vendredi 23 octobre 2026

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Une plateforme dénommée « Lissa Wakit ma Tama », un mouvement regroupant 42 associations, veut s’appuyer sur les valeurs républicaines. Son président national M. Korom Acyl Dagache que nous avons rencontré ce, 13 août affirme qu’ils ne sont pas des va-t’en guerre. Et il soutient que la contradiction est un jeu de la démocratie. Reportage.

Quartier Dingangali, 9e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne, il est 10h lorsque nous rencontrons M. Korom Acyl Dagache. Il est le président national du Mouvement Citoyen Notre Tchad (MOCINT), mais il est aussi coordonnateur de la plateforme, Lissa Wakit ma Tama. Il se trouve que certaines personnes sont perdues entre deux plateformes « Wakit Tama » et « Lissa Wakit ma Tama ». Korom Acyl Dagache s’explique et lève l’équivoque. Selon lui, son organisation, Lissa Wakit ma Tama, n’est pas une plateforme de va-t’en guerre. « Notre objectif n’est pas d’engager un bras de fer avec nos compatriotes de Wakit Tama. Mais nos actions sont accès sur les valeurs républicaines. La promotion de la paix, le vivre ensemble, le brassage fructueux entre les fils de ce pays, l’amour du prochain, le respect d’autrui, la crainte de l’Éternel », explique-t-il.

Le coordonnateur affirme qu’ils ont réalisé plusieurs actions, « point de presse, séances de travail avec des couches défavorisées, installation d’une cellule de sensibilisation au quartier Sabangali, notamment le cabaret des cadres, entretien avec les enfants de la rue (les mendiants) et ceux qui sont à Dembé. » Korom Acyl Dagache ajoute qu’ils ont réalisé d’autres activités comme la caravane de sensibilisation pour promouvoir le civisme dans le milieu estudiantin, dépêché une équipe pour recenser l’ensemble des diplômés sans emplois. Il mentionne que plus de 5000 jeunes diplômés sont identifiés. « Nous comptons à travers une synergie d’action avec les différentes centrales syndicales de peaufiner une stratégie pour que la politique de l’employabilité ne soit pas un vain mot, mais une action concrète », précise-t-il.

Dans ce sillage poursuit-il, la semaine dernière, ils ont grâce à un appui bénévole d’un centre de formation professionnelle, assurer la formation des formateurs. Il précise que des attestions ont été décernées aux 20 jeunes leaders issus du milieu des associations des diplômés sans emploi. Ces jeunes ont été outillés dans les domaines de l’autoentrepreneuriat. « Il s’agira de retour  pour les récipiendaires d’en faire bon usage, de former des parterres des jeunes au moins 100 personnes et au finish voir 2000 jeunes formés en auto-entrepreneuriat », dit Korom Acyl. Il affirme que Lissa Wakit ma Tama va faire des plaidoyers auprès des pouvoirs publics afin de leur octroyer des microcrédits. Ces microcrédits dit-il, vont permettre aux bénéficiaires de créer leur propre entreprise, de s’autoprendre en charge puis de créer de la richesse et de la valeur ajoutée. D’après lui, cela pourra indubitablement contenir les remous sociaux, mais aussi, résorber le chômage.

« La contradiction, moteur de l’histoire »

Pour M. Korom Acyl Dagache, ceux qui pensent que Lissa Wakit ma Tama soutient le Conseil militaire de transition(CMT), sont dans leur droit dans la mesure où, la contradiction a fait toujours le moteur de l’histoire. « En ce qui me concerne, mon engagement en tant qu’association ou citoyen ne vise aucun intérêt comme le disent certaines personnes. Mais nous sommes criblés d’une dette morale en vers le CMT, garant de la paix et de la stabilité après la disparition tragique du feu Marechal Idriss Deby Itno. Je ne suis ni de la mouvance présidentielle encore de l’opposition » affirme-t-il. Il soutient qu’en tant que société civile, ils sont à équidistance de l’opposition tout comme du pouvoir public. Il insiste et note que, leurs objectifs c’est de contribuer au développement économique du Tchad.  Selon lui, leur mouvement prône juste une vision citoyenne qui tend à œuvrer pour la consolidation d’un Tchad uni tourné vers le développement

concernant la période de la transition, le coordonnateur de la plateforme Lissa Wakit ma Tama dit que le Tchad est sur une bonne trajectoire. « J’aurais aimé qu’un accent particulier soit mis sur la bonne gouvernance et l’utilisation rationnelle des cadres. Il faudrait qu’on favorise l’approche par compétence », souhaite-t-il. Il suggère que dans les instances des nominations qu’on promeuve les compétences. Il estime qu’il faut transcender certains cadres pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation.

Il salue l’initiative de recensement des diplômés sans-emploi initié par leur plateforme, avant de soutenir que Lissa Wakit ma Tama a aussi la même vision. « Des mesures incitatives revêtues d’un caractère législatif ont été prises et adoptées pour accorder des facilités fiscales aux entreprises qui emploient  des jeunes âgés de moins de 35 ans », a-t-il précisé en terminant.

Moyalbaye Nadjasna

Le Tchad indépendant a 61 ans. Durant ces six décennies, le comportement des Tchadiens a-t-il changé ? Le sociologue consultant Mbété Felix Nangmbatnan note que, les Tchadiens ont perdu le sens du patriotisme et l’intérêt national au profit des intérêts de clans et de familles.

Le sociologue consultant Mbété Felix Nangmbatnan, analyse qu’après 61 ans, les Tchadiens ont perdu le sens du patriotisme et l’intérêt national au profit des intérêts de clans et de familles. Selon lui, le peuple ne s’aime plus comme au lendemain des indépendances. Le sociologue affirme que, les Tchadiens ont perdu également la notion du civisme pour l’incivisme dans tous les domaines : social, fiscal et politique. Le consultant affirme qu’une perte des valeurs sociales et morales entrave la construction d’une nation. Le peuple tchadien soutient-il, s’achemine vers des revendications identitaires voire sécessionnistes.

Autre introspection, monsieur Mbété Felix mentionne que le Tchad compte de nos jours, beaucoup de diplômés, mais de moins en moins d’intellectuels. Il constate aussi qu’il y a eu des progrès dans la scolarisation surtout, les taux bruts de scolarisation sont flatteurs. D’après lui, des avancées dans la santé ont permis d’augmenter sensiblement l’espérance de vie à la naissance. Le sociologue souligne le progrès en fonction du Genre avec la scolarisation de plus en plus importante des jeunes filles. Il déplore les pesanteurs sociales qui demeurent vivaces telles que, l’excision, le mariage précoce et les violences basées sur le genre.

Concernant les points positifs de l’indépendance, Mbété Felix cite la fin des travaux forcés et de l’esclavage domestique. Il désapprouve tout de même, la reprise ces dernières années avec la vente des enfants bouviers et autres trafics humains. Autre fait positif selon le sociologue, c’est la liberté d’expression et d’association retrouvée après tant d’années de dictature. Pour lui, cette liberté malheureusement n’engendre que des points sombres comme l’expression de la haine tribale et des identités locales sectaires sur les réseaux sociaux et dans les journaux ce dernier temps.

Propositions

En guise de suggestions pour le redressement de la société tchadienne, le sociologue consultant Mbété Felix Nangmbatnan, insiste sur le retour à la cohésion sociale et l’Unité du pays dangereusement menacée en ce moment. Il estime aussi qu’il faut revenir sur les fondements qui bâtissent une Nation à savoir l’Éducation, le Civisme et le Patriotisme. Le consultant pense qu’il faut mettre fin à l’exclusion et à la marginalisation par une politique volontariste de l’emploi pour les jeunes désœuvrés.

S’agissant de la période de la transition au Tchad, Mbété Felix indique qu’elle se fait sans moyen et prend du retard par rapport au calendrier établi pour 18 mois. « Il n’y a pas d’harmonisation des points de vue sur la marche de la Transition entre le CMT et les acteurs de la Société Civile qui manifestent pour dire Non au processus enclenché », dit-il. Il souligne que, les difficultés et les défis sont nombreux, mais il y a de l’espoir qu’un véritable dialogue puisse réunir les Tchadiens pour un nouveau départ. Pour préciser ces défis, il cite par exemple, le conflit agropastoral qui revient avec son lot de massacre et pourrait entacher le bon déroulement de cette transition sans oublier, la menace Boko Haram.

Moyalbaye Nadjasna

La correction du baccalauréat session août 2021 qui a débuté depuis lundi 9 août passé se déroule dans des bonnes conditions. Environ 2 500 correcteurs et vérificateurs se dépêchent dans 4 centres de correction pour évaluer les 97 022 candidats. A quelques jours de la fin des corrections, Ialtchad Presse s’est rendu dans les différents centres de correction pour faire le constat. Reportage.

Quelque 2 500 correcteurs et vérificateurs se sont retrouvés tous à N’Djamena depuis le 9 août dernier. Ils sont repartis dans les 4 centres de correction. Ils ont pour mission de corriger les copies d’environ 970 22 candidats qui ont passé le baccalauréat session d’août 2021. Pour le président du jury de cette année, Dr Andjaffa Djaldi Simon, la correction se déroule dans de bonnes conditions et sans incident majeur. M. Djaldi affirme que cette année, il y’a une amélioration dans l’organisation des corrections avec la création de 4 centres de corrections et un nombre assez important des correcteurs et de vérificateurs. Selon lui, le baccalauréat session d’août 2021 a connu juste quelques cas de tricheries. Et les candidats tricheurs ont été mis à la disposition de la police nationale, il ajoute que l’équipe du bac dont il pilote a déposé une plainte contre ces candidats tricheurs.

Pour le président de la correction, commission française, basée au lycée collège évangélique, M. Asguet Mah Felix, la correction se passe dans la sérénité, les enseignants sont à pied d’œuvre et qu’il n’y a pas de soucis majeurs. S’exprimant à propos de la correction à mi-parcours, il estime que, surtout pour les candidats de la série A4, français et arabe, le travail ne semble pas bien marcher, les notes ne sont pas bonnes, mais qu’en D et C, les notes en français sont bonnes. À propos de faibles notes des candidats de la série A, il explique que l’école tchadienne a évolué un moment en dent de scie, les élèves n’arrivent pas retenir le contenu des cours, et cela a une répercussion négative sur le résultat.  Pour la correction du Bac de cette année, un correcteur corrige entre 300 et 400 copies et un vérificateur contrôle environ 700 copies.

Le Lycée Ibnou Cina, par contre abrite les correcteurs et vérificateurs des séries D et autres matières des sciences exactes. Dans ce lycée, les enseignants, surtout, ceux de la série D se plaignent du manque de niveau des élèves. De l’avis de Madjitoloum Kilareou, professeur de mathématiques, venant de la province du Logone occidental, les candidats ne s’en sortent pas en maths, il n’y a pas assez de moyennes et pourtant les sujets sont abordables. Il révèle que sur les 400 copies qu’il a corrigées, 12 candidats seulement ont eu la moyenne et que les notes varient de 15 à 1,5. Ce dernier estime qu’il faut revoir le système éducatif tchadien, surtout dans l’enseignement des matières scientifiques et exhortent les parents de bien suivre leurs enfants. Et de laisser les professeurs des sciences orienter les élèves selon leur niveau sans la pression. Pour le président de la commission mathématique dans ce même établissement, M. Ferdinand Mando, le premier jour de la correction était un peu dur, mais le deuxième jour, rien de grave ne s’est passé. Il estime que la tendance est moyenne et que les littéraires s’en sortent mieux en maths. Selon lui, il serait difficile de donner une nette appréciation et qu’il serait judicieux d’attendre la fin de corrections pour faire une évaluation.

Les corrections prendront fin entre samedi et dimanche prochain. Les résultats du premier tour seront connus au plus tard le 2 septembre.

Jules Doukoundjé

La place de la nation de N’Djamena, capitale du Tchad est cadencée du rythme du défilé militaire ce, 11 août 2021. Le Tchad a-t-il avancé 61 ans après ? Quelques citoyens présents à cette célébration s’expriment. Vox pop.   

Un premier anonyme rencontré après le défilé militaire livre ses impressions sous anonymat :  « Je pense que la fête a été bonne pas comme les années passées. Le défilé s’est bien passé, il y’a évolution au niveau de l’armée de l’air, ainsi que l’armée de terre. J’ai découvert beaucoup de talents de notre armée lors du défilé ».

Un deuxième anonyme. « Après 61 ans, je peux dire qu’il y’a un changement, mais ce changement n’est pas comme le souhaitent les Tchadiens. L’éducation au Tchad est en train de mourir. Sur le plan sanitaire, il y’a un peu de changement avec quelques structures hospitalières. Toutefois, la formation des agents sanitaires reste un problème ».

Ngueadoumadje Dono Assingar :  « J’ai eu la chance d’assister à l’anniversaire de l’indépendance de notre pays. Je suis témoin de l’évènement. Les gens ne sont pas nombreux, ils ne sont pas  motivés comme dans les années passées.»

Zara Ratou : « La fête est très bien cette année, et c’est une particularité, parce qu’il y’a eu différentes démonstrations militaires aériennes et terrestres. Ce que j’ai vu aujourd’hui prouve que  le Tchad est un pays vraiment militarisé. Avec la transition, je pense qu’il y’aura le calme et le changement ».  

Dougous Habraye :  «  Cette fête est grandiose, elle est dans une dimension normale. Au début des années soixante, il n’y a pas assez de gens le jour de la fête, parce que les Tchadiens étaient moins nombreux, mais ces derniers temps, chaque année, on constate l’engouement pour cette fête nationale. »

Un dernier anonyme : « depuis 1960, je ne vois pas une grande évolution, je dis ça parce qu’on peut faire mieux que ça. Rien ne marche ce dernier temps, tout est en pause. Je demande aux Tchadiens de se réveiller et se mettre au travail pour se rattraper ».


Réalisation Orthom
L’Or et Koumassen Juste

Le Tchad a fêté sa 61e année d’indépendance hier mercredi 11 août. Le Conseil Militaire de la Transition (CMT) et certaines personnes ressources souhaitent une transition apaisée pour un Tchad meilleur. Reportage.

13 heures passées lorsque le défilé militaire marquant les 61 ans du Tchad est terminé à la place de la nation de N’Djamena capitale du Tchad. En face de nous se trouve une trentaine de responsables, nous rencontrons Monsieur Nassour Guelendougssia Waïdou, ancien premier ministre qui s’apprête à quitter. Il accepte de répondre à nos questions. « En 1960 j’avais 13 ans, 60 ans après c’est-à-dire, en 2021, je suis à 74 ans. Je remercie le Bon Dieu de m’avoir permis d’avoir cet âge. Cela m’a permis aussi de me mettre au service de ma nation un tant soit peu. Quand on est responsable, on pense aux autres et non au soi-même. Aux jeunes frères, je leur demande de penser d’abord à leur vie, on ne travaille pas pour soi, mais pour le peuple. C’est tout ce que je peux dire », déclare-t-il. Un peu à ses côtés se trouve, madame le ministre Secrétaire général Adjointe du gouvernement. D’un air très jovial, s’exprime « Si sur le plan militaire nous avons su nous positionner dans la sous-région, pour le développement économique de notre pays, il reste encore beaucoup à faire. C’est la raison pour laquelle, je souhaite de tous mes vœux la paix pour notre pays afin qu’on puisse aussi décoller à l’instar des autres pays. »

Plus loin, on aperçoit un ex-secrétaire général du MPS, Emmanuel Nadingar, mais aussi juste à sa droite, un leader religieux Bishop Amane Mamaté, Président de l’Alliance des Églises Pentecôtistes au Tchad. Selon Emmanuel Nadingar, commémorer un anniversaire c’est en même temps une occasion de réjouissance, mais aussi un espoir pour un peuple. « C’est quand on est rassuré qu’on peut libérer son énergie. Je pense que nous devons mobiliser ensemble notre volonté pour construire positivement notre pays », estime-t-il. Pour le leader religieux, Bishop Amane Mamaté, C’est une fierté d’avoir une longévité de 60 ans. Il indique que pour un pays, c’est petit, mais pour un homme c’est important, avant de préciser que l’âge de 60 ou 61 c’est l’âge mur. D’après lui, s’il fallait faire une évaluation de 61 ans d’indépendance du Tchad, c’est triste. Ce qu’il faut peut-être faire dit-il, c’est de s’asseoir et réfléchir chaque année sur notre devenir. « Je souhaite que les Tchadiens déposent les armes. Vous avez vu le défilé avec les armes de tous les calibres. Si on réfléchit ensemble, Ce n’est pas pour tuer un Français, un Russe ou ceux qui nous les ont vendus, mais on tuera un Tchadien. Il faut réfléchir à la façon qu’il faut construire et non de se tuer », affirme l’homme de Dieu. Bishop Mamaté informe qu’ils reviendront prier pour la paix de la nation. Selon lui, si les Tchadiens n’ont pas la volonté de faire la paix, Dieu n’oblige personne. « La paix vient aussi de la volonté de tourner le dos au mal. Les Tchadiens doivent dépasser leurs préjugés et construire leur pays, car l’avenir de leurs enfants en dépend », lance-t-il.

Le président du CMT s’adressant à la nation tchadienne

Le président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Deby Itno s’est adressé, la veille, 10 août à la nation. Selon lui, le CMT obéit au souci cardinal de faire face à l’urgence absolue. Cette urgence précise-t-il, c’est de devoir défendre le Tchad contre toute agression et de préserver les acquis de paix et de la stabilité puis garantir ainsi, l’unité et la cohésion nationale. Pour lui, la guerre n’est pas finie et la menace d’attaques par d’autres groupes armés venus de l’étranger demeure. Il insiste sur l’objectif du CMT qu’est d’assurer la continuité de l’État, la survie de la nation et l’empêcher de sombrer dans le néant, la violence et dans l’anarchie. « La seule et unique raison d’être du CMT, c’est le Tchad, le Tchad éternel. Dans un sursaut patriotique, nous devons faire taire les rancœurs et les incompréhensions, transcender les intérêts égoïstes et surmonter les divisions pour nous concentrer sur l’essentiel, l’intérêt supérieur du Tchad. Aucun pays ne peut avancer sur le chemin du progrès si la haine est le pain quotidien de ses filles et de ses fils », note-t-il. Mahamat Kaka, informe que dans les prochains jours, et après les consultations en cours, un Conseil National de Transition, représentatif de toutes les provinces et de toutes les forces vives de la Nation sera également mis en place de façon consensuelle et concertée. Il explique que le CNT va exercer un contrôle législatif de l’action gouvernementale afin d’offrir au pays les bases d’une nouvelle constitution.

« L’objectif du processus est de nous permettre d’organiser des élections démocratiques, libres et transparentes dans les meilleurs délais. La démocratie et la liberté introduites au Tchad en 1990 sont et resteront des valeurs irréversibles ».

Moyalbaye Nadjasna

Le président du conseil militaire de transition (CMT), le général Mahamat Deby Itno a assisté hier mercredi 11 à la place de la nation au défilé marquant les 61 ans de l’accession du pays à l’indépendance. Il a profité de cette occasion pour déposer les gerbes de fleurs au monument des soldats tombés au front. Reportage

10 heures 15 minutes, c’est sous un ciel nuageux que le président du conseil militaire de la transition(CMT), le général Mahamat Deby Itno est arrivé à la place de nation pour assister au défilé militaire marquant les 61 ans de l’indépendance du Tchad. Après les honneurs militaires, le chef du CMT et président de la République s’est rendu au monument des invalides pour déposer les gerbes de fleurs aux soldats morts au front. Après la cérémonie de prise d’armes, le numéro 1 du CMT a assisté au défilé militaire et paramilitaire en présence des députés, des représentants des institutions internationales, des membres du gouvernement de transition et d’autres personnalités. Il est 10 heures et 30 minutes, le service d’information des armées annonce le programme du défilé militaire et paramilitaire qui est divisé en trois parties, à savoir le défilé aérien, le défilé de différents corps à pied et enfin le défilé motorisé, mettant ainsi en exergue l’arsenal militaire que dispose le Tchad. Aussitôt l’annonce, le défilé commence par l’armée de l’aire avec la démonstration de plusieurs avions de combat, des hélicoptères de différentes marques qui ont servi l’armée de l’air tchadienne dans plusieurs champs de batail. En faisant la démonstration de largage de ses commandos, un hélicoptère a fait écrouler une tente, mais tous les invités constitués majoritairement des policiers et autres corps kaki, sont sain et sauf. Après le massage impressionnant des avions de guerre avec leur génie, s’en est suivi la fanfare qui donne la cadence au défilé à pied de plusieurs corps de l’armée de terre. Il faut aussi noter que ce défilé militaire et paramilitaire à l’occasion de la célébration de 61 ans d’indépendance, plusieurs civils sont invités à prendre part à cette grande cérémonie.

 Parlant du défilé de l’armée de terre, il convient de souligner la particularité de cette cérémonie, avec pour la première fois de son histoire, le défilé de la première promotion des enfants de troupe du Tchad qui sont passés sous acclamation de plusieurs officiers tchadiens et étrangers présents à la tribune des officiers. Les enfants de troupe qui ont défilé sous la cadence de la fanfare ont été aussi ovationnés par plusieurs civils invités à cette cérémonie.

Enfin le défilé motorisé, qui marque la fin de cérémonie, est une occasion de montrer les engins de guerre que le pays dispose depuis son accession à l’indépendance. Le défilé motorisé qui a duré plus d’une heure d’horloge, a permis au service d’information des armées du Tchad d’expliquer les différents types d’arme et de camions que le pays utilise pour assurer sa défense et sa sécurité.  Le défilé a permis aux autorités du CMT de montrer aux tchadiens et au monde, que le pays de Toumai dispose un arsenal militaire qui lui permet d’assurer la défense et la sécurité de son peuple. Toutefois, il faut noter que, le passage des chars combat avec leur crampon, a dégradé l’esplanade de la place de la nation.

 Pour réussir cette cérémonie, le maire de la ville de N’Djamena, Ali Aroun a invité ses concitoyens à sortir massivement pour assister au défilé militaire.

Jules Doukoundjé

La République du Tchad va célébrer demain le 11 août 61 ans d’accession à l’indépendance. En prélude de cette célébration, le Dr Sali Bakari, enseignant chercheur au département d’Histoire à l’École Normale Supérieure (ENS) de N’Djamena retrace les grands moments qui ont marqué la vie sociopolitique du pays. Reportage

Le 11 août 1960, il y a 61 ans à Fort Lamy la capitale, actuelle N’Djamena que le premier Président François Tombalbaye, avait proclamé l’indépendance du pays. C’était en pleine nuit après un discours du ministre français de la Culture André Malraux, représentant du général de Gaulle à la cérémonie. Quelques heures plus tard, un grand défilé de l’indépendance était organisé à Fort Lamy et on hissait le premier drapeau du nouveau pays. Les Tchadiens s’apprêtent à célébrer l’anniversaire d’un pays qui a durant les 61 ans, a connu plusieurs conflits politico-militaires et qui peine à retrouver le chemin du développement socio-économique. Pour le Dr Sali Bakari, enseignant chercheur à l’École Normale Supérieure (ENS) de N’Djamena, à l’instar de nombreux pays africains qui ont accédé à l’indépendance en 1960, mais qu’à la différence de ces pays, le Tchad bascule très tôt dans la violence. Selon lui, avec la création du mouvement politico-militaire du Front de Libération Nationale du Tchad (FROLINA), le 22 juin 1966 à Nyala (Soudan), les militaires et les combattants tchadiens se sont invités sur la scène politique tchadienne et que l’armée a joué un rôle important et continue à jouer encore un rôle important dans la dynamique politique du Tchad.

« La preuve, le premier président du Tchad, François Tombalbaye sera tué lors d’un coup d’État, le président Maloum partira à suite à un bras de fer avec de tendances politico-militaires, Goukouni Weddey va arriver par les armes et partira par les armes. Hissein Habré a pris le pouvoir par les armes et partira par les armes, et enfin Idriss Deby Itno était arrivé au pouvoir par les armes et a été tué par les armes et qu’aujourd’hui c’est encore un militaire qui est au pouvoir », relate M. Sali Bakari. L’enseignant chercheur estime que, quand on parle de l’histoire politique du Tchad, au lieu qu’elle soit uniquement centrée sur le plan politique, sur les débats idéologiques et surtout sur les partis politiques, on se rend compte qu’au Tchad, quand on parle de l’histoire politique, les mouvements politico-militaires sont au centre de celle-ci. L’historien indique qu’une telle situation produit des conséquences désastreuses sur le plan économique et politique. A son avis, le Tchad n’a pas de possibilité de mener les deux guerres, c’est-à-dire la guerre pour le pouvoir, la guerre pour préserver le pouvoir et surtout la guerre pour le développement socio-économique. Il souligne qu’après 6 décennies d’indépendance, les indicateurs socio-économiques sont au rouge. Le chercheur a, point par point dépeint le tableau sombre du pays depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. M. Sali Bakari a relevé par exemple le manque d’infrastructure qui empêche le pays de décoller.

Pistes de solutions

Pour permettre au pays de reprendre l’élan de son développement, l’historien affirme qu’il faut passer de la guerre pour le pouvoir et la préservation du pouvoir, pour la guerre pour le développement. « Le dialogue national inclusif devrait être une occasion pour revoir le contrat social tchadien », estime-t-il. Selon lui, les conflits ont pendant longtemps permis à la bourgeoisie politico-militaire de prospérer. Il est temps d’arrêter cela. Il estime que le prochain dialogue national inclusif devrait être une vraie occasion de discuter de tous les problèmes sociaux du pays. Du point de vue de la démocratie, M. Bakari reconnaît qu’il y’a toutefois une nette amélioration et que le pays a connu une nette avancée dans le domaine de la lutte syndical et de la société civile. L’enseignant chercheur propose qu’on remette le compteur à 0. Et réécrire un autre projet de société, sans cela, le pays fera toujours du surplace. Selon lui, un pays, c’est d’abord le label de qualité et d’excellence, et que le Tchad ne dispose pas ce label-là. Il souhaite par ailleurs que le gouvernement s’appuie sur les ressources humaines de qualité pour permettre au pays de décoller.

Jules Doukoundjé

Comme une bombe à fragmentation tirée de la capitale égyptienne, Le Caire, au cœur du pouvoir tchadien, l’affaire Tom Erdimi est-elle en train de révéler la suite d’une longue lutte, sans merci, entre membres d’un même clan pour le pouvoir à tout prix? Le nouvel ordre le Conseil Militaire de la Transition (CMT) est peut-être en train de gérer les « Gestapories » des services secrets tchadiens. Au-delà de ressembler, par son côté secret, à un film d’espionnage à la James Bond, et par son côté « gestion clanique » à une véritable histoire de gang, l’affaire Tom est-elle une affaire d’État? Qui aurait intérêt à l’arrêter? Est-il vivant ? Est-il mort? Pourquoi le retient-on dans une prison égyptienne sans donner des nouvelles à sa famille? Pourquoi la famille a attendu si longtemps avant de dénoncer l’affaire? Pourquoi tous ces silences?

D’abord, le silence du CMT. Il semble que le chef de la junte était au courant de cette affaire. Il a hérité d’un dossier chaud qui a peu d’impacts sur le pays, mais plutôt peut avoir des conséquences sur les différentes ramifications familiales qui s’entrelacent autour du chef du CMT. Les jumeaux Erdimi sont-ils encore si influents auprès du fils du Maréchal, Mahamat Kaka? Eux qui, dit-on, ont été influents voire ont établi un réseau dormant au cœur du pouvoir du Maréchal père, Deby Itno. Un réseau qui s'est matérialisé par l'assaut des rebelles qui avaient fait vaciller le père. En cette période de fragile transition, il serait donc risqué au jeune président de la transition d’engager un bras de fer avec le clan Erdimi. Le chef de la junte a vite compris qu’il est inutile de surréagir. Ce n’est pas, non plus, une bonne stratégique de ne rien faire. Et même contre-productif d’agir dans la précipitation.

Ensuite, Tom « la bougeotte » bouge en permanence. Depuis qu’il a quitté le Tchad pour son exil forcé aux États-Unis, Tom Erdimi vivrait, dit-on, dans une hantise permanente d’être traqué par les services de renseignements du défunt Maréchal Deby Itno. A tel point qu’il vivait presque en clandestin. Il avait disent certaines sources presque peur de son ombre. Et pourtant il n’a jamais cessé de voyager. Parfois avec son titre de voyage comme réfugié, souvent avec des faux passeports disent ses détracteurs. Sinon comment peut-on expliquer sa présence en Égypte? Que faisait-il dans ce pays? Son entourage soutient qu’il est rendu en Égypte par nécessité. Il voulait se rapprocher de sa famille.

Mais, pourquoi ce silence de la famille? Un silence gênant, étonnant, incompréhensible surtout que cette disparition daterait de septembre 2020. Ce n’est que récemment que les bruits sur l’arrestation de l’opposant ont commencé à filtrer à compte-gouttes dans certains milieux avant la mort du président Deby Itno. La famille était bien au courant. Mais dans une situation aussi délicate, elle a probablement choisi de se taire espérant certainement une issue heureuse. Et patatras, le Maréchal disparaît tragiquement laissant tout à découvert. Était-il de son vivant le commanditaire? Le service de renseignement tchadien aurait-il mis à son service le puissant service de renseignement égyptien? Tom Erdimi s’était-il établi en Égypte? Le mystère reste entier. Le silence n’est qu’à moitié brisé. Le nouveau prince Mahamat Kaka est dans cette affaire un héritier innoncent. La famille Erdimi a continué à se taire après quelques promesses. La junte ne voudrait, peut-être et surtout pas, être embarrassée par la présence des frères Erdimi en ce moment où son pouvoir n’est pas solidement assis.

Enfin, le temps est passé, le président de la transition s’est installé et le dossier Tom a disparu dans les dédales du palais. Subitement la famille se mobilise cette fois-ci publiquement. Les réseaux sociaux, les réunions familiales médiatisées et le tout accompagné d’un ultimatum de 72h au CMT. La famille veut avoir des nouvelles de Tom, mort ou vivant. L’ultimatum a expiré. Aux dernières nouvelles, le président de la transition a reçu les proches de la famille Erdimi pour leur faire comprendre que ni lui, ni le CMT ne sont mêlés à cette affaire tout en promettant aide et soutien pour résoudre le problème. Depuis le silence a repris service. C’est peut-être un indice fiable que Tom Erdimi serait bien vivant quelque part dans une geôle égyptienne. Peut-être même qu’il serait arrêté pour autre chose chuchotent-on dans les couloirs du Palais rose. Peut-être aussi que ce sont les longs bras du défunt Maréchal. Peut-être, peut-être. Beaucoup des « peut-être ». Beaucoup d’interrogations. Beaucoup de silences qui rendent cette nébuleuse affaire encore plus nébuleuse.

Bello Bakary Mana  

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