexte à cette intervention de l’AILC ».

Kouladoum Mireille Modestine

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