jeudi 22 octobre 2026

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Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, a lancé officiellement ce 4 juin, à l’hôpital la Renaissance de N’Djamena, la campagne nationale de vaccination contre la pandémie de la Covid-19. Reportage.

Hôpital de la Renaissance au quartier N’Djari, dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Il est 9 heures ce vendredi 4 juin 2021. Le ciel nuageux continue par gronder. La veille, N’Djamena a enregistré sa première grosse pluie de la saison.

Le hall de la structure est paré à abriter la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19. Autorités sanitaires, personnel soignant de l’hôpital, représentants des partenaires techniques et financiers sont présents. La cérémonie peut commencer. Place aux allocutions.

Selon le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, le choix de l’hôpital, la Renaissance pour le lancement de cette campagne n’est pas fortuit. « C’est pour rendre hommage au travail colossal que vous avez abattu durant toutes les périodes de cette crise sanitaire. Symboliquement, lancer cette campagne ici à l’hôpital la Renaissance, c’est reconnaître vos investissements, vos sacrifices dans le combat qui continue encore », déclare M. Sabre Fadoul. Sur le vaccin, le ministre affirme qu’il est efficace et qu’il n’y a rien à craindre. Pour lui, aucun gouvernement au monde ne se permettrait d’importer un médicament ou un vaccin qui pourrait avoir des répercussions négatives sur ses citoyens. « Nous avons reçu nos vaccins avant-hier. On aurait pu le recevoir au mois de février ou mars dernier. Mais nous avons préféré d’abord de nous rassurer de son efficacité », indique le chef de département de la santé.

Comme pour rassurer davantage la population, le représentant de l’OMS au Tchad, Dr Jean-Bosco Ndihokubwayo, l’OMS confirme que le vaccin Sinopharm a été bel et bien homologué par son institution. « L’OMS a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au vaccin Pfizer/BioNTech, à deux versions des vaccins AstraZeneca/Oxford - SKBio et Serum Institute of India, au vaccin Janssen ou Johnson, au vaccin Moderna et récemment à deux vaccins chinois à savoir le vaccin Sinopharm et le vaccin Sinovac », dit-il. Selon lui, d’autres vaccins continuent d’être évalués par l’OMS afin de garantir leur innocuité et leur capacité à protéger contre la maladie.

Cependant il est pour lui de regretter sur de 2 milliards de vaccins administrés dans le monde, seules 28 millions de doses des différents vaccins anti-COVID-19 ont été administrées en Afrique à peine 0,56% de la population africaine vaccinée. Après la parole l’acte.

Le moment tant attendu est arrivé. Le ministre Abdoulaye Sabre Fadoul, accompagné du représentant de l’OMS, Jean-Bosco Ndihokubwayo sont orientés vers la salle d’enregistrement des candidats au vaccin. Sur place, une soixantaine de candidats attendent déjà. La procédure est la suivante : prise de température à l’entrée, présentation devant les agents enregistreurs, enrôlement puis direction, la salle de vaccination. Ayant suivi tous ces protocoles, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul s’est fait vacciner sous les ovations de sa délégation. Suivi par le représentant de l’OMS. Après cette étape, les deux vaccinés sont allés observer une pause de 30 min dans la salle d’observation. Question de vérifier si des effets secondaires vont se manifester. A sa sortie, le ministre la Santé déclare « nous venons de donner l’exemple. C’est un vaccin comme tout autre. Que les fausses informations ne vous font pas peur. »

Rappelons que le Tchad a reçu 200 000 doses de vaccins Sinopharm comme don de la Chine. Ce lot permet d’entamer avec cette première phase de vaccination qui concerne trois provinces, Moundou, Abéché et N’Djamena. Les cibles prioritaires de cette campagne de vaccination sont le personnel soignant, les personnes âgées de plus de 65 ans et les candidats au Hadj. Bon à savoir, le vaccin n’est pas obligatoire, mais il l’est pour les pèlerins.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

Les examens de fin d’année scolaire 2020-2021, se préparent d’arrache-pied. Les corps enseignants et les élèves sont à pied d’œuvre. Mais l’on ne connaît pas avec exactitude la date de composition. Reportage

Un ciel orageux, sol mouillé, température favorable. Nous sommes à 09h d’horloge. Devant la porte principale du Lycée Felix Éboué de N’Djamena, quelques groupes d’élèves discutent de la date des examens. Quelques-uns parmi eux acceptent de nous parler, mais sous couvert de l’ anonymat. C’est un élève en terminale littéraire A4 au Lycée Felix Éboué, « nous ne savons pas exactement quand on va composer. Nous sommes très en retard sur le programme », déplore-t-il. Selon lui, il y’a trop de perturbations et les programmes ne sont pas exécutés comme il se doit. « Je souhaite que les examens se passent en août », s’exclame une autre élève de TD, série scientifique du même Lycée. L’année passée Covid-19 avait perturbé par les cours. Cette année les cours sont perturbés par les campagnes et bien d’autres problèmes, nous raconte-t-elle.

Dans une salle, un enseignant dispense ses cours, « je peux vous parler, mais je ne veux pas être cité », averti-t-il. « L’écoule tchadienne est à terre », dit-il. Selon lui, avant de prendre une décision concernant les examens, les autorités doivent consulter les enseignants  qui sont sur le terrain. « C’est nous (les enseignants) qui connaissons mieux l’évolution des cours. Pas les proviseurs et les censeurs » souligne l’enseignant. Pour lui, l’éducation est apolitique, car la vie des jeunes en dépend. Les programmes ne sont encore évacués à 60%, il va être difficile d’organiser les examens dans ces conditions, « c’est massacré les élèves » déclare-t-il. En français, c’est difficile de finir le programme, c’est une matière très complexe, explique l’enseignant. Pour lui, le gouvernement est dans sa logique de faire savoir à l’opinion internationale que l’éducation au Tchad, va bien, mais c’est tout le contraire. Il le dit la mine tendue. « Les manifestations et grèves sont très récurrentes ces 5 dernières années, ce n’est pas sourcier pour nous les enseignants d’évoluer à 90% », a-t-il conclu.    

Il est 10h passées, nous sommes au Lycée Hérédité d’Abena. Le proviseur Kimtolngar Ngartossoum nous reçoit. La date des examens est encore incertaine, dit le proviseur. Selon lui, les programmes sont exécutés à 70%. « Je crois que les élèves seront près pour les examens d’ici mi-juin », affirme le proviseur. Pour lui, la crainte c’est que jusqu’aujourd’hui les dates exactes des deux examens ne sont pas connues. Sinon généralement, le Baccalauréat et le Brevet d’études fondamental se déroulent au début du mois de juin, mais compte tenu des situations que traverse le Tchad l’on est obligé de faire avec.

Le cas des provinces et certains établissements de la capitale sont inquiétants avec la saison des pluies qui arrive avec son cortège des inondations. Un communiqué du ministère de l’Éducation soutient que les examens auront lieu à la mi-juillet.

Djilel-tong Djimrangué   

Dans la matinée d’hier jeudi, une bagarre a éclaté dans un camp militaire situé en périphérie de Moussoro. Diverses sources évoquent un recrutement pour la garde présidentielle qui aurait mal tourné.

Certaines recrues venues de N'Djaména et d'autres provinces du pays se disent victimes de discriminations. Après avoir été admises, elles auraient finalement été renvoyées par le supérieur en charge du recrutement. Le motif : elles n’appartiendraient pas au large clan ethnique au pouvoir.

Les critiques dénonçant une garde présidentielle clanique sont récurrentes au pays. Des accusations de discrimination balayées par le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim. Il évoque un mouvement d'humeur des nouvelles recrues en formation, qui ont des difficultés à s'adapter à la vie militaire.

Le ministre assure que le calme est revenu dans la journée au camp militaire de Moussoro. Une source locale affirme que l'hôpital reste encerclé par les forces de l'ordre pour sécuriser les blessés, mais aussi pour éviter une nouvelle bagarre.

Le calme semble être revenu ce vendredi matin. Des sources militaires avancent le chiffre de 18 blessés parmi lesquels 2 seraient des cas graves. Les hôpitaux où sont soignés ces blessés est encerclé par l’armée

À suivre

Le ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale a fait ce 3 juin, dans ses locaux, un briefing aux professionnels des médias sur la préparation de la campagne nationale de déploiement et de vaccination contre la Covid-19 au Tchad. Le vaccin qui sera utilisé est le Sinopharm. Voici les dix choses à savoir sur ce vaccin.

1)      Certifié par l’OMS

D’origine chinoise, le vaccin Sinopharm a été homologué par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 7 mai 2021. Il est testé sûr à 82%. Il a été utilisé en Égypte, Chine, etc.

2)      La dose

Contenu dans un flacon, Sinopharm a un dosage de 0,5ml et ne contient qu’une dose par flacon. Les personnes désirant se faire vacciner avec ce produit doivent prendre absolument deux doses sur un intervalle de 21 jours. Ce sont au total 200 000 doses pour environ 50 000 personnes.

3)      Les personnes cibles

Le vaccin contre la Covid-19 concerne que les personnes âgées de 18 ans et plus. Mais compte tenu de l’urgence, le Sinopharm qui vient d’être introduit au Tchad ne profitera que pour cette première phase au personnel de la santé, les personnes âgées de 65 ans et les candidats au pèlerinage à La Mecque. Il y aura en tout sept phases.

4)      Les avantages du vaccin

Le vaccin contre la Covid-19 protège l’individu qui le reçoit, en particulier les plus exposés de même que le reste de la population (membres de la famille et le reste de la communauté) ;

La personne qui reçoit le vaccin réduit les risques de complication qui sont à la base des décès chez les plus vulnérables (les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les personnes présentant les maladies chroniques) ;

La vaccination constitue le moyen le plus sûr pour protéger la santé de la population qui nous permettra de lever les mesures de restrictions telles que : couvre-feu, confinement, limitation du nombre de personnes en réunion, des mouvements des populations, etc.

5)      La date de lancement de la vaccination

La date retenue pour le lancement de la vaccination contre la Covid-19 au Tchad est le vendredi 4 juin. Elle sera simultanée dans trois provinces à savoir N’Djamena, Moundou et Abéché. À N’Djamena, l’hôpital de la Renaissance est le site choisi pour le lancement officiel.

6)      Les centres de vaccination

Le vaccin contre la Covid-19 sera administré par le personnel qualifié. Les séances de vaccination se feront dans des postes de vaccination préalablement sélectionnés. À N’Djamena, 7 sites sont retenus : l’hôpital général de référence nationale, l’hôpital la Renaissance, l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine, l’hôpital de la Mère et de l’enfant, l’hôpital le Bon samaritain, l’hôpital provincial de Farcha, le Centre international des endémies.

A Moundou : l’hôpital provincial de Moundou.

A Abéché : l’hôpital provincial d’Abéché.

7)      Le nombre de personnes à vacciner par jour

Un nombre déterminé de personnes doit être vacciné par jour. Chaque site doit vacciner 250 personnes par jour jusqu’au 13 juin.

8)      Les exceptions

Le vaccin ne concerne prioritairement que ceux qui ne sont pas encore atteints de la Covid-19. Pour des  personnes déjà atteintes de la Covid-19, on ne doit pas leur administrer le vaccin aussitôt.  On ne leur administrera que 6 mois après leur traitement.

9)      La durée du vaccin

Aucune étude n’a pour le moment attesté de la durée que peut protéger le vaccin contre la Covid-19. Raison pour laquelle le ministère de la Santé recommande même à ceux déjà vaccinés de continuer à se protéger de la pandémie. Selon les responsables du ministère de la Santé, ce vaccin est efficace. Pour vérifier s’il a ou pas d’effets secondaires, il est demandé d’observer 30minutes après s’être fait vacciné avant de quitter les lieux.

10)    Un vaccin non obligatoire

Le vaccin n’est pas obligatoire, selon le ministère de la Santé publique. Toutefois, il est un impératif pour tous ceux qui désirent voyager dans des pays où c’est recommandé. Les candidats au hadj sont dans l’obligation de se faire vacciner.

Le vaccin Sinopharm est un don fait au Tchad par la Chine. Il a été réceptionné dans la soirée du 2 juin par le ministre de la Santé publique Abdoulaye Sabre Fadoul en présence du représentant de l’OMS au Tchad et d’autres partenaires. Dans peu, l’autre vaccin Pfizer sera introduit au Tchad dans le cadre de Covax.

Allarassem Djimrangar
Christian Allahadjim

Un lot de vaccin Covid-19 pour le Tchad est livré ce mercredi 2 juin, à l’aéroport international Hassan Djamous de N’Djamena. C’est un don de la Chine.

C’est à bord d’un Airbus d’Air France que le lot de vaccin contre la pandémie Covid-19 don de la Chine au Tchad est arrivé à N’Djamena. 18H50mn, le ministre de Santé publique, Abdoulaye Sabre Fadoul, l’ambassadeur de la Chine au Tchad, Li Jin Jin, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Jean Bosco Ndihokubwayo inspectent les lots déchargés de l’avion. A 19 heures, l’ambassadeur chinois procède à la remise officielle du don de vaccin anti Covid-19 au ministre de la Santé publique. Celui-ci, après réception, les remet au responsable du comité national de riposte sanitaire.

Pour l’ambassadeur de la Chine au Tchad, Li Jin jin, malgré la demande domestique considérable, son pays a tenu à ses promesses en offrant des vaccins à plus de 80 pays en voie de développement et en exportant le vaccin à 43 pays. « En plus, nous avons orienté une aide à plus de 2 milliards de dollars aux pays en voie de développement touchés par l’épidémie afin de les accompagner dans la riposte sanitaire et la reprise économique et sociale », ajoute-t-il. Selon lui, la Chine a offert du matériel médical à plus de 150 pays, 13 organisations internationales et des partenariats de riposte entre les hôpitaux chinois et africains qui ont été mis en place y compris l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine. « Depuis que le Tchad a été frappé par la pandémie du Covid-19, le gouvernement chinois l’a offert une dizaine de lot de don de diverses matérielles médicaux. Et aujourd’hui, nous témoignons de l’arrivée de ce don de vaccin. Quelques-uns disent que c’est une diplomatie de vaccin, mais ma réponse est simple, la chine ne veut pas monopoliser cette diplomatie », déclare l’ambassadeur Li Jin jin. 

Le représentant de l’OMS au Tchad, Dr Jean Bosco Ndihokubwayo, quant à lui, indique que les virus n’ont pas de frontière. La Covid-19 est une pandémie que tout le monde doit la combattre, dit-il. « C’est un plaisir de voir le Tchad pour lequel, je travaille depuis 5 ans recevoir le vaccin anti Covid-19. Je voudrai du fond de cœur remercier les autorités nationales pour leur leadership, leur vision pour que nous puissions en arrivé là où nous sommes », se réjouit-il.

Selon le ministre de la Santé publique, Abdoulaye Sabre Fadoul, le Tchad a reçu, il y a de cela un an, sa première livraison, aide en matériel de protection contre la Covid-19. Une année plus tard, l’ambassade de la Chine fait un autre geste à l’endroit du peuple tchadien en lui offrant 200.000 doses de vaccin contre la Covid-19, informe-t-il. « Aujourd’hui, nous recevons ce vaccin et nous sommes prêts à commencer la campagne de vaccination dès vendredi 4 juin, en commençant par les personnes prioritaires, c’est-à-dire les personnels de santé et les personnes âgées de plus de 65 ans », souligne le chef de département de la santé publique.

C’est par la signature des documents de remise de don que la cérémonie a pris fin.

Malgré le communiqué conjoint et l’arrivée d’une forte délégation à N’Djamena, capitale tchadienne la tension retombe à peine.  Sur le terrain, il a eu d’échange de tirs mercredi entre les deux armées. Toutefois, le Tchad continue d’acheminer des renforts militaires dans cette zone. 

Pourtant 24 à 48h avant, le ministre tchadien des Affaires étrangères Chérif Mahamat Zene et son homologue centrafricaine Sylvie Baipo Temon, ont annoncé dans un communiqué conjoint la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour établir les responsabilités dans l’attaque du 30 mai dernier à la frontière entre les deux pays ayant occasionné la mort de six soldats et blessés cinq autres.

Après avoir opposé un refus de recevoir la délégation dépêchée par Bangui, les autorités tchadiennes ont finalement accepté de rencontrer cette délégation mardi 1er juin. Dès son arrivée, « la délégation a eu une séance de travail avec leurs collègues tchadiens des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité, avant d’être reçu par le président du conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby », informe le communiqué qui précise que les deux parties ont reconnu la gravité de la situation et souligné l’urgence d’élucider les circonstances dans lesquelles cette attaque a été opérée. « La mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et impartiale, composée des partenaires traditionnels de deux pays qui sont l’Organisation des Nations unies (Onu), l’union Africaine (UA) et la communauté économique des états de l’Afrique centrale (Ceeac), a l’effet de déployer les espères sur les théâtres des attaques pour établir les faits et déposer un rapport qui situera les responsabilités a été convenue », annonce ce communiqué.

Les pays s’engagent à mettre en application les conclusions du rapport de la commission internationale indépendante d’établissement des faits afin de travailler ensemble sur une nouvelle base pour renforcer la sécurité à la frontière commune et éviter à l’avenir que des tels incidents malheureux ne se reproduisent.

Le deux pays souhaitent renforcer leur coopération bilatérale. Les ministres centrafricains dépêchés à N’Djaména et leurs homologues tchadiens réitèrent l’engagement des deux chefs d’État, Mahamat Idriss Deby et Faustin Archange Touadera de « privilégier le dialogue pour préserver la paix et la stabilité dans les deux pays et mutualiser leurs efforts pour relever les défis sécuritaires communs », conclu le communiqué.

Aujourd’hui, les problèmes de la vue sont très fréquents. Ils sont liés aux maladies oculaires. Ces maladies peuvent causer de déficit visuel grave si elles ne sont pas dépistées à temps. La population n’a pas d’informations exactes sur les dangers liés au problème de la vue sans la correction. Ialtchad Presse a abordé la question avec le Docteur Mahamat Dicko, Médecin Ophtalmologiste à l’Hôpital Général de Référence Nationale(HGRN). Ialtchad Presse vous propose une entrevue après une une série de 2 reportages.

Quelles sont les maladies qui affectent notre vision ? Ya-t-il de statistiques au Tchad? 

En sciences, pour aborder un sujet, il faut les statistiques. Il faut savoir que 80% de la population mondiale, « je parle de mondiale parce qu’on n’a pas de statistique au niveau local. Aucune étude n’a été menée au Tchad concernant le problème de la vue lié à la correction.» Sur le plan mondial, 80% de la population est porteuse de l’amétropie. Quand on prend la myopie qui est le chef de file de ces maladies, elle tient la première place et, 50% de la population mondiale sera myope à d’ici l’an 2050. S’agissant des maladies imputables aux corrections, elles sont nombreuses. Mais les principales sont les amétropies stérides : la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie.

Quel est l’impact économique lié à ces maladies ?

Il faut savoir que 33% de la population mondiale active est amétrope (problème de vue lié à la correction). 27% de conducteurs à un problème de vue. Ce qui fait que le coût au niveau des accidents de la voie publique, 60% sont liés au problème de lunettes. Cela peut avoir un impact important sur la productivité. Dans le monde, les dépenses engendrées rien que pour pallier ce problème représentent 270 milliards de dollars par an. C’est le lieu d’alerter les autorités publiques tchadiennes en tant que décideurs politiques afin de pouvoir prendre des mesures, organiser des sensibilisations et demander à la population de se faire consulter pour régler ce problème.  

Quelles sont les causes de ces maladies ?

Les causes sont nombreuses. Mais retenons les deux principales causes : l’hérédité et l’environnement. Si on prend la myopie par exemple, elle est causée le plus souvent par une question d’hérédité. Si un enfant à un des parents qui est myope, il a 50% de chances de devenir myope. Si les deux parents sont myopes, ce pourcentage probable de faire la myopie est multiplié par trois. Il y a ensuite l’environnement. Les études ont montré que dans les zones industrialisées, il y a une forte prévalence de la myopie par rapport  aux zones rurales. Les enfants enfermés dans les maisons développent plus de myopie plus que ceux qui passent beaucoup de temps à l’extérieur de la maison.

Comment savoir qu’on a un anomalie de vision?

La réponse qui s’impose c’est la consultation. Et malheureusement, comme je vous ai dit, 80% de la population mondiale est myope. Et ce n’est qu’hétérogène, cela veut dire que la répartition n’est pas cohérente. Par exemple les gens qui ont le problème de la vision qui ampute seulement 10% de leur vision, s’ils ne sont pas dans les activités qui nécessitent une vision minutieuse, telles que l’enseignement : les élèves et étudiants peuvent facilement constater qu’ils ont un problème de vue. Lorsqu’un enfant à l’école derrière tout le monde et qui ne voit pas le tableau, il se déplace, ses camarades le constatent. Même chose pour l’enseignant qui a tout le temps une activité de vision de loin comme la vision de près, en corrigeant les copies peut facilement constater qu’il a un problème de vision. Un cultivateur ou un paysan qui laboure ne se rend pas vite compte sauf si cela est profond.

Les tchadiens portent les lunettes correctrices à leur guise. Que dites-vous en tant qu’ophtalmologiste?

Vous savez, les lunettes sont un instrument permettant de pallier les défauts visuels ou de protéger les yeux. Mais allez se procurer les verres dans la rue, c’est une très mauvaise habitude sinon un danger. Le problème qui concerne la vision doit d’abord passer par une consultation. Le médecin ophtalmologiste doit prescrire une ordonnance de lunettes avec tous les renseignements retrouvés chez le patient. C’est alors que la consultation qui détermine le degré du verre qu’un opticien pourra le lui confectionner.

Les tchadiens n’ont pas une culture de lunettes. La majorité des femmes par exemple ont de problème de la vision mais refuse de porter les lunettes. Les problèmes profonds de la vision ne peuvent qu’être corrigés que par des lunettes. Au Tchad, qui dit problème de correction dit problème des verres. Il y a les verres, les lentilles de contacts, la chirurgie rétractile qui entrent dans le traitement de ces pathologies d’ordre correctionnel

Pourquoi on n’a pas cet arsenal thérapeutique?

Mais ici au Tchad on n’a pas cet arsenal thérapeutique, on a que les lunettes correctrices mais qui peuvent également résoudre ce problème. Cependant, les lentilles de contact et la chirurgie rétractile ne sont pas pour le moment au niveau de service technique ophtalmologique tchadien. Alors il faut que la population consulte les ophtalmologues au moindre signe visuel pour recevoir conseils adaptés au port des lunettes correctrices.

Le traitement se fait seulement par le port de lunettes ou existe-t-il d’autres produits ?

Grosso modo, les lunettes correctrices sont recommandées pour le moment au Tchad comme instrument de traitements proposés pour le problème liés à la correction. Toutefois, il y aussi les verres correcteurs et la chirurgie refractile. En Europe et en occident, certaines personnes refusent les verres correcteurs. Ils voient un chirurgien refractile qui va leur proposer la chirurgie qui les corrige pour toujours. Les lentilles ne sont pas adaptées à nos climats avec un environnement poussiéreux et chaleur. Ce sont des conditions qui ne sont pas favorables au port de lentilles ici au Tchad. Ceux qui ont essayé ont eu des infections au niveau de corneille. Ce sont des patients qui ont un niveau intellectuel un peu élevé qui le porte et en font très attention à l’entretien. Nous conseillons plus l’utilisation des lunettes correctrices et accessibles à tout le monde.

Conseils à la population ?

D’abord, il y a beaucoup des idées reçues qui sont là. « J’ai reçu beaucoup de patients qui disent : Dr les lunettes on nous dit avec le temps ça détruit l’œil, créer une atrophie au niveau du globe. Il y a ceci et cela ». Ailleurs dans d’autres pays, mêmes les gens qui n’ont pas problèmes de correction, voient les ophtalmologues pour prendre de conseils pour mieux protéger leurs yeux. Aujourd’hui, tout le monde est planté devant les écrans : smart phones, tablettes, téléviseurs, ordinateurs. Ces appareils dégagent la lumière bleue très nocive pour l’œil. Ce sont là des raisons fondées pour se rendre chez un ophtalmologiste, rien que pour chercher des conseils sur l’acquisition des lunettes anti reflet. Les lunettes en général c’est très bien pour l’œil. Les bonnes lunettes n’ont que de bénéfices pour l’œil.

Combien de patients en moyenne recevez-vous par jour?

Je n’ai pas fait le cumul par mois ou par jour. Mais je suis à l’HGRN. On est trois ophtalmologistes et chacun a ses jours de consultation. J’ai deux jours de consultations dans une semaine et je limité à 15 patients. Je fais ça parce qu’au niveau diagnostic lors qu’on en fait trop, ce n’est pas rentable en termes de résultats. Il n’y a pas assez d’ophtalmologues au Tchad. Ce dernier temps, oculaire on a le devoir de sensibilisation. A chaque fois qu’on reçoit un patient, on prodigue des conseils sur des conduites à tenir. Cela porte de fruit, car un nombre assez important de personnes viennent se faire consulter. C’est encourageant. Il y a tellement de choses que les gens racontent sur les verres qui ne sont pas vraies. Les bonnes informations ne peuvent être trouvées qu’auprès des ophtalmologues.

Que vous inspirent les caravanes ophtalmologiques qui se font chaque année au Tchad ?

Ces caravanes sont organisées et pilotées par un programme au sein du ministère de la Santé Publique, appelé le Programme national de lutte contre la cécité. Il s’occupe de la politique de santé oculaire. Elles se font plus dans les zones périphériques et des provinces afin de traiter les démunis.  Mais le PNLC peut solliciter à tout moment l’intervention des médecins ophtalmologistes.

Propos recueilli par Moyalbaye Nadjasna

Le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS) observe du 2 au 4 juin prochain, dans toutes les institutions de l’enseignement supérieur une grève d’avertissement pour multiples revendications. Reportage.

Arriérés de salaires, primes et indemnités, arriérés des heures supplémentaires de 2014, frais de vacation et de mission, frais du jury, paiement des titres de transport des années 2019 et 2021, dégel des effets financiers des avancements et titularisations, sont les points saillants des revendications égrainés par Dr Guirayo Jérémie, président du Bureau Exécutif (BE) national du Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS). D’après lui, c’est une situation qui concerne tous les agents du ministère de l’Enseignement supérieur.

Dr Guirayo Jérémie précise que, les points immédiats de leurs revendications concernent les arriérés, primes et indemnités des institutions supérieures provinciales. « L’université de N’Djamena a signé un contrat avec Commercial Bank Tchad (CBT). Chaque fin du mois, elle payera les primes et indemnités en termes déchus, mais dans les provinces, cela traine jusqu’à 2 à 3 mois. Et lorsqu’on revendique, on nous paye qu’un seul mois. C’est ce qui nous plonge dans des arriérés », dit le président national du SYNECS. Selon lui, la situation est devenue récurrente et les arriérés s’accumulent. Dans les provinces, les conditions de vie et de travail des enseignants chercheurs du supérieur sont vraiment lamentables, déplore-t-il. « A l’heure actuelle, toutes nos sections provinciales accusent 2 mois d’arriérés de salaire, de primes et indemnités, des arriérés des heures supplémentaires depuis 2014, de frais de vacation et de mission et les frais du jury. C’est ce qui nous a conduits à cette grève d’avertissement de 3 jours », lance-t-il.

Dr Guirayo Jérémie soutient que, le décret portant le minima horaire, c’est-à-dire le volume horaire qui doit être assuré par les enseignants chercheurs, par grade et qualité pose aussi problème. Le SYNECS conteste l’arrêté 325 en vigueur à l’époque. Il indique qu’une commission a été mise sur pied au niveau du ministère de tutelle afin de travailler sur un projet de décret qui devrait prendre en compte toutes leurs préoccupations. Ce projet de décret déclare-t-il, se trouvait depuis un an au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et devrait déjà être envoyé à la présidence pour signature mais jusque-là rien.

Avec la nouvelle donne, dit-il, il faudrait que le SGG ou la présidence leur sorte ce projet de décret afin que le SYNECS le retravaille et qu’il soit signé pour leur permettre de résoudre certains problèmes qui minent l’enseignement supérieur tchadien. « Tous ces problèmes qui minent l’enseignement supérieur, nous voulons les résoudre à travers cette grève d’avertissement. Si le gouvernement essaye de résoudre normalement nos revendications, on peut rattraper les retards de cours et voir l’élasticité de l’année académique. De ce côté, il n’y a pas d’inquiétude », rassure Dr Guirayo Jérémie. Il souligne que par le passé, le SYNECS était toujours en contact avec le ministre de Finances et du Budget, mais ces derniers il semble plus chargé. « Suite à la grève d’avertissement qu’on a lancé hier, le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur cherche à nous rencontrer pour discuter avec lui des mesures de faisabilité de nos revendications. Cette rencontre aura lieu d’ici quelques heures », conclut-il.

Allarassem Djimrangar

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