vendredi 23 octobre 2026

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Le gouverneur de la province du Mandoul, Mme Diamra Betolngar a réuni le 15 octobre dernier à Koumra, la capitale provinciale, les chefs traditionnels et coutumiers pour réfléchir sur les problèmes qui minent la province.  Ils ont trouvé un consensus sur les modalités de réparations civiles en cas d’infractions graves. Mais ce consensus ne plaît pas à certains ressortissants et à la société civile qui qualifient la résolution de dia, contraire aux us et coutumes de la province. Reportage.

La province du Mandoul est l’une des provinces du sud où sévit depuis plusieurs années de conflits intercommunautaires qui empêchent le vivre ensemble et la cohabitation pacifique. Pour tenter de résoudre ce mal qui gangrène le Mandoul, la gouverneure, Mme Diamra Betolngar, en poste depuis juillet 2020, a réuni le 15 octobre dernier tous les chefs coutumiers et traditionnels pour trouver des solutions. La gouverneure et les chefs coutumiers et traditionnels ont trouvé un consensus sur les modalités de réparation civile en cas d’infractions graves, surtout sur le conflit agriculteur et éleveur qui fait couler du sang chaque année.  Selon ce consensus, en cas d’homicide volontaire, les parents du mis en cause devront payer 1,5 million de F CFA avec avance de 200.000 F CFA pour organiser les obsèques, accident de circulation et autres infractions, 1 million avec avance. Le comité de recours est composé d’un imam, d’un prêtre, d’un pasteur et d’un représentant associatif.

Pour la gouverneure, c’est après une longue concertation avec les autorités traditionnelles et religieuses qu’ils ont trouvé ensemble bon de mettre en pratique ces mesures envoyées depuis N’Djamena. Selon elle, la raison principale qui a motivé leur décision commune est la réalité tchadienne. « Nous savons tous que dans notre pays, on condamne une personne au sud, mais elle se retrouve libre au nord ou à l’Est et vice versa. C’est pourquoi nous sommes convenus d’adopter des réparations à l’argent pour permettre aux familles de la victime d’organiser le deuil de leur parent tué. Ce n’est pas une affaire de dia ou quoi que ce soit », précise Mme Diamra Betolngar.

Prenant le contre-pied, un jeune de cette province qui s’exprime sous couvert de l’anonymat, rétorque que le complot a atteint un niveau alarmant, celui de sa formalisation officielle, après qu’il fut progressivement mis en place depuis des décennies. Selon lui, le Mandoul est officiellement soumis à des lois iniques qui font des habitants autochtones des sous-hommes et les chefs de cantons et villages contraints de signer ce pacte inique et inconstitutionnel.

La polémique autour de ce consensus considéré par certains intellectuels du pays, les ressortissants de la province et certains membres de la société civile a fait réagir un magistrat. À propos de la dia au Mandoul, un magistrat qui préfère garder l’anonymat, écrit en réponse à ceux qui tentent de justifier le consensus que l’allocation des réparations civiles relève de l’appréciation souveraine du juge. Selon lui, ce sont les personnes qui ont directement souffert du fait dommageable qui ont le droit de solliciter l’allocation des réparations civiles. Il précise par ailleurs qu’il n’appartient pas à un groupe d’individus de se substituer à elles, au nom de la réalité tchadienne pour fixer le montant de la « dia ».

Jules Doukoundjé

Le creusage de l’ancienne tranchée réalisée en 2008 par l’ancien président Idriss Deby Itno pour empêcher les rebelles d’entrer à N’Djamena inquiète la population riveraine. Depuis quelques semaines, les autorités de la transition ont repris les travaux de creusage de cette tranchée d’environ 8 kilomètres de longueur et 3 mètres de profondeur. Elle fait peur aux populations riveraines, surtout celles du quartier Boutalbagara, dans le 7e arrondissement au sud de la capitale. Reportage.  

De Mara, aux environs de la raffinerie de Djarmaya, au contournement du palais de la démocratie, à Gassi dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, le creusage de la tranchée crée la psychose aux populations environnantes. En 2008, le président Idriss Deby Itno réalisait ce gigantesque trou pour stopper l’avancée des rebelles qui avaient failli renverser son régime. Mais, cette fois, la transition militaire conduite depuis 6 mois par son fils, le général Mahamat Deby Itno, le creusage de cette tranchée crée de moult réflexions.

Certains intellectuels, membres de la société civile et opposition qualifient ce vaste creusage de va-t’en guerre, alors que le pays est dans une période de transition qui appelle à un dialogue national de toutes les forces vives de la nation. À Boutalbagara, quartier situé dans le 7e arrondissement, au sud de la capitale, les habitants se souviennent encore de périodes difficiles de 2008 quand le gouvernement de l’époque estimait que le creusage de cette tranchée était salutaire pour empêcher une éventuelle avancée rebelle. Pour Noubadoum, Djimtibaye, habitant et riverain de cette tranchée, affirme que les  populations démunies ne pourraient pas, en cas d’évacuation sanitaire d’urgence d’enjamber la tranchée qui divise le quartier en 2. Pour lui, les personnes âgées et malades qui ne peuvent pas se tenir debout et qui résident de l’autre côté de la tranchée, pourraient mourir à cause de ce trou qui rend difficile la circulation des voisins. « Ce qu’ils font n’est pas bénéfique pour les habitants qui peinent à se déplacer et à joindre les deux bouts », regrette ce père de famille. Pour cet homme, les populations ne sont même pas informées du creusage de la tranchée. De l’avis de Noubadoum Djimtibaye, même si les autorités ont instruit l’entreprise qui réalise cette œuvre de ne pas casser les maisons, le creusage de la tranchée divise les familles.

Abondant dans la même veine, une jeune femme, mère de 3 enfants expriment son indignation vis-à-vis du Conseil militaire de la transition (CMT). Mme Lartab Marie-Claire, assise sous un arbre devant son petit commerce confie que depuis que la tranchée est passée devant sa maison, elle peine à fermer les yeux la nuit.  Elle s’inquiète pour ses enfants qui vont dans une école élémentaire située de l’autre côté de la tranchée. « Nous avons inscrit nos enfants dans une école qui est désormais située de l’autre côté de la tranchée. Il faut que les autorités nous disent comment faire pour amener nos enfants à l’école », s’interroge la jeune dame. Pour elle, l’État ne se préoccupe pas de l’éducation de leurs enfants. Mme Lartab Marie-Claire souhaite que les autorités mesurent leurs actes avant de les matérialiser.

Des nombreux de résidents voisins de la tranchée estiment que les milliards que l’État dépense inutilement pour creuser cette tranchée auraient suffi de faire des adductions d’eau potable et d’aménager les rues pour permettre aux citoyens de vaquer plus aisément à leurs occupations.

Jules Doukoundjé

Les fidèles musulmans de la confrérie Tidjaniya du Tchad commémorent depuis 17 octobre la Aïd al Maouloud. Une fête qui célèbre l’anniversaire de la naissance du Mohammed de l’islam. La plupart des musulmans de la Tidjaniya vont à la mosquée, prient, apprennent la vie et les enseignements du Prophète et récitent les poèmes et les chants religieux. Reportage.

Selon Cheik Abdadayim, SG du Conseil Supérieur des Affaires islamiques du Tchad, le Maouloud c’est la commémoration de la naissance du prophète Mohammed. Il affirme que c’est une célébration qui a lieu le 12 du mois « Rabi Al Awal », vu comme le mois de la naissance du prophète. « C’est une occasion de joie de reconnaissance et de remerciement pour les musulmans de se rappeler l’histoire du prophète et d’enseigner sa tradition, réciter le Saint Coran », explique le SG du CSAI.

Cheik Abdadayim, précise que Maouloud est un souvenir, et le prophète est un modèle pour tout musulman. « Le musulman doit, dans son comportement de tous les jours, respecter ce que le prophète a dit, ce qu’il a fait. C’est une façon de louer Allah, du fait qu’il nous a donné un prophète et aussi du fait qu’il a envoyé l’islam comme dernière version de sa volonté sur la terre », dit-il.

Pour le Chef de garage Gambo, Maouloud est un moment de reconnaissance, et de souvenir. « Ce n’est pas une fête à proprement parler, parce que les fêtes en islam sont au nombre de deux : la fête de Ramadan et celle de Tabaski. Il n’y a pas un contenu défini où les gens doivent respecter des prescriptions. C’est à chaque communauté de s’organiser par des conférences, des prières, des séances de lecture du coran », dit le fidèle.

Mouloud est célébrée la nuit par tout acte de bien que ça soit dans le sens spirituel ou social. Il y a des gens qui vont préparer à manger, comme d’autres vont rendre visite à leurs parents, où se retrouver à la mosquée pour la veillée. Au cours de cette veillée, il y a des prêches qui sont faits sur la vie du prophète, des rappels sur les hadiths (tout ce qui est attribué au prophète comme parole, acte ou approbation).

Ce 18 octobre, les musulmans vaquent normalement à leurs activités. Sauf les travailleurs qui sont à la maison suite à la journée déclarée fériée et chômée payée par le ministre tchadien de la Fonction publique.

Moyalbaye Nadjasna

La présidente du Conseil Administratif (CA) du Réseau national des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Tchad (RNPVVIH), Mme Naikode Eveline plaide pour la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/Sida, sans cela, il serait difficile de mener à bien la lutte contre le Sida. Elle a fait cette déclaration au cours d’une dédicace du livre intitulé « Contre vents et marées » de Dinguest Zenaba qui parle d’une prostituée du marché Mokolo de N’Djamena infectée par le VIH. Témoignage.

L’intervention de la présidente du conseil d’administration (PCA) du réseau national des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Tchad (RNPVVIH) Mme Naikode Eveline à la cérémonie de la dédicace du livre de la romancière tchadienne, Dinguest Zenaba, a ému toute la salle. Cette dame a témoigné sur la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec les VIH/SIDA. Elle a pris son propre exemple pour expliquer comment il est possible de vivre avec cette maladie qui a endeuillé et continue d’endeuiller le Tchad et toute l’Afrique au sud du Sahara. « J’ai découvert ma sérologie en 2002. J’ai décidé moi-même de faire dépiste sous le conseil de mon employeur, l’ONG médecin sans frontière qui a demandé entre temps à tous ses employés qui veulent bien se faire dépister. Et au cas où le résultat s’avérait positif, elle prendrait en charge à 75 pour les frais médicaux », explique dans une voix douce la PCA du RNPVVIH. Mme Naikode Eveline qui était écoutée avec beaucoup d’émotion indique qu’elle avait en 2002 obligé son mari pour qu’ils aillent faire le test ensemble. Elle confie que son mari ne pouvait attendre les résultats pendant une semaine et était retourné à son poste à Pala dans le sud. Elle était chargée de récupérer les résultats qui étaient malheureusement positifs. Selon elle, son mari n’a pu résister à la mauvaise nouvelle. « J’ai prié pour que le seigneur me donne la force d’accepter le résultat au cas où c’est positif. Je soupçonnais mon mari depuis 2 ans », souligne-t-elle.  La PCA des personnes vivant avec le VIH a par ailleurs noté que quand le médecin lui avait remis le résultat, c’était elle-même qui l’avait consolé. 

Après avoir pris les résultats, elle s’était rendue à Pala pour remettre à son mari qui s’était écroulé en demandant pardon à son épouse. « J’ai accepté son statut de séropositif, en suite 2 ans plus tard j’ai perdu mes deux enfants et cela m’a tellement touché. J’ai décidé de créer une association pour lutter contre le VIH. J’ai dit aussi que le SIDA ne passera plus jamais par moi », se confie-t-elle. Son association a adhéré au RNPVVIH en 2004 et depuis ce temps, elle n’a pas cessé de mener le combat contre le VIH/SIDA.

Les PVVIH ont besoin de soutien

Pour lutter efficacement, il faut une acceptation de soi et de la famille. Mais au Tchad comme partout en Afrique au sud du Sahara, les PVVIH souffrent de la stigmatisation et de la discrimination. La PCA affirme que la discrimination est le fait de fixer ou de catégoriser quelqu’un à cause de son statut de sérologie. Selon elle, cette discrimination constitue un frein majeur dans la réduction du taux de prévalence du VIH au Tchad. A son avis, c’est une atteinte aux droits des PVVIH. Pour Mme Naikode Eveline, les PVVIH subissent tous les jours la discrimination et la stigmatisation et s’auto stigmatisent eux-mêmes. Pour elle, ce phénomène social commence en milieu familial, mais aussi dans le milieu de la santé. La responsable des PVVIH révèle que les résultats d’étude de l’indice sur la stigmatisation effectuée en 2013 montrent un taux plus élevé de stigmatisation en milieu social et familial. 56% des PVVIH consultées ont déclaré avoir fait l’objet de stigmatisation de la part de leur entourage, dont 59% des femmes et 48% des hommes. En ce qui concerne l’accès au travail, au service de santé et à l’éducation, elle souligne que 22,8% déclarent avoir au moins une fois perdu un emploi et leur source de revenus à cause de leur statut de sérologie.

Selon Mme Naikode, les services de planification familiale ont été refusés à 4% de femmes séropositives à cause de leur statut et 19% des PVVIH déclarent obligé de changer de résidence ou être incapable de payer leur loyer. Elle précise que cette situation frappe plus de femmes avec 20 % contre seulement 17 % d’hommes.

Toutefois, elle reconnaît que les actions menées par le gouvernement et ses partenaires ont donné de l’espoir. Elle souhaite que les nouvelles actions doivent viser à sensibiliser les familles et la société afin d’aider les personnes vivant avec la maladie plutôt que de les stigmatiser.

Jules Doukoundjé

Les Tchadiens se décrivent comme des femmes et des hommes courageux, fiers, dignes et généreux. Fiers pour ce qu’ils sont, tous Tchadiens, tous égaux devant Dieu, Allah, la loi et tutti quanti. Dignes par leur attitude, même le plus démuni parmi les démunis sait tenir son rang devant l’adversité. Généreux par leur bienfaisance, leur aptitude à l’accueil et au partage. Mais ce sont des gens qui manquent parfois de courage à porter des principes et à les défendre. Comment comprendre d’avoir laissé le Conseil Militaire de Transition (CMT) s’accaparer du pouvoir par la force? Et imposer son plan à marche forcée depuis presque 7 mois. Comment comprendre d’avoir laissé le loisir à cette junte de choisir à la carte, un Premier ministre et nommer les membres d’un gouvernement à sa dévotion? Comment comprendre d’avoir laissé la main au président de la transition Mahamat Idriss Deby de sélectionner selon ses intérêts les membres d’un Conseil national de transition (CNT) à sa botte? Comment comprendre qu’une partie des Tchadiens marche pacifiquement pour contester les méthodes du CMT et qu’ils se fassent violenter, embastiller devant l’autre partie étonnamment silencieuse? Pourtant la majorité des Tchadiens aspire au changement. Mais alors pourquoi ce peuple qu’on dit si courageux est en fait si détaché de ses propres principes et ses lois? Surtout à un moment crucial où des choses graves se produisent et se reproduisent? Pourquoi cela n’émeut presque personne? Il est temps tchadiens de vous indigner. Ne vous taisez plus.

D’abord, indignez-vous pour l’arrestation arbitraire et la garde à vue des leaders du mouvement citoyen Wakit Tama : Dr Sitack Yombatinan Béni, vice-président du parti Les transformateurs, le syndicaliste Barka Michel, président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST) et Félix Martin. Les officiels leur reprochent d’avoir troublé l’ordre public et détruit des biens. C’est un peu trop mince comme raison. Ils ont été présentés mardi 12 octobre au procureur de la République. Ils sont libres, mais la justice pourrait demander à leurs avocats de les ramener chez le juge à tout moment. Cela s’appelle de l’intimidation d’une justice aux ordres. Ces intimidations ont commencé quelques jours avant lorsque le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement Abdramane Koulamallah a affirmé que l’État portera plainte. Ces arrestations sur commande et en cette période doivent cesser pour apaiser les esprits. Pour éviter l’arbitraire. Tchadiens, dénoncez cela même si vous ne partagez leurs idées. Le silence tue le pays. Pire, il avilit l’esprit tchadien.

Ensuite, indignez-vous aussi pour la perquisition au siège du parti Les Transformateurs. Une perquisition, tenez-vous bien, pour aller décrocher un morceau de tissu, le drapeau national. Pourtant il s’agit d’un symbole national. Un bien commun que tout Tchadien a droit d’honorer et d’arborer où il veut dans ce vaste pays. N’y a-t-il pas mieux à faire que de retirer un drapeau accroché au siège d’une organisation politique? Il y a quelque de burlesque dans les œuvres de cette transition atavique.

Pis, la dérive dangereuse du CMT se confirme chaque jour par l’exercice solitaire du pouvoir d’un jeune homme sans expérience. Les 14 autres généraux membres du Conseil ont disparu des radars depuis fort longtemps. Plusieurs sources affirment à la rédaction que le Conseil ne tient presque plus des réunions. Ils sont payés à ne rien faire. Il n’y a plus que Mahamat Idriss Deby aux commandes. Il a 37 ans. Il a tous les pouvoirs. Il fait ce qu’il veut, comme il le veut. Il n’a aucun contre-pouvoir. Il commence à n’entendre que lui-même. Son allure a changé. Observez-le bien. Le jeune homme timide et à la voix tremblotante des premières heures lors de son coup de force est un vieux souvenir. Il est de plus en plus sûr de lui. Il se débarrasse peu à peu de sa tenue militaire. Il découvre le pouvoir. Il semble aimer cela. Il est tenté. Il va s’accrocher, enfin peut-être…

Le CMT va de plus en plus vers la logique de confiscation du pouvoir. La preuve, la composition du fameux Conseil National de Transition (CNT) avec des jeunes hommes et des jeunes femmes « quota isés ». Le problème ce n’est pas le quota, mais la qualité des personnes. Il est clair que ce CNT est composé des plusieurs personnes peu fréquentables. Comment y sont-elles parvenus à des telles responsabilités? Mystère. Même ceux qui étaient censés avoir la main sur la liste de cet organe ont perdu le Nord à sa publication. Ils étaient chaos debout. Abasourdis par la manœuvre de la présidence. Autres signes de la dérive, après 7 mois rien n’est encore clair et précis. Les demandes de l’Union africaine (UA) comme par exemple la modification de la charte n’est toujours pas à l’ordre du jour. Mahamat Idriss Deby s’est même offert le luxe d’engager un bras de fer avec l’UA. Particulièrement avec son compatriote le président de la Commission Moussa Faki.

Enfin, indignez-vous Tchadiens de la suspension du directeur de l’information de la télévision publique (Onama) Souleymane Djabo pour avoir couvert l’évènement d’un homme politique de l’opposition et ou pour la couverture d’un procès en cours. Les anciennes pratiques ont la vie dure. Indignez-vous Tchadiens, lorsque le CMT veut ériger, en cette période de transition, l’arbitraire et l’injustice en mode de gouvernance. Suspendre un journaliste, enfermer des syndicalistes, perquisitionner le siège d’un parti sont les signes avant-coureurs d’une logique de confiscation du pouvoir. Le temps, Tchadiens, n’est plus au silence. Indignez-vous. Et faites-le savoir.

Bello Bakary Mana   

Le cancer du sein est le cancer le plus diagnostiqué chez les femmes dans le monde, avant et après la ménopause. Selon l’organisation mondiale pour la Santé (OMS), une femme sur 9 sera atteinte d’un cancer de sein au cours de sa vie et une sur 27 en mourra. Au Tchad, comme dans bien d’autres pays en développement, ce mal tue et continue de traumatiser les femmes. Le mois d’octobre, appelé aussi octobre rose, devrait permettre à toutes les forces vives de la nation de faire bloc et de se pencher sur ce fléau qui menace notre pays. Chronique.

Octobre rose, ou mois de campagne de communication destinée à sensibiliser sur le dépistage du cancer de sein. Au Tchad, il n’y a pas un chiffre officiel, mais l’augmentation des cas donne froid au dos. Selon le président de la ligue tchadienne de lutte contre le cancer, plusieurs nouveaux cas sont enregistrés chaque année au Tchad. L’annonce du Dr Manikassé devrait sonner fort et pousser toutes les parties prenantes à peser sur la cloche et agir urgemment.

Phénomène encore méconnu ou sous-estimé, ce type de cancer continue pourtant inexorablement sa progression, surtout dans les pays en développement comme le nôtre, plus que partout dans le monde. Si le taux de survie dans ces pays est exceptionnellement bas, c’est parce que la honte de la maladie, le manque d’informations sont autant d’obstacles qui dissuadent les malades à consulter un médecin avant que cette maladie n’atteigne un stade avancé et incurable.

Dans le cadre de la lutte contre ce fléau, force est également de constater que de nombreux obstacles existent pour mener à bien le combat. Notamment le manque de sensibilisation de la population, le manque de ressources, l’absence de programmes et de politiques de lutte contre le cancer, mais aussi le manque d’infrastructures médicales et des personnels qualifiés, sans parler des coûts élevés des thérapies anticancéreuses.

Le cancer jette dans la précarité les malades, on a besoin de fonds et d’un engagement en faveur de l’amélioration du traitement des femmes, une fois qu’elles sont diagnostiquées. L’absence d’accès au diagnostic et de matériel de radiologie en particulier pour les femmes en zones rurales est un réel problème.

Il a été constaté que les progrès sont lents, malgré l’immense connaissance dont disposent les médecins qui s’accordent à dire que l’heure est plus que jamais à la sensibilisation si l’on sait que les nouveaux médicaments contre le cancer, surtout du sein, permettent de prolonger la survie, mais pas de les guérir complètement parce que les tumeurs deviennent résistantes. Donc notre principal espoir par rapport à ce mal, c’est de prévenir la maladie, plus que de la soigner.

Au-delà de la recherche médicale et des traitements adaptés, certaines pratiques et quelques habitudes saines de vie, peuvent diminuer les risques de développer un cancer du sein ou d’en mourir. L’observation régulière des seins et la mammographie de dépistage sont des exemples pratiques qui peuvent faire la différence.

Il est donc primordial que les femmes tchadiennes soient conscientes du fait qu’elles peuvent juguler cette tendance à la mortalité en étant de vraies actrices dans le combat. Il faudra aussi adopter des habitudes saines de vie pour mettre toutes les chances de leur côté.

Les Ministères concernés, tels que le Ministère de la femme, de la famille et de la petite enfance et enfin le Ministère de la Santé publique devraient mettre en place un programme de sensibilisation visant à apprendre aux femmes à pratiquer l’auto-examen de leurs seins. Ces ministères devraient aussi aller dans les écoles, les marchés, dans les mosquées et dans les églises pour parler davantage de ce mal qui menace sérieusement la santé des femmes du pays. Aujourd’hui, la lutte contre le cancer du sein au Tchad reste un vaste chantier.

Jules Doukoundjé

Suite à la désignation des membres du Conseil national de Transition (CNT), les professions judiciaires libérales dénoncent la marginalisation de leurs corporations dans la désignation des membres du CNT. Ils craignent que le processus de transition en cours soit dépouillé de son caractère démocratique. Reportage.

Les professions judiciaires libérales à savoir l’Ordre national des avocats, la chambre nationale des notaires et la chambre nationale des huissiers de justice du Tchad ne sont pas contentes du comité ad hoc en charge de la désignation des membres du CNT. Raison de leur mécontentement : leurs corporations ne sont pas représentées. Et pourtant, d’après la correspondance adressée aux différents ordres professionnels, il était mentionné que « les ordres professionnels sont des corporations d’élite dont le point de vue est important. Ils contribuent à façonner le tissu professionnel du pays et sont à la pointe de la modernité. Leurs idées avant-gardistes méritent d’être recueillies et partagées par le CNT ».

Pour le président de la chambre nationale des notaires du Tchad (CNNT), Me Djomia Germain, cela signifie que les professions judiciaires libérales sont non seulement les acteurs incontournables, mais aussi des personnalités non négligeables dans le fonctionnement d’un organe législatif. Selon lui, les avocats, les notaires et les huissiers pourraient jouer un rôle essentiel dans le processus d’examen des projets de loi, voire dans celui des propositions de lois d’envergure relatives au foncier, à la famille, au domaine commercial et dans bien d’autres lois liées à la vie publique et privée de la nation. Selon le porte-parole de ces professionnels, les professions judiciaires libérales se sont attelées à sélectionner les meilleures candidatures, les dossiers ont été constitués, puis déposés dans le délai requis.

Les avocats, les notaires et les huissiers estiment qu’ils sont mieux placés pour connaître toutes les lacunes de la législation tchadienne et qu’à ce titre, leur présence était vitale dans les décisions importantes qui conditionnent la vie de la nation. Ils ne comprennent pas pourquoi leur corporation n’est pas représentée au sein du CNT.  Ils expriment par ailleurs leur indignation face à la mauvaise foi qui gouverne cette décision. De leur avis, cette marginalisation des corporations judiciaires libérales dans la désignation des membres du CNT, installés dans leur fonction le 5 octobre dernier, constitue une insulte suprême à l’endroit de leurs corporations professionnelles respectives.

Jules Doukoundjé

Dans peu de temps le championnat national de la lutte va démarrer. Les différentes délégations conviées à cette compétition logée au centre culturel Talino Manu s’activent. Reportage.

Les habitués s’endorment tranquillement après un long voyage effectué. Certains novices méditent leur sort. D’autres lavent leurs linges et leurs ceintures de peau s’apprêtant aux combats de lutte. Un lutteur de la Tandjilé affirme, « nous sommes des lutteurs de la province de la Tandjilé. Nous avons toujours remporté des médailles, on n’a pas de souci. Nous espérons que tout ira pour le mieux. Le moral est haut. La Tandjilé est le bastion de la lutte traditionnelle, on n’a rien à craindre. » Un lutteur de la capitale, N’Djamena, sous couvert de l’anonymat dit, « je m’abstiens de tout commentaire. La compétition c’est sur le terrain et la fin justifie les moyens. Vous nous verrez sur le terrain donc ne soyez pas pressé. »

Amadou Moustapha, est l’encadreur des lutteurs de la province du Lac. Selon lui, ils sont une délégation de 8 personnes. Il remercie Dieu de les avoir conduits à N’Djamena en paix. D’après lui, ses poulains sont prêts pour la compétition. « Il ne faut jamais mettre la peur devant soi dans une compétition. Il faut avoir confiance en soi, voilà tout ce qu’il faut. Vouloir c’est pouvoir », dit-il.

Kolo Joël, lutteur du Mayo-Kebby Est, souligne qu’ils sont venus pour ramener le trophée au Mayo-Kebby Est. « Nous étions champions en 2016 et nous croyons être encore champions cette année. Nous sommes plus que déterminés et rien ne nous arrêtera en chemin. C’est une question de confiance en soi », dit-il d’un air rassurant. Frida Ahidjo est dans la catégorie féminine de 72 kilos. « Nous nous sommes battues corps et âme pour arriver à cette compétition. J’espère bien que nous repartirons avec des médailles. Je pratiquais avant la lutte olympique et cette fois-ci c’est la lutte traditionnelle, mais il n’y a rien à craindre, je suis confiante » affirme-t-elle.

Mahamat Abderrahmane Idriss, entraîneur du Salamat. « Nous sommes prêts. Nous allons tenter notre chance ». Il précise qu’ils sont une délégation de 8 personnes avec 5 lutteurs, dont une femme. Issa Hassan Zakaria, lutteur du Salamat, département de Harase Mangagne, c’est sa première fois de participer à un championnat national.  « C’est une opportunité pour moi de faire ma première expérience et c’est ce qui compte. Je remercie la Fédération tchadienne de lutte associée pour l’organisation de cette compétition ». Le moyen Chari est présent avec 12 lutteurs, dont 5 filles.

Cette compétition nationale de lutte s’ouvre ce soir 15 octobre 2021. Elle va s’achever le 17 octobre prochain. Sur les 7 provinces attendues pour ce championnat seulement, 5 sont présentes à N’Djamena.

Moyalbaye Nadjasna

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