Donc « Ab Chanapp » (le moustachu) Mahamat Saleh Haroun (MSH) nous surprend, encore une fois. Il surprend toujours notre compatriote avec ses films qui parlent toujours de nous. Et qui parle souvent des petits bonheurs des petites gens. Et de nos grands travers. Bref, de nos misères à tous. Pauvres comme riches. Son dernier film « Lingui, les liens sacrés » est en compétition au grand Festival de Cannes pour la Palme d’or. Il semble que c’est un film qui prend par les tripes. Il nous renvoie à la face les hypocrisies de notre patriarcat. Un système essoufflé, bousculé par les temps modernes, mais qui s’accroche vaille que vaille sur des niaiseries surannées pour exister.
D’abord, « Lingui » ce troisième long métrage est une fierté pour le pays. Déjà le titre « Lingui » est évocateur. Un mot typiquement tchadien. Fièrement N’Djamenois. Il est parfaitement bien traduit en français par « Liens sacrés ». Oui « lingui » c’est sacré. Ce sont tous ces gestes du quotidien qui lient les Tchadiens les uns aux autres, qui les unissent malgré, comme disent certains, la malédiction ou le bonheur d’être Tchadien. C’est selon les jours, les heurs et les circonstances. MSH aime trop ce pays. Presque tous ces films se déroulent au Tchad. Question : quel message MSH envoie-t-il aux Tchadiens? Ialtchad tente des réponses, mais….
Que relate ce film? Il raconte une histoire dramatique rendue banale au Tchad. C’est le drame d’une mère de famille monoparentale Amina. Elle vit seule avec sa fille unique, Maria. Les deux femmes vivent quelque part dans une banlieue de la capitale, N’Djamena. Une ville qui signifie en arabe locale du pays (traduction libre) : lieu de repos, mais la vie n’a pas été de tout repos pour elles. La vie, pour elles et pour plusieurs femmes comme elles, est fragile, dure et amère. La maman Amina découvre que sa fille, Maria, adolescente est enceinte. Une grossesse que la future fille-mère n’en veut pas. Que faire? Avorté? Comment le faire dans une société où la religion condamne l’avortement? Où l’avortement est prohibé par la loi. Où le regard social, le « mauvais œil », les « mauvaises langues », comme on dit, rejettent ces adolescentes si elles accouchent ou si elles avortent. Une société qui les juges seules responsables du drame qui les assaille. Comme si donner vie ou refuser de porter seul le fardeau est une offense divine. Pire, un déshonneur aux hommes de la famille : les gardiens du patriarcat.
Ensuite, MSH, dans ce film semble-t-il nous envoie à la violence sexuelle voulue ou pas sur les femmes. Entretenu ou pas. Sciemment ou inconsciemment. Des vrais sujets de débats. MSH fait de ces sujets son combat. Et du cinéma une arme pour abattre ces interdits. Il est comme on dit, interdit t’interdire. Un laxisme sur le sujet de la violence sexuelle faites aux femmes ravage le pays. Oui c’est un énorme vrai problème au pays. Certains diront que la violence sexuelle n’est qu’une vue de l’esprit. Pire c’est la vision des « Tchadiens occidentalisés » qui veulent imposer aux autres « tchadiens, labélisés locaux locaux » les comportements et les attitudes venus d’ailleurs. Ils sont nombreux les adeptes de ces faux arguments. Eh bien non. Les violences faites aux femmes sont réelles. Il y a même plusieurs sortes de violences. Celles qui défraient les chroniques sont les violences sexuelles. L’actualité de ces derniers jours, mois et années nous le rappelle constamment : affaire Zouhoura, affaire des enfants des généraux qui kidnappent et violent une fille parce qu’ils la juge trop hautaine « achamanée » comme on dit. Ce film de MSH est une ode aux femmes de son pays. Entendre par là : au respect de la femme. Il faut que cela change. Le réalisateur par cette énième œuvre tente de souffler le vent du changement. Il a su bien le dire aux collègues de TV5 Monde, en toute modestie « je ne suis qu’un vent qui passe pour que la vie continue il faut aussi d’autres vents, des bourrasques ». Il faut donc que chacun de nous change, pour que la femme tchadienne, porteuse de vie, vive sa vie dans la bienveillance.
Enfin, ceux qui ont vu le film en projection presse disent que MSH a tenté de parler à travers ce film de l’horizon d’un possible changement. Échappe-t-on à son destin? Non. Lui MSH échappera-t-il au sien? Non. Il lui reste une chose à faire. Son pays traverse un moment des grandes incertitudes. MSH a déjà goûté à la politique pratiquée par des « politiciens » sans conviction. Il a démissionné pour repartir à ses caméras, à son « dada », le cinéma. Il est temps pour ce N’Djamenois de revenir mener un autre combat. De mettre sa notoriété au service des siens. De libérer son pays des obscures ambitions politiques des uns contre les autres. De revenir simplement faire de la politique active. Pas comme un messie, ni un prophète, mais comme fils ordinaire aimant son pays. Beaucoup des Tchadiens lui sauront gré. Lui qui les a toujours mis à l’honneur pour qu’enfin la bourrasque du changement bouleverse ce pays pour le meilleur.
La palme d’or sera décernée le samedi 17, Lingui, les liens sacrés est en lice pour le titre. Bonne chance à notre compatriote.
Bello Bakary Mana
Suite de notre série sur la ville de Sarh. Le lycée d’Enseignement de technique industrielle de Sarh (L.E.T.I. S) a pratiquement fini son programme scolaire. Les enseignants sont dans les révisions des matières avec leurs élèves. Enseignants, chef d’établissement et élèves se disent tous prêts pour affronter les examens de fin d’année. Reportage.
Face au terrain Roi, non loin du centre culturel Don Bosco, se dresse le bâtiment du réputé lycée d’Enseignement de technique industrielle de Sarh (L.E.T.IN. S). Il fait dos à l’autre grand lycée Ahmed Mangué, l’autre grand lycée. Créé vers 1944, en tant que Collège d’Enseignement technique (CET), plusieurs reformes l’ont fait aboutir en actuel L.E.T.IN. S.
Il était 11heures, heure locale lorsque nous franchissons la cour de cet établissement de formation technique et professionnelle. Élèves et enseignants tiennent le même langage et tous disent être prêts pour le baccalauréat. Allarabeye Ngon-Assingar est élève en terminale BT électrotechnique. Selon lui, les examens se préparent dès la classe de seconde. « C’est depuis deux ans déjà que je commençais à préparer le baccalauréat. Maintenant, je suis en terminale et je ne suis pas paniqué. Malgré les difficultés dues à la covid-19, nos enseignants sont mobilisés pour nous encadrer. Nous avons fini avec le programme ici au LTI de Sarh. Nous sommes dans les révisions », déclare-t-il.
Une autre élève, une fille, elle requiert l’anonymat. « Je suis prête pour affronter le baccalauréat. Les enseignants ont fait de leur possible, maintenant la balle est dans notre camp. Comme vous nous voyez, nous sommes en petits groupes sous l’ombre des caïcédrat pour discuter sur certains points de nos leçons », confie-t-elle.
Selon le proviseur, M. Djingambaye Nadjingar, dans le Moyen Chari en général, les cours ont démarré en octobre et la seule perturbation c’était la grève de la plateforme durant 2 semaines. D’après lui, le premier calandrer des examens fixés par les autorités au mois d’août allait rallonger les choses. Avec ce calendrier des examens réaménagé, dit-il, les étudiants vont aborder les épreuves dans de bonnes conditions. Il rajoute qu’ils vont continuer à préparer les enfants jusqu’à une semaine des examens. « Il n’y a pas de souci majeur. On est à 90 % du programme réalisé. Tout prendra fin d’ici la fin du mois de juin. Je conseille à tous les élèves de se concentrer et se mettre résolument au travail. Qu’ils révisent leurs leçons avec beaucoup de discernement et de sagesse. Un tel état d’esprit leur permettra d’être prêt le jour ‘J’ », note le proviseur. Il précise en outre que c’est un moment aussi d’auto-évaluation.
La spécificité du Lycée industriel
Pour M. Djingambaye Nadjingar, la particularité du LTI s’explique par le fait qu’il s’agit d’un enseignement technique et professionnel. Les cours sont orientés vers les techniques, explique-t-il. Autre spécificité a relevé indique-t-il, la composition du baccalauréat des techniciens est plus longue et ça prend un peu du temps par rapport aux autres. « Ce qu’on déplore très souvent c’est que quand on aborde la filière BT, les matières d’œuvres ne viennent pas à temps pour qu’on puisse finir au délai indiquer. Et cela nous perturbe chaque année. Alors nous plaidons auprès des organisateurs pour revoir cette question et nous faire parvenir les matières d’œuvres à temps tout en lançant la première phase », plaide-t-il. D’après le proviseur, la composition des techniciens se fait en trois phases. « La phase matières professionnelles qui prendra au moins 3 jours, la phase des travaux pratiques qui prendra 5 à 1 semaine. Ensuite, c’est la proclamation des résultats d’admissibilité. Et enfin, vient la composition des matières générales qui clôturent les examens du BT. C’est cela qui fait que le BT prend du temps et est spécifique à l’enseignement technique», détaille-t-il.
Le Lycée d’Enseignement technique industriel de Sarh, compte la section Technique Industriel TI (série E) et la section Brevet de Technicien BT avec deux filières notamment la mécanique auto et l’électrotechnique. L’option construction métallique qu’on a été créée cette année, la première cuvée est encore en classe de seconde.
Moyalbaye Nadjasna

C’est la suite de notre série sur les maraichers, les pesticides, etc. Il n’y a pas de sot métier, l’essentiel est qu’il nourrisse son homme. Dieudonné Samba est un jardinier dans l’âme. Très connu dans cette activité de maraîchage sa renommée lui a valu le surnom de Gouverneur. Qui est cet homme ? Portrait.
Né à Fort Lamy (actuel N’Djamena, capitale tchadienne) en 1971, de son vrai nom Dieudonné Samba, il est plus connu dans son milieu sous le sobriquet de gouverneur. Teint bronzé, cheveux crépus, moustaches arrondies, Samba est un jardinier dans l’âme. Son titre de gouverneur marque son ancienneté dans le maraîchage. « J’ai une cinquantaine d’années ici et mon activité principale est le maraîchage », dit-il. Dieudonné Samba est l’aîné d’une fratrie de six enfants. Marié en 1994, Samba est père de 5 enfants. « Le papa est défunt et la maman est là sous ma responsabilité. J’ai commencé cette activité depuis 1985, j’aidais encore en ce temps mon père qui est lui aussi un grand jardinier. C’est vers les années 1990 que j’ai pris mon destin d’horticulteur en main jusqu'aujourd’hui », relate le gouverneur Samba.
Selon lui, au début c’était très rentable. Il n’y avait pas assez de produits maraîchers et il faisait de bonnes affaires. Mais maintenant, plusieurs personnes ont investi le secteur. L’écoulement des produits est très lourd, note-t-il. Sa grande expérience est un atout. Il est devenu quasiment un conseiller voir un consultant pour les jeunes jardiniers. Yagnda, un jeune jardinier grandi à l’ombre de Samba témoigne : « Samba est d’abord un grand frère. On est dans le jardinage depuis plusieurs années. Ce sont nos parents qui ont d’abord occupé la place au temps des colons. Nous avons appris à leur pied le travail de maraîchage. Samba est notre aîné et c’est lui qui nous guide dans certains travaux. Lorsqu’on est confronté à des difficultés, on vient vers lui pour recevoir des conseils. » Pour le gouverneur Samba, son secret c’est le savoir-faire. J’entretiens bien mes plants et cela attire les clients. « Ce travail que je fais, personne ne m’a aidé ou encouragé. Aucune ONG ni le gouvernement. À un moment donné, certaines gens sont venus nous demander de nous organiser, mais après ils ne sont plus revenus », affirme-t-il.
Le jardinier nous rapporte que ce travail nécessite beaucoup de patience et du courage. Au moment de chaleur, il arrose deux fois matin et soir. Samba, depuis un moment, confie ses produits à sa femme qui les amène au marché. À une époque dit-il, les hôteliers se ravitaillaient en légumes chez lui. Ce n’est plus le cas présentement, les légumes sont produits partout. « Je vais chercher à nouer peut-être de contacts avec les fournisseurs des hôtels de la place pour tenter ma chance pour la livraison de mes produits ». Il indique que dans sa vision future, il entend préparer ses enfants afin qu’ils comprennent que ce n’est pas seulement avec l’école qu’on gagne sa vie. « La terre est nourricière. Mes enfants vont à l’école, mais en même temps, ils doivent apprendre à travailler la terre ».
Nos ennemis sont des insectes…mais on s’en sort
Pour l’héritier jardinier, les difficultés qu’il rencontre sont liées aux insectes qui s’attaquent à ses plants. D’après lui, une espèce d’insectes résiste même aux pesticides. Je les pulvérise avec de landrine mais ils résistent. « Ils ne viennent pas à tout temps, mais par moment en janvier et février et c’est toute une perte. Lorsqu’ils arrivent, ils s’attaquent aux bourgeons des plants pour reprendre à zéro. Ils sont des insectes difficiles à identifier », explique-t-il. Il affirme que le problème d’eau ne se pose pas tellement. Selon lui dans le passé, il utilisait l’eau du puits creusé à une profondeur de plus de 10 mètres et c’est un peu pénible. Nous avons des fontaines actuellement et cela aide. « Je gagne beaucoup pendant le Ramadan. S’il y a un bon achat, je gagne de centaines de mille voire un million de FCFA. Mais cette année c’était difficile. Le peu d’argent gagné, il faut s’organiser pour assurer la ration et les imprévus », affirme Samba.
Yagnda, dit que le gouverneur est sans pareil, toujours souriant et courtois. « C’est un grand frère qui collabore avec tout le monde, il est tout pour moi », rajoute-t-il. Samba estime pour sa part qu’il n’y a rien dans cette vie. Les amis, c’est important. Il faut être sympa avec tous. Faire en sorte que chacun trouve une activité pour assurer ses besoins quotidiens, c’est mon objectif et mon principe de vie, dit Samba. Il informe que les racines de céleris soignent le problème de graisse, du goûte, le problème de rein (vessie urinaire). « Je traite mes plantes avec les pesticides appelés landrine. Mais pour fertiliser le sol, certains font usage d’engrais chimique, mais j’utilise plutôt les excréments des chèvres. Les pesticides coûtent chers ici à N’Djamena. J’achète un litre a 7500 et 10 000FCFA or à Kousserie, c’est seulement à 5000FCFA. Les semences avant coûtaient moins cher, mais maintenant c’est trop cher », mentionne-t-il.
Dieudonné Samba, dit le gouverneur, produit de céleris, des persilles, d’oseille et bien d’autres légumes. Il demande au gouvernement et aux ONGs d’entrer en contact avec eux pour les former sur l’utilisation des pesticides ou d’autres techniques de production.
Moyalbaye Nadjasna
La plateforme des diplômés en instance d’intégration reporte l’opération brûle diplôme prévue pour ce samedi.
« L’opération brûle diplôme » annoncée tambour battant par la plateforme des diplômés en instance d’intégration à la Fonction publique n’a pas eu lieu samedi 10 juillet. La Bourse de travail, lieu choisi pour le déroulement de cette opération, est bien désert en cette matinée. Pas un diplômé ne s’est présenté.
Contacté, Ndingadinan Thomas, un des leaders de la plateforme, annonce le report de cette opération. « C’est repoussé »,dit-il sans toutefois être précis sur la prochaine date. La cause du décalage : le lieu et la date. « La Bourse de travail n’est pas trop emblématique. Et aujourd’hui c’est un week-end, ça ne va pas avoir trop d’impact », avance Ndingadinan Thomas. D’après lui, il faut un lieu très symbolique et un jour ouvrable pour que l’opération soit retentissante. « Un lundi ou un jeudi dans une institution étatique, ça vaut le coup », détaille-t-il.
L’opération brûle diplôme consiste à brûler publiquement les diplômes des membres de la plateforme. Selon Ndingadinan Thomas, cette action est de nature à exprimer des années de frustration, de négligence de la part des autorités. « Nos gouvernants nous traitent de bandits, de voyous. Alors qu’on réclame juste notre insertion socioprofessionnelle », dit-il. Toujours selon lui, vaut mieux se débarrasser de son diplôme que de le garder et se faire traiter de délinquant. « C’est frustrant. C’est maintenant qu’on va faire le vrai banditisme », indique-t-il. Les diplômes sont le fruit de plusieurs années d’études, quelquefois dans des conditions dures. Ndigandina Thomas dit en avoir conscience. Mais il estime qu’il « ne sert à rien de garder un diplôme qui ne sert à rien. La déclaration du ministre de la Fonction publique d’hier vient nous réconforter dans notre position. Lorsqu’il dit qu’il y a saturation dans ce département, c’est que l’espoir est perdu », fait-il savoir.
Ce leader de la plateforme annonce qu’après l’opération brûle diplôme, d’autres grandes actions seront menées. « Cette fois conjointement avec le collectif des lauréats des écoles professionnelles ». Toutefois Ndingadinan Thierry soutient que la plateforme reste toujours ouverte au dialogue. « Si les autorités nous donnent des garanties avec des dates, nous sommes prêts à suspendre toutes actions ». La plateforme dit réclamer l’intégration de 13 000 diplômés sans emploi. C’est le restant de la promesse de 20 000 places faite par le défunt président Idriss Deby. Sur les 20 000 seulement 7 000 sont déjà intégrés.
Christian Allahadjim
Les chefs d’États des pays membres du G5 Sahel se sont réunis ce 9 juillet 2021, par visioconférence pour évaluer la situation sécuritaire au sahel. C’est aussi l’occasion de faire un suivi des recommandations du sommet qui a eu lieu le 15 février dernier ici à N’Djamena, capitale tchadienne et de désigner un nouveau secrétaire exécutif de ladite institution.
Les chefs d’Etats Mauritanien, Malien, Burkinabé, Nigérien et Tchadien tiennent ce vendredi leur 5e session extraordinaire avec le président français Emmanuel Macron en visioconférence. Cette session extraordinaire a pour thème « la stabilité régionale ». Cette réunion a lieu sur l’invitation du Président du Conseil Militaire de la Transition Mahamat Idriss Deby. Le président a participé par visioconférence depuis l’Élysée à ses côtés le président nigérien Mohamed Bazoum.
Selon le communiqué, la situation sécuritaire dans la région inquiète par la recrudescence de l’activisme terroriste au sahel et des menaces pesant sur les pays de la sous-région. Les chefs d’État ont salué l’adoption de la résolution du conseil de sécurité des Nations Unies du 16 avril dernier, demandant à toutes les parties au conflit en Libye de veiller à l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020. Toutefois, ils ont relevé qu’une réunion du conseil de sécurité des Nations Unies sur les risques d’une dispersion dans les pays de la région des mercenaires présents en Libye qui s’est tenue le 27 avril dernier à la demande des membres africains du Conseil de Sécurité. Ces derniers ont décidé de renforcer la coopération avec les pays du golfe de Guinée en matière de lutte contre le terrorisme et de renforcement des capacités des forces de défenses et de sécurité pour contrecarrer l’expansion du terrorisme vers le sud.
Au sujet de l’adaptation du dispositif militaire français au sahel, les chefs d’État du G5 sahel ont pris note de la décision du président français de transformer le dispositif militaire français déployé au sahel s’inscrit dans le cadre des discussions conduites depuis le sommet de Pau en France, en janvier 2020 et poursuivi lors du sommet de N’Djamena en février dernier. Sur le suivi des engagements de N’Djamena, les chefs d’État ont souligné l’importance de poursuivre les efforts collectifs engagés dans le cadre de la coalition pour le sahel, conformément à la feuille de route adoptée le 19 mars dernier en matière de déploiement des services de l’État sur l’ensemble des territoires nationaux.
Pour la situation au Mali et au Tchad, ces derniers ont pris acte de la volonté du CMT de respecter ses engagements internationaux en matière de lutte contre le terrorisme et de son engagement à respecter la période de transition de 18 mois. A propos de la situation économique, les présidents du G5 sahel appellent leurs partenaires à soutenir la déclaration des chefs d’État du G5 sahel pour une restructuration de la dette des pays du G5 sahel. Dans le communiqué final de la 5e session extraordinaire de la conférence des chefs d’État du G5 sahel reçu à la rédaction du journal Ialtchad, les chefs d’État ont entériné la nomination de M. TIARE Yemdaogo Eric comme secrétaire exécutif du G5 sahel. Ils ont aussi adopté le principe de mandat unique et de rotation entre les pays pour le poste de Secrétaire exécutif.
Jules Doukoundjé
Le collectif des impactés de la boucle 90KV a bloqué les travaux de réparation qu’entreprend la Société Nationale d’Électricité (SNE) sur le site de Gassi. En cause, le non-paiement de leur dédommagement.
Ils sont une trentaine à se masser devant la centrale électrique de la Société nationale d’électricité (SNE) de Gassi dans le 7e arrondissement de la capitale, N’Djamena. Depuis hier, 8 juillet, ces impactés du projet de construction de la boucle 90KV (ligne électrique haute tension de Djermaya) ont bloqué les travaux qu’entreprend la SNE pour réparer une panne.
Ces travaux sont perçus comme une provocation par les expropriés qui ont décidé de faire un sit-in sur le site des travaux. « C’est une provocation. Pendant qu’on attend qu’on nous indemnise, la SNE vient encore creuser devant nos concessions. On a trouvé cela inadmissible », fulmine le coordinateur du collectif, Nanglengar Tita Bertin. Pour lui, l’État tarde à les dédommager, cela les oblige à continuer par habiter dans leurs habitations sous la haute tension. « Vous connaissez les effets de cette ligne. Nous courons de grands risques. Nous avons même enregistré quelques cas de décès liés à cette ligne », fait-il savoir.
Selon le coordinateur de ce collectif, les victimes réclament une seule chose : le versement de leur indemnité qui s’élève à plus d’un milliard de francs CFA. D’après sa déclaration, c’est depuis 2012, année de la construction de la ligne haute tension, qu’ils attendent d’être indemnisés. « Normalement l’État devait nous payer avant de construire, même si c’est pour cause d’utilité publique. Mais ça n’a pas été le cas », dit-il.
Toujours selon lui, le gouvernement a procédé au recensement de ceux dont leurs habitations se trouvent sur-le-champ de passage de cette haute tension dès la même année. « Depuis lors que des navettes. Rien n’est fait malgré les instructions du défunt président Idriss Deby Itno », souligne Nanglengar Tita Bertin.
Le dossier a refait surface sur le bureau du Premier ministre de transition le 30 juin 2021. Dans une requête, le collectif a expliqué au Premier ministre les démarches entreprises depuis lors pour entrer dans ses droits. Selon le document, le dossier se trouve bloqué par le refus du ministre des Finances de contresigner l’arrêté apprêté par son collègue de l’Énergie pour la mise en place d’un comité d’étude de leur dossier.
Ils sont au total 2 203 victimes réparties dans quatre arrondissements de N’Djamena. Il s’agit du 1er, 7e, 8e et 10e.
Christian Allahadjim
La direction générale de la Gendarmerie nationale a présenté le résultat des opérations qu’elle a menées durant le 1er semestre de l’année 2021. Un résultat satisfaisant, selon son directeur Djontan Marcel Hoinati. Reportage.
Klessoum, QG de la Direction générale de la Gendarmerie nationale du Tchad. La pluie fine de ce vendredi 9 juillet n’a pas empêché les éléments en tenue de se rendre à leur service. Dans la vaste cour, des hommes en treillis traînent çà et là. La cérémonie de présentation des présumés malfaiteurs appréhendés se prépare. Des engins récupérés sont rangés d’un côté, sur une bâche, des armes à feu et des armes blanches sont exposées. De l’autre côté, c’est la place de la cérémonie.
À l’étage, dans la salle de réunion, le directeur général de la Gendarmerie le Général Djontan Marcel Hoinati, fait face à la presse. Il présente le bilan des opérations menées sur l’ensemble du territoire au cours du 1er semestre de l’année. D’après le directeur, le bilan se présente comme suit : 230 présumés malfrats ont été appréhendés, 245 armes à feu et 231 armes blanches ont été saisies. Une grande quantité des produits psychotropes récupérés, 48 motos sans pièces justificatives saisies, 18 motos volées récupérées, trois véhicules volés, dont deux, appartenant à au ministère de la Justice sont retrouvés. Pour le directeur général de la Gendarmerie, c’est un résultat satisfaisant. Ce, grâce aux moyens que l’Etat a déployés. « Je remercie les plus hautes autorités pour les moyens mis à la disposition des éléments de la Gendarmerie pour l’accomplissement de notre mission », dit le Général Djontan Marcel Hoinati. Le patron de la Gendarmerie appelle la population à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre afin de démasquer les malfrats qui écument les quartiers et ôtent le sommeil aux paisibles citoyens.
À la fin de la cérémonie, 18 présumés malfrats parmi lesquels figure un militaire ont été présentés à la presse. Des motos, des armes à feu et armes blanches, un minibus et des produits psychotropes saisis ont également été exposés. Ces présumés fauteurs de troubles seront remis à la Justice pour répondre de leurs actes.
À la question de savoir si la Gendarmerie a souvent affaire à des récidivistes, le maître de cérémonie répond que c’est exact. « La Justice a ses règles. Quelquefois pour raisons de preuve ou de qualification, certains présumés malfaiteurs se retrouvent en liberté. D’autres sont condamnés, mais à la fin de leur peine, ils reprennent avec leurs activités de banditisme ».
Christian Allahadjim
La négociation entre la direction d’Esso Tchad, le personnel d’Esso et le gouvernement piétinent. Les employés décident de poursuivre leur grève. Une décision prise ce 8 juillet 2021, à la Bourse du travail par le comité de négociation du personnel d’Esso Tchad.
Paiement intégral des contributions épargnes retraites, paiement d’une prime de séparation, paiement du solde de tout compte, assurance maladie internationale, remboursement des soldes de crédits des employés, convention sanitaire pour les retraites d’EEPCI, sont entre autres les 6 points de revendications du comité de négociation du personnel d’Esso Tchad.
Selon le secrétaire général du Syndicat national du secteur pétrolier du Tchad (PETROSYNAT), Noubaïssem Christian, le comité de négociation du personnel d’Esso Tchad, a mené de démarches auprès des plus hautes autorités d’où une rencontre avec le ministre du Pétrole et celui de la fonction publique et du dialogue national avait eu lieu. À la sortie de cette rencontre, il n’y avait pas eu d’avancée. Selon lui, quand cette rencontre a eu lieu entre les deux ministres et les délégués du personnel d’Esso Tchad, l’objet était de demander aux représentants du personnel d’aller discuter avec leur base pour la levée de leur grève. « En réalité, il n’y avait pas eu de dialogue entre la direction d’Esso et ses employés. C’était une pression que le gouvernement avait faite sur le personnel d’Esso Tchad parce que quand il leur demande de lever la grève avant toute négociation, c’est de la pression qu’il a faite », explique Noubaïssem Christian.
D’après lui, la présidente directrice générale est allée en congé et elle a fait croire aux deux ministres qu’elle laissera la délégation de pouvoir à son adjoint, mais malheureusement, les délégués du personnel sont allés voir l’adjoint de la directrice et ce dernier, leur a fait comprendre qu’il n’est pas habilité à prendre une décision sur les points de revendication des personnels d’Esso Tchad. « Jusqu’à présent, la grève des personnels d’Esso Tchad continue. La présidente directrice générale est en congé. Il semblerait que son adjoint n’a que le pouvoir de faire fonctionner l’administration. Donc, depuis lors, les négociations sont bloquées », informe-t-il.
Le secrétaire général du syndicat soutient que cette affaire oppose la direction générale d’Esso à ses employés, le PETROSYNAT et le secrétaire général de l’Union pour les syndicats du Tchad (UST) ont eu à rencontrer le ministre du Pétrole, mais rien de concret n’a été débattu à part la levée de la grève des personnels d’Esso Tchad. « Comme le gouvernement a dit aux employés que s’ils lèvent la grève, il va demander à Esso Tchad de revenir à la table de négociation. Les employés d’Esso Tchad à leur tour ont demandé une garantie de la part du gouvernement. Mais ce dernier n’était pas à mesure de donner cette garantie. Les employés d’Esso disent que la grève a trop duré. Ils ne peuvent lever la levée sans aucune garantie », dit Noubaïssem Christian.
Il souligne que la grève est la dernière arme du travailleur. C’est ce que les employés d’Esso Tchad ont fait parce qu’ils ont essayé de négocier et la présidente directrice générale leur a fait savoir que leur revendication est illégitime. Selon le syndicaliste, le plan épargne énuméré dans les ponts de revendications des employés d’Esso est une convention qui a été signée entre Esso et ses employés. « Nous, au niveau du PETROSYNAT, nous demandons que la direction d’Esso Tchad s’assoie et dialogue avec ses employés afin de trouver une solution pour la reprise des activités », conclut le SG du PETROSYNAT.
Il faut noter que le torchon qui brûle entre Esso Tchad et ses employés depuis le 2 juin passé. Date à laquelle cette société par le biais de sa présidente directrice générale a annoncé la vente de ses actifs à une jeune société britannique Savannah Energy.
Allarassem Djimrangar







