jeudi 22 octobre 2026

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Depuis l’annonce de la vente des actifs de la société pétrolière Exxon Mobil à une jeune  société britannique dénommée Savannah Energy, le torchon brûle entre cette société et ses employés. D’un côté, les employés revendiquent leurs droits. L’autre camp dit que ces revendications sont illégitimes. Ialtchad presse s’est rapproché du secrétaire général du Syndicat national du secteur pétrolier du Tchad, (PETROSYNAT). Reportage. 

Restitution intégrale du plan épargne retraite, prime de séparation, régulation des droits sociaux, plan médical, remboursement des soldes de crédits des employés, convention sanitaire pour les retraites, constituent les nerfs de guerre entre employés et employeur de la société pétrolière Exxon Mobil.

Selon le secrétaire général du Syndicat national du secteur pétrolier du Tchad, (PETROSYNAT), Noubaïssem Christian, le conflit entre Exxon Mobil et ses employés est né suite à la déclaration de la présidente directrice générale d’Exxon Mobil. Elle voulait vendre les actifs de l’entreprise à une autre société pétrolière britannique Savannah Energy. Pour lui, les délégués du personnel d’Esso Tchad pendant la négociation en janvier et mars dernier ont évoqué ce problème de vente des actifs d’Exxon Mobil, mais la présidente directrice générale d’Esso a opposé un refus catégorique. Elle argumente que cette rumeur du rachat des actifs d’Exxon Mobil n’est pas du tout vrai et que la société pétrolière Exxon Mobil va rester au Tchad jusqu’en 2050. « Subitement, en mars dernier, ils ont signé la convention ce juin. Elle a annoncé que l’entreprise Esso Tchad allait vendre ses actifs. Donc, pour le personnel, cela veut dire qu’il y a du flou. Cette situation a créé une psychose, une opacité sur cette vente. C’est ce qui a mécontenté les employés d’Exxon Mobil à revendiquer leurs droits avant que cette entreprise ne soit rachetée », relate-t-il. D’après le SG du PETROSYNAT, les délégués ont dans un premier temps, rapporté au PETROSYNAT que c’est une information qui a été donnée par la présidente directrice générale d’Esso Tchad. Ils ont écrit dit-il, pour demander une rencontre avec la direction générale de la société pétrolière Exxon Mobil. « C’est ce qui a été fait. Ils ont eu des rencontres successives avec l’administration et c’est au cours de ces rencontres qu’ils ont eu à poser leurs revendications entre autres le paiement de leur épargne de retraite, le plan de retraite, le plan médical, etc. », explique Noubaïssem Christian. Le secrétaire général du PETROSYNAT rajoute que la présidente directrice générale Exxon Mobil de son côté, a refusé ces revendications en jugeant qu’elle qualifie d’illégitimes. Après le refus délibéré de la présidente directrice générale, les délégués ont saisi le ministre du Pétrole et celui de fonction publique par une correspondance, a-t-il informé. « Ils ont été reçus, mais rien de clair n’est sorti de ces rencontres. Les ministres leur ont rassuré que le gouvernement va suivre les négociations et jusqu’à présent, la direction d’Exxon Mobil est restée sur sa décision. C’est pourquoi les employés sont obligés d’entrer en grève. Même pas plus tard qu’hier, le Premier ministre de la Transition, Pahimi Padacké Albert leur a reçu, on attend les propositions ainsi le résultat », dit-il.

Exxon Mobil doit clarifier la situation des employés avant un éventuel départ…

Noubaïssem Christian souligne que la présidente directrice générale d’Exxon Mobil avait écrit au ministre de la Fonction publique pour demander son avis à une réquisition. La note de réquisition de la présidente directrice générale évoquant que le secteur pétrolier est très sensible, mais c’est d’abord le droit des travailleurs d’aller en grève, précise-t-il.

Pour lui, cette décision inopportune est une entorse aux textes de la République. Jusqu’à ce jour, les travailleurs sont restés dans leur position. Personne n’a repris le travail. « Je ne sais pas quel est le contrat qui lie Exxon Mobil à l’État et aux autres consortiums d’exploitation. En principe lorsqu’une entreprise vend ses actions à une autre, le code de travail exige qu’elle puisse transférer ses employés à la nouvelle entreprise qui prend les rênes de l’exercice », note-t-il. Cependant, déclare-t-il, le cas d’Exxon Mobil, « nous inquiète parce que c’est Esso qui avait signé avec ses employés. » 

Il indique que le PETROSYNAT craint que cette convention ne sera pas être respectée par la nouvelle entreprise puisque ce n’est pas elle qui l’a signée. « Nous voulons que la situation soit clarifiée avant que la société pétrolière Exxon Mobil ne quitte le pays », conclut-il.

Il faut noter que les employés de la société pétrolière Exxon Mobil sont entrés en grève le vendredi 25 juin 2021.

Allarassem Djimrangar

Les magistrats ont plus de trois heures discuté hier lundi, 28 juin sur des questions d’insécurité en milieux judiciaire, de confiscation de procédure et d’outrage aux magistrats. C’était dans une grande salle d’audience du palais de justice de N’Djamena pleine comme un œuf. Reportage.

Les justiciables peuvent attendre, il n’y a ni de procès ni d’auditions. Les portes de la justice tchadiennes étaient fermées. Les magistrats sont en grève illimitée. La décision est prise à l’issue d’une Assemblée générale qu’ils ont organisé ce 28 juin. Ils étaient très nombreux à répondre à cette rencontre décisive. Au-delà du choc ressenti suite à l’assassinat d’un de leurs collègues, il y a cinq jours à Oum-Hadjar, c’est aussi un temps des retrouvailles entre les hommes de robe noire.

Pour Moussa Wadé Djibrine, président du Syndicat des Magistrats du Tchad, cette assemblée générale a été organisée par deux syndicats des magistrats. Notamment le syndicat des magistrats du Tchad (SMT) et le syndicat autonome des magistrats du Tchad (SAMT). Selon lui, les magistrats ont discuté sur plusieurs points : l’insécurité qui règne en milieu judiciaire, la confiscation de procédure et l’outrage aux magistrats. « Vous savez, il y a quelques jours notre collègue, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance d’Oum-Hadjar a été froidement assassiné.  Suite à cet acte odieux, nous avons décidé d’abord un arrêt de travail de trois jours pour observer le deuil et dans le même communiqué, on avait prévu une AG », rappelle-t-il. D’après lui, les magistrats sont exposés à tous les dangers puisque les tribunaux ne sont pas sécurisés. Il rajoute que, les magistrats ont toujours dénoncé le fait de travailler dans l’insécurité. « Il faut que l’État intervienne et plus particulièrement le Président du CMT en sa qualité de président de conseil supérieur de la magistrature, intervienne personnellement pour régler ce problème du milieu judiciaire », renchérit-il. L’AG a décidé d’une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire à compter d’aujourd’hui, et ce, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Quant à Taoka Bruno, président du Syndicat autonome des Magistrats du Tchad(SAMT), l’insécurité frappe tous les magistrats. « Les deux syndicats doivent conjuguer leurs efforts. C’est le résultat de nos frustrations endurées pendant longtemps. Nous avons toujours dénoncé ça et cette fois, c’est exagérer et nous disons non pour qu’on soit entendu pour une fois pour toute», soutient-il.

« Confiscation de procédure judiciaire…, outrage aux magistrats… »

Sur le second point de l’ordre du jour, la confiscation de procédure judiciaire, Moussa Wadé Djibrine du SMT l’AG note l’examen de la question de la ministre de l’Urbanisme qui a confisqué une procédure au sein du service cadastral. « Le tribunal sur la base d’une décision a effectué une descente et la ministre est intervenue et elle a arraché le dossier de la procédure entre les mains du tribunal. Pour ce comportement, l’AG a demandé que la ministre soit poursuivie », dit-il. A ce sujet son collègue du SAMT Taoka Bruno, déclare, « c’est une résistance à la décision de la justice en obstruant qu’une procédure judiciaire soit suivie dans son département. Et nous avons estimé qu’à ce niveau, elle doit être poursuivie pour ce genre d’infractions. La ministre n’est pas au-dessus de la loi, il s’agit de l’exécution de la loi pénale. »

Le dernier point abordé concerne l’outrage d’un magistrat par les éléments de la police, souligne le président du SMT. « Un de nos collègues a été outragé par les éléments de la police et l’AG a décidé qu’ils soient arrêtés et poursuivis conformément à la loi », précise-t-il. Pour rendre justice, il faut avoir une tranquillité d’esprit, confie-t-il. D’après lui, Tant que le juge n’est pas sécurisé, il ne pourra pas rendre une décision. « Il faut sécuriser les tribunaux, les procureurs de la République, les présidents des Tribunaux, les juges de paix, bref tous le corps judiciaire, comme on le fait pour les autres hautes autorités », dit-il.

 Moyalbaye Nadjasna

Donc les membres du Collectif des diplômés sans emploi sont fâchés, très fâchés. Depuis quelques jours ils défraient la chronique. Ils sont déterminés à avoir gain de cause. Ils ont raison d’être décidé à ce que l’État leur trouve une solution durable. Si aucune solution n’est trouvée, ils quitteront le pays pour d’autres cieux, scandent-ils lors de leur manifestation à la Bourse de travail. À première vue, leur menace de quitter le pays ressemble à une grosse blague. Apparemment non. Le Collectif est sérieux dans sa démarche.  Pourquoi sont-ils arrivés à cette situation? Ont-ils raison? Ont-ils tort? Quelles leçons peut-on en tirer?

D’abord, ils ne sont pas arrivés à cette impasse de leur gré. C’est par la faute du système. C’est aussi par la faute de ceux qui ont géré depuis trois décennies ce pays. Ces diplômés sont maltraités depuis 15 ans. Et pourtant ils sont des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation nationale, en instance d’intégration à la Fonction publique. Autrement dit, ce sont des jeunes gens qui ont passé et réussi des concours gouvernementaux. Ils ont été formés par l’État dans le domaine de l’enseignement. Et à la sortie de leur formation l’État les a laissé tomber. C’est encore plus injuste lorsque l’ancien régime leur a fait la promesse de les intégrer dans la fonction publique.

Cette injustice que ces diplômés vivent est inacceptable. Voilà des jeunes gens formés, valident et qui ne demandent que de travailler. Pas n’importe où, mais dans un domaine où le besoin est criant. Le système accepte de les voir dans la précarité en les désignant « diplômés en instance d’intégration ». Le problème c’est qu’ils attendent depuis longtemps. Très longtemps sans pouvoir accéder au paradis convoité : la fonction publique. Le système les traîne, les fatigue jusqu’à la moelle sans qu’une issue ne pointe à l’horizon. Le sacrifice consenti par ces jeunes compatriotes s’est transformé au fil du temps par une immense frustration. 

Ensuite, le Collectif a su mobiliser ses membres avec une excellente stratégie qui consiste à dire « comme vous n’avez pas besoin de nous dans un domaine si important, après des années de contrat presque bénévole laissez-nous partir ailleurs ». La stratégie du Collectif a consisté aussi à se réunir, à fixer une date de départ vers l’ailleurs dans une ambiance bon-enfant. C’était touchant. C'était émouvant. C’était doublement touchant lorsque les autorités n’ont rien trouvé de mieux que de bombarder à coups de gaz lacrymogènes la colonne des candidats en partance à l’exil qui se dirigeait vers la frontière camerounaise où semble-t-il les chancelleries les attendaient pour leur accorder des visas collectif. Cette violente intervention policière était maladroite. Elle a fait dit-on 4 blessés. C’était un manque de sensibilité et de compassion. Au même moment de l’argent est déversé dans le sécuritaire avec le recrutement militaire. Cette somme aurait pu servir à intégrer ces jeunes à la Fonction publique. Surtout qu’ils y entrent pour enseigner, pour transmettre le savoir aux enfants tchadiens.

Enfin, il y a quelques leçons à tirer sur l’engagement de ce Collectif. Première leçon, la méthode de mobilisation. Comment a-t-il réussi à mobiliser sa base? Avec plus de 300 personnes déterminées et enthousiastes, le Collectif s’est donné une perspective : le départ du pays qui ne veut pas leur faire de la place. Deuxième leçon, le Collectif est resté compact et solidaire. Pas de dispersion dans leur réclamation. Pas tête qui dépasse. Plusieurs ont moqué ce collectif. Beaucoup les ont traités de tous les noms d’oiseaux. Beaucoup leur demandent de se débrouiller en vivotant dans la précarité. Cette remarque est injuste. Aux dernières nouvelles, les autorités de transition ont  décidé de rencontrer les leaders du Collectif pour tenter de trouver une solution. Si rien ne se passe, ils promettent de quitter le pays ce mercredi 30 juin. Mais avant de partir, ils vont initier l’opération « brûle diplômes ». Une opération symbolique pour signifier leur exaspération. Déjà, certains acteurs de la société civile et des politiques veulent les récupérer mais les concernés sont lucides face aux calculs des uns et des autres. Ils ne demandent rien d’autre que de vivre chez eux et de travailler. Bref, ils ne sollicitent ni la pitié ni l’aumône. Ils réclament le droit de vivre dans la dignité. Et dans leur patrie.

Bello Bakary Mana

Faits divers - Un étudiant de l’université privée HEC-Tchad a été blessé par balle par son condisciple. L’incident s’est produit ce lundi 28 juin. 

Version 1 : Les faits se sont déroulés vers 9 heures à l’université privée HEC-Tchad. Un étudiant en 1re année de Droit a été blessé par balle par son condisciple. « On était en plein cours », rapporte un témoin, présent dans la salle au moment des faits. Et d’après lui, les choses se sont déroulées très vite qu’il ne sait pas quel est le mobile de cet acte. « Soudain celui qui expose dégaine une arme à feu et tire sur son condisciple qui était assis », raconte-t-il. Panique générale. Le tireur en profite pour disparaître dans la nature. La victime, blessée à la jambe, a été conduite à l’hôpital pour des soins. Les cours sont suspendus et les étudiants libérés. Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux on voit un jeune probablement la victime sautiller sur une jambe. L’autre pied semble saigner abondamment.

Version 2 : Il semblerait que le tireur a fait un exposé hier. Il a été filmé à son insu par son collègue qui par la suite a publié la vidéo dans un groupe et sur les réseaux sociaux (RS). Le tireur s’est fait moquer copieusement par ses amis et les RS. Il n’a pas pu supporter l’humiliation subie. Il a décidé de se faire justice. Il s’est présenté ce matin à l’établissement, en recherchant la victime, avec la ferme intention de se venger. Dès qu’il a croisé son condisciple, il a dégainé lui tirant à bout portant sur les pieds.

D’après les témoins, il n’y a pas de fouille à l’entrée de leur institution. Sinon ce incident allait être évité en plein cours, dit-il. C’est le premier cas, depuis le début de l’année académique 2020-2021, ajoute-t-il.

Pour avoir tenté de photographier la façade principale de l’université, notre reporter a été pris à partie par les étudiants. La Police, présente sur les lieux, l’a très vite secouru pour le mettre à l’abri.

Les Tchadiens s’adonnent de plus en plus aux cultures maraîchères. Pour preuve, les légumes et oléagineux pullulent sur les différents marchés de N’Djamena, la capitale. Dans un souci de rendement et du meilleur traitement des plants, les jardiniers utilisent divers pesticides pour s’attaquer aux insectes nuisibles à leurs plants. Ont-ils une maîtrise de ces produits chimiques ? Ialtchad Presse est allé à la rencontre de quelques maraîchers. C’est le premier article d’une série de trois reportages sur les pesticides et leurs conséquences.

Moursal, carrée 21 après le rond-point centenaire direction la rue Corniche de Sabangali. Dans un immense site clôturé, de jeunes hommes jardinent. Nous rencontrons un premier jardinier. Il s’appelle Dieudonné Samba, connu sous le nom du Gouverneur. Samba est depuis deux décennies dans la production maraîchère. Jovial, il accepte sans rechigner de parler de son métier. Première question : quels sont les produits chimiques utilisez-vous pour traiter vos plants ? Réponse du gouverneur, « on produit à base d’un fumier et après tout cela. Il y a des légumes qu’on récolte une fois et on brûle les tiges pour reprendre à zéro. D’autres comme les céleris on les cueille chaque dix jours. Oui tout produit maraîcher doit être traité. Nous utilisons des insecticides pour traiter nos plants et les préserver en cas d’attaque des insectes », dit-il.  Selon lui, s’il n’y a pas d’insectes, il n’utilise non plus les pesticides. Généralement au mois de février avec la brume, explique-t-il, beaucoup d’insectes s’attaquent aux plants et seuls moyens de protection, c’est de les pulvériser d’insecticides. « Nous utilisons les insecticides dont font usage les cotonculteurs appelées communément « landrine ». Malgré cela, certains insectes résistent. En fait, ce sont des produits chimiques, mais tout produit chimique se révèle nocif a la santé, mais, je crois, il suffit de bien laver ces légumes avant de les consommer », dit-il.  Dieudonné Samba affirme que pour avoir un bon rendement des produits maraîchers, c’est une question de savoir-faire. Il reconnaît que certains jardiniers font usage d’engrais chimique. Mais, dit-il, lui se sert depuis toujours des déchets des chèvres comme composts ou fumier. « Cela fait bien pousser mes plants. Je crois que c’est naturel et le meilleur ».

Kolwang Waré est aussi dans la maraîchère depuis 2012. Il est aussi étudiant. « Je paie mes frais académiques avec le revenu de cette activité. Je suis tranquille, la terre est toujours nourricière et le pauvre y trouve son compte », confie-t-il. D’après lui, le traitement des salades recommande absolument l’utilisation de pesticide. « Ceux qui disposent des pompes les utilisent, mais d’autres mélangent l’insecticide a l’eau pour arroser leurs salades afin de les mettre hors de nuisances des insectes ».

« Peut-être nous utilisons à tort ou à raison les pesticides… »

De l’autre côté du bitume se trouve un champ de salades. Les planchers s’étalent à perte de vue. Selon Mahamat Ahmat, ce dernier temps les insectes sont nombreux et très résistants aux produits chimiques. « Nous utilisons différentes qualités d’insecticides. Je ne maîtrise pas bien les noms pour protéger nos salades. Mais pour que les salades se développent bien, nous utilisons des engrais chimiques, mais aussi un peu du fumier. Les salades bien traitées, on peut les consommer après 40 à 45 jours », indique le maraîcher.  Pour l’horticulteur, c’est un travail qui nécessite plus de vigilance à l’égard des insectes. « Nous contribuons à l’alimentation des N’Djamenois. Nous demandons aux techniciens d’agriculture de nous accompagner dans ce travail. Peut-être nous utilisons à tort les pesticides pour traiter nos plants. Leurs appuis en formation ou encadrement nous aideraient », rajoute-t-il.  Le maraîcher mentionne qu’ils ne sont pas organisés, mais ils demandent aux organismes de la place de les accompagner pour le bien-être de la population. D’après lui, les légumes jouent un rôle très indispensable dans l’équilibre de l’être humain.

Moyalbaye Nadjasna

Acheik Ibni Oumar, Ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et Dialogue a rencontré les dirigeants des médias publics et privés le 26 juin à ce qui semble devenir son QG, l’hôtel Radisson Blu. Un contact au cours duquel, le ministre dit prendre contact et recueillir de suggestions et des propositions des médias relatives au Dialogue national inclusif à venir. Reportage.

La rencontre a démarré avec un petit retard. Le ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et du Dialogue Acheik Ibni-Oumar et son staff, ont trouvé devant eux des responsables des médias prêts à engager un débat de fonds en prélude au forum du Dialogue inclusif. Le ton est grave lors que le modérateur relève qu’il ne faudrait pas aborder le fond du sujet. Aussitôt la parole remise au ministre d’État Acheik Ibni-Oumar.  Il explique sa mission. Selon lui, son portefeuille consiste à aller à la base pour faire remonter au sommet et aller aussi dans les provinces pour tout remonter à la capitale. « Le dialogue doit circuler verticalement de la base au sommet. Mais aussi horizontalement », dit-il. D’après lui, le dialogue inclusif et les élections transparentes que les Tchadiens appellent de leurs vœux ne doivent pas être comme dans le passé assimilé juste aux grands évènements, ponctuels et hautement médiatisés. « Pour redynamiser la marche historique de notre peuple vers le dialogue national et la consolidation du fondement de la démocratie dans cette phase exceptionnelle, il nous faut une approche aussi exceptionnelle. Cela nécessite une sensibilisation et une mobilisation de tous », affirme-t-il.

Pour le ministre, notre pays connaît déjà une situation très difficile sur tous les plans notamment, le terrorisme en interne et en externe, les difficultés de la jeunesse face aux perspectives d’épanouissement personnel et professionnel, la dégradation de la situation économique et financière, les conflits intercommunautaires, les boycotts des élections présidentielles, entre autres.  « Nous nous sommes trouvés dans une crise dans la crise. Ce qui explique les imperfections, les défaillances et la lourdeur dans la mise en œuvre des programmes de l’exécutif. C’est ce qui cause l’impatience et irritation au sein de la population qui sont tout à fait compréhensible et légitime ». Il rajoute qu’une réflexion est en cours pour la mise en place d’un comité d’organisation du Dialogue inclusif. « Mais d’ores et déjà, nous avons enregistré des contributions individuelles ou organisées directement appréciables ou indirectement sur les différents médias », indique-t-il.

Les interventions musclées des responsables des médias

En résumé, les médias demandent d’un côté que les plus hautes autorités s’assument afin de mettre les choses à leur place. Associer de plus près la Presse dans le dialogue et ne pas la confiner à un simple rôle de couverture de l’évènement. Ils insistent en outre, sur la souveraineté et la nature inclusive du dialogue. Les questions de la protection et la sécurité des journalistes de l’accès aux sources d’informations sont relevées par la plupart de ceux qui ont pris la parole. D’autres estiment que le fait d’empêcher de toucher au fond du sujet préfigure de la nature du dialogue à venir. D’autres encore ont relevé la non-représentativité du Conseil national de transition (CNT) que les autorités de la transition entendent mettre en place. Pour certains responsables des médias, la Haute Autorité des médias audiovisuels (HAMA) est une institution qui a fait reculer la liberté de la presse. Elle est liberticide et supplée par moment à la justice. Ils notent aussi l’incohérence des actions du gouvernement de transition et se demandent si la transition de 18 mois a commencé ou pas. L’aide à la presse, la viabilité économique des médias ne sont pas perdues de vue dans les interventions. Les médias exigent qu’on définisse clairement le rôle et la place des médias dans le dialogue national inclusif à venir.

Selon M. Acheik Ibni-Oumar, certaines interventions sont de type syndical et relèvent des difficultés de la profession, d’autres concernent la gouvernance de l’État en général, les processus de la transition tels qu’il sont engagés (le pour et le contre) et les modalités appropriées pour engager le dialogue dans de bonnes conditions. D’après lui, un traitement différencié des suggestions sera fait. Des fiches seront aussi transmises aux autorités concernées dit-il. « Nous ne sommes pas un ministère de gestion. Nous sommes plutôt un ministère de mission. Donc nous n’avons pas la possibilité, la légitimité, ni les moyens pour répondre à toutes ces préoccupations. Certaines suggestions seront intégrées dans nos synthèses », précise le ministre. Pour le fond du sujet qui mécontente certains responsables des médias, Acheik Ibni-Oumar, justifie qu’ils ne l’ont pas voulu parce que le moment viendra pour en parler. Par exemple, on ne peut pas épuiser un échange sur le conflit intercommunautaire ou l’opposition armée en un petit temps, explique-t-il. « Notre objectif c’est de vous écouter. Nous sommes tous des citoyens et nous avons un cœur qui bat comme tout le monde. Chacun de nous a une sensibilité par rapport à tout ce qui se passe et brûle d’impatience de l’exprimer. Nous allons en faire meilleur usage de vos suggestions. Bientôt, nous mettrons en place des canaux d’échange à savoir, le site Internet, la page Facebook, les Emails », dit-il.

Moyalbaye Nadjasna

Les biens et personnes circulent depuis quelques jours librement entre Kousserie (Cameroun) et N’Djamena (Tchad). Pour constater la reprise du commerce et sa cadence, Ialtchad Presse est allé sur place. Reportage.

N’guéli à la frontière Tchad-Cameroun. Sous un soleil caniculaire, il était 12h. C’est l’un des quartiers du 9e arrondissement de la ville de N’Djamena, reliant, Kousserie ville camerounaise à N’Djamena, capitale tchadienne, par deux ponts d’environ 500 km. A l’entrée du pont, quelques unités de contrôle, entre autres: la police, la douane, la police municipale montent la garde. Sous les ponts, les enfants barbotent dans l’eau. Les mouvements des personnes sur le pont prouvent que les affaires ont repris.  Sur le nouveau pont, seuls les véhicules sont autorisés à passer. Les piétons se contentent de marcher sur l’ancien pont. Juste à son entrée, on peut apercevoir des agents de la Croix-Rouge avec leurs thermo flash. Ils vérifient les températures des corps des usagers. Un peu à l’intérieur, la police contrôlent les pièces d’identité. Plus loin, les douaniers fouillent systématiquement tout bagage en provenance de Kousserie. L’ambiance révèle bien que les affaires ont repris comme par le passé.

Alladjaba Tchitcha, est un citoyen tchadien habitant Kousserie. Il est en route vers N’Djamena. Il était présent à l’ouverture du pont du côté du Cameroun. C’était une grande fête, dit-il. « D’abord, je remercie les hautes autorités du Tchad d’avoir ouvert la frontière et ensuite à celles du Cameroun qui emboîtent le pas. Le plus important à mon avis, c’est le brassage entre les deux pays. Semble-t-il que les Camerounais ont mal accepté l’initiative prise par le Tchad d’ouvrir ses frontières », dit-il. Il rajoute que côté camerounais, les autorités n’ont pas apprécié. Deux jours plus tard, elles ont aussi décidé de faire la même chose. C’est qui est une bonne chose, affirme-t-il. « Je suis très content, j’étais le premier à traverser après les autorités tchadiennes. Du côté camerounais au lendemain, il a fallu un peu de dispute, mais on s’est accordé finalement j’ai pu traverser. C’est génial en tout cas on n’a pas de problème entre nous, pourquoi fermer alors nos frontières », conclut Alladjaba Tchitcha.

Plus loin, nous rencontrons M. Gambo Ladan, clandoman. Il se plaint du fait que les motocyclettes ne sont toujours pas autorisées à traverser le pont. « Avant toute chose, il faut remercier le Bon Dieu pour sa grâce dans la vie des deux peuples frères, tchadiens et camerounais. Que nos autorités de deux côtés reçoivent nos remerciements pour leurs efforts conjugués pour la réouverture de la frontière de Kousserie-Ngueli. Je vous assure la fermeture de cette frontière a été difficile pour nous les débrouillards », dit-il. Pour l’instant, il déclare qu’il n’y a pas de problème, même avec la police, ils leur présentent seulement leurs pièces d’identité pour traverser librement. « Je demande à nos autorités de laisser les motocyclistes circuler. Je suis clandoman. Il faut qu’on pense vraiment aux clandomen tchadiens coincés », indique Gambo Ladan.

Alnodji Margueritte, est une habituée de la traversée N’guéli-Kousserie. Ce midi, elle a renoué avec ses activités. Joviale, un paquet de marchandises sur la tête, elle raconte, « je suis très contente de renouer avec mes activités. Nos autorités ont pris une très bonne décision. Elle est salutaire pour des milliers de Tchadiens qui tirent leur gain quotidien des échanges commerciaux avec Kousserie. »

Riyayo Augustin, lui, part pour Kousserie. « La frontière est ouverte c’est une bonne chose. L’ambiance d’antan reprend avec les va-et-vient. Mon souhait est la pandémie ne revienne plus et que la frontière soit ouverte pour toujours.», souhaite-t-il.

Il faut noter que le Tchad a officiellement ouvert sa frontière terrestre de N’guéli, le 17 juin 2021. Les autorités camerounaises ont décidé de la réouverture le 20 juin 2021. Rappelons que la fermeture de la frontière Tchad-Cameroun fait suite à l’avènement dû au Covid-19.

Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar

Après leur tentative avortée de quitter le Tchad, les diplômés des écoles professionnelles en instance d’intégration sont déterminés. Ils ont passé une première nuit à la bourse de travail, en attendant les conclusions des négociations avec les autorités.

Ils ont voulu quitter le Tchad le 24 juin pour l’exil. Pour cause, le chômage qui les ronge depuis une dizaine d’années. Mais ils en ont été empêchés. D’abord par l’intervention des forces de l’ordre qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Ensuite par les autorités en charge de l’emploi et de l’éducation qui ont préféré engager un dialogue dans l’immédiat.

Bourse de travail, 9heures. En petit nombre des diplômés étaient en concertation. Ils ont passé la nuit sur place. « Nous sommes déterminés », lance un mécontent qui rangeait son couchage.  « La nuit a été dure, mais ça fait longtemps qu’on souffre déjà. Donc je me suis sacrifié », dit-il.

Neuzilka Emmanuel est le porte-parole du collectif. Il a passé la nuit avec ses camarades à la bourse de travail. Il explique que la rencontre avec le ministre de la Fonction publique et l’équipe du Conseil national consultatif de la jeunesse n’a pas encore donné des résultats probants. « Le ministre a reconnu que notre lutte est légale et légitime », rapporte-t-il. D’après le porte-parole du collectif, le ministre a indiqué que la situation qu’ils vivent est due à celle délétère du pays. « Mais il nous a rassuré qu’il va transmettre nos réclamations aux plus hautes autorités aujourd’hui», a affirmé Neuzilka Emmanuel. Le collectif leur intégration dans les plus brefs délais à la Fonction publique.

Comme consignes, le Bureau Exécutif du collectif a demandé aux membres de rentrer en attendant les conclusions de la rencontre du ministre de la Fonction publique avec les autorités de la transition. Toutefois, le mot d’ordre est maintenu : « en cas de non-satisfaction, nous allons partir », insiste Neuzilka Emmanuel. Le compte-rendu de la rencontre entre les membres du gouvernement est attendu instamment.

Il faut le rappeler, ces diplômés en instance d’intégration sont sortis des écoles professionnelles de l’État qui sont l’ENIB, ENS et DIPES. Ils comptent entre 10 et 15 ans de chômage après leur formation. Leur démarche pour l’intégration n’ayant pas donné des résultats escomptés, ils ont tenté de quitter le Tchad ce 24 juin pour l’exil.

Christian Allahadjim

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