Les personnes handicapées ne sont pas contentes de la décision du gouvernement qui oblige ces dernières à laisser leurs engins à Nguéli et de traverser à pied pour se rendre à Kousserie, une ville camerounaise, frontalière à la capitale tchadienne, N’Djamena. Pour exprimer leurs frustrations, elles se réfugient chez le voisin et refusent de retourner à N’Djamena, si le gouvernement ne change pas d’avis. Reportage.
Pour se prendre en charge, certaines personnes handicapées font de trafic de marchandises entre Kousserie, une ville située à la frontière, et N’Djamena. Mais, les autorités publiques obligent les personnes handicapées à laisser leurs engins à Nguéli, côté Tchad, et de traverser à pied. Mécontents de la décision, ils décident de se réfugier au Cameroun depuis le 19 juillet dernier et exigent une note officielle qui leur permet de reprendre leurs affaires. Pour le président du réseau des personnes handicapées du Tchad, M. Malgai Moussa Abderamane, les personnes handicapées vivent une situation déplorable. Selon lui, depuis la pandémie du coronavirus, les personnes handicapées n’exercent aucune activité et ont du mal à prendre en charge leurs familles. « Le Tchad a pris des engagements pour faire la promotion des personnes handicapées, de respecter et de garantir leurs droits en ratifiant la convention des Nations Unies pour la protection des personnes handicapées et la loi 007 portant la protection et le respect des droits des personnes handicapées », dit-il. Le président du réseau des personnes handicapées estime que jusque présent, rien n’est fait pour aider ces personnes en situation sociale parfois très difficile, avant de se plaindre que beaucoup de projets sont initiés en faveur de celles-ci, mais, malheureusement, ils manquent de financement. Il souligne que le réseau mène une lutte pour obtenir la création des centres de formations spécifiques aux personnes handicapées.
Toutefois, si pour certains, le handicap est un défaut et que le pont de Ngueli est un moyen de survie, les autres sont optimistes et exercent d'autres activités plus rentables. Pour Lodénémadji Juliette, directrice adjointe de la promotion des personnes handicapées au ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de la Petite Enfance, la traversée du pont de Nguéli est une activité à risque. Elle estime que, la société ne favorise pas la situation aux personnes handicapées, mais que seul le courage permet de surmonter les difficultés. « Je ne me suis jamais découragée à cause de mon handicap. La vie est difficile avec tout le monde, même les personnes valides. Pendant mes études, je vendais les gâteaux pour m'en sortir », explique-t-elle, avant de préciser qu’après l’obtention de sa licence en sociologie à l’Université de N’Djamena, elle s’était inscrite pour apprendre la couture qui lui permet de gagner un surplus. Selon elle, tendre la sébile est déshumanisant. Contrairement à Mme Lodénémadji Juliette, cet enseignant de lycée déplore la situation des personnes handicapées qui se réfugient à Kousserie. M. Taryam Michael dénonce une injustice à l’égard de ces personnes. « Demander aux personnes handicapées de laisser leurs tricycles à Nguéli pour se rendre à Kousserie est injuste », déplore ce dernier. Il appelle ses frères de s’armer de courages et opter pour d’autres activités plus rentables, en faisant abstraction de leur handicap. Il sollicite par ailleurs le soutien de la famille et de la société en général pour accompagner ces êtres qui vivent dans la précarité. Afin de décanter la situation, les discussions entre le réseau des personnes handicapées, la commission de droit de l'homme et les autorités sont en cours.
La marginalisation, le rejet des personnes handicapées par la société, le non-respect de la loi numéro 007, portant la protection des personnes handicapées au Tchad et le chômage, poussent certaines à effectuer le transport des marchandises du Tchad- Cameroun via le pont Ngueli.
koumassen Juste
Plus de 80000 candidats sur l’ensemble du territoire national sont appelés à passer l’examen du baccalauréat de l’enseignement du secondaire et technique session d’août 2021. Les épreuves vont se dérouler du lundi, 02 au samedi, 07 août 2021. À moins de 72 heures, Ialtchad est allé sur le terrain imprégner des préparatifs. Reportage.
Le temps très clément ce vendredi, 30 juillet à N’Djamena capitale tchadienne. 11 heures passées et nous sommes à la mini foret de Neem au quartier Sabangali, dans le 3e arrondissement de la ville. Sous l’ombre d’arbres et fleurs bien aménagés, élèves et étudiants en profitent pour réviser leurs cours.
À peine au milieu de cet espace vital, nous rencontrons deux élèves. L’un s’appelle Mahamadou Mahamat Abakar, élève en TA au lycée la belle Vue et l’autre, Adam Mahamat Youssouf Teri, élève du lycée de la Liberté. Tous deux sont des candidats de série A4. Selon Mahamadou Mahamat Abakar, ils ont fini leur programme au lycée la belle vue. « À l’heure où je vous parle, je suis à 90% préparé et prêt pour affronter le baccalauréat. On ne peut pas dire 100% à cause de quelques perturbations connues de tous. Je crois que les enseignants ont fait ce qu’ils peuvent, avec mes recherches personnelles, j’en suis confiant. Je suis candidat de la série A4 et toutes les matières sont importantes et à mon avis, il n’y a rien à négliger », affirme-t-il. Le candidat Abakar précise par ailleurs qu’il, révise à l’instant son cours d’histoire. Il souhaite bonne chance à tous ses camarades avant de remercier en même temps, tous les enseignants.
Adam Mahamat Youssouf Teri, estime pour sa part qu’il y a eu assez de perturbations cette année. Toutefois, il indique aussi être prêt pour le baccalauréat. « Je révise mes cours de philosophie et d’histoire. En français, je comprends bien le commentaire composé. J’ai préféré lire mes leçons à cet endroit comme c’est calme et l’ombre est frais. Nous sommes restés cote à côté avec mon complice pour échanger les idées, c’est vraiment nécessaire », confie-t-il.
Nous sommes cette fois au quartier Gassi, 7e arrondissement. Là se trouve l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS). L’ambiance de retrait des cartes biométriques par les candidats nous emballe. Nous nous rendons auprès de l’équipe de distribution. Selon le chef d’équipe, le retrait des cartes se passe bien. Il souligne que, certains candidats traînent encore les pas avant de leur demander de se hâter. « Quelques petites difficultés sont dues aux erreurs sur les noms et la date de naissance. Pour remédier à ces erreurs, nous prenons les photocopies des cartes avec les bons renseignements des candidats. Nous allons le plus vite possible leur confectionner d’autres cartes », explique-t-il. D’après le responsable de distribution, le temps est certes court, toutefois, il n’y a pas de soucis à ce niveau, même le jour de composition, les cartes restent disponibles.
« Nous sommes à plus de 80 mille candidats »
Le président du Jury du Baccalauréat session 2021 Dr Andjaffa Djaldi Simon nous reçoit. Il nous renseigne sur les préparatifs. Selon lui, toutes les conditions matérielles et financières sont réunies pour le bon déroulement du baccalauréat. « Les présidents des centres sont pratiquement tous à leur poste respectif. Même à N’Djamena tout est fin prêt. Il est si tôt de donner le chiffre et le pourcentage exact, mais nous sommes à plus de 80 mille candidats », informe-t-il.
Mahamat Al Boukhari Oumar est le vice-président du Jury. Il conseille les candidats d’être sereins, car les épreuves au baccalauréat ne sont pas différentes des devoirs de classe. Monsieur Mahamat Al Boukhari informe les candidats de ne pas prendre sur eux ce qui est interdit par le règlement de l’examen. « Ce que vous devrez avoir sur vous, ce sont cartes biométriques, vos bics, règles, tousl es nécessaires pour écrire. Éviter la tricherie pendant la composition afin qu’on ne vous exclut pas de la salle. À mon avis si un candidat lit bien ses leçons, il peut aussi brillamment réussir à son examen », avertit-il. Mahamat Al Boukhari rajoute que cette année à cause de covid-19, un calendrier spécial est établi. Les séries poursuit-il, vont composer à l’intervalle d’un jour décalé. « Nous demandons aux candidats de bien comprendre le calendrier afin de ne pas se tromper. S’ils ne comprennent pas le calendrier, ils peuvent s’informer auprès des surveillants tout comme auprès des présidents des différents centres », clarifie le vice-président. Il précise en outre que Ndjamena seul compte 41% de l’effectif des candidats.
L’appel des candidats est prévu à 6 heures et 30 min. Les épreuves commencent le matin à 8 heures précises et dans l’après-midi à 14 h00. Aucun candidat n’est accepté en salle après 15 minutes de retard. Les épreuves vont se dérouler du 02 au 07 août 2021.
Moyalbaye Nadjasna
L’Office national pour la promotion de l’Emploi (Onape) a ouvert un bureau annexe à Goudji, dans le 4e arrondissement de la ville de N’Djamena. Le quatrième du genre.
Goudji dans le 4e arrondissement de la ville de N’Djamena. Non loin de l’échangeur de Diguel, l’Office national pour la promotion de l’emploi (Onape) a implanté son bureau annexe. Le quatrième du genre à être ouvert dans la capitale tchadienne. L’inauguration officielle de cette nouvelle agence a été faite ce vendredi 30 juillet par le représentant du ministre de la Fonction publique et du Travail en présence du président d’administration et du directeur général de l’Onape.
Dans son mot de circonstance, le directeur général de l’Onape, Sadick Brahim Dicko a rappelé la place et le rôle que joue son institution dans la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de l’emploi. La création de cette nouvelle agence est, pour lui, une volonté de son entité de se rapprocher plus des partenaires et des demandeurs d’emploi. « La stratégie adoptée est de rendre un service de proximité aux demandeurs d’emploi et intervenir en synergie avec nos partenaires de développement afin de lutter efficacement contre le chômage, le sous-emploi et la pauvreté en milieu jeune », a-t-il expliqué.
En inaugurant la nouvelle agence, le représentant du ministre de tutelle, Abdoulaye Saleh Limane a indiqué qu’elle va contribuer à trouver une solution idoine à la question du chômage des jeunes à travers des mécanismes d’accompagnement. Il exhorte les jeunes de cet arrondissement à se mettre à l’ouvrage pour saisir les opportunités que leur offre l’ONAPE.
L’ONAPE est un établissement public à caractère administratif doté de l’autonomie de gestion et de la personnalité morale. Il est créé en 1999 et placé sous tutelle du ministère de la Fonction publique. Il a pour principale mission la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’emploi.
Christian Allahadjim
La direction générale de la Gendarmerie nationale a présenté des présumés fauteurs de trouble. Selon la direction, ce résultat est le fruit du numéro vert.
Les éléments de la gendarmerie nationale ont encore fait leurs preuves. Ce jeudi, 29 juillet, vingt-six présumés fauteurs de troubles ont été présentés à la presse dans les locaux de la direction de la Gendarmerie.
Parmi eux, il y a un groupe de voleurs des bonbonnes de gaz butane, des motos, de fabricants de fausses plaques d’immatriculation au nom de la Gendarmerie, un fabricant de faux billets, un trafiquant de drogue. Le fabricant de faux documents, par exemple, détient la carte de presse, estampillée Hama, et aussi celle de l’ONAMA. Le fabricant de faux billets n’est qu’en réalité un escroc. Il a pris 300 000F avec ses victimes pour leur produire 5 milliards. En lieu et place de l’argent, il leur a remis une caisse remplie d’éponge et de sable avec quelques billets de franc CFA et de dollars étalés à la surface.
Selon le porte-parole de la Gendarmerie, Abakar Abdraman Haggar, ces présumés fauteurs de troubles ont été appréhendés grâce au numéro vert qu’a mis en place la direction de la Gendarmerie. « Le résultat des opérations que nous présentons est le fruit du numéro vert, 114, que nous avons lancé la semaine dernière », a annoncé colonel Abakar. D’après lui, si ce n’est grâce à ce numéro et à la collaboration de la population, certains de ces présumés « troubleurs » de l’ordre seront encore en liberté. Il se félicite de la collaboration de la population et l’invite à faire davantage confiance aux forces de l’ordre. « Appelez-nous s’il y a un climat suspect autour de chez vous », invite-t-il. Le porte-parole de la Gendarmerie de reconnaître qu’une frange de la population est encore hésitante quand il est question d’appeler le numéro vert. « Nous n’allons pas vous punir si l’information n’est pas fiable. Il revient à nous de continuer à mener des investigations », rassure-t-il.
La coordination pour l’action citoyenne dénommée Wakit Tama vient d’achever sa marche pacifique ce 29 juillet comme prévu à N’Djamena, capitale, tchadienne. Du point de départ, rond-point Hamama au lieu du rendez-vous le Palais du 15-janvier. Les forces de l’ordre et de la sécurité ont bien quadrillé les manifestants. Reportage !
Il est 8h 00, les marcheurs de Wakit Tama se rassemblent au Rond-point Hamama, dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Les forces de sécurité se déploient tout le long de l’itinéraire. Le point de départ de la marche est le Rond-point Hamama et le point d’arrivée le Palais du 15-Janvier. La grande avenue est dégagée pour l’occasion. Les marcheurs, les journalistes et les forces de sécurité l’ont conquise. La mobilisation est forte, les marcheurs sont venus nombreux, de tous les horizons et quartiers de la ville. L’ambiance était joyeuse. Chansons, coup de sifflets, pancartes en mains avec différentes mentions, les manifestants avancent lentement mais sûrement. On peut lire par exemple, « France hors du Tchad. Réviser la charte de transition. Arrêter de voler le peuple. Non à la succession dynastique. CMT ou sont nos indemnisations » entre autres.
A chaque 200 mètres, les marcheurs s’arrêtent. Soit ils entonnent l’hymne national, soit ils lancent un message. Assis sur le bitume face au palais de Justice de N’Djamena, ils observent une minute de silence puis réclament une véritable justice au Tchad. Chose impressionnante, Wakit Tama semble mieux organisé pour cette marche. En dehors de la police, tout autour des marcheurs, se trouve une haie des jeunes chargés de la sécurité. Ils quadrillent les autres. L’itinéraire est bien suivi et les manifestants après un bref arrêt non loin de l’aile gauche de l’échangeur de Diguel, sont enfin entrés au palais du 15-janvier. Les leaders de Wakit Tama se tiennent tous debout pour accueillir les marcheurs qui avancent vers eux en chantant la Tchadienne. Une ambiance stupéfiante se dessine avec des cris et youyous. Le coordonnateur de Wakit Tama, Me Max Loalngar invite ses camarades à paraphraser un couplé du musicien ivoirien Tiken Djafa Koli. « Aller dire au CMT qu’ils enlèvent nos noms dans leurs business, on a tout compris. Ils nous mènent souvent en bateau vers des destinations qu’on ignore, ils allument le feu et ils activent. Et après ils viennent jouer au pompier. On a tout compris », répètent-ils.
Pour Mahamat Nour Ibedou, cette marche est un début de libération du peuple tchadien. « Nous disons non au CMT et non à la France. Notre pays est souverain et indépendant. Nous avons la vérité et nous arriverons à notre but. C’est un grand jour aujourd’hui, parce que c’est pour la première fois qu’on nous autorise à marcher ».
Dr Yombatnan Sitack, estime pour sa part qu’il faut que justice règne dans ce pays. « Il n’y a pas la paix sans la justice, sans le pardon et la réconciliation. C’est la raison de notre marche. Chaque jour que Dieu fait, nous ne savons pas dans quelle destination le CMT nous mène », dit-il. Selon lui, la charte doit être révisée pour donner des garanties, avant de préciser que c’est l’exigence du peuple, de l’UE, et de l’UA. Dr Sitack rajoute par ailleurs que Wakit Tama dit non à la méthode actuelle du CMT. Il souligne que la plateforme a besoin d’un gouvernement civil et non militaire. Ce dernier estime que les militaires devraient plutôt assurer la sécurité des citoyens.
Toutefois, il plaide pour l’indemnisation des victimes de l’ancien président Hissène Habré, la revue des situations des personnes handicapées, des diplômés sans emplois et des retraités. « Un pays normal ne peut former les jeunes et les laisser au quartier. Nous ne sommes pas contre les activités de la transition, mais il faut impliquer tous les Tchadiens. Car la justice élève une nation », dit Dr Sitack.
Le président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), Barka Michel, affirme que Wakit Tama ne demande pas trop au CMT. « On lui demande d’organiser dans les 18 mois, il ne reste plus que 15 mois, un dialogue national inclusif et garantir des élections libres et transparentes. Ce qui permettra également de constituer des institutions étatiques sérieuses », précise-t-il.
Le coordonnateur de Wakit Tama Me Max Loalngar soutient que la plateforme est une organisation sérieuse, responsable et intelligente. Elle ne cédera pas à la machination. « Votre détermination montre qu’on doit continuer. Et j’ai le plaisir de vous dire que la prochaine marche est prévue pour le 07 août 2021 ».
Moyalbaye Nadjasna
Le conseil militaire de transition a atteint la barre de 100 jours passés à la tête du Tchad. L’occasion pour le président de l’UNDR, Saleh Kebzabo d’évaluer les actions de la junte militaire.
Tout d’abord, Saleh Kebzabo est revenu sur la décision de son parti, l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), de soutenir la transition. Il est pour lui de souligner que cette décision reste encore incomprise de certains Tchadiens. Cependant, Saleh reconnaît que cette décision du bureau exécutif de son parti est certes difficile, mais salutaire. Car, estime-t-il, si la transition se réalisait, elle marquerait le premier moment du transfèrement pacifique du pouvoir politique dans l’histoire moderne du Tchad. « En mon âme et conscience, j’en suis satisfait et j’estime qu’elle a le mérite d’avoir permis de sauvegarder l’unité et la souveraineté du Tchad », affirme-t-il.
Sur le bilan des 100 jours de gouvernance de la junte militaire, le président de l’UNDR relève que la gestion est nonchalante. « … donnant le sentiment que le CMT et le gouvernement tardent à satisfaire les attentes légitimes du peuple », a noté Saleh Kebzabo.
Au premier titre de ces attentes, souligne le président de l’UNDR, demeure la question cruciale de l’organisation du dialogue national inclusif. Pour lui, ce dialogue est l’occasion pour rassembler tous les Tchadiens, par-delà leurs convictions religieuses, leurs différences politiques et leurs appartenances ethniques et sociales, autour d’une seule et même table pour discuter de notre avenir commun. Ainsi, SK dit réaffirmer son attachement au caractère inclusif de ce dialogue. « J'appelle à un dialogue véritablement inclusif qui permettra aux Tchadiens de tourner résolument le dos aux démons de la haine et de la division, pour jeter les bases d’une communauté politique soudée et fière de sa diversité sociologique. C’est possible et le CMT doit s’y engager avec ardeur et conviction », lance-t-il.
Sur la mise en place des organes de transition, le président de l’UNDR relève aussi qu’il y a de la lenteur. Il évoque notamment la mise en place du Conseil national de transition (CNT), organe législatif. SK d’avertir que sa composition doit être faite de manière consensuelle et refléter la diversité des tendances politiques qui existent au sein de la nation. « La junte doit éviter la tentation de coopter des personnalités uniquement acquises à sa cause », met-il en garde.
Sur le plan administratif, SK se dit aussi écœuré par les nominations controversées faites par la junte au pouvoir. « Il ne devrait plus y avoir de clientélisme et de népotisme quand il s’agit d’occuper de hautes responsabilités d’État », fait-il la remarque. Les seuls critères valables sont la compétence, une solide expérience et une probité à toute épreuve, souligne SK. Pour lui, la géopolitique doit être prise en compte. Sinon, prévient-il, l’on retomberait dans les dérives de l’ancien système tant décriées.
Sur la question de l’emploi, le président de L’UNDR souhaite qu’elle soit une priorité durant cette période de transition. D’après lui, les spectacles de désolation qu’offrent souvent les diplômés sans emploi doivent interpeller les consciences. La solution ne réside pas uniquement dans l’intégration à la Fonction publique, dit-il. « L’État dispose de nombreuses manettes pour occuper les jeunes et leur assurer une certaine autonomie pour préserver leur fierté et leur dignité », croit-il.
Sur la question de la sécurité des personnes et des biens, le président SK s’inquiète de la recrudescence de l’insécurité dans la ville de N’Djamena et d’autres provinces. Mais aussi, il n’a pas passé sous silence le phénomène de conflit agriculteurs-éleveurs.
Sur le volet économique et financier, SK dit inviter le gouvernement de transition à apurer la dette intérieure pour permettre la relance économique. Selon lui le gouvernement de transition ne doit pas s’embarrasser d’ambitions qui ne relèvent pas de son programme.
Pour conclure, le président de l'UNDR insiste sur la nécessité d’organiser des élections couplées (présidentielle et législatives) à la fin de cette transition. D’après SK, il apparaît judicieux que le gouvernement présente une feuille de route pour situer clairement les prochaines étapes importantes de la transition. « Toute autre manœuvre dilatoire ne rencontrera pas notre adhésion. Nous avons opté pour une transition de 18 mois, gardons le cap », rappelle SK.
Enfin, le président de l'UNDR de féliciter la junte au pouvoir pour le maintien de la paix et de la stabilité après le décès brutal du président de la République Idriss Deby Itno le 20 avril.
« 100 jours après, l’on peut considérer qu’une paix relative est assurée dans le pays », affirme-t-il. Toutefois, il invite les Tchadiens à demeurer vigilants pour l’aboutissement de ce processus et la consolidation de la paix. « C’est un acquis évident et nous nous y consacrerons », promet SK.
Depuis le 23 juillet 2021 le marché Central de N’Djamena, capitale tchadienne, n’est plus alimenté en électricité. Les couloirs du marché sont sombres, les commerçants sont en colère. 72 heures de préavis de fermeture des boutiques sont lancées à l’endroit de la Mairie centrale et la Société nationale d’électricité (SNE). La SNE promet de donner deux semaines d’électricité. Reportage.
28 juillet. 12 heures. C’est sous une fine pluie que nous nous rendus au marché Central surnommé Soukh Khabir, grand marché. Nous rencontrons des commerçants fâchés suite au délestage de la Société nationale d’électricité SNE. Selon une source de la SNE, le courant devrait être rétabli pour deux semaines au grand marché, ce 28 juillet. Adoum Boukar est commerçant et vendeur des appareils électroniques. Il estime que c’est une insulte à l’égard des commerçants. « Je trouve que deux semaines d’électricité promises par la SNE est peu. Nous n’avons pas d’arriérés et ils vont nous donner seulement la lumière pour deux semaines, c’est une farce », dit-il. Selon lui, chaque fin du mois les boutiques collectent l’argent pour la facture de la SNE. Il rajoute que tous les commerçants étaient étonnés lorsqu’ils ont appris que la SNE a coupé l’électricité du marché pour non-paiement. « C’est étonnant lorsqu’on apprend que le grand marché a des arriérés qui sont montés à 245 millions de francs CFA. Or, les délégués viennent de payer 4 millions pour la facture du mois écoulé ».
M. Adoum Boukar, note que leur préoccupation actuellement, c’est le rétablissement de l’électricité. Les arriérés engagent ceux qui les ont entretenus. D’après lui, les conséquences sont un manque à gagner. « Les vendeurs produits périssables sont pénalisés. Ils ont perdu tous leurs produits. Qui va les dédommager ? Actuellement, ils achètent de la glace pour conserver leurs marchandises », affirme-t-il. Mahamat Tahir, un autre commerçant est inquiet. « Sans l’électricité, c’est vraiment piteux. Voyez comment c’est obscur. Ce n’est pas intéressant. Nous n’arrivons même pas à vendre nos articles. C’est l’obscurité à l’intérieur de nos boutiques. En toute sincérité, nous ne sommes pas motivés à faire le marché », lance-t-il.
Un autre commerçant qui requiert l’anonymat est exaspéré qu’un grand marché soit plongé dans l’obscurité, « ce marché est le marché central. Regardez dans quel état les commerçants se trouvent. La nuit par exemple, si un étranger arrive et qu’on lui dit que c’est un marché central, que dira-t-il ? Je crois qu’on ne fait pas seulement du mal aux commerçants, mais à l’image du pays », affirme-t-il. D’après lui, si rien n’est fait comme ils l’ont promis, ils vont fermer leurs boutiques. « Je vous assure que nous n’avons pas d’arriérés de la SNE. J’ai tous les reçus et je peux même vous les montrer, la vérité est bonne à dire. Il y a des boutiques qui payent 10 000 f, d’autres 7500f, 5000f et 2500f. Ceux qui ont des réfrigérateurs ne payent pas moins de 25 000F », renchérit-il.
Pour découvrir la vérité, certains commerçants que nous avons rencontrés proposent, au ministère des Mines et de l’Énergie, d’instruire une enquête auprès de tous les commerçants du grand marché. Cette vérification leur permettrait de voir si les commerçants payent ou pas leur facture d’électricité.
Moyalbaye Nadjasna
Le ministère de la Sécurité publique autorise de nouveau le mouvement citoyen Wakit tamma à manifester dans les rues de la capitale, N’Djamena.
La marche contre la confiscation du pouvoir par le Conseil militaire de transition (CMT) prévue par le mouvement citoyen Wakit tamma aura lieu. Dans un communiqué publié ce 28 juillet, le ministère de la Sécurité a autorisé les membres de ce mouvement à marcher pacifiquement le jeudi 29 juillet.
Cette marche a été prévue pour le 14 juillet. Mais le ministère de la Sécurité a modifié la date et les itinéraires. Ce qui a mécontenté les leaders du mouvement citoyen qui ont fini par ajourner la marche.
Pour la marche de ce jeudi, les itinéraires proposés par la coordination de Wakit tamma sont rejetés par le ministère de la Sécurité. C’est sur l’unique itinéraire, rond-point Hamama-palais du 15 janvier, que la marche est autorisée.
Réunis en urgence, les leaders de Wakit tamma ont accepté de respecter l’esprit du communiqué. « C’est pour montrer notre bonne foi », a avancé Me Max Loalngar, coordinateur du mouvement.
La coordination du mouvement citoyen entend, au cours de cette manifestation pacifique, dénoncer « la politique de la confiscation du pouvoir du CMT et exiger la révision de la Charte de transition et l’organisation d’une conférence nationale souveraine, inclusive et globale. »
C’est la deuxième marche autorisée du mouvement citoyen sous l’ère du CMT. La première, non autorisée, a été réprimée dans le sang le 27 avril.
Christian Allahadjim







