Un conflit intercommunautaire entre les villages de Kidji-Mira et de Tiyo, dans le Ouaddaï a fait environ 27 morts le 19 septembre dernier. Pour empêcher que la situation s’envenime, le président du CMT mobilise plusieurs membres du gouvernement et les sages de la province pour trouver des solutions idoines.
La convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH) interpelle les autorités à trouver une solution définitive aux conflits communautaires qui sévit dans le Ouaddaï. Le 19 septembre dernier, un conflit foncier a opposé les villages de Kidji-Mira et de Tiyo, dans le Ouaddaï a fait plus de 27 morts. Le secrétaire général adjoint (SGA) de la CTDDH, Ibrahim Mahamat Ibrahim, affirme que la responsabilité de cette tragédie incombe les autorités centrales et locales.
Pour le SGA, les nominations complaisantes des agents médiocres et sans formation dans l’administration locale seraient à l’origine de ces gestions scabreuses aux conséquences dramatiques des affaires provinciales. Brahim Mahamat Brahim estime que c’est le laxisme et l’irresponsabilité des responsables administratifs et sécuritaires qui a causé des pertes en vies humaines. Il affirme que son organisation est indignée en rajoutant que cette tragédie aurait pu être évitée. La CTDDH exige que les instigateurs de ces massacres soient arrêtés et punis conformément à la loi.
Pour éclairer la lanterne des lecteurs, la rédaction a contacté le sultan d’Abéché, mais il affirme qu’ils sont en conclave avec les autorités locales et quelques membres du gouvernement de la transition pour trouver une solution idoine à ces conflits qui ont tant ensanglanté le Ouaddaï.
Dans un tweet, le président du CMT, le général Mahamat Idriss Deby Itno a condamné ce conflit. Il a aussi présenté ses condoléances aux familles éplorées tout en appelant la Justice à faire son travail. « Face à cette barbarie, le gouvernement a dépêché sur place plusieurs ministres pour prendre toutes les mesures qui s’imposent afin que les criminels à l’origine de ce bain de sang soient sévèrement punis conformément à la loi », écrit le président du CMT. Selon le ministère de la Justice, les deux villages se disputent une superficie d’environ 25 km2. La province du Ouaddaï a connu plusieurs conflits intercommunautaires de ce genre qui se sont toujours soldés par des pertes de vies humaines. Pour permettre aux communautés de vivre côte à côte en paix, les autorités locales et gouvernementales devraient s’atteler davantage à trouver des solutions définitives.
Jules Doukoundjé
Les cadres et ressortissants du Borkou ont réagi au sujet de l’ordonnance du 31 août 2021 qui rattache une partie de leur province au Tibesti. Ils ont au cours d’un point de presse ce 20 septembre 2021, tenu à informer l’opinion nationale de leur désaccord à propos de cette ordonnance. Ils estiment que celle-ci est prise pour satisfaire l’exigence de certaines personnes du Tibesti. Reportage
Au cours d’une Assemblée générale (AG) organisée le 12 septembre dernier à Faya, la population de Borkou, les chefs de cantons, les associations de la société civile ont tenu à exprimer leur désaccord par rapport à l’ordonnance rattachant une partie de leur province au Tibesti. C’est aussi dans ce contexte que certains cadres et ressortissants ont organisé un point de presse ce lundi 20 septembre à N’Djamena pour informer l’opinion nationale. Pour le porte-parole des cadres et ressortissants du Borkou à N’Djamena, Hassan Eli Tidei, les dirigeants de certaines instances du Dialogue Nationale Inclusif (DNI) en cours ont conditionné leur participation à ce forum à cette ordonnance. Selon lui, cet acte ne se soucie pas de la cohabitation pacifique des populations depuis 1918 et reconduite lors du découpage administratif colonial de 1952. Il souligne que la Constitution et la charte de la transition ne prévoient aucun recours aux citoyens par exemple à la pétition pour exprimer leurs préoccupations. Toutefois, un recours gracieux en annulation a été adressé au Président du Conseil Militaire de Transition (CMT), au Premier ministre de la Transition, au Président de l’Assemblée nationale (PAN), aux présidents des groupes parlementaires, aux chefs de différents partis politiques et aux sages et sans aucun clivage.
« Devant cette situation grave, les ressortissants du Borkou ont été surpris par la mesure prise à un moment où les Tchadiens désirent vivres ensemble en rejetant les risques de la dislocation du tissu social et de la désolation », déclare, Hassan Eli Tidei. Il ajoute que les ressortissants du Borkou considèrent cette ordonnance comme un facteur aggravant la situation. Elle est susceptible de replonger la province et le Tibesti dans la haine, les déchirures tribales et ethniques.
A son avis, bien que le Tchad soit un État unitaire, il y a une exception Tibesti qui se manifeste par une administration territoriale dirigée uniquement et à tous les niveaux par les locaux. Aussi, il note que ce tête-à-tête ethnique dans la province permet à ceux-ci de détourner les moyens et les missions régaliennes de l’État qui leur sont confiés au profit d’un pseudo « État du Tibesti dans l’État du Tchad ». Le porte-parole a en outre révélé que pendant les 30 dernières années, le Borkou est la cible principale des découpages et morcèlements, comme en témoigne la configuration de sa carte réduite de presque 60% au profit du Tibesti et de l’Ennedi.
Pour les cadres du Borkou, le plus grand défi du pays dans les provinces du Nord n’est pas dans les découpages territoriaux, mais dans les moyens nécessaires à leur développement. Et à l’unité des Tchadiens, quelle que soit la forme de l’État qui sera acceptée lors du prochain DNI.
Jules Doukoundjé
L’Union des Syndicats du Tchad UST revient à la charge à l’approche de la rentrée scolaire et académique 2021-2022. Elle a envoyé une correspondance au président du Conseil Militaire de Transition (CMT) Mahamat Idriss Deby Itno pour rappeler ses points de revendications. L’UST a reçu une réponse favorable de la part des autorités, mais reste sur ses gardes en cas de non-satisfaction.
L’Union des Syndicats du Tchad (UST) revendique à travers une correspondance adressée au gouvernement et au président du CMT la restitution des avantages pécuniaires coupés pendant la période des 16 mesures en 2016. Ces revendications sont entre autres les frais de transport, les avancements et reclassement, la situation des contractuels de l’État et le versement de la pension des retraités. Tous ces avantages et salaires ont été coupés pour cause de crise économique que traversait le pays. À l’annonce des 16 mesures, le gouvernement a promis de rembourser aux travailleurs quand la situation économique sera favorable.
Le gouvernement a donné une suite favorable aux revendications et rassure les syndicalistes en promettant de satisfaire leurs doléances fin septembre 2021. Le président de l’UST Barka Michel a convoqué une rencontre ce samedi 18 septembre afin d’informer la base de la réponse du président du CMT. Selon lui, le gouvernement a des engagements vis-à-vis des travailleurs qu’il doit respecter. Cela n’a rien à voir avec le pacte social dont fait allusion le gouvernement dans la réponse à leur lettre. M. Barka Michel ajoute « les travailleurs ont souffert pendant les 16 mesures, donc le gouvernement doit nous dire combien s’élève le montant de notre salaire coupé et à quoi cela a servi. Parce que ce n’est pas à nous de payer au plus fort le prix de la mauvaise gouvernance de ce pays ».
Le président de l’UST se dit choquer des propos du Premier ministre de transition Pahimi Padacké Albert lors de sa dernière sortie médiatique. « Les travailleurs l’attendent fermement d’ici décembre. Si le gouvernement ne respecte pas la teneur de sa correspondance, l’UST va le rappeler à l’ordre », promet-il.
L’UST déclare Barka Michel, reste toujours ouvert au dialogue, mais reste vigilant. « À la fin du mois de septembre si rien n’est fait, la vraie lutte commencera ».
Kouladoum Mireille Modestine
La transition en marche au Tchad, ne fait pas l’unanimité. Les contestions, les mécontentements se révèlent tous les jours. Le Vice-président du Groupe de réflexion et d’appui à la paix et la réconciliation au Tchad (GRAPAT) note que le dialogue est permanent et les Tchadiens doivent préserver les fondamentaux de la démocratie.
Le Groupe de réflexion et d’appui à la paix et la réconciliation au Tchad (GRAPAT), est une plateforme née au lendemain de l’annonce du décès du maréchal indique son vice-président Abderamane Djasnabaille. L’objectif du GRAPAT est de soutenir le Conseil militaire de transition(CMT) qui faisait face à la rébellion, mais aussi la situation interne.
Selon lui, la paix on n’en parlera jamais assez dans un État où les aspirants au pouvoir sont nombreux, il faut dialoguer de façon permanente. Abderamane Djasnabaille, note qu’il n’est pas facile de rassembler les personnes de différentes cultures, mais les Tchadiens doivent développer le vivre ensemble. Il faut donc, toujours selon lui, amener les gens à débattre sérieusement de la question de paix. « Nous avons aujourd’hui les fondamentaux de la démocratie. Une presse riche et variée. Un multipartisme intégral avec plusieurs organisations de la société civile. Toutes ces entités devraient façonner les mentalités pour que le comportement des Tchadiens change », dit-il.
Le débat sur le CNT est un faux débat
Sur la question de la mise sur pied du Conseil national de la transition (CNT) avant le Dialogue national inclusif (DNI), M. Abderamane Djasnabaille réitère ses propos en soutenant que le dialogue est permanent. La mise sur place du CNT avant le DNI ne pose aucun problème. Il se voit ambassadeur de la paix. Et déclare que, tout ce qu’on a aujourd’hui est provisoire, tout sera discuté lors du DNI. Il estime plutôt qu’il revient au DNI de fixer la règle du jeu. « Le CNT va regrouper toutes les forces vives de la nation. Je pense que la meilleure solution c’est de dialoguer et cesser de nous combattre tout le temps », lance, le vice-président du GRAPAT.
M. Djasnabaille trouve que le pays a assez de problèmes à résoudre. Il cite le conflit agriculteurs-éleveurs, le manque d’emploi pour les diplômés qui prennent d’âges. D’après lui, ce sont des choses sérieuses à considérer. Le vice-président du GRAPAT demande aux Tchadiens d’être sereins et de venir discuter de leurs problèmes ensemble.
Pour le politicien, il faut surtout régler les problèmes sociaux sinon on parlera toujours de l’injustice. Si certaines personnes vont croire être supérieures à d’autres, il n’y aura jamais la paix, soutient-il. « Je mets l’accent sur la jeunesse. Cette jeunesse-là elle va compter aussi pour demain. Il faudrait qu’au dialogue, les gens prennent le temps pour discuter de ce qui concerne la jeunesse. Et ce, en termes d’emploi, d’éducation civique, de formation et du vivre ensemble », conseille-t-il.
M. Abderamane Djasnabaille, est aussi le président du parti Alliance tchadienne pour la démocratie et le développement (ATD).
Moyalbaye Nadjasna
L’artisanat est un secteur pourvoyeur d’emploi et constitue un levier de développement économique comme les autres secteurs. Mais les artisans peinent à vivre de leur métier. Pour redonner sa lettre de noblesse, les autorités cherchent à moderniser le secteur. Reportage.
Le métier de l’artisanat est l’un des secteurs d’activité le plus rentable au Tchad. Mais depuis quelques années, ce secteur semble négligé. Pour lui donner sa lettre de noblesse, les experts s’activent à moderniser et à réorganiser le secteur. Pour Abdelhakim Mahamat, directeur du centre national d’enseignement artisanal et des arts appliqués (CNEAAP), il faut réhabiliter les centres de formation. Pour lui, le centre a pour vocation, surtout la formation des jeunes et puis la production. Le centre artisanal a, au départ 4 centres : le centre artisanal de N’Djamena, le centre artisanal d’Abéché, le centre artisanal de Sarh et le centre artisanal de Moundou. À son avis, vu la nécessité, l’État vient de créer d’autres centres par arrêté. Le centre de Faya, le centre de Mongo et le centre de Pala. Ces 7 centres artisanaux donnent plusieurs formations aux jeunes. Entre autres, en maroquinerie et cordonnerie, en sculpture, en reliure, en fonderie, en peinture et en broderie. Pour la broderie, le plus grand centre est celui de Sarh qui est le premier centre créé en 1961. Le directeur explique que les cours ont cessé depuis 1990, sans raison valable et que depuis sa nomination, il cherche à rouvrir ces écoles. Selon lui, le métier d’artisanat est le plus grand pourvoyeur d’emploi. « Avec la prochaine ouverture de ces 7 écoles, nous formerons des jeunes qui vont être automatiquement entrés sur le marché d’emploi », dit le directeur.
On entre dans ces centres de formation artisanale par concours. Il faut être détenteur au minimum du Brevet d’Étude Fondamentale (BEF) et après 3 ans de formation, on sort avec un CAP. L’apprenant peut directement s’installer en son compte et peut même être un employeur. « Ces centres peuvent aider à lutter contre le chômage, après la formation, le jeune formé peut ouvrir son atelier (entreprise) », ajoute-t-il. Pour le directeur, pour rouvrir ces centres, il faut de moyens financiers pour réhabiliter les bâtiments, car ils sont vétustes. Il estime qu’il faut acheter des tables-bancs, des tableaux et des chaises pour les apprenants, acheter les matériels de la fonderie, les matériels de la sculpture sont de vieux matériels. « Le centre a d’énormes difficultés, surtout dans les domaines de formateurs et de matériels modernes pour se relancer », lance-t-il. Pour lui, il serait préférable de recruter les enseignants qui sont à la retraite par contrat et chercher les jeunes qui ont fait leurs études dans le domaine de l’art pour relancer les centres de formation. En attendant la réouverture de centre de formation, la structure se contente de la production. Dans les ateliers du centre, on produit les objets de meilleure qualité qui sont exposés dans la galerie. Toutefois, ces objets n’appartiennent pas seulement au centre artisanal. Mais, à certains artisans indépendants qui exposent leurs objets à la galerie du centre.
Abondant dans le même sens, le directeur du centre artisanal de N’Djamena, Annour Younous Djibert souligne que ce qui fait la particularité de ce centre par rapport aux autres, c’est sa galerie qui est alimentée par les artisans venant de toutes les provinces du pays. Dans cette galerie prisée par les touristes, l’on trouve des objets d’art fabriqués exclusivement au Tchad. Il y a des objets sculptés à base du bois, des objets en poterie à base de l’argile, la vannerie, la fonderie à base de cuivre et la maroquinerie à base de cuir. Pour le directeur, c’est depuis 2016 que le centre ne reçoit aucune subvention de l’État.
Le Tchad possède 274 métiers artisanaux
Le Tchad a toujours été un grand pays d’artisans. Avant les indépendances, les artisans tchadiens avaient un savoir-faire artisanal ancestral. Ils étaient déjà représentés dans toute l’Afrique-Équatoriale française, par exemple à la foire internationale de 1938. Ahamadaï Barkaï Erdimi, Directeur général technique de l’artisanat affirme que c’est depuis la période coloniale que l’artisanat tchadien était positionné comme un savoir-faire incontournable dans la sous-région. Il affirme que les premiers artisans qui avaient participé aux foires internationales avaient toujours rapporté de médailles en or pour le pays. À l’en croire, le gouvernement s’est toujours intéressé à l’artisanat et au savoir-faire artisanal ancestral. « Le gouvernement s’est intéressé au savoir-faire artisanal en organisant en 1961 la première foire nationale. Tout le pays était représenté, cet effort du gouvernement a permis le rayonnement de l’artisanat tchadien », explique M. Erdimi. Parlant du code de l’artisanat, il ajoute que l’artisanat n’était pas stable et c’est ce qui l’empêche d’avoir un code. Mais de nos jours, souligne le directeur technique, le pays peine à retrouver sa lettre de noblesse. À son avis, le Tchad est le dernier pays en Afrique centrale à ne pas avoir un code de l’artisanat. Selon lui, il faut avoir un code pour règlementer ce métier. « L’artisanat est resté marginalisé au Tchad. Pour qu’un secteur soit développé, il faut règlementer, mais le pays n’a pas de code » souligne M. Erdimi. Toutefois, il précise que le code est élaboré et actualisé et c’est en cours au conseil de ministres. Pour ce passionné de l’artisanat, grâce aux efforts des uns et des autres, le métier est règlementé et que maintenant les artisans sont catégorisés. Il précise que c’est grâce au code qu’on a pu catégoriser les artisans. Selon lui, les artisans ne meurent pas, mais ne tirent pas de meilleurs de leur métier. Le directeur national technique de l’artisanat a fait savoir que depuis 2019 le secteur est règlementé et que le Tchad est le seul pays d’Afrique centrale à avoir la nomenclature du métier de l’artisanat. Pour lui, c’est grâce à cette nomenclature que le pays possède désormais 274 métiers qui sont reconnus comme des métiers artisanaux.
Jules Doukoundjé
Le Centre de santé de Koundoul ALEFA créé fait de la question de la santé de la mère et de l’enfant sa priorité. Le Centre multiplie des activités de sensibilisation surtout des femmes enceintes afin de respecter normalement leurs visites prénatales dès les premières semaines de grosse jusqu’à la dernière semaine. Reportage.
Notre objectif principal c’est de sauver des vies, dit Abakar Souleymane Responsable du centre de santé (RCS) de Koundoul. Selon lui, s’il disposait d’un pouvoir d’empêcher les femmes de mourir en donnant la vie, aucune d’elles ne mourra en couche. La mortalité maternelle d’après le RCS, est le décès d’une femme pendant la grossesse, l’accouchement ou dans les 42 jours suivants l’interruption de la grossesse. M. Abakar Souleymane note que les causes sont dues aux hémorragies, aux convulsions ou éclampsies, à la dystocie ou accouchement difficile, aux complications d’avortements. Le décès peut être également causé par l’anémie, le paludisme, le VIH-Sida et d’autres infections.
Pour le RCS, la faible moyenne de fréquentation des centres de santé est une situation préoccupante. Ici à Koundoul, notre centre adhère à toutes les activités de sensibilisation. « Nous avons une cible globale estimée à 8182 personnes, mais notre cœur de cible ce sont les femmes enceintes et les enfants », rappelle-t-il. M. Abakar Souleymane déclare qu’il faut vraiment une éducation sexuelle à la jeunesse surtout aux jeunes filles. Il faut initier des causeries débats avec les filles et les garçons pour éviter les grossesses à risques. Il ajoute que beaucoup de raisons expliquent la mortalité maternelle au Tchad. La population est confrontée à la pauvreté, à la faible disponibilité des services sociaux de base. il souligne aussi, l’analphabétisme, l’ignorance des signes de danger de la grossesse par les femmes, les familles, les accoucheuses traditionnelles et les communautés.
Selon les experts en matière de la santé maternelle et infantile, la situation reste préoccupante malgré les efforts fournis par le Tchad. « À la fin de l’année 2020, le ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale a notifié 334 décès maternels contre 355 en 2019 sur environ 5 000 décès maternels attendus par an si on s’en tient au taux de mortalité actuel. Seulement 27% des femmes en 2019 enceintes accouchent dans une structure sanitaire. Actuellement, 36 % des filles âgées entre 15 et 19 ans sont déjà mères ou enceintes, d’après l’annuaire des statistiques sanitaires de 2020 », rapporte le rapport de la coordination du système des Nations Unies de février 2021.
Moyalbaye Nadjasna
Une délégation de l’Union Africaine (UA) conduite par le président du conseil d’administration du fonds d’indemnisation des victimes de Hissène Habré est au Tchad pour finaliser la mise en place de ce fonds. Le président de l’association des victimes M. Clément Abaïfouta salut la démarche de la délégation, mais regrette la lenteur du dossier. Reportage.
Les victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré sont soulagées. Une délégation de l’UA est à N’Djamena depuis hier jeudi 16 septembre pour s’enquérir de la situation et finaliser la mise en place du fonds d’indemnisation. Après la condamnation de l’ancien président Hissène Habré, confirmée par la Cour d’appel au Sénégal en 2017, une somme de 82 milliards de F CFA a été allouée pour indemniser les 7 396 victimes désignées. Mais depuis la condamnation, les victimes peinent à être indemnisées et beaucoup sont décédées. Pour le président de l’association des victimes, de crimes et répressions de Hissène Habré (AVCRHH), Clément Abaïfouta, la visite de la délégation de l’UA au Tchad pour finaliser la mise en place du fonds d’indemnisation satisfait les victimes, mais en même temps il y a un regret. Selon lui, l’UA a fait du surplace pendant 5 ans jusqu’à ce que plus de 200 victimes sont décédées sans avoir leurs indemnisations. « Ce silence depuis 5 ans, à cause de l’immobilisme de l’UA nous a fait mal », dit-il.
Pour lui, c’est l’UA qui a la responsabilité du dossier et il était question que la même UA mette à disposition le fonds. Il estime que malgré que le Tchad a octroyé un bâtiment à l’UA, rien n’avance dans le dossier. « Comme ils disent qu’ils sont venus accélérer l’opérationnalisation du fonds. Nous attendons de voir, est-ce que c’est une mission pour mission ou c’est une mission qui doit démarrer le moteur », affirme le président de l’AVCRHH. A son avis, les victimes attendent de voir au clair avant de jubiler et qu’il faudrait faire la joie avec beaucoup de réserves. À propos du statut du fonds, il explique qu’un Conseil d’Administration (CA) devrait être mis en place et que dans ce conseil, les représentants de l’État, les représentants de l’UA et les représentants des 3 associations des victimes. Clément Abaïfouta précise que le CA de ce fonds est piloté par le directeur de cabinet du président de la commission de l’UA. Ce dernier souligne que l’un des objectifs de la délégation de l’UA est de chercher aussi à compléter la composition du CA pour tenir la première réunion du conseil d’administration et ensuite la conférence des bailleurs. Pour lui, après ces démarches, il faut finaliser la liste de toutes les victimes qui devraient bénéficier des indemnisations. « Cette mission n’est pas venue avec de l’argent, il y’a encore du travail administratif, juridique et social », ajoute-t-il.
Pour Abakar Mahamat Tahir, coordonnateur national de l’AVCRHH, l’arrivée de la mission de l’UA est une bonne chose, l’association attendait depuis des années. Cette victime qui est visiblement épuisée note qu’il y’a de cela 2 ans, la mission de l’UA était venue, mais sans suite. Il espère que cette fois-ci, elle fera un travail concret qui va aboutir. Concernant le dossier du Tchad, il précise que c’est le gouvernement tchadien qui avait à l’époque organisé le procès contre les agents de DDS. Ils étaient condamnés et après l’État les a libérés. Pour lui, l’État doit indemniser les victimes d’un montant de 75 milliards de F CFA. Sur ce montant l’État est aussi condamné à verser 50% de la somme et les bourreaux doivent payer la moitié. L’AVCRHH exhorte le président de la transition de mettre en place un comité pour gérer les indemnisations concernant le procès organisé au Tchad.
6 ans après la condamnation de l’ancien président Hissène Habré à la prison à vie pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, les survivants et les familles des victimes attendent toujours les réparations. Après la mort du dictateur Clément Abaïfouta et les autres espèrent voir se mettre en place le début du processus d’indemnisation.
Jules Doukoundjé
Pour assurer la sécurité des engins d’usagers des services publics et privés, des tierces personnes organisent des parkings. Ces parkings sont installés partout dans les Ministères, les grandes institutions, les hôpitaux et les grands marchés de N’Djamena capitale tchadienne. Nos reporters se sont rendus sur le terrain pour s’enquérir des garanties qu’offre ce business. Reportage.
Les parkings sont créés dans le but d’assurer la sécurité des engins à deux roues dans les services publics et privés. Ils ne se cachent pas d’ailleurs à première vue. À l’entrée des services administratifs, des hôpitaux et des marchés, de tierces personnes aménagent des aires pour garer les motos. Ces espaces aménagés tiennent lieu de parkings. L’ambiance captive l’attention, c’est une sorte de sociétés créées de fait. Les gestionnaires de ces parkings semblent peut-être bien organisés avec de reçus, stylos, cachets, etc. Dans presque tous les parkings, au moins, 3 jeunes font le bénévolat. Leur travail consiste à relever les numéros d’immatriculation de toutes les motos qui entrent dans le parking puis délivrer un reçu remis à l’usager. Ce ticket donné au propriétaire de l’engin justifie le retrait de sa moto en payant sa quittance allant de 100F à 200F CFA.
Ce business embarque même les gendarmes détachés pour la protection des biens et personnes dans certaines institutions publiques. À l’hôpital de la Mère et de l’Enfant, ce business marche très bien. Un parking paraît officiel, tenu par les gendarmes, collé au service des urgences gynécologiques et pédiatriques face au ministère des Affaires étrangères.
Selon un gendarme rencontré sur les lieux, ce parking est installé depuis 5 ans. Le parking génère plus de 200.000F CFA par jour, dit-il. À chaque fois que les motocyclistes viennent à l’hôpital, leurs engins passent par le parking. Les malheureux sont ceux qui sont hospitalisés. Chaque retrait de la moto pour une course est égal à 200F. C’est le cas de Doumkel François, son enfant est né prématuré. Il dépense facilement 1000F CFA par jour pour la garde de son engin dans le parking. « J’ai au moins 20 jours à passer à l’hôpital. À chaque fois que je dois récupérer ma moto pour me rendre à la pharmacie, je dois payer 200F. Pourtant je fais beaucoup de courses dans la journée », dit-il désemparé. M. Doumkel trouve important ce service rendu aux usagers, mais 200F paraît exorbitant, dit-il. Le garde malade plaide pour que, ceux qui sont au chevet des patients soient exonérés sinon ils dépensent trop en plus de leurs charges sanitaires.
Au gouvernorat de la ville de N’Djamena, il y a aussi un parking géré par un particulier du nom Mamadou Ali. Il affirme avoir l’agrément des autorités du gouvernorat. Aussi, le gestionnaire précise que, les autorités lui demandent de remplir les conditions qui consistent à rembourser les engins en cas de perte et de maintenir l’endroit propre. Pour le chef de parking Mamadou Ali, c’est un travail qui demande beaucoup de tolérance et d’humanisme. « Nous gérons deux situations, certains clients sincères qui n’ont pas d’argent nous font savoir leur intention, d’autres pour les décourager leur présentent un billet de 10000 FCFA. Or nous sommes en train de leur rendre service en prenant tout le risque. En cas de perte d’un engin, nous nous engageons à les rembourser ».
Si dans certains parkings les chefs sont compréhensifs et tolérants avec leurs clients, ceux installés à l’hôpital de la Mère et de l’enfant ne le sont pas. Toujours est-il que ce secteur est de plus en plus lucratif sans aucune réglementation des autorités municipales.
Kouladoum Mireille Modestine







