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Sur les traces de la diaspora des tchadiens en Amérique du Nord
Diaspora, mot qui veut dire dispersion, est dérivé du Grec sporo qui signifie la graine et speira qui signifie semer. Il est employé dans la Grèce antique pour désigner la communauté juive. Les temps ont passé, et depuis mai 2003, le Conseil Exécutif de l’Union Africaine, a enjoint cette dernière de considérer la diaspora africaine comme partenaire de développement du continent. C’est le sixième pôle économique par excellence. Iatchad Presse a voulu savoir plus sur la diaspora tchadienne en Amérique du Nord, et avait rendu visite, à son domicile à Montréal, à Monsieur Galamy Mahamat Ali, Vice- Président de l’Organisme Canadien pour le Développement et l’Intervention en Afrique ( OCDIA ), et personnalité ressource de la communauté tchadienne au Canada. Il a bien voulu se prêter à nos questions.
Ialtchad Presse : Bonjour Monsieur Galamy !
Galamy Mahamat Ali : Bonjour l’équipe Ialtchad Presse. C’est pour moi un réel plaisir de vous recevoir.
Ialtchad Presse : Parlez-nous de notre diaspora en Amérique du Nord, que savez-vous de notre ?
Galamy Mahamat Ali : La diaspora tchadienne en Amérique du Nord est trop jeune et mal connue, comparativement à la diaspora malienne, sénégalaise ou son encadrement est assuré par les pouvoirs publics de leurs pays et par les migrants eux-mêmes. Mais depuis quelques années, une dynamique organisationnelle s’est créée partout en Amérique du Nord au sein notre diaspora. Les tchadiens s‘organisent dans les grandes villes en associations ou en amicales, pour donner plus de lisibilité, de la clairvoyance et de visibilité à leurs actions, et nous entretenons des liens solides de solidarité.
Ialtchad Presse : Quels sont, selon vous, les atouts de la diaspora tchadienne en Amérique du Nord dans le processus du développement du Tchad ?
Galamy Mahamat Ali : La diaspora tchadienne en Amérique du Nord est impliquée à grande échelle dans le processus de développement du Tchad sur la base des atouts dont elle dispose. Elle possède des atouts indéniables au nombre desquels, le capital affectif, le capital financier, les compétences techniques, enrichies par les connaissances et les expériences accumulées dans le pays de résidence au sein des entreprises, de l’administration, des Organisations Internationales, ou dans les ONG. Elle recèle aussi des ressources humaines des qualités, qui sont utiles au développement du Tchad. Elle est notamment engagée dans la lutte contre la pauvreté par le transfert de fonds, en direction du Tchad. Il est difficile de quantifier les flux de ces fonds, étant donné que les canaux de transfert sont nombreux et avec des commissions prohibitives. Les transferts informels par des simples voyageurs sont plus ou moins risqués. Tout compte fait, la diaspora tchadienne transfère par année des millions des dollars, pour leurs familles au Tchad. Des sommes qui permettent à ces ménages d’avoir un niveau de revenu moyen. En somme, la diaspora tchadienne en Amérique du Nord est une mine d’or qu’il faut capitaliser. Des pays autrefois pauvres ont connu un essor économique par l’apport de la diaspora.
Ialtchad Presse : En octobre 2008, à titre de porte-parole de la communauté tchadienne de Montréal vous avez eu à rencontrer le président de la République Idriss Deby Itno à Québec- city en marge du sommet de la francophonie, de quoi avez-vous parlé ?
Galamy Mahamat Ali : Naturellement, il était question du Tchad, notamment des préoccupations de la communauté tchadienne en Amérique du Nord. Nous avons eu avec le Président Idriss Deby Itno, un contact utile, franc et direct, et ce contact s’est poursuivi inlassablement avec le reste de la délégation pendant son séjour à Québec.
Ialtchad Presse : En quoi consistent vos préoccupations et doléances soumises au chef de l’Etat ?
Galamy Mahamat Ali : Nous avons exhorté le gouvernement de mettre en place, une politique de développement de la diaspora tchadienne, afin de rendre sa mission effective. La mise en place d’un Secrétariat d’Etat pour les tchadiens de l’extérieur, l’élargissement du droit des votes des tchadiens à l’étranger, l’amélioration des systèmes bancaires pour faciliter le transfert de fonds, et l’ouverture d’une Ambassade à Ottawa, pour faire valoir nos droits civiques. Pour ce qui est des cadres tchadiens désireux d’effectuer un retour pour se réinstaller au Tchad dans la vie socio-active, le gouvernement doit élaborer une politique d’insertion et de réinsertion, doublée d’un plan de carrière, et assurer l’entretien des cadres.
Ialtchad Presse : Il y a peu, vous avez mis sur pied un Ordre des Diplômés Tchadiens du Canada ( ODTC ), de quoi s’agit-il ?
Galamy Mahamat Ali : Il s’agit d’une corporation qui a pour objectif d’identifier, de regrouper et de représenter les diplômés universitaires tchadiens qui sont gradués dans une université canadienne. Cette nouvelle initiative permettra de mettre à la disposition du Tchad, et des entreprises étrangères au Tchad une base des données des cadres fiables et valables. On devient membre par une fiche d’adhésion qui exige des informations basiques pertinentes.
Ialtchad Presse : Aussi, vous êtes le vice-président de l’Organisme Canadien pour le Développement et l'Intervention en Afrique (OCDIA), résumez-nous cette organisation.
Galamy Mahamat Ali : L’Organisme Canadien pour le Développement et l’Intervention en Afrique (OCDIA), a été créé en mai 2002, selon la partie III de la loi sur les compagnies au Québec. L’OCDIA est un organisme non gouvernemental, sans but lucratif, non confessionnel et non partisan. Sa vocation première est de répondre à l’attente de l’Afrique en matière de coopération et de développement économique. Le siège d’OCDIA est établi dans la ville de Sherbrooke dans le canton de l’Estrie. Nous avons signé plusieurs protocoles d’accord de coopération avec certains pays africains, comme le Rwanda, la Guinée, le Niger, les Comores, la République Centrafricaine et notamment le Tchad en juillet 2004. Nous appuyons le développement durable dans les pays africains, en travaillant de concert avec des partenaires locaux, et notamment des intellectuels diplômés africains résidents en occident sous forme des réseaux. Nous orientons les chercheurs africains pour faire publier leurs articles dans des revues scientifiques.
Ialtchad Presse : Quels sont vos réalisations ? Où en êtes-vous avec vos objectifs du départ ?
Galamy Mahamat Ali : D’une manière générale, nos réalisations sont au-delà de nos attentes, et nous sommes entièrement satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici. Nous avons à notre actif, plusieurs séminaires, ateliers et conférences pour faire la promotion du Tchad. Face à la crise du Darfour, l’OCDIA s’est investi à sensibiliser et mobiliser la communauté internationale de ne pas fermer les yeux sur cette crise. Au plan international, l’OCDIA a toujours associé sa voix à d’autres organismes pour dénoncer par des rapports et des pétitions, les négociations sur l’Accord de Partenariat Économique (APE), les promesses non tenues du Club de Paris, de l’Union Européenne vis-à-vis de l’Afrique. Au plan national, la communauté tchadienne était à l’honneur quand un de nos compatriotes, en la personne de Mr Moustapha Saboun, était candidat aux élections du 01 novembre 2009, au poste de Maire de la ville de Sherbrooke. Le comté de Mr Jean Charest Premier Ministre du Québec.
Ialtchad Presse : Quels étaient les résultats?
Galamy Mahamat Ali : Certes une défaite numérique, mais une victoire morale et enrichissante. Nous étions au 4ème rang sur 5ème candidats.
Ialtchad Presse : Quelles sont les difficultés et les problèmes que vous rencontrez pour mener à bien la mission de l’OCDIA ?
Galamy Mahamat Ali : Nous avons des sérieuses difficultés au niveau de l’Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI), qui est responsable de l’administration de la majeure partie du programme canadien de coopération internationale. Seulement neufs pays sont identifiés par le Ministère de la coopération du Canada, pour bénéficier de l’aide inconditionnel. Il s’agit du Bangladesh, de la Bolivie, de l’Éthiopie, du Ghana, du Honduras, du Mali, du Mozambique, du Sénégal et la de Tanzanie. Les raisons évoquées et le choix de ces pays par le Canada, s’expliquent par le simple fait qu’ils ont déjà une collaboration fructueuse avec le Canada, et sont engagés dans l’amélioration de bonne gouvernance, et dans une stratégie de réduction de la pauvreté. Le Canada a mis en place le Fonds Canadien pour l’Afrique depuis 2002, d’un montant de 500 millions de dollars canadiens par an, soit 310 millions d’Euro, pour financer des projets de développement dans les pays africains. Malgré les différents projets que nous avons montés au nom du Tchad pour puiser dans cette enveloppe, nous avons reçu une fin de non-recevoir.
Ialtchad Presse : J’en ai fini Monsieur Galamy. Et vous ?
Galamy Mahamat Ali : Nous souhaitons longue vie et beaucoup de réussite à Ialtchad Presse.
Moussa Yayami, Hamid
S’il est vrai que ce n’est pas la première fois que les tchadiens iront aux urnes pour choisir leurs représentants à l’Assemblée Nationale et leur Président de la République, les prochaines échéances électorales seront tout de même particulières. D’abord parce qu’elles se dérouleront dans un climat de sécurité et de paix, ensuite il y a l’importante adhésion politique autour de l’organisation de ces élections qui, il faut le dire, est une grande avancée pour notre démocratie. Une jeune démocratie qui a besoin d’être entretenue.
Ainsi, selon le chronogramme des élections générales 2011 émis par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les tchadiens se rendront aux urnes le dimanche 06 février 2011 pour les législatives, le dimanche 03 avril 2011 pour le premier tour du scrutin présidentiel. Et le deuxième tour du scrutin présidentiel si nécessaire, est prévu pour le dimanche 26 juin 2011.
Comme dans tous les pays en développement, les défis de la prochaine législature et surtout du prochain quinquennat présidentiel seront principalement l’économie, le développement, l’éducation et la justice qui sont au plus bas. L’après élection augurera certainement une nouvelle ère, celle de l’émergence économique et du développement. Car, le désagréable retard dans lequel le Tchad baigne a d’abord été conditionné par la question de la sécurité. Mais la paix et la sécurité sont des préalables fondamentaux à l’existence d’un Etat de droit et il est commun, voir même juste que le chef de l’Etat en fasse ses priorités. Soulignons tout de même, alors que toute l’attention du pays était portée sur la question de la sécurité nationale, d’autres fléaux qui n’honorent pas le Tchad ont fait logis, singulièrement la corruption, les détournements des fonds publics et la gabegie. Présents par monts et par vaux, la corruption et les détournements sont les activités qui se portent le mieux dans ce pays, et d’ailleurs le Tchad excelle en la matière à l’échelle internationale. Le rapport 2010 de l’ONG Transparency International (TI) sur l'Indice de Perception de la Corruption, classe le Tchad au 171e rang sur 178 pays à côté des Etats comme le soudan, l’Irak, l’Afghanistan ou la somalie. Ces pratiques sont en réalité les tares qui gangrènent notre émergence et rendent dérisoires nos maigres efforts.
Aujourd’hui, l’instabilité tend à être classée dans les calendes grecques. La paix semble s’imposer. Le dialogue et le consensus sont continus. Sans doute, les prochains scrutins se dérouleront dans des conditions et dans un état d’esprit relativement meilleur que les précédents. Sans doute, dans la paix et la sécurité, le prochain Président de la République aura les coudées franches pour s’atteler aux urgents problèmes qui minent l’émergence du Tchad. La lutte contre la corruption et les détournements seront inéluctablement parmi les prochains engagements de la République. Oui, si on veut bien anticiper sur la déchéance de l’autorité de l’Etat. Oui, si on veut bien être porté au pinacle.
Moussa Yayami, Hamid
Depuis quelques temps, la capitale N’Djamena se métamorphose. Cette mutation spectaculaire qui s’opère ne laisse pas indifférent les habitants de la capitale. De la modernisation en passant par les actions de la commune à rendre la ville propre et viable, les avis divergent.
Comment les habitants de la capitale jugent l’action et la gestion des autorités.
Selon Madame BOURKOU Louise enseignante retraitée et ancienne député du Tchad « la municipalité travaille, elle dépense de l’argent et cela se voit. La capitale grandit de plus en plus, la maintenir propre, est une bonne politique. J’encourage le chef de l’Etat d’avoir nommé une femme à la tête de la Mairie». Pour Mahamat Issaka, boutiquier, grossiste des produits pharmaceutiques au marché de Dembé, les actions de la Mairie sont à saluer « je suis commerçant intellectuel et je comprends le souci de nos autorités à rendre notre capitale belle, propre et viable. Cependant, la grande source d’inquiétude, c’est notre jeunesse. Il n’y a pas assez de choses pour eux. Ils s’ennuient, consomment des boissons frelatées, fument, ne font pratiquement rien, ils se résignent. Quel serait leur avenir ?»
Un jugement partagé par Marcel Nahoyal « On tire le diable par la queue, la vie devient de plus en plus chère, la situation de notre jeunesse est d’autant plus critique. Nos autorités prennent des décisions bidon sans tenir compte de la situation socio économique de la population. La grande majorité de la population n’a rien à manger, au lieu de penser à améliorer la condition de vie de leur population, elles prennent des décisions sans mesures d’accompagnement et sans préparer au préalable la population ». Cet habitant de Moursal (quartier populaire de N’Djamena), officier gendarme à la retraite, reconnait cependant une amélioration indiscutable de la salubrité et du cadre de vie dans la capitale.
Par arrêté N° 138/M/SG/2010 portant interdiction de la vente des emballages en plastique « léda » et de la vente d’eau minérale dans les emballages en plastique dans la ville de N’Djamena, l’équipe à la tête de la municipalité voudra assurer le bien-être de la population dont elle fait partie. Ces centaines de milliers de lédas polluent énormément l’environnement et la consommation des eaux contenues dans certains sachets exposeraient les habitants de la capitale à des maladies. Selon le rapport du 26 mai 2010 du chef de Service d’Hygiène et Santé de la Mairie, sur 24 échantillons des entreprises d’exploitation d’eau minérale, 17 montrent la présence de streptocoques fécaux, staphylocoques, salmonelles qui sont les agents pathogènes à l’origine de la fièvre typhoïde.
La situation délétère qui prévaut au Tchad enfonce injustement les familles démunies et les jeunes. Tant dans les provinces qu’à la capitale, les populations vivent entre les lignes quotidiennement fluctuante et oppressante drapée dans les oripeaux du social. Le peuple flagada, embrigadé face à la montée inflationniste des prix se résigne. En effet, la spéculation s’est structurée ces dernières années et a renchéri de manière exponentielle les prix des produits de première nécessité sur les marchés.
Madame Agnès Guessiri, commerçante de céréale au marché de Atrone un des quartiers de la capitale, les autorités font beaucoup de progrès « Nous étions sans abris et exposés aux intempéries. Aujourd’hui, nous sommes dans des boutiques ou sous des hangars solidement construits. Je comprends la décision de nos autorités (Communiqué N° 005/PR/PM/MISP/SEISP/SG/2010. Ndlr) à interdire la construction et l’exploitation des kiosques et des hangars anarchiquement construits en bordure des voies publiques alors qu’il y a beaucoup de marchés pour mener à bien leurs activités. S’il y a trop de désordres dans nos marchés, c’est la faute de la mairie qui n’arrive pas à se faire respecter. Où se trouve alors l’autorité de l’Etat représentée ici par la Mairie ?». Si elle note de nombreux progrès pour l’entretien de la capitale, elle regrette en revanche le manque de mesure d’accompagnement à certaines décisions, l’augmentation des prix des loyers et du coût des denrées alimentaires est la préoccupation première. Il faut compter 10 000f à 15 000f CFA (15 à 30 euros) pour une pièce (1e chambre) et 30 000 f à 45 000 f pour deux pièces dans les quartiers populaires. Ailleurs, les tarifs sont plus élevés. Une maison de trois à quatre pièces peut monter jusqu’à 250 000f (300 euros ???) alors que le salaire d’un fonctionnaire oscille entre 50 000 et 150 000f CFA.
Comme partout ailleurs, le Maire de la ville, du moins le président du comité de gestion de la commune (le cas de N’Djamena) est vue comme un responsable dont l’influence sur les conditions de vie de ses concitoyens est déterminante. Aussi, les habitants de la capitale n’hésitent-ils pas à lui faire des remarques sur des sujets qui ne sont pas de sa compétence mais de celles de l’Etat. Citons en exemple la hausse des prix des produits de première nécessité sur les marchés, la cherté des loyers corroborée par le prix exponentiel des matériaux de construction, la pénurie en eau et électricité, l’urbanisation de la ville etc.
N’Djamena sur la route de la modernité
Au moment où les N’Djaménois ne savent à quel saint se vouer, les décisions de construire les pavés et de construire en dur les maisons en bordures des voies publiques tombent comme un couperet. La capitale fait peau neuve, cependant, la conjoncture fait grincer les dents.
Les efforts des autorités du pays, à moderniser N’Djamena (Un des objectifs majeurs du Chef de l’Etat Idriss Deby Itno) se traduisent dans les faits.
Les rares immeubles de plus de trois à quatre niveaux et une foultitude de maisons en dure ou semi-dure qui se succèdent sans cohérence apparente ne seront que des souvenirs les années à venir. Les tas d’immondices exécrables avec leur odeur pestilentielles, disparaissent peu à peu. Les centaines de milliers des lédas qui jonchent les rues de la capitale se volatilisent. De centaine de mètres de bitumes sont construites dans la capitale, des complexes et bâtiments administratifs poussent comme des champignons. Quoi de mieux pour booster le développement harmonieux du Tchad, un des crédos du chef de l’Etat.
Dingamnaïel Kaldé Lwanga







