Le ministre de l'environnement, de la pêche et du développement durable M. Hassan Bakhit Djamous a annoncé ce lundi 4 novembre, la participation du Tchad à la 29ème conférence des parties de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP29) lors d’un point de presse en présence de la ministre du Transport Mme Fatimé Goukouni Weddeve, vice-présidente du comité ad hoc de la préparation à la participation du Tchad à la COP29 qui se tiendra du 11 au 22 novembre 2024 à Bakou en Azerbaidjan.
Selon le ministre de l'environnement M. Hassan Bakhit Djamous, le Tchad est l'un des pays fortement influencé par ces variations des températures et des conditions météorologiques. « L’année 2024 nous a tragiquement rappelé notre extrême vulnérabilité face aux changement : climatiques. Notre pays a été frappé par des vagues de chaleurs extrêmes en début de cette année, amplifiant les défis environnementaux et économiques pour une population déjà vulnérable. Cette forte chaleur a été suivie des inondations sans précédentes qui ont touché 119 de nos départements, affectant plus de 1,9 millions de personnes soit 10,2% de la population, causant près de 600 décès et des dégâts considérables sur nos infrastructures, notre agriculture et notre élevage. La recherche des solutions nous a conduit à mieux préparer la COP de cette année » informe-t-il.
Pour M. Hassan Bakhit Diamous, il s'agit d'une justice climatique car le Tchad qui contribue de manière minimale aux émissions mondiale de gaz est victime de la hausse des températures qui ont augmenté de 1,5 fois plus vite que la moyenne. Aussi, M. Hassan Bakhit Djamous affirme que la COP29 est annoncée comme la COP des finances et les attentes du Tchad sont claires et légitimes.
Au sujet du nouvel objectif collectif de financement climatique post 2025, nous nous alignons sur la position du groupe Afrique qui préconise un montant minimum de 1300 milliards de dollars US par an. Ce montant reflète les besoins réels des pays en développement pour faire face aux défis climatiques, dit-il. Pour le Tchad ces financements sont vitaux. « Nous appelons à une opérationnalisation rapide et efficace des fonds pour les pertes et préjudices créés lors de la COP25 à Dubaï. Notre pays qui subit de plein fouet les impacts des changements climatiques, doit accéder rapidement à ces financements sous forme de subventions », rappelle le ministre. Il plaide pour la création d'un fonds d'urgence spécifique, le développement des énergies propres, le transfert de technologies adaptées entre autres. Le comité est constitué essentiellement des membres du gouvernement et appuyé d'un comité des experts
NDM
Le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), section provinciale de N’Djamena a un nouveau secrétaire général. Il s'agit de Abdelkader Djibia. Il a été élu au cours du 6e congrès ordinaire tenu le samedi 2 novembre 2024 à la bibliothèque du lycée Félix Eboué. Le congrès a été placé sous le thème : « Tous, mobilisés pour développer le SET. Valorisons et transformons la profession enseignante ».
Les congressistes ont demandé au ministère de l'Éducation Nationale et de la Promotion Civique de signer les autorisations d'études en respectant les normes exigées et de mettre sur pied une commission de suivi des actes de carrière dans toutes les sections provinciales. Au gouvernement, ils demandent la prise en compte des notes des Épreuves Physiques Sportives (EPS) aux examens et concours et d'impliquer le ministère de la Jeunesse et des Sports dans l'organisation des examens et concours.
M. Abdelkader Djibia reconnaît les défis qui l’attendent. Il appelle ses camarades à se mobiliser pour défendre les intérêts des enseignants. « Les défis qui nous attendent sont nombreux. Mais je suis convaincu qu'avec la détermination et la solidarité de tous, nous pouvons les surmonter », souligne M. Abdelkader Djibia.
NDM
Dans une déclaration fait à l’adresse des diplomates accrédités au Tchad, le Ministre d'État, Ministre des Affaires Étrangères Abdramane Koulamallah demande à la communauté internationale de resserrer les rangs aux côtés du Tchad pour faire face à la nébuleuse secte Boko Haram.
Cette déclaration faite suite à l'attaque menée le 27 octobre dernier par la nébuleuse secte Boko Haram contre la position des forces armées tchadiennes au Lac causant la mort d'une quarantaine des soldats. « Les forces armées tchadiennes ont répliqué et mis en déroute l'ennemi. La situation est totalement sous contrôle », affirme le ministre. Il assure les diplomates accrédités au Tchad et les organisations internationales sur le terrain que leur sécurité sera toujours garantie.
NDM
À l'occasion des journées de sensibilisation suivie de dépistage gratuit du cancer de sein et du col de l'utérus par le programme de la lutte contre le cancer. Ialtchad Presse a fait une entrevue avec Mme Kaltouma Ramadan spécialiste en santé de reproduction à l'hôpital Tchad Chine.
Selon Mme Kaltouma Ramadan les premiers facteurs de risque c’est si la femme ne veut pas se faire dépister, le mariage précoce et les partenaires multiples. Ensuite pour elle l'homme est porteur sain, il n'a pas de vagin, ni d’utérus mais il peut contaminer et transmettre à la femme le virus HPV (Papillons virus humain) lors de rapport sexuel.
Mme Kaltouma Ramadan explique aussi le mode de transmission. Le rapport sexuel, l'accouchement sexuel, aussi l'introduction du doigt dans le vagin lors de toilette vaginale qui peuvent introduire le virus HPV (Papillons Virus humain) qui est responsable du cancer du col de l'utérus.
« C'est la raison pour laquelle que nous demandons aux femmes de venir se faire dépister. Le dépistage est gratuit ».
Elle termine ses explications en soutenant qu’au début, il n'y a pas de signe, ni des symptômes annonciateurs. « Le jour où elle a mal, elle a le cancer de l'utérus », lâche-t-elle.
Ousmane Bello Daoudou
Une soixantaine de volontaires du comité urbain de la croix rouge de la capitale tchadienne N’Djamena se sont mobilisés tôt, ce mercredi 30 octobre 2024, au Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) pour donner leur sang en faveur des soldats blessés suite à l'attaque de la secte Boko Haram contre les forces armées tchadiennes basées à Barkaram. « Ce que nous faisons entre dans le cadre de nos activités et ça fait partie de nos principes qui dit que l'humanité est avant tout. Nous avons l'obligation de donner du sang à nos frères blessés et qui sont certainement dans le besoin », déclare le président du comité urbain de la croix de la ville de Ndjamena, Moustapha Mahamat Modou.
Il souligne que le CNTS manque de sang et les volontaires viennent au secours pour donner un coup de main afin de répondre aux besoins urgents de toutes les personnes.
Jamais, l’exercice d’un pouvoir absolu, illégal et illégitime sur le continent Africain n’a bénéficié des circonstances aussi favorables.
En effet, les convulsions géopolitiques qui traversent la communauté internationale et dont les manifestations les plus parlantes sont la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine, la question Palestinienne et sa conflagration du moment (avec les guerres simultanées d’Israël à Gaza, au Liban, en Syrie et en Iran), le conflit latent de basse intensité de la Chine contre la Taïwan, la fièvre des crises migratoires qui donne des urticaires à l’Europe et à l’Amérique du Nord, l’émergence des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South Africa) ou encore les poussées des partis extrémistes en Europe, ont entrainé non seulement, une perte de repères géostratégiques et des alliances, mais surtout un délitement de l’autorité des puissances, en particulier de l’Occident qui dictaient naguère la marche aux « petits » États.
Désacralisation des puissances Occidentales
Le délitement de l’autorité de l’Occident autrefois tout puissant, a pour corollaire, l’avilissement et la paralysie des institutions multilatérales (ONU, UA, CEDEAO, etc.) et des valeurs qu’elles incarnent notamment de démocratie, des Droits de l’Homme et de la bonne gouvernance, inspirées et garantie par l’Occident.
Contraint désormais de mettre sous le boisseau ses exigences de valeurs démocratiques et des Droits de l’Homme pour ne pas être mis hors-jeu diplomatiquement, militairement et économiquement par les régimes autoritaires de plus en plus nombreux et opportunément solidaires ainsi que la popularité transcendant les frontières nationales des hommes forts qui les animent, l’Occident qui n’impressionne désormais plus personne, subit, se détourne ou coopère lâchement.
Moralité, les putschs en Afrique ne suscitent plus la réprobation et encore moins la condamnation, si ce n’est du bout des lèvres lorsqu’ils ne sont pas purement acclamés comme dans la succession dynastique des Deby au Tchad. La Chine et la Russie qui d’ordinaire restaient passives, jouent désormais activement les béquilles financiers, militaires et diplomatiques des putschistes. Et pour se convaincre de l’impuissance désormais patente de l’Occident, il suffit de se rappeler le trésor d’imaginations en litotes, de la diplomatie et de l’armée étasuniennes pour ne pas braquer le général Tiani, président putschiste du Niger, qui venait pourtant de renverser Mohamed Bazoum, président démocratiquement élu et qui était leur allié de choix au Sahel. Peine perdue, Tiani finira par mettre hors du Niger les Boys en dictant le chronogramme et les modalités[1]. Les Boys seront également expulsés du Tchad dans les mêmes conditions. Il faudra se pincer pour le croire.
Quant à la France, sa prudence de gazelle à l’égard du capitaine Ibrahim Traoré qui venait de renverser le précédent putschiste, Sandaogo Damiba, n’a rien changé au destin de sa coopération militaire et de sa coopération tout court avec le nouveau Burkina Faso : ses forces spéciales Sabre ont dû faire leur paquetage et libérer fissa la base de Kamboisin à Ouagadougou le 18 février 2023 pour rentrer à Paris et ses diplomates sont expulsées du pays sans ménagement. Il est bien loin l’époque où l’armée française fait et défait les pouvoirs en Afrique. Elle pourrait toujours le faire du point de vue opérationnel, mais plus aucun politique à Paris n’acceptera d’en endosser la responsabilité politique et diplomatique. Preuve s’il en est, de la lente agonie de la France Afrique. Et tant mieux.
Il demeure cependant qu’en dépit de ces expulsions humiliantes et la présence de plus en plus marquée des Russes, chacune de ces puissances occidentales y compris la France, continuent de tendre la main aux néo-putschistes sahéliens qui pourtant la refusent bruyamment : soit par paranoïa, soit qu’ils ne veulent pas de témoins gênants sur le théâtre de leurs opérations militaires et politiques, mais surtout dans leur ménage avec Wagner hier et Africa Corps aujourd’hui.
Par ailleurs, le putschiste africain dont l’audience sous la géopolitique de la guerre froide, se limitait à l’un ou l’autre des blocs (soviétique communiste ou Occidental libéral), mais pas les deux à la fois, peut aujourd’hui revendiquer une double alliance et qui plus est, à ses propres conditions. L’héritier président Mahamat Deby Itno au Tchad avec sa double, triple ou quadruple alliances improbables (France, Russie, USA, Hongrie, Émirats Arabes Unis, Qatar, notamment) en est l’illustration.
Crépuscule de la Démocratie et des droits de l’Homme
Visiblement tout concoure au crépuscule de la démocratie libérale. Et pourtant, l’histoire en cours de l’humanité montre comme l’affirmait W. Churchill que celle-ci demeure « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». La preuve, même ceux qui font tout le contraire de ce que la démocratie induit, organisent des élections générales frelatées pour s’en attirer les faveurs et la reconnaissance. Ils invoquent par ailleurs, la légalité démocratique et institutionnelle fussent-elles cousues de fil blanc, pour s’opposer ou se prémunir contre toute remise en cause de leur pouvoir alors qu’ils ont eux-mêmes ouvert la boîte à pandore des coups d’État militaires ou constitutionnels. Que croient-ils qu’il se passera un jour dès lors que leur pouvoir absolu ne laisse comme seuls alternatifs aux citoyens et opposants que la soumission ou le putsch ?
Pour ainsi dire, libérés de la pesanteur démocratique et droit-de-l’hommiste de l’Occident et des instances multilatérales, le néo-putschiste dispose et exerce désormais un pouvoir absolu. Il n’est même plus sensible aux gémissements des Organisations Non Gouvernementale (ONG). Quant aux médias, soit ils sont censurés sur commande par les régulateurs plus que jamais zélés, soit, ils pratiquent eux-mêmes de l’auto-censure.
Mais pour autant qu’est-ce que les néo-putschistes sahéliens de la décennie ont fait de leur pouvoir absolu en termes de plus-value de progrès social et économique, de bien-être et de sécurité pour leur population ? La question se pose aussi pour l’indépendance, la souveraineté et le rayonnement du pays au-delà des narratifs et poncifs éculés sur la pseudo-souveraineté, un patriotisme frelaté et un panafricanisme de simple tribune ? Bien malin qui pourra y répondre. Mais une des explications plausibles serait dans leur impréparation à l’exercice du pouvoir.
Déficit béant de stature, de vision et de culture politique et idéologique
S’il existe un trait commun entre les néo-putschistes de la décennie 2020, et ce n’est pas leur faire injure que de le relever, c’est leur inculture politique et idéologique, voire leur inculture, tout court. Que pensent-ils du pouvoir politique et de son exercice ? Que veulent-ils faire du pouvoir ? Sur quel critère (économique, social, environnemental, diplomatique, politique, etc.) demandent-ils à être évalués un jour ? Que veulent-ils que l’Histoire retienne de leur exercice du pouvoir ? Quelle est leur vision politique intrinsèque au-delà de ce que les « spin doctor » leur mettent sous le nez devant micros et caméras et qu’ils ânonnent souvent scolairement ?
Ils se revendiquent pour certains de la révolution. Mais peut-on être un révolutionnaire accompli sans culture de ce courant politique ; laquelle ne peut être acquise que par la formation et une lecture assidue des penseurs émérites. Sans aller jusqu’à l’affirmation de Thomas Sankara lui-même, selon laquelle « un militaire sans formation politique n’est qu’un criminel en puissance », l’impression que les néo-putschistes donnent est qu’ils n’ont qu’un seul crédo, un seul idéal : rester au pouvoir et durer aussi longtemps qu’ils le pourront ; peu leur importe le prix à payer et le sacrifice pour la population, bref le sort du pays.
Mobutu Cessé Séko, Modibo Kéita, Houphouet Bogny, Hissein Habré, Ngarta Tombalbaye, Mathieu Kérékou, Sékou Touré, Julius Nyerere ; Jomo Kenyatta notamment, étaient tous autant qu’ils le sont, des dictateurs finis, accomplis et féroces. Mais, et ce n’est pas versé dans la réhabilitation que de leur reconnaître une stature d’homme d’État ; une vision du pouvoir, contestable sans doute ; et une culture politique dense et forte alors même qu’ils n’ont pas tous fait des études universitaires et encore moins fait science po. Si leur bilan en termes de démocratie et des droits de l’homme frise le néant et donne le frisson, ils ont, pour certains, développé économiquement et socialement leur pays, et pour d’autres, donner un nom à leur pays et la fierté à leurs concitoyens par l’aura de leur stature dans les cénacles internationaux. Peut-on en dire autant des néo-putschistes en particulier, sahéliens[2] ?
À chacun de se faire son opinion, mais une chose est certaine, si l’Afrique continue de sélectionner ses dirigeants par l’hérédité ou sur la seule foi du statut militaire, elle donnera encore longtemps raison à René Dumont qui prophétisait déjà en 1962 : « L’Afrique noire est mal partie ».
Abdoulaye Mbotaingar
Docteur en droit
Maître de conférences à l’université
[1] Tiani réservera le même sort à l’armée allemande. Seule l’Italie pour l’instant garde ses faveurs.
[2] Olingui Nguema du Gabon est un cas à part. Même s’il n’est pas hasardeux de penser qu’il a conquis d’autorité le pouvoir pour le lâcher de sitôt, la transition qu’il conduit reste ouverte et il n’a pas rempli les prisons du Gabon d’opposants. Ceux-ci au contraire continuent de rentrer d’exil pour y prendre part et exercent librement leurs droits politique et civile.
C’est dans un hôpital de Niamey que Hama Amadou a tiré sa révérence ce mercredi 24 octobre. Lorsqu’il rentre dans la fonction publique nigérienne en 1971, cet administrateur des douanes ne se destine pas à la politique. Il appartient plutôt aux premières vagues de ces hauts fonctionnaires qui ont pour mission de construire l’administration d’un pays indépendant depuis seulement onze années. À l’instar de nombre d’États africains, le Niger est indépendant depuis le 1er octobre 1960. Quatorze années plus tard, en 1974, le lieutenant-colonel Seyni Kountché renverse le premier président de la République, Hamani Diori. C’est le début d’une militarisation du pouvoir politique qui s’étendra sans interruption jusqu’à 1991. Car, après le décès de Seyni Kountché en 1987, le colonel Ali Saibou lui succède et dirigera le Niger jusqu’en 1993, période charnière pour l’histoire politique du Niger et de l’Afrique durant laquelle les partis uniques s’effondrent, les conférences nationales souveraines deviennent des constituantes, qui vont ouvrir la vie politique au pluralisme politique dans le cadre de processus démocratiques qui demeurent en cours.
Mahamane Ousmane est élu chef de l’État le 16 avril 1993 à l’issue de la Conférence nationale souveraine. Il dispose d’une majorité relative au parlement, ce qui limite considérablement sa marge de manœuvre pour gouverner sereinement le pays. En 1994, Mahamadou Issoufou, leader du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), quitte la coalition gouvernementale. Cette rupture contraint le président Mahamane Ousmane à dissoudre l’Assemblée nationale et à convoquer les Nigériens aux urnes pour de nouvelles élections législatives.
Une carrière dense
À l’issue de ce scrutin, le chef de l’État sera contraint à une cohabitation.
Hama Amadou sera désigné président de l’Assemblée nationale tandis que Mahamadou Issoufou sera nommé aux fonctions de Premier Ministre, chef du Gouvernement.
Hama Amadou fut au cœur des deux cycles politiques majeurs qui ont structuré la vie politique au Niger. Directeur de cabinet des présidents Seyni Kountché et Ali Saibou, il a su naviguer à bord du navire du parti unique comme du navire de la mouvance démocratique lorsqu’advint le multipartisme en 1991. Il fut opposé à Mahamadou Issoufou lors de la Conférence nationale souveraine tenue du 29 juillet au 03 novembre 1991 à Niamey. Deux décennies plus tard, en 2011, Hama Amadou apporta à Mahamadou Issoufou son soutien au second tour de sa présidentielle victorieuse. Mais ce fut de nouveau la brouille entre les deux hommes à la présidentielle de 2016, sur fond d’une histoire rocambolesque de trafic de bébés volés lors de laquelle l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale ainsi que son épouse, furent placés sous mandat de dépôt.
Morts et résurrection
De son parcours sur la scène politique nigérienne, l’on pourrait dire que celui de Hama Amadou a été jalonné de plusieurs vies et de plusieurs morts.
Parfois, vaincu ou défait, mais jamais politiquement enseveli. Il était de ces hommes politiques dont on pourrait dire que les défaites d’hier ou d’aujourd’hui sont le tremplin pour les batailles de demain, voire la motivation et le carburant des batailles à venir. Durant sa longue carrière politique, Hama Amadou a été aussi familier des palais et des ors de la République que des maisons d’arrêt ou du bannissement de l’exil. Suite au coup d’État du 27 janvier 1996 du général Ibrahim Baré Maïnassara, Hama Amadou exprime son opposition à ce coup de force. Sa formation politique le Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara) matérialise son rejet du putsch en ralliant le Front pour la restauration et la défense de la démocratie (FRDD). Cet acte de défiance lui vaudra d’être interpellé par la police politique de son pays. En 2008, incarcéré pour un chef d’inculpation de détournement de fonds publics, il bénéficie d’un non-lieu en 2012, après une mise en liberté provisoire en 2009. Comme Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan dans la querelle autour de la présidence du Front Populaire Ivoirien (FPI) en Côte d’Ivoire, Hama Amadou est évincé de la présidence du MNSD-Nassara pendant sa détention. Mais fort de son aura et du capital de sympathie dont il jouit au sein d’une bonne frange de l’opinion nigérienne, il créera le 12 mai 2009 une nouvelle formation politique à vocation panafricaine, le Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN/FA) qui parviendra à acquérir un ancrage national. En exil en France, Hama Amadou s’oppose à un troisième mandat de Mamadou Tandja dont il fut le Premier ministre durant sept ans et se félicite du coup d’État de Salou Djibo. En 2015, de nouveau incarcéré dans l’affaire du « trafic des bébés volés », il battra campagne du fond de sa cellule en 2016 et se qualifie pour le second tour contre le chef de l’État sortant Mahamadou Issoufou. Il sera de nouveau incarcéré le 18 novembre 2019 dans la même affaire pour purger une peine de huit mois de prison. En février 2021, suite à un mouvement de contestation des résultats de la présidentielle, il est de nouveau incarcéré puis libéré pour raisons médicales qui le conduiront de nouveau en France pour bénéficier de soins appropriés.
L’infamie du « trafic des bébés importés du Nigeria »
Avec la disparition ce jour de Hama Amadou, l’ex-chef de l’État, Mahamadou Issoufou exprime son chagrin et dit « pleurer son meilleur adversaire ». Les observateurs de la vie politique nigérienne voudraient bien accorder du crédit au chagrin de l’ancien chef de l’État. Il y’a toutefois lieu de souligner qu’il n’aura rien épargné à son « meilleur adversaire ». C’est grâce au soutien décisif de Hama Amadou en 2011, que Mahamadou Issoufou fut élu au second tour de la présidentielle et devint président de la République.
Mais en 2013, le parti de Hama Amadou, alors président de l’Assemblée nationale, rompt l’alliance politique qui le liait au parti au pouvoir du Président Mahamadou Issoufou, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya). Il s’ensuivra un feuilleton judiciaire qui aura tout l’air d’une chasse aux sorcières, d’une instrumentalisation de la justice à des fins politiques contre l’allié politique d’hier, qui aura décidé de recouvrer sa liberté de pensée et son autonomie politique dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. La même année, il est inculpé dans une procédure judiciaire pour « trafic de bébés importés » du Nigeria en même temps que sa deuxième épouse. Il s’exile en France et à son retour deux ans plus tard, le 14 novembre 2015, il est placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Filingué, à 200 kilomètres de Niamey. Il sera condamné par contumace à un an de prison dans cette scabreuse affaire. Cette affaire n’entachera pas seulement la réputation et l’honneur de Hama Amadou. Sa vie familiale en sera profondément marquée et sa carrière politique aussi.
Cette accusation le suivra jusqu’à la fin de ses jours comme une ombre portée, tant et si bien qu’il n’aura eu de cesse de faire feu de tout bois pour rétablir son honneur.
Hama Amadou et la junte actuelle à Niamey
À son retour d’exil de France suite au coup d’État militaire qui aura renversé le président Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023, Hama Amadou, au sujet de la situation politique dans son pays et le déclassement de la France, n’a pas fait mystère de son agacement sur ce qu’il considérait alors comme une politique étrangère française en Afrique à géométrie variable, une sorte de deux poids deux mesures de Paris face aux coups d’État militaires, selon que les putschistes étaient dans les bonnes grâces de la France ou non. Dans un entretien au Mondafrique, s’exprimant d’un ton libre duquel semblait poindre une rhétorique souverainiste, il dresse sans détours et en toute froideur l’état d’esprit des opinions africaines, que certains éditorialistes, diplomates et hommes politiques en France considèrent comme un sentiment anti-français :
« Les Nigériens n’ont aucune haine envers la France et envers les Français (…) S’il s’agit des intérêts de la France, le Niger n’a pas remis en cause, jusqu’à présent, les accords sur l’exploitation de l’uranium. Il n’a rien remis en cause. Il a seulement exprimé sa volonté de voir partir les bases françaises ».
La liberté de ton de Hama Amadou est dans la juste continuité de ses prises de position antérieures sur les relations France-Afrique. À cet égard, on peut lui faire crédit d’une réelle cohérence.
Hama Amadou, le Niger, la France
Hama Amadou n’a pas attendu la prise de pouvoir actuel des militaires à Niamey pour exprimer son souhait de voir advenir une refondation des relations entre la France et son pays. Déjà, en 2011, il estimait urgent et nécessaire de revoir la coopération entre les deux pays. D’une part en raison de l’insupportable déséquilibre qui caractérise cette relation bilatérale et qui n’a que trop duré, d’autre part du fait d’une mutation générationnelle profonde telle que la jeunesse nigérienne, comme la jeunesse africaine dans d’autres anciennes colonies françaises, ne comprennent pas que le logiciel des relations entre ces deux pays soit demeuré le même depuis l'accession du Niger à la souveraineté nationale et internationale : « Il n’est pas possible à long terme de continuer à avoir des relations dans lesquels l’un des partenaires gagne au détriment de l’autre. Je pense notamment à l’exploitation de l’uranium du Niger qui est réalisé depuis quarante ans par une société française, qui sert beaucoup les intérêts économiques de la France, mais dont l’exploitation n’a eu quasiment aucun impact financier sur le Niger, qui en est pourtant le propriétaire légitime. Il y a un ajustement d’intérêt, un rééquilibrage, à faire pour que la coopération soit profitable aux deux parties. Ce sont des choses que les plus jeunes, qui ont moins d’attaches sentimentales avec la France, vont de plus en plus mettre en relief, ce qui pourrait causer des problèmes. Il faut donc réajuster tout cela avec la France avant que certains ne veuillent les faire partir au bénéfice d’autres investisseurs étrangers »[1].
Dans le paysage politique nigérien, Hama Amadou n’était pas seulement une présence, c’était aussi une voix dont l’écho continuera de porter après sa disparition.
Éric Topona Mocnga, journaliste au programme francophone de la Deutsche Welle, spécialisé dans les questions politiques et géopolitiques en Afrique et dans le monde.
[1] Hama Amadou, Premier ministre du Niger (1995-1996, 1999-2007), candidat à l’élection présidentielle (31 janvier 2011). L’ambition renouvelée du Niger.
Le SWEDD a organisé une table ronde avec des autorités politiques, traditionnelles, des leaders religieux, de la société civile et les organisations non gouvernementales, ce mardi 22 octobre dans un hôtel de la capitale tchadienne, N’Djamena. Une présentation d’un projet technique dénommé autonomisation des femmes et de dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+) a été faite.
L'objectif de cette table ronde est de partager les expériences des acteurs des différentes provinces du pays sur le projet SWEDD déjà exécuté, et échanger sur les difficultés rencontrées afin de proposer des nouvelles stratégies pouvant améliorer la mise en œuvre des activités du SWEDD+. Toute en remerciant les partenaires techniques et financiers, le directeur de la population et du développement Humain M. Narcisse Ndjimasra, souligne « le but spécifique de cette rencontre est de situer et présenter les rôles et responsabilités des acteurs impliqués dans la mise en œuvre, de développer les concepts liés aux thématiques SWEDD+, d'identifier de nouvelle stratégie pour une meilleure efficacité de mise en activité ». Selon M. Narcisse Ndjimasra, ce projet vise à maintenir l'élan développé par les premières itérations de SWEDD et à élargir l'impact sur les adolescents et leur communauté. SWEDD+ mettra davantage l'accent sur le renforcement de compétences sur la vie des adolescentes et des jeunes femmes et leur connaissance en matière de santé sexuelle et reproductive. Il va favoriser le maintien des filles à l'école, la création des débouchées économiques et prévenir davantage les violences basées sur le genre (VBG) en s'attaquant à leurs racines profondes précise le directeur Ndjimasra.
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