Sur l’étendue du territoire du Tchad, 106 988 candidats dont 36940 filles entament ce 21 juillet 2021, les épreuves écrites du Brevet d’Enseignement Fondamental (BEF). N’Djamena, la capitale tchadienne elle seule compte 34 000 candidats. Ialtchad Presse s’était rendu dans deux établissements de la ville. Reportage.
Ce matin, dès 7 heures du matin, les candidats au Brevet d’Enseignement Fondamental (BEF) pour la ville de N’Djamena ont répondu présents dans leur centre de composition respectif. Ils sont 34 000 Candidats répartis dans 72 centres d’examen avec au moins 3500 membres de jury.
12 heures et demie, nous arrivons au centre du lycée Felix Éboué. Ce centre regroupe trois collèges notamment les deux collèges du Lycée Éboué et celui de l’Assemblee Chrétienne. Dès notre arrivée nous rencontrons les élèves qui viennent de finir les épreuves de la rédaction et de la mathématique. Un petit temps leur permet de souffler avant d’entamer la dernière épreuve, le civisme. Juste à notre côté se trouve un garçon et une fille, tous candidats des collèges du Lycée Éboué. Pour le garçon, « les épreuves sont abordables, je suis sûr que je m’en sortirai par la grâce de Dieu », confie-t-il. Pour la jeune fille, « l’épreuve de la rédaction parlait des élections qu’il fallait expliquer. C’est une surprise pour moi, mais je me suis bien débrouillée. J’ai confiance, je suis tranquille », dit-elle.
Nous marchons vers la direction, à l’entrée du bâtiment une infirmière est en poste avec des médicaments pour prévenir toute éventuelle crise. Tout semble organisé ici. Dans un bureau Mme Seid Farah Madjé, présidente du centre CEG lycée Felix Éboué est assise. Pour elle, il n’y a rien de grave, les premières épreuves étaient la rédaction et les mathématiques. Elle rajoute que, pour cette première journée, la dernière épreuve est le civisme. « Nous avons 499 candidats. Nous faisons un travail simultané, une équipe de correction est bien en place. Au fur et à mesure qu’une épreuve finie, les copies sont déposées pour la correction », dit-elle.
Au Collège du lycée Sacré-Cœur, c’est un centre d’examen. Nous avons en face de nous Allarangué Abel, il est le vice-président du centre. Selon lui, tout se passe bien, tout le monde est venu très trop notamment les candidats tout comme les surveillants. Il affirme aussi que toutes les conditions sont réunies, même les épreuves sont arrivées à temps. Nous avons 270 candidats, nous sommes un centre principal, au collège Évangélique il y a un centre secondaire avec 183 candidats. Leurs copies vont être convoyées vers nous. Actuellement la correction des deux premières épreuves est en marche. Le collège du Sacré-Cœur compte 183 filles.
« Cet effectif élevé des filles montre aujourd’hui, les filles sont aux études et c’est vraiment à encourager. Nous demandons aux parents d’encourager davantage leurs filles à étudier, car elles sont capables et peuvent bien réussir comme les garçons », souligne monsieur Allarangué Abel.
Nous avons rattrapé Elvira Ratomte, candidate au collège du Sacré-Cœur avant qu’elle n’entre en salle pour la dernière épreuve pour la journée. « J’ai bien entamé la journée. Vous savez, l’examen quand on le prépare on ne se fait pas de soucis. Je n’ai pas de raisons de m’inquiéter, ça ira », déclare-t-elle d’un air rassurant.
Pour l’ensemble du territoire national, une source du ministère de l’Éducation nationale et de la promotion civique note, 106 988 dont 36940 filles. Les épreuves écrites vont durer 3 jours pour les francophones et 4 jours pour les arabophones.
Moyalbaye Nadjasna
Pour réclamer leur pension de 3 trimestres, les retraités ont manifesté pour exprimer leur ras-le-bol. C'est ce 21juillet au siège de la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT). Reportage.
Les retraités du Tchad, section de N’Djamena, ont encore fait parler d’eux. Dans la matinée de ce mercredi 21 juillet, ils ont manifesté devant le siège de la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) au quartier Dembé dans le 6e arrondissement.
Il était 10 heures. En face du siège de la CNRT, la circulation est bloquée. Des retraités en petits groupes se sont installés sur des chaises en plein milieu de la chaussée. « Nous ne réclamons que nos droits », récite en solo un retraité âgé. « Il faut qu’on nous paie seulement », chante un autre.
Selon le président du comité de crise, Blagué Jean, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la promesse du directeur de la CNRT d’enclencher la paie dès ce mercredi 21 juillet. « Il nous a promis de nous payer aujourd’hui et quand nous nous sommes présentés, il n’y a rien », rapporte-t-il, avec véhémence. D’après lui, ça fait 3 trimestres que les retraités n’ont rien perçu. « Nous demandons à la France de nous trouver la solution avec le pouvoir qu’il a nommé au Tchad », supplie Blagué Jean.
Assis ou debout, des retraités crient de partout. Et Blagué Jean, comme un directeur de la chorale, les harangue. « Nous allons mourir pour notre argent », « c’est mieux de se faire tuer que de mourir de faim », scandent-ils. La circulation est aussitôt déviée. Les éléments de la Police antiémeute interviennent. Débute la négociation. En vain. La Police tente de dégager les occupants du lieu, mais elle est confrontée à une résistance. Les gaz lacrymogènes pleuvent. Et c’est le sauve-qui-peut. La situation est rétablie. La circulation reprend.
Parmi les victimes de l’intervention policière, un élève de la classe de 3e. Il rentrait après le premier jour de composition du BEF. Il a reçu une grenade lacrymogène en plein œil. Il est évacué à l’hôpital par le président du comité de crise, Blagué Jean.
Dispersés, mais pas anéantis, disent-ils. Ils promettent de revenir pour fermer les locaux de la CNRT dans les jours avenirs si rien de concret n’est fait.
Koumassen Juste
Les habitants du carré 48 du quartier Ngonba situé dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena n’attendent plus les autorités communales. Ils décident eux-mêmes de s’organiser pour aménager leurs routes. Pour désenclaver leur quartier pendant cette période des pluies, ils cotisent de l’argent pour acheter des Benz de remblais et louer la niveleuse pour aménager une autre route pour éviter de traverser l’ancien cimetière en roulant sur les tombes. Reportage.
En saison de pluies, beaucoup de quartiers de la ville de N’Djamena s’organisent pour lutter contre les inondations. C’est le cas des habitants du carré 48 du quartier Ngonba, l’un des carrés le plus enclavé de la commune du 9e arrondissement. Pour éviter de traverser l’ancien cimetière, ils décident de cotiser de l’argent pour aménager une autre route qui leur permet de contourner le cimetière et de désenclaver le quartier. Pour l’initiateur du projet de désenclavement du carré 48 du quartier Ngonba, M. Agouzoum Dar Noel, il ne faut pas attendre tout de l’État, il faut s’organiser pour désenclaver le carré. « Nous avons beaucoup de difficultés pendant la saison pluvieuse pour sortir. Notre quartier et surtout notre carré sont enclavé pendant la saison des pluies », explique M. Agouzoum.
Ce jeune ingénieur qui est l’auteur du projet de désenclavement a loué un gradeur d’une somme de 250.000 F FCA pour aménager la route qui permet d’accéder à l’axe principal sans traverser l’ancien cimetière chrétien de Ngonba. « J’ai demandé aux voisins qu’on peut s’organiser nous-mêmes pour aménager une voie de sortie, mais ils n’ont pas cru à ma proposition. J’ai donc moi-même loué un gradeur et quand le gradeur se mettait à niveler la route, tout le carré s’est mis à cotiser », précise-t-il. Ce dernier se dit ému de l’engagement des habitants du carré 48 qui ont accepté unanimement de cotiser une somme de plus de 200.000F CFA pour acheter de remblais. Le jeune topographe estime que l’engagement des habitants du carré 48 du quartier Ngonba va servir de déclencheur aux autres quartiers de la commune de N’Djamena. Abondant dans le même sens, Gaksou Issakar, jeune du carré qui a participé au nivellement de la voie de désenclavement, souligne durant cette saison de pluie, leur carré va être soulagé. Selon lui, si les autorités communales leur donnent quelques Benz de remblais, la rue sera bien aménagée et les camions Benz ne vont plus traverser l’ancien cimetière.
Toutefois, M. Agouzoum Dar Noel lance un appel aux autorités de la commune du 9e arrondissement, de les doter des Benz de remblais pour bien aménager cette rue. Selon lui, les jeunes du quartier sont déterminés à aménager cette unique voie mais il leur faut de remblais. Concernant les camions Benz qui traversent l’ancien cimetière chrétien de Ngonba, il affirme que ce n’est pas normal que les camions roulent sur les tombes, et qu’il serait judicieux de respecter les morts, avant d’ajouter « les gens respectent les morts, mais ce qui se passe dans son quartier est inadmissible ».
Cette rue aménagée par les habitants du carré 48 a permis aux camions Benz qui transportent du sable et de remblais, de ne pas traverser l’ancien cimetière de Ngonba. Mais quand on demande à ces derniers de contribuer avec des voyages de remblais pour bien aménager cette voie, ils refusent de mettre la main dans… le remblais.
Jules Doukoundjé
La saison de pluie tarde à s’installer dans la capitale tchadienne, N’Djamena et ses environs. À Toukra, dans le 9e arrondissement, les paysans sont désespérés. Reportage.
Mercredi 21 juillet 2021. Il est 11 heures passées. Et le mois de juillet tend vers sa fin sans qu’une grosse pluie tombe sur N’Djamena et ses environs. Ce qui inquiète les cultivateurs.
Sur les espaces rizicoles de Toukra, un quartier de la commune du 9e arrondissement de N’Djamena, le sol est bien sec. Normalement, en cette période, la nature devrait être verdoyante. C’est tout le contraire ; aucune herbe n’a poussé. Conséquence d’une absence de pluie abondante. Malgré cela, certains cultivateurs s’activent. Le cas de Matchanga Hervé. Élève en terminale, il laboure du riz depuis trois saisons. Avec son cousin, ils préparent le champ en espérant la tombée éventuelle de la pluie. D’après lui, cette année, la pluie traîne. « On est vraiment en retard cette année. D’habitude en mai et juin, on prépare le champ. Et dès juillet, on commence avec le repiquage », fait-il savoir. Mais force est de constater que la plupart des cultivateurs sont encore à la première phase, la préparation du champ. « Ceux qui ont des moyens utilisent des motopompes pour irriguer leurs champs », dit Matchanga Hervé.
Sur les zones rizicoles près du fleuve, la culture contre saison est au rendez-vous. Grâce à des motopompes, l’eau est drainée pour alimenter les champs. Avocksouma André arrose ses pépinières. Il déplore le retard que connaît la saison pluvieuse de cette campagne agricole. « Logiquement en cette période, on devrait repiquer avec les eaux de pluie. Mais là on le fait avec l’eau du fleuve. Aussi ça devrait être la période de sarclage. Mais on est là encore avec le repiquage », fait-il la remarque. Dans leur secteur, il y a un groupement qui est mis sur pied. Mais le problème que relève Avocksouma André est le nombre des motopompes que compte le groupement. « Il n’y a qu’une motopompe pour 100 carrés. Et le programme n’est jamais respecté. Cela pose tous les jours des problèmes ».
Ibrahim Nangasou et ses copains sont en pleine opération de repiquage. Ils donnent un coup de main à un membre de leur chorale. Dans une ambiance bon enfant, ils piétinent la boue çà et là. Ils plongent les mains sous les eaux retenues par une petite digue pour repiquer les pépinières. Soudain, un serpent. Il est rapidement mis hors état de nuire. « C’est ça aussi les risques que nous courons », lâche Ibrahim.
« Il nous faut de la pluie sinon la récolte de cette année ne sera pas comme celle de l’année passée », soutient Matchanga. Il s’inquiète que la famine ne sévisse cette année. Toutefois, rassure le jeune agriculteur, « si en août la pluie tombe régulièrement, il n’y aura pas de problème. »
Le riz est le céréale la plus cultivée dans cette zone. Il joue un rôle non négligeable dans l’alimentation et le revenu des milliers des Tchadiens. « Grâce à la culture du riz, je paie ma scolarité. Beaucoup de familles s’en sortent grâce au riz. Sans cette culture, la vie nous sera difficile », dit Lassou Grégoire, un élève de la Seconde au Lycée de Malo, localité qui jouxte le quartier Toukra.
Christian Allahadjim
Après une Assemblée Générale (AG) tenue ce 21 juillet, au sein d’Exxon Mobil, le personnel d’Esso Tchad décide de lever leur mot d’ordre de grève pour reprendre le travail demain 22 juillet afin de poursuivre avec les négociations. Ialtchad presse revient sur la rencontre avec le Premier ministre de transition.
Fin temporaire de la grève des employés d’Esso Tchad enclenchée depuis le 25 juin. Ce mercredi 21 juillet, l’assemblée générale tenue par les employés a accepté la proposition faite par la direction d’Esso Tchad lors de la rencontre avec le Premier ministre de transition le 19 juillet. D’après la porte-parole du personnel d’Esso Tchad, Dahassael Dekoudou, il a été proposé la suspension de la grève avant toute négociation. « C’est ce que le personnel a accepté lors de l’AG », déclare-t-elle. Le travail reprend dès le 22 juillet pour les grévistes. Et ce, jusqu’à nouvelle décision de l’AG.
La rencontre avec les membres du gouvernement
C’est une deuxième rencontre entre le Premier ministre de transition, Pahimi Padacké Albert. Cette fois-ci c’était en présence de la présidente directrice générale d’Esso Tchad, des délégués du personnel d’Esso Tchad que la réunion a eu lieu ce 19 juillet, à la primature.
Selon la porte-parole de la délégation d’Esso Tchad, Dahasseal Dekoudou, la rencontre du 19 juillet a lieu en présence du Premier ministre de transition (PMT), du ministre de la Fonction publique, celui du pétrole, des conseillers à la présidence de la République et des délégués du personnel d’Esso Tchad. D’après elle, le motif de cette rencontre était que le PMT voulait savoir où se trouve le blocus puisque c’est depuis le 25 juin que les employés d’Exxon Mobil sont en grève suite un certain nombre de revendications relatives à la vente des actifs d’Esso Tchad à une autre compagnie. « On a fait comprendre au PMT que le blocus n’est pas du côté des employés parce que nous avons eu une première rencontre avec le Premier ministre de transition le 28 juin 2021. Et depuis cette rencontre nous n’avons pas rencontré la direction générale en face pour commencer avec les négociations », raconte Dahasseal Dekoudou. Pour elle, le Premier ministre a compris que le passé reste passé et qu’il faudra s’asseoir pour négocier. Malheureusement, la négociation était conditionnée par la reprise du travail, déplore-t-il. « On n’arrive pas à comprendre pourquoi la direction générale d’Esso Tchad ne veut pas négocier avec les employés pendant la période de grève alors que notre code de travail stipule que pendant la période de grève, les négociations doivent fonctionner », dit-elle.
La porte-parole de la délégation d’Esso Tchad affirme que le syndicat dit repartir vers la base pour leur demander de reprendre avec le travail, le temps d’attendre les propositions de la direction générale d’Esso Tchad. « La présidente directrice générale nous a fait comprendre qu’elle a montré sa bonne foi en remettant une enveloppe scellée au gouvernement, notamment au ministre de la Fonction publique et du dialogue social. Cette enveloppe paraît mystérieuse pour nous parce que cela fait un laps de temps pendant qu’elle était en congé qu’on entendait parler de cette enveloppe, mais personne ne nous a divulgué le contenu. Pourquoi tant de mystère autour de cette enveloppe ? », se demande-t-elle.
Dahasseal Dekoudou rajoute qu’ils leur ont clairement fait comprendre qu’ils vont repartir avec ce message vers la base pour discuter. C’est à la base de donner un mandat dans des conditions bien prescrites, bien décrites. « Nous allons avoir une Assemblée générale aujourd’hui, 21 juillet 2021, pour repartir au niveau du ministère du Pétrole pour faire le compte rendu. À la rencontre du 19 juillet, le contenu de l’enveloppe n’a toujours pas été dévoilé. On leur a clairement dit que notre compte épargne, c’est notre argent que nous avons cotisé chez eux, donc, si Esso Tchad veut plier bagage, il doit nous restituer cet argent », souligne-t-elle. Pour la porte-parole de la délégation d’Esso Tchad, la majorité des employés d’Esso Tchad a plus de 15 ans d’expérience. La compagnie s’est fait beaucoup de bénéfice en nationalisant les postes à 98% moins cher par rapport aux expatriés. « Au début, la direction générale d’Esso Tchad ne voulait pas négocier, mais la convocation a eu lieu grâce au PMT. Il s’est saisi du dossier. Pour l’heure, la grève n’est encore levée. C’est l’AG d’aujourd’hui 21 juillet qui déterminera si la grève sera suspendue ou pas », conclut Dahasseal Dekoudou.
Allarassem Djimrangar
Les fidèles musulmans du monde et en particulier, ceux du Tchad, ont commémoré hier, mardi 20 juillet la fête de Tabaski ou Aïd el-Kébir qui veut dire grande fête de sacrifice. Ce grand moment fait partie des piliers de l’Islam, le Secrétaire Général (SG) du Conseil Supérieur des affaires islamiques (CSAI) du Tchad, Cheikh Abdaldayim Abdoulaye Ousmane explique ici le sens de la Tabaski.
Hier mardi 20 juillet, c’était la fête de la Tabaski ou le sacrifice d’Ibrahim (ou Abraham). Des centaines de millions des musulmans qui sont nantis ou peuvent le faire immolent qui un mouton, un chèvre, un bœuf et un chameau. C’est aussi la grande fête musulmane marquant la fin du hadj, pèlerinage à la Mecque. Pour le SG du CSAI du Tchad, M. Cheikh Abdaldayim Abdoulaye Ousmane, toute communauté religieuse a une fête. Et la communauté musulmane en a deux fêtes : la fête de ramadan (Eïd al adha) et la fête de Tabaski (Eïd el kebir). Le Cheikh souligne que c’est l’occasion d’exprimer sa joie et de remercier Allah le Tout Puissant pour ses biens faits. « La Tabaski est une tradition du prophète Abraham qui a vu dans le rêve qu’il doit sacrifier son fils Ismaël, c’est un ordre divin, il a honoré le rêve, mais Allah lui a envoyé l’ange Gabriel avec un mouton à la place de son fils », explique-t-il. Au sujet du sacrifice du mouton, le SG, précise que le sacrifice n’est pas obligatoire. C’est semi-obligatoire appelé en arabe sunna qui veut dire selon votre moyen, avant d’ajouter que si l’on n’a pas de moyens, on n’est pas obligé. « Beaucoup de musulmans disent que si on commence le sacrifice, on n’arrête pas. Ce n’est vrai. Vous pouvez faire de sacrifices pendant 20 ans et que cette année, vous n’avez pas de moyens, vous n’êtes pas obligé de le faire », dit-il. M. Abdaldayim note toutefois que les musulmans pauvres qui n’ont pas de moyens ne sont pas obligés.
Sur la question de la taille de l’animal qu’il faut immoler, le Cheikh souligne que c’est selon les bêtes. « Pour le mouton, il faut qu’il atteigne une année. Pour la chèvre, il faut une année et plus. Pour le bœuf, il faut 4 années et pour le chameau, c’est 6 ans », précise-t-il. À propos du comportement des fidèles musulmans pendant la fête, il affirme que les fidèles musulmans doivent exprimer leur joie tout en étant solidaires avec les pauvres qui n’ont pas les moyens d’être dans la joie comme eux. Il lance un appel à ceux qui sont nantis d’aider les pauvres. Il recommande aux jeunes qui profitent de cette occasion d’aller dans les bars, de ne pas le faire, avant de souligner que c’est des lieux souillés. « C’est un jour de pardon et de partage. C’est à cette occasion qu’on demande pardon à son voisin ou à son frère. C’est aussi un moment de prière et d’adoration », affirme Cheikh Abdaldayim Abdoulaye Ousmane. Pour le rite de la fête, il ajoute qu’il n’y a pas de rite, il faut juste respecter ce qui est écrit. Selon lui, le jour de la fête, il faut aller à la prière du matin avant de venir immoler son animal. Il ajoute que, celui qui immole son animal avant la prière, ce n’est pas considéré comme un sacrifice.
Cette fête religieuse tire son origine du sacrifice d’un mouton que Abraham a fait sur un autel à Allah, en remplacement de son fils Isaac. D’où l’appellation « fête du sacrifice », communément appelé « fête du mouton ».
Jules Doukoundjé
Le samedi 10 juillet dernier, les habitants du quartier Amtoukouin Roma dans le 8e arrondissement ont crié seuls leur désarroi. En quelques heures leurs maisons sont réduites en poussière par le Poquelin, l’engin bélier de la mairie de la ville de N’Djamena. Une opération baptisée « harmattan » sous la sécurité d’une force mixte. Reportage.
L’opération de déguerpissement du quartier Roma, une partie du quartier Amtoukouin dans le 8e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena, se poursuit. Baptisée « harmattan », le vent chaud à soufflé très fort ce mercredi 14 juillet et a emporté tout sur son passage. Jusqu’à 13h, les chenilles appelées Poquelin, maîtres du terrain roulaient dans le creux de la vallée du bassin de rétention et remontent en surface pour casser les habitations riveraines. Les maisons cassées s’étalent à perte de vue. Les victimes, femmes, enfants, négocient l’ombre de quelques arbustes pour s’abriter. Sous leurs regards impuissants, leurs maisons sont réduites en poussière. L’ambiance est désolante, les visages sont tristes. Certains observaient les larmes aux visages les toits de leurs habitations enlever comme du papier à mâcher. D’autres louent les véhiculent pour ramasser quelques matériels nécessaires récupérés. D’autres encore, désemparés méditent leur sort, les mains sous le menton.
L’objectif de cette opération est de dénicher les brigands. Car ils constituaient, selon plusieurs responsables parlant sous le sceau de l’anonymat, un danger pour les paisibles citoyens. Selon toujours les mêmes sources, ce déguerpissement musclé visait, la plupart, des brigands qui poursuivis par la police y trouvent refuge et se feraient protéger par les résidents. L’ultime but de l’opération harmattan est de lutter contre la criminalité apparente, les vols à main armée et les braquages entre autres, dans la ville de N’Djamena. C’est ce que soutiennent hors microphone les responsables municipaux.
Moyalbaye Nadjasna
Donc l’insécurité dans le pays n’est plus une histoire de « il paraît que », « il semblerait que », ce n’est plus les « on-dit ». C’est la réalité. Un procureur dans l’exercice de ses fonctions est assassiné au Palais de Justice. Un directeur des renseignements généraux abat froidement son adjoint de 17 coups de balles. Un jeune homme est tué en plein jour sur l’avenue El Nimery, l’artère la plus fréquentée de la capitale, N’Djamena. L’insécurité tout le monde en parle. Tout le monde la voit partout. La période de transition qui piétine n’aide pas. À cela il faut rajouter les réseaux sociaux et ses autoproclamés activistes, journalistes qui abordent le sujet sans retenu, ni filtre. Ils voient des complots partout. Cette ambiance instaure un climat de peur. Presque de psychose. Question : que fait le Conseil militaire de transition (CMT)?
Il prend quelques mesures…
Un, intensifier l’opération de désarmement partout au Tchad.
Deux, le président du CMT Mahamat Kaka tiendra une réunion mensuelle et une autre hebdomadaire.
Trois, interdire la délivrance abusive du permis de port d’armes.
Quatre, redonner à la Justice son pouvoir et sa noblesse.
Cinq, lever les barrières anarchiques qui entravent la circulation interne.
Six, garantir l’autorité de l’État en appliquant la loi.
Sept, les responsables militaires doivent changer de région tous les 3 ans
Etc.
Ces mesures a priori pas mauvaises sont du déjà-vu. Du déjà vécu. Et qui ne semblent pas avoir jugulé l’insécurité. Le sentiment d’impunité voulu ou pas. Entretenu ou pas.
Il faudra que le CMT, dans cette période de transition, s’occupe de cette question avec plus de vigueur. Plus de sérieux. Et surtout avec une méthode bien définie. Il ne suffit pas d’aligner des mesures pour que celles-ci s’appliquent. Il faudra aussi que les autorités expliquent comment elles entendent le faire. Écrire une litanie de bonnes intentions comme : « redonner à la Justice ses lettres de noblesse en combattant la corruption et en assurant l’exécution des décisions judiciaires », est une bonne chose. Il faut maintenant dire comment y arriver. Déjà, les Tchadiens se rappellent de la première sortie du ministre de la Justice Mahamat Ahmat Alhabbo lors de la passation de service.
Une déclaration à hauteur du ministre et de l’ampleur de sa mission. Cette sortie appréciée par presque tous ses compatriotes a été mal accueillie par le gouvernement et le président de la Transition. Et pourtant dans cette déclaration il n’y avait que la vérité, rien que la vérité. Bref, les Tchadiens ont le sentiment que le CMT à deux bouches. Une pour bien parlé. Une autre pour souffler en haut lieu et dans les institutions de trainer les pieds, d’attendre un peu pour mieux voir. Alors que le temps file. Et l’insécurité galope.
Enfin, il est temps d’agir par des mesures concrètes pour trouver une solution à l’insécurité afin de rassurer les Tchadiens. Comment faire? Quels actes faudrait-il poser?
D’abord, laisser la Justice faire son travail. La justice, depuis 1990, n’a jamais joué son rôle d’équilibre. Elle n’a jamais fonctionné. Pis dégager tous les militaires de la gestion de l’administration publique. Et remettre à leur place des vrais administrateurs du service public. Ensuite, laisser la société civile faire son travail de groupe de pression. Elle est la chienne de garde de la démocratie. Elle est aussi la soupape où s’exprime toutes les frustrations, toutes les colères.
Il est vrai qu’en cette période de transition, le CMT et le gouvernement doivent s’occuper presque exclusivement du bon déroulement de la transition. Seulement, la sécurité est une condition vitale à la réussite de cette transition. Et pour la réussir, il faudra revenir au fondamental : la Justice, la Justice et la Justice.
Bello Bakary Mana







