jeudi 22 octobre 2026

Le président du parti politique Les Transformateurs, Dr Succès Masra a organisé une conférence de presse pour faire le bilan de 10 mois de la transition du Conseil militaire de la transition (CMT). Il a aussi appelé les Tchadiens à se préparer au pire au cas où le dialogue prochain ne serait pas bien organisé et inclusif. Il a promis une grande action citoyenne de désobéissance civile qui annoncera un nouveau tapis rouge pour le pays au cas où le dialogue sans base juridique devrait s’organiser. Reportage.

Le leader du parti Les Transformateurs, Dr Succès Masra a déclaré ce jeudi à N’Djamena au cours d’une conférence de presse au siège du parti sur le bilan des 10 mois de transition conduit par le CMT que son parti est prêt à participer au dialogue prévu pour le 20 août prochain, s’il y a un pont de confiance, une nouvelle charge qui va consacrer les exigences et les engagements pour permettre à tout le monde de venir au dialogue. Il souligne que le PCMT a 15 jours, s’il tient à ce dialogue souverain et inclusif, notant que 15 jours, c’est beaucoup pour finaliser la nouvelle charte avant le jour J. L’opposant se propose d’aider le gouvernement de la transition à le faire. « Nous sommes prêts à aider à écrire une nouvelle charte en moins de 48 heures et nous serons ravis de venir au dialogue sincère et souverain qui aura enfin une base juridique », propose-t-il.

Dr Succès Masra demande au PCMT de se libérer des pressions et de prendre une bonne décision qui fera de lui un homme libre et s’il ne le fait pas, il est complice. Il en appelle à la voix de la raison. Selon lui, des concessions ont été faites, mais en retour il y a la tentation de la confiscation armée du pouvoir. « Nous sommes prêts à aller au dialogue avec les gens qui juridiquement sont contraints à appliquer les résolutions du dialogue », ajoute le président du parti Les transformateurs.

Il soutient qu’il faut se préparer au pire parce qu’il faut vouloir le meilleur pour le Tchad. Pour lui, si ce scénario du pire devait arriver, pour préparer le meilleur, ça voudrait dire qu’on aurait ensemble pris acte du fait que les généraux au pouvoir vont par tous les moyens choisir de rester comme s’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner une élection en reniant leur parole devant le peuple. Selon lui, si c’est le cas, ils vont organiser le dialogue pré cuisiné et avec la même logique, organiser toute la suite de la transition conduisant à de fausses élections. Il précise qu’un dialogue sans une base juridique, les actes de ce dialogue fuirent-il, souverain, n’engage personne et surtout pas ceux qui ont pris le soin de ne pas donner à ce dialogue une base juridique.

Dr Succès Masra appelle les hommes de troupe et les généraux de l’armée nationale à choisir leur camp. « Si un scénario de forcing devait se présenter, vous devez choisir votre camp », lance-t-il. Il les exhorte aussi à choisir le camp de la République au service de tous ou le camp d’un petit groupe au service de quelques-uns.

Il demande aux Tchadiens de se préparer au pire.  Il conseille au peuple de ne pas préparer le pire, mais de se préparer au pire. Il annonce qu’il va organiser des actions citoyennes et de désobéissance qui annoncera un nouvel élan pour le pays au cas où le dialogue sans base juridique consensuel devait quand même s’organiser.

Au sujet de la déclaration du PCMT qui disait que rien sur le plan juridique ne l’obligeait à organiser la transition, il répond que le PCMT doit respecter sa parole qui est une parole d’un officier supérieur. Il conseille le général Mahamat Idriss Deby Itno à organiser la transition et à remettre le pouvoir aux civils.

Jules Doukoundjé

La cérémonie de l'avenue Adoum Tchéré a eu lieu ce jeudi 04 Août 2022 sous le viaduc du palais du 15 janvier dans 8ème arrondissement de la ville de N’Djamena, Reportage.

Dès 9h parents, fils, filles, amis et connaissances se sont mobilisés dans une ambiance de haute facture à travers les danses de terroir pour immortaliser la mémoire du feu Adoum Tchéré à la cérémonie du baptême du boulevard portant son nom. Adoum Tchéré est né le 29 décembre 1925 à Mataya dans la sous-préfecture de Bikine province du Guera. Il a été ministre 5 fois dans le gouvernement de Tombalbaye et Koulamallah. Du 22 décembre 1960 à 22 décembre 1963, il a été respectivement le président du conseil de l'ordre National Tchadien, président de l'assemblée nationale, Secrétaire Général Adjoint du parti progressiste Tchadien (P.P.T) réélu député du PPT-RDA du Guera. Dans son parcours M. Adoum Tchéré a eu de distinction honorifique comme de grand chancelier, grand officier de différents pays notamment son propre pays le Tchad, la France, le Zaïre, la centre Afrique, Niger, Nigeria, Sénégal, Gabon, Allemagne et la Chine nationaliste.

Selon le témoignage Mme Zenaba Bidjere, petite fille de Adoum Tchéré, il a marqué l'histoire du Tchad depuis l'ère de l'indépendance. Pour elle le boulevard que porte le nom de son grand père est significatif parce qu’il croise le boulevard Ngarta Tombalbaye qui était son intime ami et à l'encontre du boulevard Maloum Bada qui est son cousin. Zenaba ajoute que « comme son nom indique Tchéré, signifie la gentillesse, il était tout pour les Tchadiens, bref c'est un père national », conclut-elle émue.

 Ousmane Bello Daoudou

La cérémonie de baptême d’une avenue en l’honneur de Ali Kosso, cadre administratif et député, a eu lieu ce jour, 4 août 2022 à Moursal dans la commune du 3e arrondissement de la ville de N’Djamena en présence des autorités administratives et communales. Reportage.

Il est 10h, sur l’avenue est installée une grande tente où se sont retrouvé la famille biologique, les connaissances et les invités du regretté, Ali Kosso. Danse moderne et chant traditionnel gorane, Baguirmi, kanembou, etc ont rythmé le lieu. L’ambiance était festive. 

Feu Ali Kosso est né en 1923 à N’Tiona dans le nord Kanem et décéda dans son village natal le 23 novembre 1989. Il est le fils de Kedellah Kosso Doungouchi, légendaire Chef de Canton Gorane du Kanem. Il est issu d’une fratrie de 12 frères et 6 sœurs. Très éveillé, Ali Kosso embrasse la politique très jeune. Il a rencontré l’instituteur François Tombalbaye, futur Président de la République lorsqu’il fréquentait l’école à Mao. Ce contact lui a permis d’être parmi les fondateurs du PPT-RDA local et devient le confident du président Tombalbaye parmi les cadres du Nord. Il a été Délégué Sénateur de la communauté française en 1958, puis Député du Grand Kanem en 1959, mais il aussi fut membre de la commission des affaires économiques de cette assemblée. Conseiller de l’Afrique Équatoriale Française (AEF), et inspiré par les idéaux indépendantistes du PPT-RDA d’obéissance progressiste, le Député Conseiller et ses compagnons, notamment Tombalbaye, Allahou Taher, Gabriel Lisette et autres s’engagèrent dans la lutte pour l’indépendance du Tchad qui sera acquis le 11 août 1960.Après l’indépendance du pays, il entre au Gouvernement en occupant successivement le poste de Secrétaire D’État aux finances et au Plan, ministre de la Justice à partir de mars 1962, Vice-Président du Conseil Economique et Social, Membre du bureau exécutif du PPT-RDA et MNRCS.Véridique, c’est d’ailleurs ce qui lui a valu la prison quand le Président Tombalbaye a refusé d’appliquer les résolutions du congrès de réconciliation tenu à Doyaba comme l’a si bien expliqué l’historien Arnaud Dingamadji. Selon Mr Pirkolossou Bénoit, homme politique et Chef traditionnel de Bayaka-Baba par Kelo, lorsqu’il s’agissait du premier permis d’exploitation du pétrole tchadien, au cours d’une réunion restreinte du bureau exécutif du parti, il fut le seul a prié le Président de la République à signer le contrat d’exploitation avec les Américains, car cela permettait au pays de se développer à l’instar des pays du Golf, quel que soit le risque à encourir.

Mahamat Hissein Adoum, jeune, présent sur lieu de la cérémonie confie qu'il ne savait qui était ce grand monsieur. « Aujourd'hui grâce à cette cérémonie de baptême de cette avenue, j'ai connu le passé glorieux de Ali Kosso », dit-il. Il relève que cette initiative est à saluer, « parce qu'elle est bénéfique pour la nouvelle génération de connaître qui sont les hommes qui ont marqué l'histoire de notre pays », dit-il.  Pour Général Ali Kouloutou Tchaïmi, c'est un sentiment de fierté. « Ali Kosso est un monument, un patriote et un patrimoine national ». Il souligne que de son vivant, il était une personne qui n'a pas d'ethnie ni de région ni de religion, il se définissait comme tchadien, « c'était un homme généreux et au service de tous » dit-il. Il ajoute, « si vous avez vu les différentes personnes, les danses traditionnelles de différentes ethnies...ici, cela reflète parfaitement la personnalité de ce grand homme, Ali Kosso ».

Signalons que le baptême de cette rue s’inscrit dans le cadre du projet « N’Djamena, ville de la paix » lancée le 5 juillet dernier en prélude au dialogue national inclusif qui va se tenir dans la capitale le 20 août prochain.

Abderamane Moussa Amadaye

La voie de contournement de la grande mosquée Roi Fayçal est baptisée au nom du défunt Imam Hassane Hissène Abakar, ancien président du Conseil supérieur des affaires islamiques (CSAI) du Tchad ce jeudi 4 Août. C’était en présence de plusieurs autorités. Reportage.

C’est sous un ciel nuageux que les autorités de la commune de N'Djamena ont organisé la cérémonie de baptême de la rue qui entoure la grande mosquée Roi Fayçal. Cette rue prend désormais  le nom de l'ancien président du conseil supérieur des affaires islamiques Imam Hissène Hassane Abakar. Plusieurs invités de marque dont les religieux et amis du défunt, hommes de Dieu ont assisté à cette cérémonie.

Natif d’Am-dam en 1947 et mort le 14 janvier 2018 à Paris, Hissène Hassane est un grand dignitaire religieux musulman Tchadien. Président du conseil supérieur des affaires islamiques du tchad, membres fondateurs de ligue islamique mondiale. Fayçal Hissène Hassane Abakar fils du défunt se dit honoré de prendre la parole au nom de la famille et souligne que c'est une famille qui s’étend de Mbaïbokoum à Aouzou. Une famille qui n'est pas séparée par des différences géographiques, religieuses, tribales et culturelles une famille unie par l'amour, la paix et l'amour de la patrie, a-t-il dit.

Il a témoigné que le défunt Imam Hassane Hissène Abakar n'a jamais vécu un seul jour pour lui-même, mais il a vécu pour la nation toute entière, comme une bougie qui fond pour donner de lumière aux autres. Il a servi son pays en toute sincérité, dévouement. Il a œuvré sans fatigue ni ennui, jusqu’à son dernière heure. Son souci était toujours la patrie et l’union de ses fils. Fayçal Hassane Hissène a ajouté que le choix de cette rue n'est pas fortuit, mais a plutôt une grande signification. Car cette rue est considérée comme l'une des rues les plus populaires de la capitale où le défunt la parcourait tous les jours de son vivant. Parmi les symboles de cette rue il y a l’édifice de l'islam dans ce pays et même pour l’Afrique. C'est le CSAI, à travers lequel le défunt a donné ce qu'il a pu donner au Tchad et au peuple tchadien dit-il.

La cérémonie a pris fin par la remise des attestations de reconnaissances aux autorités de la commune de la ville de N’Djamena.

Haoua Adoum Ibeth

Le dialogue nation inclusif (DNI) est pour bientôt. Il ne reste que 17 jours. Plusieurs intellectuels, des organisations politiques et la société civile s'interrogent sur un rendez-vous qui, disent-ils, risque d'être sans enjeux. D'aucuns invitent le Président du Conseil militaire de transition (CMT) à mettre en place un organe paritaire, gage d'un dialogue sincère. D'autres s'inquiètent que ce dialogue accouche d'une souris. Reportage.

Selon le Huissier Commissaire de Justice Me Hisseine N'Garo, le 20 août 2022, est la date fixée par le CMT pour la tenue des assises du Dialogue National Inclusif ( et Souverain). En tant qu’observateur de la sphère politique tchadienne, l'auxiliaire en charge d'exécution des décisions de justice  s'interroge sur le but, la catégorie des participants et les résultats à attendre de ce dialogue. « Excusez-moi, étant observateur de la sphère politique de notre pays depuis toujours, ayant vécu les différents conflits politico-militaires depuis mon très jeune âge, j'ai une idée peut-être pas assez sûre, mais quand même proche de la réalité pour conclure que ce DNI accouchera d'une souris, comme beaucoup d'autres ont entendu parler des différentes rencontres de réconciliation entre les Tchadiens par le passé », affirme-t-il.

Pour Me Hisseine N'Garo, certains noms et prénoms de ceux qui se disent surtout politico-militaires ont contribué depuis des décennies à faire du Tchad leur propre fonds de commerce. D'après lui, ils ne veulent toujours pas se reposer pour que la paix revienne dans ce pays. À côté d'eux, dit-il, certains soi-disant politiciens, dont les programmes politiques, se résument à adhérer au parti politique de la mouvance présidentielle pour en vivre. Il affirme que des quadragénaires en fin de vie, ont pendant plus de 50 ans de participation à la gestion de ce pays, n'ont innové que dans le pillage des ressources du pays. Ils n’apporteront aucune plus-value à ce pays, lance-t-il. « Qu'ils acceptent cette vérité et avec la fortune qu'ils se sont faîtes qu’ils partent se reposer en attendant leurs derniers jours, surtout en invoquant le pardon à Allah ou Dieu qui est Pardonneur et Miséricordieux », dit l'huissier.

Me Hisseine se demande si cette jeunesse impliquée dans la politique pour dit-elle apporter le changement dans ce pays, est réellement bien préparée pour le faire?  Selon lui, il suffit tout simplement de faire un constat de leurs comportements, discours et surtout leurs manières de faire pour se rendre à l'évidence. La plupart, poursuit-il, ont suivi les pas de ces vieux fossoyeurs de notre pays et s'illustrent par des critiques beaucoup plus stériles qu'innovatrices. Ils font, dit-il, des propositions de redémarrage socio-économique dans une vision politico-stratégique afin de rattraper ce retard dont ils sont victimes par ceux-là qui les manipulent aujourd'hui. « Au vu du comportement de certains qui hier vilipendaient le Feu Maréchal, se sont fait une santé financière et deviennent les porte-voix de ce même régime, sous le fils du Feu Maréchal. N'est pas là la politique du ventre comme celle de nos aînés qui ont mis ce pays sous perfusions, mais qui reste toujours dans un état de coma? », s'interroge l'huissier.

Définir clairement l'agenda, les critères et la liste des participants

Le juriste soutient qu'à quelques jours de l'ouverture de ce dialogue, combien ont développé ou ont fait des propositions allant dans le sens d'un changement ou d'une refonte socio-économique et politique? Pour lui, c'est une manière de distraire les Tchadiens afin de les mettre devant les faits accomplis, comme les résultats des différentes rencontres des pré-dialogues organisées il n'y a pas longtemps. « Lorsqu'on accepte le prix en numéraire ou matériel de sa conscience, il ne reste plus qu'une chose, la boucler », conclut-il. Il implore le ciel de sauver le Tchad.

Dans une lettre ouverte adressée au Président du conseil militaire de transition (PCMT), le Groupe Appel du 1er juin, Wakit Tamma, les Démocrates, l'UNPT, le COP, l'UTPC, la Plate-forme Diaspora tchadienne, le MPUD, le FNC, Un Nouveau jour, invitent le gouvernement à un dialogue sincère et inclusif pour le Tchad. Ils insistent sur la mise en place d'un organe paritaire. Cet organe, disent-ils va comprendre les pro-CMT et les contre-CMT. Il va être chargé dans une atmosphère apaisée de préparer de façon inclusive, consensuelle et transparente, l'agenda, les critères, la liste des participants ainsi que le projet de règlement intérieur du dialogue pour sortir le Tchad des interminables violences et asseoir des institutions légitimes, des dirigeants démocratiquement élus, le dialogue vrai et sincère s'impose, soutiennent-ils.

Moyalbaye Nadjasna

Le ministère de la Culture et de la promotion de la diversité avec l’appui de l’UNESCO a organisé l’atelier national de validation de la politique culturelle du Tchad. Le lancement officiel a lieu ce mardi à N’Djamena en présence de plusieurs hommes de culture et du ministre d’État chargé de la réconciliation nationale et du dialogue social, Acheikh Ibni Oumar, représentant le premier de la transition. Reportage. 

Selon l’UNESCO, la culture est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.

Pour le ministre de la Culture et de la promotion de la diversité culturelle, Ndougonna Mbakasse Tiradjim cette cérémonie est l’aboutissement d’un long processus commencé par les ministres de la Culture qui se sont succédé. Selon elle, la formalisation d’un document de politique culturelle est une nécessité pour un développement harmonieux et soutenu du secteur, permettant à l’état de disposer un outil indispensable à la mobilisation des ressources, à la protection et à la promotion de la culture nationale. Elle souligne que le document de projet de politique culturelle du Tchad qui sera remis aux participants pour examen et adoption est structuré en plusieurs points, notamment le contexte, la définition de la vision soutenue par 11 principes directeurs.

Mme la ministre ajoute que l’UNESCO souhaiterait que le document de politique culturelle soit une référence africaine lors de la conférence mondiale sur les politiques culturelles et le développement durable qui aura lieu au Mexique en septembre prochain.

Dans le même registre, le coordonnateur de l’UNESCO représentant le représentant résident de l’UNESCO au Tchad, Adjanohoun Maxi affirme que la directrice générale de l’UNESCO invite les États membres et la communauté internationale à engager ensemble une réflexion continue sur les politiques culturelles pour relever les défis mondiaux et définir les priorités immédiates et futures. Il précise que l’objectif visé est de construire un secteur culturel plus solide et plus résilient ancré dans les perspectives de développement durable et la promotion de la solidarité, de la paix et de la sécurité conformément à la vision présentée dans le rapport « notre programme commun ».

Le coordonnateur de l’UNESCO au Tchad exhorte les Tchadiens et surtout le monde culturel du pays à saisir l’opportunité pour mesurer l’immense chemin parcouru dans le domaine des politiques culturelles au Tchad depuis quelques années et porter ensemble les regards vers l’avenir. Il soutient que les enjeux de la diversité, d’accès et de participation à la culture, la gouvernance démocratique et la contribution de la culture au développement socio-économique n’ont jamais été aussi présents dans les débats sociétaux et politiques.

Jules Doukoundjé

Les grosses pluies du 31 août au 1er septembre 2022 ont fait d'énormes dégâts dans la capitale tchadienne. La commune du 7e fait partie des arrondissements le plus touchés par ce drame. Le bassin de rétention rempli se déverse dans le quartier et engloutit les habitations tout autour. L'équipe de Ialtchad Presse s'est rendue ce 2 août pour le faire le constat. Reportage.

Les eaux de pluie de ces deux derniers jours ont fait d'énormes dégâts à N’Djamena et dans la commune du 7e arrondissement. Le bassin de rétention d'eau situé à 0 mètre de la station-service de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), non loin du lycée Amtoukoui s'est écroulé et les eaux se sont déversées dans le quartier. Des maisons englouties et plusieurs ménages se sont déplacés.  Les rues sont impraticables. La commune du 7e arrondissement a déployé un mini excavateur (Caterpillar) pour inspecter et déboucher les canaux afin d'évacuer les eaux stagnées.

Komidi Armand habitant d'Amtoukoui, son domicile est englouti par les eaux se confie, « la mairie ne fait pas son travail, attendre les eaux de pluie, voir la population souffrir avant de venir en aide est inacceptable », dit-il. « On en a marre de leur travail toujours médiocre », se plaint Armand. Pour Moussa Hassan, réparateur des motos, cette inondation a impacté négativement ses activités, « depuis hier je n'ai pas eu de client », a-t-il affirmé. Il interpelle la mairie à doubler d'efforts dans cette opération de drainage et aussi de curage des canaux.

Atteib Mahamat Abdallah, Maire de la commune du 7e arrondissement interrogé sur la question, il affirme que l'inondation est un phénomène mondial et le Tchad n'est pas du reste. Il souligne que la ville de N'Djamena est une cuvette et il y'a un manque sérieux de canalisation. Il relève aussi que le 7e arrondissement est entouré de 5 autres arrondissements, ce qui fait que les eaux stagnent plus dans sa commune. Atteib Mahamat Abdallah affirme aussi que la mairie ne dispose pas des moyens conséquents pour subvenir aux besoins de la population « à part la collecte de taxe, nous n'avons pas d'autres moyens financiers ni matériels », dit-il. Par rapport aux inondations, M. Le Maire du 7e arrondissement, affirme que l'incivisme caractérisé des citoyens est une grande part de responsable, « il y a des personnes qui mettent des tas de sable dans les canaux ou sur le passage d'eau qui bloque le passage d'eaux ». Le Maire soutient aussi que le bassin de rétention d'eau est inachevé, « le canal de drainage qui devrait relier le bassin de rétention d'Amtoukoui au fleuve Chari est inachevé, le CGCOC y travaille dessus, ce qui ne permet pas à l'eau de s'évacuer, c’est pourquoi il y a débordement dans les quartiers », martèle-t-il. Toutefois, le maire tient à rassurer sa population que des actions sont en train d'être menées pour que les eaux stagnées puissent être évacuées, « nous avons loué un excavateur depuis hier, avec les techniciens, ils sont un peu partout dans l'arrondissement pour évacuer les eaux », a-t-il ajouté.

Il faut rappeler que le 7e arrondissement fait partie des arrondissements le plus touchés par les inondations.

Abderamane Moussa Amadaye

Arachides frais, maïs frais, fruits sauvages, etc. C’est en saison de pluie que ces denrées alimentaires sont vendues dans les marchés et sont accessibles à tout le monde. Ialtchad presse est allé dans quelque marché pour un constat. Reportage.

Maïs frais, Arachides, Concombres, maniocs, tubercules de rônier appelé communément (Djabbra) pour ne citer que ces aliments. Contrairement à l’année dernière, les premiers arrivages sont déversés sur les marchés et sont en quantité cette année.  Selon certains la forte pluie qui s’annonce cette année expliquerait l’abondance. Les vendeuses dans les marchés sont du même avis. Très prisés par les Tchadiens ces fruits alimentaires apparaissent surtout en saison de pluie et  sont vendus à bas prix. Ces produits saisonniers sont vendus par tas et par sac d’après les explications des vendeuses. 

10h. Marché de Dembé. Les produits sont visibles un peu partout. Ils sont vendus dans des bassines, des plateaux, dans des brouettes et étalés sur des sacs. Des femmes, des enfants les rangent dans des plateaux ou des bassines et en font la vente dans les rues, les bars et autres lieux publics.  Les prix de sac varient d’un marché à un autre. La base de ces produits est le « marché Tarodona ». Ils sont vendus par sac, bassines, Coro, etc.  Au marché de Dembé le prix de sac de maïs frais selon Fatimé la vendeuse coûte 14 500 F CFA à 14 000 F CFA et sont aussi vendues par tas. 5 petits maïs sont vendus à 500 F CFA, le gros de tas de 6 maïs  à 1000 F CFA. Elles sont aussi grillées sur place par les vendeuses et vendus à 200 F CFA à qui le veut pour en consommer directement, explique-t- elle.

Le sac d’arachides coûte 18 500 F CFA  et sont aussi vendues la plus petite tasse 250 F CFA, le moyen à 500 F CFA, et le Coro à 1000 F CFA  et se vend aussi à partir de 50 F CFA et plus. Les tubercules de rônier (djabbra) le sac est vendu a 15000 F CFA voir 14000 F CFA et sont aussi vendus par tas d’après la taille et forme de tubercule. Il y a le tas de 250 F CFA, 500 F CFA, 1000 F CFA, ainsi de suite. Les maniocs sont vendus à leurs tours eux aussi, selon la forme, taille du manioc. Le prix va de 50 F CFA et plus.

Comme d’habitude c’est en saison de pluie que ces produits font leurs apparitions sur les marchés et d’après les témoignages des vendeuses. Ces produits alimentaires viennent le plus souvent des provinces rurales. Par exemple du Lac Tchad, etc. Certaines des vendeuses disent que les arachides, siguettes, maïs viennent aussi du Cameroun voisin, expliquent-elles. L’arachide, le maïs, le manioc et le tubercule de rônier sont consommés étant cuits ou frits et sont très prisés des Tchadiens. Mais d’après les explications d’un ménage qui répond sous anonymat que ces produits sont très appréciés par les Tchadiens parce que même les plus démunies peuvent se l’offrir. Mais elles ne sont pas sans conséquence à force de trop consommer. Pour une bonne consommation il faut bien les lavés avec de l’eau javel, bien cuire avant de manger. En consommant sans laver, surtout les enfants sont exposés à des maladies comme la typhoïde, le paludisme, le rhume et le choléra, explique-t-elle.

Djénom Josiane
Sangnoudji Francine

Les responsables des Médias privés du Tchad ne sont pas contents du mutisme du gouvernement, de la Haute Autorité des médias et de l’audiovisuel (HAMA) et du comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) face à la presse privée. Ils dénoncent le non-respect des promesses et comptent mener des actions de grande envergure dans les jours à venir si leurs revendications ne sont prises en compte.

Au cours d’une rencontre tenue ce lundi matin à la maison des médias de N’Djamena, les responsables des médias privés dénoncent un silence méprisant du comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) face à la presse privée à l’approche du dialogue.

Pour le porte-parole de la presse privée francophone Mbaïrabé Ouaye, malgré les efforts consentis par les médias privés dans l’accompagnement du processus de transition et la sensibilisation pour la participation active de toutes les sensibilités, la presse privée semble être méprisée. Selon lui, en dépit de moult sacrifices, le CODNI a affiché un mépris à l’endroit de la presse privée. Il souligne que certains médias ont reçu l’accompagnement prévu par le PNUD et d’autres n’ont rien reçu. Le porte-parole des médias privés et directeur de la publication du journal « Le Haut-Parleur » ajoute que la 3e tranche qui devrait suivre selon les promesses des responsables du CODNI n’est pas versée. Il affirme que le CODNI a promis d’accompagner les médias privés financièrement avant, pendant et après le dialogue, mais malheureusement jusqu’à présent, rien n’est fait.

Les médias privés interpellent les responsables de la HAMA de retirer purement et simplement la fiche adressée aux médias privés sans consultation au préalable.

Au sujet de l’aide accordée à la presse, le porte-parole explique que c’est depuis 10 ans que la presse privée n’a pas eu l’aide à la presse qui est un droit reconnu par les textes de la République et non de l’aumône. Les patrons de la presse privée exigent aussi le versement sans délai de l’aide à la presse et de tous les arriérés des années précédentes.

Au CODNI, ils demandent la clarification sur la participation des médias privés au dialogue, également le paiement de la subvention allouée.

Les responsables des médias privés signataires du document comptent mener des actions de grande envergure dans les jours à venir, si leurs revendications ne sont pas prises en charge.

Les responsables des médias privés ont également prévu organiser un point de presse ce mardi pour informer l’opinion nationale et internationale sur la situation des médias privés au Tchad.

Jules Doukoundjé

Le jugement à huit clos et la liberté provisoire accordée à l’ancien secrétaire particulier du PCMT Idriss Youssouf Boy fait réagir plusieurs leaders de la société civile, les hommes politiques et les analystes. Le secrétaire du président de la transition a été accusé de détournement des fonds de la société des hydrocarbures. Reportage.

L’ancien secrétaire particulier et conseiller du PCMT, Idriss Youssouf Boy a comparu hier à huit clos et a obtenu une liberté provisoire. Mais la décision du juge de lui accorder une liberté provisoire a fait réagir les tchadiens.

L’ancien secrétaire du président Mahamat Idriss Deby Itno a été soupçonné de détournement des fonds appartenant à la société des hydrocarbures. Beaucoup attendent souhaitent voir l’ancien secrétaire et conseiller particulier du PCMT, désormais son avocat Me Athanase Mbaigangnon lui a obtenu une mise en liberté provisoire.

Pour le secrétaire général (SG) de la confédération des travailleurs libres du Tchad (CLTT) Brahim Ben Saïd, Idriss Boy est un citoyen qui a été arrêté pour détournement s’il a été jugé et à la fin, il a obtenu la liberté provisoire, l’on ne peut que s’en tenir à la décision du juge. Selon lui, il faut avoir confiance en notre justice et cette liberté provisoire ne fait pas de lui une liberté totale, il peut être rappelé à tout moment pour un autre jugement.

Au sujet du jugement qui ne serait à la hauteur à la charge contre ce dernier, le syndicaliste soutient que ce n’est pas au citoyen lambda de critiquer ou de donner un avis, mais c’est plutôt au juge d’apprécier les charges contre l’accusé. Le SG de la CLTT ajoute que c’est le juge seul qui a habilité de le libérer ou de le condamner et demande aux tchadiens d’avoir confiance en leur justice. Brahim Ben Seïd souligne que le juge a tout le pouvoir et qu’il a jugé l’ancien secrétaire particulier du PCMT avec sa conviction.

De l’avis de l’analyste et enseignant chercheur à l’université de N’Djamena, Evariste Ngarlem Toldé, la procédure est mal engagée parce que la façon dont le secrétaire particulier du PCMT a été débarqué et arrêté n’obéissait pas aux normes et n’était pas conforme. Selon le chercheur, personne ne sait comment il a été interrogé et tout ce qu’on a appris, il aurait remboursé. Il souligne que le prévenu a plaidé non coupable, ensuit un huit clos et maintenant il bénéficie d’une liberté provisoire. Dr Toldé ajoute que dans ce pays quand on dit liberté provisoire, c’est parfois liberté définitive dans la plupart des cas. Il estime qu’on ne peut comprendre que ce soit lui seul qui soit en première ligne, il se pourrait qu’il ait d’autres personnes. L’analyste précise que la façon dont la liberté provisoire a été admise sans que les avocats de l’Etat tchadien ne puissent réagir cache un certain nombre de chose et met mal à l’aise certains citoyens. « On nous dit qu’il bénéficie d’une liberté provisoire, ce n’est pas possible pour quelqu’un qu’on reproche un détournement et les avocats n’aient rien à dire, est quand même difficile », dit-il. Le chercheur pense que la procédure est mal engagée. Selon ce dernier, la façon dont les choses se déroulées laisse beaucoup de tchadiens sur leur soif et affirme que le dossier sera classé comme bien d’autres dossiers bien avant lui.

Jules Doukoundjé   

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