jeudi 22 octobre 2026

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Le président de la Haute autorité des media et de l’audiovisuel (HAMA), Dieudonné Djonabaye, a animé ce 21 juin, à la maison de la culture Baba Moustapha, une conférence-débat placée sous le thème « Le rôle de la Haute autorité des media et de l’audiovisuel (HAMA) dans la promotion de la musique tchadienne à travers les media ». Décryptage des différentes interventions avec Ialtchad Presse.

Pour le conseiller de la HAMA, Ngaroyal Mbaidedjim Christophe, cette journée concerne à la fois les musiciens, les intervenants du secteur musical, les mélomanes ainsi que les consommateurs actifs et passifs. D’après lui, l’avènement de la pandémie de la Covid-19 en mars 2020 a mis en difficulté tous les secteurs, y compris le secteur culturel, avec la fermeture des lieux de diffusion de spectacles qui sont des lieux par excellence de consommation de la musique. « Ce qui a occasionné un véritable manque à gagner pour la musique qui relève du spectacle vivant. Toutefois, il a pu être compensé par la diffusion des œuvres par les médias, engendrant ainsi des redevances » indique le conseiller.  Selon lui, la HAMA, en tant qu’instance de régulation des medias, a aussi pour mission de veiller à la promotion de la culture, dans les organes de presse.

Le président de la HAMA, Dieudonné Djonabaye, prend ensuite la parole.  En guise de rappel, il affirme que, la fête de la musique est une initiative de l’ancien ministre de la culture française, Jack Long, nommé Maurice Fleuret en octobre 1981. Il rajoute que, la fête de la musique est dans sa forme actuelle, un rendez-vous traditionnel capable de rassembler artistes et public. La HAMA dit-il, est l’interlocutrice privilégiée des acteurs de la création et de la diffusion musicale. « La HAMA étudie les questions liées au développement de la production et de la création nationale tchadienne. Elle veille au respect par les medias audiovisuels de leurs obligations de diffusion ».

Dieudonné Djonabaye poursuit en soutenant que la HAMA est une autorité administrative indépendante. Elle n’est pas au service exclusif des journalistes, dit-il. Il souligne qu’il y a des règles générales d’éditions des programmes et de leur contribution au développement de la production d’œuvres télévisuelles, radiophoniques ou cinématographiques. D’après lui, l’article 33 qui parle de la responsabilité des opérateurs de la communication audiovisuelle dispose en son alinéa que, « les opérateurs doivent promouvoir la création artistique tchadienne et encourager la production de proximité, doivent donner dans la composition de leurs offres de programmes, la préférence à la production audiovisuelle ».

Le président de la HAMA indique en outre que la contribution au développement de la production audiovisuelle, les modalités et l’appréciation de la contribution des opérateurs au développement de la production audiovisuelle nationale seront fixés par voie règlementaire.

Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar

L’association panafricaine HOUSE OF AFRICA et la Cellule nationale de coordination de l’association pour la promotion de l’élevage au sahel et en savane, planchent ce, 19 mai à la Bibliothèque national de N’Djamena, sur la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable(ODD), Agenda 2030 des Nation Unies. Reportage.

50 organisations de la société civile (OSC) au Tchad se concertent avec l’association panafricaine HOUSE OF AFRICA(HA) afin d’élaborer un rapport indépendant sur l’exécution nationale de l’Agenda 2030 des Nations unies. Il s’agit du suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de 17 objectifs des ODD au Tchad. Pour Abdeldjalil Bachar Bong, président de HOUSE OF AFRICA, ces organisations de la société civile convié œuvrent dans de domaines variés entre autres, la paix, l’environnement, l’eau, monde rural, la femme, l’éducation, l’enfance. L’un des objectifs de cette journée de réflexion, dit-il, c’est de sensibiliser et contribuer aux 17 objectifs de développement durable. « On va réfléchir ensemble sur les 17 objectifs des ODD, apprécier le niveau d’appropriation et d’engagement de la société civile tchadienne dans sa mise en œuvre et le suivi. Examiner les moyens et rôles jouer par les OSC. Rédiger un rapport indépendant sur l’implémentation des ODD pour l’examen volontaire 2021. Collecter les contributions et les recommandations représentées pour le suivi et la mise en œuvre des ODD au Tchad. Voir éventuellement quelle synergie d’action à mener », signifie-t-il.

Selon Abdeldjalil Bachar Bong, ils vont collecter des données qui seront soumis au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, au système des Nations Unies(NU) et aux autres parties prenantes. « Ce rapport sera présenté par vidéoconférence lors de forum de haut niveau sur le développement durable qui aura lieu d’ici le 6 au 15 juillet 2021 à New York », informe-t-il. D’après lui, le forum de New York est la principale plateforme des NU pour le suivi et l’examen de l’Agenda 2030. Il rajoute que les OSC jouent un rôle clé et incontournable dans la mise en œuvre du PND. Le 17ème et dernier objectif, poursuit-il, promet un partenariat efficace entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour la réalisation des ODD sur le plan mondial, régional, national et communal. « C’est un partenariat inclusif basé sur des principes et valeurs communs. La préoccupation c’est le peuple et la planète », souligne le président de HA. Il demande à la société civile tchadienne d’être active, participative, contributive au développement et non une SC civile de politique politicienne. « Le programme 2030 est une feuille de route et ses objectifs et cibles sont des outils pour y parvenir », termine-t-il.

« Un examen volontaire de la mise en œuvre des ODD… »

Rappelant la genèse des ODD, M. Simon Y. Fouda Ekobena, représentant de la coordonnatrice Résidente du système des NU au Tchad, indique que l’Agenda 2030 a été adopté 2015. Les ODD, clarifie-t-il, succèdent aux OMD. De quoi s’agit-il ? « C’est un ensemble d’objectif agrée par tous les pays du monde pour atteindre une planète développée dans laquelle il n’y aura pas de pauvreté et la plupart des maux réduits à l’horizon 2030 », définit-il. Il souligne que cet Agenda s’étale de 2016 à 2030.  D’après lui, 2021, est un moment charnier d’évaluation de cet Agenda. Pour lui, les OSC jouent un rôle très important surtout pour le Tchad à la croisée du chemin de son histoire suite à la tragédie de ces derniers jours. « Le SNU salue l’appui du gouvernement dans ce processus d’examen volontaire. L’examen volontaire c’est tout simplement, l’examen fait par le gouvernement et ses partenaires sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030 au Tchad. Pour la 2ème fois le Tchad fera sa présentation d’ici juillet en New York », signifie-t-il.

Pour Nassour Bahar Mahamat Itno, Directeur général du ministère de l’Économie, de la Planification, du Développement et de la Coopération internationale, représentant son ministre, l’Agenda 2030 définit un plan d’action global pour la réalisation des ODD, englobe les aspects socioéconomiques et environnementaux. « La mise en œuvre recommandée est inclusive et participative. Les OSC ont été étroitement impliquées dans la définition de ces objectifs. Elles ont souligné le caractère global et ambitieux de ce processus du développement durable. Il leur faut davantage une implication permanente », note-t-il. Selon lui, la société civile peut utiliser les ODD comme outil de suivi des actions du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, comme un argument de plaidoyer pour prioriser certaines thématiques et encourager la prise en compte de populations le plus marginalisées.

Le Tchad dit-il, en signant cet Agenda, entend parvenir à un développement résiliant de changement climatique. Pour atteindre cet objectif cohérente avec la vision du Tchad que nous Voulons à l’horizon 2030, Nassour Bahar Mahamat Itno demande une franche collaboration de tous. Il renchérit qu’il faut sensibiliser, mobiliser et surtout renforcer les capacités des différentes parties prenantes. « Le gouvernement devrait identifier tous les acteurs et les mettre au même niveau d’information puis renforcer la cohérence de leurs actions alignées avec les ODD », conclut le DG.

Moyalbaye Nadjasna

La marche pacifique dénommée « Week-end noir » initiée par la plateforme des diplômés en instance d’intégration à la fonction publique ce, 19 juin sur l’ensemble du territoire national a été très tôt dispersée par les forces de l’ordre et de sécurité. Plusieurs arrestations ont été signalées par les leaders de cette marche. Reportage !

20 personnes arrêtées dont 16 relaxées immédiatement, 4 femmes gradés au Commissariat de sécurité publique (CSP 15) de Boutalbagara, 6 blessures légères signalés selon Adissou Dibam, l’un des leaders de la plateforme des diplômés en instance d’intégration a la Fonction publique tchadienne. Devanture du lycée Sacré-Cœur, rond-point 10 octobre 7ème arrondissement, rond-point de Walia 9ème arrondissement et rond-point Farcha, 1er arrondissement sont les itinéraires de la marche pacifique dénommée « Week-end noir » initiée par la plateforme des diplômés en instance d’intégration à la fonction publique ce matin dès 6 heures. Tout au long du trajet, les forces de l’ordre et de sécurité déployés ont quadrillé les secteurs définis pour cette marche.

Atrone, dans le 7ème arrondissement, devant un hôtel de la place, nous les unités du Groupement mobile d’intervention de la police (GMIP) en campement sont présents. Quatre véhicules en tout. Au rond-point du pont à double voie, quelques éléments de la commission mixte de sécurité sont aussi visibles. Sur l’avenue principale, la circulation est libre. Des citoyens vaquent à leurs occupations.  Au rond-point du quartier Chagoua, la présence policière est en alerte avec quatre véhicules bourrés d’hommes en treillis. Nous continuons notre ronde. 7 heures 30 minutes, devant le lycée Sacré-Cœur, pas de mouvement suspect. Même pas un élément de la Police. Juste à côté, au terrain Feest Africa, quelques éléments de la commission mixte de sécurité composés de la Garde nationale des nomades du Tchad (GNNT) et le Groupement mobile d’intervention de la police (GMIP) sont encore visibles avec une dizaine de véhicules.

M. Adissou Dibam se félicite de la marche pacifique qui a eu lieu à N’Djamena, la capitale, ainsi que dans les provinces du pays. Selon lui, ce n’est pas la police nationale qui a arrêté les 4 manifestantes. C’est plutôt les Agents de renseignement (ANS) qui les ont arrêtés pour les confier aux forces de l’ordre et de sécurité. « Notre marche de ce samedi n’est pas un échec. La preuve en est que malgré que la ville de N’Djaména a été quadrillé par les forces de l’ordre et de sécurité, nous sommes sortis. Donc, c’est une réussite parce qu’il y a une détermination totale des diplômés », dit Adissou Dibam. Il souligne que s’ils n’obtiennent pas une solution idoine à leurs revendications, ils vont toujours continuer à manifester jusqu’à satisfaction totale. « Ce qui nous marque le plus à travers cette marche, c’est la volonté et la détermination des jeunes diplômés qui disent non à l’injustice sociale, au népotisme, au clientélisme et qui revendiquent de manière farouche leur intégration à la fonction publique particulièrement l’insertion sociale », note-t-il.

Il rappelle qu’ils ont eu une audience avec le feu président de la République Idriss Deby Itno qui leur avait promis l’intégration malheureusement, la mort l’a emporté.  « Aujourd’hui, le Conseil militaire de transition (CMT) dans son programme politique refuse de recruter les personnels civils mais entend recruter des militaires. Cela nous surprend parce que le pays n’est pas dans une situation de guerre. Ils disent que l’intégration des jeunes n’est pas une urgence », lance-t-il.

Aux dernières nouvelles, les quatre femmes gardées au commissariat de police de Boutalbagara ont été libérées.

Allarassem Djimrangar

Très facile de voyager il y a quelques années encore au Sud du Tchad. Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire, le voyage vers cette partie méridionale est difficile. La voie est dans un état de dégradation très avancée à partir de Ndjamena-Guelendeng et plus loin Bongor-Kelo. Ialtchad lors d’un déplacement effectué par son équipe à Sarh a fait ce constat. Reportage

Si les voyages interurbains sous d’autres cieux se passent dans le confort, au Tchad cela demeure un véritable parcours du combattant. Difficile de comprendre, pour 153 km, un bus voyageur fait 5heures de temps entre Ndjamena-Guelendeng. Dans le passé, lorsque la route est bonne, 1heure et 30 minutes suffisent pour parcourir le tronçon N’Djamena-Guelendeng.  Juste sur cette distance, plusieurs accidents sont enregistrés chaque année. La route ne tue pas, mais c’est nous qui nous tuons, dit un adage. L’état de dégradation avancé de cette route est le résultat du sous-investissement des autorités publiques.

Sur cette route, les véhicules se sont frayés des rues en terre battue départ et d’autres de la voie principale impraticable. L’emprunter est une véritable séance de gymnastique et d’acrobatie.  Les bus voyageurs ont de la peine de descendre sur la terre battue puis remonter sur le bitume à chaque fois. Tout le monde se plaint, chauffeurs et passagers. Le bus se transforme en tribunal antigouvernemental. Les tons sont graves et vindicatifs. Pour certains, le gouvernement fait exprès. Kemtobaye Kossadinan est passager du bus de l’agence Kingui, très fâché, il raconte : « vous savez, la question des routes sont politisées. Aujourd’hui, c’est l’esprit géopolitique qui anime les autorités tchadiennes. Chacun estime qu’il faut plutôt se tourner vers sa région que d’investir dans une autre. Or, la route est un gage de développement. » Masra Rimtebaye va à Sarh. Il est désolé de constater que cet axe est négligé par la faute des gouvernants. « Écoutez, les routes qui se dégradent sont dues à la négligence des autorités. Elles ne se soucient même pas de leur population. Tout ce qui les intéresse c’est leur intérêt égoïste. Sinon comment comprendre que ce tronçon N’Djamena-Guélendeng reste jusque-là dans cet état », dit-il.

« Des recettes des péages qui ne servent à rien… »

Disons-nous les choses clairement, l’État tchadien est défaillant à plusieurs niveaux, déclare Taroumta Céline, une passagère. « Les gens nous font croire que les 500 F CFA, collectés aller-retour sur les véhicules devraient permettre d’entretenir les routes. C’est du bluff. Cet argent n’est même pas reversé au trésor public. C’est une vache à lait », s’insurge-t-elle. Un autre passager Ndomassal Clément estime que, « le ministère des Infrastructures devrait aussitôt arranger les routes dès qu’un nid de poule est constaté. Cela permettra d’éviter les dégradations avancées. On peut dire que les recettes des péages ne servent à rien. Et les cas des accidents sont imputables à l’État tchadien gestionnaire des routes », dit-il.

Le chauffeur du bus demande à parler sous le sceau de l’anonymat. Pour lui, la plupart des accidents sur cette voie sont dus en grande partie à l’état impraticable de la route. « Je vous dis que c’est difficile de manœuvrer un gros bus sur une route délabrée surtout au niveau de Ndjamena-Guelendeng et Bongor-Kelo. C’est pratiquement 1000 km pour arriver à Sarh. Nos bus prennent beaucoup de coups sur ce tronçon, mais on n’a pas de choix. Nous ne sommes que des chauffeurs, on rend compte de l’état de la route aux responsables d’agence de voyages. Il leur revient à eux de plaider auprès des autorités pour retravailler cette route », affirme-t-il.

Par rapport aux années dernières, il faut noter que des efforts sont en train d’être faits par le ministère des Infrastructures. L’intervalle du tronçon entre Guélendeng et Bongor est quasiment refait. Il ne reste qu’une vingtaine de kilomètres pour l’achever. Toutefois, le problème reste entier lorsqu’il faut 5 heures pour aller de N’Djamena à Guelendeng, villes distantes de 153Km.

Moyalbaye Nadjasna

Le pont de N’guéli qui relie la capitale tchadienne, N’Djamena, à la ville de Kousseri au Cameroun a été rouvert hier par le gouvernement tchadien. Mais du côté de la frontière camerounaise, le passage reste encore fermé. Ialtchad Presse est allé constater. Reportage.

Le pont de N’guéli à la frontière tchado-camerounaise était fermé en mars 2020 en raison de la propagation du coronavirus, a été rouvert du côté tchadien. La cérémonie officielle a été présidée par le ministre de la Sécurité publique, Souleymane Abakar Adam, le jeudi 17 juin 2021. Cette réouverture a suscité la joie chez des riverains qui ne pouvaient plus traverser ce pont depuis un an et trois mois. Cette joie a été que de très courte durée.

Ce vendredi 18 juin, la rédaction s’est rendue sur le site pour constater l’effectivité de la réouverture.  Sur le pont, rien n’indique que le trafic a repris. Pas de bousculade, pas d’embouteillage comme par le passé. Il y a la présence des agents de sécurité. Sur la chaussée, quelques gros porteurs sont stationnés en attendant les formalités de sortie pour traverser la frontière du côté camerounais. « Est-il possible de traverser le pont ? », la question est adressée à un agent tchadien. La réponse fuse : « La frontière est ouverte de notre côté. Donc vous pouvez passer. Le blocus est du côté camerounais. Traversez pour constater par vous-mêmes ».

Et nous traversons le poste, sans aucune formalité. Sur le pont, nous rencontrons un groupe de personnes, carnet médical en mains, marchant vers le Tchad. Un autre groupe de jeunes, voulant traverser pour aller au Cameroun, se fait repousser par les agents camerounais. Nous nous sommes rapprochés de la barrière gardée par les agents de sécurité camerounais. « La frontière est fermée. Retournez », nous ont-ils ordonné. En effet, la frontière est encore fermée du côté camerounais. « Pour avoir des explications sur le blocus, il vous faut un ordre de mission », nous ont-ils gentiment rétorqué. Nous rebroussons chemin.

Des personnes rencontrées sur le poste frontalier nous rapportent que seuls les cas d’urgence médicaux ou administratifs sont autorisés à traverser pour entrer ou sortir du Cameroun. Pour les autres, il faut attendre l’ouverture officielle de la frontière par les autorités camerounaises. Un gérant de parking nous raconte que des personnes qui ont eu à traverser lors de la réouverture du côté tchadien sont coincées au Cameroun puisqu’interdites de traverser à nouveau. « Vous voyez ces motos au premier, ce sont celles des personnes qui ont traversé hier et bloquées là-bas », nous fait-il savoir.

Le pont de N’guéli est rouvert. Mais au final, le pont est resté fermé. On peut franchir du côté tchadien mais pas côté camerounais. Au final la frontière reste fermée.

Christian Allahadjim
Orthom L’Or

Chaque année, le nombre des diplômés sans emploi augmente. Ce sont des jeunes sortis des écoles de formations professionnelles qui disent être fatigués d’attendre leur recrutement à la Fonction publique. Ils veulent quitter le pays. Ialtchad est allé à leur rencontre.

Après plusieurs années d’attente d’intégration à la fonction publique, les lauréats professionnels de l’éducation nationale veulent quitter le Tchad. Selon Neuzilka Emmanuel, porte-parole du collectif des lauréats professionnels de l’éducation nationale en instance d’intégration à la fonction publique, ils ont entamé les démarches auprès de quelques 13 ambassades étrangères au Tchad. Leur objectif est d’obtenir des visas pour quitter le pays. D’après lui, quelques ambassades ont répondu favorablement.  Pour lui, s’ils ont décidé d’entreprendre une telle démarche, ce n’est pas par plaisir. C’est le désespoir et les multiples déceptions qu’ils ont toujours reçus des plus hautes autorités du pays qui les pousse à entamer cette démarche. Autrement, rajoute-t-il, c’est la pression qui les oblige à vouloir quitter leur pays à contrecœur.  Est-ce du chantage ? Neuzilka Emmanuel répond, « si c’était un mythe, nous n’avons aucune qualité à faire impliquer les grandes puissances. »

M. Neuzilka Emmanuel, affirme que les membres de son association ont usé de toutes les stratégies sans aucun résultat. Ils ont selon lui attendu 15 ans sans espoir. « Manifestations pacifiques, main sur la tête, l’hymne national sont entre autres les formes de nos revendications. Ils nous ont torturés, traités de bandits, jetés en prison comme des malpropres, sans qu’une solution ne soit trouvée », explique-t-il. D’après lui, ils n’ont pas de choix. Tout ce qu’ils désirent c’est de quitter le Tchad. « Même si nous ne sommes pas utiles pour ce pays, nous pouvons l’être pour d’autres sous d’autres cieux, là où les droits de l’homme sont respectés, l’éducation est valorisée », dit le porte-parole. 

À noter que le 17 juin dernier, les lauréats professionnels de l’éducation en instance d’intégration à la fonction publique ont procédé à une collecte de leurs dossiers pour demander des visas. Une preuve qui matérialise leur intention de quitter un de ces jours le Tchad, souligne-t-il.

Une autre plateforme des diplômés en instance d’intégration à la fonction publique déclare organiser une marche dénommée ‘’weekend noir’’ samedi, 19 et dimanche 20 juin 2021 dès 6 heures du matin sur toute l’étendue du territoire du Tchad.

Allarassem Djimrangar
Younous Sidick Abakar

La journée mondiale du lait a été célébrée le 1er juin passé. Au Tchad, le secteur laitier est embryonnaire et rencontre beaucoup de difficultés. Reportage dans une laiterie.

Klessoum à la sortie Est de N’Djamena. C’est dans ce village qu’Issa Adoudou Artine a implanté sa laiterie. Depuis 2015, il transforme localement des produits laitiers. Grâce au lait de vache que lui procurent des éleveurs à proximité de son usine, il fabrique du yaourt, de la crème liquide, du beurre, du fromage, etc.

Comme entrepreneur, investisseur et Tchadien, M. Artine tient à développer ses affaires dans son pays. Mais le climat d’affaires n’est pas propice, « il n’y a que des difficultés dans ce secteur. C’est vraiment pénible, intenable », dit-il d’air désabusé. Mais une seconde plus tard, il redevient combatif. Et s’emballe par son projet.

Difficultés

M. Artine évoque d’abord le manque de matière 1re : les vaches laitières. « Le Tchad est un pays d’élevage bien sûr. Mais le problème c’est quelle catégorie de cheptel dont le pays dispose ? », fait-il remarquer. Il est vrai que le Tchad est un pays agropastoral par excellence. Mais son cheptel ne compte vraiment pas des vaches productrices de lait. « Même si on a des millions de têtes de vaches, le lait qu’elles produisent est insignifiant et souvent ce n’est pas un lait de qualité », relève Issa Adoudou Artine. Il explique que cette faible production laitière est causée par le problème de pâturage et de traitement vaccinal.

« Le pâturage est un réel problème pour nos bétails », reconnaît un éleveur, fournisseur de M. Artine. Mal nourrie, la vache est incapable de produire du lait en quantité pour nourrir le veau, pour l’autoconsommation et pour la commercialisation. « Regardez, pour presque 20 vaches, elles ont produit à peine 2 litres de lait », dit-il en fixant le bidon de lait déposé sur la balance. 

Ensuite, le problème du personnel qualifié. Pour le patron de la laiterie Artine, on compte au Tchad assez de Médecins vétérinaires spécialisés en élevage, mais très peu « d’ouvriers qualifiés.» Pour le besoin, son organisation s’est dotée d’un centre de formation où des éleveurs sont formés sur des techniques d’entretien du bétail et de prélèvement du lait. « Avec ces b.a.-ba, ils nous rapportent du lait prélevé dans des conditions acceptables même si c’est en petite quantité », affirme Issa Adoudou.   

Enfin, la problématique de la commercialisation. Selon l’entrepreneur Issa Adoudou Artine, la transformation des produits laitiers est confrontée à l’absence « d’une politique de vulgarisation » et à un manque de prise de conscience à tous les niveaux. Ce qui entraîne, de facto, une méconnaissance des produits laitiers transformés localement. « Les gens continuent par consommer ce qui est importé alors qu’on a commencé par produire sur place », s’agace-t-il. Pour lui, il faut privilégier la production locale. Et pour cela, un plaidoyer est nécessaire. Car, dit-il, le produit laitier tchadien n’est pas compétitif.

Les difficultés sont légion, mais le patron de la laiterie Artine reste optimiste, « au Tchad, le secteur laitier est vierge ». Il évoque aussi le manque d’investissement des acteurs privés et un délaissement de l’État. « L’État ne donne aucune subvention, n’aide pas les éleveurs à entretenir leurs bétails contre certaines maladies », énumère-t-il.

Espoir

Malgré tout, il persévère. Pour ravitailler son usine de transformation, il a mis sur pied un projet pilote de croisement d’animaux productifs. Il a, pour l’instant, une cinquantaine de têtes dans ce projet. Il cultive aussi une variété d’herbe pour l’alimentation des vaches laitières. Et enfin,  il a un projet de construction d’une étable pour l’élevage sur place des vaches laitières.

Pour le décollage de ce secteur, Issa Adoudou Artine propose au ministère de l’Élevage de mener une politique de vulgarisation. Car, insiste-t-il, le secteur laitier est un secteur qui peut créer de la richesse et la prospérité d’un pays comme le nôtre qui est par essence un pays d’élevage. Mais regrette-t-il, « les autorités n’ont toujours pas compris les enjeux politiques et financiers liés à ce secteur. »

Christian Allahadjim

Pour rendre la ville de N’Djamena propre, les autorités municipales ont pris un certain nombre de mesures. Parmi celles-ci, il y a le décongestionnement des abords des marchés, l’interdiction de stationnement des bus des agences de voyages sur les abords des routes bitumées. Ialtchad Presse a fait un détour au grand marché « soukh kabir » et dans les agences de voyages de Dembé de la capitale tchadienne, N’Djamena, pour constater. Reportage ! 

11 heures. Marché central ou « soukh kabir », le grand marché en Arabe locale. La température oscille entre 35 et 37 degrés Celsius. L’entrée sud du grand marché, espace légumes, est déserte. Les vendeuses de légumes ont presque disparu. La circulation est fluide. Il y a des réparateurs de montres, des cordonniers, des vendeuses de mangues et quelques véhicules des particuliers stationnés sur la chaussée. Pas la moindre trace de vendeuses des légumes.

Ousman Ali est un commerçant. Il  est assis devant sa boutique à l’entrée sud du grand marché Central. Il vend plusieurs articles, notamment les cahiers, les sacs à dos, les chaussures, les prêts-à-porter pour hommes. Ce dernier, dit qu’il n’est pas contre le marché des femmes vendeuses de légumes, mais plutôt  la place qu’occupent ces femmes. Car elles obstruent le passage. « Depuis qu’elles vendent leur légume sur les abords du goudron, le marché est toujours sale et une odeur nauséabonde se dégage. La chaussée était aussi rétrécie », lâche Ousman Ali. D’après lui, depuis que les autorités municipales ont déguerpi ces femmes vendeuses de légumes, la voie est vide. Les usagers peuvent facilement garer leur véhicule. « Je déplore le comportement de certains agents municipaux véreux qui font payer ces vendeuses de légumes en contrepartie ils les laisser s’installer sur la chaussée. Il faut que le Maire trouve une solution définitive à cette situation le plus tôt possible », dit-il.

Certaines vendeuses de légumes rencontrées ne cachent pas leur mécontentement. Zara Abba en est une,  «  il y a de cela un mois que nous  sommes déguerpies de nos places initiales. Mais depuis lors on ne sait quoi faire et où aller. Pour l’instant, nous exposons nos légumes devant cette église. Le déguerpissement a donné une autre face pour nos commerces, et la place n’est plus une garantie pour nous.  On ne sait pas si un jour le propriétaire, nous dira de laisser le lieu. La mairie ne nous a pas trouvé un autre lieu, et si on a un appel à lancer, c’est qu’on a besoin qu’elle nous trouve une solution le plus tôt possible », demande-t-elle.

Félicité, une autre vendeuse de mangues, dit que dans leur ancien coin, elles font assez de revenus, mais depuis qu’on les a déguerpis, les affaires ne sont plus comme avant. « Le maire Ali Haroun veut qu’on fasse quoi au juste ? Puisque là où nous vendons nos légumes avant, est très stratégique. C’est l’entrée et la sortie du marché où l’on rencontre facilement les clients. On peut s’asseoir, mais en reculant tout en cédant la voie de pour la circulation. C’est grâce à la vente de nos produits qu’on se prend en charge nos familles », précise Félicité l’air fâché.

Un constat déplorable dans les différentes agences des voyages

Dans les différentes agences de voyage sis au quartier Dembé, la décision des autorités municipales interdisant le stationnement anarchique des bus voyageurs n’est pas du tout respectée. Les bus sont stationnés sur les abords des routes obstruant ainsi le passage aux usagers. 

Les responsables de l’agence Express Sud Voyage ont été interpellés par la rédaction pour réagir, mais ils refusent de se prononcer sur cette décision.

Allarassem Djimrangar
Younous Sidick Abakar

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