jeudi 22 octobre 2026

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Acte par lequel est prévu et autorisé les recettes et les dépenses de l’État pour l’année civile, le projet du budget 2005 du gouvernement tchadien, selon AFP (agence française de presse) le 30 septembre 2004, nous indique que, le gouvernement tchadien a annoncé jeudi avoir adopté le projet de loi de finances 2005 qui prévoit une hausse de 15% de ses dépenses et de ses recettes.

Cette même source indique que, le budget de l'Etat tchadien pour l'année prochaine table ainsi sur des recettes d'un montant de 527,619 milliards de francs CFA (près de 806 millions d'euros), en hausse de 15%, et des dépenses d'un total de 558,760 milliards de francs CFA (853 millions d'euros), elles aussi en progression de 15%, a précisé un communiqué du gouvernement. Et que ce projet de budget 2005 de l'Etat tchadien prévoit notamment une augmentation de 8% des traitements des enseignants et de 5% de ceux des agents de la santé publique et de l'action sociale. Elle annonce également le recrutement de 2.931 agents dans l'administration publique, ainsi que l'augmentation des ressources financières de la caisse nationale de retraite pour assurer le paiement régulier des pensions.

L’établissement d’un budget est régi par plusieurs règles fondamentales. Entre autres l’unité, l’universalité et l’annualité. L’importance du budget dans la vie économique d’un pays, exige quelques interrogations. Quelle politique d’orientation le gouvernement envisage-t-il de prendre au cours des trois prochaines années ? En quoi la politique budgétaire actuelle peut-elle changer le quotidien des Tchadiens (nes) ?

La politique budgétaire du gouvernement tchadien confirme de se servir de son pouvoir d’imposition et de répartition des dépenses pour influencer la conjoncture économique. C’est le cas dans tous les pays du monde et le Tchad ne fait pas exception.

Dans le projet du budget 2005, les dépenses dépassent les recettes de 31,141 milliards de francs CFA (près 47 millions d’euros). Ce qui laisse prévoir déjà, un déficit prévisionnel. Le contraire pourra permettre de dégager un excédent budgétaire. Surtout donner au gouvernement, une marge pour financer certains secteurs prioritaires tels la santé, l’éducation, la recherche scientifique. Peut-être même de rembourser une partie de la dette extérieure du Tchad.

À propos, le gouverneur de la banque des États de l’Afrique Centrale, Félix Mamalépot déclarait « le Tchad connaît une période de forte expansion surtout à cause de l’accroissement de la production et des exportations pétrolières (+37%). » Supposons que cette hausse prévisionnelle de 15% des dépenses (558.760 milliards de FCFA) et des recettes (527.619 milliards de FCFA) par le gouvernement au budget de l'exercice est due aux retombés du pétrole. Il est vrai que les recettes connaîtront une augmentation de 15% par rapport à celles de l’exercice en cours. Mais elles ne seront pas suffisantes pour un équilibre budgétaire en 2005.

Dès lors quelle est la solution face à une situation qui semble conduire vers un déficit budgétaire. Il va falloir que gouvernement tchadien impose une certaine rigueur dans la gestion des finances publiques. Et surtout, adopter une philosophie directrice, pouvant conduire chaque année à un budget équilibré.

Enfin la hausse prévue de 15% des dépenses (558.760 milliards de FCFA) et des recettes (527.619 milliards de FCFA) par rapport au budget en cours mène au constat que jouent les revenus pétroliers pour l’économie du Tchad. Il est temps pour le gouvernement d’investir davantage les secteurs mères : l’agriculture et l’élevage. Car le Tchad est essentiellement un pays agropastoral. Le revenu pétrolier n’est qu’un plus et rien d’autre.

Lona Ouaidou, Ramadan

La tendance à l'intégration économique entre les nations a commencé depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce mouvement observé résulte en partie à de changements technologiques et de considérations géopolitiques.

Étant donné la sensibilité du thème, l'analyse portera en grande partie sur les obstacles que la CEMAC rencontre à notre avis pour la mise en œuvre des normes établies par les pays membres.

Pour la petite histoire, rappelons que « la CEMAC» est née de la volonté des Gouvernements de six Etats Membres de l'ancienne UDEAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad). Le 16 mars 1994, est la date de la ratification à N'DJAMENA au TCHAD du traité instituant la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC).
En effet, dans le cadre de cette Communauté, les Gouvernements des Etats membres ont réaffirmé leur attachement aux principes de liberté et de démocratie et se sont engagés à :
- Développer ensemble toutes les ressources humaines et naturelles de leurs Etats pour le bien-être de leurs peuples dans tous les domaines.
- donner une impulsion nouvelle et décisive au processus d'intégration en Afrique Centrale par une harmonisation accrue des politiques et des législations de leurs Etats.
- assurer la convergence des performances de leurs politiques économiques au moyen du dispositif de la surveillance multilatérale etc.»
Source : CEMAC

Comme en témoigne cette brève historique et les initiatives qui en ont découlé, le processus d'unification sous régionale (union monétaire, Marché commun, coordination des politiques économiques, Politique agricole commune, harmonisation fiscale, etc.) est un projet de grande envergure. La 9ème session de la conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays membres de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC) tenue à Yaoundé du 24 au 25 juin 2008, a beaucoup intrigué quant à la beauté des résolutions à court, moyen et long termes d'une part, et à l'incompréhension de son retard quant au décollage proprement dit du processus d’intégration en Afrique Centrale, d’autre part !

À priori, quand on analyse la CEMAC, on remarque tout de suite, une idéologie presque inspirée de l’ancienne UDEAC mais avec une différence que la CEMAC est plus modérée et inclusive. Bref, une différence qui reste toujours marquée sur les discours et écrits alors que la priorité demeure l’atteinte d'un marché commun en Afrique Centrale. C'est à dire une zone dans laquelle il n'y aurait ni impôts ni quotas sur les Biens et Services traversant les frontières des pays membres de l'union.
Toutefois, on est en droit de se demander vraiment ce qui retarde la CEMAC à prendre son envol en dépit de nombreuses et bonnes résolutions prises depuis sa création ?

L'intégration économique au sein d’une institution comme la CEMAC implique la coopération des pays membres sur un large éventail de politiques économiques et sociales. Ceux-ci doivent se mettre d'accord sur des questions clés : comme le niveau d'un tarif extérieur commun, le soutien des prix agricoles, les politiques industrielles concernant par exemple le montant des subventions qu'il convient d'accorder aux secteurs en déclin ou la façon dont il faut traiter les monopoles. Toutes ces politiques doivent également être coordonnées aussi bien au niveau des institutions de la CEMAC que des États membres.

Plusieurs facteurs entravent le décollage de la CEMAC. Cependant, à notre humble avis, trois facteurs majeurs pourraient expliquer les difficultés que confronte aujourd’hui cette institution sous régionale :
1 - Les crises politiques et militaires que certains pays membres comme le Tchad, sont victimes. L’instabilité politique au sein d’un pays membre contraint en général les autres pays à attendre, elle est la source de plusieurs reports dans la mise en œuvre des politiques adoptées. Les échéances sont de moins en moins respectées.
 
2 - La seconde question concerne la répartition des bénéfices de la coopération. Les ressources des Etats membres de la CEMAC ne sont pas égales. Les différents accords bénéficient plus à certains pays que d'autres. Cela pousse certains Etats à s’ouvrir moins dans l’application des politiques qui peuvent les lésées. Une façon de sécuriser des intérêts vitaux.

3 - Le troisième facteur et le plus sensible est le transfert de souveraineté des gouvernements nationaux, une question propre aux institutions interétatiques. Les décisions au sein de la CEMAC concernent tous les Etats membres, elles nécessitent au préalable un transfert de compétences des Etats vers l’institution.  Il reste que les Etats sont moins enclins à s’adonner à des pratiques les empêchant à gouverner de manière indépendante. Une explication avancée par divers spécialistes de la sous-région pour interpréter l’écart incompressible entre l’adoption des politiques et la mise en œuvre de ces dernières.

Dans ce contexte aussi complexe, si un pays estime que ses gains seraient minimes ou même qu'il subirait des pertes, même si pour d'autres membres les bénéfices sont importants, il peut donc tenter d'influencer la politique commune afin d'obtenir un meilleur résultat. A défaut, c’est tout une panoplie de pirouettes que ce pays adopte pour retarder l’application d’une mesure de la CEMAC.

L’avenir nous renseignera plus sur ce retard et nous aurons plus de précisions par rapport aux trois difficultés du décollage.

Ramadan Lona Ouaïdou

« Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. » Abraham Lincoln.

Grande préoccupation pour l’ensemble de la population tchadienne, le travail a toujours constitué un enjeu vital, voire une nécessité omniprésente dans notre vie quotidienne. En plus de favoriser l’épanouissement humain, le travail est le symbole de la dignité. Une valeur qui sous-tend et maintien les liens sociaux. Malheureusement, nos dirigeants ne l’entendent pas de cette oreille.

Mais qu’en est-il exactement de la situation de l’emploi au Tchad ? Existe-t-il réellement une politique d’emploi au Tchad ? Si oui, ces politiques sont-elles efficaces ?

D’abord, il faut observer le résultat du travail de la population tchadienne par le biais du produit intérieur brut (PIB) pour s’en apercevoir que notre État ne gère pas vraiment le système d’emploi en tant que tel.

D’une part, selon RGPE (recensement général de la population électorale) de 1993, le taux de chômage atteint les 36%, le PIB en valeur nominale (2001) équivaudrait à 1089 milliards de F CFA. Le PIB par tête (1000 F CFA) 142 mille et le revenu par habitant, 126 mille. Ces données moins compliquées à analyser nous amènent à voir que le non-emploi, le sous-emploi, l’emploi atypique sont la cause essentielle de la mauvaise situation économique, politique et sociale que nous connaissons.

D’autre part, le chômage, la précarité des emplois et l’augmentation considérable de la population non active exige de nous à nous poser cette question : il y a une réelle politique d’emploi au Tchad ?
En effet, la politique d’emploi qui existe aujourd’hui est obsolète et inefficace à en juger les données statistiques. De plus, les bouleversements socio-politiques que connaît notre pays sont à n’en point douter un des signes de la fragilité et de l’inadéquation de la politique actuelle. La conjecture économique peu favorable vient compliquer davantage la création des entreprises et par voie de conséquence, des emplois.  Alors que faut-il faire dans ces conditions ? Il est urgent que le gouvernement prenne ses responsabilités.

Le président de la République en s’adressant à la nation lors du traditionnel message du nouvel an, a placé l’année 2004 sous le signe de l’espoir et du travail.

Par ce discours d’espoir doit-on entendre qu’enfin le Tchad mette des moyens pour palier à l’infrastructure économique ? Doit-on penser que le gouvernement tchadien va se pencher sérieusement sur les effets que l’ajustement structurel a causés en ce qui a trait à l’emploi ? Peut-être que l’avenir va mieux nous éclairer sur ces interrogations.

Toutefois, malgré la présence des grands travaux à haute intensité de main œuvre, force est de constater que le taux de chômage reste élevé et la main d’œuvre demeure quelquefois sous exploitée à cause des mauvais choix politiques et de la jungle qui sévit sur le marché du travail où les entreprises les plus opportunistes règnent sans lois et sans scrupules, laissant ainsi les travailleurs dans l’appauvrissement continuel. Et même s’il y a un besoin de main d’œuvre dans certains secteurs, il n’existe pas une vraie politique capable de créer des emplois stables et durables.

Même avec le projet pétrole qui, à notre sens est l’un des projets les plus importants de la sous-région en termes de revenus et de création d’emplois, on est en droit de se demander si les « pressions globales » cautionnées par certains dirigeants politiques nationaux ne vont pas saboter la pérennité des milliers d’emplois au détriment de leurs intérêts mercantilistes. N’ayons pas peur de le dire, l’entreprise privée n’est pas là pour aider les pauvres travailleurs. Au contraire, les compagnies privées ne sont soumises à aucune réglementation tendant à pallier au chômage. À cela s’ajoute le manque de stratégie efficace, de volonté et de détermination de nos autorités  à créer non seulement des conditions favorables aux investissements nationaux et étrangers, mais aussi inciter les compagnies à embaucher plus du monde en absorbant par exemple le tiers des charges sociales des entreprises.

Mais d’autre part ce n’est pas de la faute des entreprises privées, elles sont confrontées aussi à d’énormes difficultés. Parmi celles-ci, on peut noter entre autres l’insécurité, les coupures permanentes d’électricité, les tarifs très élevés d’électricité que les entreprises ont l’impression de travailler que pour payer les charges d’exploitation et les coûts de main d’œuvre. Les tarifs douaniers très élevés (protectionnisme insensé), l’absence de politique stimulante freine l’action des entreprises à embaucher la main d’œuvre. Cela est valable surtout pour les PME, car les grosses multinationales peuvent dans certains cas s’en passer du travail humain à cause de la technologie (la robotisation).

Bref, le chômage résulte d’abord d’un choix politique. La lutte contre le chômage n’est pas une chose facile certes, mais avec une certaine volonté et détermination des pouvoirs publics, on peut endiguer le phénomène. Pour ce faire, nous estimons qu’il faudrait d’abord recenser les causes du chômage, car ce qui manque ce n’est pas le travail, mais l’emploi. Il faudrait aussi se demander si le gouvernement tchadien maintient le chômage pour avoir à payer des salaires plus bas ? Stratégie politique ? Mais la vision du partage de la richesse nationale oblige que le gouvernement place la lutte contre le chômage parmi ses priorités.

La question du chômage n’étant pas fondamentalement économique, il faut voir la question sous d’autres angles. Ainsi, il faudra également s’engager dans la lutte contre les inégalités sociales, contre les injustices, contrôler les mouvements de capitaux, les paradis fiscaux. Pour y arriver, une véritable politique de l’éthique sociale s’impose. Autre démarche possible et non la moindre, c’est de contrôler si ce n’est arrêter l’hémorragie de la privatisation des secteurs clés tels que la société d’eau et d’électricité, les télécommunications, etc. Enfin, les nombreuses mutations que connaît l’organisation du travail nécessitent une réelle adaptation des politiques de plein emploi. Le marché du travail va en dépendre énormément. Il sera donc judicieux de mettre sur pied des vraies lois du travail pour l’ensemble des opérateurs économiques et particulièrement des grosses entreprises privées.

Lona Ouaidou, Ramadan

 

L'économie tchadienne offre un visage contrasté. Elle subit non seulement les conséquences d'un oligopole mondial, mais elle est en proie à des difficultés internes. Quelle est la vision des acteurs politiques tchadiens face à cette nouvelle donne ? Existe-t-il une réelle volonté politique à sortir l'économie tchadienne de ces défis et enjeux ?

La concentration du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif (suscite des nombreuses interrogations) quant à la capacité politique des pouvoirs publics à relever les défis des enjeux économiques de l'heure. Les choix politiques et économiques jusqu'à présent mis en place ne tiennent malheureusement pas compte du contexte économique mondial. Pire, ces choix ne font pas une analyse optimale des enjeux actuels de l'environnement d'un marché de plus en plus rigide.

L'économie Tchadienne fait face à des défis énormes à savoir : la réduction de la pauvreté grâce à une croissance économique créatrice d'emplois, l'amélioration de certains indicateurs tels que l'espérance de vie, la mortalité infantile, l'état nutritionnel, la relance économique, le problème des infrastructures économiques, etc. Peut-on affirmer que ces défis que rencontre notre économie sont dus essentiellement à la naissance d'une nouvelle démocratie au Tchad ? C'est-à-dire une démocratie caractérisée par un régime politique ou la transition a imposé l'émergence d'institutions démocratiques multipartites dont les acteurs importants sont issus pour la plupart du récent régime autoritaire.

Il est à noter que cette démocratie balbutiante, de façade, est en en train d'être construite dans une atmosphère de crise économique et sociale qui met en évidence le fossé entre pauvres et riches. Ainsi, les très grandes inégalités sociales, l'avènement d'un simulacre de démocratie au Tchad ne peut à elle seule expliquer la montée de tous ces défis sociaux et économiques.
La situation ne peut être redressée sans une forte volonté politique. Pour l'instant cette volonté politique est absente. Il n'y a que de discours d'intention mais aucun acte concret pour endiguer ce problème aux conséquences indescriptibles. La preuve en est que le Tchad compte plus de pauvres que dans la plupart des pays sous-développés. Alors qu'on parle de la lutte contre la pauvreté depuis que le projet pétrole est finalisé. Censé remettre sur les rails l'économie tchadienne, le projet pétrole paraît de plus en plus aux des Tchadiens comme un leurre. Pour une raison simple : la relance économique n'est pas observée comme elle devrait l'être. Pourtant, on ne cesse d'en faire la propagande.
Le constat qu'on peut faire de la situation, c'est qu'on a l'impression que les enjeux économiques sont tellement importants que le pouvoir exécutif met l'accent sur plus la délégation davantage que sur la représentation des affaires publiques. On a l'impression que les enjeux économiques créent ou (favorisent) ce qu'on peut qualifier d'oligarchie émergente au Tchad.
Sans pour autant être pessimiste, le caractère excessivement concentré de l'économie tchadienne aux mains d'une oligarchie ne facilite pas la tâche afin de relever les défis économiques qui, à notre sens, restent paradoxaux et empêchent la relance de l'économie nationale et par conséquent le développement.

Finalement, peut-on toujours croire aux discours et au patriotisme des hommes politiques tchadiens qui s'acoquinent avec l'élite économique, flirtent avec des corrupteurs, faufilent entre leurs investissements personnels et leurs responsabilités publiques ? Qu'ils prennent conscience de la situation et concentrent leur effort pour relancer vraiment l'économie du pays ! Une de leur priorité doit être de rétablir l'eau, l'électricité et la sécurité qui sont les premières conditions d'une économie nationale viable.
L’eau est trop précieuse pour être confiée aux forces du marché. L’accès à l’eau est un droit fondamental de la personne. Les ententes de l’organisation mondiale du commerce(OMC), de pair avec les autres ententes commerciales nient l’existence de ce droit au profit des droits des sociétés. L’eau c’est la vie, car la vie n’est pas une marchandise.

Lona Ouaidou, Ramadan

S'il y a ingérence de l'État tchadien dans le conflit armé du Darfour ? Cela doit soulever des interrogations quant à son impact sur l'ensemble des variations à court terme de l'activité économique tchadienne et ses contrecoups sur l'indice des prix, le taux de chômage, le P.I.B, la balance commerciale, etc.

La conjoncture économique fait aujourd'hui l'objet d'une surveillance permanente des "observatoires économiques. Malgré d'impressionnants résultats statistiques des institutions de Breton Wood, force est de constater que la conjoncture économique tchadienne est restée au point mort. Une gestion saine de la conjoncture devrait faire resurgir le plein emploi parce que les entreprises n'hésiteront pas à embaucher, à octroyer des salaires décents ; où les prix augmentent moins vite que les revenus ; où la tendance à consommer et à épargner est moyenne, où le pouvoir d'achat des consommateurs serait proportionnel à l'indexation du coût de la vie, etc.

Le conflit armé du Darfour à des répercussions au Tchad. Cette situation engendre l'insécurité et crée ainsi l'instabilité sur l'ensemble du territoire national. Cette perturbation à des impacts sur les objectifs à atteindre du gouvernement tchadien. À savoir : la relance de l'économie nationale afin de lutter contre la pauvreté. En effet, un conflit armé crée non seulement l'instabilité et de dépenses exorbitantes, mais aussi ne favorise pas un climat propice à l'investissement facteur majeur de la croissance économique.

La guerre au Darfour pourrait favoriser la sortie massive des capitaux. Tout compte fait, les détenteurs des capitaux sont d'abord attirés par les plus forts rendements offerts mais aussi par la sécurité que représente, pour leurs avoirs, une telle expatriation. Pour certains propriétaires (investisseurs) privés tchadiens, ils ne voudraient ni investir dans un projet local ni déposer leurs avoirs à la banque pour des raisons de sécurité. Par contre, pour les propriétaires qui décident d'investir hors du Tchad cela constituera un problème pour le pays, dans la mesure où, les gains en capital ont été réalisés localement mais ne sont pas réinvestis dans l'économie nationale qui, il faut le rappeler, en a vraiment besoin pour sa relance.

Non seulement l'économie tchadienne subit un oligopole de quelques personnes mais la grande partie de sa production ne satisfait que les besoins de la classe des possédants. La situation économique du Tchad étant déjà précaire, nos dirigeants doivent tout d'abord prioriser l'intérêt national avant de s'engager dans des conflits armés aux conséquences coûteuses.

Les politiques économiques mises en place favorisent la création des fortunes privées et l'enrichissement illicite de la classe politique dirigeante. Ce qui a pour conséquence une montée croissante de l'influence des individus non élus sur les décisions de l'État.

Enfin, s'ingérer dans un conflit aux effets destructeurs et paradoxaux et dont les perdants seront les Tchadiens, le gouvernement doit concentrer ses énergies à sa politique intérieure en engageant une vraie politique économique. Ceci ne fera que profiter aux travailleurs, aux consommateurs, aux petites entreprises, aux intérêts étrangers, à l'État ainsi qu'à tous les Tchadiens(nes).

Lona Ouaidou, Ramadan

Dévaluation du Franc CFA, ajustement structurel, subventions « déloyales » agricoles de certains pays occidentaux sont à la base de cette crise du coton au Tchad. Ajouter à cela, la mauvaise gestion de la première source de rentrée de devises dans le pays.

Créée en 1971, la Cotontchad (Société cantonnière du Tchad) connaît aujourd’hui une grave crise. Les différents efforts de l’État se sont avérés inefficaces pour sortir cette société du marasme. Spécialisée dans l’achat de coton graine, de l’égrenage et de la commercialisation de la fibre ainsi que des produits de la graine ; la Cotontchad à un capital de 4,256 milliards de FCFA et représente plus de 30 % du PIB du Tchad.

Mais comment expliquer que la Cotontchad qui a été la seule société cotonnière africaine jadis maîtresse de son produit sur le marché international soit passé aujourd’hui à côté de ses objectifs ? Cette crise est-elle une simple détérioration des termes de l’échange ? Une absence d’une véritable politique du coton ? Ou alors, des erreurs stratégiques de l’État tchadien ?

Les vraies causes à cette crise sont :
-D’abord, la privatisation en 2000 de l’huilerie savonnerie de la Cotontchad.
-Ensuite, le désengagement de l’État en 1999 et la mise en place d’un plan de stratégie des reformes.
-Enfin, les fluctuations du marché international et les nombreux choix erronés de l’État par démanteler ce géant de l’économie tchadienne.

A ces trois causes, il faut ajouter des problèmes de gestion. Celui des subventions agricoles des pays occidentaux. Par exemple, les États Unis subventionnent non seulement la production mais aussi l’exportation de leur coton. Cela a eu pour conséquence : la diminution des exportations du coton tchadien.

Autres conséquences immédiates : la Cotontchad a procédé à des licenciements de son personnel ainsi qu’à la fermeture de la plus part de ses usines.

De ce qui précède, l’État tchadien a un choix : ne pas se désengager de ses responsabilités. Il faut une politique commerciale cohérente. Et que cette politique s’adapte au plan des reformes.

Autrefois, la Cotontchad avait une bonne méthode de commercialisation du coton. Par exemple, le fait de vendre directement le coton à travers son réseau d’agents. Ce qui a l’avantage d’éviter des intermédiaires.

Une des perspectives qui pourra être salutaires pour l’État tchadien serait de faire preuve de bonne volonté, d’exiger que la Cotontchad puisse commercialiser elle-même sa fibre à la filature. Et aussi d’entamer un processus de financement de la production et de s’assurer de la transparence en matière de gestion. Le marché du coton est devenu de nos jours un problème majeur pour les pays sous développé. L’État tchadien doit aujourd’hui penser à une politique de diversification des ressources naturelles afin d’éviter ou de minimiser les crises à venir.

Espérons que la nomination dare-dare d’Ibrahim Malloum, un connaisseur de la filière pourra relancer la filière coton. Mais aussi soit l’occasion de gérer la Cotontchad dans la transparence.

Lona Ouaidou, Ramadan

Supposée être le reflet de l’histoire de sa société, l’administration publique tchadienne fortement influencée par le modèle français, connaît malheureusement un déficit depuis fort longtemps. Son inadaptation aux réalités socio-culturelles et aux nombreux changements mondiaux en matière de gestion publique est à n’en point douter, un frein au développement de la société tchadienne.

L’avènement du Tchad à l’ère pétrolière suscite déjà beaucoup d’espoir et d’enthousiasme au sein de la population tchadienne, déjà amoindrie par l’anarchie politique. Mais avec une administration quasi inexistante et presque à la remorque des plus nantis, il y a lieu de se demander si cet espoir n’est pas que dessin chimérique. Il en est de même pour le collège de contrôle qui aura toutes les misères du monde pour remplir sa mission.

En effet, la population tchadienne compte aujourd’hui sur les revenus du pétrole afin d’avoir accès aux biens de première nécessité et à un changement surtout dans le contexte social où d’importantes études comparatives ont montrées qu’elle est l’une des populations la plus pauvre de l’Afrique.

L’administration publique tchadienne faisant face au libéralisme politique et ses corollaires des libertés individuelles connaît un déséquilibre qui se traduit par le manque de volonté, le clientélisme, la corruption et la résignation.

Est-ce que ce déséquilibre administratif est dû à un pouvoir fortement centralisé ou simplement à un pouvoir très dirigiste ? La question reste donc posée.

En 1998, on avait assisté à une tentative de réforme de l’administration dans le but de lui donner sa place sinon de lui rendre ses lettres de noblesse. La cellule technique chargée du suivi de la mise en œuvre de la réforme de l’administration publique (CESRAP) créée en décembre 1998, rattachée auprès du ministère de la fonction, du travail, de la promotion de l’emploi et de la modernisation était supposée apporter des solutions aux maux dont souffre l’administration publique tchadienne.

Cette cellule technique, scindée à deux étapes, était composée du comité de pilotage et de la commission technique interministérielle chargée de la réforme, avait fait des recommandations. Malheureusement, ces recommandations n’ont pas été convenablement mises en pratique. En effet, l’échec de cette réforme ne nous surprend guère, car sa démarche laissait pressentir déjà un doute quant à l’absence d’une réelle évaluation endoformative et récapitulative qui, à notre sens, est une étape très importante dans un pareil processus.

Le temps nous a vite rattrapé et nous constatons malheureusement que les recommandations qui ont été faites sont restées muettes jusqu’à date. Et nous continuons à payer fort le fruit de notre mauvaise gouvernance. La manne pétrolière n’est pas en reste de cette mauvaise gouvernance. La preuve, un premier versement de 6,5 millions de dollars porté le 24 novembre sur un compte offshore du gouvernement tchadien, risque fort d’être mal géré simplement parce que notre administration n’est pas suffisamment organisée et responsable. En effet, comme dans bien d’autres cas, ce n’est pas un problème de ressources, mais plutôt un problème d’utilisation (savoir-faire) de ressources qui fait défaut dans notre pays.

Le collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières (CCSRP) n’aura pas la tâche facile, car il est confronté à une administration pléthorique et en grande partie très bureaucratisée avec toutes les conséquences que cela comporte. Or, pour que le Tchad sorte de sa léthargie actuelle et s’oriente davantage vers une bonne gouvernance, nous pensons qu’il devrait remplir un certain nombre de conditions préalables, à savoir : l’État de droit, la démocratie et par conséquent, une administration impartiale et compétente. Si ces préalables ne sont pas remplis, il serait très difficile au collège de contrôle d’assurer une bonne opération. Les conditions paraîtront peut être trop exigeantes, mais elles sont indispensables, voire sine quoi non.

Il faut admettre que pour un pays comme le Tchad qui fait désormais partie des pays producteurs de pétrole, il est qu’à même indispensable de s’assurer d’une administration efficace et transparente. Par ailleurs, nous ne sommes pas pour autant pessimistes. Au contraire. Mais nous pensons énergiquement qu’il est temps de réfléchir sérieusement sur la question de notre administration publique. Pour ce faire, il faut évidemment aussi tenir compte de notre culture politique qui se veut un changement radical dans son ensemble. La culture politique tchadienne doit évoluer avec son temps.

Les revenues pétrolières devraient permettre au Tchad d’accélérer la réalisation des objectifs du millénaire parmi lesquels la lutte contre la pauvreté, la relance économique pour ne citer que ceux-là. Aussi, pour atteindre ces objectifs, il faudra plus de volonté politique et de responsabilité dans le sens de la bonne gouvernance. C’est là tout le grand défi du collège qui est de s’assurer que les ressources seront utilisées de manière efficace et efficiente afin d’améliorer les conditions de vie de tous les tchadiens. Surtout de s’assurer aussi à ce qui n’y est pas une confusion entre la bourse publique et la bourse du prince.

Finalement, nous ne le dirons jamais assez, une bonne redistribution équitable et efficiente des ressources économiques est quelque part conditionnée par la présence d’une administration responsable et dynamique.

Lona Ouaidou, Ramadan

Les économistes-interventionnistes prétendent qu’une politique macroéconomique discrétionnaire contribue à stabiliser l’économie. On pourra une fois de plus, apprécier la justesse de cette assertion dans le contexte actuel où le gouvernement tchadien envisage gérer une partie des revenus pétroliers pour d’autres fins.

Au regard  de ce qui se passe au Tchad, et surtout, récemment avec l’approbation de la modification de la loi 001 sur la gestion des revenus pétroliers qui comporte un ensemble de dispositions très important et faisant fi des préoccupations de la banque mondiale (garante du projet pétrole Tchad-Cameroun), tout porte à croire que l’étau se serre davantage au sein du gouvernement tchadien en matière de bonne gouvernance.

Le 10 novembre 2005, le ministre de la communication, Moussa Doumgor disait « nous avons besoin de ces fonds maintenant pour assurer le développement et la paix du pays ». Aussi, selon le compte rendu du conseil extraordinaire des ministres daté du 8 novembre 2005, on peut lire « les retouches opérées sur la loi No1/PR/99 visent à établir une approche réaliste dans la gestion des revenus pétroliers en intégrant d’une part la satisfaction des priorités présentes, et d’autre part la préparation de l’avenir des populations ».

Cette approche est ambitieuse et paradoxale, du moment où rien de concret n’est légué à la génération future. Comment peut-on expliquer ou comprendre que le gouvernement tchadien jusqu’à présent n’a pas pu justifier et avancer des arguments valables par rapport à la gestion des revenus pétroliers depuis 2003. Et tout d’un coup, il mise aujourd’hui sur les fonds destinés à la génération future pour assurer le développement et la paix ?

Naturellement, le Tchad fait face à des problèmes de trésorerie. Mais cela est le résultat de la mauvaise gestion de deniers publics. De là à rapatrier les fonds destinés à la génération future, il y a bien des ambitions sous-jacentes que nourrissent nos gouvernants. Ce « détournement paradoxal » ne doit en aucun cas occulter les problèmes de trésoreries et donc de bonne gouvernance. Les 36 millions et plus qui dorment dans le compte des générations futures, même rapatriés, ne résoudront pas le problème de bonne gouvernance dont souffre le Tchad.

De plus, on est en droit de se demander si l'instabilité politique qui est présente depuis belle lurette au Tchad n’est pas due à l’incapacité du gouvernement tchadien à faire preuve de plus de responsabilité politique et d’équité en matière de redistribution de la richesse nationale ?

Il y a deux grands défis économiques à relever. D’abord, il faut faire face à un déficit exponentiel. Ensuite, il faut faire face à un ralentissement récurrent de l’économie avec un taux de chômage qui ne parvient pas à diminuer.

Pour solutionner ce problème, il va falloir mettre sur place un programme de réduction des déficits à long terme. Mieux encore, il faut diminuer considérablement les dépenses de l’État et structurer la réduction du déficit. Ces politiques pourront favoriser la reprise de l’économie nationale. Finalement, ces mesures de réduction globale du déficit pourraient rétablir la confiance des investisseurs et donc la relance de l’économie. Et la population pourra ainsi croire encore à la capacité du gouvernement à maîtriser la situation. Et se passer ainsi de la loi 001.

Lona Ouaidou, Ramadan

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