Les femmes vendeuses de poisson au marché de poissons de chagoua dans le 7ème arrondissement de la ville de N’Djamena boudent ce marché. Elles préfèrent vendre leurs poissons aux abords de l’avenue jacques Nadjingar que de s’installer dans les étals du marché. Entrevue avec la présidente de l’union des organisations des vendeuses de poissons du Tchad.
Le marché de poissons de Chagoua a été construite il y a environ 5 ans. Mais, chose curieuse, ce marché se vide au fur et à mesure par les femmes vendeuses de poissons. La raison de la déserte du joyau reste encore inconnue. Elles préfèrent proposer leurs poissons à la sauvette en hélant les clients qui passent sur l’avenue Jacques Nadjingar. Cette vente à la sauvette est parfois source d’accident parce qu’elles ne respectent pas le code de la route. Ces vendeuses de poissons, occupent les trottoirs et parfois envahissent l’avenue pour proposer leurs produits aux passants, parfois à pied, en moto et en voiture, abandonnant les étals construits pour les installer.
Pour la présidente de l’union des organisations des vendeuses des poissons du Tchad, Fihil Agoi, « lorsqu’on veut construire un marché de ce genre, il faut que les vendeuses soient concertées ». Selon elle, ce marché est construit sans l’orientation des vendeuses. La présidente des femmes vendeuses de poissons estiment que les autorités ont construit le marché sans consulter les concernées. A son avis, la construction de ce marché ne répond pas aux normes voulues par ces braves dames. Mme Fihil Agoi estime qu’il y’ a des vendeuses grossistes qui vendent plus de dix sacs de poissons par jours.
Elle souligne que celles qui vendent aux détails sont nombreuses alors que étals construits ne sont pas suffisants.
Au sujet des « vendeuses ambulantes » de poissons sur la voie bitumée, la présidente dit qu’elles ne sont pas membres de l’association. Mais selon la présidente, les membres de l’association se réuniront bientôt pour se pencher sur ce cas.
Au sujet de la chambre froide construite pour la conservation des poissons, la présidente relate que depuis le lancement et l’ouverture du marché, la chambre froide n’a jamais fonctionné. « Normalement c’est un générateur de 250 kw qui va l’alimenter. Mais c’est un générateur d’une capacité de 110 Kw qui est installé. La chambre froide ne peut pas fonctionner. Une correspondance a été envoyée au Conseil Nationale de Concertation du Monde Rurale (CNCMR) pour un financement afin de nous aider pour installer un autre générateur qui alimentera la chambre froide. Mais jusqu’à là, nous n’avons pas eu des financements ».
Djénom Josiane
Les ex-travailleurs de TCC ont tenu une Assemblée générale ce 6 septembre 2022 à la bourse du travail. Plusieurs points sont inscrits à l’ordre du jour dont la mise sur pied d’un comité de crise, la collecte de l’argent pour faire le suivi des dossiers pendants à la justice et la nécessité de créer une coordination nationale des démobilisés. Ils annoncé la nouvelle par rapport à la grosse aux ex-travailleurs. Reportage.
L’Assemblée a commencé par la bonne nouvelle, celle que les ex-travailleurs attendaient depuis presque deux décennies. Une grosse somme de 10.995.000.000 de FCFA relatif aux droits sociaux des ex-travailleurs de TCC est virée par Esso au compte de Me Hisseine Ngaro, leur huissier en chef. Il reste cependant une somme de 850.000.000 que Esso doit virer en ajout pour permettre à l’huissier d’entamer la paye des ex-travailleurs. Cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup de sourire et des émotions. Des éclaircissements sur les modalités pratiques de la paye ont été donnés. Pour Signabé Jérémie représentant des ex-travailleurs, les 4013 personnes bénéficiaires qui sont composées des ex-travailleurs, veuves et orphelins, percevront chacun un chèque de 3.000.000.
Cependant, une somme de 300.000 sera déduite sur le chèque de chacun d’eux pour permettre de payer les honoraires de l’avocat et la Taxe de Valeur ajoutée TVA à l’État. Mais ils ont refusé la dernière proposition. Pour les ex-travailleurs, les honoraires de l’avocat et la TVA sont à la charge de Esso. En attendant que Esso vire les 850.000.000 qui restent, Me Hissein Ngaro a saisi l’immeuble de Esso en guise de garantie. Signabé précise que la saisie sera levée le jour ou l’argent sera viré. Il ajoute également que le procureur général a rassuré les représentants des ex-travailleurs de son soutien et demande à Esso de verser le reste de l’argent en urgence afin d’éviter toute manifestation des ex-travailleurs. Ils aussi mis sur pied un nouveau comité de crise devant gérer les affaires courantes en attendant la mise en place d’une coordination nationale avec des textes pour mettre fin aux multiples petits bureaux. « Ce comité va gérer les affaires des ex-travailleurs sur le plan national. Tous les dossiers, les démarches au niveau de la justice, avec les avocats et autres seront désormais confiés à ce comité. Ceci nous permettra d’avoir les mêmes informations à tous les niveaux. Le comité de crise sera dissous quand la coordination nationale sera mise en place », explique-t-il.
Concernant la collecte de fonds pour la gestion des dossiers des ex-travailleurs, l’Assemblée est d’accord pour que le fonds soit déposé au compte de leur conseiller juridique Me Alain Kagonbé. Ce dernier sera assisté du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Mahamat Nour Ahmat Ibedou.
Kouladoum Mireille Modestine
Assiégés depuis le vendredi 02 septembre 2022 par les forces de l’ordre et de sécurité, le siège du parti les transformateurs sis à Chagoua dans la commune du 7ème arrondissement a été libéré ce matin. Quelques 350 militants dudit parti arrêtés et détenus dans les différents commissariats sont aussi libérés. Nous nous sommes rendus ce matin au siège du parti les transformateurs pour prendre l’ambiance. Reportage.
Tout au long de l’avenue Pascal Yoadoumnadji, la joie des désormais ex prisonniers est à son comble. On peut voir des militants qui font la parade en chantant et sifflant. Au siège du parti se trouvent des jeunes militants qui sont venus en nombreux pour accueillir leurs camarades avec des chants, des youyous et des danses. Les désormais ex prisonniers sont enregistrés, consultés et soignés par des équipes de médecins, chirurgiens et infirmiers qui sont dépêchés pour la cause. Mako Allagombaye Cédric et deux autres ont été arrêtés depuis le samedi 03 septembre non loin du siège des transformateurs et garder au commissariat de sécurité numéro 1. Ils racontent que leur détention a été un plaisir car pour eux, ils ont été arrêtés parce qu’ils mènent une lutte juste. Ils révèlent également que les policiers étaient courtois à leur égard et les ont beaucoup encouragés. Mais ce sont leurs chefs qui ne sont pas favorables à ce que la famille vienne les visiter. « Nous sommes enfermés 24 dans une cellule de 1m30. Ce qui nous surprend est que les policiers nous disent qu’ils sont avec nous mais n’ont pas le pouvoir d’être avec nous. Cela nous a galvanisés et sommes à jamais déterminés à mener cette lutte pour la dignité du peuple tchadien », affirment-ils.
Pour les ex prisonniers, le Conseil Militaire de Transition a échoué lamentablement dans sa tentative d’intimider les militants du parti les transformateurs. Car, disent-ils, leur façon de faire les encourage au lieu qu’ils soient intimidés. Tant que le CMT ne laisse pas le pouvoir aux civils, il trouvera le peuple tchadien sur leur chemin. Ont-ils ajoutés.
Libéré lui aussi de sa prison depuis le siège de son parti, le président du parti les transformateurs Dr Masra Succès dit attendre les véritables raisons de cet acte de la part des pouvoirs publics. Entre temps, les militants des transformateurs vont panser leurs plaies, soigner leurs blessures, se régénérer et vont repartir à la charge parce qu’il s’agit selon lui, d’un combat pour la dignité du pays. « Les transformateurs ont juste demandé une égalité dans le nombre de participants au dialogue national ayant le droit de vote. On veut aussi avoir une garantie sur qui doit jouer quel rôle dans la suite de la gestion de transition pour nous permettre de définir ensemble les choses. Mais ils ne veulent pas », indique-t-il. Il souligne également qu’à travers l’incident qui s’est produit, le pouvoir à envoyer aux yeux du monde, l’image d’un pays qui est malade et qui a besoin d’une guérison collective.
A propos de l’assaut du siège des transformateurs, de l’arrestation, la détention et la torture de ses militants, Dr Masra Succès affirme que les autorités savent bien que ce sont des arrestations et détentions arbitraires. Et si les transformateurs intentent une action en justice, ces intentions auraient pu permettre que le droit soit dit mais nous sommes des hommes et des femmes de paix alors aucune action en justice ne sera intentée. A révélé le président du parti Dr Masra Succès. Au milieu de toutes ces arrestations et détention, il signifie que les transformateurs n’ont rompu aucun canal de discussion, ils peuvent même discuter avec le PCMT parce qu’ils sont des hommes et de femmes de dialogue, conclut-il
Kouladoum Mireille Modestine
Le meeting politique prévu ce jour 3 septembre 2022 par le parti Les Transformateurs n'a pas eu lieu. Succès Marsa et quelques proches collaborateurs sont toujours bloqués à l'intérieur du siège par la police et les militants jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre dans les rues d'Abena. Des violences inouïes ont été exercées pour rétablir l'ordre. Reportage.
Maintenu malgré l'assignation du président Masra, le meeting du parti le transformateur a eu lieu dans une ambiance électrique. De tirs de gaz lacrymogène par-ci, jet de cailloux par-là. L'accès dans le fin fond du quartier, surtout vers le siège du parti Les Transformateurs est interdite. Des journalistes ont été refoulés, d'autres furent même brutalisés ou encore arrêtés. Une scène de folie. La police GMIP a quadrillé presque tout le quartier. D'autres véhicules de police ou encore de la mairie rôdent dans les différentes rues, pourchassant les jeunes regroupés et les disperse à coup de gaz lacrymogène. Les jeunes qui se réclament militants des Transformateurs se forment en unité pour se défendre. Une unité rode avec la police, une autre brûle de pneu. Ces jeunes ont procédé au casse des vitres d'une voiture étatique. L'on note l’arrestation des plusieurs personnes, parmi eux se trouvent des journalistes.
Signalons, qu'aucun bilan officiel n'a été donné jusqu'ici, ni par le gouvernement de de transition, ni par le parti Les Transformateurs.
Abderamane Moussa Amadaye
La capitale tchadienne, N’Djamena, enregistre une pluviométrie qui dépasse les attentes cette année. Comme la plupart des arrondissements de N'Djamena, le 9e n'est pas épargné et plus particulièrement à Walia Tradex. Les dégâts sont énormes. Une partie du quartier y inclut le marché sont dans l'eau, des maisons écroulées et certains lieux sont inaccessibles. Le bilan s'élève à 5 morts, souligne la population. L'équipe d'Ialtchad est allé sur le lieu ce 1er septembre faire un constat. Reportage.
Il est 10h passé quand l'équipe d'Ialtchad a débarquée sur le lieu après plusieurs recherches et orientations sans succès. L'équipe a retrouvé l’endroit vers 12h30mn. Le lieu inondé se trouve juste en face de la forêt proche du cimetière de Ngondba et derrière la station-service Tradex. Une motopompe jongdong est installée pour pomper l'eau afin de déverser de l'autre bout de la route, dans le bras du fleuve Chari. De l'ouest en plongeant vers le nord de ce quartier périphérique, les eaux sont à perte de vue, certaines habitations sont sous ses eaux, d'autres se sont écroulées. Une canalisation faite à la hâte ne dépassant pas un mètre draine les eaux stagnantes vers le lieu de pompage. Des jeunes de ce quartier se sont mobilisés sous une coordination pour apporter des solutions afin de soulager les sinistrés.
Koularambay Gérard, Coordonnateur des jeunes de Walia confie que leur coordination a été mise sur pied pour venir en aide aux populations touchées par les inondations. Il affirme qu'un travail a été fait depuis le mois de juin, mais arrivé au mois d'août, faute de moyen, ils étaient dépassés. « Une demande a été déposée dans la commune du 9e arrondissement, mais elle est restée sans suite, c'est ainsi nous avons écrit à la Mairie centrale pour nous appuyer, la réponse a été positive », a-t-il déclaré. Il ajoute « la mairie centrale nous a appuyé avec des poclins et des motopompes », dit-il.
Au sujet du bilan des inondations, M. Koularambay affirme qu'ils ont enregistré 5 cas de décès, des maisons écroulées et de personnes déplacées. « Une femme enceinte et un jeune de 12 ans ont été mordus par des serpents venimeux dans ses eaux et ils ont perdu la vie », explique-t-il. Il poursuit, « une maman gravement malade couchée, sa famille a appelé l'ambulance, faute de route, elle est morte » a-t-il vociféré. Il affirme aussi, « un autre jeune est décédé à la suite d'une bagarre rangée, faute d'intervention de la police appelée pour séparer. Cette dernière n'a pu intervenir à cause des eaux stagnantes à cause de l'obstruction par les eaux ». De même Kevin Issakha, un autre jeune, soutient qu'ils ont eu assez de difficultés pour le drainage des eaux. « N'eût été l'intervention du Maire central, Ali Haroun, l'installation du pompage serait difficile ». Il explique, « la population du quartier qui se trouve de l'autre bout s’est opposée, mais il a pu trouver le juste milieu et le travail a été fait », a-t-il confié.
Pour Mahamat Kerima Saleh, maire de la commune du 9e arrondissement, Walia Tradex n'est pas le seul quartier sous les eaux, plusieurs autres le sont dans le 9e arrondissement. Il affirme que beaucoup des efforts sont consentis dans l'entretien de routes et de canalisations, mais la saison pluvieuse de cette année a dépassé les espérances. À la question de correspondance adressée par les jeunes de Walia à son institution, le Maire confie, « si nous n'avons pas répondu positivement, cela veut dire que nous travaillons ailleurs, mais c'est notre devoir de venir à leur secours », a-t-il clarifié. Il poursuit à ce sujet que le gouvernement a débloqué 600 millions de FCFA gérés par la commune centrale sous une commission dont les maires des différents arrondissements sont des figurants, dit-il. « Si la mairie centrale a installé cette motopompe, c'est tout à fait normal, le gouvernement a financé. Nous sommes là pour les accompagner afin de sauver la population », dit le Maire. Il ajoute que la population est dans son droit de réclamer et de demander des explications sur la gestion de la chose publique, conclut-il.
Abderamane Moussa Amadaye
Le marché chinois situé dans le 9e arrondissement de N’Djamena est exposé après les inondations. Les légumes, poissons, viandes étalés dans les lieux immondices, l'équipe de Ialtchad Presse a fait une descente dans ce marché pour le constat. Reportage.
Marché chinois dans le 9e arrondissement est exposé aux maladies comme le choléra, la fièvre typhoïde suite aux inondations des eaux de pluie à répétition. Dès votre entrée les marchandises sont étalées sur les tables et dalles à la merci des mouches. Tout autour du marché les eaux stagnantes. Les hangars des vendeuses sont dans les eaux souillées bourrés des ordures accompagnées des odeurs nauséabondes qui contaminent les aliments y trouvant sur le lieu par les sécrétions des insectes de tous bords. Pour leur part, les vendeuses se lamentent par la voix de M. Solange, « nous sommes des vendeuses de poissons dans ce marché, nous nous débrouillions pour nourrir nos enfants, mais ce n'est pas le cas, le marché est entouré des eaux, il n'y a même pas de passage pour que les clients puissent accéder pour acheter nos produits, ça fait trois jours je n'ai pas vendu », déclare-t-elle.
Pour Issakha Begoto Kévin, « en réalité c'est le plus grand marché de quartier Walia vu l'atmosphère et l'engouement. Et le marché c'est un endroit que tout le monde vient pour s'approvisionner, hélas le marché est inondé. Si le marché est inondé, nous sommes en danger, nous ne sommes pas loin du choléra », dit-il. Il poursuit, et qu'avec tous les problèmes que les femmes sont confrontées, la mairie de 9e vient collecter de l'argent pour les taxes pour le droit de place alors que nous demandons à nos autorités de revoir leur politique afin soulager nos mamans et sœurs dans ce marché, conclut-il.
Ousmane Bello Daoudou
Certains établissements scolaires publics de la capitale, N’Djamena sont sous les eaux. Les cours de ces établissements scolaires publics sont inondés et l’administration peine pour accéder aux bureaux. Pourtant, la rentrée administrative est prévue pour le 15 septembre prochain. La rédaction Ialtchad Presse a sillonné quelques établissements publics de la capitale. Reportage.
La cour du lycée de N’djari situé dans la commune du 8e arrondissement ressemble à un bassin de rétention. Les bâtiments qui abritent les salles de classe et l’administration sont inondés. L’administration est alors obligée de faire un bureau de fortune sous un hangar pour gérer les affaires courantes. Assis dans une chaise, Mounane Mahamat censeur du lycée de Ndjari se sert d’une autre chaise comme table de bureau pour travailler. L’accès à son bureau est interdit par les eaux de pluie qui ont inondé la cour de l’établissement. Pour lui, N’Djamena a enregistré une forte pluviométrie cette année. Et le lycée de N’djari ne peut pas faire exception. « L’accès au bureau est très difficile vu le niveau des eaux. Nous sommes obligés de rester sous le hangar pour recevoir les lauréats au baccalauréat qui veulent aller en étude ou composer les concours à l’intérieur du pays », explique-t-il. Selon le censeur, ce n’est pas pour la première fois que la cour du lycée de N’djari est inondée. Il appelle la mairie du 8e arrondissement au secours pour permettre à l’administration d’avoir accès aux bureaux.
Si au lycée de N’djari la cour du lycée est inondée, au lycée de Habbena, l’eau est entrée dans les bureaux jusqu’à atteindre un certain niveau du mur. Et c’est malgré l’initiative de l’administration qui a mis les remblais dans une partie de la cour du lycée. Ce jeudi matin, le proviseur et ses collaborateurs ont retroussé leurs pantalons et leurs chemises pour évacuer l’eau dans leurs bureaux. En attendant la rentrée administrative prévue pour le 15 septembre prochain, l’administration doit fonctionner relève le proviseur du lycée de Habbena Agdy Bandja Appolo. Pour lui, la cour est un peu praticable en raison des remblais qui ont été mis. Mais les bureaux sont inondés parce qu’il n’y a pas un canevas pour permettre aux eaux de pluie de passer. « Comme vous pouvez le constater, on a pataugé dans l’eau pour venir au bureau. Toutes les salles de classe, les bureaux, les tables-bancs et les chaises sont tous dans l’eau. Nous avons fait un travail rude pour libérer les bureaux des eaux ce matin. Nous demandons les ONG, les personnes de bonne volonté et l’État de nous venir en aide afin de sortir définitivement le lycée de Habbena de l’inondation, souligne-t-il.
Kouladoum Mireille Modestine
Sangnodji Francine
Présent au Tchad pour prendre part aux assises du dialogue national inclusif, Kaar Kaas Sonn a profité pour présenter son livre intitulé « pour l’amour de Camille ». Cet ouvrage parle de la présence constante de la secte Boko Haram au nord du Nigéria. La cérémonie de présentation s’est déroulée à l’hôtel Hermopolis à Moursal dans la commune du 6e arrondissement. Reportage.
Paru depuis fin 2014 en France, pour l’amour de Camille est présenté pour la première fois au Tchad par son auteur Kaar Kaas Sonn ce lundi 29 août. C’est un roman qui parle du terrorisme en Afrique et précisément au nord du Nigéria. L’auteur plonge les lecteurs dans une époque où les maux comme manque de croissance, de précarité, du chômage, de délocalisation ou de mondialisation devenaient familiers à la bonne humeur. L’auteur Kaar Kaas Sonn a tiré son inspiration d’une discussion entre amis sur la présence constante de la secte Boko Haram au Nigéria.
Pour lui, comment peut-on comprendre qu’un grand pays avec une armée aussi puissante comme le Nigéria s’incline facilement contre Boko Haram. « Dans le livre, il existe un personnage qui livre des colis au nord du Nigéria, mais ne sait absolument pas de quoi il s’agit. Cela peut être des armes, des munitions ou des bombes. Comme il travaille dans une ONG internationale, il respecte son cahier de charge qui consiste à livrer le colis. Ce personnage rencontre sur son chemin des Africains qui souffrent, mais il s’en fout éperdument parce que pour lui, l’Africain est fait pour être dans la douleur perpétuelle », affirme-t-il.
Kaar Kaas Sonn veut à travers ce livre inviter les Tchadiens au travail et non au palabre. À propos des palabres, Il souligne qu’il est invité à palabrer au dialogue national inclusif comme si les Tchadiens ont que des palabres à célébrer alors que normalement ils peuvent se réunir pour fêter l’anniversaire ou des réussites. « 30 ans après la conférence nationale souveraine, on m’a invité pour venir palabrer et je suis là. Nous ne sommes pas condamnés à la médiocrité. Aucun peuple n’a été créé par Dieu pour être intelligent ou développé. Ce sont des institutions qu’on met en place et on essaye de s’y fier pour développer les pays. Le paradis c’est le Tchad que Dieu nous a donné avec l’eau, le soleil et la terre ».
L’artiste appelle les hommes politiques et les autorités qui détournent l’argent alloué à la construction des biens publics au profit de leur propre bien. En plus de cela, ces mêmes autorités refusent de créer les conditions pour que les firmes étrangères viennent investir dans le pays. Et ce sont les jeunes désœuvrés qui sont facilement récupérables par la secte Boko Haram, a-t-il ajouté. Selon lui, les gens veulent investir, mais sont désespérément découragés par les autres qui leur mettent les bâtons dans les roues. De son avis, on ne demande pas à l’État de créer des emplois, mais plutôt créer des conditions pour l’emploi. Les européens ont beaucoup d’argent qu’ils cherchent à les placer quelque part, mais le Tchad ne crée pas les conditions pour qu’ils viennent investir, a-t-il conclut.
Kouladoum Mireille Modestine
Le Comité international de la Croix-Rouge en Partenariat avec La Maison des médias du Tchad a lancé officiellement la 1re édition du concours national de reportage humanitaire sur le thème « les personnes disparues lors des conflits armés dans le bassin du Lac-Tchad : les familles entre espoir et désolation » ce mardi 30 août 2022 à l’hôtel Radisson Blue. Cette cérémonie de lancement officiel est couplée avec la journée mondiale des personnes disparue. Reportage.
La représentante de la maison des médias lors dans son mot d’ouverture souligne que la maison des médias est une structure faîtière créée par les associations des médias au Tchad pour relever les défis du professionnalisme, de la déontologie, du dialogue et de l’ouverture. Le concours national du reportage humanitaire vise à initier davantage les journalistes tchadiens aux questions humanitaires qui est d’actualité, dit-elle. Elle ajoute que l’idée consiste à promouvoir l’action humanitaire et le droit international humanitaire au sein des médias du pays et de susciter leur mobilisation. « De meilleures productions seront primées par catégorie de presse à savoir : presses en ligne, audiovisuelle dans les deux langues officielles que sont le français et l’Arabe », dit-elle. Ce concours s’étendra du 30 août au 14 décembre, date de la production des résultats et de la remise des lots aux vainqueurs, explique-t-elle.
Le chef de délégation du comité international de la croix rouge Dirieh Abdi Mohamed révèle que sur les 64 000 cas de personnes disparues recensées par le CICR 40% sont des enfants. Il a ajouté que l’Afrique compte plus de 35 conflits armés actifs chaque année de milliers des personnes y compris les enfants traversent les frontières, le désert du Sahara et la mer méditerranée en quête d’un lieu sûr et d’une vie meilleure. De tels mouvements comportent d’énormes risques y compris celui de disparition. Les cas des documents des personnes disparues ne cessent d’augmenter, ajoute-t-il. Pour lui ce concours est lancé pour marquer cette journée internationale des personnes disparues et crée un cadre ludique avec les médias à ce qu’ils traitent cette thématique qui parle des familles qui n’ont pas des nouvelles de leurs. « Ces familles refusent de manger parce que leurs préoccupations c’est, où se trouvent leurs enfants ou leurs époux », poursuit-il.
Le ministre de la Communication Abderamane Koulamallah qui a exercé aussi ce métier du reportage humanitaire avec la croix rouge lors de la guerre civile en 1979. « Comme vous le saviez en 1979, les forces politiques et militaires du Tchad ont fait une guerre civile assez impressionnante dans le pays, entre temps nous étions encore jeunes et on a refusé la guerre. Mes amis et moi avons créé l’union nationale de la jeunesse tchadienne d’où on m’a élu comme président du comité d’accueil des réfugiés. Des réfugiés qui quittaient le sud du Tchad en raison de la guerre civile et ceux qui quittaient Ndjamena pour se réfugier au Cameroun. Avec l’aide de la croix rouge, on distribuait des vivres à ces réfugiés », explique-t-il. Distribuer les vivres ne suffisait pas parce qu’il y avait la douleur psychologique qu’il faut gérer. Et avec mes camarades on a géré les étapes psychologiques « Il y a les femmes qui ne savent pas où se trouve leurs enfants, leurs maris. Il y avait des familles du sud du Tchad qui ont été massacrées pendant la guerre grâce à la croix rouge on a ramené ces familles réfugiées en dehors du Tchad à Ndjamena », témoigne le ministre. Il a prodigué des conseils aux futurs reporters humanitaires « il ne faut pas faire un reportage pour gagner le prix, mais faire un reportage en faisant une immersion totale au sein de ces familles. Avant d’aller en reportage aller auprès de ces familles, discuter avec eux avant d’allumer vos cameras », souligne-t-il.
Les journalistes n’ont pas manqué de poser les questions d’éclaircissement sur ce concours.
Haoua Adoum Ibeth
Sangnoudji Francine
L'association transparence plus en appui avec la ligue tchadienne des droits des femmes (LTDF) a organisé un atelier sur l'impact de la corruption sur les femmes ce samedi 27 août 2022 au Centre d’Étude et Formation pour le Développement (CEFOD). Reportage.
Pour Raïssa Madjibeye chargée des interventions sociales de la ligue Tchadienne des droits des femmes la corruption c'est un détournement d'un processus ou d'une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le but d'obtenir des prérogatives particulières ou d'obtenir une rétribution en échange de sa complaisance. La corruption est un phénomène qui touche tous les pays quel que soit le niveau socioéconomique, ajoute-t-elle.
Ce phénomène s’observe beaucoup plus chez les femmes en raison de la place négligeable que lui accorde la société, dit-elle. « Les femmes se heurtent souvent à des diverses formes de corruption notamment la corruption sexuelle, qui est une prestation sexuelle en contrepartie d'un avantage particulier », explique-t-elle. Elle poursuit encore plus loin en affirmant que les efforts de la lutte contre la corruption ne tiennent généralement pas compte de l'impact spécifique de la corruption sur les femmes. Cela est dû à plusieurs facteurs qui sont entre autres : l'ignorance des instruments et des mécanismes juridiques relatifs à la corruption ainsi que des textes relatifs à la protection des droits des femmes, la méfiance envers le système judiciaire, la peur de stigmatisation et les représailles compte tenu du caractère patriarcal de la société, la protection inadéquate des dénonciateurs et surtout de l'absence des mécanismes de déclaration. Pour elle cet atelier vise à approfondir sur les formes spécifiques de corruption dont les femmes subissent, d'identifier les mécanismes dont les femmes pourront utiliser pour dénoncer la corruption, d'accroître la dénonciation de la corruption sexuelle sur les femmes, de créer une synergie d'action associative et de plaidoyer sur la corruption sexuelle et de sensibiliser la société aux formes des corruptions liées aux genres.
Raphaël Lambo chargé de communication de transparence plus soutient que la corruption a un coût élevé pour les classes les plus pauvres de la population, elle interdit l'accès aux services de base essentiels.« La corruption est un mal qui non seulement est à la base de la dure misère, mais appauvrit moralement et spirituellement les acteurs de cette pratique », dit-il. Il n'a pas manqué de tracer la souffrance des femmes face à la corruption.
Haoua Adoum Ibeth
Sangnoudji Francine







