Le Mouvement patriotique du salut (MPS) a organisé son 34e anniversaire à la place de la nation ce dimanche 1er décembre 2024. Une cérémonie présidée par le président d'honneur du parti, président de la république Mahamat Idriss Deby ITNO.
C’est une journée de la liberté et de la Démocratie. Une date qui a marqué un tournant décisif dans la marche et l'histoire politique du Tchad, disent les militants. « Le 1er décembre a été le terminus d'une lutte de patriotes tchadiens », dit un militant. Selon le parti, ces patriotes ont bravé l'adversité d'une dictature implacable pour libérer le pays. C'est ainsi, disent-ils, que le Mouvement patriotique du salut (MPS) a été créé le 11 mars 1990 à l'issue du premier congrès de Bamina, au Soudan. C’est durant cette phase difficile que le colonel Idriss Deby est désigné Président, Maldoum Bada Abbas vice-président et Djibrine Dasser chargé de la Défense. D'autres groupes armés dirigés par Ahmat Hassaballah Soubiane, Adoum Acyl, Abderamane Amir venue de la Libye se sont joints au MPS.
Toujours les militants, ils soutiennent que de 1982 à 1990 les Tchadiens ont vécu dans la peur, dans la crainte et la méfiance mutuelle. « Chacun se méfiait de l'autre parce que le pouvoir à l'époque a mis en place un système policier où chaque tchadien craint son compatriote ».
Le président de la République s’est plié au rituel du dépôt de fleurs aux martyrs. Un défilé militaire a mis terme à la cérémonie.
Ousmane Bello Daoudou
La polémique récente sur l’aide de la France aux anciens combattants tchadiens, vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, relève de ces débats devenus récurrents sur le continent africain, notamment dans les ex-colonies françaises d’Afrique, depuis qu’a pris corps dans les opinions publiques africaines, des controverses sur la nécessité d’une seconde décolonisation en Afrique et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
D’un montant de 300.000FCFA (environ 500€), de nombreux citoyens tchadiens considèrent qu’il s’agit d’un mépris à l’endroit de leurs distingués aînés, qui ont payé le prix incomparable du sang, afin que le pays du général de Gaulle et du général Leclerc, retrouve sa souveraineté perdue du fait de l’occupation allemande de 1939 à 1945. Toujours dans la même veine, certains considèrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une injure à l’endroit de la « force noire » venue du Tchad, mais envers la mémoire de tous ces valeureux combattants partis d’Afrique, pour défendre les idéaux inaliénables de justice et de liberté.
Arrière-plan historique
Mais avant de s’appesantir sur les arguments convoqués par celles et ceux qui s’indignent face à ce qu’ils considèrent comme une attitude de mépris et d’ingratitude, il faut rappeler l’arrière-plan historique de cette polémique. En effet, il n’est pas superflu de rappeler que c’est du Tchad que sont parties les premières troupes d’Afrique, en réponse à l’appel du 18 juin 1940, conduites par le Gouverneur de l’Afrique Equatoriale Française, Félix Eboué. En outre, dans le chaudron des combats, le détachement tchadien des troupes africaines, s’est illustré par une vaillance et une bravoure décisives pour la libération de la ville de Strasbourg. Cet épisode décisif de la libération de la France, a par ailleurs donné lieu récemment à une manifestation commémorative à laquelle n’a pas été convié le personnel diplomatique de l’ambassade du Tchad en France.
Si ces griefs ne manquent pas de pertinence, peut-on pour autant considérer que le tableau des relations franco-tchadiennes est aussi sombre que certains l’affirment dans l’opinion publique tchadienne ? On est légitimement en droit d’en douter.
Il faut d’ores et déjà rappeler que la France n’a pas attendu cette aide, certes anecdotique, pour venir en aide au Tchad. Pour revenir à l’histoire, il faut se souvenir qu’aussi paradoxal que cela puisse paraître, la présence militaire française a quelquefois été d’un apport décisif dans la défense de l’intégrité territoriale du Tchad et de la stabilité de ses institutions. Point n’est besoin de revenir sur le détail des entreprises de déstabilisation du Tchad, initiées depuis le territoire libyen sous l’impulsion du bouillant colonel Mouammar Kadhafi, qui ne faisait guère mystère de ses rêves de grandeur qui se sont traduits à plusieurs reprises par une boulimie d’expansion territoriale qui avait désigné le Tchad comme victime sacrificielle. Les opérations Manta, Épervier sont encore gravées dans les mémoires de ceux qui sont au fait de ces pages difficiles de l’histoire des relations tchado-lybiennes.
Assistance multiforme
S’agissant de la structuration de l’armée tchadienne, l’armée française a largement contribué et continue d’être aux côtés des forces de défense et de sécurité du Tchad pour la formation et la professionnalisation de son personnel, en plus d’une assistance en matériel et en renseignement militaire. Les anciens combattants qui sont au cœur de la polémique en cours, bénéficient d’une aide substantielle et multiforme de l’assistance militaire française. Celle-ci se matérialise aussi bien par la construction et l’équipement des maisons du combattant que par les soins que reçoivent les vétérans tchadiens de la Seconde Guerre Mondiale dans l’hôpital militaire français au Tchad.
Plus récemment, le personnel de la force Barkhane s’est considérablement impliqué dans les inondations qui ont endeuillé le Tchad. Cette aide comporte également un important volet civil, celui qui concerne notamment les investissements au Tchad de l’Agence Française de Développement (AFD).
En dix ans, précisément de 2011 à 2021, l’AFD a financé 82 projets, 500 000 personnes ont bénéficié d’un accès amélioré à l’eau potable ou à l’assainissement, 2,7 millions de personnes ont bénéficié d’un accès amélioré aux soins, plus de 200 000 enfants scolarisés au primaire, pour un montant total de 483 millions d’Euros[1].
S’agissant particulièrement de l’eau et de l’assainissement, l’AFD contribue de manière notable au renforcement du réseau en eau potable de la ville de N’Djamena, au financement de projets d’infrastructures aussi bien pour lutter contre les inondations que sur le plan de l’assainissement, notamment pour une gestion des déchets respectueuses des normes environnementales.
Pour ce qui concerne l’accès aux soins de santé, l’AFD apporte son aide en vue du renforcement de l’accès aux soins de santé maternelle et infantile, aux politiques publiques d’autonomisation des femmes, à l’équipement des centres de santé, aux campagnes de planification familiale.
En conclusion, il faut noter que cette polémique s’inscrit dans une ère de volatilité de l’information qui est aussi celle de tous les abus, où un acte de communication sur les réseaux sociaux, passe parfois pour une information, alors même que celle-ci est bien éloignée de la réalité et charrie tous les abus. Un tel contexte exige des professionnels de la communication un devoir permanent de vérification et de rétablissement des faits.
Éric Topona Mocnga, journaliste au programme francophone de la Deutsche Welle
[1] Agence Française de Développement, L’AFD et le Tchad, Agence de N’Djamena, 2021
Si certaines personnes choisissent de manifester physiquement ou verbalement leur intérêt pour la lutte contre la pollution de la planète causant le changement climatique, Mme Khadidja Ali Zakaria alias kadidreams styliste et artiste plasticienne, tchadienne a choisi l'art pour mener cette lutte. Portrait.
Née à N'Djamena, la capitale tchadienne, dans une famille modeste où aucun membre n'est artiste, cette jeune étoile de l'art plastique tchadien décide de tracer son chemin pour prouver son talent et montrer à ses parents et aux autres qu'ils ont tort de lui refuser sa chance de poursuivre son rêve de réussir autrement. Passionnée de voyage et de dessin dès son bas âge, elle n'avait fréquenté l'école que pour avoir l'esprit ouvert dit l’artiste. Selon elle, les études ne garantissent pas la réussite, il faut avoir de l'ambition et de la motivation pour suivre sa passion afin de réussir sa vie et réussir dans la vie. « J'ai arrêté l'école après avoir obtenu mon baccalauréat. Cela fait 5 ans que mes parents me demandent de reprendre les études, mais moi je me suis dit bon les études ne sont pas forcément payant, mais chacun a son destin. Grâce à mon métier, je subviens à mes besoins. On ne réussit pas tous en étudiant, on peut ne pas étudié et réussir. J'aime bien la vie que je mène je n'ai pas envie de laisser pour rien au monde. J'aimais déjà le dessin et la couture donc je me suis formée pendant un temps », dit-elle.
Pour mieux mener sa lutte, elle ramasse des fois les bouteilles, parfois case sont les enfants qui me les ramassent moyennant de pièces de monnaie, « cela leur permet d'éviter de voler ou de mendier », explique Khadidja, Ali Zakaria. Elle pratique l'écoresponsabilité dans toutes ses œuvres artistiques, dans la conception de vêtement comme du tableau. « Je recycle de déchet puis je le transforme en de robe, jupe, pantalon. Je redonne la vie au plastique communément appelé leda, de bouteille d'eau et d'autres objets en plastique ». Elle se décrit comme une environnementaliste, l'idée de création avec les objets en plastique recyclé lui ai venue naturellement, « j'ai créé 7 tableaux en gros. Si cela ne tenait qu’à moi, je peignerais tous mes tableaux en noir, mais comme tout le monde n'est pas artiste et que c’est aussi un commerce j'en fais presque de tous les goûts et couleurs ». La couleur noire est-elle sa couleur préférée, qui selon elle représente l'élégance et la différence. « Mon objectif premier est de détruire ces bouteilles pour protéger les enfants en particulier les enfants communément appelés « mahadirine » et les enfants de la rue », souligne-t-elle. Pour Kadidreams, croire en son rêve n'est pas suffisant, il faut travailler fort.
NDM
J’ai failli rater l’occasion d’aller vivre avec les confrères journalistes sur le terrain l’opération Haskanite. Il faut dire que c’était ma faute. J’étais injoignable. La technologie m’a joué un tour pour quelques 24h. J’ai été repêché par le ministère à la dernière minute après que j’ai pu me reconnecter au monde de la technologie. J’ai envoyé un message accusateur à qui de droit…
Moi : « Finalement, vous êtes parti sans moi? Ou bien?... ».
La réponse m’est vite revenue..
Lui : « Bello, demain 6h du matin on se retrouve à la Base militaire Adji Kossei ».
J’ai hésité entre ces deux choix cornéliens. Aller voir, toucher, raconter, informer sur l’opération Haskanite au Lac ou bien participer à la consultation publique de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) qui veut adopter un cahier de charges de Web Télévision et de Web radio? Un sujet qui m’intéresse en tant que journaliste et président de l’Association des Médias en ligne du Tchad (AMET). Moi et mes amis nous nous sommes préparés à y aller avec des arguments juridiques bien ciselés. Nous venions de sortir d’une empoignade médiatique avec la HAMA et son président au sujet de leur insistance à vouloir interdire illégalement aux médias en ligne la production audiovisuelle. J’avais envie d’aller en découdre gentiment avec mes amis de la HAMA. J’ai choisi d’aller faire des reportages sur-le-champ de l’opération Haskanite . D’autres collègues s’en sont occupés.
Vendredi 6h du matin. Je suis le premier à arriver au rendez-vous à la Base militaire Adji Kossei. Peu à peu, les autres arrivaient en petits groupes de 2, 3 personnes. Trente-cinq minutes plus tard, nous sommes 15 ou plus à embarquer.
6h 38 min. L’équipage démarre l’hélicoptère pour peut-être le chauffer avant le décollage. Les larges hélices bruyantes tournent à pleine capacité et donnent des petites secousses faisant dandiner les occupants. Les portes se font fermer par un jeune militaire, casque d’écoute à la tête comme dans un studio radio. L’avion bouge en dandinant plus fortement. Je croyais qu’il allait décoller sur place comme j’ai l’habitude de voir dans les films de guerre. Non, il a roulé un peu avant de prendre son envol. C’est réussi. Il était 6h 50 minutes. La vue aérienne était impeccable. Mes confrères se sont jetés sur leurs appareils photos ou téléphones pour photographier, faire des vidéos, comme pour se venger de l’interdiction de filmer lorsqu’on était au sol. Cette année la saison de pluie a été lourde. Des étangs d’eau et des zones inondées encerclent la capitale tchadienne, N’Djamena.
50 minutes plus tard, des îlots commencent à apparaître. Sommes-nous déjà au Lac? Des îlots, nous sommes passés à des îles de plus en plus grandes. De l’eau à perte de vue. Je me disais à moi-même, « je ne savais pas qu’il a autant d’eau dans la partie septentrionale de notre pays. Je me rends compte que la saison des pluies vient de finir. Et le pays a subi d’énormes inondations ». Je reviens à moi. Je demande au militaire assis en face de moi si on est au-dessus du Lac Tchad? « Oui. C’est un vol de 50 min à 1h de temps », me souffle-t-il à l’oreille. Je jette un coup d’œil sur la montre de mon téléphone. C’est exact. Il y a à peu près 45 min qu’on vole.
Ah! Le Lac Tchad est sous notre hélicoptère. Il est immense. Magnifique. Majestueux. Je n’avais vu que le bras à Bol, capitale régionale, il y a quelque 5 ans. Les bras m’en sont tombés. J’étais saisi d’une émotion indescriptible. Émotions et interrogations se bousculaient dans ma tête. Soudainement, une petite colère m’envahit. Je réfléchis à basse voix, « on n’a rien fait de ce don de Dieu. De cette immense ressource. On en tire que des miettes. On a rien fait pour l’exploiter, pour développer la région. Développer cette zone est la meilleure arme contre Boko Haram. Qui ne l’aurait pas fait à notre place? » Entre temps, l’hélicoptère baisse en altitude, la manœuvre évacue ma sourde colère. J’avais les yeux écarquillés de curiosité. Je tournais et retournais mon regard à travers le hublot ouvert aux vents qui nous servait de ventilateur.
7h 41 minutes. Atterrissage réussi. La porte s’ouvre. Les journalistes descendent en premier. Le ministre est dernier à descendre, crépitements des appareils. Bousculades des caméras. C’est le protocole d’usage. Des militaires partout. Fin du protocole. On se disperse, chacun accoure pour embarquer dans le premier véhicule militaire disponible destination la résidence du préfet. Je réussis à monter dans une des camionnettes. Le chauffeur roulait à grande vitesse. Les quelques minutes de route sont devenues un enfer. Il fallait s’accrocher sinon on peut facilement être éjecté du véhicule. Je me suis agrippé aux miliaires et à une roue de secours jeté au milieu de la caisse arrière. Le travail au terrain a commencé. Le journaliste est aussi un soldat, mais un soldat de l’information.
Bello Bakary Mana
Ce samedi matin, le ministre des Communications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration Dr Boukar Michel a rencontré les différents responsables des organisations non-gouvernementales (ONG). Après la présentation et l’introduction du gouverneur Saleh Haggar Tidjani, Dr Boukar Michel s’est d’abord excusé ne pas être le ministre en charge des affaires humanitaires tout en rappelant qu’il a œuvré personnellement pendant plus de 20 ans dans la vie associative et dans les organisations non-gouvernementales.
Le ministre a souligné que le Tchad est un des rares pays à accueillir des milliers des réfugiés et concentre autant des déplacés nationaux. Il appelle les humanitaires à réfléchir sur un modèle qui prend en compte l’action humanitaire et développement, et selon lui cela ne peut se faire sans les ONG.
Le chef de sous Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) Bagasola M. Gilbert Sinangali a pris la parole reconnaissant les efforts des responsables politiques et administratifs. Pour M. Gilbert, il y a plusieurs facteurs qui ont complexifié la crise. Les facteurs climatiques, sécuritaires, ceux liés aux conflits communautaires et le sous financement, etc.
Reprenant la parole, le ministre des Communications a exhorté les ONG à expérimenter des projets agricoles pour donner l’exemple aux réfugiés et aux résidents. « Il y a des terres fertiles, disponibles », a dit le Ministre.
Enfin, Issac Tiansé chef de sous délégation du Haut-commissariat des réfugiés (HCR) a relevé la réussite de certains projets notamment celui de poissonnerie. Il a également salué la parfaite cohabitation entre réfugiés déplacés et les résidents.
Bello Bakary Mana, depuis Bagassola au Lac
C’est le second article de notre série de reportages terrain sur l’opération Haskanite au Lac. Reportage depuis l’île de Kaïga Kindjiria.
Il est 13h 10 min. Destination Kaïga Kindjiria, c’est la deuxième île attaquée par Boko Haram en 2015 après Ngaboua. Nous reprenons notre vol, rasant presque les cimes des arbustes et effleurant quasiment les marécages pour voir et toucher les réalités. Il faut dire que le ministre de la Communication Boukar Michel a mis les bouchées doubles pour réussir cette opération. Pour laisser les journalistes raconter librement ce qu’ils voient. Qu’ils rapportent, interrogent et parlent avec les militaires et les quelques citoyens qui sont restés sur les lieux. Ça doit être un beau métier pilote d’hélicoptère dans cette immense étendue d’eau en temps de paix. Mais la tranquillité a fui cette région pacifique depuis quelques années. On se rappelle de l’opération Boma du temps du défunt maréchal Idriss Deby Itno qui avec sa légendaire fougue militaire avait lancé « armée tchadienne almi hami maa libb koo ». Traduction l’armée tchadienne n’est pas de l’eau fraîche où les grenouilles viendront sautiller. Il mettait en garde la nébuleuse Boko Haram. Il avait juré d’anéantir hydre terroriste. Il l’a fait, mais l’hydre est tentaculaire. Elle a repris de nouveau provoquant ainsi l’opération Haskanite. Les militaires sur le terrain ont décidé d’en finir avec Boko Haram. « Cette fois-ci, on va en finir définitivement », disent-ils.
13h 30 min. Atterrissage au village. Des huttes et des militaires partout. L’île de Kaïga Knidjiria est belle de ses eaux turquoise. Le lac Tchad est une merveille indescriptible. L’opération Boma a marqué l’esprit militaire dans la zone et l’ombre du défunt Maréchal semble planer sur la région. La troupe semble nostalgique tout en rappelant que le Général président Mahamat Idriss Deby relève bien le défi en restant attaché au terrain et aux militaires. Le gouverneur de la région Saleh Haggar Tidjani dénonce la secte terroriste. Il est heureux de la présence des journalistes à côté des forces armées, « l’opération Haskanite est lancée et vous voilà présent pour témoigner, pour raconter la vérité ». Il martèle « Boko Haram n’existe pas au Tchad . Notre dernier accrochage a fait fuir leur grand chef Hamid Kanaye. L’armée n’est pas là seulement pour combattre la secte, mais elle assiste aussi la population. Voilà le résultat concret de l’opération Haskanite », dit-il.
Selon le gouverneur la paix est de retour. Elle règne désormais partout dans la région. Le ministre Dr Boukar Michel répète le message qu’il avait dit à l’île de Balkram en s’adressant aux journalistes, « vous constatez la vérité par vous-même ». Il conclut que depuis la Seconde Guerre mondiale la bravoure du soldat tchadien est reconnue partout dans le monde, « le soldat tchadien refuse la défaite. Nous ne sommes pas loin de la frontière nigérienne, nigériane, mais le soldat tchadien se bat seul. Nous avons perdu des hommes pour la patrie. Des compatriotes morts pour que nous vivions en paix ». Le ministre déplore l’absence de la communauté internationale.
Fin du speech du ministre. La question d’un confrère fuse : quel est le bilan exact de l’attaque du 28 octobre dernier. Le ministre de la Communication passe la question à son collègue de la Défense et aux responsables militaires. Le coordonnateur de la mission s’interpose, « les amis, ce n’est pas une conférence de presse. C’est un point de presse ». Des journalistes grognent. Sans plus.
14h 19 min. Nous embarquons dans un petit bateau militaire communément appelé « hors-bord » pour faire un tour des alentours.
15h 15 min. On rembarque pour le retour à notre ville d’arrivée, Bagassola. La journée a été riche en découvertes. Demain, un autre jour nous attend.
Bello Bakary Mana, depuis la zone d’opération l’île Kaïga Kindjiria
Nous publions ici le premier article d’une série de reportage sur le terrain de l’opération Haskanite. Reportage.
11h 39 minute. L’hélicoptère de l’armée tchadienne embarque manu militari l’équipe de journalistes vers le terrain des opérations. C’est un hélicoptère des opérations, un de ces oiseaux qui peut servir de transport et aussi une arme volante. L’équipage réchauffe l’appareil qui a l’air vieux mais qui est d’une efficacité redoutable. Nous étions 12 journalistes plus quelques militaires à embarquer. Je rencontre vers le chemin de l’aérodrome un parent à plaisanterie. Un militaire borno. J’annonce à des confrères, « c’est mon esclave devenu militaire ». Il me rétorque « c’est mon garde troupeau de vaches ». On rit aux éclats en se dirigeant à pied vers l’aérodrome.
On embarque. L’hélicoptère décolle. Il vole à basse altitude. Je ne suis pas un grand connaisseur de ces oiseaux volants tueurs, mais il va vite. Trop vite. En vue aérienne, de petits villages dispersés faits de cases en chaume sont comme posés par une main sur plusieurs archipels. Une forêt d’arbustes parsème notre parcours. Partout des îlots. Le sol est sablonneux. À l’intérieur de l’appareil, c’est silence en attendant l’atterrissage. Inutile de parler tellement le bruit du moteur et des hélices étouffent tout. Ceux qui essayent de se parler sont obligés de crier. Notre pilote maîtrise bien son vol. On a l’impression d’être dans une parade, il tourne et retourne l’appareil avec une aisance déconcertante. Ce qui est rassurant pour la confrérie des « bavards » qu’aime nous désigner la « grande muette » ( les militaires). Ils sont partout, partout. Et pourtant on s’entend bien sur le théâtre des opérations. Ils adorent nous montrer leurs exploits. C’est sur le terrain qu’on se rend compte qu’être militaire n’est pas une panacée. Surtout, être militaire tchadien est encore plus dure. Tous ces hommes et femmes se sacrifient pour nous poussions dormir tranquille. On est souvent durs avec eux malgré le don suprême de soi qu’ils font pour notre sécurité, pour notre mère patrie, pour l’existence du pays.
12h 03 min. L’hélicoptère atterrit en douceur. Nous sommes au camp militaire qui a subi l’attaque de la secte terroriste Boko Haram. L’accrochage du 28 octobre a eu lieu dans ce camp de Balkram.
Le Général Tahir Youssouf Boy est le premier à prendre la parole souhaitant à tous la bienvenue. Il affirme, « c’est ici que le président Mahamat Idriss Deby Itno a lancé l’opération Haskanite ». Le ministre de la Défense Issakha Malloua Djamouss est le deuxième à parler. Il remercie le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’Administration publique Dr Boukar Michel. « Il n’y a pas de site de Boko Haram ici au Tchad M. le ministre nous vous remercions d’être là. La population de cette zone souffre. Elle manque de tout. Elle n’a pas à manger, ni de quoi se soigner. Il n’y a pas de route avec la crue des eaux du Lac à cause du dérèglement climatique. On va d’île en île. Il y a quelques années on venait ici en véhicule. Ce n’est plus le cas ». Le ministre de la Défense insiste en réaffirmant qu’il n’y a pas de base de Boko Haram au pays.
C’est au tour du ministre de la Communication Dr Barka Michel de s’adresser aux journalistes . Il rend d’abord hommage aux forces armées tchadiennes et au président de la République Mahamat Idriss Deby qui selon ses propres veillent sur le pays. « L’engagement de nos forces de défense nécessite notre soutien. Vous journalistes, vous avez un rôle à jouer, celui de dire la vérité ». Le ministre appelle la communauté internationale à venir en aide au Tchad en soutenant cette lutte. « Vous voyez, vous-même Mmes et M. les journalistes, la vérité. Dites la vérité. Racontez la vérité aux Tchadiens et à la communauté internationale. Pourquoi le Tchad est seul sur le terrain? ». Il enchaîne en soutenant que malgré les déplacés, les réfugiés, le Tchad fait face seul aux dangers, à la mort. Le ministre appelle les humanitaires, les partenaires internationaux à accompagner le pays. Il termine son intervention en remerciant le gouverneur Saleh Haggar Tidjani.
12h 39. Le chef du village de Balkram Ibrahim Mahamat, entouré de 4 autres notables, est le dernier à parler. Il raconte cette nuit de terreur. Et dit que les populations souffrent, « nous n’avons rien pu sauver lors de l’attaque. Nos maisons sont brûlées, nos commerces ont été incendiés. Je n’ai pu sauver que les habits que je porte sur moi », dit-il le visage triste. Adam Abderamane, un commerçant de l’île témoigne en soutenant que « tous les produits des commerces ont étés brûlés, des commerçants tués, etc ».Un témoignage poignant qui décrit l’horreur vécue.
Bello Bakary Mana depuis le terrain des opérations à Balkram au Lac
Demain samedi 23 novembre, l’humoriste nigérien Mamane organise à 2024 à Institut français du Tchad (IFT), une conférence de presse a pour son spectacle.
Mamane est l'une des personnalités préférées des Africains, artiste atypique et « touche à tout », il est connu pour sa célèbre « République très très Démocratique du Gondwana » et pour son travail d'auteur et de production en faveur de la promotion et de la professionnalisation de l'humour africain.. Mais il est avant tout une « bête de scène ».
Une règle et un crayon. C'est tout ce qu'il a fallu pour tracer les frontières des pays africains. Avec son éternel esprit taquin, Mamane se rit de la géographie et de l'histoire de l'Afrique. Du Sénégal au Congo en passant par la Côte d'Ivoire, le Togo, le Cameroun, etc. Sans oublier son propre pays le Niger « un pays encerclé par les problèmes ». Un adepte de l’autodérision.
L’humoriste saute d'une frontière à l'autre, passe d'une époque à l'autre, navigue de la conférence de Berlin en 1884 à la COP 27 pour mettre le doigt sur l'absurdité de l'histoire, ses effets sur l'actualité, mais toujours dans un grand éclat de rire.
Ce spectacle est une invitation à un voyage humoristique de l'histoire de l'Afrique avec un Mamane au sommet de son art et de son amour des mots. L'humoriste à la plume corrosive plonge dans l'histoire pour éclairer le présent et mieux comprendre l'origine des maux du continent.
Ousmane Bello Daoudou







