Goukouni Weddeye, ancien président de la République, chef du GUNT (Gouvernement d’union nationale de transition) est aujourd’hui âgé de 77 ans. Il a dirigé le Tchad de 1979 à 1982. Il a finalement été renversé en juin 1982 par nul autre que son frère ennemi Hissène Habré. De 1982 à 1990, l’ex-président a vécu en exil en Algérie. Il est un des seuls présidents à avoir écrit ses mémoires avec un titre évocateur de « Combattant, une vie pour le Tchad ». Oui Goukouni a toujours gardé en lui une âme de combattant par sa simplicité et son affabilité. Son livre publié en 2019 aux Éditions Espaces & Signes à Paris trace cette vie de grand combattant. L’ancien Président Goukouni Weddeye a regagné le pays, il y a quelques années, après 22 ans d’exil. Il est une des rares personnalité politique à jouir d’un immense respect auprès des Tchadiens.
Après la mort du Maréchal président Idriss Deby Itno et la prise du pouvoir controversée du Conseil Militaire de Transition(CMT) dirigé par le fils du défunt Marechal président Mahamat Idriss Deby Itno alias Mahamat Kaka, voilà l’ancien qui reprend service. Il est nommé président du Comité technique spécial qui œuvrera pour la participation des politico-militaires au forum du dialogue national inclusif. La désignation du président Goukouni Weddeye a réjoui tout en suscitant des grincements des dents. Pas de critique envers le vieux combattant qui a été installé à la tête de son comité de 29 membres le samedi 21 août par le président du CMT, Mahamat Idriss Deby. Ce dernier a eu des mots gentils à son endroit, « je voudrais avoir un chaleureux mot de remerciement et d’encouragement à l’endroit de Président Goukouni Weddeye, sur lequel nous avons fait un choix de l’histoire et de la sagesse pour présider cette mission éminemment importante. »
Selon le PCMT, le choix des personnalités membres de ce Comité a été fait sur la base de leur expérience, de leur dextérité et de leurs capacités à dialoguer avec toutes les tendances politico-militaires. Il rajoute que cette grande mission repose désormais sur les épaules collectivement et individuellement de ses membres. Et plus particulièrement sur celles de son président Goukouni Weddeye pour son expérience et sa sagesse. Toujours selon le PCMT, l’ex-président est une personnalité qui a vécu tous les conflits militaires qui ont émaillé le pays. Par son parcours personnel, ses débuts professionnels dans la fonction publique tchadienne, sa vie de chef de guerre, de Président de la République jusqu'à son exil en Algérie, en passant par les différents sommets de réconciliations Kano 1 et 2 , sa participation à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) etc. C’est pour plusieurs un homme d’une grande sensibilité dans les rapports humains. Pour le jeune président de la transition, c’est la personne idéale pour piloter cette dure mission.
Dans son allocution, le PCMT affirme que la réussite de ces négociations exige l’adhésion active de la société civile, le soutien des partis politiques et l’appui des partenaires du Tchad.
Il convie à la table des négociations tous les acteurs sans exception, « aussi, le Dialogue National Inclusif (DNI) ne sera ni national et ni inclusif sans la participation de tous. C’est pourquoi les représentants de nos frères politico-militaires sont conviés à la table pour des négociations franches, fraternelles et directes pour tourner la page de la violence qui a trop longtemps endeuillé nos familles et freiné notre développement. »
Sous le regard approbateur de l’ancien président, le PCMT a annoncé, par des mots forts, une éventuelle amnistie « notre bonne foi se traduira par des actions concrètes qui seront prises en matière d’amnistie, de libération des prisonniers de guerre, de restitution des biens et de réinsertion socioprofessionnelle suivant un calendrier précis ».
Un observateur chevronné de la vie politique affirme que la mission de ce comité spécial présidé par le combattant président Goukouni Weddeye est un défi à tout point de vue. La paix définitive n’est possible qu’avec tous les politico-militaires. Et le combattant reprend du service avec sa sagesse et son expérience. Il mène, peut-être, le dernier combat de sa vie pour la paix définitive au Tchad. Lui qui se rebella contre le gouvernement de l’époque il y a plus de 40 ans.
Mahamat Kao Adoum
Les matinées de chaque samedi, appelés samedi citoyen, sont dédiées depuis, le 14 août 2018 au nettoyage des marchés et même des quartiers par la Mairie de la ville de N’Djamena. Quelques marchés sillonnés par nos équipes de reporters révèlent que les commerçants ne sont pas contents du travail. Surtout de l’heure d’ouverture à 10 heures. Reportage.
Dans la plupart des marchés où nous sommes passés, ce samedi 21 août, les boutiques sont hermétiquement fermées. Comme d’habitude, c’est samedi et chaque matin, la mairie de la ville de N’Djamena exige le nettoyage des marchés et même des quartiers. La raison : assainir les marchés et tenir la capitale propre. Ici au grand marché appelé communément « Souk Kébir », dans le 3e arrondissement, précisément au quartier Ambasatna les entrées principales sont bloquées.
Les commerçants assis en groupe, certains prennent du thé, d’autres causent en attendant 10 heures pour ouvrir leurs boutiques. Ils se disent lassés par la décision qui leur impose l’ouverture du marché à 10h. Unanimement ils déclarent que les agents d’assainissement de la Mairie ne font pas correctement le travail. Ali, boucher au marché central, « la mairie collecte 500 FCFA par jour pour l’entretien du marché, mais on ne voit aucun résultat. En plus de cela, elle nous empêche d’ouvrir à temps le samedi. Cet arrêté est mauvais pour les affaires » dit-il. À quelques mètres, un autre commerçant, il s’appelle Moussa Brahim. Selon lui, la responsabilité du service d’entretien incombe à la Mairie. Pour lui, même sans cette décision il entretenait normalement son espace de vente, mais avec ce changement il ne voit rien de spécial. « Ici c’est le marché et le temps compte pour le commerçant. On nous retarde inutilement », confie-t-il.
Si la plupart des commerçants attendent l’heure prévue pour ouvrir le marché, d’autres balaient leurs boutiques. C’est le cas de Mahamat Ida, un boutiquier au grand marché. « Je nettoie chaque matin mon lieu de vente, cela n’a rien à voir avec la mairie. Un adage dit, «la propreté chasse la maladie.» Le marché est devenu notre seconde maison nous y passons toute la journée. Mais comme vous le voyez, le marché n’est pas aussi propre qu’on le prétend », dit-il. Les tenanciers des restaurants et autres clients s’impatientent de voir le marché s’ouvrir. Rémadji Brigitte, assise sur son panier, dos au mur s’ennuie, « certains boutiquiers ouvrent clandestinement pour nous servir. On ne peut pas conserver certains produits jusqu’à 24h parce qu’ils pourrissent. On est perdant. Donc je m’approvisionne chaque matin au marché », confie-t-elle.
Le Directeur du marché central M. Hamit Guerdi Oum, explique que, la fermeture du marché permet à leurs agents d’assainir les lieux de vente. « Notre priorité est de rendre propre les marchés cela va de la santé de tous », précise-t-il. Pour se rassurer sur l’effectivité de la fermeture du marché, les agents municipaux rodent autour des marchés. Ils surveillent pour sanctionner les commerçants qui tenteront d’ouvrir avant l’heure prévue. À l’intérieur du marché, quelques agents circulent dans les couloirs pour ramasser les ordures et nettoyer le sol.
10 heures a sonné, les barrières s’ouvrent en fin. Les commerçants se précipitent chacun pour regagner son lieu de vente. Insatisfaits par le travail fait par les agents de la Mairie, certains vendeurs balaient encore leurs recoins en murmurant, « ils nous retardent pour dire qu’ils sont en train d’assainir, alors que rien ». Des voix dénoncent, « on souffre pour gagner un peu de pain pour nos enfants, ils nous prennent chaque jour de l’argent. Tous les samedis on nous retarde. » D’autres espèrent qu’avec le retour aux affaires du nouveau Maire Ali Haroun les choses changent doucement. Malgré le travail d’entretien, les toiles d’araignées restent visibles sur les murs, les saletés longent le sol, les couloirs des bouchers sont extrêmement sales.
Koumassen Juste
La nomination par arrêté des membres du comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) continue de créer de scission. Le coordonnateur de la plateforme Le Tchad d’Abord, Mahamat Saleh Moussa dénonce la méthode de désignation et appelle le Premier ministre de transition à retirer cet acte qui divise et de procéder à sa révision conformément aux listes transmises par les corporations, et en cohérence avec le décret mettant en place le CODNI.
La publication de l’Arrêté N°0546/PCMT/2021 du 13/08/2021 portant nomination des membres du Comité d’organisation du Dialogue National Inclusif continue à soulever des contestations. Beaucoup de partis d’opposition démocratique et certaines plateformes des organisations de la société civile se disent sceptiques et dénoncent la méthode de désignation des membres du comité d’organisation du dialogue national inclusif. C’est le cas récent du chef de fil de l’opposition démocratique, le président de l’URD, Félix Néalbé qui a claqué la porte ce vendredi. Certaines plateformes comme la Plateforme le Tchad d’Abord exprime aussi son étonnement et ses réserves vis-à-vis de cet acte. Pour le coordonnateur de la plateforme le Tchad d’Abord, Mahamat Saleh Moussa, la mise en place du Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif (CODNI) a clairement mis en évidence les quotas par corporation, permettant au Ministère d’État Chargé de la Réconciliation Nationale et du Dialogue de contacter les différentes entités afin de désigner leurs représentants. Il affirme que les corporations ont pu transmettre la liste de leurs représentants dans l’optique de disposer d’un CODNI consensuel et représentatif dans sa composition. « Nous constatons avec regret que ledit Arrêté n’a ni respecté les listes transmises ni suivi l’esprit global du Décret N°101/PCMT/PMT/2021 du 02/07/2021 portant création d’un Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif, et pire, a plutôt exacerbé les tensions et les réserves des parties prenantes dans le cadre de ce processus qui se veut apaisé. », dénonce M. Mahamat Saleh Moussa. Selon lui, compte tenu du contexte particulier dans lequel notre pays se trouve, avec notamment cette période de transition, il est plus qu’important de privilégier les intérêts du Tchad et d’adopter une approche sincère, inclusive et fortement basée sur le respect des engagements et des procédures. Il estime que dans la logique de recherche de l’apaisement en cette période de transition, pour valoriser sincèrement le Tchad dans une approche inclusive et transparente, cet acte compromet significativement les bases de ce Dialogue qui est l’élément clé de la transition et que les Tchadiennes et les Tchadiennes appellent de tous leurs vœux. « Nous demandons donc à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre de Transition de retirer cet acte et de procéder à sa révision conformément aux listes transmises par les corporations, et en cohérence avec le Décret mettant en place le CODNI », souhaite ce dernier.
La Plateforme tient à préciser qu’elle attache un prix au maintien de l’apaisement, et appelle les différents acteurs à s’inscrire dans une approche objective, transparente et patriotique pour éviter de compromettre l’aboutissement de ce processus qui se veut réparateur et rassembleur pour le pays. Il convient de rappeler que la Plateforme le Tchad d’Abord qui regroupe en son sein 54 associations dispose de représentations dans les Provinces. Il est défini comme un cadre citoyen qui se fixe comme objectifs l’amour de la patrie, la culture du brassage, l’acceptation de tous, le vivre ensemble, la paix et l’unité du Tchad.
Jules Doukoundjé
Le Secrétaire Général de la Haute Autorité des Media Audiovisuelles (HAMA) Laouro Gondjé, dans un point de presse ce, 21 août 2021 au siège de l’institution dans le 2e arrondissement de N’Djamena capitale tchadienne, a annoncé la tenue d’un prochain séminaire sur le renforcement des capacités des patrons des médias.
« Le rôle et les missions des médias dans le processus du dialogue national inclusif » est le thème retenu par la HAMA. Objectif : outiller les responsables des médias dans les jours à venir avant la tenue du Dialogue national inclusif (DNI).
Selon le SG de la HAMA, dès le 20 avril 2021, date du décès du maréchal du Tchad Idriss Deby Itno, les médias se sont donnés à cœur joie dans les publications des émissions et la rédaction des articles qui ne reflètent pas forcement le respect des règles de l’éthique et de la déontologie du métier de journalisme au Tchad. « C’était des articles pamphlétaires qui ont failli mettre en mal le bien-vivre que chacun de nous le souhaite », dit-il.
M. Laouro Gondjé indique qu’après constat de ces écarts de productions professionnelles, l’instance de régulation a jugé utile la tenue de cet atelier. « Comment couvrir pour la presse avant, pendant et après le DNI. Ce que nous recherchons, c’est de faire comprendre aux journalistes qu’une petite production qui s’écarte peut mettre le feu aux poudres. C’est une question juste de responsabilité face à la couverture de cet important évènement », explique-t-il. Le SG de la HAMA dit aussi ces rudiments en peu de jours peut aider les journalistes à être professionnels. Il soutient également qu’ils ont retenu des thèmes qui peuvent permettre aux journalistes à se perfectionner davantage. « Nous aurons 4 grandes communications qui vont être clôturées par une réflexion sur les vertus de dialogue », précise-t-il.
Pour M. Laouro Gondjé c’est plusieurs fois que les Tchadiens se sont retrouvés autour des tables pour organiser des dialogues. Il cite les exemples de grandes rencontres telles que, celles de Doyaba, Abéché, de Kanon I et Kanon II, de Lagos, de la Conférence Nationale Souveraine puis recensement, les deux derniers forums de 2018 et 2020. « Mais après toutes ces rencontres ; est-ce que les Tchadiens ne se sont pas prouvés de se surpasser et de dialoguer », s’interroge-t-il ?
Le SG de la HAMA affirme que les Tchadiens vivent ensemble, mais le dialogue reste un chemin à parcourir. « Vous devez couvrir pleinement cet atelier pour faire savoir aux Tchadiens que les médias veulent leur inculquer un comportement citoyen pour le besoin de vivre-ensemble.
Moyalbaye Nadjasna
Suite à la décision des autorités en charge de la sécurité publique d’interdire certains membres de la plateforme de la société civile de participer, la marche pacifique prévue ce samedi 21 août, le porte-parole Wakim Tamma annule la marche et dénonce cette méthode des autorités de la transition.
La coordination de la plate-forme a décidé d’annuler la marche pacifique prévue pour ce samedi 21 août à N’Djamena et dans toutes les provinces du pays. Selon le communiqué reçu à la rédaction, la décision d’annuler la marche a été prise pour faire échec aux manœuvres sordides effectuées par le CMT, qui vise à semer la division au sein de WAKIT-TAMMA.
Pour le porte-parole de Wakit-Tamma, Mahamat Nour Ibedou, en accordant l'autorisation de marcher à une partie de la plate-forme et en l'interdisant à l'autre partie, la junte putschiste a opté pour la politique de diviser pour régner.
La plate-forme WAKIT-TAMMA demande à tous ses militants des organisations de la société civile, ceux des partis politiques, des plateformes des jeunes, des diplômés sans-emploi des retraités, de l'association des victimes de Hissein Habré, des syndicats ainsi que des organisations des congrégations religieuses et de tous les citoyens épris de justice à surseoir à la marche de demain 21 août 2021.
La plate-forme demande par ailleurs à ses militants et sympathisants de rester mobilisés pour une autre marche au courant de la semaine prochaine.
JD
Depuis une semaine, le village Oundouma, situé à environ 20 km de la Sous-préfecture de Koundoul accueille un flux de réfugiés. Il sont plus de 10 000 en situation de détresse. Ils proviennent du Cameroun voisin fuyant un conflit meurtrier qui a opposé les Arabes au Massa Mosgoum. Retour sur l’état des lieux du site d’accueil et le plaidoyer de ces réfugiés. Reportage.
Sur leur visage désemparé, se lit la désolation. Ce sont la plupart des chefs de famille qui sont sans repères. Les enfants très nombreux certains jouent sous une fine pluie qui crépite sur des petites marres d’eau boueuse sur le site argileux de l’école officielle d’Oundouma. D’autres enfants assaillis par la faim éclatent en sanglot sous les regards tristes de leurs parents. Ils viennent du Cameroun voisin, naguère pays stable, fuyant le conflit meurtrier qui a opposé, lundi 10 août 2021 dans la zone de Ngassa. Selon les sources concordantes, la cause de ce conflit serait liée à des trous creusés par les massa Mosgoum pécheurs pour capturer les poissons après l’inondation. Les Arabes des éleveurs estiment que ce n’est pas une bonne idée et demandent que ces trous soient refermés. Les pécheurs refusent et le conflit a dégénéré. Raïsse Brahim est habitant du village Oundouma, il est chargé de communication de l’organisation du village d’accueil. Selon lui, tout le village Oundouma était surpris le 11 août dernier par cet important afflux des réfugiés vers 5heures du matin. C’est plus de 10 000 personnes soit environ 2001, ménages de 5 personnes par famille.
Brahim Martin Assinga, réfugié venu du village Kidam. « Je n’ai pas une idée sur le nombre de morts, mais beaucoup de personnes ont perdu leurs vies. Depuis notre arrivée au Tchad, nous avons été bien accueillis. D’abord par la population de Oundouma, ensuite par les organisations en charge du dossier. Il y a les forces de sécurité qui veille sur nous nuit et jour. C’est rassurant. Nous sommes très reconnaissants envers le Tchad, un pays très hospitalier », dit-il. Pour le chef de village Sidam coté Cameroun, c’est par contrainte qu’il est là. « Vraiment, je trouve cette situation pénible étant donné que nous sommes des pères de famille. Et nous nous retrouvons dans une pareille situation, impuissants, devant nos enfants qui ont faim. Nous sommes presque à une semaine. Je vous assure à l’heure où je vous parle, j’ai tout perdu, cabris, poulets, canards. Je me demande comment je vais me réorganiser », confie-t-il. Il souligne par ailleurs qu’ils ne sont pas concernés par le conflit, c’est un problème entre Massa et Arabe qui finalement les font payer les pots cassés. Eldjima Alloaou, une autre réfugiée, « nous souffrons avec cette pluie qui ne s’arrête pas depuis notre arrivée. Nos enfants ont faim, nous sommes reconnaissants pour l’accueil et la sécurité au tour de nous, mais nous avons faim. Je pense que nous ne demandons pas trop n’est-ce pas ? »
Ce sont des milliers des personnes qui ont d’abord trouvé refuge au village Liberia avant d’être relocalisés à Oundouma. La situation semble critique, mais les organisations humanitaires sont à pied-œuvre pour leur porter assistance..
Moyalbaye Nadjasna
Dans une lettre adressée par le chef de file de l’opposition Félix Nialbé au Premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert, l’opposant annonce officiellement son retrait du comité d'organisation du dialogue national inclusif (CODNI) composé de 69 membres. Un comité qui ne fait pas l'unanimité des leaders de la société civile et de plusieurs partis politiques.
Le chef de file de l'opposition démocratique, président de l'Union pour le Renouveau et la Démocratie (URD), Félix Nialbé, a décidé de se retirer après une réunion du Bureau exécutif de son parti tenue le 13 août 2021 par dit le communiqué.
Dans sa lettre M. Nialbé s'interroge sur le processus ayant conduit à la modification de son choix d'un représentant pour le comité d'organisation. M. Félix Nialbé quitte le comité dit le communiqué pour pouvoir « organiser les partis politiques de ladite composante, pour une participation sereine et constructive aux assises. »
Pour le Premier ministre de la transition M. Pahimi Padacké Albert, « le gouvernement de transition avait le droit, dans ses responsabilités gouvernementales, de désigner de façon discrétionnaire un comité d'organisation et a volontairement opté pour la méthode participative permettant à toutes les sensibilités et corporations de s'auto-désigner au sein du comité d’organisation ».
Les observateurs de la vie politique s'interrogent si cette décision de l’URD est prise pour prendre du recul ou c’est à la suite d’un désaccord avec les dirigeants de la transition ? Ou pour créer une opposition radicale afin de faire face au Conseil Militaire de Transition (CMT). L'URD en retirant sa confiance au Premier ministre dans sa lettre désapprouve la composition de ce comité d'organisation.
Mahamat Kao Adoum
Le village Oudouma, situé au bord du fleuve Logone dans le département du Logone Gana à environ 50km de N’Djamena, accueille depuis le 11 août dernier des milliers de déplacés camerounais qui ont fui le conflit intercommunautaire qui a opposé les arabes missériés, éleveurs et les massa mousgoun, pêcheurs. Des autorités tchadiennes et l’agence onusienne HCR sont à pied d’œuvre pour une assistance. Reportage
Des milliers de déplacés camerounais qui ont fui le conflit intercommunautaire ont reçu l’accueil au village de Oudouma, situé au bord du fleuve Logone, environ 50 km de N’Djamena. Ces déplacés sont constitués majoritairement des enfants, des femmes et les personnes âgées. Pour les prendre en charge, le gouvernement tchadien et l’agence onusienne HCR et autres institutions humanitaires se mobilisent pour les identifier et les enregistrer sur la base des données. C’est dans une cour d’une école publique et sous une pluie fine que cette opération d’identification et de fixage de bracelets a eu lieu ce mardi 17 août. Ce premier travail qui consiste à vérifier l’identité et la provenance de ces déplacés a été réalisé par la Commission nationale d’accueil, de réinsertion des réfugiés et des rapatriés (CNARR) et le haut-commissariat pour les réfugiés (HCR). Pour l’administrateur principal adjoint de la CNARR et chef de mission à Oudouma, Mahamat Abderamane Yacoub, le premier travail consiste à pister et identifier les déplacés afin de faire un préenregistrement et l’enregistrement afin de prendre en charge correctement les déplacés. Avant ce travail de pistage et d’identification, il est important de rappeler la générosité des chefs de villages qui ont favorablement bien accueilli les réfugiés en leur donnant les premières assistances. M. Yacoub estime que la CNARR et le HCR s’activent pour faire le nécessaire afin de répondre aux besoins de ces déplacées. Selon lui, les partenaires et le gouvernement veulent savoir qui sont-ils exactement avant de les prendre en charge.
Oudouma, un petit village des pêcheurs d’environ 1500 habitants, accueille plus de 10. 000 réfugiés qui ont fui le conflit intercommunautaire entre les éleveurs arabes missériés et les pêcheurs massa Mousgoun du Cameroun. Le représentant de l’État affirme que c’est une population qui est à cheval, et que cela demande un travail pointu afin d’éviter d’enregistrer les Tchadiens au détriment des déplacés. « Avant de faire le fixage des bracelets, nous causons avec eux pour avoir les premières impressions afin de comprendre le motif de leur déplacement et de savoir de quoi ils ont réellement besoin », explique ce dernier.
Première assistance humanitaire
Pour faciliter la tâche, le responsable d’enregistrement et de la base des données des réfugiés du HCR au Tchad, M. Gires Mayala, parle d’un travail préalable qui consiste à faire le fixage des déplacés pour les distinguer des populations locales. « Le fixing est une opération qui consiste à aussi poser les bracelets sur les mains des personnes déplacées et en leur délivrant un numéro », précise le responsable des enregistrements et de la base des données du HCR. A son avis, c’est la première étape du processus de pré enregistrement et que la semaine prochaine, ce serait le pré enregistrement et l’enregistrement proprement dit, via les tablettes. Selon lui, la collection de ces données de base va leur permettre à mieux répondre aux besoins des déplacés. Au sujet du nombre des déplacés, le responsable onusien des bases de données estime à plus de 10 000 déplacés. Le pré enregistrement qui est en cours est le seul moyen qui va permettre de connaître le nombre exact de ceux qui ont fui le conflit. « On disposera des chiffres fiables qu’après le pré enregistrement et l’enregistrement au niveau 2 », ajoute M. Mayala, qui argue aussi que cette activité est déjà la première assistance donnée à ces personnes. Avant l’arrivée des autorités tchadiennes et les humanitaires, c’est d’abord les habitants du village Oudouma qui se sont organisés dès le début pour accueillir et assister les déplacés. Le président du comité d’organisation pour l’accueil des réfugiés du village, Moudoubé, affirme qu’au début, les réfugiés étaient accueillis dans un petit village du nom Libéria avant de faire appel aux autorités qui ont jugé utile de les installer à Oudouma. Ce vieil infirmier à la retraite souligne que la situation était très difficile au début et que les villageois étaient obligés de les accueillir dans leurs maisons, mais que peu après, ils étaient tous débordés par le nombre des déplacés. Il a révélé qu’une femme réfugiée a même accouché, grâce à son soutien sous une tente des agents de sécurité des frontières.
Pour mener normalement le travail, le gouvernement de transition du CMT a, dès les premières des arrivées des déplacés, envoyé les forces armées nationales, la gendarmerie et la police sur les lieux. Il faut noter aussi que c’est grâce à l’armée qui a promptement aidé à sortir certains véhicules embourbés qui apportaient des premières aides aux déplacés. Sur ces pistes difficiles d’accès, l’armée a également amené les journalistes qui se rendaient dans le village qui accueille les réfugiés et qui ont connu de difficultés à s’y rendre.
Pour le moment le village Oudouma, ouvre ses bras à des milliers de ces déplacés qui ont fui le conflit intercommunautaire. En attendant l’opération de fixage, les réfugiés peinent à manger à leur faim. Dans cette école élémentaire, située au bord du fleuve, l’on entend les cris des enfants sous le regard vide de leurs mères.
Jules Doukoundjé







