vendredi 23 octobre 2026

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Une semaine après la tenue du scrutin référendaire, la commission nationale chargée de l'organisation du référendum constitutionnel (CONOREC) a proclamé ce soir du 24 décembre 2023 les résultats provisoires. Le bloc unitaire du Oui a écrasé son adversaire du non fédéral avec 86% des voix contre 14%. Un résultat sans surprise selon l'opposition.

Démarrée à 17h, la proclamation des résultats provisoires du scrutin référendaire a été faite aux environs de 19h. Nonobstant le peu d'engouement le jour du vote constaté partout à travers le pays, la CONOREC a plutôt démontré le contraire. Elle a indiqué que sur plus de 8 millions d'électeurs inscrits sur la liste d'électeurs 5.251.668 des tchadiens soit un taux de 63,75% de participation. Selon le résultat, le OUI de l'État unitaire a remporté ce scrutin avec 86% des voix soit 4.270.891 de votants contre 14% pour le non des fédéralistes soit 695.481 électeurs et 285.324 des bulletins nuls.

Ce résultat provisoire a été apprécié, par l'opposition et ceux qui ont pris part à ce référendum.

Pour Yaya Dillo Djerou, président du parti socialiste sans frontières, les résultats sont frauduleusement tronqués contre la volonté de la masse. Il relève que ce vote a été largement boycotté et que les données présentées par la CONOREC ont été fabriquées de toute pièce. Pour Avocksouma Djona, ancien ministre de la santé sous Deby père et actuel président du parti les démocrates, les résultats provisoires de la CONOREC ne sont que « de l'imposture sans honte », dit-il. M. Avocksouma indique c'est un passage en force du fameux ordre constitutionnel afin d'asseoir le président Mahamat Idriss Deby à la tête de l'État tchadien, a-t-il laissé entendre. A ce titre, M. Avocksouma Djona estime que la constitution qui sera proclamée le 28 décembre prochain est celle d'un individu, ses intérêts, d'un système et d'une dynastie, dit-il.

Contrairement à l'opposition, le mouvement patriotique du salut (MPS), ancien parti au pouvoir par la voix de son porte-parole Jean Bernard Padaré a félicité les résultats provisoires présentés par la CONOREC. Il estime que ce la plébiscite du projet de constitution est une victoire du peuple tchadien.

Abderamane Moussa Amadaye

Par un point de presse animé ce 23 décembre, la plateforme Agir pour le Tchad dit satisfaite du bon déroulement du scrutin référendaire du 17 décembre dernier. Elle appelle les tchadiens au respect des résultats des urnes.

Pour Mahamat Souleymane Dagache, coordonnateur de cette plateforme qui compte plus de 300 organisations de la société civile, le scrutin a vu une participation active de la population tchadienne. « Chaque voix compte dans la construction de notre avenir collectif, et votre implication témoigne de votre détermination à contribuer au processus décisionnel qui guidera le destin du Tchad », dit-il. Il indique, la plateforme a constaté dans tous les bureaux de vote sur l'ensemble du territoire national un calme et une sérénité sans précédent. Pour se faire, il invite les tchadiens dans leur ensemble à respecter le choix et les résultats des urnes. « Quelle que soit l'issue de ce référendum, que nous soyons en accord ou en désaccord, il est crucial de respecter le choix exprimé par la majorité. Le respect mutuel et la compréhension sont les piliers sur lesquels repose une société démocratique », affirme M. Dagache. En attendant la proclamation des résultats provisoires, M. Dagache, coordonnateur de la plateforme Agir pour le Tchad invite les tchadiens d'être conscients et d'éviter tout appel à violence post-électorale. « Nous appelons à toute la population, qu'après que le résultat soit en notre faveur, d'être respectueuse, et d'éviter les désordres et les troubles », a-t-il fustigé.

Enfin, M. Dagache a salué la commission nationale chargée d'organisation du référendum constitutionnel pour sa transparence et les tchadiens pour leur exemplarité et maturité politique.

Abderamane Moussa Amadaye

Le Directeur de la compagnie artistique Mandargué Issakha Digadimbaye a animé un point de presse ce samedi, 23 décembre 2023 à la maison de la culture Baba Moustapha. Point de presse au cours duquel, il a annoncé le lancement des préparatifs à 72h des arts et de la culture tchadienne prévue à Paris en 2024. Reportage.

Le point de presse s'est déroulé en présence des plusieurs journalistes de différents médias ainsi que des artistes comédiens. Pour le Directeur de la compagnie artistique Mandargué Issakha Digadimbaye, cette grande messe culturelle a pour objectif de relancer la culture tchadienne au-delà des frontières nationales notamment en Europe et plus précisément en France. La compagnie artistique Mandargué a pris son bâton de pèlerin pour se rendre deux fois de suite en France à la recherche des ouvertures de promotion et de diffusion ; en vue de faire connaitre les artistes tchadiens et leurs permettre de faire un échange culturel pour le bénéfice de la pratique artistique dans notre pays, a souligné M. Issakha Digadimbaye.

La compagnie artistique a affirmé que la tenue de cette semaine culturelle à Paris est le fruit de multiples voyages de la compagnie artistique Mandargué et des rencontres faites avec l'ambassadeur du Tchad à Paris, Ahmat Makaïllah et des promoteurs culturels de cette ville. « Dans cette rencontre est née l'idée d'organiser du 09 au 11 Mai 2024, les 72H des arts et de la culture tchadienne en France avec six disciplines notamment le théâtre, la danse traditionnelle, le cinéma dont la peinture et l'art culinaire, a indiqué M. Digadimbaye.

La compagnie artistique a prévu d'organiser un casting préparatoire sur le roman de Baba Moustapha qui a été édité à titre posthume en France. Il s'agit du « Souffle de l’Harmattan » qui sera joué dans les deux langues officielles (Français et Arabe) », dit-il. M. Digadimbaye alias Mandargué relève que ce roman soulève la question du pardon, qui est la condition première pour une paix durable au Tchad. Et une tournée sera faite dans 15 villes du pays avant sa participation à cet événement à Paris, a-t-il indiqué. Enfin, il invite l'État et les partenaires à se joindre à eux pour donner une couleur positive à la culture tchadienne.

Noël Adoum

A Travers le traditionnel message de Noël comme à l'accoutumée, les évêques, membres de la Conférence Épiscopale du Tchad ont publié le 15 décembre dernier leur message de Noël 2023 sur le thème, « Marchons ensemble dans la justice ». Cette marche exige aussi une culture de l’égalité pour tous et du respect des droits humains. Reportage.

Souhaitant joyeuses fêtes à tous les tchadiens, les évêques du Tchad ont relevé que, la paix véritable ne peut pas se construire sans la justice, la vérité, l’amour et la liberté. « La justice marche avec la paix. Elle est en relation constante et dynamique avec elle ». Dans le cas contraire, les injustices engendreront la violence, le non-respect des droits humains, la haine, le mépris et la révolte, ont-ils précisé.

Selon eux, sur le plan social dans notre pays, une grande majorité de concitoyens vivent dans la pauvreté. « Cette situation est en grande partie causée par des injustices au niveau de l’éducation, de la santé et de la sécurité ». Ils relèvent dans le domaine de l’éducation, plusieurs enfants n’ont pas accès à l’instruction scolaire. Certains enseignants ne regagnent pas leurs postes d’affectation, les grèves paralysent d’année en année notre système éducatif. Comme conséquences, certains enfants sont réduits à être des bouviers ou des domestiques. Des milliers de jeunes sont exposés au marché de la traite humaine ou constituent des proies pour les extrémismes, ont-ils déploré.

Dans le domaine de la santé, les évêques du Tchad ont relevé la création de certains districts sans une structure adéquate et sans personnel qualifié. Touchant la sécurité, les évêques estiment que les paysans de certaines parties du pays continuent à être victimes des enlèvements contre rançon, des vols de bétail, des massacres et des intimidations. « Ces injustices sont parfois commises au vu et au su de ceux qui ont la charge de veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens », disent-ils.

Toujours selon les évêques, le système économique du Tchad crée des richesses pour une minorité et appauvrit davantage la majorité. Ils ont évoqué l'augmentation du prix des denrées de première nécessité dont celui du carburant et le chômage des jeunes.

Les évêques du Tchad estiment que certains leaders politiques qui osent s’organiser et s’exprimer autrement sur la situation politique sont muselés, traités de rebelles, poussés à l’exil et menacés de mort. Et d’autres, par peur de représailles et par manque de moyens de survie, sont obligés de se compromettre. Après avoir dénoncé l'exclusion des compétences sur l’administration, les évêques ont ajouté que la justice devient parfois un cauchemar tant pour les justiciables que pour le corps judiciaire. En plus de ces dysfonctionnements, la grève des magistrats paralyse l’appareil judiciaire et pénalise les personnes dont les dossiers sont en instance d’évacuation.

Enfin, les évêques du Tchad invitent les autorités à respecter l’indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Surtout, leurs compétences respectives, afin que les institutions de l’État ne soient pas seulement des instruments pour « éviter les mauvaises pratiques, mais pour encourager les bonnes pratiques, pour stimuler la créativité qui cherche de nouvelles voies et pour faciliter des initiatives personnelles et collectives ».

Noël Adoum

Lors d’un point de presse ce 23 décembre, le Bureau exécutif (BE) du Syndicat national des Douanes (SYNAD) a dénoncé la violation du statut particulier du douanier prévu par les articles 4 et 44 de la loi portant Statut Général de la fonction publique. Le Syndad le réclame.

M. Mbaihognon Tanaagueum Jude, président du BE du Synad revendique la préservation de ce statut particulier, « ce statut est un droit irréfragable prévu par la loi. Elle ne révèle pas d'une personne qui interdit ou limite l'exercice aux fonctionnaires des Douanes ».

M. Tanaagueum affirme que ne pas avoir ce statut expose la Douane tchadienne à une gestion informelle et irrationnelle. Selon lui, certaines autorités civiles ou militaires s'ingèrent par le biais des trafics d'influence dans la gestion de la douane en remplaçant les douaniers professionnels par des individus sans aucune formation par simple décision du Directeur général des Douanes.

Le Synad demande l'implication du président de transition pour protéger la douane tchadienne afin de rétablir l'ordre juridique en mettant fin au nomadisme professionnel, « parce qu’aux Douanes doivent exercer des douaniers de métier » dit-il.

Pour rappel, le statut particulier est un ensemble des dispositions juridiques qui régissent les conditions de travail des fonctionnaires, en matière de recrutement, d'avancement, de promotion, de rémunération et éventuellement des sanctions applicables à tous les fonctionnaires.

Ousmane Bello Daoudou

La STDC dit avoir constaté que le déroulement du vote s’est effectué sans incident majeur, « les citoyens se sont rendus aux urnes, ont exprimé leur suffrage dans le calme et la sérénité. Pour le vote des militaires et des civils, nous avons remarqué un retard à l'ouverture des bureaux de vote, le manque des matériels, une méconnaissance de certains membres des bureaux de vote dans le remplissage des procès-verbaux, le manque d'engouement manifeste des populations pour ce scrutin et surtout l'absence des délégués des partis politiques dans la plupart des bureaux ».

A cela s'est ajouté, l'inexistence de certains bureaux de vote dans certains endroits prévus par la Commission nationale chargée de l’organisation du référendum constitutionnel (CONOREC). Ce qui a conduit à jumeler dans quelques arrondissements des bureaux de vote ainsi que le retard dans leur ouverture, l'inexactitude d'informations relatives aux procès-verbaux, le manque des documents nécessaires de l'opération électorale.

La STDC recommande aux autorités la révision de la composition de la CONOREC et du fichier électoral, l'élaboration d'un Code électoral consensuel, l'inclusivité de toutes les forces vives pour la suite de la transition, la transparence dans la préparation et l'organisation des prochaines élections présidentielles, législatives et locales.

Enfin, la STDC soulève la question du constat de la dislocation du G5 Sahel et rappel au Tchad et à la Mauritanie de rejoindre l'Alliance des États du Sahel constituée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Noël Adoum

Dans une conférence de presse ce 22 décembre 2023, le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) a invité le président de transition à l'annuler le scrutin du 17 décembre dernier et à ouvrir un dialogue minima pour résoudre la crise que traverse le pays.

Pour Avocksouma Djona, la consultation référendaire du dimanche dernier a été une défaite cuisante pour le président de transition, la Commission nationale chargée de l’organisation du référendum constitutionnel (CONOREC) ainsi que leurs acolytes, dit-il. Selon, le GCAP les irrégularités et le boycott par les Tchadiens sont des motifs pour annuler purement et simplement ce référendum. « M. Mahamat Idriss Deby ITNO doit prendre un décret pour annuler ce scrutin référendaire. Il grandirait et se revêtirait de l'habit de démocrate. Il n'a aucun autre choix. La confiance ne peut revenir qu'à ce prix. A vouloir forcer les choses, il ne ferait que compliquer davantage les choses. Là où il y a un problème, il y a toujours une solution et celle que nous proposons est la meilleure », a déclaré professeur Avocksouma Djona.

Il estime que la solution serait l'organisation d'un dialogue politique à minima qui doit regrouper toutes les tendances de l'opposition civile ou armée. Dans la foulée, le GCAP a annoncé un nouveau mot d'ordre de, disent les membres, barrer la route à la constitution qui sera issue du référendum. «Nous ne devons jamais accepter l’imposition d’une constitution que nous avons rejetée. L'heure de la dictature, du vol et de tripatouillage est révolue. Nous devons manifester par tous les moyens pour empêcher que ce qui est en cours ne se produise pas. Dès à présent, nous lançons un nouveau mot d'ordre: Halte à l'imposture et au vol. Ce n'est pas notre constitution», dit le GCAP.

Enfin le porte-parole du GCAP, Max Kemkoye s'est indigné au sujet de la suspension des salaires de certains enseignants grévistes ce mois de décembre. M. Kemkoye estime que priver les enseignants du public de leur dû est mal, dit-il. Pour soutenir les enseignants, le GCAP a annoncé la mise en place d'un panier de solidarité ouvert à la radio FM liberté qui selon M. Kemkoye sera dédié aux enseignants victimes de la politique du Premier ministre Kebzabo et du président de transition Mahamat Idriss Deby. Ils invitent les Tchadiens à contribuer pour soutenir les enseignants.

Abderamane Moussa Amadaye

Dire que les Tchadiens se sont peu déplacés pour aller voter le 17 décembre dernier est un euphémisme. Ils ont simplement refusé d’aller choisir. C’était prévisible. Cela a été visible. Incontestable. Ce refus est une autre manière de s’exprimer. Les Peuls ont un adage qui décrit bien cette situation « le silence est une parole puissante, plus forte que les mots ».

Alors, comment comprendre cette faible participation? Quel est le message? Quelques raisons pour expliquer ce silence…

D’abord, la première raison. Les Tchadiens ne veulent plus de ce système politique archaïque et désuet imposé par le défunt Deby père, son parti politique le Mouvement patriotique de salut (MPS), ses alliés de circonstance ou de toujours et ceux qui accompagnent ce système vaille que vaille. Cela depuis plus de 30 ans. Ils attendaient de Deby fils l’application du concept philosophique de la « Tabula rasa », faire table rase. Autrement dit, effacer le passé et recommencer à zéro. Renaître à nouveau comme disent les philosophes. Écrire autre chose sur une feuille vierge. Ils lui ont donné cette chance, mais il n’a pas su ou pu la saisir. Il s’est laissé embobiner dans une transition sans ambition où des « momies politiques » ont tenu à bout des bras un système agonisant. Objectif : conserver des avantages à leur seul profit à coups de combines politiques.

Ensuite, la deuxième raison. Les Tchadiens vivent dans l’indigence la plus crasse. Ils manquent de tout. Du minimum vital : pas d’électricité chez eux malgré la manne pétrolière, pas des routes malgré le pétrodollar, pas de soins malgré le « pétrocfa ». Les Tchadiens ne mangent  pas à  leur faim, s’ils arrivent à le faire, c’est une fois par jour. La cherté de vie est insupportable. Ils ont l’impression que personne ne les écoute, l’État est aux abonnés absent. Ils constatent qu’une minorité d’élite coopte toutes les richesses, font de l’entre-soi, vivent entre eux, se promeuvent entre eux en s’autoapplaudissant, se défendent entre eux, s’accusent entre eux, etc. Et les nargue chaque jour, comme ils disent, qu’Allah fait naître le jour et la nuit. Alors à quoi sert le vote? À rien, selon leur expérience.

Enfin, la troisième raison. Les Tchadiens ne veulent pas entendre ceux qui parlent en leur nom. Qu’ils soient opposants, amis du pouvoir, anciens ou nouveaux alliés. Déjà, certains  acteurs politiques ou de la société civile crient victoire en affirmant que les Tchadiens ont choisi leur option : « le boycott » a gagné, le « Non » est gagnant, le « Oui » gagnera. Certains ont salué leur « patriotisme », d’autres ont applaudi leur « calme », beaucoup parlotent, mais les Tchadiens sont silencieux. Ils observent, médusés, ces agitations, ces récupérations. Ils n’attendent ni Messie ni prophète. Par leur faible participation, ils veulent que le président de transition renverse la table. Ils veulent que des nouvelles têtes émergent et qu’un nouveau système de gestion et de partage des richesses soit inventé: par exemple le fédéralisme. Pourquoi pas? Même Deby père, désespéré, l’avait évoqué comme solution. Surtout que l’État unitaire décentralisé « fortement » ou « faiblement » n’a apporté que misère, guerre et népotisme. Il est minuit moins 5 minutes pour Deby fils. Sinon, la prochaine fois, les Tchadiens couperont des têtes. À commencer par celui du chef, enfin, peut-être…

Bello Bakary Mana

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