Un nouveau parti, dénommé Union pour la Refondation du Tchad (URT) vient de voir le jour. Le président de ce parti, Siddikh Abdelkerim Haggar l’a annoncé ce samedi au cours d’une conférence de presse. Créé le 13 septembre dernier, l’URT est un parti d’obédience socio-démocrate et se caractérise par la création d’un État véritablement démocratique, social et à visage humain. Reportage.
À quelques mois seulement du Dialogue National Inclusif (DNI) qui permettra aux Tchadiens de toutes corporations et obédiences politiques de s’asseoir pour discuter de l’avenir de leur pays, un parti politique vient de naître dans une pléiade des partis politiques déjà existants. C’est au cours d’une conférence de presse que le président de ce nouveau parti Siddikh Abdelkerim Haggar a annoncé la création de son parti dénommé Union pour la Refondation du Tchad (URT) créé 13 septembre dernier. C’est un parti qui se décrit comme social-démocrate.
Pour le président Siddikh Abdelkerim Haggar, dans un échiquier politique national où figurent plus de 200 partis politiques, l’opinion peut paraître dubitative face à la création d’un nouveau parti politique. Selon lui, certains diront que c’est un parti politique de plus, et d’autres penseront que c’est un parti créé pour un agenda quelconque. « Pour nous les fondateurs, ce ne sont pas ces supputations qui nous ont conduits à la création de ce parti. Depuis quelques mois, nous, nous sommes engagés dans une réflexion et une analyse approfondie de la situation sociopolitique de notre pays avec des cadres de haut niveau afin d’avoir une vision claire, définir nos objectifs et parfaire notre programme politique », justifie-t-il. À son avis, l’URT se propose de refonder le Tchad sur la base des valeurs républicaines pour restaurer l’unité nationale et la justice afin d’amorcer un développement socio-économique durable. Selon toujours le nouvel homme politique, son parti va se placer aux côtés des autres politiciens qui ont la même valeur et la même perception d’un Tchad qui ne peut avancer et se construire que dans l’unité, la justice, la paix, le respect des libertés et la démocratie.
Le programme politique du parti URT s’articule autour des grands axes qui visent à refonder le Tchad : reconstruire une justice impartiale, reconstruire une véritable armée nationale, reformer les secteurs sociaux de base, reformer l’administration et organiser les états généraux dans tous les domaines sociaux de base.
Au sujet de la transition, Siddikh Abdelkerim Haggar estime que le CMT a la responsabilité de défendre la patrie, de sécuriser les biens et de personnes, d’éviter le désordre, l’anarchie et l’ébranlement des institutions de l’État et ajoute que les militaires se sont pleinement assumés. Toutefois, il souligne que son parti observe que la perfection n’est pas de mise, tant du point de vue de la représentativité et de la qualité des hommes choisis pour une gestion efficace de la transition. « Malgré ces insuffisances qui ne rassurent pas tous les Tchadiens qui ont été souvent abusés. Nous estimons qu’un minimum existe sur lequel on peut bâtir des lendemains meilleurs », reconnaît le président de l’URT.
L’URT s’inspire des principes de la social-démocratie en vue d’impulser l’avènement d’un monde multipolaire fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes afin d’amorcer un développement humain, solidaire et durable. Le parti prône un nouveau modèle de développement économique, social et écologique pour redresser le Tchad.
Jules Doukoundjé
Depuis avril le Tchad est plongé dans un processus de transition après la mort du président Idriss Deby Itno. Dans le sillage de cette période spéciale, le Dialogue national inclusif (DNI) est l’un des points clés. Les préparatifs de ce dialogue vont s’activer dans les prochains jours. Certaines organisations de la société civile et quelques partis politiques de l’opposition démocratiques s’affairent pour retirer leurs fiches de participation. Reportage.
Le 22 octobre, le secrétariat du cabinet du Délégué général du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena est envahi. Les représentants de certaines organisations de la société civile se bousculent pour s’enregistrer et retirer la note de service sur un prédialogue en cours. Mahamat Hassan, coordonnateur des artistes tchadiens, souligne que c’est la première fois qu’il participe à une rencontre d’envergure. « Je suis venu m’enregistrer pour retirer la note relative au prédialogue. Je pense que ce n’ai pas un mal d’aller à ce prédialogue. Cela nous permettra nous les novices de mieux gérer nos stresse lors du vrai Dialogue qui se pointe aussi à l’horizon. Je demande aux Tchadiens de laisser le passé et de tourner plutôt le regard vers l’avenir », dit-il. Ce qui doit compter pour nous tous c’est le Tchad, dit-il.
Pour le secrétariat du gouvernorat, ceux qui viennent retirer les fiches doivent être dûment mandatés par leur organisation. Selon lui, une fois la fiche retirée, les intéressés prendront connaissance et désignerons ensuite leur représentant notifié sur la fiche qu’ils vont leur renvoyer. « Autre chose, nous vérifions les autorisations de fonctionner dûment signées par le ministère de l’Intérieur. La clôture du dépôt c’est aujourd’hui 22 octobre », note le service du secrétariat.
Selon M Salibou Garba, on ne vient pas dans une transition pour apprendre, les gens ne comprennent pas cela. Il faut des gens qu’ils s’y connaissent pour rendre facile les choses et aller vite à la légitimité des institutions, affirme-t-il. Le leader politique soutient qu’on ne change pas de gouvernement ni le parlement. C’est-à-dire qu’un poste est vacant et il faut le combler, soutient-il. « Moi je pense qu’il n’y aura pas un bon dialogue. Les gens ne veulent pas de débats contradictoires. Tout est arrangé par avance », dit-il.
Moyalbaye Nadjasna
À N’Djamena, beaucoup des débits de boissons, bars, auberge et boîte de nuit sont installés aux alentours des établissements scolaires. Ces débits de boissons impactent négativement sur l’apprentissage des élèves. Quelques établissements visités dans le 7e arrondissement montrent la gravité de la situation. Reportage.
Il est 12h30mn. Nous entrons dans un débit de boisson traditionnelle communément appelé cabaret situé non loin du Lycée de Gassi dans la commune du 7e arrondissement. TA9, c’est le nom du cabaret donné par les élèves. Dans cette gargote, les femmes vendent les bières locales appelées bili-bili et cochette, brassées à base du mil et du riz. À l’entrée du cabaret, on aperçoit un groupe d’élèves des classes de 1re et terminale en train de discuter en français et parfois en arabe locale. Certains sont en tenue du lycée de Gassi, d’autres se sont débarrassés de leurs chemisettes pour ne pas se faire identifier.
Dans un brouhaha, plusieurs thèmes ont été abordés. Ces adolescents qui se livrent à la consommation de la bière traditionnelle pendant les heures de cours débattent souvent sur certaines œuvres littéraires. Leurs débats donnent l’impression qu’ils sont dans une salle de classe. La plupart de ces élèves sont de série littéraire. Un élève dans un état d’ivresse avancé se met devant ses camarades pour prétendre leur expliquer une pièce de théâtre. Après avoir expliqué les différentes scènes de la pièce, le fameux professeur déguste sa bière allégrement. Il est écrit au mur de ce cabaret, « jeunes d’aujourd’hui, si fumé est un acte de bravoure alimentaire, le poisson dans l’eau aura fumé ». Malgré ce qui est écrit, cela n’a pas empêché ces jeunes élèves de fumer.
Hormis la TA9, l’école associée FDAR située à Chagoua, dans un autre quartier du même arrondissement, est envahie par les bars, les boîtes de nuit, les auberges et les cabarets. Dans cette école associée, certains élèves sautent par-dessus le mur pour aller boire dans les cabarets. Ils reviennent tous ivres et perturbent les cours.
Pour l’inspecteur départemental de l’éducation nationale et de la promotion civique pour la commune de N’Djamena VII Gnenet Ouatooh, quand les bars jouent de la musique, les élèves répètent en même temps. « Un jour pendant qu’on était en inspection, une élève chantait à haute voix. Quand nous l’avons interpellé, elle disait qu’elle a oublié qu’elle était en classe », raconte l’inspecteur. Pour lui, qui dit bar dit bruit et les deux ne peuvent pas cohabiter avec les écoles qui ont besoin de tranquillité. Il exhorte les autorités communales et le ministère de l’Éducation nationale d’interdire l’installation des débits autour des établissements scolaires. L’inspecteur affirme que le problème est signalé au niveau de la hiérarchie, mais aucune solution n’est encore trouvée pour le moment. À la mairie centrale, il suggère qu’une étude de faisabilité soit faite avant de délivrer les autorisations à de tierces personnes pour des activités commerciales autour des écoles. À son avis, l’enseignant et l’enseigné ont besoin de tranquillité pour transmettre et recevoir le savoir.
Kouladoum Mireille Modestine
Le Président de la Cour Suprême a déclaré hier 20 octobre irrecevable la requête de l’ONG World Vision suite à l’affaire de faux et usage de faux et d’escroquerie qui l’opposait à sieur Gody Tary Gassara. M.Gody avait saisi le parquet d’instance par une plainte. Laquelle plainte avait été transmise à la Section nationale de recherche judiciaire (SNRJ) pour l’enquête préliminaire. Ialtchad presse a rencontré Me Mouné Koudanbé, l’un du collectif des avocats du plaignant. Reportage.
Selon Me Mouné Koudanbé, l’un des avocats de M. Gody Tary Gassara, le président de la Cour Suprême a ce, 20 octobre 2021, déclaré irrecevable la requête de l’ONG World Vision. Il précise que cette décision courageuse du dernier ressort fait suite à l’affaire de faux et usage de faux et d’escroquerie qui l’opposait cette ONG et son agent à leur client sieur Gody Tary Gassara.
Pour Me Mouné, conscient du principe cardinal de séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la Justice, cette décision du Président de la Cour Suprême vient confirmer définitivement le courage des magistrats tchadiens. Il soutient que cette décision redonne espoir aux justiciables qui longtemps ont perdu confiance en la Justice. « Nous tenons à porter à la connaissance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, de l’issue de la procédure de faux et usage de faux et d’escroquerie déclenchée par notre client, Gody Tary Gassara, contre l’ONG World Vision et son agent Rimhoudal Dono », dit-il.
Me Mouné Koudanbé rappelle que de nombreuses communications ont été faites relativement à cette affaire. Il indique que leur client M. Gody, victime de faux et usage de faux et d’escroquerie du fait de l’ONG World Vision et de son agent, Rimhoudal Dono, avait saisi le parquet d’instance par une plainte. « Laquelle plainte avait été transmise à la Section nationale de recherche judiciaire (SNRJ) pour l’enquête préliminaire. À la suite de ladite enquête préliminaire, le parquet d’instance a jugé de l’opportunité d’ouvrir une information judiciaire afin de situer les responsabilités. C’est ainsi que le dossier a été confié à un juge d’instruction », affirme l’avocat.
Me Mouné explique que le Cabinet d’instruction en charge du dossier, après avoir suffisamment instruit l’affaire, a rendu son ordonnance en retenant l’ONG World Vision et son agent dans les liens de la prévention. Ce, pour les infractions de faux et usage de faux et d’escroquerie, tout en renvoyant l’affaire devant le tribunal correctionnel, clarifie l’avocat. « Mais curieusement, alors même qu’une telle ordonnance n’est susceptible d’aucune voie de recours, l’ONG World Vision a relevé appel. Mais fort heureusement, suivant la logique du droit, la chambre d’accusation par devant laquelle ladite ordonnance avait été déférée, a déclaré l’appel de l’ONG World Vision irrecevable, et ce, conformément aux dispositions pertinentes de notre Code de procédure pénale », clarifie-t-il. D’après l’avocat, la chambre d’accusation avait renvoyé l’affaire devant le tribunal statuant en matière correctionnelle.
Solidarité des juges
Me Mouné signifie que le Tribunal de Grande Instance de N’Djaména, siégeant en audience correctionnelle et de simple police le 4 juin dernier, a par jugement correctionnel condamné solidairement l’ONG World Vision et son agent Rimhoudal Dono. Selon l’avocat la décision note de payer une amende ferme de dix millions (10 000 000) FCFA, et à leur client, la somme de 978 809 375 FCFA à titre principal et par provision, nonobstant toutes voies de recours et de 150 000 000 FCFA à titre de dommages-intérêts pour tous préjudices subis.
Mécontents de ce jugement, les prévenus ont relevé appel, dit-il. Cependant, au regard de son caractère provisionnel, il demeurait exécutoire en son principal, et ce, malgré le recours initié par l’ONG World Vision et son agent, explique-t-il.
« En dépit de ce fait, et contre toute attente, le ministre de la Justice, à travers l’Inspection Générale de son ministère, s’est donné la liberté de s’immiscer dans cette affaire, en ordonnant au Procureur Général près la Cour d’appel de N’Djaména de mettre tout en œuvre pour suspendre l’exécution du jugement correctionnel », confie Me Mouné. Il ajoute que le procureur a saisi tour à tour les différents huissiers de justice, qui avaient pratiqué des saisies sur le compte bancaire de l’ONG World Vision, aux fins de procéder à la mainlevée desdites saisies. Il salue le courage des juges de l’appel respectueux des règles de droit et jaloux de l’indépendance de la Justice, de confirmer le jugement correctionnel rendu par le Tribunal de Grande Instance de N’Djaména, en son principe de condamnation pécuniaire.
Moyalbaye Nadjasna
Le creusage de la tranchée n’a pas fini de faire couler d’encre. Le secrétaire national du parti Un Nouveau Jour, Dr Nasra Djimasngar demande aux autorités du Conseil Militaire de Transition l’arrêt du creusage de la tranchée autour de la ville de N’Djamena, capitale tchadienne. Si rien n’est fait, il va appeler tous les riverains victimes de la tranchée de s’inscrire sur une liste ouverte par son parti afin de poursuivre l’État. Reportage.
La reprise du creusage de la tranchée réalisée en 2008 par l’ancien président Idriss Deby Itno pour empêcher les rebelles de l’époque d’entrer à N’Djamena met mal à l’aise beaucoup d’hommes politiques et certains membres de la société civile. Le secrétaire national du Parti Un Nouveau Jour (opposition), Dr Nasra Djimasngar ne passe pas par le dos de la cuillère pour exprimer son inquiétude. Il estime qu’en creusant ce trou, l’on n’a pas tenu compte des habitants aux abords, le sort de ceux qui habitent après la tranchée n’a pas aussi été pris en compte par les autorités de la transition. Selon lui, tous les travailleurs qui vivent au-delà de la tranchée auront du mal à rejoindre leurs lieux de travail à l’heure. Il souligne que beaucoup d’habitations aux abords vont s’écrouler par l’effet de l’érosion dès les saisons de la pluie prochaines, sans garantie de dédommagement de l’État. L’opposant s’inquiète aussi que les agresseurs se cachent dans ce vaste et profond trou pour commettre leurs forfaits. « 13 ans après, le CMT vient de réveiller ce cauchemar dans l’esprit des Tchadiens alors même qu’ils se préparent à aller au DNI pour enterrer définitivement la hache de guerre. Non seulement cet ouvrage en réalisation plonge le peuple dans une psychose, mais il cause de dommages incalculables à la population riveraine », explique Nasra Djimasngar. Le SG du parti Un Nouveau Jour exige l’arrêt immédiat de la réalisation de cet ouvrage et le remblayage de la partie déjà ouverte.
S’il n’est pas entendu, l’homme politique menace d’appeler les populations riveraines de ce trou de s’inscrire sur une liste constituée par son parti afin d’intenter une plainte contre les auteurs de cet ouvrage. Il affirme par ailleurs qu’un pôle d’avocats sera constitué pour envisager d’autres actions n’est pas à exclure après concertation avec les résidents.
Depuis plusieurs semaines, la population de N’Djamena assiste au creusage de la tranchée autour de la capitale. Pour rappel, cette tranchée fut ouverte par le président Idriss Deby Itno au lendemain des évènements du 2 février 2008 marquant l’entrée des rebelles dans la capitale. Lorsque la tranchée était creusée en 2008, peu de gens s’étaient installés au-delà. De nos jours, avec le phénomène de l’étalement urbain, la ville s’est étendue à des kilomètres au-delà de la tranchée.
Jules Doukoundjé
Le secrétaire général de la confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT) et membre du Conseil National de Transition (CNT), Brahim Ben Said tente de décortiquer l’importance du pacte social triennal signé entre le gouvernement et les organisations syndicales des travailleurs du Tchad. Il estime que c’est dans l’intérêt supérieur des travailleurs et du pays que cet acte a été signé. Reportage.
Pour apaiser le climat social délétère qui s’est installé depuis quelques années, le gouvernement et les organisations syndicales des travailleurs tchadiens ont signé au début de ce mois un pacte social triennal. La signature de ce pacte tant attendu par les deux parties va contribuer, estiment les observateurs, à l’instauration et à la consolidation d’un climat social apaisé, propice à amélioration significative des conditions de travail et de vie des travailleurs. Pour le secrétaire général (SG) de la confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), Brahim Ben Said, ce pacte permettra à certains contractuels de l’État d’entrer dans leurs droits. Pour lui, les organisations syndicales souhaitent que le gouvernement paie les cotisations à la caisse nationale de la prévoyance sociale (CNPS) pour que les contractuels puissent bénéficier des droits sociaux et des allocations familiales pour ceux qui sont partis à la retraite. Il révèle que c’est depuis plus de 40 ans que l’État ne verse pas ses cotisations à la CNPS et que beaucoup de contractuels retraités sont morts sans avoir leurs pensions de retraite. Brahim Ben Said souligne que dans l’accord, il est prévu d’harmoniser le salaire des fonctionnaires.
Au sujet des textes qui régissent la sécurité sociale au Tchad, le syndicaliste précise que ces textes sont vétustes et le système de calcul à la CNPS et la caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) sont dépassés et ne répondent plus aux normes. Il explique qu’avant, le système de calcul se faisait par point, mais de nos jours cela se fait par pourcentage. « Aujourd’hui la fonction publique paie mal les retraités. À la CNPS les taux de cotisations ont été augmentés de 3 à 8%, mais la pension n’a pas bougé. Nous avons demandé que la pension soit revalorisée », dit le SG de la CLTT. Il affirme que le SMIC était avant de 5000 F CFA quand les gens partaient à la retraite, il est à 60.000 F CFA de nos jours, il appelle à la révision du système de calcul de la CNPS et de la CNRT. Selon lui, avant le fonctionnaire tchadien n’était très gradé, mais de nos jours, on a des gens qui ont de gros diplômes. Pour ce fait, les organisations syndicales souhaitent qu’on révise la loi portant sur le statut de la fonction publique. M. Brahim Ben Said affirme que les organisations syndicales demandent, surtout concernant l’enseignement supérieur, que le gouvernement suive l’exemple de la CEMEAC pour revaloriser les salaires.
Concertant la garantie de l’accord signé le 4 octobre dernier, le SG estime que pour la stabilité du pays, il faut que cet accord soit appliqué, dans l’intérêt général de tous pour un Tchad nouveau. « Pour un nouveau Tchad, il faut corriger les erreurs du passé, réparer l’injustice », ajoute-t-il. Il soutient que l’accord est bénéfique pour les deux parties, mais il insiste sur le fait qu’il faut mettre en place des mécanismes de suivi qui pour que l’accord soit respecté.
À propos des retraités qui menacent de descendre dans les rues de la capitale, le syndicaliste dit que les retraités ont des arriérés que l’État a prévu de payer en deux tranches, une partie en septembre dernier et une autre partie au début de l’année prochaine. Selon lui, le retraité tchadien végète dans la pauvreté, la pension de retraite est si maigre qu’il faut la revaloriser. Il propose qu’on paie les retraités mensuellement. Brahim Ben Said affirme que les cotisations qui sont retenues sur les salaires ne sont pas reversées à la CNRT, elles sont versées au trésor public.
Jules Doukoundjé
8,916 900 milliards de FCFA, c’est le montant du projet de budget de l’exercice 2021 du Conseil National de la Transition (CNT). Salaires, indemnités, frais de session, achat de véhicules, matériels bureautiques et informatiques, carburant y compris. Ce budget continu a suscité des réactions des acteurs politiques. Reportage.
M. Salibou Garba, ex-député et président national du parti, Alliance national pour la Démocratie (AND) affirme que le projet de budget du CNT n’est pas du tout une surprise. « Cela a toujours été la pratique. À ce que je sache, l’Assemblée Nationale (AN) sortante qui comptait plus de membres disposait déjà d’un budget 2021. Les seules dépenses d’installation ne peuvent pas justifier les montants révélés.», dit-il.
Salibou Garba rappelle que le journal Abba à travers ses articles a signalé les surfacturations, révélé un rapport interne d’exécution du budget de l’AN : « une clé USB à 396 000 frs, un ordinateur de bas de gamme à 1 500 000 frs, la construction du dos d’âne à l’entrée de l’AN à plus de 60 millions. Demandez les prix des travaux non indispensables de l’hémicycle, les coûts des miradors, etc. », rappelle-t-il. Le leader politique déclare qu’il faut se demander à combien ont été vendues les voitures de fonction à leurs utilisateurs, en ventes forcées. Il ajoute que, les frais de mission ont été détournés, refusés aux ayants droit. Le président du parti AND soutient que le personnel est recruté de façon ahurissante. « À moins de 200 unités à la 2e législature, nous sommes passés à plus de 1400 selon feu Président Idriss Déby, un personnel invisible, mais qui émarge chaque mois. La liste est longue, très longue », clame l’ancien parlementaire. Pour M Salibou Garba, ceux qui ont conçu et monté le Bureau du CNT savaient très bien ce qu’ils faisaient. Il affirme que c’est la poursuite du pillage à ciel ouvert des ressources de l’État. C’est le comble de l’insouciance, insiste-t-il.
Le président du parti Union National pour le Développement et le Renouveau (UNDR) M. Saleh Kebzabo abonde dans le même sens. Dans un tweet le 14 octobre 2021, l’ancien député écrit, « une véritable entreprise de pillage à ciel ouvert qui se met en place au CNT. La défunte AN a donc emporté tous les matériels roulants et de bureaux au point que le CNT doive tout racheter ? Un vrai scandale d’État en cours. »
Le président du parti socialiste sans frontière (PSF) de Yaya Dillo demande la dissolution complète du CNT. « Demain ils feront des marchés et détourneront les moyens de l’État. Ils achètent des voitures à 85 millions pendant que les gens meurent de faim », martèle-t-il.
D’après le président de l’AND Salibou Garba, au moins 4 membres du CNT n’ont pas fait acte de candidature, donc ils n’ont pas déposé de dossier. Selon lui, les militants FAR ont été harcelés pour déposer le dossier de Yorongar après la clôture du dépôt de dossier. « L’intéressé doit se demander ce qu’il fait dans cette galère. Une assemblée monochrome à souhait pour voter par acclamations. Adieu les débats contradictoires pour trouver des consensus durant toute période de transition », dit-il. Il estime que ceux qui ont pris le pouvoir par la force ignorent que le Tchad est en période de transition. Selon lui, ils se comportent en détenteurs légitimes du pouvoir, uniquement préoccupés à vider les caisses de l’État.
« Quitte de la transition inclusive, consensuelle et apaisée. Il revient à la communauté internationale qui est en charge de sa supervision de tirer la sonnette d’alarme en vue de recadrer et redresser cette transition », conclut Salibou Garba.
Moyalbaye Nadjasna
Dans un passé récent, la forêt de Walia constituait une ceinture verte pour la capitale tchadienne, N’Djamena. Aujourd’hui avec l’agrandissement de la ville, elle se vide peu à peu de ses arbres. Cause: certaines populations riveraines coupent clandestinement les arbres pour servir de bois de chauffe. Reportage.
9 h. Foret de Walia dans le 7e arrondissement de N’Djamena. Le soleil commence à être brûlant. Le mouvement humain est constant. Véhicule, motocyclistes et piétons se frayent chacun un passage au cœur de cette forêt entre les cimetières de Ngonba et de Toukra. Ils zigzaguent entre les cultures de riz, de sorgho, des jardins d’oseille, des sables stockés çà et là. Selon le chef de secteur forestier de Walia, la coupe des arbres est préoccupante. « Nous effectuons souvent de contrôle à l’intérieur comme au pourtour de la forêt, mais les gens sont terribles. Il arrive qu’on prenne des gens, mais la plupart des femmes avec des enfants au dos. Certaines personnes agissent tard dans la nuit, vraiment les gens ne sont pas conscients », dit-il.
Un voisin de la forêt sous couvert de l’anonymat affirme, « j’habite depuis 3 ans derrière la forêt. Les agents forestiers font souvent des tours de la forêt à motos. Pendant la nuit, on entend parfois de tirs dans la forêt pour dissuader les coupeurs des arbres ».
M Loumou Brazza Soulé, technicien forestier s’indigne de la situation. Pour faire l’historique, il rappelle que cette forêt existe depuis 1952. Il précise qu’elle prend sa source ici à Walia et s’étend jusqu’à la périphérie de Koundoul. Le technicien ajoute qu’avec l’agrandissement de la ville, elle rapetisse petit à petit, cédant la place aux habitations. M Loumou déplore le fait que les populations riveraines empêchent les arbres de vivre. Elles coupent clandestinement les arbres pour une utilisation personnelle. Pourtant, dit-il, l’arbre joue un rôle très important dans la vie de l’homme. D’après lui, l’arbre produit de l’oxygène, c’est un purificateur de l’air, une source de vie. « Les arbres génèrent de pluies, car ils émettent des molécules qui servent de germes qui finissent par former des gouttes d’eau qui tombe en pluie. Enfin, les arbres facilitent les relations humaines en offrant des lieux de rencontre et d’activité pour tous ». Pour lui, l’arbre joue beaucoup de rôle à la survie de l’Homme et il est indispensable de le protéger.
Les agents des eaux et forêts installés à un jet de pierre du Lycée de Walia patrouillent tous les jours dans le secteur. Mais cela n’empêche visiblement pas la coupe des arbres même tard dans la nuit. Le technicien forestier soutient que les bois récupérés par la patrouille sont envoyés dans les maisons d’arrêts et commissariats. Pour confirmer les propos du chef de secteur, M Loumou Brazza Soulé affirme que la plupart des personnes arrêtées pour coupe abusive des arbres sont effectivement les femmes. « Ce sont des femmes avec des bébés au dos qui coupent les arbres. Quand tu les prends, elles te disent qu’elles sont veuves avec des enfants. Comme c’est un cas social, on est obligé de les laisser partir», explique, M. Loumou l’air désemparé.
Autorisations d’exploitation véritables gangrènes
En plus de ces cas d’abattage des arbres, le technicien des eaux et forêts donne d’autres raisons. « La forêt est certes absorbée par la ville, mais les éleveurs nomades qui s’installent coupent aussi les arbres pour nourrir leur bétail. La Mairie aussi donne des autorisations à des tierces personnes pour exploiter l’espace de la forêt pour des fins personnelles. Tout cela contribue à la destruction de la forêt et ce n’est pas facile de la protéger à 100%. » Selon lui, ils sont à couteaux tirés avec la Mairie pour cesse de donner des autorisations d’exploitation à des individus.
Pour le technicien des eaux et forêts, ceux qui coupent les arbres abusivement sont envoyés devant les tribunaux afin de répondre de leurs actes conformément à la loi en vigueur. Seulement il regrette les autorisations communales pour les grillades dans ces espaces forestiers. Ces autorisations entravent malheureusement le travail des agents forestiers sur le terrain. Il propose aux autorités de mettre des grillages pour encercler la forêt. « C’est le seul moyen de protéger le reste de ces arbres. Même s’ils font de leur mieux pour protéger les arbres, il faut nécessairement clôturer ce secteur forestier de Walia ».
Kouladoum Mireille Modestine







