Lors d'un point de presse ce 12 janvier, l'ancien parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) a annoncé l'organisation de son 11e congrès extraordinaire placé sous le thème « le MPS à l'ère de la 5e République », qui va se dérouler demain dans un hôtel de la place.
Selon Mariam Djimet Ibet, présidente du comité d'organisation, ce congrès vise à revisiter les textes du parti pour plus d'efficacité et d'action. « C'est dire concrètement que le MPS va se plonger dans le futur avec un engagement décuplé afin de relever les défis ». Elle justifie ce choix par le fait que le Tchad vit un moment historique avec la promulgation de la nouvelle constitution. « La naissance de la 5e République est porteuse d'espoir pour notre pays et notre peuple. Au-delà des profondes innovations contenues dans l'architecture institutionnelle, la nouvelle loi fondamentale consacre la refondation de notre pays. Le Tchad se projette dans le futur avec des ambitions fortes mues par une mentalité...le MPS est appelé à jouer un rôle de premier rang en sa qualité du plus grand parti politique du pays », dit-elle.
Mme Ibet a ajouté que pour assumer pleinement son statut le parti a l'obligation de s'arrimer à l'environnement politique en renforçant sa dynamique structurelle, organisationnelle et fonctionnelle. « C'est que le Secrétariat général du parti, M. Haroun Kabadi a convié les militantes et militants à une rencontre de réflexion, d'échanges et de débat », a-t-elle justifié.
Abderamane Moussa Amadaye
Notre article publié il y a quelques mois sur la dégradation des bâtiments du lycée champ de fil, a retenu l’attention des autorités. Elles ont réfectionné l’établissement. Reportage.
Au lycée champ de fil situé dans la commune du 5e arrondissement de la ville de N’Djamena, les élèves ont repris les cours dans des bâtiments réfectionnés. Ils sont en pleine activité éducative avec leurs enseignants pour rattraper le temps perdu. L'administration et les élèves disent merci au bienfaiteur qui leur a offert un cadre idéal de travail. « Un grand merci au président de transition et au ministre directeur de cabinet civil à la présidence de la République d'avoir investi sur notre établissement, contribuant ainsi au développement du pays ».
Les bureaux, les salles de classe, les bâtiments A et B sont beaux et neufs, mais la réfection ne reflète pas le budget engagé pour les travaux. Selon nos sources, les anciens matériaux sont réutilisés (plafonds, toits), à l'intérieur des salles et des bureaux les fissures sont encore visibles à cause du mauvais compactage avec peu de ciment et beaucoup de sable. « Les hangars sont reconstruits par le même matériel et à main levée. Il suffit qu'un vent fort et tout sera par terre. Le jardin est oublié, pourtant de l’argent était prévu pour cela », disent nos sources.
Il semblerait que l’entreprise exécutante n'a pas respecté les engagements. L’administration du lycée demande aux autorités de rappeler l’entreprise à respecter le cahier de charge et les contrats de travail pour des infrastructures durables. Elle appelle aussi le Bureau de contrôle à diligenter une enquête et sanctionner les contrevenants s’il y a lieu et les interpeller devant les juridictions compétentes.
Ousmane Bello Daoudou
Le Détachement de la sécurité et de protection (DSP) et l’Autorité de régulation du secteur pétrolier Aval du Tchad (ARSAT) ont annoncé la saisie d’une importante quantité de carburant. Ce sont des citernes, des voitures 4×4 chargés des fûts, des bidons de 40 et 20 litres, remplis d'essence. Le produit a été remis à la raffinerie ce lundi 8 janvier à Djarmaya par la Directrice générale (DG) de l'ARSAT Mme Amina Ehemir Torna, au Directeur général adjoint de la raffinerie Mahamat Gueillet Hemchi.
Mme Éhemir affirme, « c'est à la suite d’un protocole d’enquête mis en place entre le DSP et ARSAT que plus de 400 mille litres ont été saisi et stockés à Amguifel un village situé à 75 km de N’Djamena puis transféré à la raffinerie par une procédure légale pour sa redistribution ce lundi ».
Selon la DG de l’ARSAT, ces citernes ont été déviées de leur destination pour prendre une autre direction. « La quantité saisie permet de juguler la pénurie ». Ensuite, elle rajoute que la raffinerie pense à augmenter de la production. Le DSP affirme qu’il va continuer à traquer tous les fraudeurs. « Nous travaillons conjointement avec le DSP pour que la distribution soit au niveau. Et que la population soit satisfaite du travail effectué », a-t-elle dit.
Ousmane Bello Daoudou de retour du village Amguifel
Après 2 mois de grève, ce lundi 8 janvier marque la reprise des cours 2 mois après la grève organisée par le Comité de crise et le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET). Ialtchad Presse s'est rendu dans quelques lycées publics. Reportage.
Les élèves ont repris le chemin de l'école dès 7h. Une reprise timide. Sur les cours des écoles, certains élèves étaient heureux de se retrouver dans les classes, d'autres se baladaient sous les arbres. Le nouveau ministre de l'Éducation nationale et de la Promotion civique, MM. Ndolembaï Sadé Njesada, et son secrétaire d'État Mahamat Ibet Bekla, se sont rendus aux lycée de Gassi, lycée Félix Eboué, lycée Technique commercial, etc. Objectif : constater la reprise effective des cours en demandant aux élèves de se remettre au travail.
Le proviseur du lycée Félix Eboué littéraire Chamsadine Mahamat Dahab estime qu’enseignants et élèves ont répondu présents. Il souligne qu'il y a des enseignants qui fonctionnaient normalement avec les cours même pendant les jours de grève. « L'essentiel est que les cours ont repris sans perturbation», a-t-il dit. Pour lui, tout problème à une solution.
Epaphrase Taossou est professeur de Philosophie au lycée Félix Éboué. Il affirme éprouvé un sentiment de satisfaction, « les enseignants vont renouer les contacts avec leurs élèves. C’est une responsabilité que nous a été confiée par la République, celle d'éduquer les enfants ».
M. Taossou explique que la lutte syndicale a toujours des conséquences. « Le dialogue est important afin d'avancer. Les autorités vont proposer un planning afin d'accompagner les élèves en classe d'examen. Elles sauront ce qu’ il faut faire pour finir le programme».
Noël Adoum
J’écris cette chronique sous la forme d’une allégorie pour mieux illustrer ma réflexion.
La nomination du chef des Transformateurs et farouche opposant de la transition, Succès Masra était pressentie, depuis l’accord de Kinshasa. Le président de la transition Mahamat Idriss Deby l’a choisi en voulant marquer un nouveau chapitre. Comme on a pour habitude de dire, « Masra a marché ». D’ailleurs, depuis son retour d’exil, le nouveau Premier ministre a fait le grand écart sur le dur chemin que doivent tracer les durs comme lui. Va-t-il réussir à concilier ses contradictions sur le chemin de la terre promise? Le commandant de bord Mahamat laissera-t-il le copilote Succès Masra faire voler et atterrir l’avion Tchad à l’aéroport de la démocratie sans passer par des zones de turbulences? Rien n’est sûr…
Il y a 14 millions de Tchadiens à bord. La majorité aspire à un changement profond. Je suis l’un des passagers. Je me suis faufilé dans la cabine pour observer le tableau de bord de l’avion qui va décoller. À droite du commandant Mahamat est assis son copilote Masra. Je jette un coup d’œil rapide sur les membres de l’équipage. Sur le tableau de bord, 4 lumières clignotent. C’est peut-être tôt pour se prononcer, mais ce ne sont pas des signaux anodins qu’il faut négliger.
Premier signal: La stratégie de la « Tabula rasa » (faire table rase ou renverser la table) est jugée violente et a été rejetée au profit de celle du « remplacement » qui est plus homéopathique. Masra remplace Kebzabo, mais l’équipage reste le même à quelques têtes près.
Deuxième signal: Sur les 41 membres de l’équipage, 3 seulement ont été choisis par le copilote Masra.
Troisième signal: Parmi l’équipage, les détenteurs des postes clés et stratégiques n’ont pas changé. La même personne aux Finances. La même personne aux Affaires étrangères. La même à l’Administration du Territoire, la même à la Sécurité publique, au ministère de la Défense même chose, etc.
Quatrième signal: Le copilote Masra n’a réussi à injecter du sang neuf que dans un seul grand ministère. Celui de l’Éducation, un ministère important, mais qui au fil des années s’est révélé dans les réalités tchadiennes être un ministère périphérique. Même la Justice lui a échappé à moitié, malgré son message incessant et juste de désir d’égalité. Il a réussi à placer son bras droit comme simplement Secrétaire d’État. Un suppléant. Le ministre titulaire reste le seul chef du département.
Ces 4 signaux permettront-ils de faire atterrir le Tchad à l’aéroport de la démocratie ? Malgré la volonté affichée du copilote Masra. Malgré son verbe qui plaide toujours pour l’espérance ? L’équipage l’aidera-t-il ? Le commandant de bord Mahamat n’est pas homme à trop parler. Il agit toujours où personne ne l’attend. Le copilote Masra devrait apprendre à parler moins pour mieux piloter. Tout le mérite lui revient sur la reprise des cours ce lundi. Sur la dédicace de son salaire à une bourse d’excellence. Mais son idée d’appeler au bénévolat pour donner des cours est légère. Qu’il se concentre à faire atterrir l’avion Tchad à bon port lors des prochaines élections législatives et présidentielles. Attention cette fois-ci ce n’est plus le chemin qui sera dur, mais c’est le ciel qui sera turbulent.
Dans l’avion c’est le signal du décollage… une voix retentie « Votre attention s’il vous plaît… je suis Mahamat Idriss Deby le commandant de bord, bienvenue dans ce vol. Je suis accompagné par mon copilote Succès Masra.... Assurez vous d’attacher vos ceintures de sécurité, les turbulences ne manqueront pas... ».
L’avion a décollé. Atterrira-t-il à l’aéroport de la démocratie? Aucune garantie, mais qui ne risque rien, n’arrive nulle part.
Bello Bakary Mana
L’assemblée générale extraordinaire tenue ce 6 janvier, le comité de crise du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) décide de suspendre la grève qui a paralysé l'école durant 1 mois.
Ils étaient nombreux à investir dès 6h du matin l’Agora de l'école du centre. Un seul point était inscrit à l'ordre du jour : la grève qui dure depuis déjà 2 mois.
La séance a démarré par l'hymne des enseignants, suivi de la restitution des différentes rencontres qui ont eu lieu entre le comité de crise, le ministre de l'Éducation nationale et le nouveau Premier ministre Succès Masra.
Djimoudouel Faustin, président du comité de crise à présenter les résultats des négociations avec le gouvernement. Notamment le versement dès la semaine prochaine des salaires, des indemnités et des avantages des enseignants grévistes suspendus par le précédent gouvernement de l’ancien Premier ministre Saleh Kebzabo. Des coupures effectuées depuis 2016 à la suite des 16 mesures prises par le gouvernement suite à la crise économique qui a frappé le pays.
Après plusieurs minutes de franches discussions, l'assemblée générale du comité de crise a décidé de suspendre à l'unanimité de façon provisoire la grève pour 1 mois. Et a appelé les élèves à reprendre chemin de l'école dès ce lundi 8 janvier.
Babou .D Rubin, enseignant au Collège d’Enseignement Général (CEG) pilote de Farcha, satisfait de la décision de l’assemblée indique « le comité de crise est victorieux. Nous ne sommes pas allés en grève pour rien. Aujourd'hui les nouvelles autorités ont montré leur volonté de faire avancer les choses. À partir d'aujourd'hui, nous levons provisoirement la grève afin de voir cette promesse se concrétiser ou non», dit-il. Madame Bintou Lawy, enseignante, affirme qu'elle est à moitié satisfaite. «Nous avons confiance à moitié à ce nouveau gouvernement. Il a notre confiance lorsqu'il honorera ses engagements», a-t-elle dit.
Abderamane Moussa Amadaye
L'Alliance panafricaine UMOJA Toumai a organisé une conférence de presse ce 5 janvier pour annoncer sa grande conférence qu'elle organisera demain 6 janvier 2024 au centre Al Mouna sous « le thème: le panafricaniste face au positionnement de la jeunesse en ces temps des changements sociopolitiques ».
Pour le Camerounais David Eboutou, ces 3 jours de séminaire avec les associations de militants de droit de l’homme, des activistes consistent à réfléchir et expliquer l'idéologie panafricaniste à divers niveaux sur des enjeux d’ordre globaux.
Cette conférence s'interrogera sur les questions comment est né le panafricanisme ? Que vise-t-il ? Quel doit être la responsabilité de la jeunesse tchadienne à l'heure où le Tchad connaît des mutations sociopolitiques ? Le positionnement idéologique des militants face aux ambiguïtés politiques? Quelle est la responsabilité de la jeunesse face à la lutte contre le néo-colonialisme ?
Pour les organisateurs cette conférence contribue au rayonnement idéologique, politique et intellectuel de la jeunesse. « Le panafricanisme s'impose comme une idéologie vivante bien qu'il soit mal défini. Pourtant nos amis occidentaux assis sur une table à Berlin nous ont confinés depuis 1884 au mépris de notre histoire commune », a-t-il dit.
Ousmane Bello Daoudou
Lors d’un point de presse tenu ce 5 janvier à la Maison Baba Moustapha, le directeur artistique de la Compagnie Artistique Mandargué, Issakha Digadjimbaye a présenté le bilan de la phase 1 du concept « Al-Moussama ». Une campagne qui vise à promouvoir la paix, l'unité et le vivre-ensemble.
M. Issakha Digadjimbaye a expliqué que le concept «Al-moussama» tire son sens du mot arabe tchadien qui veut dire le pardon. Il a soutenu que la compagnie a mené durant la première phase plusieurs activités de promotion de cohésion sociale et de l'unité nationale. « Nous avons sillonné les différents arrondissements de la capitale tchadienne, N'Djamena, les provinces et nous sommes allés vers la diaspora en organisant des compétitions de jeunes, des activités culturelles pour véhiculer le message permettant la préservation de la paix au pays sur fonds propre avec zéro sponsor », dit-il.
L'artiste appelle les autorités et les mécènes à venir en aide à la compagnie pour poursuivre la deuxième phase de ce concept.
Pour rappel, cette campagne a été lancée le 21 novembre 2021 à la suite de la mort du président Idriss Deby Itno. Elle vise à véhiculer le message de paix, d'unité et de vivre-ensemble.
Abderamane Moussa Amadaye







