vendredi 23 octobre 2026

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Depuis l’application de la nouvelle grille tarifaire d’accès à internet par les deux opérateurs de téléphonie mobile, utiliser en toute tranquillité ses mégabits est un casse-tête. Le réseau est défectueux et les consommateurs râlent peinant à utiliser les forfaits auxquels ils ont souscrit. Ialtchad Presse est allé interroger des consommateurs. Reportage.

Le nouveau tarif d’accès à Internet appliqué depuis le 3 février dernier a réjoui tous les Tchadiens. Mais la qualité du réseau s’est gravement détériorée que les internautes ne peuvent pas profiter de cette réduction. Accéder à une page prend du temps, pourtant les gigas se consument à la vitesse grande V. Les clients des deux grandes compagnies de téléphonie mobile trouvent inadmissible que les prix  des forfaits soient baissés et que la connexion soit mauvaise.

Abakar Oumar Kaï-Kaï est un couturier. Il se connecte très souvent pour télécharger les modèles des habits. Mais depuis la réduction des grilles tarifaires, c’est le problème de réseau qui est le problème. Pour lui, la qualité du réseau chez Airtel pour appel ou connexion est proche de nulle. « Pour accéder à Google ou à ta page Facebook, c’est compliqué parce que la connexion est trop lente. Au cas où je voudrais télécharger un modèle alors c’est la galère. Ça tourne sans arrêt et mes gigas filent », dit-il. À son avis, les consommateurs sont des clients d’Airtel, elle doit les traiter avec respect. Mais elle refuse de nous fournir un service de qualité en couverture réseau, ce n’est pas normal, a-t-il ajouté. Abakar Oumar Kaï-Kaï affirme qu’il compte jeter la puce d’Airtel ou au besoin manifester pour l’amélioration de la qualité du réseau.

De plus, à la perturbation du réseau, s’ajoute un autre problème. L’escroquerie dans la vente des gigas. Aboubakar Souleymane a été victime. « Ce matin j’ai fait la souscription d’un giga à 550 avec Airtel, mais et je n’ai reçu que 500mb. On a beau discuter avec l’agent qui m’a vendu les Gigas, mais comme le problème n’est pas à son niveau, j’ai laissé tomber. Je ne comprends pas pourquoi on applique une nouvelle grille tarifaire, mais en réalité c’est faux. », explique-t-il. Il est convaincu que c’est escroquer les consommateurs.

Le chargé des droits et intérêts économiques des consommateurs de l’Association pour la Défense des droits de Consommateurs (ADC) Yaya Sidjim salue d’abord les efforts des opérateurs qui ont répondu aux attentes des consommateurs avec l’application des nouvelles grilles tarifaire avant de déplorer la qualité du réseau. Il constate lui aussi que la qualité du réseau ne cesse de se dégrader depuis l’application du nouveau tableau tarifaire et beaucoup de consommateurs se plaignent. « Certaines personnes disent qu’ils n’arrivent pas à contacter leur correspondant sur internet ou par appel à cause de la médiocrité du réseau, j’estime que c’est un autre défi à relever par les opérateurs de téléphonie mobile », argumente-t-il. M. Yaya Sidjim rappelle que l’ADC a fait de plaidoyer pour obtenir la réduction du coût de communication. Il poursuit qu’il reste à l’ADC de plaider cette fois-ci pour obtenir l’amélioration de la qualité de service. Selon lui, il ne sert à rien de fournir les MB et ne pas améliorer la qualité du réseau. L’ADC rassure les consommateurs que le plaidoyer va se poursuivre. « Nous n’allons pas tarder à nous rapprocher des opérateurs et même du régulateur pour que dans un très bref délai, des solutions soient trouvées aux préoccupations des uns et des autres ».

Kouladoum Mireille Modestine

Selon une déclaration ce 03 février 2022 à New York, l’Unicef évoque que des millions de filles sont exposées à un risque accru de mutilations génitales féminines. Cause, la persistance de la pandémie de COVID-19.

Selon le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (Unicef), la persistance du covid-19 reste un indicateur de risque accru de mutilations génitales féminines. « Avec la fermeture des écoles, les confinements et la perturbation des services visant à protéger les filles contre cette pratique nocive, deux millions de victimes supplémentaires risquent d’être recensées au cours de la prochaine décennie », soutient l’agence des Nations-Unies.

Nankali Maksud, conseillère principale de l’Unicef chargée de la prévention des pratiques nocives, dit que la lutte mondiale pour mettre fin aux mutilations génitales féminines perd du terrain. Ce recul, dit-elle, a des conséquences dévastatrices pour des millions de filles dans les régions où cette pratique est extrêmement répandue. La conseillère estime que, les filles qui n’ont pas accès aux services vitaux, aux écoles et aux réseaux de la communauté sont les plus exposées. Pour Mme Nankali Maksud, une telle pratique compromet la santé, l’éducation et l’avenir des filles. La chargée de la prévention appelle à un renouvellement d’engagements de tous face à cet important défi. À son avis, l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines doit conduire à une action concertée. Elle propose que cette action soit financée de manière adéquate afin de regagner du terrain et de mettre fin à cette pratique.

La conseillère principale de l’Unicef soutient que les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits des filles. Elle insiste sur le fait qu’elles peuvent provoquer de graves complications de santé, voire des décès. Les filles victimes de cette pratique sont exposées à un risque accru au mariage précoce et au décrochage scolaire.  « Une situation qui menace leur capacité à bâtir un avenir meilleur pour elles-mêmes, mais aussi pour leur famille et leur communauté », dit-elle.  Selon elle, les dernières données disponibles révèlent au moins 200 millions de filles et de femmes actuellement en vie, victimes des mutilations génitales. Il pourrait y avoir deux millions de victimes supplémentaires d’ici à 2030 à cause de la COVID-19, informe la conseillère. Ce qui représenterait une baisse de 33 % des progrès accomplis pour mettre fin à cette pratique nocive, dit Nankali Maksud.

Une tendance alarmante

L’Unicef affirme que près d’une fille ou d’une femme victime de cette pratique sur quatre, soit 52 millions de femmes dans le monde a été mutilés par un professionnel de santé. « Cette proportion est deux fois plus élevée chez les adolescentes, ce qui indique que la pratique fait l’objet d’une médicalisation croissante », explique l’agence de Nations-Unies.

Sur 31 pays disposant de données sur les mutilations génitales féminines, 15 pays sont déjà aux prises avec un conflit et une hausse de la pauvreté et des inégalités, déclare l’Unicef. Ce qui crée une crise à l’intérieur de la crise pour les filles les plus vulnérables et les plus marginalisées du monde. Des progrès peuvent être accomplis, espère l’agence des Nations Unies. « Le risque pour les filles d’aujourd’hui d’être victimes de cette pratique a baissé d’un tiers par rapport à celui que les filles couraient il y a trois décennies. Cependant, nous devons progresser au moins 10 fois plus vite pour réaliser l’objectif mondial visant à éradiquer cette pratique d’ici à 2030 »,affirme l’Unicef. La survenue de crises simultanées, telles que la COVID-19, l’augmentation de la pauvreté, les inégalités et les conflits, expose des millions de filles à un risque accru de mutilation.

Au cours des deux dernières décennies, la proportion de filles et de femmes opposées à cette pratique dans les pays enregistrant une prévalence élevée a doublé.  Il est essentiel de garantir l’accès des filles à l’éducation, aux soins de santé et à l’emploi pour accélérer l’élimination des mutilations génitales féminines et permettre aux filles de contribuer à un développement social et économique équitable.

Moyalbaye Nadjasna

Les personnes handicapées tchadiennes vont célébrer le 7 février 2022, leur journée nationale. Plusieurs activités commémoratives vont se dérouler à Mao, chef-lieu de la province du Kanem. En prélude à cette fête, le secrétaire général de l’Union nationale des associations des Personnes handicapées du Tchad M. Djimnayel Robkedji donne le film de l’évènement.

« Responsabilisation et implication des personnes handicapées pour un développement inclusif et durable après covid-19 », c’est le thème de la journée nationale des personnes handicapées du Tchad. C’est la ville de Mao, chef-lieu de la province du Kanem qui accueille la fête. Mao, ancien Royaume du Kanem Bornou est une ville de Kanouri, Kanembou et Tedaga selon l’histoire. Sa population est estimée à 35 468 en 2009. Selon le SG de l’Union nationale des associations des Personnes handicapées du Tchad (UNPHT) Djimnayel Robkedji, dès dimanche, des activités vont commencer. Il y aura, dit-il, des exposés-débats sur des sous-thématiques, la vulgarisation sur la loi 007 pour sa mise en œuvre (cette loi dispose déjà son décret d’application), la responsabilisation de personnes handicapées, la professionnalisation des organisations des PH etc. La fête est prévue pour le 7 février.

La particularité de cette année, l’UNFPA, (fonds de nations unies pour la population) va faire une offre de service gratuit de santé de la reproduction au profit des femmes et personnes handicapées. L’objectif de cette célébration vise à l’amélioration de conditions de vie de personnes handicapées. L’enjeu c’est d’amener les personnes handicapées à développer leurs potentialités conformément aux objectifs de développement à travers des activités génératrices de revenus.

La Loi du 09 mai 2007 détermine les principes fondamentaux en matière de protection des personnes handicapées. Selon cet instrument, la personne handicapée « est toute personne se trouvant dans l'incapacité d'assurer par elle-même en tout ou partie des nécessités d'une vie individuelle ou sociale normale du fait d'une déficience congénitale ou acquise, de ses capacités physiques, sensorielles et mentales ». La loi 007 distingue cinq (05) catégories des personnes handicapées. Il s’agit de personnes handicapées physiques/motrices, de personnes handicapées auditives, de personnes handicapées mentales, de personnes handicapées visuelles et de personne polyhandicapées.

Cette loi garantit aux personnes handicapées les mêmes droits reconnus par la Constitution de la République à tous les citoyens tchadiens. La prévention, le dépistage du handicap et les soins des personnes handicapées nécessitent une attention particulière de l'État, précise la loi 007. Toujours selon cette loi, les personnes handicapées détentrices d'une carte d'invalidité ont droit à une assistance constante à la réduction des frais de soins et de rééducation dans les centres sanitaires publics. Bref, ces personnes à mobilité réduite bénéficient des Droits à l'Éducation et à la Formation, à l'insertion socio-économique, à la culture, aux sports, aux loisirs et à la communication, au transport, à l'habitat et à la sécurité. À peine 48h, le gouvernement venait de lever la mesure leur interdisant de traverser le pont de Ngueli pour aller à Kousserie, ville camerounaise, frontière avec le Tchad.

Moyalbaye Nadjasna.

Le collectif des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation en collaboration avec sept autres organisations organise un forum ce 5 février à N’Djamena. C’est la cour de la bourse du travail qui a servi de cadre à ce forum. Plus de 500 participants venus des provinces et ceux de N’Djamena vont réfléchir toute la journée sur la question de l’employabilité au Tchad. Reportage

C’est autour du thème « diplômés tchadiens face aux défis de l’employabilité » que les participants à ce forum vont discuter. Ils vont étudier, débattre, et examiner ensemble tous les maux concernant le problème de l’emploi au Tchad et  proposer les solutions. Aussi, ils produiront un document et formuleront des recommandations au gouvernement et aux partenaires à la fin des travaux.

Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation Neuzilka Emmanuel salue la solidarité, la détermination et l’endurance des diplômés sans emploi dans la lutte pour leur insertion socioprofessionnelle. Car selon lui, il est difficile de revendiquer son droit et de cheminer avec des autorités sourdes et aveugles. M. Neuzilka réaffirme leur motivation quant à la tenue de ce forum. « Notre plus grande motivation à organiser ce forum est de prouver au gouvernement qu’il ne suffit pas seulement d’avoir de l’argent et les armes pour se dire capable de gérer le pays, mais plutôt d’avoir une jeunesse pleine de connaissance et capable de la transmettre d’une manière constructive de génération en génération », a-t-il indiqué. Il rappelle au gouvernement que c’est une richesse pour le Tchad d’avoir une main-d’œuvre qualifiée rare recherchée dans les pays des autres.  Malheureusement, poursuit-il, cette main d’œuvre est chiffonnée par les autorités.

Le coordonnateur du collectif des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation Nanga Thierry,  parle lui du degré de la douleur que peuvent ressentir tous les diplômés sans emploi dans leur corps. À son avis, l’un des facteurs les plus importants dans le développement d’un pays à l’heure de la mondialisation est le capital humain. Mais les autorités tchadiennes ne tiennent pas compte de ressources humaines formées. « Au Tchad, malgré la diversité des ressources naturelles disponibles, le problème de l’emploi se pose avec acuité. Tous ces problèmes s’expliquent par la mauvaise politique et de gouvernance de nos dirigeants qui se sont succédés depuis l’accession du Tchad à l’indépendance sans oublier la politique du colonialisme et néocolonialisme », a-t-il précisé. Il déplore également le fait que les enseignants formés chôment, mais cela n’empêche pas le gouvernement de former encore. Nanga Thierry explique cette manière de faire du gouvernement dans le seul but de bénéficier du financement des bailleurs de fonds. Il n’a pas perdu de vue l’épineux problème des maîtres communautaires. Pour lui, ces maîtres communautaires ont un niveau douteux, mais le gouvernement les priorise au détriment des instituteurs formés dans les Ecoles Normales d’Instituteurs Bacheliers ENIB. Il invite enfin  ses camarades au bon sens dans le respect, la convivialité et la maturité pour la réussite de cette assise.

Kouladoum Mireille Modestine

La société tchadienne des Eaux (STE) a fait l’extension du système d’adduction d’eau potable à Guinebor 2. Cette extension va permettre aux habitants de ce quartier situé dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena d’avoir de l’eau potable. Ces travaux sont accueillis avec beaucoup d’espoir par ceux-ci. Reportage.

Depuis plus de 10 ans que les habitants du quartier Guinebor 2 peinent à avoir de l’eau potable pour leur consommation. Certains qui ont de moyens, se font forer les puits à pompe, d’autres, dépendent de la générosité des voisins bienveillants. Mais en ce début d’année 2022, la société tchadienne des eaux (STE) a décidé de faire des travaux d’extension du système d’adduction en eau potable. Et cela vise à améliorer les conditions de vie des habitants grâce à un meilleur accès à l’eau potable dans les zones urbaines et périurbaines de la capitale tchadienne.

Pour la directrice générale de la STE, Mme Koubra Mahamat Itno, l’amélioration des conditions de vie des populations demeure une priorité pour les autorités. Au cours d’une cérémonie de l’extension du réseau d’adduction, elle a annoncé plusieurs projets, entre autres : l’amélioration de l’accès à l’eau potable, le renforcement des services de santé, à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes. Selon elle, ces projets pourront au Tchad d’accélérer sa marche vers les objectifs de développement durable.

De l’avis du délégué du quartier Guinebor 2, Adam Ousmane, les habitants de Guinebor 2 sont soulagés et accueillent avec beaucoup d’espoir l’extension du réseau en eau potable dans leur quartier. Selon lui, depuis des années, les femmes et les jeunes font longs déplacements pour aller chercher de l’eau potable pour la consommation et les ménages. « Pour être sincère, c’est depuis longtemps que nous attendons que les autorités viennent faire ces travaux d’adduction. C’est désormais fait, nous sommes très heureux », a exprimé avec satisfaction le délégué de Guinebor 2. Selon lui, grâce à cette extension, les populations de son quartier auront de l’eau potable et se porteront beaucoup mieux, surtout sur le plan sanitaire. Adam Ousmane a aussi rappelé le calvaire qu’ont connu des habitants de Guinebor 2, par rapport au manque de fontaine d’eau. Le représentant du quartier a exprimé, au nom de tous les habitants de sa circonscription leur soulagement pour ce joyau qui tombe à point nommé. Le délégué a indiqué que la STE leur a promis un prix raisonnable pour permettre à tous les ménages d’avoir accès à l’eau potable. Il estime que la balle est maintenant dans le camp des habitants qui souhaitent avoir de l’eau de la STE d’exprimer le besoin en formulant une demande adressée à la société. Pour lui, c’est une question de temps, car ce moment est attendu pendant des années et les habitants ne tarderont à faire des démarches dans les jours à venir.

Il y’a de cela un an et demi que le gouvernement tchadien et ses partenaires avaient signé deux conventions de financement d’un projet de réhabilitation et d’extension du système d’adduction d’eau potable dans la ville de N’Djamena.

Jules Doukoundjé 

L’activiste Ahmat Larry défi le Maire Ali Haroun pendant que les membres du Collectif des Associations et Mouvement des Jeunes du Tchad CAMOJET lui ont rendu visite ce 04 février à la maison d’arrêt de Kléssoum. C’était, disent-ils, pour lui apporter soutien et encouragement. Larry est détenu pour une affaire de diffamation qui l’oppose au maire de la ville de N’Djamena Ali Haroun. Reportage.

Après avoir passé 48h à la maison d’arrêt de Kléssoum, les camarades de lutte d’Ahmat Haroun Larry lui ont rendu visite ce 04 février. Ils sont plus d’une vingtaine de membres avec dans leurs mains des palettes d’eau, du jus et de la nourriture. Objectif: relever le moral de leur camarade incarcéré à la maison d’arrêt depuis le 2 février. Aussi, ils viennent faire comprendre à M. Larry qu’il est injustement incarcéré selon leur propre terme. Et qu’il a tout le soutien des leaders de la société civile. Les compagnons du détenu ont eu à échanger avec lui des paroles d’encouragement et de réconfort.

Selon nos sources, M. Larry a refusé de céder lorsque des proches du Maire Ali Haroun lui ont proposé de faire des excuses publiques en contrepartie du retrait de la plainte. D’autres sources affirment à la rédaction que dans cette affaire Larry se cache une lutte à finir entre le Maire et ses opposants. Je ne céderai pas a-t-il dit à ses amis de la CAMOJET.

Le chargé de communication du CAMOJET Hassane Issa Abba, affirme que leur camarade a le moral haut et la lutte pour sa libération vient de commencer. Toutefois, Il dénonce les vices de procédures dans cette affaire qui l’oppose au Maire de la ville de N’Djamena, M. Ali Haroun. « En matière de procédures judiciaires, il y a des normes à respecter, mais dans cette affaire, les procédures pour son arrestation et son incarcération n’ont pas été respectées. Le directeur de la police judiciaire a appelé Larry au téléphone. Il s’est présenté, il a été mis en détention préventive. Ce n’est pas normal » a indiqué le chargé de communication du CAMOJET. Selon lui, la plainte du Maire n’a jamais été vue et signifiée. Et directement un procès-verbal a été dressé et l’accusé est déféré à la maison d’arrêt.

M. Hassane Issa Abba apporte des éclaircissements sur la vidéo de M. Larry. Pour la CAMOJET, leur camarade a dénoncé le déguerpissement ségrégationniste des occupants des espaces publics. « M. Larry a déploré le fait qu’il existe deux poids, deux mesures dans le déguerpissement. Il a aussi dénoncé la mauvaise gestion de la mairie de N’Djamena dans ses vidéos. Et le maire a fait de cela son problème personnel », a-t-il précisé. Il ajoute que Larry est un militant de la société civile qui contribue d’une manière ou d’une autre à la vie publique par rapport à la gestion de l’argent public. Il poursuit que les gens comme Larry sont facilement incarcérés pour des motifs fallacieux. Le chargé de communication appelle les autorités à s’impliquer dans cette affaire pour faire triompher le droit.

Pour rappel, il est reproché à M. Ahmat Haroun Larry d’avoir diffamé le maire de la ville de N’Djamena Ali Haroun à travers les vidéos qu’il poste sur sa page Facebook. Il comparaîtra devant les juges le 17 février prochain.

Kouladoum Mireille Modestine

Le président du parti « Les transformateurs » Dr Succès Masra dénonce ce vendredi le refus des autorités de la transition d’autoriser la tenue d’une formation des jeunes en leadership et entrepreneuriat dans un hôtel de la place. Il estime que ce refus est contraire à la politique de l’État en matière de création d’emploi pour les jeunes. Reportage.

Plus de 800 jeunes venant de toutes les provinces du pays devraient pendant 2 jours suivre une formation en entrepreneuriat et en leadership sous le thème « entreprendre2022 ». Prévue du 4 au 5 février dans un hôtel de la capitale, les autorités ont refusé la tenue de cette formation pour l’autocréation d’emploi pour les jeunes. L’opposant Dr Succès Masra, président du Parti « Les transformateurs », l’un des formateurs de cette 4e édition de ce rendez-vous du donner et de recevoir des jeunes en quête d’expérience en matière de l’entrepreneuriat exprime son incompréhension par rapport à ce refus. « J’ai été invité en tant que cadre de ce pays qui a un minimum d’expérience internationale pour venir former mes jeunes frères et sœurs qui viennent de partout », explique Dr Succès Masra à la presse. Selon lui, il y a des jeunes tchadiens, brillants qui ont organisé cet évènement et aimeraient faire partir des formateurs pour donner leur modeste contribution. Le jeune politicien révèle que 800 jeunes doivent être formés sur les méthodes de création de richesses pour promouvoir le « made in Tchad » et faire consommer le « made in Tchad ».  Dr Succès Masra précise aussi que ce serait l’occasion d’expliquer aux jeunes tchadiens qui ont soif d’apprendre à se prendre en charge de bénéficier des techniques et des expériences des aînés. « Nous sommes dans un pays où on ne veut pas que la jeunesse se prenne en charge. Une jeunesse qui a transformé sa vie, qui a fait de sa vie une entreprise, qui est capable de s’occuper d’elle-même, n’est pas une jeunesse qu’on peut acheter sa conscience », estime-t-il.

Au sujet de la bavure des forces de l’ordre sur les habitants d’Abéché, l’opposant exprime sa tristesse et condamne ces brutalités inouïes qui ont causé des morts.  Succès Masra rappelle autorités de la transition que la seule raison pour laquelle les Tchadiens ont accepté qu’elles soient là, parce qu’ils ont promis d’assurer la sécurité. Il ajoute que sur la question de la sécurité, ils sont en train d’échouer et leur demande de se ressaisir.

Le jeune opposant a aussi expliqué les raisons de sa tournée en Europe. Il affirme que cette tournée a pour but d’expliquer aux diplomates, aux militaires et aux économistes européens, le souhait des Tchadiens de choisir leurs dirigeants de manière démocratique. Selon lui, le Tchad n’est pas un pays isolé et n’a pas l’intention de s’isoler, mais a besoin d’avancer avec l’ensemble de ses partenaires.

Jules Doukoundjé

Depuis hier jusqu’aujourd’hui 4 février 2022, les élèves du lycée de Gassi dans le 7e arrondissement de la capitale tchadienne N’Djamena boudent le remplacement d’un enseignant vacataire par un titulaire décidé par l’Administration. Le débordement de cette manifestation a conduit la police à faire l’usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Il y a eu quelques blessés et des arrestations affirme un de censeur rencontré dans l’établissement. Reportage.

Vendredi 4, 11h. Un silence de cimetière plane le lycée de Gassi. Un vieux gardien vient à notre rencontre. Nous déclinons nos identités : journalistes. Il nous accueille et nous montre les bâtiments de l’administration. Il nous dit que le proviseur est absent. Au coup d’œil, toutes les portes de salles de classe sont fermées. Nous sommes chanceux, Luwheta Moïse, censeur chargé de la classe de 2d littéraire est là. Il nous rapporte les faits.

Selon lui, un enseignant vacataire a été recruté pour donner des cours aux classes de 1re S et 2d L2. Il avait remplacé une collègue titulaire absente pour maladie, précise-t-il. Sur instructions de médecin dit-il, elle a bénéficié de deux mois de repos. En attendant, le proviseur a décidé de faire appel à ce vacataire, explique le censeur. Un arrêté d’affectation a été signé récemment. « Deux chargés de cours de Français et un chargé de cours de philosophie ont été mis à la disposition de l’administration. « Naturellement, l’administration a décidé de retirer l’emploi du temps du vacataire et le confier au titulaire. Les élèves se sont opposés et ont dit qu’ils ne veulent plus d’un autre professeur », dit M. Luwheta Moïse.

Selon le censeur, les élèves disent s’être habitués au vacataire et qu’il est hors de question de le remplacer. Le nouveau venu devrait avoir cours hier, mais les élèves refusaient, soutient l’administrateur. Sur des bouts des papiers, les élèves ont écrit le nom de l’enseignant vacataire et criaient « Éric, Éric! » « On a essayé de les calmer et de leur demander de regagner leurs salles en vain », souligne M. Luwheta. À son avis, les élèves semblent se préparer d’avance à cet évènement. « Alors qu’on se démêlait pour mettre certains en salle, d’autres nous jetaient des pierres. Quelques minutes après, ils se sont retrouvés sur la route entrain de troubler l’ordre public. La CSP 16 juste à côté les a aperçus et elle a appelé le proviseur avant de venir les disperser à coup de gaz lacrymogène », dit le censeur. Hier matin rappelle le censeur, un élève a eu une fracture au bras et dans l’après-midi, un autre s’est fracturé la jambe. Il rajoute qu’un élève était blessé, il a été conduit à l’hôpital par ses parents. « Une vingtaine d’élèves sont arrêtés et gardés au CSP16. Ce matin, nous sommes allés les voir. Nous allons vérifier d’ici là leurs identités pour nous rassurer s’ils sont réellement nos élèves avant que le proviseur n’intervienne », assure le censeur de la 2de.

M. Luwheta signale l’absence du proviseur du lycée littéraire qui se serait rendue à la délégation ce matin. Seulement, déclare le censeur, leur souci est de libérer ces élèves à temps pour ne pas susciter d’autres problèmes. Il insiste et précise que le proviseur n’a pas frappé les élèves. « C’est un chef d’établissement, c’était juste une intimidation pour les faire regagner leurs salles de classe. Naturellement il est dans son rôle », conclut le censeur.

Moyalbaye Nadjasna

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