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Lors d’un point de presse tenu ce jeudi, 12 mars 2026 à l'école du Centre, la section de N’Djaména du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) par la voix de son Secrétaire Général, M. Abdelkadre Djibia a vivement dénoncé l'attitude du Ministre de l’Éducation Nationale annonçant le report des salaires de février à la fin du mois de mars et d'appliquer des ponctions salariales pour les jours de grève.
Dès l'entame de ses propos, le Secrétaire Général provincial du SET de N'Djaména rappelle que le salaire est un droit "sacré" et fustige ce qu’il qualifie d’aberration administrative. Il accuse le Ministre de sortir de ses prérogatives en s'érigeant en employeur direct pour punir les grévistes, violant ainsi la liberté syndicale. Le SET rejette également les arguments gouvernementaux comparant favorablement leurs revenus à ceux de la sous-région, affirmant que rien ne justifie la confiscation du fruit de leur labeur, pilier de l'avenir de la nation.
Cette épreuve de force s'inscrit dans un contexte économique particulièrement éprouvant. Entre l’inflation galopante et les exigences spirituelles liées au Ramadan et au Carême, les "professionnels de la craie" décrivent un quotidien de précarité extrême. Le syndicat souligne que si les cours sont encore assurés par pur patriotisme, malgré "la poche vide et le ventre affamé", la patience des troupes a atteint ses limites face à ce qu'ils perçoivent comme une politique de provocation délibérée.
Constatant l'échec du dialogue avec leur Ministère de tutelle, les enseignants se tournent désormais vers le sommet de l'État. Le SET-N’Djaména sollicite l’arbitrage immédiat du Médiateur de la République et l'implication personnelle du Président de la République. Ils exigent le versement intégral des salaires de février et la signature d’un accord revalorisant leurs conditions de vie et soulignent que la balle est désormais dans le camp de la Présidence pour éviter une paralysie totale du système éducatif.







